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SOCIETE HOLLANDAISE DES SCIENCES DE HARLEM.
J*ai l'honneur de vous offrir, de la part des Directeurs de la
Société hollandaife des Sciences, le quatrième Volume des
ŒUVRES COMPLÈTES DE CHRISTIAAN HUTGENS
publiées par cette Société.
Veuillez m'obliger par un avis de réception et agréer Tajfurance
de ma confédération la plus di/linguée.
J. BOSSCHA,
Harlem, Novembre 1891. ,
Secrétaire Perpétuel.
ŒUVRES COMPLETES
DE
CHRISTIAAN HUYGENS.
Imprimerie de Joh. ENSCHEDÉ & Imis, Harlem.
ŒUVRES COMPLETES
DE
CHRISTIAAN HUYGENS
PUBLIEES PAR LA
SOCIETE HOLLANDAISE DES SCIENCES
TOME QUATRIÈME
CORRESPONDANCE
i 662 — 1 663
LA HAYE
MARTINUS NIJHOFF
1891
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CORRESPONDANCE
1662 1663.
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N2 948.
P. de Carcavy a Christiaan Huygens.
/ I JANVIER 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle a été publiée par Ch. Henry dans le Bull, di Bibliogr. T. 1 7.
Ce 1 Janvier 1662.
Monsieur
Mon abfcenfce de Paris durant quatre a cinq moys m'ayant empefché de me
donner l'honneur de vous efcrire, agréez s'il vous plaift que Je vous rende aftheure
ce deuoir et que Je vous fafTe part de quelques propofitions *) que J'ay receues de
Monfieur de Fermât. Je les mets dans ce pacquet , et ne doute point que vous
n'en receuiez beaucoup de fatiffaftion , il me demande de vos nouuelles , et de
ces belles fpeculations que Je luy auois fait efperer que vous donneriez bientoft
au public , mais comme nous auons elle longtems fans feauoir mefme le lieu ou
vous eftiez, faiétes moy s'il vous plaifb la grâce Monfieur de me mander ce que
ie luy en dois efcrire, et de croire que J'auray toute ma vie le refpecl: que ie dois
pour voftre mérite et pour voftre vertu eftant auec paflion,
Monsieur
Voftre très humble et obeiflant feruiteur,
De Carcauy.
A Monfieur Monfieur Hugens Seigneur de Zulychem
a la Haye En Hollande.
12.
') Voir les Appendices Nos. 949 et 950.
Œuvres. T. IV.
CORRESPONDANCE. \66l.
N- 949- ■
P. de Fermât a Christiaan Huygens.
[décembre 1661 ?.]
Appendice I au No. 948 ').
La pièce se trouve h Leiden, coll. Huygei .
Elle a été publiée par Ch. Henry dans le Bull, ai Bibliogr. T. 17.
E [T
Soit la courbe de Di-
odes BCRG2)-ecBDF,
de l'autre cofté du cercle ,
qui a cette propriété con-
nue, qu'en prenant quel
conque point au cercle,
comme N, ou Q, les
quatre lignes AO, ON,
OB, OM, font continuel-
lement proportionelles, et
de mefme les quatre lig-
nes AP, PO s), PB, PR.
or cette courbe s'eftend
de deux coftes a l'infini
et la droite HAE, qui
touche le cercle en A , cil:
fon afymptote. la pro-
position eft que tout l'cf-
pace GRBDF, compris
entre la courbe et Faïymp-
tote, eftendue à l'infini eft
triple du cercle généra-
teur, ACBD. J'ay aufly
la mefure des fol ides , des
centres de grauite des
portions et de tout le
refte.
Moniieur Frenicle auoit
propofé à Moniieur
Wallis.
Ces deux pièces Nos. 945 et <;.so ont été pliées dans la Lettre N°. 948; elles sont copiées
de la main de I'. de Carcavy. La quadrature de la Cissoïde de Diodes a été publiée par Wallis
en 1^59, dans le livre cité dans la Lettre N". 690, note 3 , et llnygens lui-même, qui avait
CORRESPONDANCE. 1662.
Inuenire in numeris duo triangula reélangula ica conftituta ut laterum circa an-
gulum reétum differentia fie eadem, et quod in altero eft maius duorum laterum
circà rectum , fit in reliquo hypothenufa.
Monfieur Wallis refpondit que la queftion fe reduifoit a trouuer un certain
triangle en nombres qu'il ne croyoit pas pollible, Monfieur Frenicle luy fift ref-
ponfe que ce triangle eftoit pofiîble et le luy exhiba, mais que pour cela la queftion
ne feroit pas refolue.
Ns 950.
P. de Carcavy à Christiaan Huygens.
[décembre 1661.]
Appendice II au No. 948.
La lettre se trouve à Le'ulen , coll. Huygens.
Voicy la folntion de Monfieur Fermât.
premier triangle 2150905.
2 138 136.
234023-
le fécond 2 1650 17.
2150905.
246792.
Sa méthode luy en donne un' infinité d'autres.
Si l'on vouloit la mcfme fomme des coftez au lieu de la différence, il y auroit
aufly jnfinis triangles qui fatifïeroyent à la queftion ., les plus fimples font les deux
qui fuiuent
i5!7 i525
1508 et 1517
165 156
trouvé cette quadrature en 1658 ^consultez les Lettres Nos. 475, 476 et 483), avait signalé
cette publication à l'attention de de Carcavy dans sa Lettre ]N°. 735 du 27 mars 1660. Il est
donc bien étrange qu'en décembre 1661 de Carcavy et de Fermât ignoraient le fait que la
quadrature de la Cissoïde était déjà découverte. Comparez la note 6 de la Lettre N°. 951.
:) La Cissoide n'est pas bien tracée ici, ni dans la figure à la page 4; les distances de G à H et
de F à E doivent être beaucoup plus grandes.
3) Lisez: PQ.
CORRESPONDANCE. 1662.
M
W 951.
[P. de Fermât] à [P. de Carcavy].
[décembre 1661].
Appendice III au No. 948. ')
La copie se trouve à Laden, coll. Huygcns1*).
Il S
Efto yiïbis EAPS in fcmicircnlo LVABE, cujus centrum H, diameter LE. Pcr-
pendiculus ad diametrum radius HA, Afymptotos infinita yfTbidis reéla LR ad dia-
metrum perpenclicularis. Ajo fpatiura contentum fub EL, yflbide infinita EAPS,
et afympto2) infinita LR, eflè triplum femicirculi LAE; ideoquc il altéra femicir-
culi parte eadem fiât conftructio ambo fpatia culminantia in puntto E cfTe tripla
totius circuli.
Demonftratio non eft opcrofa,imo fatis elegans. Sumantur duo puntta I et G in
') Cette copie est de In main de de Carcavy.
Lisez: afymptota.
CORRESPONDANCE. \66l.
diametro utcumque aequaliter à centro diftantia, ita ut reélae HI, HGfint aequales,
ideoque reélae LI , GE. A punétis I et G excitcntur perpendiculares occurrentes
yfîbidï in punétis P, Y, et circulo in punétis V et B. Jungantur radij HV, HB,
et a punétis V et B ducantur tangentes VM , BD , occurentcs diametro in punétis
M et D. Sumatur minima quaeuis ultra punétum I , reéta IK , et ultra punétum G ,
reéla GF, ipfi IK aequalis, et a punélis K et F excitentur perpendiculares ad dia-
metrum reélae KN , FC , occurentes tangentibus in punétis N et C , à quibus de-
mittantur perpendiculares NO , CQ , in reéta 3) VI , BG. His ita conftitutis patet
fpatium ylîbidale aequari omnibus reétangulis fub PI , IK , et fub YG, GF, utcum-
que ubilibet fumptis, bafes ipfis Kl, GF aequales habentibus et altitudines fingu-
lis reélis ad yflbidem fimiliter applicatis. Eft autem de natura yffoidis ut VI ad IE ita
IE ad IP. Sed IE eft aequalis reélis IH, et HE five HV. Ergo eft ut IV ad fummam
reélarum HI, HV, ita IE ad IP. Sed propter fimilitudinem triangulorum HVI,
VMI, VNO, eft ut IV ad fummam reélarum HI , H V, ita reéla NO ad fummam rec-
tarum N V, VO-*). Ergo ut NO, fiue Kl eft ad NV plus VO, ita eft reéla IE. ad rec •
tam IP. rcélangulum igitur fub IP, IK, aequatur reélangulo fub IE in NVplus rec-
tangulo fub IE in VO. Ex aliâ autem parte eft ex natura yflbidis, ut BG ad GE ita
GE ad GY. Sed GE eft aequalis reélae HE, fuie HB minus HG. Ergo eft ut BG ad
BH minus HG. ita GE ad G Y, ut autem BG ad BH minus HG ita propter fimilitu-
dinem triangulorum & jam demonftratis 5) reéla QC fiue GF eft ad BC minus BQ,
ideoque reélangulum fub YG in GF aequabitur reélangulo fub GE in BC, minus rec-
angulo fub GE in BQ. Ex conftruélione autem cum reélae HI, HG, fint aequales,
item reélae Kl, GF, patet reliquas aequari, nempe VN, ipfi BC, VO ipfi BQ. Unde
patet duo reéttangula correlatiua fub PI in IK, et fub YG in GF, fiue in eandem IK,
aequalia efîe reétangulis fub IE in N V plus GE jn BC, fiue LI in N V, plus IE in VO,
minus GE in BQ, fiue in VO. Reétangula autem duo fub IE in N V et fub LI in NV,
aequantur unico reélangulo fub diametro LE in NV. Reélangulum vero IE in VO
minus GE in VO aequatur reélangulo fub IG in VO fiue reélangulo fub IH fiue
VX in VO bis. Ergo fummam reélangulorum fub PI in IK et fub GY in eandem IK
aequatur reélangulo fub diametro EL in VN, et reélangulo fub VX in VO bis.
Reétangula autem omnia fub diametro et portionibus tangentium VN in quadrante
circuli LVA duétarum repraefentant reélangulum fub diametro in quadrantem
LVA. Hoc eft duplum femicirculi LAE. Reélangula autem omnia fub VX in
VO bis five duélâ O3Q parallelâ diametro, reélangula omnia fub VX in X3 bis
repraefentant totum femicirculum LAE. Ergo fpatium yfibidale quod aequatur
duobus illis reélangulorum feriebus , aequatur triplo femicirculi , ut patet.
3) Lisez: reélas.
4) Nous avons quelque fois dû corriger NO en VO.
s) Lisez: demonftrata.
CORRESPONDANCE. 1662.
'!) De Monfieur de Carcavy qui l'avoit de Monficur de Fermât. J'ay demonftrè
cette Proposition 4 6) auparavant [Chr. Huygens].
N" 952.
ClIRISTIAAN HlIVGENS à [LODEWIJK HlVGENs].
4 JANVIER 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leider? , coll. Huygens.
le 4 Janvier 1662.
Je me fens de la mauuaife difpofition de l'air et du temps, et ne me porte pas
fort bien ny hier ny aujourdhuy, c'eft pourquoy je feray Laconique cette fois en-
core plus que de coultume.
Monficur Chapelain ') devra encore avoir patience, et pour vos fraternelles
admonitions il n'en fera ny plus ny moins. Je croy que je ferois mort il y a long-
temps li je me fuflè mis en telle d'eftre puncluel a obferver toutes mes correfpon-
dences. mais quand elles ont commence a fe multiplier j'ay vu qu'il valoit mieux
de m'arrelter au taliter qualiter.
J'ay aufli connu ce Monfieur Cheauveau 2), mais je n'ay rien vu de luy d'extra-
ordinaire. Il en va des affaires de Mon Père comme Monfieur d'Offenb. 3) avoit
prédit, et cela pour les fantafies de noftre dame 4) qui en aura tout l'honneur. J'ay
donne voitre mémoire au frère de Zeelhem qui ne comprenoit pas l'article qui
dit que madame 4) donnerait afîurance pour les 15000 livres. Ils voudront que ce
foie vous , et en effecl vous n'achèteriez pas trop cher une charge qui donne tant
tic revenu a ce pris là. mais il vous en eferira ou à Mon Père. Qu'eft ce que Mon-
fieur Thevenot prétend de faire avec fa Tinaja 5) qui n'eft pas tranfparente ? J'ay
bien penfc auffi de faire le vuide de cette manière par le moyen de longs fiphons,
mais maintenant je tiens la pompe incomparablement meilleure. Que fi Monfieur
Rohaut en veut fabriquer une, je pourray luy communiquer deux ou 3 chofes
") Huygens veut dire: 4 ans auparavant. Consultez les Lettres N<>s. 475 et 479 et la pièce N°. 483.
') Chapelain lui avait écrit le 20 décembre 1661. Voir la Lettre N°. 930.
2) .Sur François Chauveau consultez la Lettre N°. 849 , note 3.
3) Peut-être :
Petrus van OfFenbergh , né à Haarlem en 1596, qui était parenté à la famille des Aersscn
et habitait le Poitou.
1 1 La Princesse Douairière.
5) Ce mot signifie: cuvette h vin.
CORRESPONDANCE. l66l. J
importantes qu'il y faut obferver. Je n'ay pas encore la bouteille qu'il faut pour
faire l'expérience de la falade. pour les petits tuyaux j'ay trouuè que la mefme
chofe leur arrive dans le vuide que dans l'air , ce qui me perfuade que c'eft le
mouuement des parties de l'eau, qui la fait monter, et non pas celuy de l'air,
comme croioit Monfieur *Rohaut 6). Le coufin Zuerius 7) Prefidcnt de Bolduc
m'apportera de la dans 2 ou 3 jours quelques verres, qui me ferviront a faire une
notable expérience , de la quelle j'ay défia tant vu que je croy qu'il y a encore
autre chofe a confiderer en l'air, dans ces phaenomenes, que fon refîort et fa
gravité.
J'ay efcrit dernièrement 8) a Monfieur Thevenot que je tafcherois de lny procu-
rer les relations de la Chine , quand Voffius feroit de retour d' Amfterdam.
Je le remercie du Syfteme de Wren 9) que j'ay lu avec plaifir. vous n'enten-
dez gueres le mien s'il vous femble qu'il n'eft pas fort différent. Je renvoieray
la copie la fepmaine qui vient, et j'en attens une autre d'Angleterre que l'on m'a
envoyée pour retenir s). Dites encore je vous prie a Monfieur Thevenot que j'ay
en fin receu le livre de Monfieur Viviani,par un gentilhomme Irlandois IO) qui eft
venu de Florence et par ordre du dit Viviani l'a eftè prendre chez un marchand
à Amfterdam pour me le donner. J'efcriray IT) à Fautheur pour le remercier.
Ce mefme gentilhomme qui eft parti aujourd'huy pour l'Angleterre, m'a feeu
dire beaucoup touchant les expériences que l'Académie Florentine eftoit prefte
d'envoyer à celle de Paris, il me tarde d'apprendre qu'elles foient arrivées.
Si vous vouliez aller veoir Monfieur le Duc de Roanes I2) et luy prefenter mes
trefhumbles refpeéts, et raconter quelque chofe des expériences dont je vous ay fait
part, je fuis aflurè qu'il vous recevroit fort bien. Il ne s'eft pas attendu a mes let-
tres, et vous pouvez auffi luy dire que je n'ay pas ofè me donner la liberté de
luy en envoyer , que je n'oublieray jamais les grâces et faveurs qu'il m'a faites &c.
Je fuis ravi qu'en fin Mon Père ait vu noftre Marquis de Chambonière I3). J'iray
veoir demain Mademoifelle Cafembroot M) pour apprendre ce qui s'eft pafle a
cette entrevue. Adieu.
6) Peut-être retrouve-t-on dans la pièce N°. 890 les opinions de Rohault.
") Il s'agit ici de Martin Christiaan Suerins, qui, presque régulièrement à tour de rôle avec Jacob
Ferdinand Suerins , fut échevin de Bois-le-Duc depuis 1656. Voir la Lettre N°. 238, note 5.
8) Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Chr. Huygens à Thevenot.
9) Voir la pièce N°. 934. Elle était probablement accompagnée d'une copie de la Lettre
N°. 933 ; consultez la Lettre N°. 963 , note 4.
10) Sir Robert Soutliwell. Voir la Lettre N°. 941 , note 1.
") Nous ne possédons pas dans nos collections cette lettre de Chr. Huygens à Viviani.
12) Consultez la Lettre N°. 837, note 1.
13) Sur André Champion de Chambonnière, le grand épinettiste, voir la Lettre N°. 230, note ~.
14) Sophie de Casembroot, fille de Reinier de Casembroot et de Madeleine de Chantreines. Elle
épousa Jacob de Sylle, fiscal de la cour militaire.
CORRESPONDANCE. l66l.
N- 953.
Christiaan Huygens à R. Morav.
4 JANVIER 1662.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
R. Moray y répondit le 13 mars 1662.
A la Haye le 4 Janvier 1662.
Monsieur
Je vous ay efcrit afTez amplement par l'ordinaire dernier ') touchant ma ma-
chine pneumatique et autres chofes , ce qui pourtant n'empefcheroit pas que je
n'en fifTe encore autant, tant j'appréhende peu de vous importuner fi je n'avois au-
jourdhuy d'autres affaires qui m'en oltent le loifir. Celle cy donc n'eft que pour
accompagner ce Gentilhomme ") qui m'a fait l'honneur de me venir veoir en paf-
fant par icy , et s'eit chargé volontiers du liure 2) dont je vous donnay avis par ma
précédente. Au refte il n'a pas befoin que je vous le recommande ayant tant de
bonnes qualitez et de mérite et le fçachant faire valoir. Je luy ay monftrè exprès
ma fufdite machine et quelques expériences des plus aifées , afin qu'il vous en pull
faire raport et a Monfieur Boile, ayant veu avec combien de facilité je m'en fers
pour avoir trouve ce ciment mol, dont je vous ay dit les ingrédients. J'y mis devant
luy une petite veffie toute plattc qui en tirant trois fois l'air s'enfle comme fi elle
eftoit toute pleine d'air , mais le récipient ou je l'enferme eft petit. Il a auffi vu
bouillir de l'eau chaude, et un petit oifeau s'y évanouir, a qui pourtant jeconfervay
la vie en tirant vif te le verre du ciment. Nous y enfermâmes auffi une de ces pier-
res qui fe remuent dans le vinaigre , qu'il nomme lapis fïellaris 3), et remarquâmes
qu'elle engendroit dans le vinaigre qui la couuroit une infinité de petites bulles d'air:
les quelles autrement en fortent aufii mais en petite quantité, et c'efi: ce qui caufe le
mouvement. J'ay efiayé, mais non pas cette fois là , fi le fon d'une petite cloche
perifoit dans le vuidc, l'ayant mife fur du cotton, et je trouvay en effet qu'on avoit
de la peine à l'entendre, quoy qu'on s'en fuft apperccu afTez clairement tant que
l'air demeuroit dans le récipient, car les petits timbres des monftres defquels
Monfieur Boile s'eft fervi auffi tofl qu'ils font enfermez ne refonnent quafi point
de tout. J'ay quelques fois fait tomber des plumes dans le récipient vuide , les
quelles defeendent auffi vites que du plomb, et traverfent en un moment l'efpace,
ou dans l'air elles feroit par 3 fécondes. Touchant la foudaine lumière que Monfieur
') Voir lfl Lettre N°. 940.
< l'esl l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 940, note 13.
•>) Une sorte de corail.
CORRESPONDANCE. 1662.
Boile appelle Flafhes ofLight'fay trouuè que ce n'eft autre chofe qu'une vapeur
dans le récipient, qui ne manque jamais a moy d'y paroiltre les deux premières
fois que je laiïïe fortir l'air : et il faut que l'obfcuritè des verres de Monfieur Boile
l'ait empefchè de la veoir. Elle tournoie quelque temps de tous coftez et haie un
peu le dedans du récipient, ce qui femble l'efclairer par ce qu'il devient plus blanc
qu'auparavant. Si on efchauffe un peu le verre devant que de le vuider il n'y
vient point de cette vapeur , la quelle a mon avis n'eft autre chofe que les par-
ties aqueufes qui volent dans l'air, et qui s'afiemblent plus facilement lors qu'il y
a moins d'air pour les agiter. Et il faut mefme que cet air foit froid pour avoir
moins de mouvement , de forte qu'apparemment en elle ce phaenomene ne fera
point obfervè. Aux petits tuyaux ouverts qui attirent l'eau j'ay trouuè que la
même chofe arrive dans le vuide que dans l'air. De mefme les larmes de verre qui
fe brifent, n'ont aucun refpecl: pour le vuide, car j'y en ay fait rompre , mais tou-
teffois je ne fcavois pas encore tirer fi bien l'air du récipient comme a cet heure.
Voila Monfieur Southwel qui vient me dire adieu. C'ert pourquoy je finis après
vous avoir dit que je fuis parfaitement
Monsieur
Voftre trefhumble et trefobeifTant Serviteur
Chr. Hugens de Zulichem.
") Mr. Southwell [Chr. Huygens] 3).
3) Voir la Lettre N°. 941 , note 1.
Œuvres. T. IV.
IO CORRESPONDANCE. 1662.
Ns 954-
ClIRISTIAAN HUYGENS à LoDEWIJK HUVGENS.
1 1 janvier 166a.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
le 11 Janvier 1662.
Monfieur de Vicqueforc n'a pas apporte avec luy le pacquet des livres que vous
luy avez commis mais il m'a fait dire qu'il les attend au premier jour. Le Sieur
de Kcrckwijck ') m'a prie de vous demander ce qu'eft devenu un livre, (il ne
(cait pas s'il eil imprime ou manuferit) qui vous auroit elle preftè par le fecre-
taire de Meteren -), lors que vous failiez refidence a Zulichem, contenant les
droits du Bommelerweerdt 3). Voyez s'il vous en fouvient et s'il eil peut eilre
entre les mains de van Genderen 4).
J'ay depuis trois jours un mal de gorge, mais qui s'eft empiré cette nuicl et m'a
empefchè de dormir, maintenant il m'empefche de parler, et m'oile mcfme l'envie
de vous entretenir plus longtemps, j'ay peur qu'il ne faille venir aux medicines
puis que la diète ne veut pas me guérir. Adieu.
J'auray foin de l'horologe de Monfieur Chaife a qui je baife les mains.
') Richard de Rivière, seigneur de Kerkwijk, naquit en 1610.
2) Ce village, ainsi que Kerkwijk, se trouve dans le voisinage de la seigneurie de Zuylichem.
s) De ce recueil nous connaissons les deux éditions:
Gereformecrde Dyck-rechten van Thielre ende Bominelre-Wcerden. Tôt Arnhem. By
de Weduwc van Joh. Frederick Hagen, Ordina: Druckfter van de Ed. Ilove van Gelder-
landt, Anno 1683. in-40.
Land-regt van Thielre- en Bommelre-Weerden, mitfgaders Ilcrwaerden, voorts de Ilecr-
lijkheden en Gerigten daer onder reforterende, als ooek 't Ampt van Beeftcn Renoy. Te
Arnhem, By Wilh. Heggers, Ordinaris Drukker van den Wel lui. Ilove van Gelder-
landt, 1721. in-40.
4) Jan van Genderen était administrateur de Zuylichem.
CORRESPONDANCE. \66l. II
Ng 955-
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
l8 JANVIER 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
le 18 Janvier 1662.
Depuis ma dernière :) j'ay pris avis de noftre Efculape Libergen 2), qui m'a
fait purger et faigner, ce qu'eftant fait je fuis devenu fi fort enrhumé que jamais de
ma vie je ne le fus tant, tellement qu'il ne faut pas feulement que je garde la mai-
fon, mais auffi que je m'abftiene de lire eferire ou méditer , par ce qu'auflitoft la
telle m'en fait mal. Mon frère 3) depuis 3 jours n'eft guère mieux que moy;et
aujourdhuy s'eft auffi fait faigner par ordre dudit Libergen.
Cette indifpofition m'a fervi de légitime exeufe pour n'aller pas aux nopees 4)
chez Monfieur Bartelotti, aux quelles j'eftois prié pour eftrc Paraninphc, dont je
n'avois aucune envie. Mon frère n'y ira non plus ny perfonne de tout le parentage
icy , tous croyant avoir quelque fubjecl de fe formalifer , les uns de ce qu'ils n'ont
pas eftè appeliez au contract de mariage, les autres de ce qu'on n'a pas prié tel
nombre de leur fils et filles qu'ils s'eftoient promis. Monfieur Jacob 5) ne feait ou
fe tourner tant il a par tout d'apologies a faire et a foutenir d'attaques.
Je croy bien , que celles de mes expériences que vous avez communiquées a
Monfieur Rohaut ne luy eftoient pas fort nouuelles car elles fe deduifent afTez fa-
cilement des deux principes qu'il connoit, mais celle pour la quelle j'attends des
verres de Bolduc ne fera pas de mefme. Il fera bon de le laiiïèr faire première-
ment quant a la conltruélion de la machine, jufqu'a ce qu'il avoue d'auoir befoin
de mon confeil. Il y a toufjours un peu de pédanterie dans fon fait , comme vous
aurez pu remarquer. Je l'ay veu quelques fois aux prifes, ainfi que vous, avec
Monfieur Auzout , qui le haifTbit mortellement et le faifoit enrager.
Mais a propos je voudrais que vous allaffiez veoir ce Monfieur Auzout qui eft
homme de grand efprit et m'a fait grande civilité, et quelques fois traité très
bien , de forte que je ferais bien aife d'entendre de fes nouuelles. Je fcay bien
que le lieu de fa demeure eft fur voftre mémoire. Si vous rencontrez encore Mon-
fieur de Clerfiller6), demandez luy s'il ne reçoit plus de lettres de Monfieur
Ghifoni, (c'eft le batiflèur de ma piramide) et ou c'eft qu'il fe tient.
:) Voir la Lettre N°. 954.
2) Diederik van Lieberghen naquit à la Haye et mourut le 1 mai 1705 à Amsterdam. Il devint
étudiant en médecine à Utrecht en 1647 et reçut le grade de docteur en 1648. D'abord méde-
cin à la Haye, il passa ensuite à Amsterdam. Il était poète en langue latine et hollandaise.
3) Il s'agit de Constantyn Huygens, frère.
4) Consultez la Lettre N°. 910, note 3.
5) Jacobus Bartelotti. Voir la Lettre N°. 790, note 4.
6) Voir la Lettre N°. 732, note 11.
12 CORRESPONDANCE. 1662.
A Monfieur Petit vous direz que l'arc du pendule de mon horloge eir. de
\6 pouces. A Mademoifelle fa fille que je fuis fon trefobeifTant et treffidelle &c.
Pafcal :) a commencé l'horologe pour Monfieur Chaize. Monfieur de Vicque-
fort ne m'envoye pas encore les liures. Voflius n'efl: pas encore de retour et (e
tient a Utrecht pour quelques affaires. Ce qu'il vous plaira de dire a Monfieur
Thevenot, qui ne veut pas m'apprendre le fecret de fa nouuelle invention, ne
m'envoyant point de refponfe à mes doutes. Adieu.
Je n'ay point trouuè jufqu'icy d'occafion pour vous faire tenir de ces petits ver-
res, mais j'entens qu'il partira bientoft quelques uns de nos franfle kramers 8) aux
quels je pourray commettre le pacquet. J'en avois envoyé une douzaine en
Angleterre a J. Vlitius qui arriuerent tout brifez en poudre, ce qui m'apprit qu'il
ne faut pas les envoyer par la porte.
Voftre penfee eft merveilleufe de vouloir reveftir ma grande lunette de 23 pieds
de maroquin. La première fois que j'eitois a Paris, je fis faire un tel tuyau pour
celle de 1 2 pieds , et je n'ay jamais plus mal employé mon argent.
A Monfieur Monfieur L. Hugens de Zulichem
A Paris.
N° 956.
J. Hevelius à Christiaan Huygens.
21 janvier 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 921. Chr. Huygens y répondit le 25 juillet 1661.
Nobiliflimo ac Clariflimo Domino Christiano Hugenio
J. Hevelius S. P. D.
Quemadmodum Mcrcurius meus totus lactitia exaltât, fe tandem diu expeftatam,
amabilemque Vcnerem Horroxij :) hue Gedanum falvam advenientem, ambabus
7) Pasclial était un horloger à la Haye, qui a beaucoup travaillé pour Chr. Huygens.
x) Traduction: merciers français.
') Voir l'ouvrage cité clans la Lettre N°. 872 , note 5.
CORRESPONDANCE. \66l. 13
manibus amplecli potuiiïè; fie et mirificasTibi agit gratias,quodTuo pcrmifïii defide-
ratifiimus hic congrefius celebrari detur, auctorque fis ut iam pari paflu in publicum
prodire queant. Quod cum videam pofTe quadantenus in rei Aftronomicae vergere
commodum , confiitui penitus nobiliffimam et rarifinnam iftam obfervationem fimul
cum Mercurio meo, qui iam fub praelo fervet, luci exponere; et quidem totum
libellum, uti ab Auctore conferiptus, omiffis tantummodo quibufdam fuperfluis;
rurfus vero additis notis nonnullis. Quamprimum id faétum fuerit, curabo quan-
tocyus ut Te Mercurius cum Venere certo quafi foedere iundli rurfus invifant.
Interea et meo et publico nomine Tibi iterum iterumque débitas habeo grates,
pro tanto ergo nos affectu , quod obfervationem iftam nobifeum communicare haud
nolueris , experieris me viciffim omni tempore promtum paratumque. Non aegre
feras autem, quod delineationem Pareliorum nondum tranfmitto; fiquidem eâdem
ratione nondum il Iam adumbratam habeo, quâ Tibi eam exhibere vellem ,• brevi
tamen, antequam Mercurius lucem videbit, illam habebis. Vale et ut annus quem
ingrefil fumus Tibi ab omni parte fit felix , fauftufque ex animo comprecor. Dabam
raptim Gedani anno 1662 , die 21 Januarij.
Nobiliflimo ac Clarifïimo Viro, Domino
Christiano Hugenio
amico honorando.
Hagam Comitis.
N° 957. ■
ClIRISTIAAN HUYGENS h LoDEWIJK HUYGENS.
25 JANVIER 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Iluygens.
A la Haye ce 25 Janvier 1662.
Il fcmble donc qu'il y a quelque apparence , vu le deffein de Monfieur van Beu-
ningen, que la Reine Chriftine pourroit nous venir veoir, quoy que Vofiius et
d'autres afiurent qu'elle fe prépare pour retourner en Italie. Cette propofition
de l'afiemblee au refte eit gagliarde et je voudrais bien feavoir fi de fait il luy en
a eferit.
L'horologe de Monfieur Chaife fera achevée plus tort qu'il ne croit, par ce
14 CORRESPONDANCE. 1662.
que par hafard il s'ert rencontré un homme qui en avoit une entre les mains défia
fort avancée lors que je le luy commanday. Qu'il fonge donc a donner ordre pour
l'argent, car ces gens aiment fort qu'on le leur conte juxta traditionem eorum.
Monfieur Heinfius dans fa dernière ') qu'il m'a efcrite de Stockholm me prie de
m'enquerir de vous quelle partie d'Ovide contenoient les manufcrits que vous avez
vus en la Bibliothèque de PEfcurial.
Fratrem tuum Ludovicum (dit il) in oculis fero: ita enim et virtutes ejus meren-
tur egregiae, et fingularis quo me compleétitur affeftus. Rogaveram illum &c.
Le reile feroit trop long, mais en fin il adjoulte encore.
Extat Lutctiae in Bibliotheca Régis Chriftianiffimi Ars Amatoria Julij Firmici
Altronomicis annexa, quo nullum vetuftius Ovidij cxemplar alibi in manus meas
incidit. Extat ibidem ex legato Puteanorum fratrum Epiftolarum et Amorum cxem-
plar non multo rccentius , notae itidcm praeftantiflimae. Hos codices fi fibi exhiben-
dos a cullode Bibliothccac curabit, facile poterit arbitrari an manufcripta Hifpa-
nicac horum vctuftatem aut fupcrent nec ne.
Il ne veut pas que vous preniez la peine de rien collationner , et mefme il eft
marry que dans l'Efcurial vous vous y foycz occupé , mais feulement que vous
l'informiez touchant la qualité et l'antiquité des livres. Voicz fi vous aurez du
loifir pour en apprendre quelque chofe.
J'ay peur qu'en montant de nouueau ma lunette l'on n'ajuftera pas toutes les
pièces comm'auparavant. C'cft pour quoy je vous prie d'y prendre garde , et que
du moins on ne change rien a la partie qui contient le convexe oculaire et le miroir.
Il arrive fouuent que l'air ou vapeur s'attache tant a ce verre qu'a l'autre , a
quoy il faut prendre garde et les nettoier devant que de monftrer a quelqu'un la
lunette.
Je regrette fort la perte du bon Monfieur Conrard, puis que vous mandez qu'il
faut le tenir pour perdu. Vous ne me dites rien du Duc de Roanes: c'eft a dire
de la vifitc que vous aviez refolu de luy rendre.
Je 11e fais encore que touflèr, moucher et cracher n'ayant ny odorat ny gouir.
depuis 8 ou 10 jours, et un continuel bourdonnement aux oreilles, qui m'incom-
mode le plus de tout. Je fouhaite meilleure fanté h mon Père et a vous. Adieu.
Pour mon frère Louis,
') La Lettre N '. 922.
CORRESPONDANCE. 1662.
l5
W 958.
J. VAN VLIET h ClIRISTIAAN HuYGENS.
25 JANVIER 1662.
La lettre se trouve à Laden, coll. Huygens.
Nobiliflimo Viro Christiano Hugknio Janus Vlitius S. P. D.
Iterum ad re,ceu facram anchoram, confugio, I^o^cûtuts Hugeni. Libellum ada-
giorum Frifica lingua pridera editorum, et a me cum alijs vicinarum gentium
comparatorum fub praelo habeo '). Scd cum fingula rurainor, plurima mihi dccfTe
comperior. Pracrtiti ante aliquot annos five Illnftri Parenti tuo five Ludovico fra-
tri Adagia Anglica 2) in 8°. ut vocant , quibus ex adverfa columna rcfpondebant
Latina. Vchementer ijs nunc indigeo. Quapropter obfecro te, ut vel in Mufaeo
paterno, vel fraterno, vel ctiam bibliopolio Brunoniano 3) ea mihi nancifeari
digneris. Forfitan et indaganti alia id genus ocenrrent, quibus ftudia haec meapro-
movere multum poflis. Noli credere me Boxhornios 4) aut Bccanos s) vclle imitari.
Alia mihi copia, alia adminicula adfunt, quae imprimis Clariflimo Junio 6)
debeo, qui folus haec optime praeftare poiïit, fed majoribus intentus, haec mi-
nutula mihi demandavit. Quanti ea fint, brevi ut fpero videbis. vSi Wallius te
adeat, roga precor et illum, et quotquot alios invenies, ut fymbolam conférant,
patriae linguae amore. Sed tu jam caelellibus tuis ftudijs inhaeres. Sit propitius
J) lîrcdaefche Almanac en Chronijck — Friefclie Sprecckwoordcn. Jaerfdagh 1664. Door Fokke
Korft (pfendonyme de Janus Vlitius). in-40.
2) J. Clarke, Pro erbs Englïsh and Latine methodically dispofed according to the common
place-IIeads in Erasmus bis Adagies. London 1639. in- 12°.
3) Sur H. Bruno consultez la Lettre N°. 2 , note 1.
4) Sur Marcus Zuerius Boxhorn et son ouvrage consultez la Lettre N°. 23^ au Tome II (Sup-
plément), et l'ouvrage posthume :
V. Cl. Marci Zuerii Boxhornii Epiltolae & Poemata. Amflelodami Ex Officinâ Cafpari
Commelini. cIoIocLxn. in-120.
5) Johannes Goropius Becanus naquit le 23 juin 1518 a Corp près de Ililvarcnbeek et mourut
le 28 juin 1572 à Maastricht. Ses études terminées à Louvain, il voyagea beaucoup et
devint le médecin de Eleonora, Reine de France, et de Maria, Reine de Hongrie. Puis
il quitta la médecine et la vie de cour et s'établit à Liège pour s'appliquer à ses études linguis-
tiques.
Consultez l'ouvrage :
Joan. Goropii Becani, Originum Gentium Libri ix in quibus Atvatica, Gigantomachia,
Nilofcopium, Cronia, Indo-Schytica, Saxonica, Goto-Danica, Amaronica, Venetica & Hy-
perborea. Antv. 1569. in-folio.
6~) Sur Francisais Junius voir la Lettre N°. 903, note 5.
ï6 CORRESPONDANCE. \66<1.
eis caelorum Dominas, et hic ipfe annus. Vale, Vir NobiliiTime, et favcrc perge
Vlitio Tuo. Dabam xxv Januarij die cIdIdclxii.
Nos horologium magnum jam ad methodum tuam redegimus, parva tamen in
fuperiore oicilli parte differcmia. Autor eft juvenis, qui Roterodamenli fervivit
fabro ") tuo ifti antagoniftae quondam.
Joannis Scenaei 8) de Verborum Significatione liber9) nuper Londini prodijc.
Si eum Bruno vel affinis ejus habeat, jubé mittat, vel Londino mitti jubeat.
Infercas hafce rogo famulum tuum jubeas ad Bifdommerum I0) ferre, ut publico
eant vidulo.
Ad Ludovicum refta Pariiios fcripfi.
Mljn Heer
Jonkheer Christiaen Huygens van Zulichem &c.
Haghe.
un.
7) Donw, voir la Lettre N°. 523 , note 1.
8) John Skene était conseiller du roi James I. Il publia plusieurs ouvrages.
9) La première édition de cet ouvrage est de 1597,011 en trouve l'édition suivante:
De Verborum Significatione. The Exposition of'the Termes, and difficult Wordes contai-
ned in rlie Coure buikes of Regiam Majestatem and others in the Acts ol'Parlaiment Infestmcnt
and used in practique of tliis kealmc , with diverse rules, and commun places or principalles
of the Lawes, Collected and Exponed by John Skene, and now reprinted by Ilis Majesties
specical Command. David Lindsay. Edinburgh. 1661. in-folio.
10) Sur Bisdotnmer voir la Lettre N°. K63 , note 1 .
CORRESPONDANCE. 1662. 17
Ns 959-
N. HeINSIUS à ClIRISTIAAN HuYGENS.
28 JANVIER 1662.
La lettre se trouve à Leîden , coll. Huygens.
Cfir. ffuygens y répondit le 6 mars 1 (56a.
Nicolaus Heinsius Ciiristiano Hugenio Viro Nobiliflimo
S. P. D.
Metus eft iuftiffimus , ne quid mihi fuccenfeas ob fidem de promiflis phaenome-
nis *) tanto tempore non liberatam. Quanquam curas iampridem omnes hue con-
verti, ut ocius confequereris, quod flagitaras. Adumbratum iam habebam rudi
linea phaenomenon , cum timere caepi, ne charta complicata poil agitationem
longi icineris minus fideliter referret, quod illi a piftore erat creditum. Vivos igi-
tur colores adhibendos duxi. Rem tantillam et minimi laboris procrallinat quoti-
die pigerrimus piclor, etli hortari cunclantem non defino. Moram immodicam
compenfabit aliud phaenomenon anno, ni fallor, faeculi huius quinquagefimo
oclavo hic terrarum obfervatum. quod, quia opinabar tibi ignotum effe , eadem
opéra depingendum tradidi. Utrumque fimul ad te veniet, brevi. nam fi differre
fpes noilras perget fupinus piclor , ad alium ibo. Tertij Phaenomeni fpes facta eil
ab eodem amico, qui fecundum mecum communicavit. Id quale fit, tibi iîgnifi-
cabo, cum mihi exhibebitur. Nam nunc inveniri a le haud pofie afieverat , quod
inter fchedas fuas lateat alicubi. Quartum alius fe poflidere nunciavit Pragae
annis proximis confpcétum , in quo cruces non unae appareant. Sed illud fortailis
aliunde iam naftus fis. Epirtolia haec rogo ut perferri a puero tuo cures ad illos,
quibus deitinata funt. Vlitio inicriptas literas data opéra non oblignavi , quod ijs
inferti fint verfus genethliaci, iam quidem ante a te lecli, fed aliquanto nunc cafiiga-
tiores. Vale, Vir Nobilifilme. Holmiae Suecorum A°. cidioclxii. xxviii Januarij.
Carolus Datus ultimis literis nunciabat Principem Etruriae Leopoldum praelo
typographico parafie deferibendum volumen obiervationum fuarum naturalium
primum. An Monachi ifiri duo , Euitathius et Faber , obmutuerint fac quaefo , in-
telligam. Nam Datus, a quo multis menfibus nullas habueram, de illisnilom-
nino addit.
') Consultez la Lettre N°. 922 , où il est question de ces parélies.
(Euvres. T. IV.
[S CORRESPONDANCE. 1662.
N= 960.
\l. Thevenot à [Christiaan Huygens].
[janvier 1662].
La lettre se trouve i: Leiden , coll. Huygens.
Monsieur
Je fuis bien fafche que ma dernière lettre ') ne nous ait point elle rendue et qu
vne autre que jecriuois auffy a Moniteur Volfius ait courru la mefme fortune. Je
vous enuoie la defeription d'un niueau :) que vous nie demandes 3) et qui a félon
mon opinion bien des auantages fur les niueaus dont on feft ferui jufques a prefent.
Pour ce qui eft des expériences du liphon Je feray aufTy bien aife daprendre de
vous quel cas Ion peut faire de lhipothefe cy jointe 2) que Je vous en enuoie, mais
cela a voftre loifir ou dans les lettres de Monfieur uoftre Frère 3) qui me faiéf hon-
neur de me communiquer ce que vous luy efcriues, car Je veus quereller Mon-
iieur Chapelain de ce quil a bien ofé appeler parelTeus vn homme qui a plus fait
luy feul a lage de trente ans que tant de millions dautres qui ont païïe pour fort
diligentes et qui ferlant deuoues à leftude n'ont rien fait daprochant de vos decou-
uertes. Je vous feray lbuuenir icy des Relations que vous mauez promifes. Jattens
rcfponcc du perc Magnan 4) fur le fuict des lunettes, cependant Je vous diray
quil met fon verre fur vne poignée de bois comme ceus du meftier.
Jay eferit a Vcnife pour du verre et Jay fait jetter trois de ces formes pour les
microfeopes que Fefrier 5) auoit faites et quil nous aura peut eltre monrtré.
On a dccouuert depuis peu vn homme qui taille la pierre en forte que de trente
perfonnes qui l'ont paflTees par fes mains il ni en a pas en deus qui ayent eu la fîcurc.
mais Je vous en ccriray plus amplement lorfque Jauray la refponcc aux lettres que
1 j'en ay] 6) écrites en languedoc où il eft.
J'attens auec beaucoup d'jmpatience les expériences que Monfieur le prince
I ,eopold m'a fait l'honneur de me promettre. J'ecriray a Moniieur Vuiani ce que
vous me mandes7) de l'on Hure, il a vne extrême curiolite de veoir les voftres et vos
Nous ne possédons pas cette lettre. Thevenot y avait donné une description de son niveau
et de ses expériences du syplion. Consulte/, hi Lettre N°. 02H , note 1 Q.
Voir l'Appendice N°. 961.
Lodewijk Huygens, qui était encore à Paris.
1 ('cite réponse de E. Maignan est l'Appendice d'une lettre de janvier 1^162.
Sur Ferrier, consultez la Lettre N' . 32 , note 1.
( 'es i\v\\\ mots sont coupés en bas de la page.
I )ans une lettre que nous n'avons pas trouvée dans nos collections.
CORRESPONDANCE. 1662. 10
libraires en deueroient enuoier icy et a Florence ou ils difent que Ion n'en trouue
point.
J'atteps que Monfieur Volïius foit en vos quartiers et a la Haye pour luy écrire
et reparer la perte de ma lettre. Je luis
Monsieur
Voftre trefhumble et très obéi liant ferviteur
Tiievenot.
N2 961.
[M. Tiievenot] à [Christiaan Huygens].
[1662].
Appendice au No. 160.
La pièce se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Le niueau dont vous me demandez des nouuelles ert celuy-la même dont je
vous parlay au voyage que vous filles en France et il réiïflit l'y bien que la moin-
dre inclination de plan s'y connoift, En fin jl cil facile et mérite bien que vous en
lafilez faire un n'y ayant autre chofe a faire qu'a fermer par un bout un Tuyau de
verre qui ait deus ou quattre lignes dediametre,dont les coftez tant internes qu'exter-
nes foient bien parallelles entre eux, y mettre de l'ëau et y laiffer plus ou moins d'air
ou de vuide comme on parle ordinairement, félon qu'on veut qu'il foit plus ou
moins uifle. L'on ferme après l'autre bout, Hermétiquement ou de quelque autre
manière que ce foit, cet air enfermé lors qu'il fera en repos et non point attaché
à l'un ou à l'autre des bouts du verre marquera le niueau du plan fur lequel il
fera mis.
Pour ce qui efr. des expériences du Syphon je vous en enuoyeray une Copie l) 11
refteàm'expliquer fur le rapport qu'il y a entre la petite phiole& le diaphragme2),
dans la Phiole pour l'cffecl: qu'on y ob férue jl faut que trois choies s'y ren-
contrent; La Cauité ou Capacité de la phiole, le Col efixoict & la challeur qui
a efchauffé l'air. Pour [a première -le coeur, les poumons, le Diaphragme font
des cauites, quand nous refpirons la bouche fermée, les conduïcts par lefquels
*) Nous ne possédons pas cette copie, à moins que ne soit la pièce N°. 890.
z) Pour bien comprendr ce qui suit, comparez l'Appendice N°. 928. Il est clair que dans une
lettre que nous ne possédons pas, Chr. Huygens a formulé quelques objections contre le con-
tenu du N°. 928 , auxquelles Thévenot répond dans cet Appendice.
20
COR K ESPON I) ANCE. I 66 :
l'air pafle l'ont a proportion plus eilroicts que le Col de la phiole & la challeur
qui cil la troiliefme circonftance eft celle qui eil naturelle aux animaux. Sy la
liqueur qui a eftémife pour marquer le mouuement faiét de la peine on pourra
dire qu'il n'y a pas un de ces petits cortduïéts dont je viens de parler où il n'y en
ait a proportion dauantagc dans le corps animal que dans le phiole. il y a vn oyfeau
nome par les Zoographes Querquedula dont le poumon eil fort femblable a vnc
coquille de limaçon, eil dur et par cette raifon a grand raport a la phiole. Ce que je
viens de dire du Diaphragme du poumon, du coeur, conuient au Cerueau, aux jn-
teftins &ca, J'eftendrois cette explication au Punclum Saliens a caufeque c'eftune
cauité qui fe dilate, mais Implication fe verra mieux dans le Liure Harueus 3) que
dans une lettre, et la différence qui eft entre l'air enfermé dans la partie de
l'oëuf qui paroift vuide & celuy que je fupofe enfermé dans le Punclum Saliens
peut faire les Diaftoles & lesSiftoles, quand mefmes cet air enfermé n'auroit
point de communication auec l'air libre.
Pour ce qui eft de Saturne , Comme je n'auois point entrepris de parler de fes
mouuemens mais feulement de rendre raifon de fes apparences, je m'eilois feruy
d'une expérience dans laquelle on le void toujours dans une mefme place, ainfy
fy la figure que prend ce Corps liquide que vous voyez au haut de voftre boule
peut feruir à expliquer toutes ces différentes apparences lors qu'il fera tranfporté
par les mouuemens que l'on a obferue. je penfe que J'auray monftréce que j'auois
entrepris.
Je voy que vous vous cites feruy de la boule pour les deux expériences que je
propofois fur la figure que prennent lés corps liquides dans l'eau pour voir celle
qu'ils prennent lors qu'ils font entourés également d'eau. La boule n'y eil pas fy
propre que le fera un Canal de verre tenu perpendiculaire à l'horizon , car l'em-
pliffant d'eau fy on laiflè entrer un peu d'air, jl montera en haut a peu près dans
la forme que marque la figure cy-jointe qui elt celle que je fuppofe
eltre commune aux Atmofphércs de toutes les autres planettes, ce-
pendant que Saturne a raifon de fa feituation en a une bien différente &
femblable a celle qui fe void au haut de la boule fur laquelle Je voudrois
feauoir s'il y a quelque apparence ou Phafe de Saturne qu'elle ne puïffe pas ex-
pliquer.
Jl ne lera peut eltre pas inutile de mettre la petite phiole de verre dans l'autre
machine & de voir ce qui en arriuera. car pour ce qui eil de ce que vous en auez
oblcrué4) dans la mort de cet oyfeau que vous y auez mis Jay une autre expérience
qui me faiét croire que ce dernier mouuement qu'il faiét vienne de ce que l'air
enfermé fe dilate extr'ordinairement.
I lonsultez l'ouvrage, cite dans In Lettre N°. ycK, note 4.
Consultez In Lettre N°. 924.
CORRESPONDANCE. 1662. 2 1
Voicy quelques expériences qu'on pourroit faire dans la phiole. C'eil: de Mon-
fieur Auzou qu'elle viennent qui le tient fort obligé à l'honneur que vous luy faiftes
de vous fouuenir de luy & qui m'a chargé de vous en faire un compliment.
Faire un rêueïl-mattin d'une demie heure ou tout au moins d'un quart d'heure
& prendre auec un Monocorde fon ton dans l'air libre, puis l'enfermer dans le vaze
remply d'air & voir s'il y aura différence au ton , ou feulement a la force du Son ,
puis faire ces mefmes remarques pendant qu'on vuidera d'air le vaze& qu'il fon-
nera & quand il en fera vuidé entièrement.
Voir s'il y aura dans le vuide différence entre la force du poids & celle du
RefTort ce qui fe fera en pendant à un refïbrt a boudin fort doux un poids & remar-
quant s'il le tirera ou plus ou moins, ou également dans le vuide que dans le plein.
Mettez une montre à refïbrt dont on vienne d'efprouuer la vifteffe par le moyen
d'un pendule dans le vuide & l'y laiffant long-temps voir fy elle ira plus ou moins
vifte qu'elle n'alloit. efprouuer 11 les odeurs y pafferont.
Sjl s'y peut allumer un grain de poudre, fy le fel de tartre s'y difïbudra ou non.
y mettre de l'eau chaude ou pluftofr. la chauffer depuis que le vuide efl faiél
pour voir fy la vapeur montera, y mettre de Fefprit de vin, voir s'il s'euaporera
& s'jl s'en retournera en liqueur contre les parois, y biffer des fleurs & fruïcls
tendres, voir s'ils fe faneront ou fe rideront pluftoit et s'ils s'y corrompent pluftolï,
ou s'ils s'enfleront & comme s'il y auoit de l'air, y mettre la main ou le bras
d'un homme pour voir ce qui arriuera et ce qu'il reffentira. y mettre un infiniment
à Cordes & un de métail de mefme fon pour voir s'ils fe détonneront, faire un
fuzil qu'un autre RefTort fera débander comme faiclt la grande roue , la fonnerie
ou le Rêueil pour voir s'il fera des eflincelles & fy la mèche prendra et bruflera,
fy une allumette ou du fil foulphré ou de la poudre flambera en mettant fur la
mèche. Faire les expériences des liqueurs qui montent dans des petits tuyaux
& voir s'il y aura de la différence à ce qui arriue dans l'air.
22 CORRESPONDANCE. 1662.
N= 962.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
I FÉVRIER l662.
Lu Litre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens"^.
1 Fébrier 1662.
La refponfe de Monfieur Thevenot ') eft ample afTez. Je voudrois qu'elle fut
atiffi claire pour l'explication de fes nouuelles hypothefes. Je verray entre icy et
l'ordinaire prochain , ce que j'en pouray comprendre. Cependant remerciez le de
ma part, de ce qu'il me fait la faveur de me communiquer tant de belles chofes et
li diverfes.
Pour envoyer la description de Japan :) , que j'ay icy toute prefte, avec vos
verres, je ne vois point de meilleure commodité que de les joindre au petit ton-
neau de beure que mon Père ordonne qu'on envoyé par BrufTelles, ce qui fe fera
la lepmaine qui vient.
Quand je parlay dernièrement a Voirais pour faire avoir la Relation Chinoife 3)
a Monfieur Thevenot, il helitoit encore et ne fçavoit comment faire, fi non qu'ay-
ant defTein de palier au premier jour en Angleterre , il vouloit redemander l'cf-
crit et les figures a Van der Does4) qui par un vray tour de fripon les luy a em-
portez.
Mais cette voye n'eftant pas bien courte, je fuis bien aile que Monfieur van
Beuningen ait entrepris de procurer cette fatiffaction a noftre amy, par ce qu'il
trouuera aifement quelqu'un a Amfterdam qui en ait foin. Je ne fcay pas s'il en
a eferit Voflius, au moins il ne m'en a rien dit.
Vicquefort n'eft pas trop homme de bien pour me faire croire que voftre con-
jecture touchant nos livres foit tout a fait vaine. J'y envoyay encore hier.
Vous elles heureux de ce que vous vous trouuez juftement la au temps que le
grand ballet 5) fera a veoir, au quel Monfieur Petit dif oit que quand on devroit
venir de 500 lieues loin, on ne plaindroit pas fa peine. Pour moy j'en ferois 10
ou 20 fans plus.
Je vous envoyé icy une lettre s) à Monfieur Chapelain, la quelle fi avanture
I ,es Lettres Nos. 960 et </> 1 .
L'ouvrage cité dans la Lettre N°. 924, note 1.
( 'onsultez la Lettre 1\'°. 052.
*) Consulte/ la Lettre N°. 833, noie 6.
•s) C'était le ballet wle Mariage de Hercule et Venus", exécuté le 13 janvier 1662, ou toute la
Cour figurait.
Nous n'avons trouvé ni cette lettre de Chr. I [uygens a J. Chapelain , ni sa m in me.
CORRESPONDANCE. \66l.
vous luy portez vous mefmes, je vous prie de luy dire, qu'il y a longtemps que j'ay
déliré de vous, que vous allaffiez veoir et faluer de ma part Monlieur Amprou Con-
feiller au Parlement qui demeure proche de St. Louis en l'Ifle noile Dame. Je
penfe aulîi que je vous l'avois dicTtè pour mettre fur voilre mémoire an moins je le
devois faire, car c'eil a luy que j'ay autant d'obligation qu'a perfonne dans Paris
pour l'accueil qu'il m'a fait et les entrées aux ballets qu'il m'a procurées. C'ell
pour quelque raifon que je voudrois que vous diffiez cela a Monfieur Chapelain
quand mefme il ne feroit pas véritable , et au relie quand vous ferez dans la ditte
Ifle pour viliter Monfieur Auzout vous me feriez grand plaifir de luy aller porter
de mes nouuelles; vous trouverez que c'eil un homme de bel efprit et fort éveillé ,
avec cela très obligeant. Il efl feparè il y a longtemps d'avec fa femme, et croit
qu'il s'eil prédit toutes fes avantures par allrologie.
") A la rue de Touraine au faubourg chez Madame Bonadas un . . . 7)
N* 963.
ClIRISTIAAN HlJYGENS à [R. MoRAV |.
3 FÉVRIER 1662.
La lettre si- trouve h Londres, Royal Society.
A la Haye le 3 février 1662.
Monsieur
Il y a longtemps que je devois vous donner avis que Monlieur Harel m'a ap-
porté voilre lettre avec un fécond exemplaire du Chymiite de Monfieur Boile,
mais mon indifpolition qui a commencé avec la nouuelle année et m'a duré jufqu'a
cet heure , m'a fait différer et cela et pluiieurs autres choies necelfaires. Par la ref-
ponce ') que j'ay faite a voilre longue lettre du 1 3 Décembre 2) vous aurez fçeu que
j'avois receu le premier exemplaire du dit Chymiite, ce qui pourtant ne diminue
point l'obligation que je vous ay de m'avoir envoie l'autre. Je vous rends grâces
auffi de la copie3) du Syileme de Monfieur Wren le quel j'ay leu avec plailîr,
7) Probablement ces mots donnent l'adresse de Lodewijk Huygens.
') La Lettre N°. 940.
-j La Lettre N°. 935.
3) La pièce N°. 934.
24 CORRESPONDANCE. 1662.
et je ra'eftonnerois pourquoy lors que j'eftois a Londres il ne me l'a pas commu-
nique auffi bien qu'a cer heure, ii fa lettre qu'il eferit à Monfieur Neilc ,dont on
m'a envoyé la copie 4) de Paris, ne m'avoit fait veoir qu'il avoit deffein de la fup-
primer, et qu'il ne l'a produit a cet heure que pour montrer a Monfieur Frenicle
que la peniee qu'il vient de débiter touchant le mouuement de Saturne eltoit délia
vieille et condamnée auprès de luy.
Dans ma pénultième 5) je vous ay raconte plufieurs particularitez touchant ma
machine pneumatique et depuis encore quelques expériences dans celle rt) dont
Monfieur Southwell s'eft voulu charger. Or quoy que pendant ma maladie j'aye elle
contraint de m'abftenir d'en faire d'autres , il y en a pourtant une que j'avois défia
faite auparavant, et que depuis j'ay parfois répétée, fans que jufqu'icy j'aye pu me
fatiffaire entièrement. Elle mérite que je vous la communique et que vous et Mon-
fieur Boile m'aidiez a en rechercher les véritables caufes. Je vous ay dit, pour faire
veoir la Juliette et perfection de ma pompe, qu'en faifant la 19e expérience de Mon-
fieur Boile, je faifois defeendre l'eau dans le tuyau jufqu'a un demy pouce près de
la fuperficie de l'eau qui couvre le bout ouuert , même quelqueffois elle eft ve-
nue jufqu'a eftre de niveau avecque l'eau d'embas a fçavoir quand je me fuis fervi
d'eau fraifehe. Mais ayant rempli le tuyau d'eau purgée d'air, durant 24 heures
ou d'avantage, j'ay vu avec eftonnement qu'elle n'a point voulu defeendre quoy-
que j'euffe vuidè d'air le récipient le plus exactement qu'il me fut poffible. Toute
fois s'il s'engendre la moindre petite bulle d'air au bas du tuyau par dedans, et
qu'elle viene a monter, elle fait que toute l'eau écoule viftement du tuyau , et qu'il
n'en demeure qu'environ la hauteur d'un pouce, et cela encore qu'au haut du
tuyau il y ait une allez grofïe boule, qui le vuide auffi bien que le refte. que fi après
cela en tournant le robinet je donne entrée libre a l'air de dehors, l'eau retourne
a occuper la place qu'elle avoit quitée, excepté l'elpace de la grandeur d'un petit
pois ou grain de chenevis, qui contient de l'air , lequel air femble ne pouvoir venir
d'ailleurs que hors de l'eau, et auffi quand on le laifie ainfi un jour et une nuict il dif-
paroit derechef citant rentre dans l'eau , car de percer le verre il ne feauroit. Mais
ce qu'il y a encore de merveilleux lors que la petite bulle d'air monte dans le tuyau
pour en chaflTer l'eau, c'eit qu'eftant parvenue a la hauteur d'un pouce par deiiïus
Peau d'embas, elle commence de là à s'eltendre vers en haut , fa partie baffe de-
meurant fixe a la dite hauteur, qui eft toufjours celle ou l'eau du tuyau s'arreitera
après eftre écoulée. J'ay fait premièrement cette expérience avec des tuyaux d'un
pied, après avec d'autres de deux pieds et un peu d'avantage; dans lefquels par
) (.a Lettre N°. 933. Il résulte de ees mots „de Paris" que eette copie n'a pas été envoyée di-
rectement par Moray , mais probablement par rentremi.se de Thévcnot; consultez la Lettre
N°. 052, note y.
La Lettre N . 940.
rt) Voir In Lettre ,\" . 953.
CORRESPONDANCE. 1662. 25
fois je n'ay point fçeu faire defccndre l'eau, quoyque je les laiflafTe dans le récipient
vuidè d'air par plufieurs heures. Tout cela me donne bien a penfer, mais je ne
veux pas encore vous entretenir de mes conjectures et raifonnements parce que
j'efpere de le pouuoir faire avec plus de fondement lors que j'auray pourfuivy
encore d'avantage cette mefme expérience.
J'ay receu nouuelle de Monfieur Hevelius 7) que le traite de Horroxius luy a
eftè délivré et qu'il le va faire imprimer, fon obfcrvation de Mercure eftant prclque
achevée. Faites je vous prie mes baifemains a tous les Illuitres par de la et croyez
que je fuis entièrement
Monsieur
Voftre très humble et trefobeiflant feruiteur
Chr. Hugens de Zulichem.
N= 964.
R. MoRAV à ClIRISTIAAN HuYGENS.
3 FÉVRIER 1662.
La lettre se trouve à Laden , coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 940. Chr. Huygens y répondit par le No. 976.
A Whitehall ce 24 Janvier 1662.
Monsieur
De peur que vous n'attribuiez le retardement de ma refponce a la voftre du
30. Décembre a ma négligence, ou autre caufe reprochable , Je ne la veux plus
diferer, quoy qu'a la vérité toutes les chofes que Je faifois eftat de vous enuoyer
par cet ordinaire ne foyent point encore preftes. Je deuois vous renuoyer mainte-
nant les lettres que Monfieur Frenicle vous a eferites *) mais noftre Amanuenfis
a tant eu d'affaires fur les bras depuis qu'il a eu ordre de les copier qu'il ne l'a pas
feeu faire. Mais Je fuis d'aduis que vous n'en ferez pas fafché, pareeque la femaine
qui vien J'ay intention de vous les enuoyer la femaine prochaine , accompagnées
de quelques autres que Frenicle a eferit a Monfieur Digby2). dont Je ne veux rien
7) Voir la Lettre N°. 956.
') Voir les Lettres N«s. 901 et 927.
:) Voir la Lettre N°. 969.
Œuvres. T. IV.
o6 CORRESPONDANCE. 1662.
dire que vous ne les voyiez. Cependant Je vous enuoye icy une demonftration 3),
qui vous confirmera ce que Je vous ay défia dit de l'impatience qui nous agite, en
attendant la publication des Traitez que vous nous auez fait efperer. Monfieur
le Mylord Bronker s'y eft engagé quafi fans y penfer , en cherchant la Mefure
Vniuerfelle dont ma dernière 4) a fait mention. Jl vous en enuoye la première
Copie. Mais J'ay aufli en charge de vous communiquer de fa part ce que d'abord
il a trouué pour la Mefure Vniverfelle , et une autre conclufion dont un pafTage de
voftre précédente a efte caufe. Jl n'a pas voulu diferer fon experiment touchant
la mefure Vniverfelle affez long temps pour auoir une balle faite d'argent fin. Mais
on a fait faire une du l'Argent au tiltre de la monnoye d'icy , iugeant que l'experi-
ment n'en feroit guère moins aifé que comme fil largent eftoit pur. Le moyen donc
qu'il propofe pour auoir cette mefure Vniverfelle eft. De prendre une Balle d'Ar-
gent au tiltre de la monnoye d'Angleterre , (c'eft a dire , dont une liure de 1 2. On-
ces a 11. onces et deux deniers d'argent fin, et 18. deniers de Cuiure) dont le
Diamètre eft a la longuer du fil par lequel il eft fufpendu comme, un à 54 5) a me-
furer du centre de la balle, chaque excurfion ou vibration fera faite dans l'efpace
d'une féconde, (félon fon Horologe a pendule) et cette longueur là peut eftre le
fondement Vniverfel pour toutes fortes de mefures. On l'a prié de faire faire une
Balle d'Argent pur, et d'adiufter fa mefure la deftus. Ce qu'il nous a promis pour
Mercredy prochain. L'autre Axiome qu'il a eftably eft touchant la vélocité de la
defeente des corps de différente matière. Vous auez dit dans voftre lettre précé-
dente ") qu'on peut afligner la grandeur d'une balle de liège dont la defeente fera
aufli ville que d'une balle de plomb donne. Et il trouue qu'il faut que le diamètre
de l'une foit à celuy de l'autre comme leur pefanteurs. Mais véritablement nous
fommes bien plaifans luy et moy tous deux; parce que ny l'un ny l'autre s'eft fou-
uenu de ce que vous auiez dit. Car ayant icy releu voftre lettre, Je trouue que
vous y dites la mefme chofe mais en des mots un peu différents, il vous fera donc
permis d'en rire comme Je viens de faire. Touteffois il y a agi en bonne foy : ne
fe fouuenant point que vous auiez fi nettement déterminé la chofe.
Je m'en ^ray maintenant voir ce que J'ay a vous dire fur les Articles de voftre
dernière.
Je fuis fort aife que voftre Machine Pneumatique eft acheuec. nous courrons
rifque d'eftre derechef faifis de quelques accez de impatience fi vous diferez long-
temps a nous communiquer les experiments que vous y faites. Monfieur Boile eft
aufli après a en faire des nouueaux dans fa nouuelle Machine dont il vous fera part
aufli toft qu'ils feront prefts. il m'a chargé de vous dire que fon Cylindre eft placé
Voir l'Appendice N°. 965.
Conduire/, la Lettre N°. 935.
VIoray omet ici la fraction ; , 1 voir In Lettre N°. 968).
La Lettre N . !
CORRESPONDANCE. 1662. 1J
dans de l'eau, et qu'il fait merueilleufement bien, feulement l'eau barbouille
quelquefois le lieu ou les experiments fe font. Je me remets a la femaine qui
vient pour ce qui touche les Hypothefes de Monfieur Wren et de Monfieur Fre-
nicle7). Mais il faut cependant que Je vous auouë n'auoir pas iufqu'icy auoir eu le
loifir de lire ce qu'efcrit le dernier. Je fuis rauy de l'efperance que vous nous don-
nez que vous obferuerez foigneufement les phafes de fo. ces deux années fumantes.
Nous tafcherons auffi fi vous le trouuez bon , d'y engager quelques uns des noftres.
Ne doubtant nullement que vos hypothefes n'en foyent confirmées. Voftre opinion
du Chymifte fceptique cft celle mefme de tous ceux qui en fçauent iuger. Mon-
fieur Neile eft fort fatiffait de ce que vous auez fait pour la publication du Traitté 8)
de Monfieur Horoxe.
Ce que vous dites de l'excurfion des Vibrations du pendule pour trouuer la mefure
Vniuerfelle ell approuué par Monfieur Mylord Brunker qui n'y afiîgne que 4. ou
5. degrez au plus. Nous auons défia donné en charge a 4. ou 5. perfbnnes d'en faire
feparement des efpreuues, pour voir comment la chofe reùfîira. pour ce qui eft de
l'égalité du mouuement des boules de diferentes matières et grandeurs Nous auons
veu que prennant 1. balles de plomb de différente grandeur, la petite eftant pendu
a un fil plus long que la grande eftant eleuees a pareille hauteur , tandis que les ex-
curfions eftoyent larges leur viftefîe eftoit egalle, mais fur la fin, les excurfions deue-
nant petites la plus longue alloit plus vifte que l'autre. Je n'ay pas aftez de temps
pour m'eftendre fur cecy mais une autre fois vous pourrez auoir le refte fil eft necef-
faire c'eft a dire fi vous le defircz. Les Expériences que nous auons faites de voftre
ligne 9) nous ont reufii a merveilles de forte que tout le monde en eft bien fatiffait.
neantmoins quant a l'exaétitude precife du mouuement du pendule de l'Horologe Je
ferois aife de fçauoir fi vous pouuez obferuer qu'il foit toufiours fi égal que les chan-
gements qui arriuent dans la conftitution de l'air n'y apportent nul defordre. Je
fuis cependant bien fatiffait des efpreuues que vous auez faites de fon exactitude,
à l'égard du Soleil. Si vous auez la commodité de me faire tenir une Copie de la
table que vous auez calculée pour la diference des iours , Monfieur Mylord Brun-
ker eft après a m'en drefTcr une, mais J'attends la voftre plus toft puifqu'elle eft défia
faite, mais Je ne veux point pourtant épargner fa peine. Je trouue cette addition
d'un petit morceau de plomb a voftre pendule for iolie et commode, cecy me donne
lieu de vous dire que l'Horologe que J'ay eu d'Hollande n'eft point encore afTez
bien adiuftee. Je ne fcay fi Je le doibs attribuer a la figure de la pièce de cuiure qui
doibt régler et egalizer les excurfions, que Je trouve n'eftre point faite félon vos rei-
gles comme n'eftant point une portion de Cycloide. Mais nous auons donné ordre
a un excellent ouurier qui eft icy pour nous faire quelques horologcs auquels tou-
tes chofes feront curieufement faites.
~) Consultez l'Appendice N°. 970.
8) Voir l'ouvrage , cité dans la Lettre N°. 885 , note 8.
9) C'est-à-dire de la Cycloide.
28 CORRESPONDANCE. 1662.
Monfieur Mylord Brunker et moy auons courru toutes les boutiques du Ceme-
tiere St. Paul cherchant cette copie de voflxe Syfteme de fc que nous auions tous
deux veùe, mais n'en auons point eu de nouuelles. Si Je trouue que quelqu'un
vueille entreprendre de le reimprimer Je vous en aduertiray. Monfieur Boile trouue
tout ce que vous auez fait pour ladiultement de voftre Machine extrêmement bon.
feulement il craint que le Robinet eftant une fois ufé, vous ne trouuiez ce cuir
dont il efl: reueftu incommode. Voltre Ciment me femble plus commode que le
lien de beaucoup. Monfieur Boile a veu Deufingius JO) et en fait les inclines Eloges
que vous, ce qui fuffit pour m'ofter l'enuie de vous donner la peine de me lenuoyer.
ayant maintenant expédié tout ce que J'auois a vous dire a prefent des chofes con-
tenues dans la voftre Je vous entretiendrais encores quelques moments fort volon-
tiers de quelque petites chofes que nous faifons mais a caufe que quelques perfones
viennent dentrer dans ma chambre qui ont une affaire de confequenec a depefeher
il faut les remettre a une autre fois: ainfi, cette fois icy, Je finiray auec quelque
regrait de n'auoir pas allez de temps pour vous lafTer tout a fait et puis acheuer fans
apologie. Mais me voilà arraché en me difant
Monsieur
Voftre trefhumble et trefaffeétionné feruiteur
R. MORAY.
N= 965.
W. Brouncker à Christiaan Huygens.
[janvier 1662. J
Appendice au No. 964.
La pièce se trouve à Leiden, coll. Huygens.
A Demonftration of the Equality of Vibrations in a
Cicloid-Pendulum ")•
Imagine the Curve H X C ') to bee made vp of an infinité Number of equall
fides or flxeight lines (as Hb , bd, df\ &c.) fo inclining that their perpendicular al-
titudes (ab, cd, ef, &c.) are in an arithmetical progreflion frorn an horizontall to a
vertical pofition. I fay firft a bullet moving in fuch a Curve falls from ail parts the-
rcof in equall time. (as from/to M, b to H, d to II, x 2) to H, &c, ail in the famé
IO) Voir l'ouvrage cite dans la Lettre N°. 940, note 13.
Con ultez la planche ci-contre.
Lisez: \.
CORRESPONDANCE. \66l.
time.) for it pafféth every following line or fide in the famé fpace of rime yt it doth
the firft from whencc it fell. (as being let fall from X , in the famé time that it paf-
feth from X to H 3), in the famé it paffeth from h to/, from/to d, from d to £, and
from b to H.) Beeaufe the firft velocity is alwayes in proportion to the diftance.
as Xh being the fifth fide from H X, Xj is to ba as 5 to 1, and eonfeqnently the Bul-
lets velocity at X being let fall there, is to the Bullets velocity at Z>, if thence let
fall , as 5 to 1 . and the retardation arifing from the inclination of the following
lines or (ides , is ftill equall to the accelleration arifing from the continuance of
the motion, (as Xh having five degrees of velocity, A/has but foure beeaufe Xj is
to hg as 5 to 4, and fo one degree of velocity is loft by the greater inclination of
the fide hf: but beeaufe there is one moment of time paft fince the motion begun ,
when the Bullet is fallen to h from X , therefore one degree of velocity is acquired
from that continuance of motion or fécond impulfe; and therefore one degree
onely being loft by the pofition of the fide , and an other got in lieu thereof by the
continuance of the motion; the velocity remaines ftill the famé at h that it had at
X, and the like of ail the reft.) And fo in a Circle the verfed fines of fmall arches,
equally increafing are fo very neare that they may well bee faid to hâve the pro-
portion of fquares; and therefore their différences as odd numbers, that is to en-
creafe equally, or in an arithmeticall progrefilon. And beeaufe the firft différence,
if the arches bee infinitely fmall , or lefie then any affignable quanrity, is not onely
abfolutely , but in refpecT: to thofe arches alfo , lefie then any affignable quanrity or
infinitely fmall , as is eafie to demonftrate and hath been don already in my paper
of recoyling. therefore after an infinité progreffion, as in the curve II X C, and not
before, thefe différences do equally increafe vnto an equallity with the firft arch.
And indeed this Curve is no other then what refults from the continuance of that
feries vnto which at the beginning of the quadrant (where the vibrations are at
leaft phyfically equall) there is fo great a neerenefie that in refpecT: to themfelves
the différence is lefie then any affignable quanrity.
I proceed therefore and fay next that this Curve is a Cicloid : For in the triangle
MDE, MD, & DE, being equall to DC and divided into as many equall parts
E^, qs, su &c, as there are fides in the Curve HXC and the Radiaus of the
Quadrant DPF, which is alfo equall therevnto, divided in the famé manner: the
fides of the triangles Epq , Ers, Etu, &c. are proportionall to the triangles
Hba , bdc , dfe , &c. , and therefore pq. fxq (= Eq.j : : Ha. ab and rs. As (== Es~)
: : bc. cd , &c. fo of the reft. And therefore HI =. ab -f- cd + ef. I/= H# + bc
+ de : : /jt,q + As + v.u.pq + rs + tu that is , the number being infinit, HI the
intercepted diameter is to I/the ordinate : : as the refpeftive triangle Ex#, to the
refpeftive portion FluE. And therefore AH. HI : : A EMD. A Ex«. But
') Lisez: h.
3<D CORRESPONDANCE. \66l.
A EMD. A Ey.u : : Ed x E//+> E« x E«. And Eu x E« =EDxEr (ED. Eu. Et
■H5) as wlll prefcndy appeare) Thcrefore EMD. Eku : : ED x ED. ED x Et : :
ED. Et. Therefore AH. HI : : ED. Er. But AH = ED. Therefore HI = Et.
and Eu the fide of the refpeclive A is the mcane proportionall between AH
and III.
Now becaufe Eu is the meane proportionall betwccn ED and Et; therefore
Et x i ED equals the A Eku. And becaufe DRE is a femicircle, therefore
Do-E is a re&angle A- And becaufe DE/ is an angle common to both A (DEa-
and *E#;) and the hypothermie of both are equall QE = ED) : therefore
Dcr = tu and E<r = Eu. therefore ED. E<r = Eu. Et. are in continuall pro-
portion (as was faid above). And the two reftangle As D<rE and tuE are
equall. but the A D<rE = ctx{ ED ; therefore the A tuE — <rr x \ ED.
And becaufe /F = the arch <r E ; therefore tF x | ED = the arch <rEx \ ED.
but tF x ^ ED equals the Secter /EF; therefore the feéter tEF ■=. the arch j- E x
§ ED. Therefore the portion EFtu (= the feéter tEF -+- A tuE~) = the arch
irEx| ED + c- r x § ED. therefore A Eku is to the portion EFta, as Et x
i ED is to a-E x | ED + o-t x ^ ED : : Et. <r E + o- t. But Et z= HI the
intercepted Diameter, therefore r cr -+- <r E z= If the ordinate. But in a cycloid
Et being the intercepted Diameter, r <r + cr E is the ordinate, therefore this
Curve is a Cicloide.
But if the Cheekes of a Pendulum bee a Cicloid of the altitude of half the Pen-
dulum , the Bullet vibrâtes or is carried in a Cicloid.
For Xh being infinitly fmall that is but a point, X/z continued that is XM is the
tangent to that point, that is to ye point X (and becaufe XV is to XM as Xj is to
X/z; and X; is to X/z as the fide of the rcfpeétive A is to the Diameter; and the fide
of the refpeftive A is to the Diameter as the intercepted diameter is to the fide
of the refpeétive A -> that is as XV to the meane proportionall between the diame-
ter & it, therefore XM is the meane proportionall betweene the diameter and it.
that is XM is the mcane proportionall between AH or & V and XV). And becaufe
the aggragate of ail the termes ab, cd, ef\ &e. vfque ad/X equals XV therefore fo
many times Xj = twice XV, and therefore as raany times X/z (that is the Curve
MX) = twice XM. (and therefore if the diameter bec divided according to the
odd numbers i. 3. 5. 7. &c. and ordinats drawne through thofe points, the Cicloid
I IXC is divided by thefe ordinates into equall parts,) therefore LM being a tan-
gent to yc curve at yc point L , MN = LM. therefore the point N is in the femi-
circle MNF = MLB and becaufe che angle HMN is equall to the angle VM\
which is the Complément of the angle LBC; and I IM = AB the Complément of
Lisez: EDxED.
Cela signifie que ED, Eu, Ei sont on proportion continuelle.
CORRESPONDANCE. \66l. 31
BC = MD. therefore MN cuts ye femicircle at the interfeétion thereof with the
Cicloid. therefore N is in ye Cicloid HNE. therefore ail ye vibrations of a Cicloid
Pendulum fo proportiond as before are of equall time. Quod &c.
») fy 7Febr. 1662.
Demonftratio Domini Brouncker a Domino Moray mifTa Londino, qua
noftrum inventum aequabilis motus in Cycloide probare conatus eft , fed nihil
efFecit. Vitiofa enim eft omnis haec argumentatio qua aequalia tempora de-
fcenfus in expolita linea ollendere nititur , ipfa vero linea quin Cyclois fit non
dubito, etfi et in hoc demonftrando aliquid peccatum fit. [Chr. Huygens.J
N= 966.
N. Heinsius à Christiaan Huygens.
4 février 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le No. 988.
Nicolaus Heinsius Christiano Hugenio Viro Nobiliffimo
S. P. D.
De Phaenomenis ne fruftrari viderer expeftationem tuam, Vir Nobilifîlme, unius
apographum ') hic mitto. Alterum quoque non multum diffimile, quod imprimis
defiderare te teftatus es, mittendum fore certus efto, fimulatque ex lenta picloris2)
manu poterit avelli. Tertium pencs me fervatur, quod anno huius faeculi vicefimo
oftavo hic terrarum apparuit , clafîem navalem referens , et formam virilem dia-
dema regium in vertice exhibentem. Illud quoque quominus ad te perveniat, nil
arbitrer impedire , fi iufieris. De quarto cruces nonnullas oftendente , quod Pragae
fit fpecfatum , piftor ipfe mecum egit, atquc id pênes te exflare aïïeveravit 3).
Percunftabor et alios harum rerum curiofos, fi illi quoque forfan ftudijs tuis pro-
defîe pofilnt.
A Capellano reiponfum 4) necdum habui , ad illam epillolam , tuae fidei com-
') Nous n'avons pas trouvé cette planche dans nos collections.
2) Ce dessinateur est Ilendrik de Moucheron. Consultez la Lettre du 29 nars 1662.
3) Nous n'en avons trouvé aucune trace dans la correspondance.
4) Cette lettre de Chapelain est datée du 17 janvier 1662. Consultez les „Lettres de Jean Cha-
pelain publiées par Ph. Tamizey de Larroque. Paris 1883", Tome II , p. 191.
32 CORRESPONDANCE. l66l2.
mifïam s) , qua mittebam epigraramatia nativitati Delphini Gallici 6) a me dedi-
cata; recle tamen curatam fuiiïè auguror. Nuper epillolas nonnullas ad alios ami-
cos cxaratas cibi curandas commifi, quod literas ad rem publicam non pertinentes
ncgligentius a Bifdommero haberi fini expertus. quare ad te confugiendum mihi
fuit : quod et ipfum iterata denuo moleftia nunc fit : fed mis viciflîm commodis me
invigilaturum promitto. Vale.
Exarabam Holmiae Suecorum. Anno cïdidclxii. a. d. iv Februarii Gregoriani.
Nobiliffimo fratri tuo falutem plurimam meis a te verbis dici cupio. Indigna-
tus fum terfifiimae eius elegiae7), quam Nafoni meo dédit, naevos nonnullos opera-
rum typographicarum fupinitate irrepfifîe.
N°= 967.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
8 FÉVRIER 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leideit, coll. Huygens.
le 8 févr. 1662.
J'ay envoyé hier vos petits verres avec le livre ') de Caron pour Monfieur
Thevenot, cnfemble avec le petit tonneau à Mademoifelle van der Elft, avec
l'adrcfTc de voftre logis et recommendation bien expreïïe de ne laifTer point efchap-
per d'occafinn pour le mettre en voye. Si elle reuifïït bien nous pourrons nous en
fervir encore cy après, et pour quoy chercher d'autre moyen pour faire parler Tho-
rologe de Monfieur Chaifc. Il n'y a que cette importunitè des douanes qui me donne
quelque fcrupule.
5) Consultez la Lettre N°. 959.
!>ouis de Tous Saints, le dauphin, naquit le 1 novembre 1661 et mourut le 1 4 avril 171 1.
Il était fils de Louis XIV et de Maria Theresia d'Autriche. Il épousa Maria Anna de Bavière.
7) Dans les préliminaires du Tome I des „P. Ovidii Nafonis Opéra", édition de 1 65 8 — 1661
(voir la Lettre N°. 596", note 9^ N. lleinsius avait publié un poème latin de Constantyn
Huygens, frère.
') Consultez 'a Lettre N°. 924, note 1.
CORRESPONDANCE. 1662. 33
Quand j'eftois a Paris, Monfieur de Bautru 2) me parla aufli par fois de choie
femblable a ce que vous l'avez ouy dire a mon Père. S'il eftoit a la cour, je ne
fcay comment il s'en fouuiendroit, du moins fcay je bien qu'il oublia de me donner
a difner, en la compagnie de plufieurs perfonnes illuftres, quoy qu'il me l'eiiil
promis a toutes les fois que je le voyois.
Pafcal 3) n'attend qu'après la boete de l'horologe fufdit.
J'ay envoyé la lettre a Monfieur de Sgravemoer 4) de qui il y a la refponfe dans
ce pacquet, par la quelle Monfieur Chaife fçaura s'il accepte fon ordre ou non.
Voicy une lettre 5) a Monfieur de Carcavy, qui demeure en l'hoftel de Lian-
court. Je fuppofe que vous envoyez afTez fouucnt quelque laquais chez Meflîeurs
nos AmbafTadeurs, qui ne demeurent pas loin de là. autrement il y a des mefîagers
que pour 3 ou 4 fous on envoie par la ville la ou l'on veut. Ou fi vous aviez vous
mefme a faire au Faubourg vous me feriez plaifir en la rendant vous mefmc. touf-
jours s'il vient vous veoir dites luy qu'il y a long temps que je vous ay prie de
l'aller faluer de ma part. C'ell un fort honnelr. homme, et qui le premier me fit
avoir connoiflance au Duc de Roancs. Il eil aulfi le principal correfpondant de
Monfieur de Fermât, tellement que fi vous n'obtenez pas bientoft de Monfieur
Petit la copie de la lettre qu'il me promet, j'en folliciteray cet autre.
Les dernières nouuelles que j'ay apprifes touchant Catrine Smith 6) c'eftoyent
celles que Verbeeck 7) m'apporta a feavoir que du mariage qui avoit fait beau-
coup de bruit et donne l'alarme icy aux parents de Lely 8) , il n'en efiroit rien. Le
voila donc hors de danger d'eftre fait cocu par Monfieur Chaife, que vous ne
devez pas croire eftre pour rien fi curieux des nouuelles de cette belle. Agnofco
veteris veltigia flammac.
Nous avons efiè fort édifiez de veoir combien mon Père efi: traite honorablement
-) Guillaume Bautru , comte de Serrant, naquit en 1588 à Angers et mourut à Paris en 1665. Il
accompagna souvent des ambassadeurs comme interprête, excellait aux épigrammes et fut
un des premiers membres de l'Académie Française.
3) Paschal était horloger à la Haye.
4) Adam van derDuyn, seigneur de 's Gravemoer, naquit en 1639 et mourut le 18 décem-
bre 1693. 11 était le fils de Nicolaas van der Duyn, seigneur de Rijswijk, et de sa seconde
épouse Beatrix van der Bouchorst. Il épousa Geertruid Pieterson et fut successivement Lieu-
tenant-Général , commandant de Geertruidenberg, gouverneur de Bergen-op-Zoom, „Hoog-
heemraad" de Dellland.
5) Nous n'avons pas trouvé cette lettre dans nos collections.
6) Catharina Smitz, fille du peintre Caspar Smitz, dit IVlagdalena Smitz (parce qu'il peignait
souvent des Madeleines) était partie avec son père pour l'Angleterre. Celui-ci s'établit à
Dublin, où il mourut en 1689.
r) Gerardus Verbeeck , né à la Haye, était graveur et devint plus tard ingénieur de l'armée des
Pays-Bas.
::) Pieter van der Faes, dit Lely, fils du capitaine Johannes van der Faes et d'Abiguel van Vliet,
naquit à Soest en 1618 et mourut à Londres en 1680. Il demeura quelque temps à la Haye
et passa plus tard en Angleterre; Charles II le nomma son chambellan et chevalier.
Œuvres. T. IV. c
CORRESPONDANCE. 1662.
dans cette cour la. Il n'aura pas de petites chofes à raconter à fon retour. Ce
ballet que vous avez vu au Louvre doit avoir eftè une chofe pompeufe et fplen-
didc , et l'autre y) des machines encore plus. Cependant nous autres voyons re-
prefenter nimium patienter la Dido IO) de van-der Does IX) et des femblables fot-
tifes. S'il y a moyen envoyez moy les vers de la Medée I2) que Monfieur Corneille
vous a promis de faire veoir, car je ne doute pas qu'ils ne foient défia imprimez,
et je me fouuiens qu'ils eftoient très beaux.
Vous ferez bien de vifiter l'académie de Monfieur de Montmor, de qui je n'en-
tends non plus parler que s'il eftoit mort. Adieu.
N°- 968.
R. Moray à Christiaan Huygens.
9 février 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Clir. Huygens y répondit par le No. 983.
A Whitehall ce 30. Janvier 1662.
Monsieur
Voycy, félon ce que Je vous ay promis dans ma dernière '), les lettres que vous
m'auez enuoyees 2), auec copie de celles3) que nous auons eues de la mefme main.
Dans cellccy il femble que Monfieur Wren y foit afTez interefTc pour y faire quel-
que refponcc : Mais il n'en a point d'enuie; difant que tout ce qu'il yak dire, eft
que Monfieur Frenicle s'eft imaginé, qu'il a des opinions qu'il n'a point. Vous
iugerez ce qui en cil: en lifant ce qu'il dit. Monfieur Wallice n'a point encor veu
ce qui le touche: mais il le verra dans peu de iours , et vous fçaurez la refponce
qu'il y fera. Dans ma dernière, J'oubliay d'adioufter au nombre de 54. une
9) Voir la Lettre N°. 962 , note 5.
10) Tragédie ofte onregelmatige liefde van de Koninginne Dido [Door J. van der Does].
Amst. \66i.
1 ') Jacob van der Does. Voir la Lettre N°. 807, note 1 3.
,25 Médée, Tragédie [Par P. Corneille]. Paris. 1636.
( onsultiv. la Lettre N°. 964.
Voir la Lettre N°. 940.
Voir Ils Appendices Nos. 969 et 970.
CORRESPONDANCE. \66l. 35
fraclion , de |, en parlant de la mefure Vniuerfelle. Mais depuis, Monfieur le My-
lord Brunker a fait faire des balles d'argent pur et a rendu fa reigle bien plus fa-
cile , pour la trouuer. C'eft qu'il faut faire une pendule d'un fil de foye bien déliée,
& une balle d'argent pur , dont le diamètre eftant la 5ome partie de la longueur du
fil, chaque vibration fe puifle faire en une féconde , les excurfions n'excedans point
5. degrcz de chaque cofté. alors la longueur du fil, depuis le centre de la balle, en
haut, fera la mefure uniuerfelle defiree, qui fc peut faire partout, et pourra feruir
de fondement pour toutes les autres mefures dont on a befoin. Or pour faire cette
mefure on peut prendre une balle d'un diamètre moindre que le poulce d'un
homme ordinaire , et l'ayant attachée a un fil de foye de la longueur requife pour
des fécondes, fi elle n'eft pas 50. fois plus grande que le diamètre de la balle, il en
faut prendre une autre de diamètre plus petite ou plus grande iufqu'a ce qu'on ait
rencontre la proportion propofee. Faites en une Je vous prie de cette façon , et
enuoyez nous en la longueur en poulces de Rhynland, a finque nous la puiflions
comparer auec celles que 4. ou 5. de noitre4) fe font chargez de faire. Je crois vous
auoir dit dans ma précédente que des balles de plomb de différente grandeur ne
font pas des vibrations egalles en temps , quelques petites qu'en foyent les excur-
fions, félon ce que nous auons expérimenté, quoy qu'il femble que vous n'y ayiez
point trouué de différence ny en différentes matières, ny en différentes grandeurs.
Je prétends vous enuoyer dans ce pacquet une autre iolye chofe 5) qui vient auffi de
Mylord Brunker , fi le Copifte me tient parole , dont Je crois , vous ne ferez pas
mal fatiffait. C'efl une demonftration pour prouuer, qu'un Cannon commence a
reculer deuant que la balle en foit fortic. Vous y trouuerez des experiments qui
vous furprendront d'abord, fi Je ne me trompe. Ce fera la première Copie qui en
a eflé donnée. En voylà affez pour cette fois cy. Mais il y a apparence que la ref-
ponce que vous ferez a ma dernière me donnera fuiet de vous entretenir plus long
temps. Vous fçauez que Je fuis de tout mon coeur
Monsieur
Voftre trefhumble et treiaffeétionne feruiteur
R. Moray.
pendant que J'achève deferire voyez Mylord Brunker qui entre, et m'apporte
une demonflration de la proportion qu'il faut aux Corps de diferentes matières
pour rendre la vélocité de leur defeente egalle. Je vous ay bien dit dans ma prece-
4) En commençant une autre page de sa lettre, Moray omit le mot: Société.
5) C'est la pièce N°. 889, que nous avions considérée erronément comme un Appendice à la
Lettre N°. 888.
36 CORRESPONDANCE. \66l.
dente6) que vous ririez de ce que luy et moy auions tous deux oublié, ce que vous
m'en auiez mandé (ce que je ne reconnus, qu'après auoir releu voftre lettre) ")
Mais, a cette heure fi vous faites comme luy et moy auons fait, vous rirez bien
deray heure durant. Il fe trouue que J'auois oublié les termes de fa propofition
aufTi, me fouuenant feulement qu'au fonds, elle s'accordoit aucc la voftre : mais
par ce papier 8) qu'il vous enuoye, auec fes baifemains, vous verrez qu'il y a de la
différence entre les deux propofitions , (ceft a dire la tienne et la voftre) non pas
feulement en ce qui regarde les termes , mais auffi en ce que la tienne eft plus vni-
uerfelle que la voftre. la tienne eftant. Que pour faire que deux Corps de diferente
matière tombent en me fine temps de pareille hauteur, il faut que la fuperficie
de Tune [oit a la fuperficie de P 'autre , comme leur pe fauteur a&uelle "), au lieu que
la voftre parle de la proportion des Diamètres, & de la perfanteur y) fpecifique. la
voftre eftant vraye feulement des Corps folides; et la tienne comprenant autfi ceux
dont le dedans eft vuide (fi cela fe peut dire) ou plein de quelque autre matière.
.Maintenant je crois que l'Apoftille vous agréera autant que tout le refte. A Dieu.
jl me fouuient n'auoir pas eu le loifir de relire ma dernière après l' auoir eferitte,
ce qui fera caufe fans doubte que le fens y fera bien fouuent embrouillé, puis qu'il
m'eft bien ordinaire d'oublier des paroles qu'il faudroit eferire.
A Monfieur Monfieur Christian Hugens de Zulichem
A la Haye.
") Je ne pouuois pas ignorer cela puis que c'eft le principe qu'il faut pofer pour
trouver ma règle , et il n'y en a point d'autre. Cela eft fort plaifant que Milord
Ikouncker produit comme un Théorème ce qui eft fa première hypothefe. [Chr.
Huygens.]
' Voir la Lettre N°. 964.
" Voir la Lettre N°. 887.
8) Voir l'Appendice N°. 973.
Lisez: pefanteur.
CORRESPONDANCE. \66l.
N= 969.
B. de Frenicle de Bessy à [K. Digby] ").
20 DÉCEMBRE I 66 I .
Appendice I au No. 968.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle a été publiée par Ch. Henry dans le Bull, di Bibliogr. T. i 2.
Paris 20 Décembre 1661.
Monsieur
La principale incommodité que m'ayt apporté mon indifpofition a elle celle de
n'avoir pu avoir l'honneur de vous rendre mes devoirs ; Je vous euïïe pu faire en-
tendre de bouche ce qui me peut iuftifier de ce qu'on m'impofe fans me nommer ,
& que ce n'a point elle le defïein de me faire de fefle , ainfi qu'on prétend , que ie
vous ay envoyé *) vn nouveau fifteme, ou plus toft celuy de Monfieur Huguenes
augmenté de quelque particularité pour rendre raifon des apparences bigeares de
Saturne; ceux que i'ay l'honneur de fréquenter fçavent aiïez que ce n'eft pas cela,
qui me pouffe; & i'eftime que vous elles vn de ceux qui en pourroient rendre té-
moignage ; auflî n'eft ce pas pour me iuftifier que ie vous efcris ; mais feulement
afin que vous fçachiez ce qui m'a induit , non pas a faire vn nouveau fifteme, ni a
rejetter celuy de Monfieur Huguenes pour en fubftituer vn autre a la place, mais
bien a y adjoufter ce que i'ay creu neceflaire en fuite de ce qu'on a defcouvert de
nouveau par les obfervations qu'on a faites depuis qu'il la donné. On m'acufe pre-
mièrement de négliger ce qui a efté déterminé , lavoir le fifteme de Monfieur Hu-
guenes , & vous pouvez voir que ie le prens pour fondement , puis que ie fuppofe
comme luy que l'anneau qu'il met au tour de Saturne eft la caufe de fes diverfes ap-
parences ; de plus ie le fais circulaire , & de la mefme grandeur , ainfi qu'on l'a auflî
obfervé a peu près a Florence; mais parce que le lailTant de cette quantité, i'ay re-
marqué que le feul parallaxe caufé par l'inclination de l'anneau de Saturne a
l'Ecliptique 23°! ne le pourroit pas faire paroiftre avec la figure qu'on a obfervée
a Florence l'année précédente 1660 aux mois d'Aouft & de Septembre, & encore
moins en la forme que Monfieur Huguenes l'a veu cette année cy : puifque des la
précédente l'enceinte extérieure de l'anneau paroiflbit advancée iufques fur le bord
de Saturne, d'où s'enfuit qu'en celle cy elle doit pafïèr au delà, comme aufi'y on la
veu; mais parce que l'anneau ne pafie pas encore de toute fa largeur, (a lumière
paroiil iointe au corps de Saturne; ce qui empefche de diftinguer manifeftement,
s'il advance au de la. ou non : & a caufe que l'année paflee il le rafoit , i'ay eu lieu
de iuger qu'il le pafibit celle cy; puis qu'il advance encor & qu'il ne fera en fa plus
') Voir l«i Lettre N°. 894.
^8 CORRESPONDANCE. \66l.
grande largeur que dans deux ans ou environ : & cela m'a confirmé dans la pen-
fée que i'eus l'année pafTée après avoir veu les obfervations de Florence ; (bavoir
que l'anneau de Saturne pouroit bien avoir vn mouvement du Nort au Sud; & ce
n'eft pas vne chofe invfitée parmy les Agronomes d'adjouter quelque chofe aux
hvpothefcs dans la fuite des temps a mefurc que les obfervations leur donnent de
nouvelles cognoiffances ; au contraire elles ne fe font que pour cela, fçavoir pour
les perfectioner , & c'eft par la que l'aftronomie parvient au point ou elle eft a
prefent: on pourrait donc dire que Ptolomée aurait eu grand tort, de donner vn
mouvement aux fixes, & qu'il s'ert apliqué inutilement (comme on me reproche
d'avoir fait) a changer ce qu' Hipparque en avoit etably devant luy; & Albategne
a reformer l'obliquité du Zodiaque que ces deux Agronomes avoient trouvé; or
i'ay eu pareil droit ce me femble de reformer quelque chofe dans l'hypothefe de
Monfieur Huguenes; veu mefme que n'ayant obfervé Saturne que pendant vne
année, quand par la fubtilité de fon Efprit il a pénétré dans la vraye caufe de fes
diverfcs apparences; il ne l'a pas peu mettre d'abord dans fa dernière perfection,
n'ayant pas eu allez dobfervations, & qui fuïïent au (fi certaines que celles qu'on
fait a prefent. & il advouë luy mefme que la mefure qu'il a donnée a l'anneau, faifant
que fon diamètre foit a ccluy de Saturne comme 9. a 4. ne peut pas fubfifter, & qu'il
eft obligé de la changer , & de la faire triple ou de 17. a 6. or il ne dit pas qu'il ait
obfervé Saturne de cette grandeur; & ainfy ce n'eft que par conjecture, & pour
établir la variété des phafes de cet Aftre fur ce feul parallaxe, qu'il a efté induit a
ce changement, & puis qu'il a cité necciTaire d'y changer quelque chofe, pourquoy
cela ne me fera-il pas permis? Enfin ie ne penfe pas avoir beaucoup failly de vous
avoir fait part de ce qui m'eft venu en l'efprit & qui ne m'a point fait perdre de
temps pour le trouver, comme il femble qu'on regrette, n'en ayant employé a cela
qu'autant qu'il en a falu pour Fefcrire; & puis ie n'afleure pas que f} doive pa-
roiftre ainfy que ie le deferis : mais feulement qu'on le doit voir de cette forte, fup-
pofé le diamètre qu'on obfervé a l'anneau; & que s'il ne paroift ainfy, lanneau
doit eftrc de figure Elliptique, mon principal deflein n'a efté que de mouvoir Mef-
fieurs de voftrc Nation, & Monfieur Huguenes aufiy, auquel i'avois eferit2) peu de
iours auparavant fur ce mefme fujet, d'obfervcr fj , pour cognoiftre fi ma penféc
etoit vraye ou non ; & i'avois eu bien plus de fatiffaclion de recevoir quelque chofe
de leurs obfervations de cette année, pluftoll que des cenfures, inutiles en chofes
qui ne regarde point le fujet dont il s'agit, & qu'vn nouveau fifteme qui ne s'ac-
corde pas avec les apparences ny avec les voyes de la nature que nous aprouvons
& qui par confequent eft plus capable de nous abufer & nous faire reculer dans les
cognoiffances, que nous donnent les obfervations, que de nous aporter de nouvel-
les lumières; ce que vous verrez déduit dans l'efcrit Latin que ie vous envoyé 3),
:) Voir la Lettre N°. 901.
3) Voir l'Appendice N°. 970.
CORRESPONDANCE. \66l. 39
qui montre évidemment que cette hypothefe Elliptique ne pourra iamais faire voir
Saturne, comme il y eft defcrit en la 5'«e figure en la quelle il eft nommé plein; & ie
m'aflèure que cette 5111e figure n'a efté mife qu'en fuitte de l'obfervation que Mon-
fîeur Huguenes a fait cette année; J'advouë que ie me ferois bien pafié de vous
envoyer ce fifteme fi i'avois efté afleuré d'en apprendre la vérité par les obferva-
tions qui fc feront dans vn an ou deux mais de peur qu'on ne laiftaft pafler les
années prochaines fans en faire , i'ay creu qu'il eftoit a propos de vous le commu-
niquer.
Je vous envoyé auffi ma refponfe 4) a la Solution de Monfieur Wallis s), qui eft
au bas de fon efcrit; ou vous verrez qu'il n'eft pas impofïible, ainfi qu'il foupfonne,
que le nombre qu'il donne puifTe eftre égal a vn quarré; puis qu'il y en a vne in-
finité de teles, encore qu'ils ne fatiffafïènt pas a la queftion; Je vous l'aurais don-
née des voftre retour de Fontainebleau fi i'eufle eu aftez de bonheur de vous ren-
contrer en cette ville; l'indifpofition qui m'eft furvernue incontinent après, & celle
de Monfieur Holden rt) en fuite m'ont empefché de vous envoyer pluftoft ces ef-
crits. Je vous prie de vous fouvenir de vous informer de la qualité des marées
aux environ de l'Ifle de la Bermude, qui eft au milieu de l'Océan d'entre l'Europe
& l'Amérique, & aux coftes aufîy de Virginie, ou vous avez vne habitation favoir
quel eft le cours de la marée autour de cette Ifle; combien la Mer monte aux plus
grandes marées , & a quelle heure elle eft haute en pleine & nouvelle lune, & aufîy
qu'elle eft la variation de l'aymant a l'Ifle de la Bermude, & fi elle décline duNort
a l'Eft , ou fi c'eft vers Oueft. Vous m'obligerez beaucoup de m'en faire partici-
pant quand vous l'aurez apris , & a demeurer.
Monsieur
Voftre très humble & très obeiflant Serviteur
Frenicle.
J'aurais bien peu renvoyer avec advantage l'efteuf a celuy qui me le iette,
& faire voir comme il m'impute les choies en quoy il manque & m'en reprend;
mais i'ay creu que ie me devois contenter de vous faire cognoiftre, ce qui m'a
induit a adjoufter au fifteme de Monfieur Huguenes.
") Lettre de Monfieur de Frenicle à Monfieur Digby [R. Moray].
4) Voir l'Appendice N°. 972.
5) Voir l'Appendice N°. 971. ■
6") Wiliam Holden naquit en 1 61 5 au Nottinghamshire et mourut le 24Janvier 1697 à Londres.
En 1642 il devint recteur de Blackingdon (Oxfordshire) puis chanoine de St. Ely et de
Sr. Paul, sous-doyen de la Chapelle Royale et scus-aumônier du Roy. Il était musicien et
eut une polémique avec J. Wallis au sujet des sourds-muets.
40 CORRESPONDANCE. l6Ô2.
N= 970.
[B. de Frenicle de Bessy] ") à Chr. Wren.
[décembre 1661.]
Appendice II au No. 968.
La copie se trouve à Le'ulcn , coll. Huygens.
Ad Clariffimi Domini Christophori Wren Aftronomiae Profeflbris
de Corpore h{ Hypothefin Reflectiones Quaedam.
Infpicienti mihi Clariffimi Domini Wren Hypothcfim ') Ellipticam ad Saturni
phafes cxplicandas dubia quaedam mihi adnata funt, qnac hic breviter recenfebo.
Primum eft circa ipfam Coronae Satnrninae figuram Ellipticam; quac quidem
talis eft vt Saturni Corpus feu globum tam a fna interiori parte tangar, quarn ab ex-
teriori , 6k ipfi circumfcribatur: haec namque Corona ex binis formatur Ellipfibus ,
idem centrum habentibus , & eandem tranfverfam diametrum , quae quidem non
differt a Saturni diametro: fed major diametervnius, (quaenimirum exteriorem co-
ronae ambitum conltitult) majorem diametrum alterius Ellipfeos (quae nempe
pro interiori ambitu habetur) exuperat 4a parte diametri globi Saturnini : & haec
eft coronae latitudo, vbi eft latiflima, nempe verfus polos converfionis ipfius; vnde
fit vt'feniim haec latitudo minuatur; donec globo Saturni adpofita, omnino evanef-
cat: neque enim illurri vlla fui parte corona vel fecat, vel fuper, & extra illum ex-
tollitur; fed tantummodo tangit. Quae quidem hypothefis rerum naturae, & ob-
fervationibus adverfari mihi videtur. Naturae quidem quia haec corona vel effet
folida, vel fluida. Ipfius quidem foliditatcm author ipfc refpuit, tanquam naturae
minus convenientcm, & illam potius fluidam efle mavult; nempe materiam efTe
vapidam a quibufdam Saturni partibus prodeuntem , corpore reliquo arido per-
manente.
Sed hic percontari libet : qui fit vt Sol, qui ad vapores a corporibus attrahendos ,
& elevandos plurimum valet, vt docct cxperientia, non magis minufve agat in Sa-
turni partem , quibus eft vcrticalis , quarn quibus eft horizontalis; ita vt quando co-
rona plenè (vt minus ferè) confpicitur, & eft foli horizontalis, non magis minufve
attollatur, & a Saturno clongetur, quarn cum Saturnus eft incrmis, & folitarius,
\'cl incipit efle cufpidatus; nempe cum fideris partes illae a quibus hi vapores coro-
nam ell'ormantes nunquam procul abfunt, fed bis femper proxime incumbunt Solem
habent verticalem, vel non multum a vertice remotum; pracfertim cum non paucis
horis, vt in terra noftra, fed per integros annos non multùm abfcedat; & in eodem
1ère ftatu, vel faltem non multum diflimili, quafi immotus permaneat , & fimili
') Consultez la pièce N°. y.34.
CORRESPONDANCE. \66l. 41
pêne modo in has partes radios emittat ? Cur ad converfionis coronae polos in axe
femper & longiffime a Saturno diftrahuntur vapores; & ad magnum ipfius circu-
lum corpori planetae incumbant, nec vnquam attolluntur, etiam quando in fideris
margine nobis apparent, & in circulo illuminationis Saturai, vt & ipfi poli diutius
immorantur; & eodem prorfus modo radijs folaribus gaudent, & aeque obli-
quia 2)?
Qui fit vt partes Saturai a Sole averfae quae per 15 annos circiter, ipfius calore
& lumine orbantur aequè, & ad eandem diftantiam vapores emittunt ac caeterae ,
quae tantundem a Sole illuftrantur , & ipfius calore foventur; haec enim omnia
multum diffimili modo in ijs terrae partibus quibas Sol multo tempore non eft con-
fpicuus & non oritur, quam in alijs evenire deprehendimus. Neque etiam tam con-
ftantem efie vaporum habitudinem, feu confiftentiam credibile eft, vt femper ean-
dem denfitatem retinere pofiint & talem vt eodem modo Solis lucem ad nos vfque
refleciere valeant; & a fco iuxta eafdem partes aequaliter digredi , & eumdem fem-
per tenere fitum.
2. Sed nec etiam cum obfervationibus haec hypothefis congruere videtur.
i°. Quia fi corona nullam haberct prope Saturnum latitudinem , profeéto nun-
quam ipfe cum figura, qua nunc confpicitur, apparere poiïet; neque etiam fient
in 50 Schemate hypothefis Wrenianae nempe cùm ipfe planeta plenus eft; fed tali
tune afpeéhi efTe deberct vt nulla globi pars a corona fecaretur ; vel tangi videtur, &
ad fummum vt in figura 6a vel 7a hugueniani fillematis inter paginas 34. & 35. videre
eft: cum enim latitudo coronae tam exigua fit prope Saturnum vt tandem nulla fit;
prorfus inconfpicua foret : neque luminis diffufio huic inconvenienti poteft opitu-
lari; quia extremitas coronae, vbi eft latifiima & proinde lucidiffima, procul abeft
ab hac tenui parte ; vnde fequeretur hoc non a reliqua remota parte coronae, fed a
Saturai Globo proximo lumen mutuari; tune vero planetae difeus minime rotundus
confpiceretur, nec terminatus; attamen continué talis apparet, nifi forfitan quando
in partibus a polis converfionis remotioribus lumen ipfius coronae globi lumini
jungitur.
Sint duae Ellipfes ABCD. IBED. illa ambitum coronae exteriorem, haec in-
teriorem referens, eundem habentes axem
JZ~^L—_ tranfverfum BD. & idem centrum O. certum
eft & evidens partes coronae iuxta punda FH.
pofitas, tam tenues cfTe vt nullo modo a terra
confpici pofiint : vnde fpatia BFK. DHL. in-
^^^^ À"^5^^" confpicua erunt, vtpote tenebrofa; nec corona
vnquam globo juncla videri poterit, quando
per ambitum exteriorem ad marginem vfque Saturai nempe ad punéla BD proten-
:) Lisez: obliquiis.
Œuvres. T. IV.
42 CORRESPONDANCE. \66l.
ditur; fed intervallo facis amplo a globo corona difjunéta apparebit. Contra vero ac-
cidit, hac enim alia forma anno praeterito 1660. menfibus Augufti & Septembris
a SerenifTimo Hetruriae Principe Leopoldo, &
Florentine Aitronomis Saturnus eft obfervatus
nempe anfarum brachia non tennia, fed muknm
lata prope globum, vt etiam hoc anno 1661 ab
Illuftriffimo Huguenio confpecta funt; qnod fane
contingere non pofTet, fi partes coronae Satnrno
circumftantes tam arctae forent, & omni pêne latitudine deftituerentur; tune enim
nullum lumen accipere & reddere poflbnt, vel fane tam cxiguum vt vifum quan-
cumvis optimis Telefcopijs roboratum omnino effugerit.
20. Nunquam in Wreniana Hypothefi coronae ambitus exterior globi Saturnini
margines perltringere poterit, nifi cura ipfa directe & pcrpendiculariter Solares
radios excipit, quanquam tune haec phafis, ob harum coronae partium (vt diftum
eft} tenuitatem nobis apparere non pofTet; fed anno 1660. in praedittis a Serenil-
firno Principe obfervatis foi Phafibus, jam deprehenfus eft exterior coronae ambi-
tus, ad Globi margincm; cum tamen a fuo Solftitio, feu plenitudine planeta mul-
tum adhuc abeffet, nempe plufquam 43 gradus, & eontaétus punétum médium
pêne locum inter praccipuas phafes obtinerct, nempe cum inermis vel plenus ef-
ficitur; vnde hoc anno, jam folftitio propior, certe debuit talis ambitus hos & cef-
fiffe limites : necefTe eft igitur , fi corona motum habeat, & ipfo fuo motu fiât quan-
doque cum fuo piano radijs folaribus perpendiculari & ad Saturni marginem ap-
parcat cum aliqua latitudine, quando planeta verdis fuura Aphclium verfatur
nempe cum aoum nrum & x? ij gradura peragrat; necefle ell inquam , ipfam coro-
nam , fideris globum exteriori fuo ambitu excedere; & fuper ipfum attolli : & om-
nino impofllbile eft vt ipfum tangat, nifi foriitan, cum interiori Ellipfi, quam
pofui exteriori, ad fenfum parallelam; modo futurac obfervationes oltendant,
pofito annuli motu , ipfum effe non pofTe circularem.
30. In praedidtis Sereniffimi Principis obfervationibus vmbra globi planctae dc-
prehenfa ell in corona prope fideris marginem , nempe verfus N in praecxlenti
fchemate, vbi nempe in Wreniana hypothefi deberet effe arétiflima: vnde patet
hoc fpatium , feu hanc coronae partem verè & non apparenter tantùm a Sole
illuminari ; nec oculorum efîc fallaciam : igitur haec coronae pars acque lata cfi: ac
reliqua, vel ab ipfius latitudine non multum aberrat; nec eft infenfibilis vt in
I [ypothefi Wreniana.
8. Dubiuni eft circa pofitionem coronae, cujus majorera diametrum Clariffimus
Wren in orbitae "jji piano conltituit; cum tamen perfpicaciflimus Huguenius, & ante
ipfum Galilaeus & alij 1ère omnes Saturni obfervatorcs , in piano Acquatori paral-
lelo, vel infenfibiliter diferepanti ipiam animadverterint: & Huguenius quidem
tam nuiltis & certis obfervationibus hanc fuam pofitionem comprobat, vt nullus
jam fuper fit dubitationis locus: ex Wreniana autem pofitione lequeretur maximam
CORRESPONDANCE. \66l.
Ellipfis Saturai diametrum, ad motum diurnum mukum efle obliquam: cum tamen
eumdem exa&iffime brachiorum lineam fequi rcpetkis obfervationibus perfpicacif-
fimus infpexerit Huguenius; vt ipfe in fuo Saturai fiitemate paginis 17. 18. 51 ,
aflevcrat.
4. Illuftriflîmi Huguenij obfervationcs fidem faciunt, Saturai annulum, non
omnino efle latitudinis fenfîbilis expertem , vt a Clariffimo Domino Wren ftatui-
tur. hoc teftatur vmbra in medio difci confpe&a, cum Saturnus Solitarius apparaît,
& fupra, infraque difci centrum cùm cufpidatus, in modum fafciae fubobfcurae pe-
numbrae fimilis, & piano Acquatoris parallelae, quae paulatim ab ipfo centro pro-
greflii temporis abfcedere vifa eft; donec anno 1660. penitus evanuerit, cum exte-
rior annuli pars ad Saturai Marginem acceflit : quamquidem fafciam nihil àliud
efle fatis verifimile eft, praeter ipfam exteriorem annuli partem, ad lumen Solis
refleclcndum ineptam ; vt fuptiliter infert Huguenius & paginis 61. 62. fui fiftema-
tis fufius explicat: nec apparentia illa pro maculis afTumi poteft; nec enim anno
1660. adhuc evanefcere debuerat; & ab ipfius fafciae motu & progrefTu fatis
deprehendi poteft, ipfam multo velocius & per majus (patium fupra Saturai dif-
cum procedcre, quam requirat Saturai phafium renovatio, feu 30 circker annorum
periodus.
5. Quoad baltheum fi verum fit , et non ab oculorum fallacia, vel interioris fen-
fus illufione procédât, maximi fane momenti erit ad motus globi inveftigandos, &
vtrum circa feipfum motum habeat ab occafu in ortum, ficut ipfius cornes, vt exilti-
mat Huguenius, & vt etiam opinor. fed mihi fcrupulum injicit quod addit author
de variatione Saturai macularum diflerens: videtur enim fibi ipfi contradicere;cum
dicit fe fufpicari Saturai difcum non mukum variari, & ideo coron am a globo minus
mobili folutam, converfiones fuas peragere: &paulo pofl: innuit, macularum zonam
folummodo vapores emittcre, reliquo globo infoeliciter arido; & non totum glo-
bum Atmofphaera cingi, fed vapida tantum corona, quae nubis inftar Solis fplendo-
rem ebibat , & fubluftri candore confpicua référât viciflim , haec finit verba autho-
ris. Contradiftio autem patet, quia fi quaedam tantum Saturai partes vapores
emittant , qui efîiciant coronam ikam circa Saturnum confpicuam , hi fane ad par-
tium motum a quibus originem ducunt, progredi debent, neque ipfas vnquam defe-
rere ; niii forte quia velit hos a ventis circumferri ; fed hoc efle impoflibile conitans
phafium varietas ék reilitutio fatis evincit; adde quod fpatium intermedium femper
effet ijfdem vaporibus refertum.
6. Infert denique Clariflimus Wren globum Saturai opacum efle propter macu-
las ibidem apparentes quae quidem illatio nequaquam mihi neceflaria videtur; tum
quia de macularum habitudine nihil pro reliquo fideris corpore inferre potefl:;
tum quia videmus corpora liquida & tranfparentia obfcuro colore caetera tingere,
quibus infperguntur ; vt experimur in aqua fuper terrain effufa: Sed multo certius
argumentum ipfius opacitatis habemus ex praediclis obfervationibus Sereniflimi
Principis Leopoldi qui vmbram globi Saturnini fuper annulum prope fideris
s
44
CORRESPONDANCE. IÔÔ2.
marginem deprehendit, quo certiflime probatur ipfum Saturnum elfe et opacum
& lumine proprio expertem; adde quod nondum fatis confiât an iftae maculae
fint aliud quidpiam diverfum ab vmbrofa feu obfcura fafcia fuper hune planetam a
Clariffimo Huguenio confpecta.
") Animadverfiones Frenicli jn Hypothefin fc. olim excerptatae ac repudiatae à
Domino Chriftophoro Wren [R. Moray] .
N° 971.
J. Walli's à [B. de Frenicle de Bessy],
[décembre 1661.]
Appendice III au No. 968.
La copie se trouve à Lciden , coll. Iluygens.
Problema.
Invenire duo Triangula Reclan-
gula in numeris ita conftituta, vt
laterum circa angulum rectum
differentia fit in vtroque eadem;
& quod in altero eft majus duorum
laterum circa angulum rectum , fit
in reliquo Uypothenufa.
Solutio Clariffimi Domini Wallifij.
Efto duorum Triangulorum alterum BAC, alterum BCE. Sitque BC ■== s + .r,
\)A = s — x (vt fit s femifumma, x femidifferentia laterum BC, BA.). Adeo-
que BC q = s2 + 2 s x + x:, BA q = s2 — 1 s x -+- x2 & horum differen-
tia AC q = 4 s x. qui cum numerus quadratus effe debeat, oportet s x efle inter
fc, vt numeri quadrati.
Efto igitur s = a2, x = e2. Salcem s = b a2, x = b c2. Ergo BC = ba2 + be2^
BA = ba2— be2, BCq = b2aA + 0. b2a2c2 + b2c\ BA<y = b2a* — i b2a2e2 -+-
-\-b2e\ hfcoquc ACq = $b2a2e- lk AC = 2tozzAD, V>Y)z=ba2 — be2 — i bae=
CORRESPONDANCE. 1662.
45
= B S, S C = a be2 + a bae = CE & CE? = 4 £:<H + g £^3 + £^v 1).
Adeoque BE?=z Z>:#4 -+- 5 b2e4 4- 6 b2a2e2 + 8 b2ae%. Qui quum numerus qua-
dratus efle debeat (etiam per b2 divifus) Quaerendum reliât Quomodo inveftigandi
erunt duo numcri 0, <?, ita conftituti vc a4 -h 5 e4 + 6 a2e2 ■+■ 8 tf<?3 fit numerus
quadratus. Intérim fufpicor (propter 8 ae^ num non cafus fit impoffibilis. Sed
Nihil pronuncio.
N2 972.
[B. de Frenicle de Bessy] à J. Wallis.
[20 décembre 1661.]
Appendice IF au No. 968.
La pièce se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Ad Clariffimi Domini Wallisij Solutionem
Refponium proponentis.
Si abfque alia conditione proponantur inveftigandi duo numeri <r/,£,itacon-
ftituti vt a4 + 5 e4 -+- 6 a2e2 + 8 aez fit numerus quadratus; facillima erit hujus
Problematis Solutio. Sit namque a quilibet numerus puta 2, e ■=. 2 a, nempc 4.
Erit a4 -t- 5 e4 -+- 6 a2e2 + 8 ae3 = 2704, numéro quadrato cujus radix 52.
Attamen non fufficit quaeftioni ad quam iblvendam numerus a excedere deberet
numerum <?, in quo cafu non ita faciles funt inventu hi duo numeri a,e. In his au-
tem perquirendis liât omnis quaellionis nodus.
:) Lisez: 4 b2a2e2
46
CORRESPONDANCE. \66l.
N= 973-
W. Brouncker a Christiaan Huygens.
[1661].
Appendice V au No. 968.
La pièce se trouve à Leiden, coll. Huygens.
I? £
Let the fpecifick weighc of K to I be as 1 to 2.
Then
Dia-
meter.
Super-
ficies.
Solidity.
Weight.
AB. . . .
1
1
1
1
CD . . .
EF. . . .
1
2
4
4
8
8
4
8
GII . . .
EF— GH
Vc 4
4
4
4
4
4
Thercfore the Hollow Bullet
EF — G H as wcll as the other
two AB and CD, defcends or
falls in the famé time.
CORRESPONDANCE. \66l. \"J
The fpecifick weight of K being ro the fpecifick weight
ofl
If AB the Diameter of the Bullet I be to CD the Diameter
of the Bullet K.
Then is the fupercies ') of the Bullet I to the fupercies ') of
the Bullet K.
and the Quantity of the Bullet I to the Quantity of the Bul-
let K.
and the aéhial weight of the Bullet I to the actual weight of
the Bullet K.
as i to x.
as i to x.
as i to x
as i to x3
x->
as i to — = .%•-.
x
Therefore the Diameters being reciprocally proportional to the fpecifick
weights, the fuperficies are direétly proportional to the aéhial weights. There-
fore Monfieur Zulichums Hypothefis and mine are cquipollent. Only mine ex-
tends more imediatly & uniuerfally ouer ail Bodies fimple or mixt either Solid or
Hollow 2).
N= 9/4-
m. thevenot à [lodewijk huygens].
[février 1662.]
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Voyla '^ ce que le Père Magnan me refcrit fur vne queftion que Je luy auois
faite de la part de Monfieur vollre frère 2). Je prens la liberté de vous enuoier
vne lettre pour Monfieur Voflius que Je vous prie de faire mettre dans vollre
pacquet.
Je ne vous trouue point ches vous et je fuis obligé par cette raifon de mettre
icy vn petit difcours de la culture des plantes dont Jay pas parle h Monfieur vollre
J) Lisez: fuperficies.
:) Voir la remarque de Huygens dans la Lettre N°. 981.
') Voir l'Appendice N°. 975.
:) Christiaan Huygens. Voir la Lettre N°. 960.
48 CORRESPONDANCE. 1662.
père , Je ne lay point fait tranfcrire a caufe que J'aprehende que mon copifte ny
fafle trop de fautes.
J'y ay joint aufTy le Hure 3) de Morin4) de la culture des fleurs. Lon m'en cher-
che deus autres fur le mefme fuiet que Je vous enuoiray bien tôt, continues moy
Moniteur l'honneur de voftre 5) et m'aides a me conferuer celle de la voftre maifon
que Je uouderois mériter par toute forte de feruices.
N° 975-
[E. Maignan] à [M. Thevenot].
[février 1662.]
appendice au No. 974.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens ').
Il faudroit qu'elle fuft polie pour reconnoiftre s'il y a des ondes a caufe que
s'il y en a on a perdu le temps de le trauailler et galle la forme; quand à la coul-
leur de cette matière la meilleure c'eft le blanc et qui aye le brillant fort vif. Le
Verdunculo comme dit l'jtalien et Lauinatello font de la féconde bonté comme
aufTy le Turquino, pourueu qu'ils foient peu charges de coullcur, et qu'ils brillent.
Vous pouuez afeurer à Monfieur Heugens que la façon de faire les formes que
J'ay expliquées dans la Perfpecliua Horaria 2) eft celle dont je me fuis toujours
feruy et me fers encore et qui a elle jugée par cet Autheur Italien 3) que vous me
filles voir la meilleure et la plus afeurée qui ait efté inuentée , fy elle comme il
5) [L. Morin] Remarques sur la culture des (leurs. Paris 1661. in 40.
4) Louis Morin naquit le 11 juillet 1636311 Mans et mourut à Paris le 1 mars 1 7 1 5- En 1662
il devint docteur en médecine, et eu 1699 membre de l'Académie des Sciences. Il vivait
très-sobrement; Tournefort lui dédia une plante des Indes, la Morina Oricntalis Carlinae-
folia.
5) Ajoutez : amitié.
') 11 y a lien de supposer que le commencement de cette lettre, écrit sur un autre morceau de
papier, s'est égaré.
3) Consultez sur eut ouvrage la Lettre N°. 725, note 8.
Mancini. Voir la Lettre N°. 774, note 10.
CORRESPONDANCE. IÔÔ2. 49
adjoufte pouuoit réùffir & il croid qu'elle ne peut pas réùffir , par ce que en faifant
l'eflay ne luy a pas réùffy, je ne fcay pas comment il s'y eft pris mais il m'a touf-
jours parfaitement réufïy à moy & je vous diray que pour degroffir la pièce de mé-
tal quand elle eft fur le tour jl faut mener le tour bellement et neantmoins auec
aflez de force pour emporter quoy que lentement le plus groffier, car il eft mani-
fefte qu'allant fort vifte le poinçon d'acier qui doibt trancher s'êmoufle en s'efehauf-
fant et de plus eft rejette par la vifteffe et dureté de la platine , voire mefme la
platine fy elle n'eft d'une efpaifîeur comme d'un poulec fe faufte et faict le coup de
poinçon à caufe de la vifteffe mais allant lentement & neantmoins auec une force
fuffifante on remédie à cet inconuenient et puis quand la forme a defjà pris fa
figure quoy que rude par ce moyen on luy ofte les rudefTes & la rend on parfaite-
ment unie et liftée auec l'égalité qu'il faut, en menant le tour vifte et tenant le
poinfon en telle forte qu'il prenne fort peu, on dira que cela eft long et je dis
qu'il vaut mieux long et bon que court et mauuais. J'ay faiét faire a Paris des
formes que le frère Ifaac m'a enuoyé depuis peu. en l'une des quelles j'ay remar-
qué dans fon Creux quatre petites efleuations qui prouiennent de la fufdicte
vifteffe. voila fincerement la façon dont j'ay toufjours ufé pour faire mes formes
et jmpreuue fort ceux qui pour egaller les rudefTes que le tour y a laifTé prennent
un grez moins grand que la forme et la frottent auec cela, je ne trouucrrois pas
fy mauuais qu'on y appliquai!: un grez qui eft 4) une convexité a peu près pour fe
joindre à la concauité de la forme pourueu qu'il y fuft plus grand qu'elle ou du
moins prefque égal, en ma façon de tourner jl n'y refte aucune rudefte qui aye be-
foin de grez ou qui puifte nuire a la perfection du trauail du Criftal.
4) Lisez: ait.
Œuvres. T. IV.
5°
CORRESPONDANCE. 1662.
N2 976.
Christiaan Huygens à R. Moray.
10 février 1662.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
La minute se trouve à Leidert, coll. Huygens.
Elle est Ut réponse au No. 964. R. Moray y répondit par le No. 995.
A la Haye le 10 Février \66i.
Monsieur
Apres avoir examiné la demonftration de Monfieur le Mylord Brouncker '), je
m'aflèure qu'il ne m'en voudra point de mal fi je dis ingenuement ce qui m'en Terri-
ble, qui eft qu'elle ne prouue nullement mon Théorème de l'egalirè des temps des
defeentes dans la Cycloide , et que tout Ton raifonnement qui tend a cela ne con-
tient rien de vray. Car ayant conitruit fa courbe HdX des droites infinies égales
JV
II£, bd,df&LC. en forte que les hauteurs perpendiculaires de leur inclinaifons foient
en progreffion arithmétique, et laifîant rouler fa boule depuis X, il veut que les
lignes Xh, hf, fd, db , MI foient parcourues toutes en temps égaux, ce qu'il
n'a pas légitimement demonftrè, ny ne le pourra jamais faire, par ce qu'il eft
très faux. Il en fuivroit qu'ayant divifè la courbe en deux parties égales
comme en L, la boule emploierait de temps égaux a parcourir XL, et LU en
venant de X, la ou j'ay demonftrè qu'en divifant également le diamètre in-
tercepté OI I en N et menant l'ordonnée NM , les temps par XM , et MI 1 feront
égaux, dont la partie XM fera touljours plus courte que MU. Mais pour vous faire
veoir en quoy il s'eft abufè, c'eft qu'il fuppofe que le temps de la deicente par le
plan X//, a commencer de X, eft la 5e partie du temps par b\ 1 , a commencer la
') Voir la pièce N°. 965.
CORRESPONDANCE. \66l. 51
cheute depuis b, par ce que la hauteur de la perpendiculaire Xj eft quintuple de
ba, les lignes X/z et ba -) citant égales. Il fuppofe cette confequencc difje fans la
prouuer, et auffi n'eft elle point véritable. Quelque peu après il conclud que la
boule en defcendant du point X, et eftant arrivé en /z, elle y aura la me fine viftefle
qu'elle avoit en X , ce que je n'entens pas comment il peut concevoir, puis qu'en
X elle n'avoit nulle viftefle, et qu'en defcendant de là elle pafTe par tous les de-
grez de tarditè, félon les principes que je fuis. Defquels je voy qu'il tombe d'ac-
cord, à fçavoir qu'en temps égaux les degrez de viftefle s'augmentent également,
qui eft la feule chofe que je fuppofe, ou que je demonftre pluftoft, car ma pre-
mière fuppofition eft encore plus fimple. Et voyla Monfieur, pour vous faire veoir
que tout ce qui rcflèmble a des demonftrations mathématiques ne l'eft pas pour cela.
Lors que j'eftois l'hyver pafle a Paris, Monfieur Auzout qui eft fort bon géomètre
me donna auïïi une demonftration du mefme Théorème qui eftoit pareillement
faillie, de forte que le Mylord Brouncker verra qu'il n'eft pas le feul qui s'y foit
trompé, que s'il veut continuer a chercher la véritable il apprendra, foit qu'il la
trouue ou non, qu'elle eft aflez mal aifée. Quant à l'autre partie de fa demonftra-
tion qui eft pour prouuer que la ligne propofée eft une Cycloide il y a un endroit
ou elle me femble defeétueufe , ou il eft dit, and therefore 3) AH. HI : : A EMD.
A Ex«, car je ne fcay pas d'où il tire cette confequence. Pourtant je ne doute
pas que la propofition ne foit vraye 4). La propriété de la Cycloide, de ce que par
fon évolution , il fc deferit une courbe pareille n'eftoit pas difficile a demonftrer
après que Monfieur Wren a decouuert la dimenfion de cette ligne , mais a trouuer
méthodiquement la dite propriété comme j'ay fait, il y avoit plus de peine. Il me
fafche que je ne fçaurois encore donner au public le traité de l'horologe ou j'ay
eferit de toutes ces chofes.
Les expériences du vuide et la conftruftion de la machine m'ont emporté beau-
coup de temps, comme encore plufieurs autres chofes, pour vaquer a toutes les
quelles il faudroit avoir plus d'un corps. J'efpere que Monfieur Southwel fera
enfin arrivé a Londres et que par luy vous aurez receu ma lettre 5) ou j'ay rap-
porté quelques unes des dites expériences. La plus confiderable eft celle que
je vous envoyay l'autre femainc 6), de la quelle je ne fçaurois encore veoir la
fin, d'autant que je n'ay pas des tuyaux de 4 pieds et d'avantage, et qu'il feroit
mefme mal aifé, les ayant, de m'en fervir, a faute de ceux la j'ay eflayè avec
l'argent vif s'il demeureroit fufpcndu dans le tuyau comme l'eau après que le réci-
pient eft vuide; mais toufjours je l'ay vu defeendre mefme dans des tuyaux qui
2) Dans la minute, ba se trouve corrigé en b\\.
3) Voir la planche vis-à-vis de la page 28.
4) Jusqu'ici, plusieurs mots se trouvent soulignés.
5) Voir la Lettre N°. 956.
s) Consultez la Lettre N°. 963.
53
CORRESPONDANCE. 1662.
n'avoient que la hauteur de 2 pouces et moins. Je doute fi ce n'eft pas a caufe
que je ne le fcaurois aflez parfaitement purger d'air, encore qu'il n'y en relie
point qui ibit vifible.
Pour eftablir la mefure univerfelle, il cft fuperflu a mon avis de rechercher la
pureté de l'argent ou mefine de faire quelque différence des métaux, parce qu'il
n'importe pas que par tout on fe ferve du mefme. Audi n'eft-il pas neeeflaire ou
mefme expédient d'arrefter une proportion precife 7) entre le diamètre de la boule
et la longueur du pendule, (comme vous dites d'un a 54) cela ne pouuant fcruir
qu'a rendre la pratique de cette mefure plus difficile, car il faudra plus d'une fois
refaire voitre boule. Et je fcay par expérience que pour avoir un pendule dont
chaque vibration foit de demie féconde, il fuffit de faire en forte que le diamètre
de la boule foit moindre feulement que la 6e partie de la hauteur du pendule, et
qu'il elt tout un fi la boule ell de plomb, d'y voire ou de criital, quand on ne
prend que les petites vibrations. Ainfi ce feroit aflez au (fi de déterminer pour la
longueur du pendule de fécondes que le diamètre de la boule n'en excédait pas la
2ome ou peut eftre le iome partie, et que d'autre code il ne fut pas moindre que
le ^ome ou 6o»ie partie, afin de prévenir qu'elle ne fut trop légère.
Si j'avois un copifte a la main je vous envoyerois maintenant la table pour
l'équation du temps. Tous les jours y font marquez ce qui-fait qu'elle demande
plus de loifir a ertre copiée que je n'en ay a prêtent. Ce fera donc pour l'ordinaire
prochain s'il vous plaift, e: alors je vous feray auflî part des divifions qu'il faut
marquer fur la verge du pendule, pour en h au (Tant ou baillant le petit plomb mo-
bile accélérer ou retarder fon mouuement d'une quantité donnée, comme d'une
minute ou 2, ou autant de fécondes par jojr, ce qui eft fi neeeflaire pour ajufter
l'horologe que fans cela je le croy impoflible. Je fuis
Monsieur
Voftre trefhumble et trefobeiffant Seruiteur
Christian Hugens de Zulichem.
For Mr. Blair, Marchand at the Sign
of S. Andreu in Rood Lane.
To deliuer to Sir Robert Moray.
8d.
London.
7) Ici finit la minute.
CORRESPONDANCE. 1662.
53
N^ 977.
Christiaan Huygens a [Lodewijk Huygens].
15 FÉVRIER 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leitlen, coll. Huygens.
le 15 Février 1662.
Je rends grâces a Monfieur Thevenot de la refponfe du Père Maignan '). Elle
regarde principalement la manière de préparer les formes de fer fur le tour, dont
je ne me fuis jamais guère meflè , mais feulement pour après cela les perfe&ioner,
en quoy fi le dit Père eu 11 jamais eflaiè ma méthode avec l'efmeril , je ne croy pas
qu'il feroit fi grand eftat de la fiene , qui eft beaucoup plus pénible.
Vous avez donc vu à la fin Monfieur le Duc de Roanes et receu de luy l'acceuil
que je vous avois prédit, cela me rejouit quand je recois ainfi dans vos lettres des
nouuelles de mes ancienes connoifïances et partant vous m'obligerez de vous fou-
uenir encore de ces autres perfonnes que je vous ay nommées, feavoir Meffieurs
Auzout, Ampiou et de Carcavy. Pour ce qui regarde le vuide de ma phiole dont
vous vous elles entretenu dans cette première conférence , voicy une expérience
qui y appartient et que vous pourez luy communiquer comme aufïï a Monfieur
Thevenot et autres car elle eft confiderable.
Je vous ay envoyé cydevant celle ou la boule A avec fon
tuyau eftant pleine d'eau, et ce tuyau plongé par en bas
dans l'eau , toute l'eau defeendoit hors de la boule et du
tuyau, après que l'air avoir elle tiré hors du vafe E, jufques
a ce que l'eau dans le verre CF et dans le dit tuyau arrivaf-
fent a mefme hauteur. Cela fe faifoit avec de l'eau fraifche
etnouuelle. mais y ayant depuis employé celle qui avoit elle
quelques 24 heures dans le vuide, et par là s'eftoit tout a
fait purgée d'air, tellement qu'il n'y montoit plus aucune
bulle, j'ay trouuè qu'elle n'a aucunement voulu defeendre
quelque peine que je priffe a bien vuider le vafe E d'air et
cela mefme quand la hauteur de AB eftoit de 2 pieds et
d'avantage. Mais l'air eftant ainfi vuidé et la boule A
avec fon tuyau reliant pleine d'eau , s'il arrive que d'en bas
la moindre petite bulle viene à monter dans le tuyau , celle
là eftant parvenue en F , (que je pofe cftre la hauteur d'un
pouce par deflus la fuperficie de l'eau BB) elle s'eftend
fubitement de là vers en haut, la partie inférieure demeu-
rant toufjours en F, jufques a ce qu'elle ait occupé toute
') Voir la Lettre N°. 975.
54
CORRESPONDANCE. l6Ô2.
la boule A et (on tuyau defquels l'eau découle vifte entre la bulle qui s'eftend et
les coftez du tuyau, et demeure juftement a la hauteur F ou la bulle avoit com-
mencé a s'eltendre. Que fi après cela on laifie rentrer l'air par le robinet , l'eau
remplit derechef tout ce qu'elle avoit delailTè, excepté une petite bulle d'air que
l'on trouue au haut de la boule A, de la grandeur d'un petit pois, qui elr. de
l'air tire hors de l'eau, car la bulle qui a monte n'en ciloit pas la ioome partie,
et auili rentre t il dans l'eau après qu'on l'a laide par 24 heures. Il feroit trop
long de vous dire icy les confequences que je tire de cet experiment, feulement
vous remarquerez, que félon les principes du refîort de l'air et de l'équilibre,
il eil évident, que ce peu d'air qui relie dans le vafe E après cftre vuidè, prefTe
encore fi fort fur la fuperficie de l'eau BB, qu'elle tient par la fufpendue toute
l'eau du tuyau BA quoy de la hauteur de 1 pieds et peut élire encore beau-
coup plus , car je n'ay pas encore eu le moyen de faire l'eflay avec des tuyaux
plus longs.
J'ay fait en forte maintenant que je puis retirer de la machine une grande
phiole après l'avoir vuidée, et par la je pouray faire cette expérience des plan-
tes et des graines , et plufieurs autres dont je vous rendray compte cy après.
Monfieur Thevenot trouuera de la befogne avant que d'avoir fait la fiene avec
la Tinaja.
Voicy la copie de ma table 2) de l'équation du temps, et comment il s'en
faut fervir 3). Vous en pourrez faire part a Martinet 4) l'horologer et d'autres
qui la délireront.
2) Voir l'Appendice N°. 979.
3) Consulte/ l'Appendice N°. 978.
4) Sur Martinet voir la Lettre N°. 920, note
4
CORRESPONDANCE. \66l. 55
N°= 978.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huvgens.
[1662.]
Appendice I au No. 977.
La pièce et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
Méthode de fe fervir de la Table fuivante.
Pour fe fervir de cette Table il faut vcoir combien de minutes et fécondes il y
a marquées au jour que l'horologe aura eftè ajuftee avec le foleil ou heure du
quadrant, et aufli combien il y en a au jour que Ton veut feavoir leur différence.
Et s'il y a d'avantage au premier jour qu'à l'autre, il fera plus tard a l'horo-
loge qu'au quadrant, mais s'il y a d'avantage au dernier jour il fera plus tard au
quadrant qu'a l'horologe, et ce d'autant de minutes et fécondes que fera la diffé-
rence entre les deux dites équations. Par exemple, ayant ajuftè l'horologe avec
le quadrant le 5e. Mars, au quel jour la Table donne pour équation 3', 1 1", et vou-
lant fçavoir combien il s'en faudra de l'un à l'autre le 18 Octobre, ou l'équa-
tion eil 30', 45"; vous ofterez la moindre équation de la plus grande ainfi
3°'- 45"
3- "
n~7- 34
Reftent 27'. 34" defquclles il fera plus tard au quadrant qu'a l'horologe, parce
que l'équation du dernier jour excède celle du premier.
56
CORRESPONDANCE. 1662.
N- 979-
Christiaan Huygkns à Lodewijk Huvgens.
[1662].
Appendice II au No. yyj.
La pièce et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
Table de l'équation du Temps.
Januarii.
Februarii.
Mardi.
Aprilis.
Maji.
Junii.
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10
Œuvres. T. IV.
58 CORRESPONDANCE. \66l.
N= 980.
S. de Sorbier e à Christiaan Huygens.
15 FÉVRIER 1662.
La lettre se trouve à Laden, coll. Huygens.
A Paris le 15. fébrier 1662.
Monsieur,
eftant fort en peine de la famé de Monfieur Renaud mon beaupere '), & de fa
famille, dont je ne reçois point de nouuelles, encore que je leur aye efcrk, je
prens la liberté de vous en demander. Il loge fi près de vous, que je puis efperer
que vous me ferés la grâce de vous en informer fans que vous en receuiès beau-
coup d'incommodité. Commandes moy en reuanche de vous aller rendre quelque
feruice d'icy au bout du fauxbourg St. Victor & je le feray tout incontinent de
grand coeur.
J'accompagnay l'autre jour Monfieur uoftre père chez les Jefuites, et fi j'eftois
capable de le feruir en ce pays, je luy ay fouuent offert toutes mes habitudes , mais
il y a preiïè à qui le feruira , & les cordons bleus 2) s'eftiment fort honorés de le
mener chez tous nos curieux. Il m'a dit que vous trauailliés aux expériences de
Monfieur Robert Boyle. ô l'admirable homme, qu'il eft judicieux , qu'il eft exact,
qu'il eft bien intentionné! I'irois volontiers en Angleterre pour le noir, & je vous
enuie le bonheur que vous auès eu de le conuerfer à uoftre retour de Paris. Nous
n'auons icy que des curieux à noftre mode , de la plus part defquels j'auois honte
lors que je nous uoyois chez Monfieur de Montmor. Mais à cela il n'y a point de
remède.
Je me referre dans mon petit cabinet où je ne manque pas de bons liures,
& d'honneftes gens qui me uifitent; & j'efpcre de m'y entretenir le refte de
mes jours agréablement, en repafïant dans ma mémoire ce que j'ay ueu & re-
marqué en ma jeunefîe. Voila où jen fuis. Dieu uueille que les nouuelles que
vous m'apprendrés de Monfieur Renaud ne m'obligent pas d'en fortir , quoy je ne
délire plus de uoir la Haye, qu'a caufe de vous, qui eftes Bataui gloria prima foli.
J'ay oublié de mettre cefte Epigramme dans ma relation3); mais fi elle ne fe rcim-
') Samuel Sorbière avait épousé, en 1646, lors de son second voyage en Hollande:
Judith Renaud, fille de Daniel Renaud, qui était née à Amboise, et demeurait à la
Haye.
2) Chevaliers du Saint-Esprit. Consultez la Lettre N°. 484.
Lettres et Difcours de M. de Sorbière, fur diverfes Matières Cnrieufes. A Paris, chez Fran-
çois Clovfier, dans la Court du Palais, près l'Hoftel de Mr. le Premier Préfident. m.dc.lx.
Avec Privilège dv Roy. in-40.
CORRESPONDANCE. 1662.
59
prime pas, il efcherra ailleurs de la faire uenir fur les rangs , & de vous tefmoigner
non feulement mon eftime , mais la paffion auec laquelle je fuis ,
Monsieur,
Voftre très humble et très obehTant feruiteur
Sorbiere.
Rue des petits champs chez
Monfieur la Porte chirurgien.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens
A la Haye.
N= 981.
Christiaan Huygens à R. Moray.
[17 FÉVRIER 1662 ')].
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
Elle est la réponse au No. 968. R. Moray y répondit par les Nos. 994 et 997.
Monsieur
Je receus hier la voftre et avec elle les lettres de Monfieur Frenicle que je vous
avois preftees, les autres a Monfieur le Chevalier Digby , que vous croiez y avoir
adjouftees font demeurées derrière 2). Pour ce qui regarde la mefure univerfelle
j'en ay parlé affez dans ma précédente 3), et je puis afïùrer que mes expériences fur
le pendule de la demie-feconde avec des boules de diverfe matière et grandeur ont
') Cette date résulte de la Lettre N°. 993.
2) Voir les pièces Nos. 969, 970, 971 et 972. Celles-ci n'ont donc pas été envoyées avec la
Lettre N°. 968.
3) Consultez la Lettre N°. 976.
6o CORRESPONDANCE. 1662.
eftè très exactes, les quelles toutefois je veux repeter encore par ce que vous
dites avoir trouuè le contraire de ce qui m'eft arrivé. Je vous rends grâces des expe-
riments 4) de Milord Brouncker, a une partie des quels je me fouuiens d'avoir eftè
prefent dans une galerie de Grefham Collège mais non pas a ceux qui concernent
ce phénomène extra-ordinaire au quel la balle va de l'autre coftè et non pas vers
celuy qu'elle devroit fuivant le reculement du canon. Quand je confidere la ligne
courbe que defcrit la balle eftant dans le canon, et que par la continuation du mou-
uement de cettui cy après qu'elle en eft fortie , il doit neceffairement arriver que
la balle demeure encore après dans la ligne droitte du Canon et ainfi tout droit de-
vant la bouche , (car au moins il y a fi peu a dire que rien) je ne puis m'accorder a
la caufe que My Lord Brouncker en donne. Pour en deviner quelque autre il fau-
drait avoir eftè prefent et vu toutes les circonftances.
Quand je cherchay deux boules de différente matière qui tombaffent par l'air de
vifteffe égale, mon principe eftoit que leur fuperficies , auquelles l'air refifte , dé-
voient avoir entre celles la mefme proportion que leur gravitez actuelles, et je m'af-
fure que My Lord Brouncker s'eft auffi fervi du mefme. Ayant fuppofè cela, je
trouuay après quelle eftoit donc la proportion de leurs diamètres, qui en refulte,
comme celle de la pefanteur des matières prife au contraire. Voila donc qui eft
plaifant que vous m'envoiez comme un nouveau théorème ce qui m'a fervi de
principe, car fans pafler par la il m'eftoit impoffible de rien déterminer.
Voicy la table que je vous avois promife pour l'équation du temps s), et com-
ment il en faut ufer. Je vous envoyé auffi 6) les divifions pour marquer fur la verge
de voftre pendule, les nombres a coftè a main droite font les diftances prifcs du
point en bas que j'appelle centrum ofcillationis, et font des centièmes de nos
pouces, ceux a main gauche montrent de combien de minutes par jour voftre ho-
rologc ira plus vifte, que lors qu'il n'y auroit point de plomb mobile, lors que vous
le haufîez jufques là. mais il faut que ce plomb mobile foit ^ïï du grand plomb du
pendule, et que la verge pefe aufli juftement autant, le grand plomb doit tenir ferme
a la verge, tellement qu'il ne puiffe aucunement branficr. L'on peut facilement
fubdivifer encore ces divifions, mefme jufqu'en 1 5 parties chacune, qui alors feront
la différence d'une féconde par jour, en mouvant le petit plomb de l'une à l'autre.
Mlles ne montent pas plus haut que jufques a la moitié de la verge , parce que cela
feroit inutile, car le petit plomb eftant appliqué en diftances égales du point d'en-
4) Voir l'Appendice N°. 889 à la Lettre N°. 888. De plus, consultez la Lettre N°. 968.
5) Cette table est apparemment la même que celle des Appendices Nos. 978, 970, envoyés
à Lodewijk I luygens avec la Lettre N°. 977.
Cette table ne l'ut pas jointe à cette lettre, mais l'ut envoyée le 24 lévrier avec la Lettre
V. 984. L'original s'étant perdu, nous avons copié des Adversaria. Voir la pièce
N<\985.
CORRESPONDANCE. \66l. 6\
bas , c'ett a dire du centrum ofcillationis , ou du point de fufpenfion du pendule en
haut, le fait aller d'égale viftefle. Je fuis de tout mon coeur
Monsieur
Voftre trefhumble et trefobeiffant Seruiteur
CHR. HUGENS DE ZULICHEM.
N= 982.
J. Chapelain à Christiaan IIuygens.
17 février 1662.
La lettre se trouve à Leiden , coll. IIuygens.
Chr. IIuygens y répondit en mai 1662.
Monsieur
il n'y a eu autre mal dans le retardement de voftre Refponfe ') que celuy de fa
caufe. Cette maladie de trois femaines eft vnc chofe fafcheufe en vn homme de qui
tous les momens font fi neceflaires a l'auancement des hautes connoifTances et des
Arts les plus vtiles et les plus curieux. Quelque plaifir que m'apportent vos let-
tres je les aurais volontiers attendues trois mois encore et que vous n'euffiés pas
eu vne fi pertinent exeufe du filence quelle vous a fait garder. Dieu (bit loué que
vous en foyés quite a fi bon marché dans vne faifon où nous ne voyons point de
maux de petite durée. Quant a Monfieur voftre Père il me paroift toufjours de
plus en plus digne de louange et juftifie bien auprès de tout noftre monde la belle
réputation qu'il y auoit deuant que d'en eftre auffi particulièrement connu. Je me
fais violence de ne vous en faire pas vn plus grand article, pour n'attirer pas de
nouuelles réprimandes de voftre modeftie. Je vous diray feulement que vous vous
faites grand honneur l'vn a l'autre et que vous auriés tous deux grand tort de vous
entredefauouer. Monfieur Theuenot auffi bien que moy a prefque fait tomber
') Cette lettre de Chr. Huygens à J. Chapelain manque dans nos collections. Elle doit avoir
été la réponse à la Lettre N°. 930.
62 CORRESPONDANCE. l6Ô2.
d'accord Monfieur Frenicle de la bonté de voftre fol ut ion fur la difficulté qui l'ar-
reftoit dans voftre Syfteme de Saturne et quand nous l'auons prefTé la deffus il nous
a refpondu auec difcretion et comme vn homme qui auoit vne très auantageufe
opinion de vous. Il n'eft pas fi fatifïait à beaucoup près de Monfieur Wren et il
le propofe bien de combattre 2) a fer émoulu ce que cet Anglois doit publier fur la
mefme matière; car il s'eft tenu fort defobligé de la manière dont il l'auoit traitte
dans la lettre 3) dont vous m'aués enuoye lExtrait, et qu'il y a plus dvn mois qu'il
auoit veue par la voye de Monfieur Digby. A eux deux le débat lequel ne fe
peut efchauffer qu'à voltre auantage. J'entre fans peine dans voftre fens que vous
deues pluftoft mefprifer que releuer vne objection comme celle qui vous auoit efté
faitte puifqu'elle tombe d'elle mefme , et que vous la rendriés confiderable fi vous
tefmoigniés d'en faire cas. Monfieur de Neuré ne me parle plus de la prière quil
vous faifoit par fon Epiftre latine 4) qui a ce que je voy feft donc perdue par les
chemins auec celle 5) dont je l'auois accompagnée. Je fcauray de luy s'il a encore
befoin de voftre affiftance pour cela et vous en rendray conte. C'eil vn homme
d'importance et voftre grand admirateur. Je feray auffi loffice que vous mordonnés
auprès de Monfieur Ampiou et il apprendra de moy le reffentiment que vous con-
ferues des marques qu'il vous a données de fon amitié et de fon eftime. Il a fait
fureter par tous nos bureaux de pofte et de meffagerie le paquet que je l'ay aïïliré
fur voftre lettre que vous luy auiés adrefie d'Angleterre et il la fait inutilement.
La mauuaife Fortune vous a maltraittes également en cela, puifque vous n'aués
pas non plus receu le fien. Je commence a eftre en peine de celuy que Monfieur
Theuenot et moy vous auons enuoye par loccafion de Monfieur de Vicquefort
voyant celle de Monfieur de Thou incertaine. Monfieur voftre Frère mit ce paquet
entre les mains de Mondit Seigneur de Vicquefort pour faire partie de fon balot
lequel deuroit bien eftre arriué depuis le temps 6). Faites luy je vous prie feauoir
noftrc inquiétude et la voftre afin que des l'inftant qu'il laura receu il vous face
porter ce qui y eft enfermé pour vous et que vous puifliés fatiftaire voftre impa-
tience touchant ce Hure7) de Dioptrique Italien. Vous naures guère moins de fujet
den auoir touchant le Dialogue 8) que j'y auois joint pour vous et pour Monfieur
Voflius de la part de fon Authcur Monfieur Muet, tant la matière de la Traduction
y eft élégamment et feauammant maniée. Jefpere que vous m'en mettrés l'efprit
en repos par vos prochaines lettres et que les premières nouuelles que j'auray
:) Consultez la Lettre N°. 970.
3) Voir l'Appendice N°. 934.
4) Voir l'Appendice N°. 913.
5) Voir les Lettres Nos. 911 et 9 1 2.
rt) Voir la Lettre N°. 930.
7) Il s'agit du livre de Mancini, décrit dans la Lettre N°. 774, note 1. Consultez la Lettre
N°. 911, note 2.
8) Voir l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 908, note 1.
CORRESPONDANCE. l66l. 63
de vous feront que le tout vous aura efte rendu et que voftre cabinet en fera d'au-
tant plus riche. Continues je vous conjure a m'aimer et a croire qu'on ne fcauroit
eftre plus que je fuis
Monsieur
Voftre trefhumble et trefobeiffant feruiteur
Chapelain.
De Paris ce 17. Feurier 1661.
A Monfieur
Moniteur Christianus Hugens de Zulikum
Gentilhomme Hollandois
A la Haye.
N- 983.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huvgens.
22 FÉVRIER 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leidett, coll. Huygens.
11 février 1662.
Monfieur de 's Gravemoer ') m'eft venu conter l'argent il y a 5 ou 6 jours , à
feavoir 193 livres 15 fous, car félon noftre compte cela fait 232 livres 10 fous,
argent de France, à compter les efeus pour autant de Ryxdalers.
Pafcal me promet que l'horologe fera faite demain laquelle je fuis bien d'avis
d'envoier par Bruxelles mais il fera bon de veoir premièrement comment le beure
aura pafTè 2). Demandez a Monfieur Chaife ce qu'il veut que je faffe du refte de
fon argent après que la dite horologe en aura eftè payée. La Signora Catherine 3)
eft icy de retour depuis 10 ou 12 jours, et encore n'ay je pas elle pour la veoir;
qu'il juge de là fi je n'en fuis pas bien amoureux.
Monfieur Vicquefort me dit il y a 15 jours qu'il avoit receu nouuelle que la
!) Adam van der Duyn. Voir la Lettre N°. 967, note 4.
=) Consultez la Lettre N°. 962.
3) Il s'agit de Catbarina Smitz. Consultez la Lettre N°. ç>6~ , note 6.
64 CORRESPONDANCE. 1662.
baie ou il avoir mis mes liures eftoit en fin partie de Paris, que fon coffre eftoit
venu avec luy , mais qu'il n'y avoit pas pu mettre les dits livres. Je ne fcay qu'en
croire, mais c'eft toufjours contre la promefTe qu'il vous a faite.
Nous dinames hier chez ma tante de Sint Annalandt 4) ou arriva auflî pendant
le difner Monfbur van Leeuwen 5), tellement que de 3 de vos lettres 6) ouuertes
tout a la fois j'ay appris amplement toutes les circonrtances de ce que vous me
dites en paflant, touchant vos divertiflements de quarefme prenant. Je doute fort
li ce qui vous fait prendre tant de plaifir a ces mafquerades et courfes de bal , n'eft
pas pluftofi: la compagnie dans la quelle vous y allez , que la beauté et diverfitè
des habits que vous rencontrez. Van der Honart 7) fçaura ce que vous me mandez
touchant (es platfonds. Belletie 8) fera baifée. Vos livres font en bon eftat. Mon-
fieur Sorbiere me donne une plaifante commiflion y) de m'informer comment fe
porte la famille de fon beauperc. feroitce bien peut élire que fa belle foeur IO)
defire que je l'aille veoir. Si vous le rencontrez chez Monfieur de Montmor ou
ailleurs dites luy que je luy en manderay des nouuelles la prochaine fois.
Par ma dernière JI) je vous ay fait part d'une expérience aflez confiderable, qui
vous aura fait veoir que ma machine ne demeura pas tout a fait fans employ. Et
j'y ferais plus affidu fi ces belles chofes ne m'emportoyent pas trop de temps.
J'ay mefurè ces jours païïez le poids de l'air par le moyen de la phiole que
je retire de la machine après que l'air en eft dehors. Elle contenoit environ
120 onces et un quart d'eau de pluijc, et j'ay trouuè que l'air qui la remplit
pefe juftement £ d'once, l'ayant premièrement pefée pleine d'air , et aufli après
qu'il en avoit elle tire. De la je conclus que la gravité de l'air eit a celle de
l'eau comme 1 a 962, ou 1 a 960, ayant par pluficurs fois trouuè toufjours fort
près la mefme proportion. Et puis qu'un pied cubique d'eau pefe 63 de nos livres
comme l'a expérimenté Snellius, il s'en fuit que le pied cubique d'air pefe 1 once
et ^6. Par ou vous pouucz aifement calculer combien de poids d'air il y a en quel-
que chambre dont vous feachez les mefures, comme icy dans la miene il y en doibt
avoir environ 184 livres. Monfieur Hoilc n'a pas fait cette recherche li exaéte-
ment ni par la mefme manière, quoy que pourtant la proportion qu'il met d'un
•a 938 s'accorde afiez bien avec la miene.
4) Gccrtruid Hliygens, mariée à Philips Doublet, père. Voir In Lettre N°. 197, note 6.
5) Voir la Lettre N°. 237, note 1.
6) Nous ne connaissons aucune de ces trois lettres.
") J. van den I lonert. Voir la Lettre N°. 803 , note 1 1 .
8) Probablement il s'agit ici de Isabella van Aerssen.
I lonsultez la Lettre N°. 980.
lo) Mademoiselle Renaud, qui demeurait à la Haye.
' !onsultez la Lettre N°. çjy.
CORRESPONDANCE. l66)2.
65
Pafcal vient de me montrer l'horologe de Monfieur Chaife qui eit Tort bien et
proprement travaillée et je n'y ay trouuè a redire que le timbre qui n'eftoit pas
clair a mon grè , et partant je le luy fais changer.
N° 984.
Christiaan Huygens a R. Morav.
24 FÉVRIER 1662.
La lettre se trouve h Londres, Royal Society.
R. Moray y répondît /"■'" le No. 997.
A la Haye le 24 février 166,1.
Monsieur
Voicy les divifions du pendule *) que j'oubliay d'enfermer dans ma précédente 2),
par une nonchalance d'autant plus lourde que je venois de remarquer la voltre
en pareil cas. Vous entendrez donc ce que fignifient les nombres mis a colle de
la ligne, et comment il faut approprier le pendule, de ce que dans la dite lettre
j'en ay eferit. Pour vous enquérir fi les platines ont la forme re-
quife de Cycloide, il en faut avoir une platte limée exactement
de la forme qui le doit ajuller entre les deux platines courbes,
ainfi l'horologer 3) me dit qu'il a obfervè la vraye figure le
plus exactement qu'il a pu, mais je vous en crois plultolt fi
vous trouucz le contraire. Apres que voftre horologe fera mile
une fois au point qu'il faut, ne craignez pas que le changement
de l'air en altère le train , au moins je ne me fuis aucunement
apperceu de cela dans la miene , qui a marche a cet heure plus
de 4 mois fans manquer d'une minute. Cette grande jultefic
m'a donne envie d'effaier avec une plus petite horologe, h la
quelle on travaille maintenant, fi eftant fufpendue et agitée elle fera quelque
chofe d'approchant, pour veoir ce qu'il en faut efperer pour les Longitudes.
') Voir l'Appendice N°. 985.
2) Consultez la Lettre N°. 98 1 du 17 février.
3) Pascbal , horloger à la Haye.
Œuvres. T. IV.
GG CORRESPONDANCE. iGGï.
['attens avec impatience ce que Monfieur Boile aura dit de l'expérience que
je vous av envoiée4), touchant l'eau qui ne defeend point. La dernière que j'ay
laite a elle pour trouuer la pefanteur de l'air, dans la quelle je me fers d'une
phiole qui peut tenir environ 130 onces d'eau, et que je puis ofter facilement
de la machine après qu'elle eft vuidée. J'ay trouuè la proportion de la pe-
fanteur de l'air a celle de l'eau affez près la mcfme que Monfieur Boile a feavoir
comme 1 à 060, c'eft a dire environ, car la très jufte mefure on ne feauroit l'avoir,
ii ce n'eft que par un autre moyen plus pénible, que je me fuis imagine. Mandez
moy je vous prie ce que vos géomètres jugeoient de la demonltration 5) de Mon-
fieur Milord Brouncker, et ce que luy mcfme en penfe après avoir vu mes re-
marques 6).
Je fuis
Monsieur
Voflre très obeiflant feruiteur
ClIR. HUGENS DE ZuLICHEM.
Je baife très humblement les mains a Monfieur Bail r) et me fouuenant touf-
jours de l'accueil qu'il me lit chez luy, je fouhaite avec pafiion de luy pouuoir ren-
dre fervice, et témoigner la grande eltime que j'ay pour fa perfonne.
A Monfieur
Monfieur Robert Moray
Chevalier &c. demeurant dans Whithall
du collé du Jardin
A
8 il. Londres.
Consultez la Lettre N°. 963.
' 'on mitez la pièce N°. 965.
< 'om ultez In Lettre N°. p 6
. Peter Bail, le père. Voir la Lettre N°. 49-, note 2.
CORRESPONDANCE. 1662. 07
N= 985.
Christiaan Huygens a R. Moray.
[février 1662.]
Appendice au No. 984.
La puce se trouve à Leiden , coll. Huygens ')•
Plumbum mobile efl \ ponderis virgae aeneae, haec vero -ï- ponderis appenfi.
temporis partes quibus anticipabit divifiones virgae penduli 38 polliciim fecunda
peiidulum fimplex in 24 horis. fcrupula (ingulis vibrationibus facientis.
2.0"
15,661
</ï
!'-55"
i4,i54
*4->
i'.5o"
12,813
3
i'-45'
11,639
O
E-
i'.4o"
10,630
<v
ï'-35*
9,788
0 .
r.30"
9,112
El. £
l:25l
8,421
2 §
\' .10
7,762
l'.mlK
7,J39
ii s
i'.io"
6,534
2 °
l:5',
5,965
S "a
1 '.0 "
5,426
"2 "5c
55"
4,904
S J2
5°"
4,398
a. 2
.2 2
45"
3,9°8
40"
3,433
3 '—
a. .S
35"
2,973
30"
2,529
3
25l
2,102
">
16'
1,678
-5
15*
!,255
3
10"
0,834
5"
0,416
■-
0 centrum ofci
llationis
o,224ccntrum
gravitatis
plumbi.
a pundto fufpenfionis hic ulque
funt 38 pollices pedis Rhenolandici.
ab hoc vero
punéto , nempe centro
ofcillationis , diuifiones virgae fecundum
adfcriptos nume-
ros fumendae funt, qui
millefimas pollicum fign
ficafit.
') Quoique cette table ne réponde pas exactement aux indications données par I [uygens dans la
Lettre N°. 08 1 , nous avons cependant cru pouvoir l'insérer à cette place. Voir la note 6 de
la Lettre N°. 981.
68 CORRESPONDANCE. \66l.
N= 986.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
28 FÉVRIER 1662.
La lettre et la copie se t murent à Leiden , coll. Huygens.
le 29 Février 1662 ').
Je voudrois que vous ne fuffiez pas fi grand courreur de bal et que mes lettres
fufTent délivrées la ou il faut. Monficur de Carcavy fera eilonnc de quoy je ne
luy envoyé pas de refponfe, et vous euflîez pu luy faire porter la lettre -) (ans y
aller vous mefme. En fin vous avez vu qu'on y peut gagner des rheumes , et fi le
voltre vous traite de mefme que le mien m'a traite, il poura rabattre un peu des
plaifirs que vous venez de goûter, mais je vous fouhaite plus de bonheur et que
du moins les relies du rheume ne vous fafïènt pas l'affront qu'ils font a moy, car
ils m'ont caufè une vilaine inflammation au nez , tellement que 6 jours durant
j'en ay eu la phifionomie ridicule, et elle contraint de garder la maifon. aujourdhuy
cela commence a pafler, et mon nez a reprendre fa figure accoutumée que vous
connoifTez.
Monfieur Frenicle le plaint des Anglois, comme m'eferit aulfi Monficur Cha-
pelain 3), et eux fe plaignent encore plus de luy, de forte qu'apparemment il en
naillra quelque fanglante guerre, de la quelle je n'ay point de tout d'envie de me
méfier, mais feray neutre.
Infifiez je vous prie auprès de Monficur Tetit pour avoir la lettre de Monfieur
Fermât 4). S'il m'a eferit de la manière de porter les pendules par mer, fa lettre 5)
s'eft efgarée, car je n'ay rien receu depuis peu de fa part. La penfée de mon Père
fur ce fujcét, qu'il m'a envoyée rt) cil bonne en effccl: et la mefme que j'ay eue il y a
long temps, a feavoir de fufpendre l'horologe au bas d'un pendule grand et pe-
lant, mais il y faut encore autre choie pour la guarantir du choc de haut en bas ,
dont je croy auffi maintenant de feavoir l'invention.
Madame du Portail7) cfl: une dame de refpecr, et d'authoritè tout ce qui fe peut,
et je m'eltonne que vous ayez oublie que je vous le dis a voltre départ. Il n'y avoit
point de caroiïè lors que j'y ellois , et je n'ay pas feeu mefme qu'il y en eut un cy
') Ici Huygens s'est trompé de date: c!i lévrier nous paraît plus probable que le 1er mar<.
- ; Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Chr. Huygens a I'. de Carcavy.
< lonsultez la Lettre N°. 9S2.
4; Voir la Lettre N°. 98p.
s) Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre de 1'. Petil a Christiaan Huygens.
'• 1 Nous ne possédons pns cette lettre de Constantyn I (uygens, père.
') Nous conjecturons que, dans la lettre de Lodewijk Huygens a laquelle celle de Christiaan
sert de réponse, le nom du Portail a été donné a Madame Petit.
CORRESPONDANCE. l6Ô2. 69
devant. La chère Marianne8) a ce que je vois fait encore la mefme vie qu'alors
je veux dire qu'elle chaflè et reprend des fervantes et qu'elle gouuernc toute la
mai Ton. C'elloit la plus plai faute chofe du monde de l'entendre quand elle exami-
noit de ces petits garçons qui venoient offrir leur fervice en qualité de Bafque; et
quand elle commandoit h Louifon de laiflèr vcoir fou &c.
Ces expériences de Monfieur Rohaut font belles principalement parce que fa
pierre d'aimant eft très excellente la quelle je voudrois que vous et mon Père vif-
(îez. autrement je ne feache pas qu'il m'ait rien fait vcoir d'extraordinaire.
Monfieur de Brienne le fils y) lors que je le vis l'hyver pafTè me paruft eftre
d'un cfprit trefmediocre , de forte que je crois qu'il y a bien des chofes plus faciles
et claires que mon traiétè de quadratura circuli IO) que le bon fire n'entend pas.
Adieu.
N2 987.
Christiaan Huygens à N. Heinsius.
6 MARS 1662.
La lettre se trouve a Leiden , coll. Huygens.
Elle est la réponse aux Nos. 959 et 966. N. Heinsius y répondit par le No. 1000.
Illuftri Viro Domino Nie. Heinsio Chr. Hugenius S.
Binas tuas accepi, quarum priores tantum adhuc fpem faciebant de phaenome-
nis, alterae picïuram elegantem attulcre illius quod anno 1658 fuit obfervatum;
qua profecto non mediocriter gauifus fum, magnique muneris inftar habebo quae-
cunque alia hujus generis mihi impertiueris. Praecipue autem illius quod in tcmplo
extat parelij formam cognofeere defidero atque co nunc magis, quod ifti quod nu-
per accepi non multum diflimile elfe feribis. Sunt enim in co quaedam adeo ab
omnibus alijs, quac ufquam ôbfervata feiam, diuerfa, ut vix ad rei veritatem de-
feripta mihi perfuadeam nifi cadem etiam alias apparuifle conftiterit. Pigerrimo
8) Marianne Petit. Voir la Lettre N°. 878, note 1.
9) Henri Louis de Loménie, comte de Brienne, fils du comte Henri Auguste de Loménie et
de Ironise de Luxembourg, naquit à Paris en 1635 et mourut à l'abbaye de St. Séverin de
Château Landon le 17 avril 169R. Après avoir beaucoup voyagé, il épousa en 1656 Henriette
Bouthillier, et devint secrétaire d'État. En 1663, après la mort de sa femme, il se retira à
l'oratoire, qu'il quitta en 1670; depuis, il mena une vie dissipée, de sorte que, en 1673,1!
fut séquestré comme aliéné à St. Lazare, d'où il ne sortit qu'en 1692.
10) Voir l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 191 , note 1.
7°
CORRESPONDANCE. 1662.
itaque piriori ') faepe non optima praecari foleo qui in re tantilla tamdiu nos fuf-
penfos tenet.
Ludovicus frater fuo nomine quam diligentiffime tibi lalutem dicere jufîit :). ad
ea vcro quae ab ipfo perieras3) rcfpondit, cum primum poïïet Bibliothecam regiam
fe aditurum quaeque ibi extent Ovidij exemplaria recogniturum. In Coenobio au-
cem Sanéli Laurentij Metamorphoefos codicem antiquiffimum atque optimum fuo
judicio cum tua editione contuliïïe, quanquam obiter tantum; annotafîe autem prae-
terea quinam alij illic fuperfînt quafque operis partes iinguli compleétantur. Scd
fcedulam in qua haec defcripférit repofuifïe in locum undc depromi nifi ab ipfo ne-
queat. Ejus itaque ubi e Gallia redierit copia tibi fiet, quanquam fane non adhuc
fcio quam brevi id futurum fperare debeam. Literas tuas ad Capcllanum Vlitium
caeterofque omnes optime curatas elfe ne dubita. Illum vero nihil hucuique referip-
iiile, maximi cum materiam praebeant clegantiflimi verius tui 4), quibus Delphini
natales celebrafti, nefeio quid caufa efle dicam , qui iciam quam alioqui ibleat in
bis eife officiofus.
Ab Illuftriffimo Monmorio nuper dono accepi Patris Mambruni , E Societate
Jefu, poemata5J), quae Virgilij fcilicet exemplo trifariam divifa funt, ut pars prima
Eclogas contineat, altéra de cultura animi libros, ftylo Georgicôn feriptos, ultima
denique Epicum carmen, Idololatria debellata feu Conftantinus inferiptum. Ex
omnibus minime placent Bucolica. In heroico aliquanto melius fucceffit quanquam
optima quaeque ex Virgilio cxprefla ac tranflata animadvertam. Vellem de his ju-
dicium tuum intelligere liceret. Zelemius rt) te refalutat , de naevis illis typogra-
phicis faepe antea mihi queftus eft, fed quid remedij nifi ut altéra forfan editione
expurgentur. Vale.
Dabam Hagae comitis 6 Martij 1662.
Mijn Hccr
Mijn Heer Nie. Heinsius
Refident van wegen H are H 00g Mogenden
in Swedcn
Tôt
Stockholm.
') Munnickhove. Voir la Lettre N°. 922.
2) Nous ne possédons pas cette lettre de Lodewijk I [uygens.
3) Consultez les Lettres Nos. ^22 et 957.
4) Il s'agil ici du poème, inséré dans son wElegiarum Liber IV:"
Genethliacon Filio primogenito Ludovici XIV Régis Chriftianilïïmi.
; Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 908, note 1 1.
rt) Constantyn Huygens, frère.
CORRESPONDANCE. ]66l.
Ns 988.
Christiaan Huvgens à [Lodewijk Huygens].
8 MARS 1662.
La lettre et la copie ne trouvent à Leiden, col/. Huygens.
le 8 mars 1661.
Je vous remercie de l'adrelTe de mes lettres et des voyages faits a ma follicitation.
En revanche nous aurons foin de vos recommandations en recevant bien les pèle-
rins J) qui font en chemin , a quoy auffi nous obligent les ordres de mon Père.
Monfieur Petit s'eilonne peut élire que les nombres de ma table des aequations 2)
font différents de ceux qu'il trouue dans quelques autres, mais il doit feavoir, que
cette diuerlitè n'empefche pas que l'cffeél n'en foit tout le mefme, et que de la
miene j'en pourois former plufieurs autres qui auraient les nombres tout diffé-
rents, et qui ferviroient pourtant de mefme qu'elle, qu'il cfTaye donc li l'effect de
fes autres tables, lors qu'il s'en fert félon las règles que les autheurs preferiuent,
ne s'accorde pas avec celuy de la miene. que fi cela n'arrive point, je puis l-'afïurer
qu'elles ne font pas calculées fur un bon fondement, car je n'ay pas feulement la
dcmonllration pour moy mais auffi l'expérience; le cours de mon horologe qui con-
tinue d'aller depuis 44 mois, vérifiant exactement le calcul de ma table. Vous avez
pris bien de la peine a me copier la longue lettre 3) de Monfieur de Fermât, et je
vous en fuis oblige, parce qu'a cet heure j'ay contenté ma curiofitè , quoy que je
ne trouue guère de fatiffaction dans fa doctrine. Il fuppofe bien des choies touchant
la nature de la lumière et de celles des corps diaphanes, defquelles il n'y a point
de certitude; et après cela encore ce pitoyable axiome, que la nature opère touf-
jours par les voyes les plus courtes, par lequel je n'ay jamais veu qu'on aye bien
demonilrè aucune vérité. Pour faire donc l'accord entre luy et Monfieur des
Cartes je dirais que ny l'un ny l'autre a prouve le théorème fondamental des ré-
fractions, et qu'il n'y a que la feule expérience qui nous en rende certains.
Quelque opinion qu'ait Monfieur Petit de la capacité de Monfieur le Duc de
Roancs pour les chofes de Mechanique, je vous afîiire qu'il en a plus que luy ,
et vous verrez, quand vous luy communiquerez quelqu'une de mes dernières ex-
périences, s'il n'en raifonne pas plus fubtilement que l'autre.
Il me tarde de veoir le feigneur Chaife qui nous feaura raconter par le menu
l'hiftoire de tous vos pafïètemps et mafquerades de Paris. Son horologe eil entre
mes mains depuis 4 jours , et apprend a aller jufle auprès de la miene, qui le feait
*) Chieze, Buysero et Amato. Voir la Lettre N°. 996.
:) Voir la Table N°. 979.
3) Voir l'Appendice N°. 990.
72
CORRESPONDANCE. l66"2.
en perfection. Celle que j'ay t'aie faire pour le deïïein des longitudes fera achevée
dans 8 ou 10 jours. Adieu.
D'où vient que jufqu'icy je ne vous ay point ouy faire mention de Monfieur
l'Abbè Charles4). Je penfe vous avoir enfeignè fa demeure à feavoir vis a vis du
Louvre et du quartier que tenoit Monfieur le Cardinal. Mais j'ay quelque doute
que peuteftre il fera demeuré au lieu de l'on bénéfice 5) ou il eltoit allé faire un
voyage, car allurement il n'auroit pas ignore ii long temps que mon Père eft a
Paris et l'auroit elle trouuer. C'eft le meilleur homme et le plus candide que faye
jamais vu , et que j'aime tout a fait. Partant mandez moy de fes nouuelles, ii vous
en feavez.
N° 989.
P. PKTIT h ClIRISTIAAN HUYGENS.
8 MARS \662.
La lettre se trouve à Leiden, cuil. Huygens.
Chr. Huygens y répondit le 25 mai 1662.
A Paris le 8me Mars 1662.
Monsieur &c.
Jay lhonneur de voir fi fouucnt Monfieur voftre frère quil me femble que vous
ne foyez point abfent & fa prefence me rend en quelque façon parefieux de vous
eferire. Mais comme jl cil pourtant jmpoffible de fe priuer fi longtemps de cette la-
tiffaétion particulièrement quand quelque occafion fen prefente je m'entretiendray
auec vous par ce papier fur la table ') que vous auez cnuoyé delEquation des jours
laquelle montant prefque jufques a 32', Je ne fcay fur quel fondement vous huiez
calculée car vous ne pouuez pas lauoir entièrement faitte fur vos obferuations du
pendule ny ayant pas encores vue année que vous les auez commencées, de lauoir
4) Charles de Bryas, fils du gouverneur du roi d'Espagne a Marienbourg, naquit à Saint Ghislain
en [625 et mourut à Douai le 23 lévrier \6%6. Etant devenu carmélite, il changea son nom
en celui de „('harles de PAssompticn". Il voulut se consacrer aux missions de la l'erse, ce qui
ne lui fut pas accordé. Il enseigna la théologie a Douai ci y devint provincial de son ordre.
s) Douai, où alors il était prieur du couvent.
'j Voir l'Appendice N". 97p.
CORRESPONDANCE. l6Ô2. ~3
aufli prife de celles de Tycho, Kepler, Bouillaud & autres je ny vois pas le rapport
tout entier quand mefmes vous auriez voulu adjoufter lequation dun jour a celle
dvn autre & ainfi de fuitte jufques a la plus grande, de façon que ne (cachant point
le fondement de voftre dite table Je nen puis parler que par foy a ceux qui men
demandent mon auis. Mais Je vous prie de me lexpliquer & me dire fi ceft en partie
par les obferuations du pendule & en partie par le Calcul Géométrique fuiuant les
pofitions de tel ou tel Aftronome que vous l'auez ainiî rédigée , et fi vous entendez
comme quelques vns l'ont penfé en voyant voftre dite table , que le 15. jour par
exemple du prefent Moys foit plus long de 5' 58" que le 10e jour de feurier ou jl
ny a point d'équation, ceft a dire que le foleil employé precifement 24 heures dvn
midy a laùtre; fi cela eftoit ainfi voftre table ne feroit compofee que de la différence
des jours apparens les vns aux autres, adjouftee de jour a jour et ne feroit que pour
lvfage d'une horloge a pendule. Mais pour lauoir ainfi trouué par lexperience jl
faut fuppofer que voftre Pendule foit bien rectifie & que les jnegalitez que vous
trouuez dun midy a l'autre par exemple ne procèdent point de voftre Machine ny
daucune jnegalite de lair ce qui eft bien difficile a prouuer & laiftera toufjours du
doubte jufqua ce que par plufieurs foys , & par diuers pendules , en diuers temps ,
& par diuers obferuateurs, lexperience aye efte bien confirmée. Ce que je ne fuis
pas encores en eftat de pouuoir faire ne pouuant faire cheminer mon grand hor-
loge de 3 pieds. Mais jefpcre que j'en viendray a bout au premier loifir que mon
ouurier aura dy refaire la Roue de Rencontre & la mettre horizontalement pour
ofter le pignon des Palettes & la Roue qui mené la Maniuelle. Cepandant Jatten-
dray vne plus ample explication de voftre dite table.
Pour vos expériences fur le vuide elles me donnent beaucoup de fatiffa&ion
quand Je les voys dans vos lettres a Moniteur voftre frère. Mais comme je croy que
vous en retenez le memoyre & le journal jefpere que vous aurez bien la bonté de
men faire faire vn de ces jours quelque Copie, nous ne pouuons point icy y trauail-
ler faute de verrerie & de curieux, me trouuant feul avec Monfieur Ofo:) & quel-
que peu Monfieur Theuenot qui foyons pour les expériences. Je ne doute point
que vous nayez veu le Hure 3) de Francifcus Linus contre celles de Monfieur
Boyle jmprime a Londres qui ne parle pas comme vn homme bien jntelligent en
cette matière auffi nempefchera til pas comme je croy le cours de vos Obferuations.
J'enuie le bonheur de Monfieur le Marquis Durazzo 4) qui vous doit voir a la
2) Petit désigne ici Adrien Auzout.
3) Consultez la Lettre N°. 884, note 3.
4) L'un des trois fils de Guy Aldonce de Durfort, marquis de Duras, et d'Elisabeth de la
Tour:
a) Jacques Henri de Durfort, duc de Duras, né en 1622 et mort en 1704. Il devint maréchal
de France.
Œuvres. T. IV. 10
74 CORRESPONDANCE. l66l.
Haye au premier jour a ce quil m'a mandé de Londres & Monfieur de Gabian 5) Ton
coufin partilt hyer dicy pour lallcr trouuer en flandres & de la en Hollande. Jl me
mandé quil vous porte le liure de Baliani 6~) de Motu Pendulorum 7) mais Je croy
quil ne vous fera pas nouucau & que ce ne fera quvn tefmoignage de la bonne vo-
lonté de ce noble gentilhomme. Je leur auois promis délire du voyage & fans quel-
ques affaires que jay au Palais Je leur eufle tenu parole mais le ncceïïaire & le
domeftique lemportera fur le plaifir & la curiofité a mon très grand Regret.
Au furplus Je vous diray que Jay fait vne trefexcellente lunette de 16 pieds de
longeur qui fuiuant voltre Calcul approche autant que la voltre de 24 pieds puis
quelle porte fort nettement vn connexe oculaire de 2 pouces de diamètre, celt a
dire quil vnit les Rayons du Soleil a 2 pouces. Mais vous mobligerez bien fort de
Menuoyer la prenne de cela que vous mauez autreffoys promis 8) car je ne voys
point comment vous pouuez conclure cet approchement ou grofliiïement des ob-
jets par cette multiplication des forces de km & lautre des verres Oculaire & Ob-
jectif. Je lattendray donc fil vous plait cepandant que le beautemps viendra pour
mettre en vfage ma dite lunette a voir Venus fi Elle a des montagnes & Saturne &
fa lune fi faire fe peut, mais defpuis trois moys jl fait icy vn temps defefperé & le
plus jnconltant pluuieux & tempellueux que jaye jamais vue. Jl ma renuerfé pour
ma part ma grande Cheminée qui eltoit fur ma galerie et nous ofte tous les moyens
de faire aucunes obferuations.
Je prie Dieu quil vous raffermiffe voltre fante affin que vous puiffiez continuer
les voftres & trauailler pour le public fi vtilement comme vous faites. Ma femme
& ma fille font la mefme prière mais pour vne autre fin & fans autre Confideration
que de voltre propre perfonne comme je fais auffi. Elles vous faluent de toute leur
affection & vous alïeurent de leur feruice comme moy qui feray éternellement
Monsieur
Voltre trel"humble et très obeiffimt feruitcur
P. Petit.
/;) Guy Alphonse de Dnrfort-Duras, Duc de Lorges, né en 1628 et mort en 1702. Il devint
maréchal aussi,
c) Louis de Durfort-Duras, comte de Feversham, né en 1641 et mort le 8 avril 1709. 11
passa en Angleterre au service de Charles 1er et devint vice-roi d'Irlande. C'est proba-
blement de lui qu'il s'agit dans la lettre de Petit.
5) Gabian Durfort-Duras était le fils du premier fils de Guy Aldoncc de Durfort, nommé dans
la note 4.
'• ) Giovanni Battista Baliani naquit à Gènes en 1 586 et y mourut en 1666. Il était gentilhomme
et fut nommé commandant de la forteresse Savona.
" ) Petit désigne probablement l'ouvrage:
De motu naturali folidoruni et liquidorum. A 11 1. G. B. Baliani, Genuae, ex Typographia
Jo: Marine l'arroni , Nicolai Pefagnij & Pétri Francifci Barberij , Soc. MDCXLVI. in-40.
Cet ouvrage est écrit contre le système de Galilei.
8) Nous ne possédons pas la lettre de Chr. I luygens où il donna celte promesse à P. Petit.
CORRESPONDANCE. \66l. 75
Joublyois a vous remercyer des vos armes du Prince d'Orange & a vous dire que
Jay donné a Monfieur voftre père vne lettre 8) de Monfieur Fermât touchant la
refra&ion pour vous enuoyer. Je ne fcay pas comment vous en ferez fatiffait mais
Jy defirerois encores quelque choie et cette analyfe ne me contente pas ny la Con-
itruftion dvn triangle de temps & de lignes comparez parapres les vns auec les
autres, il vous men dites voftre aduis cela mobligera a vous en mander le mien car
je ne icaurois trauailler que forcé.
A Monfieur
Monfieur Huggens Seigneur de Zulichem
. A la Haye.
N= 990.
P. de Fermât à [M. Cuzeau de la Chambre")].
[1 janvier] 1662.
Appendice I au N°. 989 ').
Vne copie se trouve il Leiden, coll. llttygens.
La lettre a été publiée par Clerselier dans les ^Lettres de Monsieur des Cartes."
A Toulon de l'an, 1662.
Monsieur
Il eft julle de vous obéir & de terminer en fin par voilre entremife le vieux de-
meilé qui a efté depuis fi long temps entre Monfieur Des Cartes & moy fur le
fuject de la réfraction et peuteftre feray je aifez heureux pour vous propofer une
paix que vous trouverez auantageufe à tous les deux partis.
Je vous ay dit autrefois dans ma première Lettre que Monfieur Des Cartes n'a
jamais demonftré fon principe; car qu'outre que les comparai fons ne feruent guère
à fonder des demonftrations il employé la fienne a contrefens et fuppofe mefmc que
le paiTàge de la lumière eft plus ayfé par les corps durs que par les rares, ce qui
eft apparemment faux. Je ne vous dis rien du défaut de la demonftration en elle-
8) Voir l'Appendice N°. 990.
') De ces trois Appendices Nos. 990, 991 , 992, la copie qui se trouve à Leiden n'est pas de la
main de Lodewijk Huygens, comme il suivrait de la Lettre N°. 988, mais de celle de de Car-
cavy, qui a sauté quelques mots; dans notre texte nous avons suivi la copie de la Bibliothèque
Nationale à Paris, qui est plus exacte que celle de Leiden.
76
CORRESPONDANCE. \66l.
mefme, quand bien la comparaifon dont il le fert feroit bonne et admiflîble en celle
matière , pour ce que j'ay traitté tout cela bien au long dans mes lettres 2) à Mon-
fieur Des Cartes pendant la uie , ou dans celles que j'ay efcrit à Moniteur Clair-
lillier ■') depuis fa mort. J'adjouftc feulement qu'ayant veu le mefme principe de
Moniteur Des Cartes dans plufieurs autheurs qui ont efcrit après luy, leurs de-
monilrations non plus ne me paraiflènt point recevables et ne méritent point de
porter ce nom. Herigone 4) fe fert pour le dcmonftrer des equiponderans et de la
rai ion des poids fur les plans inclinez, le Pcrc Maignan s) y veut parvenir d'une
autre manière; mais il ell ayfé de voir qu'ils ne demonftrent ni l'un ni l'autre,
et qu'après auoir leu et examiné auec foin leur demonilrations , nous fommes auffi
incertain de la vérité des principes qu'après auoir leu Moniteur Des Cartes.
Pour fortir de cet embaras et tafchèr de découvrir la véritable raifon de la ré-
fraction je vous indiquay dans ma lettre que fi nous voulions employer dans celte
recherche ce principe fi commun & fi eilably que la nature agit touljours par les
voyes les plus courtes, nous pourrions y trouver facilement noitre compte, mais
parce que vous doutantes d'abord que la nature en conduifant la lumière par
les deux collez d'un triangle puiffe jamais agir par une voye auffi courte que fi
elle la conduifoit par la bafe ou par la fouilendante , Je m'en vay vous faire voir
le contraire de voilre fentiment ou plulloil de vofrre doutte par un exemple aile.
Soit en la figure à part, le cercle ACBG, duquel le diamètre foit AOB, le centre
O, et un autre diamètre COG. des points C.
& G. foyent tirez les perpendiculaires fur le
premier diamètre GH. DC. Suppofons que le
premier diamètre AOB fepare deux milieux
differens, dont l'un qui ell celuy de deflbubs
AGB, foit le plus dénie et celuy de defliis ACB
foit le plus rare , en telle forte par exemple que
le paflàge par le plus rare foit plus ayfé que
par le plus denfe en rai Ion double. Il fuit de
cette fuppofition que le temps qu'employé le
mobile ou la lumière de C en O cil moindre
que celuy qui les conduit de O en G. Et que
le temps du mouvement de C en O. qui fe fait dans le milieu le plus rare , n'cll
que la moitié du temps du mouvement de O en G. Et par confequent la inclure
2) Voir dans les ^Lettres de Monsieur des Cartes," Tome III , 1 66- , les lettres Nos, 37 a 55. La
lettre du texte est la 51111e de cette collection.
r) Il s'agit de ('lande ( 'lerselier. Voir la Lettre N°. 732, note 22.
onsultez l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 1 39, note 4.
5) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 498 , note 8.
CORRESPONDANCE. 1662. . yj
du mouvement entier par les deux droittes CO & OG. peut élire reprefentee par
la fomme de la moitié de CO et de la totale OG. de mefmc fi vous prenez un autre
point comme F. le temps du mouuement par les deux droittes CF et FG. peut
élire reprefenté par la fomme de la moitié de CF et de la totale FG. Suppofons
maintenant que le rayon CO. foit 10. et par confequent le diamètre total COG.
fera 20. que la droitte HO. foit 8. la droitte OD. foit auffi 8. et qu'enfin la droitte
OF. ne foit que 1. Je dis qu'en ce cas le mouvement qui fe fait par la droitte COG.
fe fera en un temps plus long que celuy qui fe fait par les deux collez du triangle
CF. FG. Car fi nous prouvons que la moitié de CO. jointe a la totale OG. con-
tient plus que la moitié de CF. jointe à la totalle FG. la conclufion fera manifefle
puifque ces deux fommes font jullement la mefure de ces deux mouvemens, or
la fomme de la moitié de CO. et de la totale OG. fait jullement 15. Et il eft évi-
dent par la conflruftion que la droitte CF. eft efgalle à la racine quarrée de 117.
Et que la droitte FG. efl efgalle à la racine quarree de 85. Mais la moitié de la pre-
mière racine jointe à la féconde fait moins que ---• et ^ font encore moindres
4 4
que 1 5. donc la fomme de la moitié de CF. et de la totalle FG, efl moindre que la
fomme de la moitié de CO. et de la totale OG. et partant le mouvement par les
deux droittes CF. FG. fe fait en moins de temps que par la bafe ou fouflen-
dante COG.
Je fuis venu jufques la fans beaucoup de peine mais il a fallu porter la recherche
plus loin, et parce que pour fatiffaire à mon principe il ne fuffit pas d'auoir trouvé
un point comme F. par ou le mouvement naturel fe fait plus ville, plus aifement
et en moins de temps que par la droitte COG. mais il faut encor trouver le
point qui fait la conduite en moins de temps que quelqu'autre que ce foit pris des
deux collez, il m'a elle necefïaire auoir recours en celle occafion à ma méthode de
maximis et minimis tf) qui expédie cefle forte de queflions auec affez de fuccez.
Des que j'ay voulu entreprendre celle analyfc j'ay eu deux obftacles à fur-
monter, le premier que bien que je fuffe affeuré de la vérité de mon principe,
et qu'il n'y ayt rien de fi probable ni de fi apparent que celte fnppofition , que la
nature agift toufiours par les moyens les plus ayfez, c'eft à dire ou par les lignes
les plus courtes lors qu'elles n'emportent pas plus de temps , ou en tout cas par
le temps le plus court afin d'accourcir fon trauail & de venir plaftoft à bout de fon
opération (ce que le précèdent calcul confirme dautant plus qu'il paroift que la
lumière a plus de difficulté à traverfer les milieux denfes que les rares puifque vous
voyez que la refraétion vife vers la perpendiculaire dans mon exemple ainfi que
l'expérience le confirme, ce qui pourtant efl contraire a la fuppofitionde Monfieur
Des Cartes;) neantmoins j'ay elle adverty de tous coflez et principalement par
rt) Voir dans la collection (décrite dans la Lettre N°. 22 1 , note 1) le mémoire :
Methodus ad difquirendam maximam & inhumain.
78 . CORRESPONDANCE. \66l.
Monfieur Petit que i'eftime infiniment, que les expériences s'accordent exacte-
ment auec la proportion que Monfieur Des Cartes a donné aux réfractions et que
bien que fa demonftration foit fautive il eft à craindre que je tenteray inutile-
ment d'introduire une proportion différente de la fienne et que les expériences
qui fe feront après que j'auray publié mon invention la pourront détruire fur
l'heure. Le fécond obftacle qui s'eft oppofé a ma recherche a elle la longueur et
la difficulté du calcul , qui dans la refolution du problème dont je vous parlay dans
ma lettre, et que je vous temoignois n'ertre pas des plus ayfez, prefente d'abord
4 lignes par leur racine quarrées et engage par confequent en des afymmetrics qui
aboutifïent à une trefgrande longueur.
Je me fuis défait du premier obftacle par la connoiffance que j'ay qu'il y a in-
finies propofitions différentes de la véritable qui approche d'elle fi infcnfible-
ment qu' elles peuuent tromper les plus habiles et les plus exactes obfervateurs.
Ainli n'y ayant que le fécond obftacle à vaincre, je m'eftois refolu très fouvent
d'employer la bien-aymée Géométrie (C'eft ainli que Plutarque l'appelle) pour
nous fatiffaire et pour me fatiffaire moy-mefme; mais l'apprehenfion de trouver
après une longue et pénible opération quelque proportion irreguliere et fantafque
et la pente naturelle que j'ay vers la parefîe ont laiffé la chofe en cet eftat jufqu'h
la dernière femonce que Monfieur le Prcfident de Miremont vient de me faire de
voftr'e part, que je prens pour une loy plus forte que ni mon apprehenfion ni ma
pareil é, fi bien que je me fuis refolu de vous obeïr fans autre retardement.
J'ay donc procédé fans remife en vertu de l'obédience, comme parlent les moi-
nes, a l'exécution de vos ordres; et j'ay fait l'entière analyfe en forme dans la quelle
le defir paffioné que j'ay eu pour vous fatiffaire m'a infpiré une route qui a abrégé
la moitié de mon travail , et qui a réduit les quatre afijmmetries que i'avois eu en
veue la première fois à deux feulement , ce qui m'a notablement foulage.
Mais le prix de mon travail a elle le plus extraordinaire, le plus impreveu et
le plus heureux qui fut jamais, car après avoir couru par toutes les équations, mul-
tiplications, antithefes et autres opérations de ma méthode, et avoir enfin conclu
le problème que vous verrez dans un feuillet feparé :), j'ay trouvé que mon prin-
cipe donnoit juftement ôkprecifement la mefine proportion de réfraction que Mon-
fieur Descartes à eftablie.
J'ay efté fi furpris d'un événement fi peu attendu, que j'ay peine à revenir de
mon eftonnement; j'ay réitéré mes opérations Algébriques diverfes fois et ton f-
jours le fucces a efté le mefme, quoy que ma demonftration fuppofeque le paflage
de la lumière par les corps den l'es l'oit plus malayfé que par les rares ce que voy
tref-vray et indifputable, et que neantmoins Monfieur Des Cartes fuppofe le con-
traire.
7) Consultez l'Appendice N . 99s
CORRESPONDANCE. \66l. 79
Que devons nous conclure de tout cecy? ne fuffira-il pas, Monfieur, aux Amis
de Monfieur Des Cartes que je luy laifle la poffeffion libre de Ton théorème?
N'aura-t'il pas affez de gloire d'auoir connu les démarches de la nature dans la
première veuë et fans l'ayde de la demonflration ? Je luy cède donc la victoire et
le champ de bataille, et je me contente que Monfieur Clairfiller me laifTe entrer
du moins en la focieté de la preuve de celle vérité fi importante, & qui doibt pro-
duire des confequences fi admirables.
J'adjoufle raefme en faveur de fon amy qu'il femble que celte grande vérité
naturelle n'a pas ofé tenir devant ce grand génie, & qu'elle s'eil rendue & dé-
couverte à luy fans s'y laiiTer forcer par la demonftration , à l'exemple de ces
places qui quoy que bonnes d'ailleurs et de difficile prife ne biffent pas fur la feule
réputation de celuy qui les attaque , de fe rendre fans attendre le canon.
Je vous annonce donc , Monfieur, j'annonce à Monfieur Clairfiller et à tous les
amis de Monfieur Des Cartes qu'il ne tiendra plus a l'incrédulité des Géomètres
qu'on ne doiue attendre les merueilles que Monfieur Des Cartes a fait efpercr auec
raifon de fes lunettes elliptiques et hyperboliques, pourveu qu'on puifie trouver
des ouvriers affez habiles pour les faire et pour les adjufler.
Il refteroit encore vue petite difficulté que la comparaifon de Monfieur Des
Cartes feulle produit, c'cll qu'il ne paroifl pas encore pourquoy la balle qui
eft pouffee dans l'eau n'approche pas de la perpendiculaire, ainfi que la lumière,
mais outre qu'on pourroit foubçonner que la reflexion fe méfie dans cet exemple
à la réfraction et que la figure ou la granité peuuent contribuer à la différence de
ce mouuemcnt, je n'ay garde d'entrer dans une matière purement Phyfique. Ce
feroit entreprendre fur vous , Monfieur , qui en elles le Maiilre & faire irruption
dans voflre domaine. Je finis donc, après vous auoir déclaré que je confens fi
vous le trouvez à propos , que l'accommodement entre les Cartefiens & moy foit
publié dans les Académies, et après vous auoir conjuré de recevoir au moins
l'effet de ma prompte obeifTance pour une preuve certaine et plus que demon-
flrative auec laquelle ie fuis ,
Monsieur ,
Voftre tref-humble & tref-obeiffant ferviteur
Fermât.
7) Rf> de mon frere Louis, qui l'avoit de Monfieur Petit s) a qui elle efl eferite
par Monfieur de Fermât. [Chr. Huygcns.]
8) Chr. lluygens ignorait que cette lettre ne fut pas adressée directement à P. Petit.
8o CORRESPONDANCE. \66l.
W 991.
P. de Fermât à [M. Cuzeau de la Chambre].
[janvier 1662.]
Appendice II au No. 989.
La copie se trouve à Laden , coll. Huygens.
Si vous perfiftez toufiours à n'accorder pas un mouvement fucceffif à la lu-
mière et à fouftenir qu'il fe fait en un inftant, vous n'auez qu'à comparer ou la fa-
cilité, ou la fuitte et refiftance ') plus ou moins grandes en différents milieux , et
ce en une proportion diuerfe, à mefure que les milieux différent d'auantage, elles
pourront élire confiderées en une raifon certaine et par confequent tomber dans
le calcul aufTi bien que le temps du mouvement, et ma demonltration y fervira
toufiours d'une me fine manière.
Je n'ay pas eftendu mon opération toute entière et il n'a pas elfe neceflaire
puifque ma méthode cft imprimée fort au long dans le 6me tome du cours mathéma-
tique d'Herigone :), et que j'en ay affez dit pour élire entendu; fi vous m'ordon-
nez de parcourir tous les deftours de l'analyfe en forme , je le feray ; et je n'auray
pas mcfme beaucoup de peine à faire la demonltration par compofition, c'efta
dire en parlant le langage d'Euclide.
') Consultez l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 1 39, note 4.
2) Dans la copie de I'. tic Carcavy, celle de la Bibliothèque de Lcidcn, se trouvent encore
les mots:
Plus ou mains grande \\ mefure que les milieux changent par cette facilité ou
cette refiftance.
CORRESPONDANCE. \66l.
N= 992.
P. de Fermât à [M. Cuzeau de la Chambre].
[janvier 1662].
Appendice III au No. 989.
La copie se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Analyfis ad refraéHones.
Efto circulus ACBI, cujus diameter ADEB ') feparet duo média diuerfae natu-
rae quorum rarius fit ex parte ACB, denfius ex
parte AIB. Ponatur centrum circuli punétum
D, in quod incidat radius CD , à punéto dato.
Qnaeritur radius diaclafticus DI , hoc eft punc-
tnm I , ad quod vergit radius retraduis.
Ducantur ad diametrum perpendiculares
reétae CF , IH. Cum datum fit punétum C et
diameter AB, nec non et centrum D, datur pa-
riter punétum F , et reéta FD. Sit ratio medio-
rura fine ratio refiftentiae medij denfioris , ad
refiftentiam medij rarioris , ut reéta data DF,
ad datam extrinfecus reétam M, quae qui-
dem minor erit reéta DF , cum refiflentia
medij rarioris fit minor refiftentiâ medij den-
fioris ex axiomate plufquam naturali.
Menfurandi igitur veniunt motus qui fiunt per reétas CD et DI, beneficio
reclarum M et DF. hoc eft motus qui fit per duas reclas repracfentatur compa-
ratiue per fummam duorum recliangulorum , quorum unum fit fub CD et reétâ
71/, et alterum fub reéta DI et rectâ DF. Eo itaque deducitur quaertio, ut ita fece-
tur diameter AB in punclo H, ut ducla ab eo perpendiculari HI, et junfta DI ,
fumma duorum reélangulorum fub CD et M, et fub DI et DF contineat mini-
mum fpatium. Quod ut fecundum noftram methodum quae jam apud Geome-
tras invaluit et ab Herigono in curfu fuo mathematico ante annos plus minus
viginti relata eft, inveftigemus, Radius CD datus vocetur iV; radius DI erit
item iV, recl:a DF vocetur Z>, et ponatur reéta DH efîe A, oportet igitur
N. M+ NB efie minimam quantitatem. Intelligatur quaeuis refta DO, ad libitum
fumpta efTe aequalis ignotac E, & jungantur reétae CO, 01. Quadratum reétae
CO, in terminis analyticis erit N2 ■+- E" — 1 BE. Quadratum vero reétae 10
M
') Lisez: ADFB.
Œuvres. T. IV.
1 1
82 CORRESPONDANCE. \66l.
cric N2 + E2 + i AE. Ergo reétangulum fub CO in M, cric in ijfdem tcrminis
radix quadrata M2 N2 -+- M2 E2 — i M2 BE. Reétangulum vero fub 10 in J3,
crie Radix Quadrata B2 N2 -+- B2 E2 + i B2 AE. Haec duo rectangula debent
ex praeceptis artis adaequari duobus rectangulis MN et BN. Ducantur omnia
quadraticè uc collatur afymmetria :), deinde ablatis communibus et cermino afym-
metro ex unâ parte collocato, fier, novns duétus quadraticus.Quo peraéto etdemptis
communibus et reliquis per E diviiis , ac tandem elifis homogeneis , ab E affectis
iuxta praccepta methodi quae dudum omnibus innotuit, et fado parabolifmo,
fit tandem fîmpliciffima aequatio inter A et M. Hoc cil a primo ad ultimum;
et ruptis omnibus afymmetriarum obicibus, reéto. DH, in figura, fit acqualis
reftae M. Undc patet punclum diaclafticum ita inveniri. fi duétis réélis CD et CF
liât ut refiftentia medij denfioris ad refiftentiam medij rarioris, iive ut B ad /If, ita
reéta FD ad reelam DU, et à puncto H excitetur recta III, ad diametrum perpen-
dicularis et circulo occurrens in puncto I, quo refraétio verget; idcoque radius à
medio raro ad denfum pertingens frangetur verfus perpendicularem. Quod con-
gruit omnino et generalitcr invento et Theoremati Cartefiano , cujus accuratiffi-
mam demonnVationem à principio noftro deriuatam exhibet fuperior analyfis.
Ns 99?,.
R. MoRAV h ClIRISTIAAN HUYGENS.
13 MARS 1662.
La lettre se trouve h Laden, coll. Huygens.
Eli 1 u la réponse au No. 963.
A Whitehall ce 3. Mars 1662.
Monsieur
Vous aurez peut cftre de la peine à croire, que tout un mois durant , Je n'ay
pas eu la commodité de vous eferire, n'ayant point de charge ny d'employ pour
m'en empefeher. |1 cil pourtant vray. mais ce (croit trop perdre du temps que VOUS"
en déduire mes iultifications en détail. Je vous diray donc feulement en gros que
. De Fermai a en vue la réduction en Forme rationnelle.
CORRESPONDANCE. 1662. 83
depuis le matin iufques à Minuit, Je ne me vois guère feul. Et fi d'aduenture Je
trouue un moment le iour de loifir alors il me manque ou quelque chofe que Je
doibs auoir deuant que de me mettre a efcrire , (comme des papiers que J'attends
dun cofté ou d'autre) ou bien ayant prefté vos lettres on ne me les a pas rendues
lors que J'en ay befoin, pour y faire refponfe. Mais maintenant Je me fuis auifé de
commencer h vous efcrire 4. Jours deuant que lordinaire parte, afin de pouuoir,
d'une façon ou d'autre, dérober tantoft un moment, tantoft un autre, pour ne
point manquer à vous dire quelque chofe fur chaque point de chacune de vos let-
tres, ayant en mon pouuoir h prefent les papiers que Je faifois eftat de vous enuoycr.
Mais quand Je regarde vos lettres Je trouue que J'en ay 5. deuant moy pour lef-
quelles vous deuez attendre un volume entier, pour le moins. Celle qui m'a efté ren-
due la première eft datée le 3. de Feurier *). les autres du 1 o 2) du 1 7-3) et du 24. 4)
Et la dernière 5) qui m'a efté rendue ce matin par Monfieur Southwell , eft du
4. Janvier. Je fais eftat de les parcourir toutes, félon leur dates, feulement Je laifle-
ray celle du 4. Januier la dernière. Vous iugerez par cette préface que Je ne
m'épargne pas en vous efcriuant , puifque Je dis li peu de chofe en une grande
page, et vous trouuerez auffi que Je ne crains pas que vous vous plaigniez de la
longueur, non plus que du peu de diuertiflement que vous receliez en la leéture de
ma lettre.
J'eftois en peine de Monfieur Harel 6) iufqu'a ce que je fçeu qu'il vous a rendu
cette autre Copie du Chymifte Sceptique '•'). Mais en lifant voftrc lettre Je me fuis
refiouy d'y apprendre que vous vous eftiez remis d'une indifpofition qui vous auoit
tenu fi longtemps. J'ay fait voir a Monfieur Wren ce que vous dites du plaiiïr que
vous euftes en lifant fon Syftemc s) que Je vous auois enuoyé fans le confuher. Jl
croyoit vous en auoir dit aflez lors que vous eftiez icy. Mais vous auez bien veu
la raifon pourquoy il ne fe faifoit pas fefte de vous en difeourir amplement, par la
lettre 9) quil efcriuit à Monfieur Neile. Je vous enuoye icy un billet I0) que m'a
eferit Monfieur Boile, par lequel vous verrez que nous auons bien parlé de cette
expérience fi furprenante et jollie, dont vous dites n'auoir point encore trouue
de raifon qui vous fatiftafTe. Vous y verrez qu'il ne fe halle pas, non plus que vous ,
') Voir la Lettre N°. 963.
:) Voir la Lettre N°. 9-6.
■■>) Voir la Lettre N°. 981.
•H Voir la Lettre N°. 984.
5) Voir la Lettre N°. 953.
rt) Sur Arel, consultez la Lettre N°. 935.
") Consultez la Lettre N°. 932.
8) Consultez la Lettre N°. 934.
y) Voir l'Appendice N°. 933.
IO) Cette lettre de R. Boyle à R. Moray manque dans nos collections.
o'4 CORRESPONDANCE. l66'2.
a en déterminer la caufe iufqu'a ce qu'il en i'affe des nouueaux experiments. Jl
s'arrefte premièrement a la matière du fait, la précaution qu'il confeille, pour
fçauoir, fi l'Air cil cftendu à un mefme degré, en différentes opérations, ert eon-
(iderable, et il femble eftre à propos de l'obfcruer, ou par les moyens qu'il propofc,
ou par d'autres qui ne vous feront point dificiles a inuenter, ainfi il n'y reftcra plus
de fcrupule pource qui eft du fait. Je ferois aile pourtant que vous fiffiez cet ex-
perimcnt dans les Tubes plus longs. Toiuelfois quant à moy J'ay grande enuie
de croire que cette expérience reuffira touiiours de mefme , et ainfi, que celle dont
vous nous informez a efté deuement faite, feulement fi l'Air n'eft point bien
tiré de l'eau au préalable , il y peut arriuer ce que vous auez marqué de l'afcentc
de quelque petites bullules, principalement fi l'air n'eft point tiré auffi bien de
cette eau dans laquelle le bout d'embas du Tube eft mife, comme de celle qui eil
dans le Tube, a laquelle l'autre peut, ce me femble, communiquer quelque petite
particule de l'air qu'elle contient. Mais quelque enuie que J'aye de me laiffer aller
à quelque conieéture de la raifon de ce phénomène fans attendre d'autres expé-
riences, jugeant les voftres fuffifantes, Je veux pourtant m'en empefcher auffi bien
que vous autres, iufques a ce que vous ou luy en ayiez fait d'autres, au relie vous
nous auez preuenu en faifant cet experiment. nous y auions penfé il y a quelque
temps et depuis la receipte de voftre lettre, nous en auons chargé IJ) Monfieur
Goddard i:) et Monfieur Rook I3). Mais noftre Machine eftant moins adiuftée que
la voftre on n'y a rien fait encore qui vaille. Je ne crois pas qu'il foit neceffaire
de vous prier de continuer à examiner cette chofe au fonds, pendant que noftre
Machine n'eft pas en eftat : mais Je vous recommanderay la répétition de cette
mefme expérience dans d'autres liqueurs que de l'eau : comme du laict, de l'eau
de vie, l'efprit de vitriol, et autres eaux et cfprits diftillez, huile de Tartre, & au-
tres huiles : mefme dans du mercure : duquel s'il le peut tirer de l'air par le mefme
moyen que vous le tirez de l'eau , peut eftre trouuerez vous auffi de la différence
dans fa defeente, auffi bien que dans celle de l'eau. Mais en tout cas pendant que
vous faites ces expériences, longez toufiours au moyen d'eftre afïèuré que le degré
de l'atténuation ou extcnfion de l'air dans le vaiffeau , foit égal. Jl me vient main-
tenant en la penfee de vous informer d'une expérience faite par Monfieur Boile,
et d'autres, dont il ne me fouuient pas vous auoir parlé auparauant. C'eft que pren-
nant un Tube de verre de la figure icy deferitte dont le bout d'enbas foit feelé her-
' le qui a eu lieu probablement dans la séance du 20 lévrier 1662.
Jonathan Goddard naquit vers 162- à Greenwich et mourut le 24 mars [674 à Londres.
Après avoir l'ait ses études de médecine a Cambridge et. a < )xford , il devint , sous le règne de
Cromwell, principal de Morton's Collège, et conseiller d'Etat; il fut destitué par Char-
les II. Il était membre de la Société Royale.
'3) Sur Lawrence Rooke, voir la Lettre N°. 933, note 4.
CORRESPONDANCE. 1662.
metiqnement , verfez y au commencement du ^ , allez , pour em-
plir l'endroit qui eft courbé, en forte que fans comprimer l'air
qui eft dans le bout feelé , il n'ait plus de communication auec ce-
luy de l'autre cofté. puis en y verfant du ^ autant qu'il en de-
meure dans le Tube lorsqu'on fait l'experiment de Torricellius,
vous y verrez monter l'air, iufqu'a la moitié du petit bout, en y ver-
fant puis après, la mefme quantité de Q lair montera à la moitié
de l'efpace qui refta, et ainfi de fuitte s'obferue toufiours la mefme
proportion a l'infini. Jl en eft aufïï de mefme de l'extenfion de
l'air, defchargez de l'air, qui eft enfermé dans un Tuyau, (mais
demeurant dans fa conftitution ordinaire) de la compreflion de
l'air du dehors, et il s'eftendra de la mefme façon. Je crois que
vous comprendrez aviez bien par cette courte defcription que cecy
en veut à l' Atmofphere , mais comme que cen foit J'ay trop de
befogne de refte, pour m'y arrefter plus long temps, touteffois
pour fuppleer a ce défaut , Je vous en enuoyeray fi vous voulez la
table qui contient toutes les particularitez des expériences et ob-
feruations qu'en a fait Monfieur Boile.
Tout ce que J'ay a vous dire d'auantage fur la voftre du 3.
Feuvrier eft, que Monfieur Neile eft bien fatiffait, comme auflî
tous nous autres, que Monfieur Heuelius va mettre au iour ces
deux traittez M). Je m'en vay maintenant à la féconde. Mais en regardant ma
monftre Je trouue qu'il eft défia fi tard que Je n'auray peut eftre pas 5. heures
pour me repofer; eftant demain un iour de Nauigation en laquelle il faut accom-
pagner Sa Maierté, de forte qu'il faut remettre cette tafche à une autre fois.
N*- 994.
II. Moray à Christiaan Huygens.
14 MARS [1662].
La lettre se trouve à Leidcn, coll. Huygens.
Elle est la réponse aux Nos. 976 et 981.
Ce 4 Mars.
Me voylà derechef la plume a la main , pour quelque moments. Jl n'eft pas ne-
cefTairc que Je m'engage dans ce qui touche la demonftration de la Cycloidc. Je le
I4) Hevelius publia dans son „Mercurius in Sole visus" le traité de Horrox „Venus in Sole
visa'1. Consultez les Lettres Nos. 872 et 885.
86 CORRESPONDANCE. 1662.
laifTe entièrement à My Lord Brunker et vous à defmeflcr entre vous. Seulement
J'obferue que vous dites , que vous auez demonftré , Qu'en diuifant également le
Diamètre intercepté OH. s) en N, et menant l'ordonnée NM , les temps par XM ,
et MH, feront égaux, i ans pourtant nous en communiquer la demonftration. ce qui
me fait penfer que voftre Hure qui trairte du mouuement &c. eft foubs la prefïe.
Mais s'il ne l'eft point encore, depefehez le Je vous prie, afinque les gens Curieux
en puifTe auoir la fatiffaétion qu'ils attendent de vous en un fi beau fuiett. Cepen-
dant vous auez icy le papier 2) que My Lord Brunker vous enuoye , que Je n'ay
point encore eu le temps de confiderer. Je trouue que vous auez défia cflayé ii le
<J. peut demeurer fufpendu dans le Tube comme l'eau fans fuccez. Mais il ne fem-
ble pas que vous foyez aftèuré en auoir efpuifé l'air qu'il y peut auoir, deuant que
le mettre dans le Tube, ce qu'il femble pouuoir eftre fçeu , li vous couurez le ^ de
l'eau dont l'air aura efté tiré, alors s'il en forte du corps du ^. il y a apparence que
vous le verrez monter a trauers l'eau, mais quand cela fera fait, et que vous ayiez
tiré de l'air du ^ , Je m'imagine que cela ne feruira pas de beaucoup, parce que
en verfant le ^ dans le Tube pour en faire l'cxperiment la comminution ou fepa-
ration de fes parties qui arriue ordinairement quand on le verfe d'un vaifTeau en
un autre donne lieu a quelque nouuelles particules d'air pour s'y fourrer. Voyez
ii cecy vaille la peine d'eftre confideré.
Pour ce qui eft de la Mcfure Vninerfelle, la méthode propofee par My Lord
Brunker me femble allez facile. Jl eft vray que la proportion de la longueur du
pendule au diamètre de la Balle d'Argent, peut eftrc autre que celle qu'il auoif^
choifie au commencement , 6: partant il l'a depuis changée , a 50 pour un , comme
citant plus commode que l'autre. Car prennant au Commencement une Balle dont
le diamètre eft plus petit que le poulce d'un homme, et l'attachant au un fil de
foye de la longueur qu'il faut pour faire chaque vibration d'une féconde, la 50111e
partie de la longueur de ce pendule là, fera à peu près ce qu'on demande : Et s'il
faut repeter encore une fois ou peut eftre d'auantage, ce trauail, ce n'eft pas
grande choie, puifque la fatiffaction qu'on en tire , vaut bien la peine. Au refte les
expériences que vous auez faites, desquelles vous concluez qu'il n'importe pas
de quelle matière la balle foit faite, ny de quelle grandeur pourueu qu'elle n'excède
point la 6'nc partie de la longueur du pendule, ont efté faites dans des pendules dont
les vibrations n'ertoyent que de demie féconde, il eft vray que dans ceuxlà la dife-
rence eft fi petite quelle n'eft pas fi facile à obfcruer comme dans des plus longs,
au lieu que ii vous voulez prendre la peine d'examiner s'il y en a dans les pendu-
les d'une féconde entière comme nous auons fait , vous trouuerez que non feule-
ment les diferentes matières mais aufli la diferente grandeur des Balles de mefme
matière requièrent des longueurs dont les diferences font coniiderables. Et qu'il
') Consulrcz la ligure vis-à-vis tic la page 28t
=) Voir l'Appendice N°. yy.s-
CORRESPONDANCE. \66l. 87
en doibt eftre ainfi vous n'auez qu'a faire refleétion fur vos propres principes tou-
chant la viftefTe de la defcente des corps de diferente matière dont nous nous fom-
mes défia entretenus , dans nos précédentes 3). Mais auec tout cecy , il refte encore
une autre difficulté qui eft plus infuperable que les autres : c'eft le moyen de trou-
uer la longueur precife de la durée d'une féconde, il eft vray qu'un Horologe par-
faitement bien adiufté comme le voftre, et comme le mien eft à prefent, y fera
merueilles. Mais ne les ayant pas, Je crois que le expédient le plus feur, fera
d'obferuer l'application de deux Eftoiles proche la ligne aequinoéïiallc , et d'une
dirtance connue à un méridien par le moyen de deux perpendiculaires de fil. Si les
Eftoiles ne font diftantes que 7. ou 8. degrez , l'ofcillation d'un pendule de la lon-
gueur requife pour une féconde durera afTez long temps pour la mefurer quoy que
les premières excurfions ne foyent que de 5. ou 6. degrez de chaque cofté du per-
pendiculaire. Et fi le pendule cil une fois fi bien adiufté qu'il ne manque qu'une
féconde en demy heure la diference eft fi inconfiderable qu'il n'eft pas necefîaire
de ladiufter d'auantage. Je ne me ferois pas fi long temps arrefté fur un fuiet que
vous feauez bien mieux que moy n'eftoit que me trouuant une fois en train il m'a
elté plus facile de continuer prefque que de l'interrompre.
Maintenant Je prends voftre troifiefme lettre en main , ou Je trouue d'abord, ce
qui me confole en ce qui touche la faculté que J'ay, d'oublier quelques fois de
mettre dans mes lettres des chofes , que J'ay intention d'y mettre , et choies fem-
blables. mais dans voftre quatriefme vous recompen fez abondamment ce qui man-
quoit dans ceftecy , en m'enuoyant les diuifions du pendule que J'attendois , dont
Je remets mes reflétions a lsur propre lieu. Je vous fais à cette heure réparation
auffi de la faute que J'auois faite, en vous enuoyant les copies4) des autres papiers
de Monfieur Frenicle dont Je vous auois parlé, il n'eft pas befoin que Je vous en-
tretienne dauantage fur ce qu'ils contiennent. Je vous diray feulement qu'on a
enuoyé a Monfieur le Doftor Wallis la Copie de ce problème, et vous fçaurez ce
qu'il en dit.
Quant a l'experiment du Cannon 5), tout ce qui touche la matière du fait eft vray.
Le Roy 6k la Cour l'ont veu auffi bien que nous autres, fi vous iugez après auoir
bien confideré la raifori qu'en donne
l Ç^cr~ ' ♦ Milord Brunker faites nous feauoir la
" ° faute que vous y trouuez. remarque/:
bien ce qu'il dit de l'experiment du Cannon dont la bouche fut coupée en biais
comme cette ligure lequel tournant a main droitte rendit la balle de l'autre cofté du
Noir, et vous ne doubterez plus du refte. icy il faut coupper pour auiourd'huy.
3) Consultez les Lettres Nos. 886, 887, 902 , 964 et 968.
4) On voit par le post-scriptnm de la Lettre N°. 997 que Moray n'a pas envoyé ces pièces,
savoir les Nos. ç6g, 970 et 972 , avec cette lettre. Consultez la Lettre N°. 98 1 , note 2.
s) Consultez la Lettre N°. 889.
88
CORRESPONDANCE. 1662.
N° 995.
W. Brouncker à Christiaan Huygens.
[1662].
Appendice au No. 994.
La pièce se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse à la Lettre No. 976.
That a Bullet let fall from any two points aflign'd in the Curue HC. :) defcends
thercon to H in the famé fpace of time j f hall prefently demonftrate. But firft j afke
that it be granted to me That the encreafe of the velocity of the famé body 2) is al-
wayes in proportion to the power of the vveight. As for inilance , that (becaufe
the power of the weight is in proportion to the perpendicular altitude of the incli-
nation of the plaine, as in Steuin Hure i. de la flanque 3) propofition 19. corol-
laire 2.) AB and DE being the famé length, and EF to BC as 1. to a. The
encreafe of the velocity of a Bullet in
defcending BA, be to the encreafe of
the velocity of the famé Bullet in de-
fcending ED;4) as a to i.andconfe-
quently that the time it defcends EDbe to
the time it defcends BA; as 1. toVtf s).
For if the encreafe of the velocity
upon BA, be to the encreafe of the
velocity upon ED ; as a to 1 : or as
GII to KL. IG and MK being equal
as reprefenting the famé fpace of time;
thcn drawing NO parallel to the bafe ,
fo as the triangle NOI be equal to
the A LKM; that the A LKM reprefenting the fide DE, NOI may reprefent
the fide AB, and then the time of the Bullets defcent upon AB to the time of
the Bullets defcent upon DE, will be as 10 to IG. But becaufe 1 IG is to LK as
a to 1 , thereforethe A IIGI is to the A NOI = a LKM; as a toi. And becaufe
the A I IGI is to the A NOI ; as the fquare of the lide GI, to the fquare of the fide
Ol, therefore the fquare of GI isjo the fquare of OI ; as a to 1. therefore GI is to
01; as i/Y/, to 1 ; or as 1 . to\/ ' .
v a
') Consultez la planche vis-à-vis de la page.
Brouncker parle de l'accélération dans l'unité de temps.
3) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 354, note 2.
4) Lisez: V" a to 1.
Par le signe; Jirouneker sépare les deux membres d'une proportion.
CORRESPONDANCE. \66l.
89
Now bccaufe X; 6) , is to ba ; as XH is to b\\ : chat is (putting x for the
number of the fides) as x to 1. therefore the power of the weight at X is to the
power of the weight at h : : x. 1. therefore the timc of its defcent from X
to //, being let fall at X , is to the time of its defcent from b to H, being let
fall at /; ; as \/ - to 1 . now becaufe Xj is to hg\ as XI I is to h\\ : that is , as x to
x— 1. Therefore ABC reprefenting the fpace Xh, and AB the proportionable
time the Bullct is defccnding that fpace found as be-
forc to be \/ - , let a be put for BG, the time that the
faid Bullet being let fall at X is paflîng from h to /,
and let y be put for CB the velocity that the Bullet
hath acquired at h in its defcent from X then becaufe
AB. BC : : CF. FD. that is \/-: y : : a. ay 1 x. the-
refore ])F equals ay V x. then becaufe Xj. hg : : DF.
FE:) (by the Pétition aboue mentiond, That the encreafe of the velocity is in pro-
portion to the power of the weight; or [which is the lame thing] to the perpendicu-
lar altitude of the inclination of the fide.) that is x. x — 1 : : ày \/x.
E F
x
*Y~ I
Therefore ' — — ay } x = EF. therefore & CEF equals
a2yi
ay\ x.
v s) and
the Parallelogram FCBG = ay. and the A CBA =
y
1 1 X
liut ECBG =
.r— [
CBA (becaufe kf= Xli) therefore - - ay 1 x s) + ay = —•—7 ■> therefore
x — 1 a2 y -+- 2 ay 1 x = y. therefore .r — 1 a- + 2 a \ x = 1. therefore
y) which is therefore
a
i\/x 1 , - \,
- a = - — theretore a = -
x — 1 x — 1
1
the time that the Bullet falling from X defeends the fide hf. Aftcr the famé manner
the time the Bullct defeends the third iide is found tobe
I
I
2 x-
1:
and univerfally the time is found to be l : / + 1 x
r- + 1
X— 2
I : Ix
V--1
x — l
r'~) Consultez la planche vis-a vis de la page 2 H.
r) Brouncker représente par GE la vitesse avec laquelle un corps, dont la chute commence
en X , atteint le point/*.
x
1 Lisez:
2 X
a- v 1 x.
^) La notation y: 2 <i - 1 : désigne la racine | (jia 1).
Œuvres. T. IV.
1 2
9°
CORRESPONDANCE; 1662.
/ being pur for the number of fidcs defcended. now thc aggregatc of ail thefe times
arc 1
x
abatinff tbîs feries -?— - 1/ •
S' -+- .s'
'- : sbeinffput for
1,2,3,4 &c. untill it equal x. as is euident by induction chus.
1 • ' /J
il x — 1. thc cime is -
1
ît x := s. thc times arc - — h -
2 ï
1 • 1/3
il .v=r ■2. thc unies arc — -
1/5— i/q i 6—1/5 .
=1 6-11/5
1
= Vi..
= 1/3 —àv
&i
. . 1/4 1/7-K4 , K9-^V7 , 1-10—1/9
it .r= 4. thc times arc -+- — l— + --^— — *- + - — - =
432 1
= 1 10-^1 9 — ^ 1 7-A1/-4-
, . 1 S 1/9 — 1/5 , 1 12—1/9 I/14 — l/ia
it .y = 5. thc times are — ^ + - — - + - — - -h -
5 4 3 2
1/15-1/14 =
1
&c.
Then becaufe
1 15-il 14 — ê-1 i--/,l 9~,'nl 5-
l : ' ' ' — ■' - : are thc ordinates of an Ellipfis
s- -+- s 2 2
diuided by a feries of triangular numbers, therefore ABC reprefenting that Ellip-
fis, and AC1) thc feries of triangular numbers,
^- —1 "s and ACEB a Parallelogram upon thc lame bafe
and altitude vvith the ellipfis; becaufe che feries
of ordinates in the Parallelogram , diuided by
the feries of triangular numbers refpecliuely
equals twice I<?) AB (thc feries being infinit) or
7;
jf
':::::: t.
/~
f
:::y1:.\
S
.../-•--
^r
1/
^^T-
?
\/ : ' - : and becaufe if from the feries of
ordinates in the parallelogram ACEB bc fub-
ducted the feries of ordinates in the Ellipfis ACB refpecliuely , there remaincs the
feries of ordinates in the Complément of thc Ellipfis I^CE : therefore thc feries of
ordinates in the Complément of the Ellipfis diuided by the feries of triangular
numbers rcipcctiuely is the aggregatc of ail the times. But this aggregatc is llill
thc lame, becaufe x is Irill the lame, the number of fides (for which it is put)
being alwayes infinit.
Therefore the Bullet defeends from ail points of this Curve in the famé time
Quod&c. 1.
Il faui biffer ce moi : t\\ ice.
CORRESPONDANCE. 1662. 01
") Je n'entens pas cette demonilration depuis now the aggregate of ail thefe fîmes
«/•£! : - - : abattue t fus lertes , - l/: — — -: ) &c.
1 ° J s + s 2 2
Je voy que les temps et leur foraraes l'ont telles qu'il les met dans l'induction,
mais je ne comprens pas ce qu'il veut prouuer par cette induction , et par conie-
quent je n'entens pas le relie de la demonilration. Je le prie donc de me l'ex-
pliquer plus clairement depuis cet endroit la, a fin que je puifle juger fi elle
prouue la proposition. [Chr. HuygensJ.
Que toute la demonilration depuis le commencement cil auffi très obfcure.
L'induction n'ell point demonilration.
Que c'ell une nouuelle demonilration et qu'il a abandonne la première.
Que je rie feaurois luy envoicr la demonilration de ce que j'ay dit fans l'en-
voier toute entière ce qui leroit trop long parce qu'il y a pluiieurs propofitions.
[Chr. Huygens.]
N= 996.
Christiaan Huvgens à [Lodewijk Huygens].
15 mars 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Lelden, coll. Huygens.
le 15 mars 1662.
Monlieur Chaife nous fut veoir hier n'ellant arrive que le jour d'auparavant,
et nous raconta comme il avoit demeure malheureufement 3 jours dans le batteau
d'Anvers, après avoir couru en 24- de Paris a Bruflelles. Nous le quellionames
un heure durant fur toutes choies, après quoy il s'en alla trouuer Monlieur Bulero,
et je ne l'ay pas vu depuis, mais je crois qu'il diinera aujourd'huy avecque nous
chez ma Tante de St. Annalandt ') ou il nous dira le relie et aura ailuremcnt la
queilion extraordinaire, le jeune Bulero :) avec Monfieur Amat 3) font demeurez
a Bruxelles pour attendre leur hardes. Le Seigneur de Zeelhem 4) les attend avec
impatience.
r'~) Huygens a mis, par erreur, un /pour un s.
') Geertruid Huygens. Voir la Lettre N°. 197, note 6.
:) Adriaan Buysero, le (ils de Laurentius Buysero (voir la Lettre N°. 97 , note 1 ), mourut le
28 août 16H0. Il était secrétaire du Prince.
■") Vincenzo Aniato naquit en 1629 en Sicile. II était musicien.
4) C'est-à-dire Constantyn Huygens, frère.
02 CORRESPONDANCE. 1662.
Je prevoiois bien que ma lunette feroit confifquée fi elle venoir. au Louvre et
maintenant je m'imagine que je profiteray autant avec celle cy qu'avec les deux
autres que j'ay données au Roy d'Angleterre et a fa Churfûritlichc Durchleuch-
tichkeyt de Brandebourg s). Toute fois une chaifne d'or convertie en ducats feroit
fort mon fait en l'eftat ou font a prefent mes finances.
Je feray refponfe 6) a Monfieur Petit la prochaine fois fur ce qu'il demande r)
touchant la méthode du calcul de ma table. Ce carofie que vous voyez fous fa porte
n'y eftoit point de mon temps , ce qui me fait croire que c'efi: quelque fiacre qu'ils
y ont mis et qu'ils n'ont jamais eu ces chevaux que la belle difoit eitre boiteux et
je vous allure que j'ay bien ris en penfant a cette belle invention.
Voffius m'a dit que l'on copioit a Amllerdam la relation Chinoife 8) avec les figu-
res, par ordre de Monfieur van B. y) et non pas comme s'il y avoit contribué
rien de fa part; de forte que Monfieur van 13. ne doit avoir jaloufie de perfonne,
car ce ne fera qu'a luy que Monfieur Thevenot en aura toute l'obligation.
Dans le gros pacquet du Prince Leopold il y avoit avec fa lettre IO) un livre'1)
que Euftachio Divini avec le Père Fabri Jefuite ont fait imprimer pour réplique
a la refponfe que je leur avois envoyée. Or il y a un an que ce Hure a elle mis
au jour, et 9 mois que le Prince m'a adrcfTè le pacquet, ce qui me fafche fort,
et je ne manqueray pas de l'efcrire ,:) à Son Altefle, a fin qu'une autre fois il y
mette meilleur ordre. Au refte je luis d'avis d'eferire a ce mefme Prince mes re-
marques fur le dit livre dans une lettre, la quelle il fera imprimer s'il le trouue
à propos, ou feulement en donnera copie a ma Partie et a les Académiciens.
J'ay aufli receu après une longue attente ,;>) un livre de Poefies latines M) du
Père Mambrun que m'a donné Monfieur de Montmor, a qui il eit dediè. Si vous
venez chez luy je vous prie de le luy faire feavoir et que je luy en eferiray I5) après
l'avoir un peu examiné, pour luy rendre grâces, et en mefme temps en dire mon
fentiment en tant que j'en fuis capable. Mon Père n'a t'il pas vu ce livre , et quel
eftat en fait il'?
Les bonnes nouuclles touchant fa negotiation me rejouiflènt fort. Adieu.
Friedrich Wilhelm, électeur de Brandebourg; voir la Lettre N°. [26, note 1.
( 'onsultez la Lettre Y . 1014.
Consultez la Lettre N '. 989.
Consultez la Lettre N°. 052.
Koenraad van Beuningen. Consultez la Lettre N°. 062.
1 La Le'tre N . 862.
1 esl l'ouvrage décrit dans la Lettre X '. Nf>; , note 1.
\.iiis ne possédons pas cette lettre de Chr. I luygens au Prince Leopoldo de Medicis.
( 'onsultez les Lettres Nos. uoK et 030.
1 h\\ rage cité dans la Lel I re N°, 908 , noie 1 1 .
Mous n'avons pas trouvé cette lettre a de Monmor.
CORRESPONDANCE. 1662.
Je ne me hafte pas fore d'eferire a Monfieur de Montmor parce qu'il ne m'a pas
refpondu a la lettre l6) que vous luy avez portée.
Je ne vous dis rien touchant le duel du Coufin Dorp I?) avec le petit Tail-
lefer lR) pour n'empiéter pas fur ce qui eft de l'office du frère de Moggerfhil Iy).
N° 997.
R. Moray à Christiaan Huygens.
l6 MARS [1662].
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse aux Nos. 981, 984 et 953.
ce 6 mars
A cette croifîefme reprife, il faut finir tout ce que J'ay a dire fur le relie de vos
lettres, de peur que cellecy ne nous donne a tous deux trop de peine, c'efl a dire,
plus qu'elle ne vaut, pource qui eft de la proportion des corps defeendants, a leur
poids, Je m'en remets a ce qu'en dira Mylord Brouncker. Je fuis extrêmement fa-
tiflait de la Table ') que vous m'auez enuoyé pour lequation du temps, les mefûres ;)
pour la verge du pendule me plaifent suffi bien fort, il y a de petites remarques qui
l'e peuuent faire fur les effets de ce petit plomb dont vous vous fervez pour reigler le
mouuement de voftre pendule, mais il ne vaut pas la peine d'en parler, puifque par
expérience vous trouuez qu'il reùflit a merueillcs. Je crois aifement que le chan-
gement de l'air ne fait rien du tout fur le mouuement de voftre Horologe, la figure
du grand plomb eftant faite telle , qu'elle le perce facilement. J'entends par ce
que vous dites de la iuilefle de voftre Horologe, qu'il s'accorde, non pas auec le
Soleil mais auec voftre Table, et en vérité, Je luis rauy d'aprendre qu'il n'a pas
manqué d'une minute en fi long temps, faites moy feauoir Je vous prie au bout de
6. mois quelle différence vous y aurez trouué.
Je me fuis toufiours imaginé que vous auiez défia tafché de faire reuffir voftre
Horologe fur Mer. Et croyois que vous ne nous en difiez rien parce que vous
l'auiez trouué inutile pour la nauigation. lors que J'eftois a paris il y a deux ans,
I<5) Voir la Lettre N°. 904.
K ) Lodcwijk Wolphard van Dorp, fils cadet de Arend van Dorp et de fda van Baerle, naquit le
12 mars 163 1. Il épousa Àdriana van Rossum.
,8) Le fils du colonel Louis Taillefer de Mariacq et de Petronella van Oldenbarneveld.
I9) Huygens désigne son beau-frère Philips Doublet.
') Voir les Appendices Nos. 978 et 979.
2) Voir l'Appendice ^.985.
^4
CORRESPONDANCE. 1662.
Martïnat 3) l'Horologer qui demeure au louure crauailloit à cela : mais outre les
difficukez que Je luy propofois dans la chofe, Je luy difois auffi, que fans doubte,
ii la choie fe pouuoic faire, vous lauriez faite. Mais maintenant que vous vous y
appliquez J'ay grande enuie de croire que vous y reulîirez li la choie le peut faire,
mais, il cil a foupfonner, que quand un vaiffeau eil fur la grande Mer fort agité,
la variété, la grandeur, et l'irrégularité qui lé rencontrent dans fon mouuement
mettront auffi en defordre celuy du pendule. Mais iln'elt pas beibin de vous en
dire des particularité/., puifque vous les fçauez bien , fans doubte. pourfuiuez Je
vous prie cette expérience que vous vous propoléz pour mieux trouuer la propor-
tion de la pefenteur de l'air a celle de l'eau que par le moyen dont vous vous cites
défia feruy, et mandez moy ce que vous y trouuez.
Me voyla a cette heure au bout de vos 4. lettres, relie feulement celle4) que m'a
apporté Monfieur Southwell que je defpecheray en peu de mots. C'eft que nous
faifons eltat de refaire tous ces experiments que vous nous communiquez dans
noftre Machine quand elle fera adiuftee auffi bien que toutes les autres que Mon-
fieur Boile a faites; et d'auantage nous auons refolu de faire une Machine de telle
grandeur, qu'un homme y puiflé entrer, afin d'y faire plufieurs nouueaux experi-
ments, dont les petits vaifféaux ne font pas capables. A ne point mentir, Je crois
que fans faire tort a la bienfeance , Je puis maintenant finir cette Epiftre. puifque
vous ne fçaurez élire fi iniufle que de ne point aduouer que ce que Je vous deuois,
eft payé auec quelque ufure. Mais il ne faut pas nous accouftumer a des fi furieulé-
ment longues lettres comme celle cy: autrement dans peu de temps nous irons a
l'infini. Je vous rends grâces du Hure ?) que ma apporte Monfieur Southwell. J'en
ay trois a vous enuoyer , dont deux partiront auec la première commodité , l'autre
bientoll après, l'un des deux elt la refponce rt) que Monfieur Wallis a fait a 1 Iob-
bes qui vous fera bien rire iï Je ne me trompe, quoy qu'il pique Monfieur Ilobbes
dune façon bien poignante, l'autre elt un trefioly recueil d'obferuations r) fur
3) Martinet. Voir la Lettre N°. 920, note 2.
4) Voir la Lettre N°. 953, du 4 janvier \66i.
I. 'ouvrage de A. Deusing, cité dans la Lettre N°. 940, note 10.
<*) Hobbins Heauton-Timorumenos. Or a Confideration of Mr. Ilobbes bis Dialogues. In an
Epiftolary Difcourse, addrefled to the Honourable Robert Boyle, Efq; By John Wallis.
I). I). Profeflbr of Geometry in Oxford. Oxford, Printed by A. II. L. Lichlicki. for Samuel
Thomfon, at the Bifhops-head in S. Pauls Church-yard. London 1662. in-8°.
Cet ouvrage a été publié en janvier 1662. Déjà le 20 juin 1665 la Société Royale en or-
donna la quatrième édition :
Natural and Political Obfervations, mentioned in a folowing Index and made upon the
Bill of Mortality. By Capt. John Graunt Fellow of the Royal Society. With référence to
the Governmeni , Religion, Trade, Growth, Air, Difeafes,and the lèverai Changes of the
laid City. Non, me ut miretur Turba, laboro, Contentns paucis Leétoribus. The fourth
linpreflion. Oxford, Printed by William Hall, for John Martyn, and James Alleftry, Prin-
ters to the Royal Society, mdclxv in 8
CORRESPONDANCE. \66l. 95
The weckely bills of Mortalitie, qui nous a donne enuie de penfer a des chofes qui
pourront eftrc fort utiles, dont Je vous aduertiray quand elles feront meures, le
troifiefme eil la refponce 8) que Monfieur Boile fait a Monfieur Hobbes, qui vous
donnera peut eftre autant de fatiffaftion comme les autres. Enfin il faut auoir
quelque compafiion de vous, de peur que vous ne vous imaginiez que Je ne vous
entretiens fi long temps que pour vous faire faire pénitence comme cftant agréable
a cette faifon de Quarefme. Mais fçachez que Je vous crois fi robufte que de pou-
uoir fupporter toute cette incommodité fans vous lafler. Et Je vous déclare aufïi
que Je ne m'ennuye pas en vous efcriuant. Et pour figne que Je crois que vous
n'eftes pas mal fatiffait de moy Je me foubfigne
Monsieur
Voftre trefhumble et trelaffeétionné feruiteur
R, Moray.
Venant a fermer mon pacquet Je trouue que en y mettant les papiers de Mon-
fieur Frenicle 9) ils le groffiroyent tant qu'il ne vaudroit pas le port qu'il vous cou-
fteroit. Je les ay donc adreffé au Secrétaire des Ambaflàdeurs d'Hollande pour
vous les faire tenir auec les deux Hures dont Je vous ay parlé, vous aurez aufïï le
troifiefme dans peu de temps.
Si vous rencontrez des erreurs Typographiques, pardonnez les parce qu'il m'eit
prefque impoiîible de relire ce que Je viens deferire auec quelque peu de halte.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem
x\x. à la Haye*
SN) Voir l'ouvrage cite dans la Lettre N°. 909, note 1 1.
v) Probablement les pièces Nos. 969, 970, 971 et 972, mentionnées dans la Lettre N°. 994 .
et que nous avons classées comme Appendices à la Lettre N°. 96
"
p8
q6 CORRESPONDANCE. 1662.
N= 998.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Muygens].
2 2 MARS 1662.
/.,/ lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
le 22 mars 1662.
Hier le Sieur Chaife me fut veoir a qui je communiquay une partie de voflre
lettre ') et particulièrement ce qu'il devoit fcavoir et de voftrc part et de celle de
la belle Mare2). Il dit qu'il vous a efcrit d'icy au long, et ne doute pas que voftre
cholere ne ibit défia appaifee pourveu que vous ayez rcceu fa lettre. Les particu-
larité/ du ménage de la dite incomparable m'ont fort rejoui, et il faut avouer que
c'eft un original. Je ne fcaurois trouucr dans voftre chambre le petit tableau que
vous luy avez deftinè , peut eftre l'aurez vous enferme quelque part. Mon Père me
promet 3) qu'il me communiquera fon invention de Chandeliers 4), et je fuis fort
defireux de veoir ce traite avec figures , que vous dites. Il a eu aufli la bonté de me
mander ce qui s'eftoit paffè chez Monfieur de Montmor lors qu'on y examina mes
dernières expériences, des quelles je ne m'eftonne point fi ces Mefiieurs fe font
trouvez empefehez d'en dire les véritables caufes car elles ne font pas manifeftes
du tout : au moins je n'ay pu m'y fatiffaire encore moy mefme. Je vous deduiray
pourtant mes raifonnements s) jufques ou ils vont; mais non pas cette fois, parce
qu'il faut que je m'abftiene de tout exercice de cervelle. Une petite fleure tierce
m'a eftè veoir par 3 fois et a cette dernière fa vifite a elle plus longue et plus fa-
fcheufe que les 2 autres a caufe, comme je croy, que j'avois hier pris médecine.
L'on me fait efperer que j'en feray quite avec 6 ou 7 accès , et je le veux croire
parce que le commencement n'a pas eftè avec cette violence que je fentis a une
femblable fieure il y a o ans. Il n'en faut rien dire à Mon Père parce que peut eftre
cela le mettrait en peine. L'horloge que j'ay fait faire n'eft pas encore achevée,
mais il ne s'en faut guère. Vos 2 quaiflès ne parohTent pas encore, peut eftre les
2 pèlerins6) les apporteront avec eux , que nous attendons de jour a autre. Mais
c'efl une honte de ce pacquet ") de Vicquefort , qui a la mine de ne devoir arriver
jamais. Je ne fcay qu'en dire.
Nunquam (i credis amavi hune hominem.
') Nous ne possédons pas les lettres de Lodewijk 1 luygens de cette époque
:) Marianne Petit.
Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Constantyn 1 luygens, père.
Voir l'Appendice N°. 1002.
5) Con Llltez la Lettre N°. 999.
Buysero, le fils , et Amato.
") Voir les Lettres X"\ 930, 954, yf>2 , 98
CORRESPONDANCE. \GGl.
97
w 999.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
29 MARS 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
le 29 mars 1662.
Si j'avois le moindre foupçon que je me pourrais eftre trompe dans les expérien-
ces *) dont vous parlez, à fçavoir celles ou l'eau de la phiole qui eft dans le vuide
demeure fans defcendre, je les irois repeter afin d'ofter tout lu j cet a ces Meilleurs
par de là d'en douter, car cela ne me courte point de peine, mais je croy qu'il
leur fuffira fi je les affure que je les ay réitérées non pas par 3 ou 4 fois, mais plus
de 30. qu'il plaife donc à Monfieur van B. 2) et a ceux qui fe conformoient a fon
avis, de méditer quelque fubtile raifon pour expliquer ces obfervations au lieu de
les rendre fufpectes.
Pour moy fi j'eufle elle de l'aficmblee chez Monfieur de Montmor lors qu'on
y^agitoit cette matière , voicy en fomme ce que j'aurois dit. Premièrement pour ce
qui eft de la iufpenfion de l'eau dans la boule et tuyau AD;
que c'eft la petite quantité d'air qui refte dans le vafe S après
ion évacuation , qui a encor afiez de force pour contrebalan-
cer par fon reffort le poids de l'eau AD , et que pour cela elle
ne delcend point. Mais fi la mefme chofe arrivait, lors que la
hauteur AD ferait de 4 ou 8 pieds, et d'avantage, comme
lors qu'elle eft de 2 , que je croirois alors qu'il faudrait cher-
cher quelque autre principe que celuy dudit reflort de l'air.
Que dans l'extenfion de la petite bulle D qui montant d'en
bas remplit après tout l'efpaceAD, excepté le demy pouce
DE, il y a ces 3 chofes a confiderer: fa grande eftendue; le
lieu ou l'extenfion commence fubitement; et ce que l'on re-
marque que la partie bafie de cette bulle qui s'eftend de-
meure attachée a ce lieu; la ou d'autres bulles qui s'agran-
difient en montant montent tout entières. Que quant a la grande extenfion de la
bulle infiniment petite, il eft certain que ce n'eft pas le feul air qu'elle contient
qui s'eftend, mais principalement celuy qui s'y adjoufte et qui ne peut venir que
hors de l'eau ; car quand on laide entrer l'air par le robinet, qui fait remonter l'eau
jufqu'en A, l'on trouve qu'il y refte une bulle d'air comme un grain de chenevis,
qui eft plus de 100 fois plus grande que la petite bulle D qui eftoit montée, d'où
eft évident que l'air s'eft augmenté d'autant, et il femble que l'eau le doive avoir
J) Consultez sur ces expériences la Lettre N°. çj~.
:) K. van Beuningen (voir la Lettre N°. 743 , note 4) ; consultez la Lettre N°. 1 009.
Œuvres. T. IV. 1 3
(j8 CORRESPONDANCE. 1662.
fourny, parce qu'en le laiflànt la environ 24 heures, il rentre dans l'eau et difparoic.
L'on peut aufii remarquer icy l'eftrange force du reflbrt de l'air, car cette
bulle de la grolïéur d'un grain de chenevis, n'eftant pas la millième partie du con-
tenu de la boule A , il eft évident que ce peu d'air citant efpandn par toute la dite
boule et Ton col encore preflbit tout aufli fort ou mefme plus fort fur la fuperficie
de l'eau en E, que l'eau qui eftoit auparavant contenue dans AE a la hauteur de
2 pieds, parce que l'on voit que la force de l'air reftè en S , qui tenoit fufpendue
l'eau en AE et en euft peut élire fufpendu d'avantage, demeure contrebalancée
par le reflbrt de l'air en AE , en forte qu'elle ne peut pas faire monter l'eau plus
haut qu'en E.
Touchant le lieu ou commence l'extenlïon de la bulle, je dirois, qu'il faut que
l'air d'une bulle qui eft dans l'eau , n'eftant prefle que d'une certaine petite force
déterminée, commence alors de receuillir encore d'autre air de celuy qui cil caché
dans l'eau ou dans le quel l'eau (bit convertible; et qu'ainiî la petite bulle D eftant
venue a certaine hauteur E , (qui eft plus grande ou plus petite félon que l'air de
S a eftè peu ou beaucoup vuidè) elle s'augmente alors par l'acceflion de l'air aqua-
tique. En quoy pourtant j'admire ce commencement (i fubit, et fi juftement a
l'endroit ou demeurera la fuperficie de l'eau après qu'elle fera efcoulée.
Finalement pour ce qui regarde l'attachement de la partie baflé de la bulle en
ce mefme endroit, j'advouerois que je ne comprens pas bien pourquoy toute
l'eau, qui defeend de la boule A et de fon col , le va mettre juftement deflbus la
fuperficie E, fans jamais la faire haulîèr; mais que je crois que le peu de largeur
du tuyau contribue a cet erTeél, et que s'il eftoit aufli large que la boule A , je penfe
que l'on verroit monter toute la bulle en forme de fphere, quoyque devenue fubite-
ment grande en l'endroit E , ou la fuperficie de l'eau le viendroit mettre toft après.
C'ecy le devroit expérimenter et principalement ce qui arriverait avec des tuyaux
plus longs de 4 ou 8 pieds, mais a prefent je n'ay ny le temps ny les verres que
cela requerroit.
Euftachio Divini dans ce dernier livret3) s'efforce fur tout de prouucr qu'il
peut veoir avecque (es lunettes le fatellite de Saturne, et allègue pour cela le tel -
moignage de pluiieurs perfonnes, entre autres aufli Moniieur de Monconis 4). 11
voioit que fi l'on eut creu le contraire les lunettes auroient perdu toute leur eftime
et lui fon gain, au refte il tefmoigne d'eltrc fort talc hé de ce que je l'ay nommé
Vitrarius artifex s) et le redit a chafque page, et pour s'en venger il me donne plu-
iieurs beaux titres '') par Ironie. Mais la plus grande partie vient , comme la pré-
voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 862 , note 1.
Voir la Lettre \" . 765, note 8.
( Consultez 1,1 wBrevis Assertio", à la page 12.
■ ; De Divinis, dans son écrit ,,1'ro sua Annotatione", à la page 3, appelle Chr. II ny gens:
Aftronomorum hujus temporis facile Principem & Opticorum Coryphaeum,
CORRESPONDANCE. 1662. 99
miere fois , du Pcrc Fabri , qui après s'efire allez mal défendu contre ce que je luy
avois objecté de ion ignorance en Aftronomic et Optique, adjoufte a la fin l'entière
explication de ion plailant Syitcme de Saturne avec force figures, et fait tourner
derrière le globe de cette planète 4 boules luyfantcs et 1 noires, de différentes
grandeurs, pour expliquer les phaics des anies. Mais il ne donne point les périodes
de ces boules , et ce qui eil admirable il ne les fait pas tourner en des cercles, mais
au lieu de chafque cercle il iubrtitue ainii deux paraboles et
fouillent que les planètes autour de Jupiter cheminent par des
lemblablcs figures, et qu'elles demeurent auiîi toufjours der-
rière cet aftre, qui font des chimères ridicules, au m" ne s'y fie
t'il pas fort, mais il cfpcre dit il Summopere et ex animo que
mon Syfteme puiffè citre le véritable , et enfin il m' allure qu'il m'eftime beaucoup.
Monfieur Amat ") avec ion conducteur Chaife me furent veoir avant hier, mais
comme des petits relies de ma maladie ne m'ont pas encore permis de fortir quoy-
que la fièvre m'ait quitè , je n'ay pu jufqu'icy luy rendre fa vifite. le frère de Zeel-
hem 8) après l'avoir eftè chercher plufieurs fois chez luy fans le trouucr le rencontra
hier chez la tante de St. Annalandt. C'cil un bon garçon, comme vous dites, et
qui femble encore un peu niais. Demain ou après demain nous faifons eilat de leur
donner à difner et aux Buferos pere et fils 9) ainfi que mon Père l'a ordonné. Mon
indifpofition me vient trcfmal a point en cette occafion.
Monfieur Sorbiere ne m'oblige point du tout de monflrer la lettre IO) que je luy
ay eferit chez Monfieur de Montmor, a qui elle pourra déplaire.
Si Monfieur de Fermât avec Monfieur Petit me fufïènt venu veoir j'en aurois eu
grande joye , et je fuis marry que ce voyage n'a point fuccedè.
Pour ces Meffieurs IX) dans rifle vous avez amplement fatiffait et il faut qu'ils
vienent aufîi vous chercher a leur tour. La conclufion de noftrc traictè i:) eil af-
feurement une grand' affaire et dont on avoit deija defefperè icy, ayant efte refolu
de révoquer les Ambaffadeurs.
Mon Pere me demande une lunette d'approche à miroir pour Monfieur le Ma-
refchal de Grammont I3), mais feulement de 8 ou 10 pouces, ce qui ne peut rien
r) Voir 'a Lettre N°. 996 , note 3.
8) Constantyn Iluygens, frère.
9) Sur Lau rendus Buysero voir la Lettre N°. 97, note 1, et sur son fils Adriaan Buyserola
Lettre N°. 996, note 1.
10) Nous n'avons pas trouvé cette lettre dans nos collections. Probablement elle était la réponse
à la Lettre N°. 980.
") Auzout et Ampiou, qui tous les deux demeuraient dans l'Isle Notre Dame. Consulte/ la
Lettre N°. 962.
12) Le traité avec Louis XIV, concernant surtout le commerce et la pèche, qui lut signé le
27 avril 1662.
13) Antoine, d'abord comte de Guiche, puis duc de Gramont, fils d'un père de même nom,
vicomte d'Aster et de Louvigny, et d'une nièce de Richelieu, naquit en 1604 et mourut à
IOO CORRESPONDANCE. 1662.
valoir comme je fçay par l'expérience que cy devant j'en ay faite. Dites luy donc
je vous prie qu'a fin de ne travailler pas inutilement j'en feray une d'environ
18 pouces la quelle on pourra pourtant porter a la pochette en l'enfonçant et la
faifant de 3 pièces, une de 8 pouces n'augmenteroit pas plus les objefts que fa pe-
tite noire et ne monftreroit pas auilî guère plus d'objecls a la fois, et outre cela ferait
mal aifée à tenir; car il cil neccflaire que ces lunettes à miroir l'oient appuiees par
devant a fin de ne point branfler. et pour cette confideration je croy qu'il vaudrait
encore mieux de la faire de la grandeur qu'eft celle du Roy. Mais puis qu'il faut
qu'elle foit de pochette j'eiTaieray cette moienne longueur que j'ay dit. Je me
trouue cependant depourveu de miroir d'acier au moins d'un qui foit bon et c'eft
une choie que l'on ne feauroit recouvrer pour de l'argent. Demandez a Moniteur
Petit s'il n'a pas quelque petit morceau, ou s'il fçait ou l'on en pourrait avoir.
Vous me le pourriez faire tenir ailement dans une lettre.
Adieu.
N= IOOO.
N. Heinsius à Christiaan Huygens.
29 MARS 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 987. Chr. Huygens y répondit le 26 juin 1662.
Nicolaus Heinsius Christiano Hugenio Viro Nobiliilimo
S. P. D.
Phacnomenon illud, quod proxime mittebam '), non difplicuific tibi, cquidem
lubens intelligo, Hugeni Nobiliffime. Amiens, a quo id utendum accepi, vir et
probus eft et fide , fi quis alius , omnino dignus. Illi Henrico Moucheronio 2) no-
men inditum. Quis obfervator fit phaenomeni, ex illo ut refeifeam, opéra a me
dabitur. Nam cum traderet, ab amico quodam fuo obfervatum afTeverabat, cuius
nec nomen ego fum edoftus, nec indagavi. Nunc alterum illud mitto •') , quod
Bayonne le 12 juillet 1678. Militaire fougueux, il dut, pour une affaire d'honneur, passer
hors de France les années de 162- à [633; en 1635 il fut nommé maréchal de camp, en 1641
France et en 1 663 duc et pair.
' Consultez la Lettre N°. y66.
llcndrik de .Moucheron était probablement un fils.de Balthasar de Moucheron (né à Arne-
muiden en 1587) négociant a Amsterdam, où il épousa eu 16*19 Corneliavan Broeckhovede
Sch ihoven. Son grand oncle était le même Balthasar de Moucheron qui a donné l'impul-
ioil & la première recherche du passage septentrional aux Indes, et a la fondation de la com-
ignie île-- Indes I >rientales.
.Nous n'avons pas trouvé celte pièce dans nos collections.
CORRESPONDANCE. 1662. IOl
cum minus exaéte primo expreflum effet, denuo ut defcriberetur , et quidcm vivis
eoloribus, tuae in ipcm gratiae, effcci.
Vlitium noftrum nil reipondere compellationi meae haud miror. Tanti enim
vix funt verfus, quos mittebam , et ut maxime cffcnt, locus tamen ijs haud erat
apud hominem barbarae antiquitatis unicc nunc, ut fcis, ihidioium. Si lingua
Angloiaxonica, aut Gothica conicripti eïïent verficuli, plaufum ab amico noftro
certiflimum ijs polliceri poteram. Nunc cum Romanum iermonem prac ie ferant,
quem ille iampridem eiuravit, quid praeter contemptum et faftidium delicatiflimi
viri ab ijs expeclandum fit, vix video. Sed, omifîb ioco, ut agam ferio tecum, de
Mambrunij poematis 4) cum percunéleris quid ientiam, velim deiiderijs tuis fatif-
fieri a me poiïet. At vero, quod libellus ilte oculos meos fruflretur hactenus ac
fugiat, de re parum comporta meum non eft iudicare. Serenifîîmum Etruriae Prin-
cipem Leopoldum Mediceum Obfervationes 5) fuas naturales praelo typographico
iam commiiifTe ex eo ipib forfan intellcxeris. Phaenomcna tua quando lucem fpe-
rare debeant fac, quaeib, intelligam. Non pauca eius notae congefiit Lycofthe-
nes fl) in commentario 7), quem de prodigijs conicripiit. Exilât et Phaenomenum
trini iolis uno codemque vifi tempore in vernacula Novae Zemblae defcriptione , a
nantis noftratibus édita 8). Aliud hic tcrrarum ante feptennium , ni fallor, è villa
4) Consultez la Lettre N°. 908 , note 11.
5) Saggi di Natvrali Efperienze fatte nell' Accaderaia del Cimento ibtto la protezione del Sere-
niflimo Principe Leopoldo di Tofcana e deferitte dal Segretario di efla Accademia. In Fi-
renze. Per Ginfeppe Cocchini ail' Infegna délia Stella, mdclxvii. Con Licenza de Svperiori.
in-folio.
rt) Conrad Wolffhart (dit Lycosthenes) naquit le 8 août 151 8 à RufFah (Alsace) et mourut
d'apoplexie à Bàle le 25 mars 1561. Neveu de Conrad Pellican , il se fit protestant et fut créé
en 1539 magister artium à Heidelberg. En 1 542 il devint professeur de grammaire et de dia-
lectique à Bàle, en 1545 diacre de l'église de Saint Léonard.
") Prodigiorvm ac Oftentorvm Chronicon , Quae praeter naturae ordineni, niotum, et operatio-
nem, et in fvperioribns & bis inferioribus mundi regionibus, ab exordio mundi ufque ad haec
nortra tempora, acciderunt. Quod portentorum genus non temerè eu^nire folet, fed humano
generi exhibitum, feueritatem iramq; Dei aduerfus feelera, atq; magnas in nmndo uiciffitu-
dines portendit. Partim ex probatis fideq; dignis authoribus Graecis, atque Latinis : partim
etiam ex multorum annorum propria obferuatione, fnmma iîde, Ihidio, ac fedulitate, adjeftis
ctiam rerum omnium ueris imaginibus, conferiptum per Conradvm Lycofthenem Rvbea-
qvenfem. Cum Caefareae Maielt. gratia & privilégie Bafileae, per Henricvm Pétri, in-folio.
[Menfe Augulto Anno .m.d.lvii.]
8) VVaerachtighe Befchryvinghe van drie Seylagien , ter werelt noyt foo vreemt ghehoort, drie
jaeren acbter malcanderen deur de Hollandtfche ende Zeelandtfche fchepen by noorden
Noorweghen, Mofcovia ende Tartaria, na de Coninckrijcken van Cattbai ende China, fb
niede vande opdoeminghe vande Weygats, Nova Sembla, ende van 't Landt op de 80. gra-
den, dat men acbt Groenlandt te zijn, daer noyt menfeh geweeftis, ende van de felle ver-
febenrende Beyren ende ander Zee-monders ende ondraechlijcke koude, ende hoc op de
laetfte reylé tfchip in 't ys befet is, ende tvolck op ~6. graden op Nova Sembla een huys ghe-
102 CORRESPONDANCE. 1662.
l'ua fibi ac fororibus fpcftatum Allonia Spiringij '■>) privigna aliquando mihi narra-
vit; de quo, fi tanti eit , ipfam mira aïïèverantem licet audias. Ad Wallium alia
occafione literas dabo. Vale, Vir Eximie, et fi quid praeterea in rem tuam videbor
pofle, id ne me lacent , da operam. Amicos omnes, nobiliflimum Zelemium impri-
mis, iubeo falvere.
Holmiae Suecorum A°. cIoioclxii a. d. - - Mardi.
xxix J
N= 1001.
Christiaan Huygens a [Lodewijk Huygens].
5 AVRIL 1662.
La hUn et la copie se fi 1 /. : coll. Huygens.
A la Haye le 5 avril 1662.
Voila encore une autre commiflion que mon Père me donne, de luy ajuiter une
lanterne avec 2 ou 3 diverfes peintures dont elle face la reprefentation. Je n'ay
rien a luy refpondre finon que je feray ce qu'il délire, et le plus promptement
qu'il me fera poffible ; mais a vous j'avoucray bien que ces commiffions m'incom-
modent ibrt, et que tout autre que mon père me demanderoit en vain des chofes
femblables. Vous ne feauriez croire avec quelle peine je m'occupe a des telles ba-
gatelles qui me font défia toutes vieilles , outre que j'ay honte que l'on feache par
de là qu'elles vienent de moy. L'on y cft afîez complailant pour faire femblant de
les admirer, mais après on s'en mocquera et non pas fans raifon. Pour l'avenir,
s'il y a aucun moyen détournez moy je vous prie des pareilles corvées.
Je n'ay pas encore vu la defeription ') des petits chandeliers par ce que mon
timmert ende 10 maenden haer aldaer onthouden hebben, ende daer nae meer als 350. mylen
met open cleyne fchuyten over ende hmi^lis der Zee ghevaren. Ailes met feer grooten
perijckel, moeyten ende ongelooffelijcke fwarigheyt. Ghedaen deur Gerrit de Veer van
Amftelredam. Ghedruckt t'Amftelredam, by Cornelis Claefz. op *r Water, in 't Sctarijf-
boeck. Anno 159-- in -4 oblong.
Peut-être s'agit-il de
Louis Spierings, né en 1633 à Anvers, où il mourut en [691. Ll était peintre, voyagea
beaucoup, puis habita Paris, où il travailla pour Louis XIV.
') Voir la Lettre V. 1002.
CORRESPONDANCE. \66l.
103
frère 2) devant que de me la monftrer l'a elle porter a Monfieur de Somerdyck 3).
J'entens pourtant a peu près par le crayon qu'il m'en a lait , en quoy confîfte l'ex-
cellence de l'invention.
Quel cil ce verre en Ovale, ou a quoy lert il que vous dites avoir trouve chez
l'Abbè Charles? 4) car je ne me fouviens pas de l'avoir vu.
Je verray ce que je pouray taire avec Vicquefort 5) ou par le moyen de Ion
frère s) ou en l'allant trouuer moy mefme comme j'ay délia fait une fois.
Voftrc Sire Araat le divertit icy allez bien fans qu'il ibit befoin que nous y con-
tribuions beaucoup ou mcfme que nous y puiffions contribuer, parce qu'il eft per-
pétuellement a jouer aux dez et au verkeer"), avec les jeunes gens d'icy, et cela
citant la pallion dominante, on l'importune quand on l'en empcfchc de quelque
façon que ce loir. Le frère de Moggerfhill i!) l'a traittè la femaine palfée en poillbn
comme il vous fera fçavoir fans doute, nous autres ayant diffère noltre fellin jul-
qu'apres Pafqucs , puis qu'aullî bien il n'a pas deilein de partir encore fi tort.
Monfieur de Maefdamy_) elt dangereufement malade, ce qui fait longer le frère
de Zeelhem de renouuellcr la follicitation IO) et prefentement il elt allé trouuer le
coufin Dedel 1X) à fa maifon de champs. J'ay veu ce que vous mandez de nouuelles
au beau frère s). A Monfieur Petit je ne refpons pas encore par ce que je veux
:) Constantyn Huygens.
3) Cornelis van Aerssen, fils du diplomate François van Aerssen et de Petronella van Borren,
naquit en 1601 et mourut en 1662. Il était seigneur de Sommelsdijk , Plaàt,den Bommel
et Spijk et épousa Lucia Walta, qui lui donna huit enfants, déjà mentionnés par nous (les
„vieilles demoiselles van Aerssen;" voir la Lettre N°. 829, note 10). 11 fut colonel de cava-
lerie, ami intime du Stadhouder Willem II; depuis 165 1 il vivait retire.
4) Voir la Lettre N°. 990 , note 2.
s) Sur Joachim van Wicquefort, voir la Lettre N°. 829, note 16.
6") Abraham van Wicquefort, fils de Caspar van Wicquefort, riche négociant à Amsterdam,
naquit en cette ville en 1598 et mourut à Zelle le 23 février 1682. Destiné d'abord par son
père à l'étude de la théologie, dont il semble ne pas avoir eu le goût , il ne fut inscrit comme
étudiant en philosophie à l'Académie de Leiden qu'en 1621. De 1626 à 1658 il fut résident
de l'Electeur de Brandebourg à Paris, puis devint résident du duc de Brunswic-Lunebourg à
la Haye. Il entretint souvent des correspondances secrètes, entre autres avec Johan de Witt,
ce qui lui attira plusieurs fois des emprisonnements. Il fut nommé Historiographe des Pro-
vinces-Unies.
7) Le jeu de trictrac.
y) Philips Doublet , mari de Susanna 1 1 uygens.
y) Frederik van Dorp, seigneur de Maesdam (voir la Lettre N°. 267, note 3), était alors
membre du Conseil de Hollande, dont, en 1666, il devint le président; il ne mourut
qu'en 1679.
IO) Constantyn Huygens aurait aimé à entrer dans le Conseil de Hollande.
") Johan Dedel, fils de Mr. Willem Joosten Dedel et de Ida Bruins/. van der Dussen, mourut
le 22 mars 1665. Depuis 1621 membre du Conseil de Hollande, il en devint le président le
28 octobre 1653.
104 CORRESPONDANCE. 1662.
m'abftenir de toute méditation mathématique jufques a ce que je me porte tout a
fait bien. Adieu.
N2 1002.
CoNSTANTYN HUYGENS, père, h [CORNELIS VAN AeRSSEN ?] ').
IO MARS 1662.
appendice au N°. 1004.
La , trouve à Amsterdam, Académie Royale des Sciences , fonds Huygens^).
Paris 10 mars 1662.
Monsieur;
Si c'ell tout de bon que vous délirez faire connoiflancc avec mes fuperbcs Chan-
deliers, dont la nouueauté le trouue délia avoir faic^ du bruict dans Paris; en voijci
toute la belle Théorie, et la Prattiquc enfemble.
Je dis, qu'à la refervc du Soleil, toute grande Lumière de loing faicl moins
d'efFccl:, que toute petite de près.
On crt donc moins fervi de plufieurs groiïes Bougies a diftance, que d'une me-
nue proche de la main.
Et voijci les avantages de la menue fur les grofles :
1 . J'en fuis mieux efclairé.
2. J'en confume moins de cire.
3. J'en fens moins de fumée.
4. J'en ay moins d'embaras.
5. Ma lumière eft moins agitée , et pour article capital ,
6. Je n'ai) que faire de moucher ma chandelle.
Si vous en voulez eftre: conlîderez la (Implicite des deux petites Machines in-
nocentes, que je VOUS reprefeme: La première me fert fur la Table de mon Ca-
binet, l'autre auprès du feu , au lict et par tout ailleurs.
Première. Dans le tuijau d'un petit Chandelier de Cabinet, foit rond, oétan-
') Voir la Lettre N°. 1001.
2) Il existe plusieurs copies différentes de cette pièce, une entre autres à la Société Royale,
ou elle se trouve classée parmi les lettres île Chr. I luygens.
CORRESPONDANCE. 1662.
IO^
gulaire ou d'autre figure d'or, d'argent,
de cuivre doré ou d'acier, comme on
les faict joliment h Paris, j'ajulte une
bobefche de mefme eflorfe, courbée
par le millieu, comme celle figure, c'elt
à dire à un angle d'environ 150 degrez,
pour parler félon l'art, en matière li
fublime; le bout A efl ouvert: à celuij
de B, il ij a une poinfte d'Acier qui
efgale BC à CA, je plante le bout BC
dans le Chandelier, et lors CA où je
mets la Bougie entière, par confequent
de ce que defîus s'efcarte de perpendicle
environ a 30 degrez, qui n'ell pas trop
de pente.
Quand la Bougie ell con fumée jus-
qu'à vers A, je tourne la bobefche, et
plantant A dans le tuijau , je fiche la pointe B
dans le bout d'embas de celle Bougie, et lai ife
ainfi brufler ma Cire jufqu'à rien, la pente de-
meurant la mefme.
Par celte panure induflrie, voijci comme je
prouffite les 6 avantages que je vous aij promis.
1. Je fuis beaucoup plus efclairé, que je ne
le fcauroij élire de deux gros flambeaux ou mefehes de lampes, par ce que mon
feu ell tout proche de mon papier.
2. Je confume peu de cire, par ce que ma Bougie, pour trefbien efclairer
de fi près, n'a que faire d'cltre que de 36 à la livre, fur la longueur de 7 pou-
ces de Rhinlande, et une mefche de quatre fils doublez, et je confume tout fans
rien perdre.
3. Je ne fuis incommodé d'aucune fumée de confideration.
4. Je n'aij point d'embaras de grands Chandeliers fur ma table.
5. Ma lumière efl coije et vifue,par ce que la flamme, qui monte ton (jours
droicl, fe defgage du lumignon, et n'en ell ni agitée ni obfcurcie, comme font
celles des Bougies droiétes.
6. Et finalement, Je n'aij que faire de Mouchcttes , qui cil un fale et fâcheux
infiniment fur toute table, quoij que gardé dans quelque placque; celte Bougie
penchante fe mouchant fucceffivement elle mefme , par le petit bout qui fort de la
flamme; qui me femble une délivrance de beaucoup d'importunité pour qui a d'au-
tres penfees.
Seconde, devant le feu et ailleurs voici) la Machine, qui me lért à bien moins
Œuvres. T. IV. 14.
io6
CORRESPONDANCE. \66l.
de façon, faifant qu'un feu! doigt me vault
beaucoup plus qu'un Lacquaij ou un Gué-
ridon.
Ce terrible chandelier n'a gueres plus
de Diamètre qu'un efeu blanc. Contre l'on
tuijau il y a un Anneau fondé, qui ne
touche point embas au pied. Jl eft fort
mollement poli par dedans, et large à ij
pafler tel doigt qu'il vous plaift, jufques
par deftu:~, la joinéture. Celuij de devant,
ou bien le grand du millieu ij font les plus
propres. En iuitte le Chandelier, tourné
vers le creux de la main (qui eft le plus
ailé) pafle avec partie de fon pied fous le doigt qui le porte, lequel l'empefche de
tourner, quoij qu'aucun autre doigt ne le ferre: tout le relie pouvant fervir a
d'autres ufages.
Dans le Tuijau j'ajulle une Bobefche droicte, ouverte d'un collé et poinélée de
l'autre, pour le mefme ufage que defius; l'ans qu'elle aijt befoin d'eftre courbée
comme l'autre, par ce que pour dégager la Haine du lumignon , on biaile la bou-
gie de la main autant qu'on veut.
Cefte bobefche droicte eft de la mefme hauteur que le Tuijau, de forte que
quand fon collé ouvert eft embas, il n'ij a que la pointe qui forte dehors: quand
il cil en haut, elle fort du Tuijau autant que la pointe eft longue, et cefte fail-
lie fert à la retirer aiiément.
Si vous trouvez encor trop de façon a tout cecij , voijci
mon dernier expédient, qui en effeét me fert tout autant
que la Bobefche, Je n'ai) faiét mettre qu'un petit bout de
Tuijau fur le Pied du Chandelier, en achevant le relie de
la hauteur qui m'aggrée par la pointe d'Acier, ou je fiche
ma bougie tres-aijfement et très ferme, comme icij.
Quelque forte de ces deux que vous choififfiez, lâchez
qu'en un befoin la mefme main qui eferit porte aifément
fa chandelle, en ne tournant que le chandelier en de-
hors, et pall'ant le doigt du millieu par l'autre collé de
l'anneau.
Mais notez que ce bout de tuijau eft ouvert par embas,
pour fervir a efteindre la Bougie, comme font autrement les bobefehes, par
ou les mefehes eftouffées con fervent leur longueur, de forte que rallumées,
d'abord elles font autant de Haine qu'il en faut pour tenir la bougie lèche, et fans
degoufter.
Car lois aufïï, je lifche la pointe en tel endroict de la bougie et avec autant
CORRESPONDANCE. 1662.
IOT
de pente que je veux, et cela peut au beibin valoir une bobefche courbée comme
vous voijez.
Que s'il vient à point de planter foudainement le Chandelier fur quelque table
ou ailleurs, je tourne la pointe embas , et l'ij fiche tant
qu'il me plailt, (bit tout droiét ou de biais, et mets la
Bougie dans cette dite ouverture du pied , qui lors
renuerfé fert de chandelier ainfi.
Encor depuis auons nous trouvé moijen de garder
le Tuijau du Chandelier, qui peut venir à point, et de
nous palier de toute Bobefche. Ccft que contre le cofté
dudit Tuijau je faij fonder la Poinéte d'Acier à telle
eminence qu'il me plailt, et ainfi je n'ai] plus à faire
qu'à une pièce, et ne fuis fubjecl à rien tourner, comme
fe void en celle figure.
Il ij a du mijfrcre à ce que jaij dit, que l'anneau ne
touche pas au pied du Chandelier: c'eft qu'eftant un
peu efievé il fert à ij paiïer le bout fondu de la Cire
d'Efpagne , fans toucher à rien , dont on fe trouve embaraffé en
cachettant des Lettres.
Vous m'allez faire deux objections d'apparence. Mais je les fon-
drai] aifement.
1. Vous craignez qu'une Bougie de Biais ne dégoutte: La defliis
je vous apprens, que comme on l'allume, s'il ne fort beaucoup de
Mefche hors de la Cire', elle elt iubjecle à laiffer tomber quelque
goûte : par ce que fon petit feu faifant fondre plus de cire qu'il n'en
feauroit manger, le furplus découle neceflàirement un peu, fi on
ne tient la Bougie fort coije et droicte. Mais dès que la flamme a
prins fon eltendue, qui arrive dans un moment après, elle devient
la maiitreffe. Le haut de la bougie fe feiche tout à faict , et ainli
elle fe confume jufqu'au bout, fans que rien dégoutte, quand
mefme on lui) donne beaucoup plus de penchant que deffus, qui elt
chofe très vérifiée.
2. Vous appréhenderez,. peut eltre, que le feu fi proche ne vous jncommode
la Veuë. Pour moy, vous fçavez que je l'aij auffi tendre que Perfonne , Mais
pourtant je vous affeure que je n'en feus aucun inconvénient, car en effect, je mets
ton (jours le bord de mon chapeau entre deux, et ainfi la flame et moij nous ne nous
voyons point.
Voila bien du prone fur peu de fubject. Mais vous feavez qu'il ne faudrait pas
moins de dilcours fur la véritable Anatomie d'une Mouche, que fur celle d'un
Eléphant; et puis il a fallu vous obéir, puis que je fuis.
Io8 CORRESPONDANCE. 1662.
N2- 1003.
H. Oldenburg à Christiaan Huygens.
8 AVRIL 1662.
La lettre se trouve à Leideu, coll. Huyg
Monsieur
Celuy qui vous rend celle-cy, Moulicur Colhans '), Docteur eu médecine, s'en
retournant en Allemagne , et fouhaitant de pouuoir voir les perfonnes fcavanr.es et
curieufes de la Haye, i'ay crû devoir vous l'addreflèr, et vous fupplier de le rece-
uoir auec la mei'me humanité, que vous auiez la bonté de me tefmoigner, quand
Pavois l'honneur de vous voir Telle pafTé. Il fera très aile de voir voftre Machine
Pneumatique, et vos Lunettes d'approche; et s'il vous plaifoit de luy monitrer
quelques vues de ces Expériences, que vous auez communiquées à noilre Société
de Grefham , luy et moy vous en ferions très obligés. Entre autres , celles la , que
vous auez faites fur l'eau, qui ne defeend point, et pour trouuer lapefanteur de
l'air, et la viftefle de la cheute des plumes, le raviront. Je cheriray toutes les oc-
cafions, que vous me ferez naître, pour vous témoigner ma reconoi (Tance pour
les faveurs, que ce mien amy recevra de voftre generofité. Touchant les choies,
qui paffent parmy nos Philofophes icy, ie fcay que vous en auez de bien meilleurs
advis par le moyen du Chevalier Mourray, que ie ne vous en feauray donner.
C'elt pourquoy ie ne vous diray rien de nouueau de ces quartiers icy ; mais au lieu
de cela ie vous feray part de ce que Moulicur Thevenot m'envoya de Paris, il n'y a
pas long temps, touchant cette def'couuertc -), dont, ce me femble, ie vous parlay
l'clté précèdent 3). Apres auoir dit, qu'il fait citât d'en mettre le traité en meilleur
ordre, il me dit en peu de mots, que toute cette defcouuerte cil d'un Mouuement
dans l'air mefme par lequel il croit de pouuoir mieux expliquer la caufe du mou-
uement du Punctum Saliens dans l'œuf, du diaphragme , des poulinons, du cœur,
du cerveau , que par les hypothefes qu'on en a données iniques à cette heure. Et
il adjoute, que ce que luy en donne meilleure opinion , c'elt que lors qu'on vient
a expliquer la choie mefme mechaniquement, fans y employer autre agent que
ceux, qui lé rencontrent afîuremcnt en nous, l'on fait les diaitoles et les fyltoles
Johann Christoph Kohlhans naquit le [6 juillet i6o4àNeustadtan der Haide,etmourutà
Cobourg le 9 septembre 1677. En 1633 il devint professeur de mathématiques à Cobourg.
En 164; il s'enfuit . à cause de la guerre, à Gôttingen , mais il retourna en 1653 à sa chaire de
Cobourg. ("était un hébraïste renommé.
( lonsultez la Lettre N°. !
Consultez la Lettre N°. 881.
CORRESPONDANCE. 1662. 1 OO
qu'on obferue dans ces parties, dont il vient de parler, auec toutes les circonstan-
ces, que nous y remarquons. C'efttout ce qu'il m'en mande, qui elt afTez impar-
fait : et peut eltre qu'il vous en a délia communiqué plus departicularitez, comme
aufïi la machine, dont il fe fert pour ce mouuement. Mais Monfieur Colhans
vient juftement pour me dire Adieu, et eftant prefîë ie fuis obligé de finir abrupte-
ment , vous priant de vouloir croire, que ie fuis parfaitement
Monsieur
Yoftre très humble et trefobeifTant feruiteur
H. Oldenburg.
A Londres le 29 Mars \66i.
A Monfieur
Monfieur Christian Huygens de Zultchem
à la
Haye.
N2 1004.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
12 avril 1662.
La lettre et la copie se trouvent h Leiden, coll. Huygens.
le 12 avril 1662.
En débitant mes railbnnements derniers ') ne laifîez pas d'y adjoufter que je
n'en fuis pas bien fatiffaict moy mefme, et que je doute ton fj ours s'il n'y a pas
quelqu'autre principe a confidercr en cette matière outre ceux de la pefanteur et
du reflbrt de l'air, par lefquels feuls j'ay tafchè de rendre rai fon des phaenome-
nes propofez.
Puis que l'on a donne un nouuel habit a ma lunette je voudrais qu'on m'envoiafl:
celuy qu'elle vient de quiter, puis qu'il reliera là inutile; cela le ponrroit ou par
la voye de lkufîelles ou par celle de Rouen. Les verres pour la lanterne et pour la
') Consultez la Lettre N . pyy.
I IO CORRESPONDANCE. l6Ô2.
lunette de Monfieur le Marefchal de Grammont :) font délia laits et feront bien-
tôt!, mis en oeuvre, mais je fuis en peine du petit miroir , car celuy que vous m'avez
envoie cil un morceau d'un miroir concave et pour cela inutile, et j'appréhende
que ceux que vous me promettez tout polis ne foient de mefme. Il eft mefrae fi
mince que je ne icaurois luy donner une fuperficie platte. au relie l'efioftc cil
très bonne et blanche.
Comment peuvent eltre faites ces horologes de Thuret 3) des quelles mon Père
donnerait 10 ou 12 piitoles de retour par deflus la fiene ? fi nous en fçavions la
forme elle pourrait fervir d'inhxuction aux mailtrcs d'icy.
Je vous demanderais encore la defeription des caroiïes de la nouuelle façon , ii
je ne croiois que le frère de Moggerfhill m'a délia prévenu. Monfieur Amat en
dit beaucoup de bien, mais il me femble qu'il n'en feait rien que par ouy dire.
Nous luy donnons aujourd'huy a difner et avons encore prie (outre il Signor
Chaife et Bufero) Glefer, van Leuwen et Armainvilliers pour rendre le feftin plus
honorable. Maiftre Jaque 4) en a la direction , de quoy pourtant il n'elt pas befoin
que vous difiez rien à mon Père.
J'ay veu et j'ay mefme apporté avec moy ces lettres que vous dites de Moniteur
Petit et du Ilamel 5). pour celle de Monfieur Fermât â) ne prenez pas la peine de
me la faire copier fi ne c'ell que Monfieur Petit croije qu'elle le mérite.
Monfieur de Maefdam revient de fa maladie r).
Vous me feriez grand plaifir de me mander quelque choie des intrigues de Père.
Cela demeurera entre nous , je vous le promets. Adieu.
:) Voir la Lettre N°. 999, note 13.
-1) Thuret était un habile horloger et mécanicien à l'avis, qui plus tard eut une querelle très
vive avec Christiaan Huygens an sujet de l'octroi que celui-ci demanda pour ses nouvelles
horloges.
Le cuisinier qu'employait Constantyn Huygens, père. Consultez la Lettre N°.744.
s) Jean Baptiste Duhamel naquit en 1624 a Virrcf Normandie) et mourut à Paris le 6 août 1 -06.
Il entra à l'Oratoire en 1643 el en sortit en 1653 , pour devenir cure de IVenilly sur Marne:
en 1656 il devint aumônier du roi et en 1666 secrétaire perpétuel de l'Académie des Scien-
ces; com me tel il eut pour successeur, en [697 , le Bouyer de Fontenelle. Il était astronome
et physicien.
rt) Il s'agit ici îles pièces Nos. 940 et 95 1 . Consulte/, la Lettre N°. 1005.
") Consultez la Lettre N°. 1001, note y.
CORRESPONDANCE. \66l. III
N2 1005.
ClIRISTIAAN HUVGENS h [LODEWIJK HuY.GENS],
19 AVRIL 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A la Haye le 19 avril 1662.
Puis que j'ay promis d'envoier la lanterne il faut qu'elle aille, car aulîi bien
ne fcatirois je inventer d'excufe valable pour l'efquiver. Mais lors qu'elle fera
arrivée fi vous le trouvez a propos vous ferez aifement qu'elle ne puifTe point
fervir, en oltant un des 2 verres qui font proche l'un de l'autre, de forte qu'il en
demeurera encore 2 de relie , car il y en a 3 en tout. Je feray lemblant d'ignorer
ce qui y manque, et parmy ces eclaircifiements il le parfera du temps autant qu'il
en faut. Et tout cecy pour le mieux; parce qu'il me femble que où •jrpeTei à mon
Père de faire jouer de telles marionettes au Louvre, et que je fçay bien que
vous ne feriez pas bien aife de l'y fervir comme le coufin Micheli au Seigneur
d'Aumale.
Ces 3 verres le font cafïéz heureufement dans voftre poche, mais pourquoy en
aviez vous plus d'un? ou aviez vous peut élire deffein de redreffer la peinture?
Pour les planches je ne voy pas pourquoy elles vous font fi grande peur , car du
moins il n'en fera pas prefent au Roy. Je fçay qu'il a leu autrefois le pafTage
de Balfac et apparemment il ne l'aura pas oublié. Il me tarde de veoir quelles
auront elle les penfees du bon Monlieur Chapelain touchant mon expérience.
Celle de Monlieur Thevenot, de la caufe de la defeente plus facile de l'eau
fraiiche que de celle qui a eux purgée, quoy qu'elle foit fubtile n'eft pourtant
pas véritable, car ce qui fait que l'eau fraiiche defeend touljours c'efl que dans
cellecy il ne manque jamais quantité de petites bulles qui montent vers en haut,
defquelles il n'en faut qu'une feule pour faire efcouler toute l'eau de la boule de
verre, auili bien quand c'ell de l'eau purgée que quand elle cil fraiiche, à fça-
voir quand on a tiré prefque tout l'air hors du récipient.
Quant a voftre autre difficulté, comment l'air eftant raréfié 100 ou 1000 fois,
peut avoir encore alïéz de force, pour par l'on reffort contrebalancer 2 pieds d'eau;
je croy qu'il ne faut point admettre que ledit refibrt s'afrbiblit à mefure que l'air
s'cllend; ce qui n'a point auffi elle vérifié jufqu'icy , et fi l'on le trouue ainii (dont
je vous feauray bientoll dire de nouuelles, après que j'auray appris les particula-
rité/- d'une expérience que Monlieur Boile a faite fur ce fujecY) je révoque tout
ce que j'ay eferit des caufes de ces derniers phaenomenes.
Le problème de Monlieur Fermât m'avoit elle délia communiqué par Moi1.-
112 CORRESPONDANCE. \66l.
lieur de Carcavy '), quoy que fans demonftration, a qui j'ay refpondu2) qu'il y a 3
ou 4 ans que je l'ay trouvé le premier, et communiqué 3) a Monfieur Wallis entre
autres, qui l'a inferè dans un lien traite 4) imprimé en l'an 1659. ^a demoniïra-
tion eft encore beaucoup plus claire et plus parfaite que celle de Monfieur de
Fermât.
J'ay trouuè a la fin un morceau de miroir fort bon pour ajurter dans la lunette
de Moniteur le Marefchal de Grammont, qui eft trefexcellente pour fa grandeur.
Monfieur d'Amat et Chaife font encore a Amsterdam.
On dit que Bruno eft mort 5); la nouuelle vient de Bufero le cadet, qui eitoit
de les difciples en Poelie.
N°= 1006.
]. Chapelain à Christiaan Huygens.
24 AVRIL 1662 ').
La copie se trouve à Parts, Bibliothèque Nationale.
A Monfieur Christianus Huggens de Zulichem, à La Haye
en Hollande.
Monsieur
Ayant eu communication par Monfieur voftre Frère de voftre dernière lettre -)
ou vous inuités ceux qui s'afTèmblent chés Monfieur de Monmor pour les queftions
naturelles de méditer et chercher la raifon qui peut faire que lorfque vous aués
tiré tout L'air du grand Récipient qui enferme le baquet et la phiole à long goulot
') Voir les pièces Nos, 049 et 95 1 .
.Vous n'avons pas pu trouver cette lettre de Chr. Huygens à F. de Carcavy.
3) Voir la Lettre N°. 512.
4) C'est l'ouvrage „Tractatns II De Cycloide et Epiftolaris." Voir la Lettre N°. 690, note 3.
I llenricus Bruno ne mourut qu'en avril 1664.
') Evidemment cette lettre n'a pas été expédiée, mais n'est que l'av.int-projer de la Lettre
N°. 1008.
("est la Lettre N°. 999. Consultez , pour la description détaillée de l'expérience , la Lettre
N°. 977-
CORRESPONDANCE. \66l. I 1 3
renuerfée la pointe en bas dans le fond de l'eau de la phiole , y deicend toute , et
que cette mcfme eau y eftant toute remontée auec impétuofité lorfque vous aués
redonné de l'air au grand Récipient, qui peut, dis-je caufer que le tirant une féconde
fois par la pompe de ce Récipient l'eau de la phiole demeure fufpendùe dans la
phiole et n'en peut eftre tirée en bas qu'auec une très grande [?] 3) peine et lors feu-
lement qu'une bulle d'air s'éleuant du fond de l'eau du baquet monte vers l'eau fuf-
pendùe et s'eftendant le long des parois du goulot entre l'eau et les parois la détache
et la fait tomber. C'eft ainfi, Monfieur, que j'ay conceu voftre propofition et ces
autres Meilleurs aufii. Or comme vous n'eftes pas fatiffait de vos raifonnemens fur
cette Merveille et que je ne le fuis pas non plus des conjectures de ces Meilleurs,
je hazarde les miennes fur voftre fornication et quoyque tout a fait inférieur à vous
et à eux en ces matières je ne laiffe pas de vous les expofer afin que vous en jugiés,
et je ne les expofe qu'à vous devant qui je ne crains point de monftrer ma foiblefie
et de qui je fuis affuré d'eftre excufé fi je n'en fuis loué. Vous fcavés que de tou-
tes les opinions anciennes touchant la matière du Monde je trouue celle de Démo-
crite la plus receuable et que fa pofition des atomes pour cela rit plus a mon efprit
que celle de tous les autres Philofophes qui ont ruminé la deiïus. C'eft fur cette
doclrine des Atomes que je fonde l'explication de ce Phaenomcne que vous nous
avés propofé. Et auant que d'y venir, il eft nécefTaire que je vous die que de ces
Atomes ceux qui compofent l'Elément du feu doiuent auoir plus de mobilité et
par confequent de vigueur que ceux qui compofent l'air, et ceux qui compofent
l'air plus que ceux qui compofent l'eau, et ceux qui compofent l'eau plus que
ceux qui compofent la terre, ce qui eft caufe de leur feparation mutuelle et des
differens eftages qu'ils tiennent dans l'Univers, quoy qu'ils ne fe puiffent pas tel-
lement feparer que de chacun d'eux dans chacun d'eux il ne fe trouve des parties
méfiées et engagées qui fcruent par ce moyen aux afièmblages qui font les généra-
tions et aux detachcmens qui font les corruptions. Dans cet ordre de différente
forte de mobilité d'Atomes je fuppofe que le feu qui eft le plus mobile n'eft excité
par aucun autre Elément à fe mouuoir, au contraire que ce qu'il y peut auoir d'eux
en luy ne fert qu'a reprimer et a retenir fon impétuofité. Pour l'air je fuppofe qu'à
la grande mobilité que luy donne la nature de lès atomes il s'y en adjoufte une
nouuelle par les Atomes du feu qui font engagés dans fa mafie et qui luy fait auoir
un plus rapide mouuement encore qu'il n'auroit s'il en eftoit tout purgé. Je dis la
menue choie de l'Elément de l'eau qui eftant beaucoup moins mobile par la nature
de fes Atomes que les deux autres Elemens par les leurs, double, triple et quadruple
fa mobilité par celle des Atomes d'air et de feu qui font engagés et femés dans fa
mafie pouuant y entrer et en fortir par les voyes du petit uide femé entre eux. Il
en eft de mcfme de l'Elément de la Terre a l'égard des trois autres Elemens qui
3) Ici la pnge est déchirée.
Œuvres. T. IV.
I 14 CORRESPONDANCE. \66l.
Ce trouuant méfiés auec les Atomes moins mobiles qui la compofent par les leurs
plus agites en eit aidée dans les productions diuerles qui font autant de mouue-
mens qu'elle l'ait , et quelques lois emeùe et ébranlée lors qu'il y en a une trop
grande quantité amafTee dans quelque lieu de les entrailles. Je me figure auffi la fi-
gure de Tes4) Atomes diuerfe l'une de l'autre félon l'Elément qu'ils conftituent;
ceux du feu l'ont conceus par moy comme ronds , ceux de l'air comme courbes ou
triangulaires, ceux de l'eau comme droits, et ceux de la terre comme rameux et cro-
chus de tous collés; ce qui fait que l'Elément de la terre demeure uni en luy mefme
et fi difficile a Ce détacher d'une partie plus ou moins aifée a Ce i'eparer et mouuoir
félon que l'es Atomes font plus ou moins fermes crochus et rameux. Ce qui fait
d'autre cofté que l'Elément de l'eau coule fi facilement a caufe que fes Atomes
font droits et que ne trouuant rien dans l'a maffê qui les retienne ils glifTent fans
peine et le meuuent du collé dont ils l'ont pou (Tes par leur propre mouuement et par
celui des Atomes d'air et de feu qui y font méfiés. La figure courbe et triangulaire
que j'attribue a ceux de l'Air jointe a la plus grande mobilité que je fuppofé qu'ils
ont de leur nature les rends plus propres auffi à lé méfier parmi ceux qui forment
l'eau et la terre pour les mouuoir en les feparant et en les pouffant, fans que cette
figure courbe ou triangulaire pui fié feruir a les faire s'entrelier eux mefmes dans
leur propre malle Elémentaire ni dans les deux autres ou ils lé trouuent engagés,
ou du moins qui fert a les détacher ai Cernent les uns des autres s'ils (attachent en-
femble quelques fois. Pour ceux de feu la forme de globe que je leur donne em-
pefche tout accrochement entre eux, leur conferue toute la mobilité fouueraine
qu'ils ont par leur nature et leur fert a redoubler et accroiflre celle des Elemens
moins mobiles dans lefquels ils le trouuent engagés. Sur cette fuppofition dont
l'explication eiloit neceflairc pour celle de mon opinion fur la queftion propofée;
et qui ne s'ell pu faire plus fuccinctement , Je dis que la caufe de cette fufpen-
fion de l'eau dans la phiole après qu'on a tiré l'air du Récipient pour la féconde
fois vient d'une part de la figure de l'eau, droite comme des aiguilles fur des piliers
carrés ou a trois faces qui le peuuent facilement approcher les uns des autres du
haut en bas et toucher en tous les points de leurs fuperficies; Et de l'autre de la
figure eftroitte du col ou goulot de la phiole. Car la première fois qu'en pompant
on vuide l'air du grand Récipient l'eau de la phiole qui eiloit fufpendïie dans la
bouteille et dans l'on col par le refibrt de l'air du Récipient lorfqu'il y eiloit en-
core, n'ellant plus foullcnuc par ce refibrt tombe en bas par l'on poids et la mo-
bilité naturelle et par l'aide de celle de l'air qui eiloit engage et méfié auec elle
dont la partie la plus fubtile prefiée en tombant par les parois du col s'en efchappe
et monte a la place de l'eau de la phiole qu'elle remplit en partie au moins fi elle
4 Lisez: ces.
CORRESPONDANCE. 1662. I I 5
ne la remplit tout a fait, ce que je croy plus vrayfemblable a caufe de cette raré-
faction inconceuable fans l'admiflïon du uide entre les parties raréfiées. Mais
quand l'air a elle redonné au Récipient et que l'eau eft remontée impetueufement
dans la phiole le mefme col ertroit de la phiole empefche en prefTant l'eau dans fon
afcenfion d'emporter auec elle tout l'air qu'elle auoit méfié dans fa maïïe lors
qu'elle eft defcendùe par ce qu'elle en a déformais moins a caufe que cet air méfie
dans fa mafTe et tombé auec elle dans le baquet ne fe trouuant plus contraint par le
reffort de l'air auant qu'il euft efté redonné au Récipient, s'eftoit dégagé de l'eau
du baquet par les pores de fa furface et s'eftoit femé et efpandu dans la capacité
du Récipient uide d'air par la pompe la première fois , deforte qu'il n'en monte
point vers le haut de la phiole par le dedans du goulot , ce qui fait que quand l'eau
y efl: montée, elle efl bien plus preffée et condenfée en elle mefme qu'elle n'eftoit
auant que d'en eftre defcendiie et que prix pour prix il y a plus de matière aquée
qu'il n'y en auoit et dans le baquet moins; ce qui fe pourroit juftifier fi en cafTant
prontement les verres on pefoit l'eau du baquet et celle de la phiole feparement et
que l'on en comparait les poids aux poids feparés de leurs maflès qu'on auroit ob-
ferués et marqués auant que de les enfermer chacun dans leurs vafes la première
fois. En cet eftat des choies lors que l'eau efl remontée impetueufement dans la
phiole après l'air redonné, on voit vers le haut de la phiole une bulle d'air de la
groffeur d'un grain de Cheneuis, laquelle félon moy n'eft point de l'air que l'eau
en remontant y a entraifné auec elle, ce quej'ay monflré ne pouuoir élire à caufe
du preffis de l'eau afeendante plus propre a en faire fortir l'air par en bas qu'aie 5)
faire monter l'air par le haut. Cette bulle donc, comme je croy n'eft autre chofe
que l'air qui eftoit demeuré dans la phiole exprimé de l'eau a fa defeente par le
preffis du canal et eftendu dans l'efpacc abandonné de l'eau , lequel air comprimé
par la mefme eau lors qu'elle remonte auec impetuolité, fé ramaffe en un petit ef-
pace et forme la bulle qui paroift en un inftant et qui difparoift enfuite mais long-
temps après et fans doute peu a peu et en degroffiffant par ce que l'eau remontée
rempreigne comme auparauant et le boit entièrement. Mais quand on tire l'air du
Récipient la féconde fois par la pompe, cet effort ne tire pas feulement l'air qui y
eftoit rentré mais encore une fort grande partie de celuy dont l'eau du baquet et
de la phiole eftoit demeurée, ce qui le pourroit juftiffier par le notable abbaiffe-
ment de l'eau du baquet cette féconde fois que l'on pompe en comparaifon de la
première, par ou on jugeroit que l'air intérieur qui la fouftenoit en feroit forti.
Ce que l'on doit auffi prefumer de l'eau de la phiole d'où l'air dont elle eftoit im-
prégnée auroit auffi efté tiré par cette féconde pompe, d'où il arrive non pas que
feau de la phiole en foit plus légère et ne defeende pas par cette raifon , citant au
5) Il faut biffer ce mot „le.
I I 6 CORRESPONDANCE. 1662.
contraire plus pelante par fa conden fanon; mais qu'a force d'eftre conden fée et
preiïee par l'extraction de l'air qui y cftoit enfermé, les atomes de la m a fie d'eau
s'approchent et fe joignent les uns aux autres de toutes leurs longueurs et fe pref-
fant dans le canal s'cmpefchent les uns les autres de couler et de defcendre comme
feraient des ballons unis qui s'entreprefTeroient dans un paflage eftroit et plus ils
feraient chargés par un fardeau fuperieur ou par des coups de marteau plus ils fe
ferreraient et moins ils fe renuerroient. Cela fe preuve encore plus clairement par
une grande foule de fuyards qui bouchent le pafTage de leur fortie à force de fe
prefler pour fortir et par un exemple encore plus femblable a l'cfpece prefente
lors qu'on renuerfe une bouteille pleine de liqueur d'eau ou de vin ne fe vide point
ou ne fe vuide qu'à peine quoy que dans cette liqueur il y ait de l'air méfié qui luy
peut feruir a en tomber plus facilement. Que s'il monte du baquet par le goulot
quelque bulle d'air par le haut de la phiolc et que par fon actiuité et fubtilité coule
entre l'eau ou les parois du goulot ou mefme dans la malle condenfée , alors cette
eau aquerant de l'aifancc a le mouuoir par le meflange de l'air qui s'y eft meflé et
dont elle s'elt rempreignée, fent détacher fes atomes droits les uns des autres et
fe meut vers le bas ou leur pefanteur naturelle les porte, ce qui n'arriueroit pas
s'il ne montoit point de bulle d'air par le goulot et que cet air de la bulle ne s'infi-
nuaft, point entre les atomes droits de l'eau entaffée par fa puilïante actiuité. C'eft
là la raifon que j'ay cren pouuoir rendre par mes principes de cette fufpenfion
d'eau a la féconde extraction de l'air du Récipient qui fe trouucroit encore plus
certaine fi l'on mettoit dans le baquet une phiole de petite capacité pour fon globe
et de grande pour fon goulot et que l'on la remplit d'eau comme l'autre; car il ar-
riueroit que dans la première extraction de l'air toute l'eau de la phiole tomberait
de mefme dans le baquet et qu'elle tomberait auffi dans la 2e a caufe que la largeur
du canal en emprefferoit le preffis. C'eft ce que je penfe de la queflion, vous ï'ef-
prouuerés et en jugerés. Je fuis, Monfieur, Voftre,
De Paris, ce xxime avril mviclxii.
CORRESPONDANCE. î66:
il7
N= 1007.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
26 AVRIL 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A la Haye le 26 Avril 1662.
Par ce que vous nie mandez de voltre vifite chez Monfieur de Montmor je voy
clairement que les conférences y vont encore du mefme train que lors que je les
frequentois. J'y ay entendu fouvent cet Ariilotelicien '), qui diiputc avec tant de
furie , et s'il euft dépendu de moy , je l'aurois banni de l'a.
J'ay peur que vous n'ayez mal expliqué ce qu'il y avoit d'ambigu dans ma lettre 2)
touchant la deicente de l'eau, car elle demeure afTuremcnt fans tomber la plus part
du temps, et il arrive rarement qu'il y monte une petite bulle. Le raifonnement
de Monfieur Chapelain touchant cette bulle eft fubtil et il a raifon de trouver
eftrange que l'eau ayant a peine produit cette petite quantité d'air, en p ni fie fournir
après beaucoup plus en un moment. Il femble qu'il faut pofer que ce font les par-
ticules mefmes de l'eau qui acquièrent icy la forme d'air, et qu'elles s'elevent plus
facilement de la fuperficie qui termine la bulle commencée, qu'elles ne fe feparent
de l'eau dedans fa malle, pour commencer a former la dite bulle. Car pour recevoir
l'opinion de Monfieur Chapelain , il faut non feulement admettre une extenfion de
l'air immenfe, plus grande que d'un a 1 000000, mais outre cela que l'air eftant fi
fort ellendu, prefîè encore alors par fon reflbrt fur la fuperficie de l'eau autant que
la hauteur de 2 pieds d'eau , ainfi que dans une de mes lettres 3) j'ay demonftrè, ce
qui pourtant n'eft pas concevable. Ce n'eft pas auffi l'air que l'on laide entrer par
le robinet qui contribue a aggrandir la petite bulle, car on le laiffe venir fort
lentement, de forte qu'on remarquerait facilement s'il en montoit quelque bulle
vers la boule a travers de l'eau. Mais voila afTez de philofophie.
Il y a 3 jours que Monfieur Vicquefort m'envoya les livres tant attendus, dont
j'ay fait auffi toit la diitribution. Le Roman de Pharamond 4) avoit la mine d'avoir
eftè lu bien de fois, mais je veux croire que c'aura efté par vous et vos amies devant
que de l'envoier. Dans le pacquet pour moy il y avoit un livre Italien 5) de l'art
r) Antoine Potcria. Consultez la Lettre N°. 808.
:) Voir la Lettre N°. 9--.
3) Voir la Lettre N°. $j~.
4 Faramond ou l'Histoire de France par la Calprenede. Paris 166] . 12 Vol. in-83.
L'auteur de ce roman est
Gauthier de Costes, seigneur de la Calprenede, né à Tolgou (Cahors) et mort à Paris en
octobre 1663. Il fut officier et devint en 1650 gentilhomme de la chambre; il a écrit beau-
coup de romans et de tragédies.
s) C'est l'ouvrage de Mancini, cité dans la Lettre N°. 774, note y.
I I H CORRESPONDANCE. 1662.
des Telefcopes pour le quel je vous prie de remercier de ma part Monfieur The-
venot. Il n'en feigne pas grand chofe, et je ne puis pas me plaindre qu'il m'ait
prévenu en rien de ce que j'ay efcrit fur cette matière.
Il y avoit encore les 2 exemplaires du livre rt) de Monlieur Huet,que Mon-
fieur Chapelain y a mis avec un petit billet ") de fa part, auquel je diffère de faire
refponfe jufqu'a l'autre femaine par ce qu'aujourdhuy c'elt icy un jour de dévo-
tion. Meffieurs Chaife et Amat font encore abfens, peut élire que d'Amfterdam
ils feront paflèz dans la Nort hollande et Frife.
Les 2 gros pacquets de lettres les attendent chez eux.
Les pièces de miroir font fort bonnes , et il y en auroit pour plus de 6 lunettes
M Ton pouvoit les couper par quelque moyen. Avis a Monlieur Petit ;i). Je l'eclair-
ciray 9) fur ce qui regarde l'aequation du temps par l'ordinaire prochain. Voyons
je vous prie les efchantillons. Adieu.
N° 1008.
J. Chapelain à [Christiaan Huygens].
30 avril 1662 r).
La lettre se trouve à Le'tden, coll. Hi ■: ■
Huygens y répo it par le No. 1021.
MONSIKUR
J'ay eu communication de voftre dernière lettre :), par laquelle vous inuités cens
qui s'affemblent chés Monfieur de Monmor pour y agiter les Queftions naturelles,
à chercher la raifon qui peut faire que que quand on a tiré par la pompe tout l'air
Voir l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 90K . note 1.
Nous n'avons pas trouvé ce billet.
Voir la Lctl re N°. 1 01 2, où Petit indique la manière de tailler les miroirs.
9) Consultez la Lettre N°. 1015.
') Voir la Lettre N°. [ 006, avant projet de cette lettre ci.
3) Consultez la Lettre N°. 999,0t. pour la description détaillée de l'expérience la Lettre
CORRESPONDANCE. 1662.
119
du Récipient dans lequel eft enfermé vn baquet auec
vn ou deux pouces d'eau au fond et vue phiole a long
col renuerfée ayant le col plongé dans l'eau du ba-
quet, elle raefrae pleine d'eau, du haut en bas, quelle
raifon , dis je, peut faire que de la première fois que
l'air a cité tiré du Récipient toute l'eau de la phiole
defcend dans le baquet , et qu'après que l'air a efté
redonné au Récipient, l'eau defcendiïe dans le ba-
quet eftant remonté dans la phiole , à la féconde ex-
tracl ion de Pair l'eau de la phiole y demeure fu (pendu e,
fans en pouuoir eftre tirée en bas jufques a ce que du
fond de Peau refiée dans le baquet il s'eletie y n petite
bulle d'air7'') qui le groflît en montant, et qui eftant
montée dans le col de la phiole a vne certaine hauteur
comme d'vn pouce au deflus de la fuperficie de leau
du baquet fans le difloudre, s'eftend et le joint aux
deux parois du col, puis fa baie tenant touijours ferme
à cette hauteur fe diiïbut et perd fa figure de bulle, et
les parties difïbutcs montant vers le haut de la phiole et s'infinuant entre Peau du
cul et [es parois 4) et peut eftre dans la maflTe de l'eau fufpendùe la font defeendre
dans le baquet quoy qiPauec beaucoup de peine et de temps. C'eft ainfi , Monfieur ,
que j'ay conceu voftre Propofition par la leéture de voftre lettre, par l'inlpection
de la reprefentation de la Machine et par le fecours que Monfieur voftre Frère 5)
m'y a donné en me l'expliquant. Or comme vous n'eftes pas fatiffait de vos pro-
pres conjectures fur cette merucille, et qu'elles ne me contentent pas tout a fait,
beaucoup moins encore celles qui daillcurs l'ont venues a ma connoifiance, je
hazarde icy les miennes fans les opiniaftrer et fans en relpondre, puifquc je fuis
l'vn des inuité.s, quoy que le plus foible de tous en ces matières, vous les expofant
afin que vous en jugiés , et je ne les expofe qu'a vous , deuant qui je napprehende
point de monilrer ma foiblefTe , et par qui fi je n'en fuis loue , je fuis du moins cer-
tain den eftre exeufé.
Vous feaués defja fans que je vous le die, que de toutes les opinions anciennes
touchant la matière du Monde, celle de Democrite m'a toufjours femblé la plus
plaufiblc, et que fa pofition des Atomes a plus ri a mon imagination que celle de tous
les autres qui ont médité la deflus. C'eft aufll fur cette doctrine que je fonde mon
:1) Ces lignes, et plusieurs autres dans la suite de cette lettre, sont soulignées au crayon par Clir.
Huygens; nous les avons indiquées par des caractères italiques. Ce sont les passages aux-
quels se rapportent les notes de Huygens a la lin delà lettre: l'objection i a rapport à cette
phrase-ci.
4 Voir l'objection 6.
5) 11 s'agit de Lodewijk Huygens. Consulte/ la Lettre .V . 100-.
I 20 CORRESPONDANCE. 1662.
explication du Phaenomene que vous nous aués donné a confiderer. Mais auant
que d'en venir a cette explication, j'ay befoin que vous m'accordiés , félon mes
principes que des Atomes ceux qui compofent l'Elément du Feu doiuentauoir plus
de mobilité et d'aétiuité auffi bien que de ténuité que ceux qui compofent l'Elé-
ment de l'Air, et ceux qui compofent lElement de l'Air plus que ceux qui com-
pofent l'Elément de l'Eau , et ceux qui compofent lElement de l'Eau plus que
ceux qui compofent lElement de la Terre, ce qui caufe leur mutuelle feparation,
et les differens eftages qu'ils tiennent en lVniucrs, bien qu'ils ne fe puiffent pas
tellement deprendre que de ebacun d'eux en chacun d'eux il ne fe trouue des par-
ties méfiées et engagées , les quelles féruent par ce moyen aux affcmblages qu'on
nomme générations et aux dilfipations qu'on appelle corruptions. Dans ces diuerfes
mobilités d'Atomes je fuppofe encore que le Feu qui eft le plus actif de tous les
Elemens n'elt excité a fe mouuoir que par luy mefme, et qu'au contraire ce qu'il
y peut auoir des autres Elemens niellé auec le fîen fert pluftoft a retenir et dimi-
nuer l'on impetuofité qu'a l'accroiftre. Pour l'Air je fuppofe qu'a la grande mobi-
lité que luy donne la nature de fes Atomes il s'y en adjoufte vne nouuelle par les
Atomes de Feu qui font engagés dans fa mafTe et qui luy font prendre vn plus ra-
pide mouuement qu'il n'auroit s'il en eitoit entièrement purgé. Je fuppofe la
mefme chofe de l'Elément de l'Eau, qui citant beaucoup moins mobile par la na-
ture de fes Atome* que les deux autres Elemens, triple et quadruple fa mobilité
par celle des Atomes d'Air et de Feu engagés et femés dans fa maflé, y pouuant
entrer et fortir par les voyes du vuide qu'elle contient. Il en eft de mefme de
l'Elément de la Terre, à l'égard des trois autres Elemens qui fe trouuant méfiés
dans la mafïc des Atonies qui la compofent, l'aident par les leurs plus agités que
les liens dans lés différentes productions, et quelquefois mefme le branflent, lors
qui! y en a vne trop grande quantité aflémblée en quelque endroit de fes entrailles.
Je m'imagine auffi la configuration de ces Atomes diuerfe félon l'Elément que
ebacun d'eux conflituc. Je conçoy ceux du Feu, comme de petits globes; ceux de
l'Air comme de petits arcs ou des petites Pyramides; ceux de l'Eau comme de
petites aiguilles droittes ou de petites colonnes ou de petits prifmes, et ceux de
la Terre comme de petits plumacbes a barbes déliées ou de petits heriûons a poin-
tes recourbées et crochues; d'où il arriue que l'Elément terreftre demeure vni et
ramaffé en luy mefme, comme lil eftoit immobile, et a fa mafié fi malaiféc a diflbudre
furtout dans lés parties les plus voilines du centre , et a proportion qu'elles en ap-
prochent ou les Atomes de l'Air et du Feu pénètrent auec moins de facilité et félon
que les liens font plus pleins de crocs et plus engagés les vus dans les autres. D'où
il arriue auffi que lElement de lEau coule li facilement par la figure directe de lés
Atomes, qui , ne trouuant rien dans leur malle qui les retienne, gliflènt (ans peine
et fe meuuent du collé où ils fout pondes l'oit par leur mouuement propre, (bit
par ecluy des Atomes dAir et de Feu qui y l'ont niellés. La figure d'arc ou de py-
ramide que j'attribue a ceux de l'Air jointe a la plus grande mobilité quils ont de
CORRESPONDANCE. \66l. 121
leur nature félon ma fuppofirion , les rend auffi plus propres a fe méfier parmi ceux
qui compofent l'Eau et la Terre pour les mouuoir en les (eparant et en les pref-
fant, ou pour mieux dire afin de redoubler le mouuement de lvne et de lautre par
celuy quils ont plus violent par leur nature. Et cette figure courbe ou pyramidale,
ou ne leur permet pas de s'entrelacer enfemble jufqifa en former des corps (im-
pies qui tombent fous les fens , ou du moins fert a les détacher ailement les vns
des autres, s'ils viennent par fois a fentrelier. Pour ceux de Feu la figure fphe-
rique que je leur donne empefche toute forte daccrochement entre eux, leur con-
ferue l'extrême mobilité qu'ils ont de leur nature, et leur fert à augmenter celle
des Elemens plus tardifs dans la maffe defquels ils fe trouuent engagés. Sur vne
telle fuppofition , l'explication de laquelle eftoit neceffaire pour l'intelligence de
mon opinion touchant la Queftion propofée , et que je n'ay peu faire en moins de
paroles ;
le dis que la caufe de la fufpenfion de l'eau dans la phiole après quon a tiré
lair de la capacité du Récipient pour la féconde fois, eft d'vn cofté la figure droitte
des Atomes de leau , qui fe peuuent facilement approcher les vns des autres , et
s'ajufter les vnes contre les autres de toute leur longueur; Et de l'autre la figure
longue et ejîroitte aujjî bien qu égale ") du col de la phiole rentier fée. Car la première
fois que par la pompe on vuide l'air du Récipient , l'eau de la phiole qui eftoit
fouftenuë par lair du Récipient deuant qu'il fuft vuide, neflant plus déformais
fouftenuë de cet air qui en a efte tiré tombe par fon poids dans le baquet aidée
par la mobilité de l'air engagé dans fa maffe , la plus fubtile partie duquel dans la
cheute de l'eau comprimée par les eflroittes parois de la phiole s'efehappe de fa
maffe vers le fond de la phiole a la place de l'eau tombée , et le remplit en fe dila-
tant; quoy qu'il y ait plus de vrayfemblance qu'il ne le rempliffe pas entièrement;
a caufe de l'incomprehenfibilité de la raréfaction, comme l'enfeigne lEfchole,
prétendant qu'vn corps fans addition de fubftance et fans admiffion de vuide , oc-
cupe vn plus grand efpace quand il eft raréfié que quand il ne l'eit pas. Mais lors
que l'air a efté redonné au Récipient et par l'effort de-cet air l'eau elt impetueufe-
ment remontée dans la phiole , le col de la phiole preffant l'eau dans fon afeenfion
l'empeiche d'emporter auec elle tout l'air qu'elle auoit dans fa maffe, de forte
quil s'en efchappe la meilleure partie par en bas et fe va méfier auec l'eau du
baquet qui eft moins contrainte , et qui s'en empreigne plus facilement, pour auoir
perdu beaucoup de l'air méfié dans fa maffe lors que le Récipient en eftoit def-
poùillé, et que ce vuide le retenoit moins d'en fortir. Cela fait que quand l'eau
du baquet eft retournée dans la phiole, ayant moins d'air en fa maflë, elle fe
trouue plus refferrée en elle mefme qu'elle ne l'eftoit auant fa defeente, et que
prix pour prix il y a plus de matière aquée dans la phiole, et moins dans le baquet.
Lon pourroit vérifier ce que je dis fi en caftant les verres prontement on pefoit
:) Voir l'objection i.
Œuvres T. IV. 16
122 CORRESPONDANCE. l66l.
leau du baquet et celle de la phiolc feparement et que Ion en comparai!; les poids
aux poids de leurs mafles obferués feparement auant que de les mettre chacun
dans les mefmes vaiflèaux. Mais quand l'eau eil remontée dans la phiole on y voit
vers le haut de Ion fond vne bulle d'air de la grofîeur d'vn grain de cheneuis, la-
quelle n'eft point de lair que l'eau ait entraifné auec elle en remontant , mais de
celuy qu'en defcendant elle auoit laïfTé efchapper de fa mafle par le prelTement
des parois du col de la phiole et qui auoit occupé cet èfpace abandonné par l'eau;
lequel air comprimé par l'eau dans fon afcenfîon impétueufe*^) et réduit au petit pied
forme cette bulle qui paroilt en vn initant et qui difparoilt enfuite, longtemps
après et peu a peu fans doute en le degrolïiffant , par ce que cette eau remontée
et defpoûillée dvne partie de fon air fe rempreigne de celuy de la bulle et le boit
entièrement. Maintenant lorfque Ion tire vne féconde Ibis l'air du Récipient, cet
effort ne tire pas feulement celuy qui y eltoit rentré, mais encore vne fort grande
partie de celuy dont leau du baquet et de la phiole eltoit demeurée empreignée.
Ce qui fe pourrait juftifier par le remarquable abbaijj'ement de leau ,y) du baquet à
la féconde pompe, en le comparant à la hauteur qu'elle auoit a la première; par
où on jugeroit que l'air qui luy feruoit à occuper vn plus grand efpace en eltoit
forti. On doit prefumer la mefme choie de l'eau de la phiole d'où l'air aurait cité tiré
par la féconde pompe, ce qui ferait non pas que cette eau en fuit plus légère et par
cette raifon ne defeendilt pas, déliant au contraire eitre plus pelante par faconden-
fation; mais qu'a force d'eltre condenfée et p reliée par l'extraction de l'air qui y
eltoit renfermé, les atomes de la mafTe de cette eau s'approchant dauantage les
vns des autres et le joignant près a près dans toute leur longueur, fe prefïent dans
le canal et s'empefehent de couler et de defeendre, comme feraient de petits bal-
cons droits qui coulant auec liberté dans vn large ruilîèau, fans lé toucher les vns
les autres , viendraient a lé joindre dans vn pafTage eftroit où la contrainte du lieu
les arrelteroit, et où plus ils feraient poulies par ceux qui viendraient enfuite,
plus ils lé ferreraient et plus ils trouueroient de difficulté à fe mouuoir. Cela fe
prouue encore plus clairement par vne foule de fuyards qui bouchent le pallagc
de leur fortie a force de lé prefîer pour fortir, et par vn exemple encore plus fem-
blable a la prefente efpece , lors qu'on renuerfe perpendiculairement vne bouteille
pleine de quelque liqueur, laque/le ne tombe point ou ne le fait qif auec bien de la
'peine lo), bien que dans cette liqueur il y ait de l'air niellé qui luy pourrait feruir a
defeendre plus facilement, que ii du fond du baquet il monte par le col de la phiole
quelque bulle d'air, d'abord petite, et dans fon progrès plus grollé jufques h vne
certaine hauteur d'où elle s'eflale vers le haut, et fe glijfant entre les parois du
Voir l'objection 3.
Voir l'objection 4.
' 1 Voir l'objection s-
CORRESPONDANCE. l66l. 1 23
verre et Veau qu'il contient ' '), s'infinuë dans fa maffe, l'eau alors aquicrt par la mo-
bilité de cet air plus de facilité a fe mouuoir , aidée par cet autre air de la bulle
den haut duquel elle fefloit rempreignée, et fent détacher Tes atomes les vns des au-
tres, qui par ce moyen fe meuuent vers le bas , pou (Tes par ceux qui font au defïiis;
ce qui n'arriueroit point fil ne montoit pas de bulle d'air par le col de la phiole et
que cet air ne s'infirmait point parmi les atomes droits de leau fufpendue, après
s'eftre glifie entre elle et le verre du col. Si Ion demande auffi pourquoy la bulle
qui dabord eft petite fe groffit en montant, jufqu'a remplir tout le trauers du col,
on peut croire que cela vient de ce que l'air qui reftoit dans l'eau du baquet fuy-
uant la trace de cette petite bulle qui eltoit montée et fe joignant à luy en rend la
maffe plus grande laquelle s'eleue vnie à vne hauteur d'vn pouce, ou trouuant vn
milieu plus libre pour s'eftendre, fe dilate et ne paroift plus bulle que par fa bafe,
laquelle eft encore méfiée de parcelles d'eau et par là retirée en bas vers fa furface
ou du moins retenue en ce lieu, fans qu'elle fe puifle eleuer comme le refte , fi
Ion ne vouloit penfer que cet arreft. de la bafe de la bulle à cette hauteur dvn pouce
au defïiis de l'eau fuit lhorizon et le milieu où l'air et l'eau s'entrebalancent dans
la capacité du Récipient et de la phiole, qui ne fonffriroit pas que l'air de la bulle
ni montait plus haut ni defeendift plus bas. Ceft là, Monfieur, la raifon que j'ay
creu pouuoir rendre félon mes principes de la fufpenfion de l'eau dans la phiole à
la féconde extraction de l'air. Et ma conjecture feroit bien confirmée, fi au lieu de
faire le col de la phiole efitroit et fa panfe large on en faifoit le col large et la panfe
de petite capacité, et quon la rempli!! d'eau comme l'autre. Car fi ma raifon
efitoit la véritable on en verrait auffi bien defeendre l'eau à la féconde extraction
de l'air qu'à la première, fans qu'il fuit befoin qu'il montait de bulle d'air pour
luy aider à tomber, à caufe que la largeur du col ne la tiendrait pas ferrée, et que
l'eau fuperieure de la panfe eftant en petite quantité ne contribuerait point par fa
mobilité et par fon poids a faire refferrer en elle mefme celle, qui feroit contenue
dans le col. Vous ferés toutes ces efpreuues fi vous croyés que mon explication
en vaille la peine , et de quelque manière que ce foit vous en ferés luge fouuerain ,
car perfonne ne refiftera jamais moins a vos lumières et a vos decifions
Monsieur que
Voftre trefhumble et trefobeillant feruiteur
Chapelain.
De Paris ce 30. Auril 1662. ")
") Sur l'extérieur de cette lettre Chr. Huygens a annoté au crayon 12):
[1]. Non pas la 2e fois , mais quand elle eit purgée.
[2]. Col n'eit pas eftroit. je l'ay fait avec un tuyau droit fans boule.
[3]. Je laiffe remonter l'eau doucement.
ir) Voir l'objection 6.
i:) Nous avons ajouté les chiffres i à 7.
124 CORRESPONDANCE. \66l.
[4]. L'eau du baquet ne s'abbaille pas.
[5]. La bouteille pleine ne laide pas tomber l'eau a caule du prefïèment de l'air
par en bas.
[6]. L'air ne glillè pas entre les parois du verre et l'eau qui eit dedans.
[7]. J'ay elïaye avec le mercure.
N-- 1009.
M. Thevenot à [Christiaan Huyoens].
[avril 1662.]
La lettre se trouve a L-.iUen^ coll. Huygens.
Monsieur
Jay mille remercimens a vous faire de la relation de Monfieur Caron ') et fi il
auoit la bonté de permettre que Ion copia cette traduction qu'il a faite de la meil-
leure des Japonois et quil voulut adioulter mille autres belles Remarques quil a fai-
tes en ces pays la il obligeroit fort les honnefies gens de ce pays qui ont eu vn plai-
lir indicible a en entendre parler quelquefois Monfieur de Zuylichem voltre père.
je nay point encore la Tinaja2), elle eft en chemin, Je lattens pour faire des ex-
périences du vuide que vous ne fauries faire dans vos veffies. pour celle de tirer la
phiole vuide dair Je ne la conçois pas pour jmpofllble dans la Tinaja, vne veflie
attachée au col de la phiole et de l'autre bout au bondon qui ferme le récipient
dans la machine de Monfieur Boyles pouuant ce me femble fu frire a cette expé-
rience, mais J'écris fy mal que Jay creu plus a propos de vous enuoier 3) d'une
autre main ce que Jauois a vous dire fur ces matières et aufly la manière de
tailler les pieres 4) que vous maues demandée. Je fuis
Monsieur
Voltre tres-humble et tres-obeillant feruiteur
Theuenot.
Nos Meilleurs de ches Monfieur de Montmor ne douteront jamais de la uerite de
lexperience que vous aues faite, et ce fut le feul Monfieur van beuning ?) qui mit
fur le tapis ce doute du quel J'auois taché de le guérir ches luy un jour que Je luy
rendis vilite et que je luy parlé de voltre expérience, jay creu eftre obligé de faire
Voir la Lettre N . 924, note 1.
< ïonsultez la Lettre N,J. 952 , note 5.
Nous n'avons pas trouvé cette pièce dans nos collections.
Consultez la Lettre 1\1°. 060.
Consultez la Lettre i\". 090.
CORRESPONDANCE. 1662. 1,2'
cette iullice a nos Meilleurs et que ce doute fera bien plus excufable dans la per-
ibnne de Moniieur van Beuning que dans celles de nos philofophes qui fcauent
et connoifïènt la folidite de voltre elprit.
Je fuis en peine de nauoir point eu refponce de Moniieur Voffius, agrées iil vous
plaiil que je luy face icy mes très humbles baifemains.
N= 1010,
Christiaan Huygens à [Lodevvijk Huygens].
3 MAI l662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
Sommaire. Delcription de Monconis. Tafcheray de recouurer un exemplaire, tableau trouve 'j. Angloismef-
croiants. Point glorieux d'efcrire contre Eultaclrio et l'uuftrir fes ... Nouvelle du Traite. Chaile à
Amlterdnm mais receu voftre lettre. Petit pour ce refponfe. Broer van huys. Chaile Amfterdam.
Amb. part. 50000 livres. Somerdijck.
le 3 may 1662.
Il n'y a guère de chofes dans cette dernière que je recois de vous qui demande
refponfe. Vous ferez de la Lanterne 2) comme le ciel vous inipirera : la défaite la
mieux fondée liera celle de la longueur des jours , car tant que le jour dure il eil
iinpoffible de faire ces reprefentations quoy qu'on le mette dans une chambre
obfcure; ce qui vient de l'impreiTion que la lumière a faite dans les yeux, qui ne
s"en efface pas qu'après un alTez long temps.
Je tafcheray de retrouvrer l'exemplaire de mon Anti-Divinis 3) que vous me
demandez pour Moniieur de Monconis.
Je voudrois avoir veu fa lunette a 5 verres, de la quelle je pouray juger a peu
près ce qu'elle doibt faire aux aftres, quand je icauray la difbance a la quelle le
verre objectif aifemble les rayons, et partant je vous prie de vous en informer. Si ce
n'eftoit pas trop de peine à Monfieur de Monconis je le fupplierois de me donner
auffi la dite diitance, (qui eft la mel'me du focus) en chacun des autres verres, et
leur diitance entre eux , car ainil je connoilrrois fa lunette , comme il je l'avois vue
et la comparerais avec d'autres de l'ordonnance de Wifelius 4), dont j'ay la def-
cription.
Je ne voy pas a quoy ferviroit de faire imprimer en ce païs ma refponfe a la
dernière lettre d'Euftachio 5), puis qu'il n'y a perfonne que moy qui l'ait viie, et
J) Voir la Lettre N°. 1016.
2) Consultez la Lettre N°. 1001.
3) Huygens désigne ici sa „Brevis Assertio." Voir la Lettre N°. 782 , note 3.
+) Johan Wiessel. Voir la Lettre N°. 206, note 1.
') Il s'agit de l'ouvrage de Eu<r. de Divinis „Pro sua annoratione." Voir la Lettre N°, 862
note 1.
126 CORRESPONDANCE. 1662.
d'ailleurs il ne me femble pas qu'il me (oit fort glorieux d'avoir a faire a un homme
de fa forte, car encore que ce fok le Père Fabri qui efcrive contre moy, tout
le publie pourtant fous le nom de l'autre, qui cil une vraye invention de Jefuitc.
La nouvelle de la conclufion du Traité 6) arriva icy dimanche. Le porteur, a
ce qu'on m'a dit, a eu 4 ou 500 francs, Comme afîez médiocre. Monfieur Chaife
eft allé de nouveau a Amfterdam, il partit hier a midy, après avoir receu voflre
lettre. Monfieur Amat eft avec luy , qui nc_ccfle de remuer le cornet tant qu'il ert
a la Haye, et perd plus fouuent qu'il ne gaigne,de forte que ces petits voyages
luy l'ont fort profitables.
Je fuis fort marry de l'indifpofition de Monlieur Petit, et honteux d'avoir de-
meure fi long temps fans luy faire refponfe-"). Mais côufjours il me furvient quelque
empefehement lors que je me le fuis propofé, comme encore aujourdhuy que j'avois
deltinè l'aprefdifnee pour achever la lettre que j'ay eferite ce matin, la Tante
Dewilm(;) me fait prier a diluer, pour me faire connoirtre certain perfonnage.
Mon frère '-1) eft allé aujourdhuy en commiffion vers Breda pour affilier a certains
comptes qui fe doivent faire a Terheij , et comme il a négligé d'eferire hier a Mon
Père difant qu'il n'en avoit pas le temps vous ne recevrez rien de fa part cette fois.
Monfieur de Somerfdijck IO) a ertè fort mal avant hier et demeura longtemps
dans un evanouifïcment; apparemment il ne pourra pas relilter longtemps. Tous
les gens de bien ainlî que Mon Père regrettent cette perte. Adieu.
N^ 1011.
P. Petit à Christiaan Huygens.
5 mai 1662.
La lettre se trouve à Lelden , coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit pur le No. 1015.
A Paris le 5 May 1662.
Je fupplye trefhumblement Monfieur I luygens de me faire la faueur de Rcf-
pondre a la lettre ') que je luy ay eferit jl y a quelque temps & de me Mander en
'■ ) Le traité indiqué se rapportait principalement à la pêche libre et aux droits d'entrée et de
sertie en France de l'huile de, 'taleine. 11 fut signé par Louis XIV et les Etats-Généraux le
27 avril i6()2 a Paris.
~ j A sa Lettre N°. 080.
8) Constantia I luygens.
y) Constantyn.
1 ) Sur Comelis van Aerssen voir la Lettre N°. iooi, note 3.
') Voir la Lettre N". y8y.
CORRESPONDANCE. \66l. \1J
outre fi la Verge des Palettes de Ton pendule de 3 pieds eft fufpendue par vn filet
comme Ion fait icy dordinaire celles des grands horloges, ou bien fi elle porte fur
des piuots comme aux petites Montres. Parce que la mienne de Mon grand pen-
dule eft fufpendue de la forte & ne porte point fur aucun piuot mais feulement
tourne dans des trous ronds & lequel jl croit le Meilleur, de plus Je demande fon
fentiment fcauoir fi les palettes citant percées a jour font Pires ou Meilleures que
fi elles eftoient plaines a lordinaire. Et fil croit que le deifault de Mon pendule qui
ne va point puilTe encore venir de la. Enfin ne pouuant trouuer par quelle Caufe jl
ne va point Je ny fcaurois apporter de Remède & je feray peuteftre Contraint de
luy remettre vn balancier.
Nous auons Maintenant dexcellentes lunettes de 16 pieds fans en auoir pour-
tant fait aucunes obferuations fur Saturne, Monfieur Defpagnet -) les a faites et
eïïayees fur terre auec vn Oculaire Conuexe moindre que 3 pouces de focus, Mef-
fieurs Theuenot, Auzout & Moy en auons effaye beaucoup de 12 & 15 pieds fur
Venus de fort bonnes mais fans auoir jamais pu defcouurir aucune dentelure ny
Eminence.
Je nay point veu ce quon a eferit 3) d'jtalie contre vous ny ce que vous y auez
refpondu 4). Vous Mobligerez de men faire Part ce fujet méritant bien deftre ef-
claircy & vos obferuations garanties de tout reproche.
Je vous ay enuoyé s) deux Morceaux de Miroirs polys. Je fouhaitte quils vous
puilTènt feruir a ce que vous defirez.
Monfieur le Marquis Durazzo rt) & fa compagnie M'ont fait lhonneur de Mef-
crire quils vous auoient veu & M'ont enuoyé la felenographie 7) dHeuelius que je
leur auois demande, mais jl y a quelques autres petits traittez que jeufTe bien fou-
haitte qui y eufient efté joins comme le Syiteme de Saturne 8) et l'eclipfe 9) de
165610) le Mercurius & luna in foie I:) dont ils m'ont enuoyé feulement les titres,
fi vous trounez quelque occafion de me les faire tenir par les libraires Vous Mobli-
gerez. Jattendray a faire relier le gros liure que jaye ramaffe tous ces petits.
:) Jean d'Espagnet de Bordeaux, physicien et alchimiste, était président au parlement de Bor-
deaux et avait orné sa maison d'images énigmatiques et de devises pieuses.
Nous le rencontrerons plusieurs fois au cours de cette correspondance.
3) Petit parle des ouvrages de Enst. de Divinis , ouvrages cités dans les Lettres N°. 765 , note ï
et N°. 862, note 1.
4^ Petit désigne ici l'ouvrage de Huygens „Brevis Assertio." Voir la Lettre N°. 782 , note 3.
5) Consultez les Lettres Nos. 999, roo4et 1007.
tf) Consultez la Lettre N°. 989, note 4.
7) L'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 40, note 2.
s) L'ouvrage cité dans la Lettre N°. 302 , note 2.
v) L'ouvrage mentionné dans la Lettre N°. 317, note 5.
IO) Lisez: 1654.
") L'ouvrage cité dans la Lettre N°. 872 . note =;.
I 2S CORRESPONDANCE. 1662.
Nous attendons aufli tous les jours auec jmpatience la Continuation de vos Ex-
périences , cepandant Ma femme Ma fille & Moy vous a fleuron s de noftre grand
feruice.
P. Petit.
Pour Monfieur Huggens de Zulichem
A la Haye.
N= roi 2.
P. Petit à Christiaan Huygens.
II MAI 1662.
La lettre se trouve a Leidei? , coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit finr le No. 10 15.
De Paris le 1 te May 1662.
Jattends toujours Refponfe aux demandes que Je vous ay t'ait, jeu aurois bien
dautres encores a vous faire fur les expériences du vuide fi Je nefperois que la fuitte
de vos obferuations defcouurira ce que nous ne feauons pas et refoudra nos dou-
tes. Monfieur Chappellain ma dit vous en auoir eferit1) & Monfieur de Roberual
& Moy nous fommes fort entretenus ce Matin de la Caufe qui pouuoit empefeher
leau de defeendre la féconde fois que vous vous en feruez après auoir fouffert le
premier vuide. Si vous la defcouurez et en fuitte la raifon de quelques autres ex-
périences nous defcouurirons beaucoup de chofes vtilcs touchant la nature de Tair.
( 'epandant nous faifons toufjours quelque chofe fur les lunettes. Je fuis bien ayfe
que les petits miroirs que je vous ay enuoyez fe trouuent bons:). Jl eft facile de les
tailler & fendre auec de petites limes , Jeu fais de telle figure que je veux , fi vous
en délirez dauantage vous n'aurez qu'a me le mander. Je vous en enuoyeray Polys
ou non comme vous le délirerez.
Monfieur de Gabian Durazzo ma Enuoyé d'Amfterdam vn Heuelius comme je
len auois Prie. Mais comme il me manque plufieurs petits traittezde cet autheur Je
ne le feray pas relier que je ne les aye tous cnfemble, jeu ay veu icy entre les mains
') Consultez la Lettre N°. 1008.
:; Consultez la lettre N°. 1007.
CORRESPONDANCE. \66l. I 29
de mes amys quelques vns que je nay pas ny les libraires aufli pour les pouuoir
achepter. Je vous fupplye donc de prendre la peyne de les faire tous chercher & de
me les enuoyer. Ceux que jay délia font :
Selenographia cum appendice ?-).
Epiftola de Motu lunae libratorio 4).
Epiftola de vtriufque luminarium defeéhi anni 1654 5).
Et ceux qui me manquent & que je vous fupplye de me faire tenir par les pre-
miers Marchands libraires ou autre qui viendront de voftre pays, font.
Vn traitté du Syfteme de Saturne rt) auec quelques obferuations de 24. fi me
femble & des Macules du foleil.
Mercurius & Venus in foie vifi an. 1661 & 1659 7).
Et généralement tout ce quil y aura djmprimé de cet autheur in folio outre
ce que jay défia, affin de le faire relier tout enfcmble. Vous Mobligerez de Me
lenuoyer. Jen rendray les frais a Monfieur voftre frère 8). Et de tout ce qui def-
pendra de nous vous en pouuez difpofer comme d'vne Perfonne qui eft entière-
ment a vous & voftre très humble & très obeifFant feruiteur
P. Petit.
A Monfieur
Monfieur Huggens de Zulichem
A la Haye.
*) L'ouvrage cité dans la Lettre N°. 40, note 2.
4) L'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 317, note 5.
5) Consultez l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 317, note 5.
G) L'ouvrage mentionné dans la Lettre N°. 302 , note 2.
r) L'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 872 , note 5.
8) C'est-à-dire, à Lodewijk Huygens, qui alors se trouvait encore à Paris avec son père.
Œuvres. T. IV. 17 -
130
CORRESPONDANCE. 1662.
N= 1013.
R. Moray h Christiaan Huygens.
16 MAI 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le No. \oii.
A Whitehall ce 6. May 1662.
Monsieur
Sçachez, que fi Je n'eftois tant foit peu imbu de la philofophie iloicienne, Je
n'aurois pu m'empcfcher de vous efcrire deux mois durant, il eft vray que Je me
fuis imaginé, que vous ne manqueriez point à faire quelque refponce à ma der-
nière '), plus tort : Et ainfi il m'a efté plus aifé de diferer l'importunité que celle
cy vous donnera. Mais n'ayant point Cu de vos nouuelles de fi long temps, Je com-
mence à auoir quelque apprehenfion , qu'on ma dernière ne vous aura pas efté
rendue, ou quelque indifpofition, ou peut eftre des occupations affidues et indif-
penfables, vous empefchent de m'efcrire. Comme que c'en foit, Je vous fais ce mot
pour accompagner ce petit traitté De Reftitutione Corporum 2). Et pour fçauoir
fi les deux derniers 3) qui vous ont elle adreiïez par Monlieur Odyk vous ont efté
renduz. Vous deuez croire auffi que J'attends quelque petit mot fur chacune de
ces particularitez que vous aurez trouué dans ma dernière en cas qu'elle ne foit
point perdue. Mais auffi Je vous laiflè la liberté entière d'en dire plus ou moins
à voftre plaifir : parce qu'il feroit iniulle de vous engager à pourfuiure tant de ma-
tières, tout au long , dont quelques unes pourront produire des Traittcz entiers et
d'autres feront, comme Je m'imagine , traittées, dam ceux que nous attendons de
voftre main, auec beaucoup d'impatience. Jl eft vray que J'attends de vous quel-
que mot de refleclion fur ces Obferuations de Monlieur Graunt 4). Je crois que
') Voir les Lettres Nos. 993, 994, 997.
2) Tracta tus de reftitutione corporum in quo Expérimenta Torricelliania & Boyliana expli-
cantur &. rarefaftio Cartefiana defunditur. Per modum refponfionis epiftolicae ad virum
doctiifimum Francifcum Linum. De infeparabilitate corporum. Acccflit Appendix, quo
Problemata quaedam Boyliana fub experimento 35, in gratiam viri Honorabilis & gratitudi-
nis ergo refolvuntur. Una cum refponfione ad Clariflimi T. Hobbii Dialogum. Authore
Gilberto Clerke, aliquando Socio Sidneiano. Londini. Excùdebat J. W. pro S. Thorafon ad
[nfigne Epifcopi in Caemeterio Paulino. i66a.in-8°.
3) Consultez la Lettre N°. 1022; ce sont les ouvrages cités dans la Lettre N°. 997 , notes
6 et 7.
John Graunt naquit le 24 avril 1620 a Londres, où il mourut le îS avril 1674. Il était
marchand mercier et devint membre ^\\ Comrnon Council et major de la milice de Lon-
CORRESPONDANCE. \66l. 131
vous n'en ferez point mal fatiffait. Si l'on tenoit compte, dans toutes les villes de
l'Europe, des Maladies dont on meurt, auec les autres chofes qui s'obferuent
dans les Weekely Bills of Mortality, qui fe font depuis plufieurs années , à Lon-
dres, et qu'il s'y adiouftail d'autres remarques qu'on tafehera dé faire obferucr icy
(dont vous fçaurez les particularitez dans quelque temps) ce feroit une chofe de
grande utilité en plufieurs égards, faites moy fçauoir, s'il fe fait de telles obferua-
tions du nombre des Morts &c. en vos villes d'Hollande ou non. Je ferois aife de
fçauoir s'il y a efperance que vos Horloges à pendule reufiident fur mer. Nous
auons icy un Jndien 4) , né à Malabar, d' extraction portugaife, qui prétend cflre
grand philofophe et Mathématicien , lequel pour preuue de fa feience , nous
va enfeigner une inuention pour trouuer la longitude & 3. ou 4. autres chofes
femblables. Je vous laide à penfer ce que nous en efperons. Hier nous fismes
une expérience dans la Machine de Monfieur Boile que vous ne ferez pas fafché
de repeter. C'eftoit que Mylord Brouncker, et quelques autres, qui auoyent
les bras propres pour cela, mirent les mains, l'un après l'autre, dans le réci-
pient par un trou qui y eftoit approprie, pendant qu'on en tiroit l'air. Je ne
vous en comteray point toute l'hilloire; afin de vous donner plus d'enuie d'en
faire l'epreuue. Je vous diray feulement, que le Récipient eft le plus grand
de ceux que vous auez veu icy : Et que Monfieur Brouncker y ayant laifle de-
meuré fa main, jufqu'à ce qu'on euft fait 7. exfudions de l'air, il y feutift une
enfleur infupportable, auec un roideur qui l'empelchoit de flefehir les doigts; et
y ayant laide rentrer l'Air, la doleur et la roideur de la main, cédèrent aufiî toft;
mais l'ayant tirée du Récipient tout le defliis en eftoit picoté de petits points rou-
ges comme la rougeole. En forte qu'a ce qu'il en croit, s'il l'euft laide demeurer
pendant deux ou 3. exfuctions dauantage le fang luy euft forti par les pores. Je ne
m'arrefte pas à vous marquer la fueur qu'on a veu fortir de fon Bras a chaque coup,
ny la vapeur qui en fortoit en mefme temps comme une fumée, encore moins à
vous parler de la conftriction qu'il fentoit à l'endroit ou fon bras entroit dans le
vaideau. Je me contenteray de vous en auoir fait ce petit narré, fans y adioufter
autre chofe, quelque enuie que cecy vous donne d'en apprendre d'auantage. Je
vous enuoye donc icy un traitté que Je n'ay point encore fueilleté, fi ce n'eft pour
voir comment il fe prend a l'affaire qu'il s'y efl: propofé. Mais par ce que J'ay
dres. Elevé dans le puritanisme, il se déclara socinien et devint enfin catholique. En
1662 il fut élu membre de la Société Royale, sur le désir exprès du Roi. Son livre cité
(voir la Lettre N°. 997, note 7) est le premier ouvrage de statistique mortuaire publié en
Europe.
4) Peut-être s'agit-il ici de
Berchenshah, dont un ouvrage fut soumis à une commission de la Société Royale, le
16 avril 1662.
I 3- CORRESPONDANCE. I 66:
trouuc d'abord Je ne fçay fi vous y trouuerez grand fuiet de m'en remercier.
Voylà une lettre bien plus longue que Je ne me fuis propofé mais vous n'eftes
pas accourtumé de reprocher de femblables fautes à
Monsieur
\roftrc trefhumblc et trefaffectionné feruiteur
R. Moray.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem
A la Haye.
N= 1014.
Christiaan Huygens à [Lodewijk HuygensJ.
l8 MAI [1662].
La lettre et la copie se trouvent h Laden, coll. Huygens.
A la Haye le 18 Maji
Le frère de Moggeri'hil ') ne manquera pas de vous eferire comment par vortre
mcfgarde la lettre que vous luy adreiïicz eft tombée entre mes mains et la miene
s'eft trouvée dans fon pacquet. Voila des belles machinations om ons op den oven
te fetten :), et pour ne m'en avoir pas voulu confier le fecret je pourois vous rendre
des mauvais offices, mais je veux laiflèr faire aux frères rivaux. Cependant fi vous
n'obtenez rien , ne vous en affligez pas trop , car affurement cette I lelcne n'ert pas
une créature fort defirable ny pour la beauté ny pour l'efprit ny pour l'extraction.
De l'argent il ert vray qu'elle en aura, et c'eft ce qui caufe vos foupirs, mais penfez
dat wij ooek gecn bedclaers en fijn 3), comme dit Mccfter Jacob Swccrts 4).
Si Monfieur Chaife ne part pas dans 8 jours je vous envoyeray par la porte les
') Philips Doublet.
Traduction : pour nous mettre fur le four,
a) Traduction: que nous ne fommes pas non plus des mendiants.
4) Sur Jacobus Suerius voir la Lettre N°. 7 8, note 1.
CORRESPONDANCE. \66l.
verres de la lunette avec la pièce ou eft le miroir, et un peu d'inilruétion pour le
refte de la fabrique du tube.
Voicy un mot de lettre 5) pour Moniteur Petit qui me fait dix mille queftions
a la fois. Le difeours que j'ay eferit pour l'efclaircir touchant les équations du
temps fuivra par l'ordinaire prochain , parce que je n'ay pas encore eu le loifir de
le copier eftant un peu long.
Moniteur Chapelain en faifant les raifonnements rt) fur mon Expérience du
vuide, n'a pas eftè bien inftruit du fait, croyant qu'on ne pouvoit plus faire def-
cendre l'eau , après la première fois, car cela n'arrive que lors qu'eftant delcendue
on la laifTe par 24 heures dans le vuide le purger d'air, et que puis après on en
remplifïè une féconde fois la boule avec fon tuyau. Mais je luy en eferiray 7)
bientoft amplement.
Il faut avouer que l'affaire de Mon Père s'avance lentement, et je crains pour
vous fi vous ne revenez bientoft. car la jeune merveille ne poura pas refifter long
temps a l'ardente paffion de noftrc aifnè8). Avanthier chez Monfieur van Leeuwen
nous eûmes tout loifir de la confiderer. Adieu.
Monfieur Bufero nous traite a ce midy avec Menteurs vos Pèlerins y).
N= 1015.
Christiaan Huygens a [P. Petit],
[l8 MAI 1662].
La minute ci la copie se trouvent à Leidtn, coll. Huygens.
La lettre ex! h: réponse eux Nos. 9P9, 1011 cl 1012.
Monsieur
Je n'aurois par elle li longtemps fans repondre a celle que vous m'avez fait
l'honneur de m'eferire du 8 Mars, li pour ce faire, il n'euft pas fallu entreprendre
a efclaircir l'explication d'une matière qui eft des plus obfcures et intriquecs en
5) Voir la Lettre N°. 1015.
rt) Consultez la Lettre N°. 100H.
r) Voir la Lettre N°. 1021.
x) Constantyn Huygens.
9) Buysero, fils, et Amat. Consultez la Lettre N°. 998, note 7.
134
CORRESPONDANCE. 1662.
toute l'Aftronomic, a fcavoir celle de l'Equation du temps. Je me fouviens que
j'ay eu de la peine devant que de la pouvoir entendre a tonds, et maintenant je n'en
ay pas eu moins, à la traiter en forte qu'elle vous pull: élire intelligible. Vous ver-
rez par le difconrs cy joint ') que ma Table n'a pas elle ballie fur les obfervations
faites par le moyen de mes horologes, mais fur des fondements très folides , ces
obfervations n'ayant fervi qu'a me rendre certain de la jufteiTe des pendules,
comme en effect j'en luis afTurè par l'efpreuve de 5 mois de fuite, en compa-
rant les nombres de la Table avec les inegalitez obfervees entre les jours appa-
rents et ceux de mon horologe. Je fouhaite que vous en puiffiez faire L'expérience
de mefme que moy avec vollre pendule de 3 pieds qui comme j'entens par vollre
dernière :) ne veut pas encore cheminer; mais après que vous aurez vu celuy qu'em-
porte Monfieur Bouillant3) qui eft femblable au mien, et que vous aurez remarqué
en quoy ils différent, vous pourez plus facilement le corriger que jufqu'icy par
toutes les inftruélions que j'ay feeu vous donner fur ce fujet. cependant je vous
diray fur ce que vous me demandez touchant la verge des palettes, qu'elle n'y ell
point fufpendue par un filet, mais appuiée fur le pivot d'en bas.
J'ay tout a fait bonne opinion des Lunettes de Monfieur d'Efpagnet 4) par ce
que vous m'en raportez, mais je m'ellonne qu'il ne les cflàye pas fur Saturne,
que l'on obfcrve facilement depuis quelques fepmaines.
J'envoyeray a Monfieur Frenicle 5) ainfi que j'ay promis mes dernières obfer-
vations de cette Planète, qui s'accordent parfaitement avec mon Syfteme. Auprès
de Monfieur de Monconis vous pourez veoir le livre 6) que Euftachio Divinis
avec le Père Fabri ont publié dernièrement contre mon dit Syfteme. Ce n'a elle
qu'un an après qu'il eft parvenu a moy , le pacquet du Prince Leopold ayant elle
9 mois en chemin , et il ne me femble pas digne de refponfe.
Je vous rends grâces des morceaux de miroir r) que j'elîaieray de couper de la
manière que vous dites, mais il me femble que ces petites limes doivent eftre extrê-
mement dures.
Je fuis bien aife d'entendre des nouvelles de Monfieur le Marquis de Durazzo,
n'en ayant point eu de luy depuis que j'eus l'honneur de le veoir en cette ville. Je
fus marry qu'en Angleterre il s'elloit défait du Livre8) de Baliani, qu'il avoit
deiïèin de m'apporter.
') Consultez la pièce N°. 1017.
:) Consultez la Lettre N°. loi i.
3) Consultez la Lettre N°. 1022.
4) Voir la Lettre N°. ion, note 2.
5) Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Chr. I luygens à île Frenicle de Bessy.
'•) C'est son ouvrage „Pro sua annotatione." Voir la Lettre N°. 86a , note t.
Consultez les Lettres Nos, 100- et ion.
Sur i et ouvrage voir la Lettre N°. yKy, note 7.
CORRESPONDANCE. \66l. I 3 5
J'efcriray y) touchant les expériences du vuide a Monfieur Chapelain en ref-
pondant au difeours I0) qu'il m'a envoyé touchant cette dernière qui eft fi difficile
a expliquer. Je voy que ni luy ni vous n'eftes pas bien inftruits du fait de la dite
expérience, en ce que vous croyez, que l'eau ayant de feendue une. fois, ne veut
plus descendre après; ce qui n'eft pas, fi non alors qu'ellant defeendue, on la laide
ainfi dans le vuide environ 24 heures, car par ce moyen toutes les bulles d'air en
fortent peu a peu , en forte qu'après l'on n'en voit plus naiftre aucune et alors
ayant laiffè remonter cette eau dans la boule de verre et l'en ayant remplie exacte-
ment, elle ne defeend point du tout après cela, quoy qu'on vuide le récipient, fi
ce n'eft qu'il y naifïè encore une petite bulle, ce qui arrive rarement , car alors elle
defeend toute en moins de rien.
J'efpere que je trouveray chez nos libraires le Syftemc de Saturne ") de Heve-
lius avec les Eclipfes, pour vous l'envoyer. Pour les obfervations de ^ et des
tafehes du 0 , je ne les ay pas vues, fi c'eft autre chofe que l'appendix Seleno-
graphiae i:). Le Mercurius et Venus in Sole IS), je l'cay qu'il eft défia imprimé
avec une obfervation remarquable de Parelies, et j'attens avec impatience l'exem-
plaire qu'il m'en a promis, s'il m'en vient plus d'un , je vous en feray part , ou au-
trement fi toft que je le trouveray a vendre, et me croiray heureux quoy que ce foit
en chofe de petite importance de pouvoir procurer voftre latiffaclion , cftant.
Je baife trefhumblement les mains a Madame voftre femme et a Mademoifelle
Mariane et leur fuis trop obligé de ce qu'elles m'honorent encore de leur fou-
venir.
y) Consultez la Lettre N°. 1 02 1 .
I0) Voir la Lettre N°. 1008.
") Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 302, note 2.
I2) Consultez l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 40, note 2.
'3) L'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 872 , note 5.
136 CORRESPONDANCE. \66l.
W 1016.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
25 MAI 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leideit, coll. Huygens.
le 25 maji 1662.
Quand je ne vous eferivis point par l'ordinaire devant le dernier, c'eftoit que
j'eitois occupé a quelque devoir de la Kermeiïe, comme amener l'une ou l'autre
des Tantes aux marionettes ou femblable honnefte employ. autrement vous fea-
vez que je fuis trefexafte dans la correfpondence quant a vous. Pour ces autres
bons amis, il faut qu'ils m'exeufent fi je ne les fatiffais pas fi promptement qu'ils
fouhaiteroient, fur tout quand ils me demandent des lettres raifonnees comme
Monfieur Chapelain ') fur la dernière , et Monfieur Petit -) fur la difficulté qu'il
trouve en l'Equation du temps.
Ce font des pauvres Philofophes et des pauvres Aftronomes, et les reputant tels,
(ce que pourtant je ne voudrois pas qu'ils fçeufïcnt) vous pouvez bien juger quel
plaifir j'ay dans ce commerce qui me confie de la peine et ne m'elt utile a rien.
Je ne fcay comment j'ay oublié par deux ou trois fois de vous dire que j'ay
trouve vofire petit tableau. Je l'ay empacquetè aujourdhuy comme aufli la lunette
pour Monfieur de Grammont, et les ay donne al Signore Chaîfe qui en chargera
le bon fils perdu 3), après qu'il l'aura conduit jufqu'a BrufTelles. 11 y a 2 ou 3 jours
qu'il luy a procure fur fon crédit et celuy de Monfieur Bul'ero 6000 livres pour
payer fes debtes a ceux qui luy avoient gaignè au jeu, et a fin qu'il n'y retourne
plus, et qu'une fois il en l'oit délivré, il a trouvé cet expédient de le mener par
quelques ambages et prefquc (ans qu'il le feache jufques là, ou il le fera par des bon-
nes remontrances monter fur des chevaux de polie et prendre la route de Paris vers
fa chère mania , a qui ce voyage reviendra a quelques 1 2000 livres pour le moins.
Si vous faites monter autrement la lunette je vous recommande de bien ajulter
le miroir 4) et fur tout de n'y en mettre point d'autre, car il elt fort excellent, et
ceux de Monfieur Petit s) n'ont pas la figure fi parfaite, c'clt a dire le plat, d'où
dépend la diftincte vifion.
Voicy l'inllruction s) pour le dit Seigneur Petit qui la femaine paflée demeura
derrière 7). Je ne recois pas encore la lettre 2de 8) de Monfieur Fermât que
— - /
') Consultez la Lettre N°. 100H.
2) Consultez les Lettres Nos. p8p , loiietioic.
s) Amat.
4) Consultez la Lettre N°. 1004.
Consultez les Lettres Nos. 1007 et 101c.
rt) Voir la pièce N°. loi".
' i Consultez la Lettre .\°. 1014.
Probablement la Lettre N . 992.
CORRESPONDANCE. 1662. 1 37
vous m'avez promife, ce qu'il a jugée mériter que je la vifle. Pour fa nouvelle in-
vention en la Dioptrique, je dis de Monlieur Petit, je n'en efpere pas beaucoup,
parce que je icay qu'il elt un peu hétérodoxe en ce qui regarde la refraétion.
J'ay confiderè ce matin avec le frère de Moggerfhill7) le defTeindu Caroffc qu'il
a receu de vous , fur lequel auffi nous vifitames le noftre dans l'Efcurie, mais trou-
vâmes qu'il n'y pourrait pas- reuffir a caufe qu'on n'y feauroit appliquer des ref-
forts affez longs, et ce n'eft qu'à ceux qui font à la Francoife que cette invention
peut citre adjoultéc. vollre peintre devroit avoir marque les mefures a fin que l'on
fecut precifement refpefïeur du refïbrt, ou des 3 refïbrts, (car il femble qu'il y en
ait 3 couchez l'un fur l'autre) et auffi la longueur.
Je n'avois pas feeu, ni perfonne icy, que l'accident de Mon Père a fa jambe
cltoit fi fafcheux , et qu'il l'empefchoit mefme de fe mettre en carotte comme j'ap-
prens par vollre dernière. Mais grâces a Dieu que ce danger efr. patte.
Pour ce refus qu'auroit fait Mademoifelle Mariane 8), je fuis auffi preft que
vous a l'en croire, a quelle haute fortune feroit ce donc qu'elle s'attend?
Vous me demandiez par quelqu'une de vos précédentes 9) fi le frère de Zeel-
hem IO) voioit toutes mes lettres que vous m'envoiez. C'eftoit peut élire dans le
dettein de me faire part de quelque fecret, comme de vos negotiations touchant
la R. JI) mais quoyque ce foit , feachez que je luy en lis autant qu'il me femble a
propos, et comme jufqu'icy vous ne m'avez point eferit que des chofes indifféren-
tes, excepté dans quelques unes de vos premières durant les amours de Zeelhcm :o)
et Mademoifelle Grat. I2) je luy ay prefque toufjours fait lecture entière, adieu.
Enveloppez ces feuilles 4) d'un papier et envoyez les a Monlieur Petit.
r) Philips Doublet.
8) La (illc de Pierre Petit (voir la Lettre Np. H78 , note 1 ).
9) Nous regrettons toujours que les lettres de Lodewijk 1 [uygens à son frère Christiaa.n , écrites
à cette époque, se soient perdues.
10) Constantyn Iluygens.
1X) Peut-être une demoiselle Ryckaert. Voir la Lettre N°. 820, note 14.
'") Nous ne savons de quelle personne il s'agit ici.
Œuvres. T. IV. 18
38 CORRESPONDANCE. 1662.
N° 1017.
Christiaan Huygéns à [P. Petit].
[25 MAI 1662].
Appendice au No. 10 16.
La minute gt h: copis se trouvent î: Laden, cuil. Huygens
A Monfïeur Pktit, Sur l' Aequation des jours.
Si le foleil au lieu d'aller par l'Ecliptique fuivoit toufjours l'aequateur , et que
dans cemiicy il cheminait d'un mouvement égal le parcourant dans le meime efpace
de temps qu'il achevé maintenant l'Ecliptique, c'eft a dire dans le temps d'un an
tropique, il eft certain que tous les jours d'un midy a l'autre feroient neceflaire-
ment égaux, et que chacun d'eux feroit d'une converfion entière de l'equateur et
encore d'une partie de l'aequateur que le foleil y avanceroit journellement, qui fe-
roit de 59' 8" 20". puis que d'autant eft fon mouvement moyen dans l'Ecliptique
de forte que le temps d'un jour médiocre, et la jufte mefure de 24 heures, cil
celuy dans lequel parlent les 360 de l'equateur avec 59' 8" 20". On n'auroit
donc pas belbin alors d'aucune aequation du temps et l'horologe eftant une lois
ajuftéc a la longueur des tels jours moyens ou médiocres s'accorderoit perpétuelle-
ment avec les quadrants. Mais le mouvement du foleil eftant dans l'Ecliptique
qui eft oblique a l'equateur, et ce mouvement eftant de plus inégal a raifon de
l'excentricité du grand orbe , c'eft pour ces deux caufes que l'on y trouve prefque
toufjours de la différence et qu'on ne feauroit examiner la juftefle des horologes
par le moyen des quadrants qu'en le fervant de la dite aequation pour laquelle je
vous ay donné une table ') avec la méthode :) pour en ufer. Mais pour vous faire
veoir le fondement du calcul de cette table et comment on la conftruit facilement
par le moyen des Ephemcrides. prenons par exemple qu'au io*-- d'avril 1660 le fo-
leil eftant au méridien de Paris, en mefme inftant l'horologe ajuftée au temps mé-
diocre defïiis dit, montre aulli midy; et que je veuille feavoir H 10 jours après a
feavoir le 20 avril il fera encore midy a l'horologe quand il le fera au foleil ou
quelle fera la différence.
Soit de la fphere ACBD les pôles A , B ; CD l'equateur , EF l'ecliptique , le
principe d'Aries en G. Et que H foit le lieu du 0 à midy du 10 avril. 1 1 eft donc
félon les Ephemerides d'Eichftadt. le 210 20' 45", de Y, dont l'afcenfion droite
Voir la pièce N°. 979.
- Voir la pièce N°.p78.
CORRESPONDANCE. 1662.
1 39
GK elt de 190 42', et le point K eil au méridien
en mefme temps que H. Le 20"ie au midy le fo-
leil, félon les mefmes Ephemerides , fera par-
venu au i°. 5'. 15". de V qui foit L, et l'on af-
cenfion droite GM fera de 280. 56'. Et il fera
midy lors que le point L de l'ecliptique et en-
femble le point M de l'equatcur feront au méri-
dien de Paris, de forte que la durée des jours
apparents entre le midy du 10 avril et le midy du
20 du melme mois eit à 10 converfions entières
de l'equatcur et encore de l'arc KM. Or fi l'arc
KM, que l'on trouve en oltant l'afcenfion droite
GK de GM, eltoit de 10 fois 59' 8" 16" ou 9. 51 1 i" ■'), ce feroit alors autant comme
fi le foleil avoit chemine dans fequateur et de fon mouvement moyen , et partant
le temps entre les dit deux midis feroit égal a 10 jours du temps moyen, fuivant
ce que j'ay dit au commencement. Mais l'arc KM n'ell icy que de 90. 14'. de
forte que la différence elt de 37'. Et partant le lieu du foleil M fera parvenu au
méridien de Paris auparavant que l'horologe marque midy, et la différence du
temps fera d'autant qu'il en faut pour que les dites [37'?] paffent le méridien, c'elt
a dire de 2 minutes 28 fécondes, car par la règle de proportion puis que les 360
degrés et 59'. 8". 20 " de l'equateur (en omettant ces 59'. 8". 20'" parce qu'ils ne
font pas confideres) paffent en 24 heures, les 370 pafferont en 2 . 28 "5. Ces mi-
nutes et fécondes donc font l'équation qu'il faut ofter du temps apparent pour
avoir l'heure du temps moyen le 20 avril 1660, lorsqu'on a poi e le midy du 10
jour du mefme avril pour epoche ou commun commencement de l'un et l'autre
temps. Et fuivant cette méthode l'on peut fur la mefme epoche fupputer l'aequa-
tion qui convient a tous les jours de l'année pour en compofcr une table.
Or il faut fcavoir que les nombres de cette table ayant pour epoche le
10 d'avril fufdit, feroient autres que de celle que vous avez de moy, qui a pour
Epoche le 10 de Février mais en efteét les équations que l'on tireroit de l'une et
l'autre feroient toutes les mefmes. Comme fi par cette dernière je veux enquérir
combien l'horologe doit différer du foleil au midy du 20 d'avril, ayant elle accor-
dée avec luy le midy du 10 avril, il faut fuivant la règle que j'ay donnée avec la
table ofter du nombre appartenant au 20 avril , qui elt 16', 34", le nombre appar-
tenant au 10 avril , qui elt 14', 6", dont il relie 2' 28" de temps que le midy appa-
rent devancera celuy de l'horologe parce que le nombre du 20 avril eit plus grand
que celuy du 10. Ou vous voyez que c'elt la mefme équation que nous avions
trouvée cy deffus. N'importe quelle foit l'Epochc que regardent les nombres de
la Table puis que neceffàirement les mefmes aequations en provienent. J'ay pris
3) Lisez: 90 51' 23"
I40 CORRESPONDANCE. 1662.
toutefois dans la miene pour Epoche le 10 febrier (pouvant encore prendre le
1 de novembre) parce que en commençant de quelque autre jour il euft fallu
diftinguer dans la table les aequations additives et fubtractives , ce qui en cull
rendu l'ufage moins facile. Elle pourra fervir aflèz longues années fans faute no-
table, parce que le changement de l'apogée du foleil qui feul la peut altérer eft
très lent a feavoir d'environ i degré en 60 ans. Au refte cette manière d'aequation
n'eft autre que celle qu'a en feigne Ptolemée et après luy Copernicus et plufieurs
autres, fervant a comparer enfemble quelque cfpacc du temps apparent avec le
temps égal, et a durement c'eft l'unique et la véritable.
Quelques uns toutefois le font imaginez, comme nofirre amy Monfieur Bouillant
dans Ion Aftronomia Philolaica 4) qu'il falloit une aequation pour réduire le mo-
ment du temps apparent au temps moyen , et ceux la fans avoir égard a l'Epoche
veulent qu'a chafque jour de l'année conviene une équation certaine, les quels
pour cela trouveroient eftrange que l'une table auroit d'autres nombres que l'au-
tre. Mais leur aequation prétendue eft fans aucun fondement et ne lignifie rien ,
car de quelque moment que l'on veuille l'on peut commencer a conter enfemble
le temps égal et apparent comme d'un commun principe, et ils ne peuvent différer
l'un de l'autre que dans quelque efpace de temps. Ainfi nous venons de veoir
que les 10 jours du temps apparent depuis le midy du 10 avril jufqu'au midy du
20 avril font plus courts que 10 jours du temps égal ou médiocre; mais qui de-
manderoit au midy apparent du 10 Avril combien il y a encore au midy du temps
moyen , ou de combien il eft palTè , je dirois que fa demande eft ridicule , fi ce n'eft
qu'il ait égard a quelque epoche auparavant d'où l'on fuppofe que le compte du
temps moyen et du temps apparent ait pris commencement, et félon que l'on
pofera cette epoche , le midy du temps moyen fuivra ou devancera le midy du
temps apparent, ou fe rencontrera jurtement en mcfme temps.
Devant que finir je vous diray encore icy les remarques que l'on peut faire en
prenant garde dans la table des aequations, comment les nombres y croifTent et di-
minuent. C'elt premièrement que la moyene ou médiocre longueur des jours appa-
rents revient quatre fois l'an, h feavoir vers le 10 Février, le 15 May, le 25 Juillet
et le 1 Novembre ce qui eft évident parce qu'en prenant quel qu'un de ces jours la
pour epoche, il n'y a point d'équation ou très petite h faire les 2 ou 3 jours fui-
vants. En quoy pourtant il y en a qui fe font trompez croyants que cette médio-
crité des jours ne revient que deux fois l'année.
I )epuis le 10 Février jufqu'au 15 May les jours apparents font plus courts cha-
cun que les médiocres, et que les plus courts vers le dernier de Mars.
Qu'au contraire depuis le 15 May jufqu'au 25 Juillet les jours apparents font
plus longs chacun que les jours médiocres et que les plus longs vers le 20 Juin, que
4) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 156, note ~
CORRESPONDANCE. \66<1. I 4 I
derechef depuis le 25 Juillet jufqu'au 1 Novembre les jours apparents font plus
courts que les médiocres , et que les plus courts vers le 1 8 Septembre.
Et qu'au contraire du 1 Novembre au 10 Février les apparents lurpaflent les
médiocres, et que les plus longs font vers le 24 Décembre qui font auffi les plus
longs de toute Tannée, excédant un jour médiocre de 31 fécondes.
Ainfi ayant accorde l'horologe avec le foleil au midy du 10 Février il montrera
le 1 Novembre 1 1 heures 28'. 5". quand le foleil fera défia au méridien, ce qui fait
veoir que les jours apparents de cet efpace n'égalent pas autant de jours médio-
cres, mais qu'ils font plus courts de 31'. 55". Mais ayant accordé l'horologe avec
le foleil le 1 Novembre il marquera au 10 Février 31. 55" après midy quand le
foleil fera au midy. d'au il s'enfuit que les jours apparents du 1 Novembre juf-
qu'au 10 Février font plus longs de 31'. 55". qu'autant de jours médiocres.
Je pourois encore remarquer icy l'erreur de Ptolemee , de Copernicus et d'au-
tres qui les fuivent qui , confiderants ces deux termes entre les quels il y a la plus
grande différence des jours apparents aux médiocres, et que les apparens du der-
nier efpace furpafTent autant les médiocres, que les appareils du premier efpace
en font furpaffez (car de part et d'autre il y a 31'. 55" de différence) concluent
que les apparens donc du dernier efpace furpaffent les apparens du premier, de
deux fois 31'. 55", qui fait une heure, et 3'. 50". Ce qui a mon advis eft tout a
fait hors de raifon, et je ne puis concevoir de quelle façon ils veulent comparer
les jours du dernier efpace avec ceux du premier qui font beaucoup moins en
nombre. La confequence aufTi qu'ils en tirent eft très faillie a feavoir qu'en négli-
geant l'aequation du temps l'on fe pouroit parfois mefeonter au mouvement de la
lune de plus d'un demy degré , fon mouvement moyen dans le dit temps d'une
heure et 3'. 50", cftant d'environ 34'.
Je dis qu'ils fe trompent en cela de la moitié puis que l'aequation du temps ne
va jamais qu'aux 31'. 55". de forte qu'au lieu de la lune il y peut avoir feulement
faute d'environ 17', la quelle toutefois eit afîez importante pour rendre l'ulagc de
l'équation neceffaire.
Devant 5) que finir je vous diray encore que ma table que vous avez n'eft pas
pour fervir toufjours, mais feulement pour quelque 100 ans d'icy en avant fans er-
reur notable, et que par confequentee n'eft pas par elle auffi que l'on peut réduire
un efpace du temps apparent de plufieurs fiecles, au temps médiocre, comm' il eft
requis au compte du mouvement Lunaire quand on fuppofe l'Epochc fort reculée.
La caufe eft dans le changement de l'aphélie du foleil qui avance peu a peu
dans l'Ecliptique quoyque d'un mouvement très lent faifant environ un degré en
60 ans. Il faut donc dans ces grands efpaces de temps fe fervir de la régie qu'a
donné Ptolemee, qui eft très bonne et n'a point d'autre fondement que celuy du
calcul de noftre Table.
s) La minute de ce qui suit se trouve sur une feuille a part.
[j.2 CORRESPONDANCE. l66z.
Je ne diray pas icy comment il faut rappliquer. Vous comprenez facilement
comment il faut: fe fervir dans le calcul de la Lune, car il ne faut que réduire
Pefpace du temps apparent entre l'Epoche et le moment donne au temps mé-
diocre.
N= 1018.
J. Hevelius à Christiaan Huygens.
2*7 MAI 1662.
I.,: ettre se trouve à Leiden, vu!/. Huygens.
("/.-. Huygens y répondit par !c No. 10;,".
Nobilifïimo Christiano Hugenio J. Hevelius S.
Percepifti Une dubio, amice multùm honorande miferandam cladem meam
domefticam ') , ob quam , profecto, citius promillis ftare haud potui : hineque non
lolum facile me exeufabis, fed et condolebis vicem meam : cum optime intelligas,
quid adverli exinde rébus meis tamiliaribus, ltudijlque ("ubortum fuerit. Mcrcu-
rium meum inter tôt variafque animi lollicitudines nunc tandem prognatum , Vc-
neremque llorroxij féliciter bono publico exortum (fed e contra occidente, et
quidem magno meo damno, meà dulciffimâ Vencre) Tibi nuper per doctorcm
Pekzium 2~) tranlmifî, quos aequi bonique conl'ulas rogo, donec aliquid dignius
habeam , quod Tibi exhibere pollim. Tibi autem cumprimis référendum habet
( )rhis eruditus, quod Venus 1 Iorroxij lucem viderit 3), et tali praelhmti et gratiflimo
munere cum donare haud nolueris; profefto et fera Poileritas id débita gratiarum
actione agnofeet. Quae cum perlegeris, rogo fentenriam Tuam de ijs omnibus
nobis libère exponas, faciès non folùm rem gratillimam, fed me viciflim nunquam
non expericris 'fui Studioiiffimum. Valetudinem Tuam tac cures diligenter, ut
quantocyus quaedam de praeclaris Tuis lucubrationibus denub obtineamus. Dabam
Dantifci Anno 1662 die i~ Maij.
Nobiliflîmo Christiano Hugenio
araico honorando
I lagam Comitis.
1 Le 1 1 mars 1662 mourul l.i femme de Hevelius, Catharina llebeschka d'une famille riche
le Dantzig, Il Pavait épousée le ,; 1 mai 1635. Bientôt après, il se remaria avec Elisabeth
Koopmann.
sur Philippe Pels voir la Letl rc N . 921 , note .;.
( m: niiez la I. elde \ . 885.
CORRESPONDANCE. 1662. 1 43
N£ 10 19.
N. Heinsiûs h Christiaan Huygens.
30 MAI 1662.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le No. io?fl.
Nicolaus Heinsius Christiano Hugenio Viro N'obiliffimo
S. P. D.
Alterius Phaenomeni eftypon, quale defiderabas, Martio menfe ad ce mifi '), Vir
Nobiliffime. nec tamen cognoiïe datur haétenus, an id in manus tuas pervenerit.
quae res valde follicitum me habet, cum nihil optem impenfius, quam ihidijs cuis
prodefïe. Quarc aliud eétypon deferibi enrabo, fi eius, quod iam mi (Tu m eft, con-
fpeclu fîniftra fortuna ce fraudavit. Apollonij Pergaei Arabici =) cria exemplaria
Sereniffimus Princeps Leopoldus ab Etrùria Amfcelodamum ad Elzevirios micci
curavic, quorum duo priora cibi ec Hevelio, cercium mihi munus deftinetur. Cla-
riffimi Voffij de Luce Commencarium 3) ab ijfdem Elzevirijs expeéto : quapropeer
ihidijs Philofophicis iam mme me coepi accingere. Mirum , ni crabones mox in-
furgant , ec lucem hanc illi cercacim involent infeftis alis.
Parencem muni, Virum Uluftrem , re féliciter confefta4), brevi reducem vobis
fiftendum fore auguror. Domino Friqtieto s), fi etiamnum Hagae aecacemagic,
plurimam meis verbis , ubi oporcunum eric, falutem uti dicas obfecro, etiam ami-
ciflimo Wallio6). cui feribam proxime, ii nunc id fieri peroccupaciones non licebic.
llinc quod nunciarc poilim nihil nunc occurrit. Vale, Nobiliffime Ilugeni.
Holmiac Succorum cIdidclxii. a. d. xxx. maij Gregor.
') Consultez ia Lettre N°. 1000.
:) Voir l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 536, note 2.
•>) Voir l'ouvrage cité dans la note 4 de la Lettre N°. 907.
A) Heinsius fiiit allusion au voyage de Constantyn Huygens, père, à Paris, pour les affaires
de la principauté d'Orange.
5) Voir la Lettre N°. "6, note 16.
û) Sur Adrianus van der Walle voir la Lettre N'J. 522 , note \i.
'44
CORRESPONDANCE. 1 662.
N= 1020.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
I JUIN 1662.
La lettre et la copie se tn>/:rc;// a Leiden, coll. Huygens.
A la Haye le 1 Juin 1662.
L'on ne m'avoit pas encore envoyé d'Angleterre le récit de l'expérience ') que
Monfieur Thevenot vous a racontée qui ell notable, quoyque l'on ait bien pu
s'imaginer a peu près l'efFect qu'elle a produit, car il n'y avoit rien de ii certain ,
que cette enflure de bras dans le vuide, ou il cil hors du prefiément ordinaire de
l'air d'alentour, et dans les vantoufes l'on en avoit délia veu l'eflày.
Voicy ma2) refponfe au dil'cours de Monfieur Chapelain qui n'a pas elle fort
bien inftruit de l'Expérience qu'il a tafchè d'expliquer , ce que je croy eftre arrivé
parce que je ne vous en ay pas fait l'hiftoire dans une lettre , et de fuite , mais par
pièces. En (in je l'ay mieux inftruit maintenant, et monftrè que fa conjecture n'eft
pas fort vraylémblable. La rai ion pourquoy je n'ay pas encore fait l'expérience de
la falade et quelques autres , efl: que la pompe dans ma machine s'eft mile en del-
ordre pour avoir elle quelque temps fans employ, et parce qu'il y a un peu de
façon a la reparer j'ay négligé jufqu'icy d'y mettre la main , mais j'ay envie de la
mettre en ordre bien toft, quand ce ne (croit qu'a fin de vous fournir matière de
difeours, avec Meilleurs les beaux efprits, Je ne feaurois me fouvenir défaire
l'eflay avec le garnaet ■') , pour avoir peut eftre la mémoire als een garnaet 4), auffi
n'eft il pas de confequence, et li vous croyez le contraire il y a longtemps que
vous l'auriez pu faire avec une de ces petites ecrevifies.
Je fuis après au jourdhuy a faire une machine pour tailler les verres des gran-
des lunettes, fans que Ton y employé la main autrement que pour tourner une
roue, de forte que nos valets déformais feront les meilleurs verres du monde et
j'ay envie de vous en envoier quelque jour de la fabrique de David. Il y a 2 jours
que le frère de Zeelhcm et moy en (ifmes un modelle qui fucceda fort bien, en
fuite de quoy nous la faifons conftruire avec la perfection requife et elle fera
achevée encore ce foir. Elle n'eft pas de grand volume , mais portative , de forte
qu'on la peut mettre fur une table la ou on veut, et fi je ne me trompe elle abbre-
gera de deux tiers le temps que nous avions accouftumè d'employer a faire un de
ces grands verres. Voila de quoy vous entretiendrez Monfieur Petit et Monfieur
Thevenot qui feront bien ailés d'apprendre un jour cette ftructure.
Adieu, nous allons mettre enfemble les pièces que l'on vient d'apporter.
I ( wii iiiu/ la Lettre IV . 1013.
:) Voir la Lettre IV . 1021.
) crevette.
i raduction : c< mime une crevette.
CORRESPONDANCE. \66l.
'45
N= 1021.
Christiaan Huygens à [J. Chapelain].
[juin 1662].
La minute et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
La lettre est la réponse aux Nos. 982 et 1008. J. Chapelain y répondit par le No. 1024.
Sommaire. Pardon d'uitftel. 00c heb ick het pacquet van ') Vicquefort. dioptrique de l'Italien. Huct, latin excel-
lent, remercier, dans la mefme lettre que Monfieur Freniclc eftoit rclblu de refpondre a Wren.que
j'ay vu cette lettre a Digby et les reflexions fur le f'ylteme de Wren, ou le vérifie ce que vous dites.
il me fait honneur et Wren de mefme. que leur débat finira aflurement quand ils auront vu la véri-
table pliafe de cette année car elle ne favorile non plus l'une que l'autre de leur hypothefes mais con-
vient parfaitement a la miene eftant telle que voyez. Je viens a voflre raifonnement touchant mon
expérience qui quoy que beau et fubtil ne me met pourtant pas encore en repos touchant la caufe de
l'effrange effeft. mal informé mais qui n'ont pas beaucoup nuy a fon difeours. elle refufe dedefeendre
eftant purgée, car autrement elle defeend Couvent la se fois. En defeendant l'air ne gliffe pas entre
l'eau et les parois du verre, mais l'eau glifTe contre les dites parois prefque imperceptiblement laiffant
l'air au milieu. Je laide remonter l'eau doucement.
Monsieur
Je vous demande pardon de ce que je refpons fi tard a deux des voftres. quand
la première m'arriva je n'avois pas encore receu le paquet dont elle parle, et ce
ne fut que bien long temps après, comme je croy que vous aurez feeu par mon
frère 2). J'y trouvay le livre de Manzini 3) de la manière de fabriquer les Telefco-
pes, qui n'enfeigne nullement les fecrets de cette art, je ne fcay fi c'en: par igno-
rance ou envie de l'autheur, mais il y a grand apparence a ce que vous dites 4), qu'il
femble eftre mis an jour pour faire valoir la marchandife del Signor Euftachio 5). des
1 exemplaires qui ertoient dans ce mefme pacquet , du livre 6) de Monfieur Huet ,
j'ay fait tenir l'une a Monfieur Voffius, qui comme moy trouve et le Mile et le
langage de ces dialogues très excellent outre que le fuject y eft traité judicieufe-
ment et de la bonne forte. Vous faifiez mention dans la dite première lettre de
la refponfe que Monfieur Frenicle eftoit refolu de faire à Monfieur Wren, la
quelle depuis je crois avoir vue ayant pour titre Ad ClariJJimi Virl Chrif-
tophori Wren de fc corpore hypothefin reflexiones qitaedam 7). Cet eferit et encore
une lettre 8) de Monfieur Frenicle au Chevalier Digby m'ont eftè envoyé de
Londres, et vérifient ce que vous m'eferiviez, que le débat entre ces deux feavan-
') Traduction: Pardon du délai, j'ai auffi le paquet de Viquefort.
2) Consultez la Lettre N°. 1007.
3) L'ouvrage cité dans la Lettre N°. 744, note 9.
4) Consultez les Lettres Nos. 894 et 9 1 1 .
5) Eustachio de Divinis.
6) L'ouvrage est cité dans la note 1 de la Lettre N°. 908,
") Voir la pièce N°. 970.
8) Voir la pièce N°. 969.
Œuvres. T. IV. 19
1^.6 CORRESPONDANCE. \66l.
tes perfonnes ne fe pouvoit efchauffer qu'a mon avantage , car en effeét il y en a
d'eftre cité par eux, et de tous les deux partis avec éloge «>). Je devrois les prier et
particulièrement Monfieur Frenicle d'en eftre moins libéral; mais je prevoy que le
combat le terminera bien toit après qu'ils auront connu la véritable phafe de fj qui
eft a prefent, ou par leur propres observations , ou en adjoutant foy aux mienes;
car elle ne favorife non plus l'une que l'autre de leur hypothefes, mais confirme
entièrement la miene eftant telle quevoicy, et je la peindray un peu mieux que
de couftume, a fin qu'elle ne caufe pas des abus IO) comme celle IX) de l'an patte.
Les anfes comme vous voiez font bien lar-
ges aux endroits ou elles font attachées au
globe, contre ce qui devroit eflxe félon Mon-
lieur Wrcn, qui les fuppofoit là fort eftroites.
Vous voyez auffi qu'il s'en faut encore beau-
coup que l'intérieure ellipfe des anfes ne
paffe par deflùs le globe et par deffous fans le
toucher, comme Monfieur Frenicle l'avoit attendu, ou du moins qu'il s'en fau-
droit très peu.
Je viens a voftre difeours I2) fur mon expérience pneumatique, qui quoy que beau
et fubtil , ne me met pas encore en repos touchant la caufe des eftranges effets qui
s'y découvrent. Pour ce qui eft de voftre hypothefe des quatre elcmens et de leur
qualitez je veux bien en admettre icy, ce qui fait au prefent fujeél, c'eft a dire ce
que vous fuppofez touchant l'air et l'eau. La figure que vous donnez aux particu-
les de ccllccy eft la me fine que Monfieur Des Cartes luy attribue, et quant au
meflange de cet élément avec celuy de l'air il eft évident par ce qu'on en voit
dans cette mefme expérience, quand on la fait avec de l'eau fraifehe. Toutefois
il ne femble pas qu'il y ait telle quantité d'air dans l'eau que vous penfez, parce
que quand elle en eft toute purgée l'on n'appercoit pas que fa quantité en foit
devenue moindre. Au refte je fuis marry d'avoir eftè caufe en nem'cxpliquantpeut
eltre pas allez clairement, que vous n'ayez pas feeu au vray l'hiftoire de mon ex-
périence. Car premièrement c'eft feulement l'eau qui a cité purgée d'air dans le
récipient vuide pendant toute une nuiét qui refufe après de defeendre de la phiole,
et non pas l'eau fraifehe après avoir defeendu une fois comme vous avez cru.
Secondement dans l'eau purgée il n'y vient pas toufjours une petite bulle qui
face defeendre celle de la phiole, mais quelque fois, et quelquefois point. Et
quand la dite eau defeend a mefure que cette bulle fe dilate cela ne fe fait pas
avec beaucoup de peine et de temps, mais prefque en un moment. Lt l'air de la
9) Consulte/, les Lettres Nos. 033, 060 et yo.
10) Consultez la Lettre N°. 027.
") Consultez la Lettre N°. 873.
"5 Voir la Lettre N°. 1008.
CORRESPONDANCE. \66l. 147
bulle ne s'infinue pas entre l'eau du col et Tes parois mais c'ell l'eau qui defcend
le long de ces parois, laiflant le chemin du milieu libre a l'air. En fin ce n'ell pas
toufjours avec précipitation que l'eau remonte dans la phiole quand je donne en-
trée a l'air dans le récipient, mais quand je veux je la fais monter petit a petit.
Vous devriez avoir elle informe de toute ces particularités, qui fans doute au-
roient apporte quelque changement dans vollre raifonnement. Et lî de plus vous
eulîiez feeu que je n'ay pas fait feulement l'expérience avec une phiole a long
col , mais auffi avec des tuyaux fîmples fermez par defl lis et allez larges , et touf-
jours avec mefme ifïue, vous n'auriez jamais attribue la caufe de la fufpenfion de
l'eau a l'cmpefcliement que s'entredonnent les particules de l'eau , en voulant for-
tir a la foule vers en bas, car vous avez fort bien vu vous mefme que fi en ce
cas elle demeuroit fufpenduc comme auparavant, vollre conjecture ne fubfilleroit
pas. Or quand mefme c'ell une phiole avec un col ellroit, je ne fcay fi vous avez
raifon de croire que pour cela les petites anguilles de l'eau s'y rengent de leur lon-
gueur pour ainfi le preiïer entre elles, car ce col quoy qu'il ne fuil que d'une
ligne eil toufjours extrêmement large a proportion de ces petits corps, comme
la tour de Nollre Dame a une aiguille et bien plus encore, de forte que ces parties
de l'eau ont la liberté de s'y tenir en quelque fens que ce foit. Mais fuppofè
qu'elles fulTent ainfi ferrées dans le col comme vous voulez il femble que l'eau
qu'elles compofent ne feroit plus liquide mais comme glacée, ce qui ne le trouve
point, dans l'expérience en fin que vous apportez de l'eau d'une phiole renverfee
qui n'en tombe point, la raifon pour quoy cela arrive cil manifelle à feavoir le
preflement de l'air contre l'ouverture d'en bas, au lieu que félon vous ce feroit
encore l'empefchement que fe donnent les parties de l'eau en voulant forcir par
cette ouverture ellroite. Voila Monfieur ce que j'avois a vous dire touchant vollre
recherche, qui comme j'ay advouè ne me fatiffait pas tout a fait, mais vous fup-
pliant de me faire feavoir en revanche les diffkultez que vous avez trouvées dans
ce que j'en ay eferit a mon frère 13), et vous obligerez
Monsieur
Vollre &c.
I3) Consultez la Lettre N°. 999.
I48 CORRESPONDANCE. l66l.
N= 1022.
Christiaan Huygens à R. Moray.
9 JUIN 1662.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
Elle est la réponse aux Nos. 993, 994, 997 et 1013. R. Moray y répondit par le No. 1034'').
A la Haye ce 9 Juin 1662.
Monsieur
J'ay honte quand je regarde a la date de voilre longue lettre ') n'ayant point de
prétexte légitime pour juftifier un fi long filence, car bien que je fuïïe faifi de
la fièvre tierce lors qu'elle me fut rendue, je ne puis dire avec vérité qu'elle m'ait
empefchè long temps de vous efcrire, par ce que j'en fus quite avec le 7e accès.
mais il m'eft arrive, ce qui m'cft allez ordinaire, que pour avoir trop de chofes de
quoy vous entretenir j'ay eu très grand' peine a m'y mettre, voyant qu'il n'y faloit
pas moins d'un jour entier; car de fuivre vofire exemple et d'efcrire a diverfes re-
prifes c'ell a quoy je pourois encore moins me refoudre. Auffi quand je confide-
re combien en ce faifant vous vous elles donné de peine je croy facilement que
vous n'aurez pas efiè marry d'eftre quelque temps fans recevoir de mes lettres,
puis que cela vous a délivre de l'importunitè des refponces. Je fcay, quoy que vous
n'en falfiez pas femblant, que vous elles chargé d'affaires, et moy qui n'en ay
point, j'ay pourtant des petites occupations qui fouvent je ne quite qu'avec regret.
c'eft pourquoy , pour mieux faire fubfiiter noftre commerce, je trouve fort a pro-
pos que nous ufions du ftyle de Lacedemonc, ou du moins ayons la liberté d'en
nier, car quant a vos lettres elles me font d'autant plus chères qu'elles font lon-
gues , et fi j'eferivois avec tant de plaifir que j'en ay en les lifant , il ne m'eufi point
fallu maintenant de tout ce prologue.
Il n'y a que 4 jours que Monfieur d'Odyck -) m'a fait tenir vofixe dernière du
6 May :,J avec le traité de Rcftitutione corporum4) , que j'ay parcouru et ne trouue
pus qu'il nous apprenne rien de nouueau. J'ay vu cy devant l'autre traité de ce
mefme autheur 5) de Plénitude Mundi 6) qui m'a fait connoiltre a peu près de
') Voir les Lettres Nos. 993 , 994 et 997.
Willem Adrianus van Nassau (voir la Lettre N°. 909, note 8), qui alors se trouvait auprès
de l'ambassade à Londres. ('Consulte/, la Lettre N°. 885 , note 5).
La Lettre N°. IOI 3.
4) Cet ouvrage est cité dans la Lettre N°. 1013, note 2.
Gilbert Clerke, (ils d'un maître d'école, naquit à Uppingham (Rutlandshire) en 1626 et
mourut vers 169- a Stamford Bacon ( Nortliamptonsbire ). Devenu l'ellow of Sidney Sussex
Collège a Oxford en 1648, il quitta cette institution en 1655, à cause de scrupules reli-
gieux. Depuis, vivant tranquillement d'un legs de 40 Livres Sterling, il se voua aux sciences
mathématiques, pures et appliquées.
rt) De Plénitude Mundi. Brevis & Philofophica diflertatio. tn qua defenditur Cartefiana Phi-
CORRESPONDANCE. 1662. I49
quelle force il eiloit: mais courre les chimères de Francifcus Lin us c'ell allez
que d'un tel adverfaire. En recompenfe de ce prefcnt j'ay envie de vous faire
celuy du livre de Voffius de Luce 7) nouuellement imprime, qui ell tout plein de
paradoxes et contient toute une autre doctrine touchant la réfraction que celle
que nous avons tenu jufqu'a prefent. Mais je croy que vous m'aurez plus d'obli-
gation fi je ne vous l'envoyé point puis que je fcay certainement qu'il ne vaut
rien. Je vous remercie fort des autres deux livres que le Secrétaire 8) de nos Am-
baffadeurs m'a adreffez, a Icavoir les Obfervations iJ) de J. Graunt IO) et le Hob-
bius Heautontimorumenos XI) de Monfieur Wallis. Ce n'eft que du fel et du
vinaigre tout ce que ce dernier contient, et il faut avouer qu'il raille plaifamment
fon homme; fur tout la ou il parle de fa nouuelle opinion que les lignes ont de la
largeur, et s'offre a prouuer qu'elles doivent donc élire plus larges que Cheapfide.
Le difeours de Grant elt très digne de confideration et me plait fort, il raifonne
bien et nettement et j'admire comment il s'eft avifè de tirer toutes ces confequen-
ces hors de ces fimples obfervations, qui jufqu'a luy ne femblent avoir fervi de
rien, dans ce pais icy l'on n'en fait point, quoy qu'il feroit a fouhaiter qu'on eull
cette curiofitè et que la chofe foit allez aifée , principalement dans la ville d' Am-
ilcrdam, qui ell tout diuilee en quartiers, et dans chafeun il y a des prefecls qui
feavent le nombre des perlbnnes et tout ce qui s'y paffe.
Si j'avois une verrerie a la main pour faire faire un récipient de la forme qu'il
faut pour repeter l'expérience dernière de Monfieur Boile je ne ferois pas long-
temps fans la mettre en exécution , pour avoir le plaifir de veoir arriver les fympto-
mes que vous m'en racontez et les autres que vous taifez. Pour l'enflure du bras je
n'eufle point douté qu'elle n'en deuil fuivre a mefure que l'on olte le prelTement
ordinaire de l'air qui nous environne, de la roideur des nerfs je n'en fcay pas
la caufe de mefme : la conltriétion que l'on fent a l'embouchure du vafe vient
comme je croy de ce que l'enflure commence en cet endroit du bras, et pour cela
la peau y ell plus tendue qu'au relie de la partie qui eft dans le vafe. la lueur au
relie et le fang prelt a fortir font chofes fort remarquables, mais qui le peuvent ex-
pliquer facilement par l'hypothefe de Monfieur Boile dans l'expérience que vous
m'avez fait la faveur de me communiquer dans la première lettre i:), et que j'ellime
lofopliia. Contra Sententias Francifci Baconi Baronis de Verulamio, Th. Hobbii Malmef-
burienns & Sethi Wardi S. T. D. Authore Gilberto Clerk A. M. Londini. Apud Jo. Martin ,
Jo, Allcrlbny & Th. Dicas. In Coemeterio D. Panli. 1660. in-8°.
") L'ouvrage cité dans la Lettre N°. 907, note 4.
8) Samuel van Huis.
9) Cet ouvrage se trouve ciré dans la Lettre N°. 997 , note 8.
10) Consultez sur J. Graunt la Lettre N°. 1013, note 4.
") Cet ouvrage est décrit dans la note 7 de la Lettre N°. 097.
") Voir la Lettre N°. 993.
150 CORRESPONDANCE. \66l.
très importante, je voudrais que vous m'efclaircifliez ce doute, a icavoir fi a
chaque t'ois en verfant d'avantage de ~Q dans le tuyau vous entendez qu'on y en
mette encore autant qu'il y en a, ou fi l'on y adjoute feulement a l'infmy la quan-
tité qui demeure dans l'experimcnt de Toricellius. C'eft, ce que je n'ay pas pu
comprendre par ce que vous m'en avez eferit, et qui m'a empefchè de raifonner
plus avant fur ce fondement. Cependant de quelque façon que ce foit des deux
je ne voy pas encore qu'il foit fort aifè d'en déduire la hauteur de l'athmofphere,
mais je croy qu'on auroit befoin encore d'autres expériences, comme celles qu'on
a fait en France fur les montagnes d'Auvergne I3).
Si Monfieur Boile n'a pas encore eflayè ce que je vous ay mande cy devant I4) de
l'eau purgée d'air qui refufe de defeendre de la phiole mife dans le récipient, et
plongée dans l'eau par le bout d'en bas, vous pouvez l'aflurer que j'ay fait cette
expérience plus de 30 fois et que j'ay connu très clairement que le récipient eftoit
vuide d'air autant qu'il le pouvoit eftre par le moyen de ma pompe, non feulement
en y attachant par dedans des petites veflies, mais aufiï en y mettant en mefme temps
des tuyaux pleins d'eau non purgée (ainli que dans l'expérience 19e de Mon-
fîeur Boile15) ) la quelle defeendoit jufqu'auniueau parfois de l'eau du bacquet d'en
bas, pendant que l'eau purgée demeurait fufpcndue dans un femblable tuyau ou
dans une phiole a long col. L'on m'a envoyé de Paris des difeours l5) entiers fur ce
phénomène, mais les caufes qu'on en allègue me femblent peu vraifemblables, et
aufli celles que je me fuis imaginées ne me fatiffont pas abfolument. Il feroit ne-
ceffaire de pourfuivre la mefme expérience avec des tuyaux plus longs que n'ont
elle les miens qui n'avoient que 2 pieds et autant de pouces mais je ne puis pas,
comme je vous ay dit, recouurer facilement les verres qu'il me faut. Monfieur
Boile a plus de commodité pour cela, c'eft pourquoy je fouhaiterois qu'il en vou-
lue prendre la peine, car auffi bien il n'appartient qu'a luy a mon avis, de para-
chever tout ce qui regarde ces belles obfervations et d'en initruire le monde, après
l'avoir li bien et 11 dignement commencé. Je vous allure que cette conlideration
me rend nonchalant pour ce que l'on pouroit encore faire d'expériences de cette
forte, me femblant toufjours que c'eft empiéter fur l'ouvrage d'autruy, et que
toute la gloire en doit revenir fur les premiers inventeurs Meilleurs Boile et
Gericke
J'ay leu la lettre ,;!) de Monfieur Frenicle et lés reflexions fur le fylteme de
expérieno fureni par Périer,le beau-frére de 151. Pascal. Consultez la Lettre
N 655, note 0.
( onsultez la Lettre N .9
Consultez l'oi nentionné ilans la Lettre N°. 873, note 4.
f 'onsultez la Lettre de J. Chapelain N°. 1008.
la Lettre N°. 940, note 9.
Voir la I îttre N°. 970.
CORRESPONDANCE. 1662. I <Z I
Moniteur Wrcn. Il ne faut pas s'eltonner fi le fentant un peu piqué par la let-
tre I9) de ce dernier a Moniteur Neil il a tafchè de fe défendre le mieux qu'il a
pu. au relie je croy que ny l'un ni l'autre ne le mettra plus en peine de foultenir
fon hypothefe après qu'ils auront appris la véritable phafe de fc comme elle
paroit cette année, car elle leur elt également contraire. Je l'ay obferuè ces jours
partez fort fouvent et encore hier au foir avec Moniteur Bullialdus, qui vit
clairement comme moy qu'il avoit cette figure que voicy, laquelle s'accorde
parfaitement avec mon Syltemc , et demon-
llrc contre Monfieur Frenicle que le globe
ne fe va pas feparant du circuit intérieur
de l'ellîpfe comme il avoit prognoftiquè. et
contre Monfieur Wren , que cette ellipfe
n'cft pas eilroite la ou elle touche au globe,
ou pour mieux dire , que l'extérieure et l'in-
térieure ellipfe qui terminent la couronne de fc n'ont pas un mefme axe mineur.
J'obferve aufTi le fatellite de fc et remarque qu'il parcourt une ellipfe fembla-
ble a celle que reprefente la couronne ainfi. Hier au foir je le trouvay avec Mon-
iteur Bouillant dans cette fituation , et encore
en ce mefme lieu le 1 6e jour d'auparavant.
Hevelius m'efcrit 2°) que les exemplaires
qu'il m'envoie de fon Mercurius in Sole avec
le traité de Horroxius 2I) font défia en chemin,
de forte qu'ils feront bientolt icy.
Je fais encore tous les jours des elfais avec une horologe a petit pendule , et je
trouue que fon cours elt aïïez jufte eftant en repos pour pouuoir fervir aux Longi-
tudes, et auiïi qu'elle fouffre fans s'arrefter le mouuement que je luy donne en ma
chambre ou elle eft fufpendue par des cordes de 5 pieds de long, mais je n'ay pas
encore fait l'efpreuve fur l'eau, pour la quelle il faudroit eltre dans un vaiifeau de
raifonnable grandeur et dans la mer mefme qui fut agitée, a quoy je ne fcay pas
quand je pourray parvenir. Je n'ay pas grande opinion des promeiTes de voftrc
Indien 22) li ce n'ell qu'il ait trouvé des horologes fans pendule auffi exaétes que
celles qui en ont, car je croy fermement qu'il n'y a point d'autre méthode prati-
quable pour les Longitudes que par des horologes julles. Voila comme je croy tout
ce que j'ay eu a vous dire, et fi non je le fuppleeray une autre fois, car pour celle
I9) Consultez la Lettre N°. 933.
2°) Consultez la Lettre N°. 1018.
21) Consultez les Lettres N°. 885, note 8 etN°. 872, note 5.
22) Consultez la Lettre N°. 1013, note 4.
152 CORRESPONDANCE. 1662.
cy je n'oie plus rien adjoufter a cette lettre de peur qu'en mefme temps je n'aye
a vous demander pardon pour m'eftre trop feu et pour avoir trop parlé. Je fuis
avec paffion
Monsieur
j
Votre très humble et très obeiffant ieruiteur
Chr. Hugens de Zuliciikm.
N- 1023.
CHRISTIAAN HUYGENS h [LODEWIJK HUYGENS].
15 JUIN 1662.
La lettre et la enfin- se trouvent à Leiden, coll. Huygens,
A la Haye ce 15 Juin 1662.
J'oie dire fans me vanter que la machine pour tailler les verres ell aulli bien
inventée qu'elle fcauroit élire, et vous le verrez a voltre retour ; fa feule faute
cil que par la célérité du mouvement qu'elle donne au verre, le fable lé brife trop
ville et le fait reluire devant qu'il fuit bien net et uni. J'en fis hier la dernière ef-
preuve et fuis afTuré maintenant qu'il n'y a point de machine qui puhTe fervir
en cette affaire, fi non celle du ballon avec la pointe , qui proprement n'ell pas une
machine mais dont la manière efl fort feure et commode ainfi que nous l'avons
ajullé maintenant. Je ne fcay pas ce que peut faire ce verre de Monlïeur Petit
de 16 pieds, mais quand je fus dernièrement a Paris je me fouviens qu'il n'en
avoit que de fort médiocres. Il efl plaifant avec fes pauvres d'Amllerdam et je
le prendrois apurement au mot s'il clloit auffi aifè d'exécuter cette gageure que
de la propofer. Prefïèz le je vous prie qu'il vous face veoir Saturne avec fou
compagnon que nous obfervons icy, prefque tous les loirs , et très diflinélement.
Sa peur efl ridicule qu'avec des Lunettes de 50 ou de [00 pieds l'on ne verroit
pas peut élire une eltoile a la fois et s'il fe fert d'une lentille convexe je m'ef-
tonne qu'il n'en connoifl pas mieux l'effect. Afiurez le qu'avec ma lunette de
22 pieds je voy toute la Lune a la fois, non pas pourtant avec une (impie lentille
auprès de l'oeil , mais par cette manière nouvelle dont j'ay fait mention cy devant;
de forte que s'il me procure un bon verre de 100 pieds, nous verrons encore pour
le moins le quart du diamètre de la Lune. 11 n'y a que la difficulté de pouvoir drefïèr
de (i longues lunettes qui m'ofte l'envie d'y travailler car en effecl elle feroit
grande et il y faudrait une belle depenfe.
CORRESPONDANCE. \66l. 1 53
Pour ce qui eft des horologes , les efpreuves que jufqu'icy j'en ay pu faire dans
ma chambre me donnent allez bonne efperance,, mais nour la principale efpreuve
qui feroit de veoir comment elles fouffriroient l'agitation de la mer dans un grand
vaiïïeau il ne m'eft pas facile de la faire , et il faudrait y eftre. car d'en vouloir
juger par ce que l'on verrait arriver dans une pinque '), l'on s'y tromperait afîure-
ment, par ce que fans doute les fecouïïes en feraient trop rudes mais celles d'un
vaifTeau peut eflrc point.
J'ay donne voftre lettre a Moniteur Chiefe qui cil icy de retour depuis 3 jours
après avoir mené Amat jufqu'a Bruxelles et un peu plus avant, du quel il s'efton-
noit qu'il n'eftoit pas encore arrivé a Paris lors que vos dernières partirent. Le dit
Sieur Chiefe a ce qu'il m'a dit fe prépare aufli a vous aller trouver bientoft.
Il y a 7 jours que Moniteur van Beuningen arriva, et aufTi toit que je le feeus
j'allay pour le faluer, mais l'ayant manqué par deux fois, il vint icy me veoir avant
hier, et eufraes allez longue conférence. Il me dit grand bien de Monfteur The-
venot et venant a parler la delïiis de la relation de la Chine 2) il tefmoigna qu'il
eftoit marry qu'après l'avoir entretenu fi long temps d'efperance , il ne pouvoit
pas luy procurer cette fatiffaclion , la caufe citant que Melfieurs de la Compagnie
des Indes ne vouloient pas que cet eferit fut divulgué. Qui eft pourtant un feru-
pule de rien, et je fuis feulement marry de n'en avoir pas pris copie, quand je l'eus
entre mes mains.
Voyla que ma Coufine Dorp m'envoye cette lettre pour vous , qui vous man-
dera almrement la nouvelle de la mort du grand Capelle 3), tué en duel par le
commandeur de Cronenburg 4) , et fi l'amie en a efté touchée ou point, ce que je
ne fçay pas encore. Pour le moins elle dira T'is j animer 5), comme font tous ceux
qui l'ont connu. Adieu.
') Pink est le nom hollandais des bateaux de pêche à fond plat, en usage sur les côtes de la
Mer du Nord.
2) Consultez les Lettres N°s. 962 et 996 et voir la pièce N°. 1039.
3) Hendrik van der Capellen , iils du diplomate orangiste Alexander van der Capellen, seigneur
de Aartsbergen, Boedelhof, Masvelt &.c. , et de Emelia van Zuylen van Nyevelt, naquit le
1 3 janvier 1634 et fut tué dans un duel à Copenhague en juin 1662. 11 était seigneur de Rijs-
selt, et entra au service du roi de Danemarc.
4) Le commandant de la forteresse Kronenborgh près d'EIseneur.
5) Traduction : c'elt dommage.
Œuvres. T. IV. 20
'54
CORRESPONDANCE. 1 662.
N= 1024.
J. Chapelain à Christiaan Huygens.
15 JUIN ]C)62.
La ! : re Si 1 <uv à 1 1 idi n , 1 oll. Huyi
ait No. 1021. Chr. Huygens y répondît ptn le Nb. 1033.
Monsieur
ne me faites point d'exeufe du retardement de voftre Refponce. Je ne vous ef-
cris pas pour en tirer de vous li ce n'elt lors que je croy vous pouuoir eftre vtile,
et toutes les fois que vous gardés le filence a mon égard, je m'en eonfole dans la
penfée que vous employés vollrc loiiir a des choies bien plus nobles et plus necef-
laires pour voftre gloire et pour l'auantage du Publie. 11 efl vray que j'ay eu quel-
que impatience de feauoir fi vous auiés receu le paquet que je retiray ') de chés
Monlieur de Thou pour le donner a Moniieur de Viquefort, afin qu'il vous fuit
plulroft rendu; a caufe des Liures qu'il contenoit et dont j'auois à rendre conte a
Meilleurs Thcuenot et Muer qui m'en auoient chargé pour vous. Audi des que
Monlieur voftre Frère m'eut appris quils eftoient venus en vos mains mon in-
quiétude s'appaifa, et je ne fouhaittay plus rien linon que vous ne retombafliés
point malade, comme Monlieur voftre Père irfauoit dit que vous Tauiés elle.
Maintenant que je fcay par vous mefme que vous vous portés bien , et que vos ef-
tudes fe Tentent de vodre conualefcence, j'ay le principal de ce que je délire de
vous , et vous laïfle en toute liberté pour le relie. Monlieur Thevcuot fe doutoit
bien que le Traitté 2) de la Fabrique des Telefcopcs n'eftoit pas grand cas et qu'il
ne vous donneroit pas grande jaloulie. Cela n'cmpefcha pas qu'il ne vouluft vous
le faire voir, du moins pour vous monftrer quelle différence de Génie il y a entre
vous et les Italiens d'à cette heure. Quand ces gens là feront informés de la Ma-
chine que vous aués compofée pour fabriquer feurement et facilement des verres
de telle grandeur qu'on voudroit ils en auront vue mortification qui ne fera pas
petite, et verront bien a qui ils fe jouent quand ils fe inclurent auec vous. Je vou-
drois que vous vous refohilliés a donner ce que vous aués eferit fur cette matière li
vous en cftes aufli content que vous me tefmoignaltes de l'eltre de voftre Syfteme
de Saturne quand je vous confeillay 4) de le publier. Je voudrois aufli que vous
donnalliés ce que vous aués adjoufté a cette merucilleufe Inuention du Pendule li
l'Addition en eft aufli folide que ce que vous en aues defja fait voir. Monlieur
') Consultez la Lettre N°. 930.
L'onvrage de Mancini, cité dnns la Lettre N". 774, noie 9.
Consultez les Lettres No». i"\ . 278, 467, 4K0, 484, 543 et 606.
CORRESPONDANCE. \66l. I 55
Huet fera treffenfible aux louanges dont vous et Monfieur Voffius aués elle ii li-
béraux à fes Dialogues 5), et je croy que vous m'auouerés bien tous deux du remer-
ciment que je luy en feray de voftre part. Je n'ay point veu la Refponfe 6) de
Monfieur Frenicle à Monfieur Vren laquelle félon que vous m'en parlés doit ef-
tre vue Réplique. Je la veux demander a Monfieur Theuenot et je verray com-
ment il s'y eïl pris pour l'Examen de voftre Syfteme. 11 faut eilre bien judicieux
pour fe méfier de juger d'vn homme de voftre force. Je leur fcay bon gré a tous
deux du bien qu'ils reconnoiffent en vous et des éloges quils vous donnent. S'ils
ont de bonnes Lunettes et qu'ils voyent Saturne en leftat ou les voftres vous le
font voir, leur différent fe terminera a voftre feul honneur puilque la phafe pre-
fente -de cette Planette 11 éloignée deftruit leurs hypothefe et cftablit la voftre. Je
vous fuis obligé de lauis que vous men donnés, et de la peinture que vous men
aues faitte, laquelle je communiqueray à nos Amis de deçà, car je me pique d'eftre
icy voftre Tenant, et le Promoteur dvne réputation ï\ jufte que la voftre. Quant
a ce que vous aucs pris la peine de refpondre a la lettre ') que je vous auois ef-
critte fur voftre dernière expérience de l'eau purgée d'air et lufpcnduë dans le
vuide , je m'en fens fort honnoré et ne pretens point y contredire. Je l'efcriuis par
forme de tentatiue fur ce que vous conuyiés vos Amis de longer a la caufe de ce
Phénomène, pluftoft que par ambition ni auec efperance de la trouuer. Il eft pof-
fible que j'aye mal compris le fait et que par là mon raifonnement, fuit il bon d'ail-
leurs ne fatifferoit point a laQueftion propofée. Ce que je vous puis afîurer c'eft
que je n'ay point ajufté le fait fur le raifonnement mais le raifonnement fur le fait.
Il faut que de mon collé je me fois mal explique dans la figure que j'ay prétendu
donner aux Atomes de lcau, puifquc vous croyés que c'efr la mefme que celle
que leur a donné Monfieur Defcartes; qui fuppofe que les corps qui la compofent
font comme autant de petites anguilles qui le ployent fans fe diuifer pour fe lier
et fe dellier facilement. Cependant mon intention a elle de leur donner la forme
de petites colonnes a quatre faces ou de prifmes ou d'aiguilles, et toutes rigides et
inflexibles de la forte que l'Efchole de Democrite fuppofe les Atomes pour leur con-
feruer l'infecabilité, laquelle elle croiroit deftruitte par la flexibilité de ces corps.
Pour les autres Articles de vos Refponfes je penfe que j'en ferois dauantage
conuaincu , fi j'eltois au lieu où vous eftes. Car comme j'y aurois plus de moyen
de vous expofer mes fcrupules, caufés apparemment par la dureté de mon in-
telligence, je pourrois auffi plus commodément entendre ce que vous y replique-
riés et de quelle forte vous vous expliqueries. L'Article où vous m'affurés d'auoir
fait la mefme Expérience auec vn Tuyau fimple fans bouteille au bout et affés
large dans lequel l'Eau remontée demeure fufpenduë après que l'air a elle vuide
•s) Voir l'ouvrage cite dans la Lettre N°. 908 , note 1.
rt) Consulte/, la pièce N°. 970.
") Voir la Lettre N°. 1008.
1*6 CORRESPONDANCE. 1662.
la féconde fois; cet Article difje a efte mieux entendu de moy qu'aucun autre et
m'a paru le plus fort contre mon hypothefe et mon raifonnemcnt , lequel me fem-
ble ne pouuoir eftre jufte et fubfifter, fi l'expérience du Tuyau (impie et large dans
lequel l'eau demeure fufpendue après que lair a efte vuidé, fe trouue véritable
comme je la croij maintenant. Prenés donc , Monlîeur, tout ce que je vous en ay
dit comme vn fonge fuyui, mais compofe par vne fantaifîe maleclairée et qui a au
moins cela de bon quelle n'aime point aueuglement fes fantofmes et qu'elle les
Ibuffre diiïiper fans peine par la lumière de la Raifon. Quand vous aures trouué la
refolution du Problème vous men ferés part fil vous plaift, afin de me confirmer
dans cette deffiance de mes productions propres , et dans l'eftime ou, pour mieux
dire l'admiration des voftres, qui portent toufjours auec elles la certitude de la vé-
rité. Il y a apparence que vous n'aués pas jugé la nouuelle Inueftiue 8) d'Eufta-
chio de Diuinis ou de fon Secrétaire digne d'eftre releuée, puis que vous la laifies
fans la releuer. Si elle tombe d'elle mefme vous faites bien d'en vfer ainfi, mais fi
elle auoit vne couleur moins ridicule que la première, je ne fcay fi elle deuroit eftre
négligée à caufe de la nouueaute de voftre Syfteme , qui pourroit eftre efbranfié
auprès des foibles, mefme auec de foibles Machines, tant qu'il ait dafles profondes
racines et que le Temps l'ait affermi. Mais vous eftes trop fage pour auoir befoin
de confeil. Cert mon affection et non pas ma raifon qui vous parle. Vous ne con-
fidererés ce que je vous dis que fur ce pied la et je feray toufjours afîes fatiffait de
vous quand vous me croirés
MONSIEUR
Voftre trefhumblc & trefobeifïant feruiteur
Chapelain.
Ayes la bonté de faire rendre lenclufe a Monficur Voflius et de lafilirer de mon
feruice.
De Paris ce 15. Juin 1662.
A Monficur
Monficur Ciiristianus Huygkns de Zuliciiem
A la Haye.
L'ouvrage „Pro sua Annotatione." Voir In Lettre N°. 862, note 1
CORRESPONDANCE. l66l. 157
N°= 1025.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
22 JUIN 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
Sommaire. Mariane. Tlievenot voyage, demonftration de Fermât. J'attends avec impatience. Chambonière.
Caroffes ')•
le 22 Juin 1662.
Je fuis bien aile de l'arrivée de la Lunette et de Monfieur Amat. Monfieur
Chieze n'avoit pas encore eu de Tes nouvelles quand je le luy appris, et eut beau-
coup de joie d'entendre comment il s'évertue a faire une relation fi exacte de fon
voyage. Afin que vous connoiffiez encore mieux avec combien de foin il remar-
qua toutes choies , faites luy raconter ce qui le pafTa le jour qu'il fut veoir Honfe-
lerdyck avec le frère de Moggerfhil :), fi ce n'eft que cettuicy vous en ait fait défia
l'hiftoire. Le dit Sieur Chieze trouua auffi bien que moy la penfee de donna Ma-
riana 3) admirable touchant la figure du petit tableau et encore autant celle du finge
qu'elle defire qu'il porte en croupe pour luy en faire prefent. Si la chofe efi: fai-
fable vous pouvez l'afiurer qu'il n'y manquera pas.
Je vous remercie des particularitez de la Lunette de Monfieur de Monconis ,
toutefois a fon retour je fouhaiterois que vous luy demandafiiez les diftances et les
focus des verres car c'efi: ce que je voudrais feavoir fur tout.
Si j'eufie voulu j'eufTe pu faire groflîr d'avantage les objeéls a ma petite lunette,
mais elle en eufl: eftè plus obfcure , et je trouve que pour s'en fervir a la campagne
il faut cette clarté qu'elle a. Il efi; vray que fi j'eufie eu du verre fort blanc, j'eufie
fait la lentille un peu plus convexe, mais je n'ay feeu en trouver, les grains qui
y font ne nuifent point a la vue, parce que le convexe efi: fi près de l'oeil qu'il ne
peut aucunement les apperceveoir. En fin j'attens comment voftre prefent aura
') Ce sommaire se trouve sur l'enveloppe d'une lettre de Lodewijk Huygens à Christiaan Huy-
gens, sur laquelle celui-ci avait écrit en partie la minute de la Lettre N°. 1028. Cette enve-
loppe, où Lodewijk avait tracé les mots :
Crudele faetta da pêne et aftanni.
Da pêne et affanni.
porte les armes de Huygens modifiées que voici:
:) Philips Doublet, fils, mari de Susanna Huygens.
3) Marianne Petit.
CORRESPONDANCE. \66l.
reuffi, mais avec plus d'impatience quelle fera la refpon le du Roy aux dernières
remonftrances 4j) del Signor Padrc que pour vous dire la vérité je ne me figure pas
fort favorable, puis qu'une fois ils ont avancé ce prétexte de l'intereil de la Re-
ligion.
Monfieur Voffius m'ellant venu veoir hier et devant partir incontinent après
pour Utrccht ou il a des affaires me dit que fans cela il fe feroit donné l'honneur
d'eferire a Monfieur Thevenot pour luy apprendre qu'il fait copier pour luy -s)
un voyage des Indes Orientales ") d'un nommé Pelfer r) qui y a demeuré fort
4) Il s'agit delà restitution de la principauté d'Orange; voir les Lettres N°. 812, note 21, et
N°. 1030, note 5.
5) En effet, Thevenot a inséré un extrait de ce voyage dans son ouvrage:
Relations de divers Voyages evrievx, qvi n'ont point efté pvbliees; ov qvi ont elté tra-
dvites d'Haclvyt, de Purchas, & d'autres Voyageurs Anglois, llollandois, Portugais, Alle-
mands, Efpagnols; et de qvelqves Perfans, Arabes, et avtres Auteurs Orientaux. Enrichies
de Figures de Plantes non décrites, d'Animaux inconnus à l'Europe & de Cartes Géographi-
ques de Pays dont on n'a point encore donné de Cartes. Première [2* et 3e] Partie. A Paris,
De l'Imprimerie de Jacqves Langlois, Imprimeur ordinaire du Roy, au Mont Sainte Gene-
uiefue; Et en la Boutique à l'entrée de la grande Sale du Palais, à la Reyne de Faix. Chez
Gafpard Metvras Père & Fils, à la Trinité, Simon Piget, à la Prudence, Emanvel Langlois,
à la Reyne du Clergé, rue Saint Jacques. Thomas Iolly, dans la Gallerie des Merciers, à la
Palme, & aux Armes de Hollande, & Lovys Billaine, au second Pilier de la grand' Salle, à
la Palma & au Grand Cefar, au Palais, mdci.xiii. Avec Privilège dv Roy III Vol. in-folio.
Le Volume II eft de 1664, le Volume III de 1666.
rt) Dans le Vol II de l'ouvrage mentionné, on trouve
Tres-hvmbles Remonftrances qve François Pelfart, principal fadeur de la Compagnie Hol-
landoife des Indes Orientales, pre t'en te aux Direftcurs de cette mefme Compagnie, fur le
fujet de leur commerce en ces quartiers là; auec fou aduis de la manière dont ils le doiuent
continuer à l'aduenir fondé fur la connoiffanec qu'il a acquife de ce pays en fept années de
voyage de temps qu'il y a demeuré Ck fait leurs affaires.
On ne connaît pas d'édition hollandaise de cet écrit. Du reste, Thevenot a encore public,
dans le même recueil, un extrait d'un autre voyage de Pelsaert, dont le titre hollandais est:
Nieuwe en vermeerderde Ongeluckige Voyagie van 't Schip Batavia nac de Ooft-Indien.
( îeblcven op de Abrolhos van Frederick I Ioutman , op de hooghte van 28V3 £raet? by-Zuy-
den de Linie Aequinoctiael. Uytghevaren onder den B. Francoys Pelfaerr. Vervatende , foo
't verongelucken des Schips, als de grouwelijcke Moorderyen onder 't geberghde Scheepf-
volck , op 't Eylandt Bataviaes Kerckhof voorgevallen , nevens de Straffe de I [andtdadighers
overghekomen. Gefchiedt in de jaren 1628 en 1629. Als mede de groote Tynmnye van Abas,
Koninck van Perfien, Anno 1045. begaen aen fijn grootfte Heeren des Rjjcks, in fijn
Konincklijk I lof tôt Efpataan Ailes dooreen Liefhebber uyt verfcheyde Schriften tefamen
ghellelt, ende tôt waerfchouwinghe aller derwaerts varende Perfoonen, in 't lichtgegeven;
ooek met veel fchoone kopere Platen verrijekt. lui nu in defen tweedeu Druck, wel cen
derde deel verraeerdert. Tôt Amfterdam. Voor Jan Janfz. Anno 1648. in-40.
François Pelsaert, natif d'Anvers, ét-iit capitaine de vaisseau de la Compagnie des Indes
Orientales, dont plus tard il devint le principal facteur.
CORRESPONDANCE. l66l
159
long temps et deferit très particulièrement tout le dedans du pais; ne pouvant
recouurer la Relation Chinoife, non plus que Monfieur van Beuningen.
Voicy la demonitration 8) de Monfieur Fermât que je vous renvoie qui eil fort
bonne et fubtile, mais les principes qu'il fuppofe pour la réfraction , qui ne regar-
dent pas la géométrie mais la phyfique ne font point du tout certains , fed plane
precaria.
Qu'aprenez vous touchant le livre9) de Voflius, je dis de ces Cartefiens, qui
tefmoignoient avoir fi grande envie de le réfuter? Je voy qu'il elt fort empefchè de
quelque 14 ou 15 objections que Monfieur de Wit le Pcnfionnaire luy a mifes par
eferit , aux quelles il fera obligé de refpondre de mefme et s'embarafîèra aflure-
ment de plus en plus.
Je viens de recevoir un nouveau livre IO) de Hevelius qui contient fon obfer-
vation de Mercure dans le 0. et celle d'un Anglois Jeremias Horroxius de Venus
dans le 0 que je luy ay fait avoir, de plus quelques obfervations de Parelies et
Parafelenes pour les quelles j'avois extrêmement defirè de l'avoir. Je m'enquer-
ray s'il y a défia des exemplaires chez les libraires a Amfterdam pour en achepter
pour Monfieur Petit ") car a moy il n'en a envoyé qu'un. Adieu.
Monfieur Chapelain m'eferit la plus douce et obligeante lettre I2) du monde ,
et entre autres fait mention de ma machine pour les verres , il faut donc que vous
luy en ayez parlé, dont je fuis marry. Nous croions maintenant eftre afliirez de
noftre art fans cette aide.
8) Voir la pièce N°. 992.
9) „De lucis natnra et proprietate." Voir la Lettre N°. 907 , note 4.
10) Mercnrius in Sole visus. Voir la Lettre N°. 872 , note 5.
") Consultez la Lettre N°. 1012.
I2) Voir la Lettre N°. 1024.
l6o CORRESPONDANCE. \66l.
N= 1026.
M Thevenot à [Christiaan Huygens].
11 JUIN [1662.]
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
ce 11 Juin.
Monsieur
Lon ma rendu auant hier la lettre cy Jointe *) que Monfieur Ricci vous écrit.
elle eftoit accompagnée d'vne autre du mois de Janvier, c'eft vne choie allez ordi-
naire aus lettres d'italie de courrir ces fortunes.
Je ne fcay fi la dernière 2) que Je me fuis donné l'honneur de vous écrire il y 3)
quelques fix femaines en a couru vne femblable mais touiiours Je vous fuppliray
icy de me dire ce que ceft qu'vn difcours de la médecine de ceus du Japon que
Monfieur Pifo 4) dit auoir ueu entre les mains de Monfieur Caron s) et fi on ne
fcauroit auoir de communication de ce difcours et d'vn nombre infiny de belles
chofes de cette nature quil en a raporté.
Toute voftre maifon receuera de frequantes Importunites de moy fur ces ma-
tières mais ie vous ferois ces prières encore plus hardiment fi vous me failles lhon-
neur de m'emploier icy dans les chofes de voftre feruice cftant
Monsieur
Voftre Très humble & très obeiflant feruiteur
Theuenot.
') Voir l'Appendice N°. 1027.
:) Voir la Lettre N°. 1009.
3) Intercalez: a.
4) Willem Piso, (ils de Hermanus Piso, organiste de l'église de St. Paneras à Leiden, et de Cor-
nelia van Liesveldt, né à Leiden en 161 1 et mort à Amsterdam en novembre 1678, fut
inscrit comme étudiant en médecine à Leiden en 1623. Créé docteur en médecine le
4 juillet 1633 à Caen, il fut envoyé en 1637 par la Compagnie des Indes Occidentales au
Brésil comme médecin ordinaire du Gouverneur Joan Maurits van Nassau , et comme chef du
service médical des Indes Occidentales. Retourné en Européen 1644,11 fut inscrit de nouveau
à l'Université de Leiden , en mars 1645, sous le titre de „Med. Dr. inserviens Comiti II-
luftriffimo Mauritio." En 164H il s'établit comme médecin à Amsterdam, où il épousa,
le Kr septembre 1648, Constantia Spranger, fille du riche négociant Uommaert Spranger.
De 1655 à i(>7o il fut inspecteur du Collcgiuni Medicum, et enrichit le Theatrum Ana-
tomicum de plusieurs raretés Brésiliennes. Il est célèbre pur ses travaux sur l'histoire natu-
relle et la médecine des Indes Occidentales.
5) Sur François Caron voir la Lettre N°. 924, note 2.
CORRESPONDANCE. l66l. l6l
Moniteur Ricci menuoie vne autre copie de lapollonius 5) de Florence je
m'attribue tous cens que le prince m'auoît envoiez mais celuy de Monfieur Ricci
fera pour uous fi uous nen auez receu ,
Je nay plus aucune nouuelle de la continuation de l'aparence. Jay peur que vous
ne me voulies punir de l'incrédulité de la dernière 7) ce feroit bien iniuftement
car ie fus de ceux qui fouilinrent quil falloit que la chofc fut telle que vous lauies
écrite et Monfieur van beuning qui eft maintenant ches uous nous doit faire a tous
cette iuftice de nous en rendre témoignage car ce fut luy prefque tout feul qui en
douta et il eft trop galant homme pour ne nous pas rendre cet office et ce témoig-
nage tout enfemble.
On vous aura écrit d'Angleterre vne nouuelle manière de Pompe. Je ne fcay
fi elle n'auroit point de raport auec celle que Je vous difois par le moien de la
poudre.
N= 1027.
M. A. Ricci à [Christiaan Huygens].
30 JANVIER 1662.
Appendice au No. 1026.
La lettre se trouve à Lciden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 843.
Illuftriflîmo Signore Mio e Padrone Colendiffimo
Quand' io credeuo di riceuer la nuova che foflero le mie lcttere capitate à Voftra
Signoria Illuftriflîma, e che quivi auefle ueduta l'efibizione, che le faceuo, délia mie
diuotiflima fervitù; fento dal Signor Teuenot mio riueritiflimo Signore, che '1 cor-
rifpondente di Parigi le abbia fmarrite infieme col piego del medefimo Signor Te-
uenot , al quale per maggior ficurezza le aueuo indirizzate. Cofi mi duole gran-
demente di ueder andato in nulla il mio difegno, e con la lunghezza del filentio
d'auer data occafione a Voftra Signoria Illuftriflîma di ragioneuolmente dubitare
di qualche mia trafeuraggire. Spero tuttauia nella benignità fua; e per la cogni-
zione che le auranno data di mè i Signori Teuenot, Slufio, e Ghiflbni ') , mi per-
6) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 536, note 2.
■) Voir la Lettre N°. 999.
') Pierre Guisony. Voir la Lettre N°. 655 , note 3.
Œuvres. T. IV. 01
\6l CORRESPONDANCE. 1662.
fuado, che Voftra Signoria IlluftriiThna aura interpretato in buona parte qùefto
accidente: impercio che non è perfona al mondo più di mè riuercnte ail' altrui
virtù, e che nutriica lï grati fentimenti di ofTequio uerfo gli amoreuoli miei Pa-
droni, che mi fanno grazia et onore, corne Voftra Signoria llluitriflima; e pero
fono molto lontano dal commettere un cal mancamento. Sb la uiuacità dcl iuo in-
gegno; fo la di Ici gentilezza, la fua condizione, e la fua dottrina dclla t'ama non
meno che dalT atteftazione dei fudetti ce altri Signori; fî che mi lento eccitare
nell' animo un ambizîofo defiderio d'auer l'onore di eflère Iuo Servitore accetto; c
perche Voftra Signoria lllultrilïima me lo t'eee fperare con la gentilifiima fua
lettera :), io fono à rendergliene le douute grazie, et à fupplicarla dclla continua-
zione de" Iuo fauori, cioc de" fuoi comandamenti, nell' efccuzione de1 quali io
pofla far apparire la t'orza délia mia grata et umile ofleruanza verfb di Ici.
La fupplico anche taluolta di qualche raguaglio de' fuoi ihidj , tanto più che mi
accenna il Signor Tevenot un non fô che di nuouo da Voftra Signoria Illuftriffima
oiTèruato in Saturno. A Fiorenza que' Signori follecitano la ltampa degli cfperi-
menti3) naturali fatti nell1 Accademia del Sereniffimo Signor Principe Lcopoldo,
e ftimo che tarderanno poco ad ulcirc in luce. Altro non mi occorre per ora,
ma fenza più mi conferrao
Del Voftra Signoria [lluftriflima
Devotillimo et Obbligatillimo Servitore
Michel Angelo Ricci.
Konm le 30 Gennaio 1662.
( on ultez in Lettre N' . 843,
< 'et ouvrage c^r décrit dans la Lettre N°. 1000, note 5.
CORRESPONDANCE. 1662. I 63
N= 1028.
Christiaan Huygens à N. Heinsius.
26 JUIN 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Burman,
La minute se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse aux Nos. 1000 et 1019. Heinsius y répondit le 13 novembre 1662.
Sommaire: Rcuiiingen. Soror. parclien ah Hevelio. Apollonius. Vollius.
Nicolao Heinsio Viro Jlluftriflimo Chr. Hugenius S.
Sura profeéto in referibendo aequo fegnior mi Heinfî, ac praefertim ubi femel
procraftinare coepi. cur vero non illico ad tuas illas priores 29 Martij datas rel-
ponderim, ipfae caufam pracbuere, dum non bene intelleclo paucorum fenfu ver-
borum, aliam e]'ufdem Holmenfis phaenomeni piéturam brevi me expeétare tejuf-
fiiïe credidi. De illa enim quam mittebas piéhira diétum videbatur minus exaétè
expreiTam e(Te, ac proinde aliam denuo vivis coloribus te deferibendam mandaflè.
Et fane vivos colores in circulis et circulorum partibus defiderabam , quos in phae-
nomeno obfervatos fui (Te credibile eit. Nunc autem opinor prae vetuftate in pro-
totypo obliteratos evanuiflè, vel forfan Ilolmenfes ilti Parrhafij ') minima hacc imi-
tari non curant. Caeterum tibi quantum debeam pro navata bac in re opéra femper
grata recordatione compleclar , neque id indictum iinam in bis quae de argumento
illo prae manibus habeo , ubi cum reliquis febematibus etiam baec bina quae a te
habeo erunt exbibenda. Utinam vero certior fieri poflem nunquid in ijs imperite
atque incuriofe ab obiervatoribus deferiptum iit. Nam in priore quod Mouche-
ronio 2) acceptum fers vix dubito quin pofitum colorum perverterint in binis ar-
cubus quorum alter lunulam tangit, alter illo paulo bumilior circulo albo incum-
bit. Puniceus enim in utroque inferiorem occupare marginem debuerat uti mea
fert opinio. Roga itaque illum quaefo ut ab obfervatore ipib, fi in vivis eit, re-
feifeat an talem fui (Te colorum difpoiitionem liquido illi conilet, nam plurimum
hac in re eft momenti. Tertium porro phaenomenon Pragae animadverfum in
quo cruces aliquot apparuere fi a piclore petieris magnopere me demereberis;
cupio enim conferre cum illo Heveliana quaedam quae nuper nunc edidit una
cum Mercurio in Solis difeo fpeclato, quem librum 3) nefeio an adbuc videris.
Voiïij de Luce dilfertatio 4) paucos omnino approbatores habet, jamque Carte-
fiani aliqui , ut iple mibi retulit, magno animo adverfum infurgunt ac refuta-
tionem moliuntur, alij ne bac quidem dignam cenfent. Plurimum vero negotij,
') Huygens applique aux peintres de Stockholm le nom du peintre grec Parrhasius
:) Voir la Lettre N°. 1000, note 2.
J) Mercurius in Sole Visns. Voir la Lettre N°. 872 . note 5.
4) Ouvrage cité dans la Lettre N°. 907 , note 4.
164 CORRESPONDANCE. 1662.
ut video, ci praebcnt objeftiones aliquot a Domino de Wit Penfionario noftro
in chartam conjeclae, nec profefto video quomodo le expediturus fit. Antepau-
cos dies Amftelodamum proficifcenti dedi in mandatis ut apud Elievirium in-
quireret de Apollonij Conicis 5) quorum exemplaria a Sereniflimo Principe Leo-
poldo nobis donata fcribis, an autem falva pervenerint necdum icio. Magno
cquidem videndi ejus operis dcfiderio teneor at majore etiamnum ut in lucem pro-
deat volumen obiervationum naturalium 6) quod ab eodem Sereniflimo Principe
promitti è tuis primum literis :) didici. De Ampliflimi Beuningij reditu ipfe icio te
certiorem reddidit. mihi femel tantum adhuc cum illo colloqui contigit, ac paulo
poft Amftelodamum difceflit. Dignum admiratione ac laude in hoc viro quod
maximis in republica obitis muneribus negotijfque nihilo inrlatior inde revertitur ,
fed ut ante comis, facilis hilarifque ac plane idem femper apparet. Quemnam
exitum habiturum fit negotium parenti meo commifTum adhuc non liquet, nifi
quod détériora fere auguramur pollquam contenderc Rex caepit ut Praefefhim
Araufionenfem qui Romanae fidci addiftus fit Princeps conltituat; quandiu enim
hoc fui e(Te arbitrij volet, perinde eft ac fi reftituere ablatam pofTeflïonem abnuat 8).
De forore carifllma recentcm luctum 9) intempeftiva interpellatione renovare
metuo quem profefto graviflimum contigifle fatis exiftimare potui quod et unica
et abfens interijt. Faxit Deus ut quam diutiflîmè illi fuperftes vivas , falvufque no-
bis aliquando ab exilio ifto revertare.
Vale. Ad Wallium IO) literas tuas deferri curavi, caetcrum neque illum nec
Clariffimum Friquctium ") jam diu non vidi. Zelemius frater ::) te falvere jubct
plurimum.
Dabam 16 Junii 1662.
l luvrage décrit dans la Lettre N°. 536, note 2.
Cet ouvrage est mentionné dans la Lettre N°. 1000, note 5,
< lonsultez la Lettre N°. 1000.
x) Consultez les Lettres N°. 812, note 21, et N°. 1030.
'' ) Elisabeth Heins, fille de Daniel Ileinsius etd'Enngard Ru tgers, naquit le 27 août 1618 et
mourut au commencement de 1662 à la I [aye. Elle épousa
Willem Goes, né à Leiden en 1601 et mort à la Haye le 1 5 octobre 1686. Il futfonseiller
de Leiden et plus tard de la Cour de Hollande. Jurisconsulte de talent, il avait une grande
influence politique.
1 sur Adrianus van der Walle, voir la Lettre N°. 522, note 8.
1 1 Voir la Lettre N°. 776, note 16.
I2) Constantyn Huygens.
CORRESPONDANCE. 1662. 165
N= 1029.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
29 JUIN 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
Le 29 Juin 1662.
Je puis juger a peu près maintenant de la force des lunettes de Monfieur Petit ,
et je vous aïïure que la miene de 1 2 pieds vaut bien d'avantage. La me fine figure
de Saturne que vous me peignez a elfe obfervee par GafTendi et autres , et j'ay
expliqué dans mon fyfteme comment elle le raporte a l'hypothefe de l'anneau ,
a feavoir en fubllituant au lieu des 2 taches qui font dans
l'ovale, deux demilunes ainlî. car alors cela fait la phafe que
j'obferve maintenant. Le fatellitc fe voit afTez difficilement,
me fine avec mes grandes lunettes , c'efl: pourquoy je ne
m'eftonne pas que le dit Sieur le cherche en vain avec les
fienes. 11 ne s'eclipfe pourtant jamais derrière Saturne en ce tems icy , parce qu'il
._ parcourt a l'entour de luy une ellipfe comme cela.
La grande ouverture que nous donnons a ces longs
( eau ; telefcopes ne diminue rien de leur multiplication, de
y' forte que l'on y voit la lune tout entière et de la gran-
deur qu'auparavant.
J'iray veoir le couiin Caron ') exprès pour feavoir ce que c'efl: que ce livre de
la médecine de Japan pour le quel il 2) tefmoigne avoir tant de curiofitè. La let-
tre Italienne3) eftoit un compliment d'un Monfieur Ricci a qui j'avois eferit 4)
eftant a Paris. Monfieur Thevenot m'offre 5) l'exemplaire d'Apollonius, qu'il luy
envoie, mais je l'en remercieray, parce qu'avant hier j'ay receu celuy que le
Prince Leopold m'a adrefTè.
Voila derechef un bel embaras dans l'affaire d'Orange, il faut que ce foit une
mefehante canaille, et ces Meilleurs du Parlement font aufîl de bonnes belles de
vouloir faire les protecteurs de la Religion dans la conjoncture prefente. Il y a de
l'apparence a ce que dit Monfieur Chaife, qu'ils font tout cela exprès pour exciter
de nouvelles brouilleries.
Je ne puis m'imaginer ce que vous voulez dire par cette commiflîon que m'au-
x) Voir la Lettre N°. 924, note 2=
-) Huygens parle ici de M. Thevenot. Consultez la Lettre N°. 1026.
*) Voir la Lettre N°. 1027.
4) Voir la Lettre N°. 843.
•s) Consultez la Lettre N°. 1026.
1 66 CORRESPONDANCE. 1662.
roit donne Mademoifelle de Niveen 6) touchant Mademoi Telle Ide r). Je n'en ay
point receu ou bien j'ay perdu tout entièrement la mémoire. Je Tcauray pourtant
bientoft ce qui en ell.
Nous allons difner a Hofwijck avec les i Tantes et il Signor Chiefe , qui ell
icy preTentcment a mon cofte a vous eferire et le fera court comme moy s'il luy
plaît car ma Coufine 8) crie délia qu'on viene.
N= 1030.
Christiaan Huygens a [Lodewijk Huygens].
6 JUILLET 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
A la Haye ce 6 Julii 1662.
La nouvelle que vous me mandez de la mort du jeune Monbrun ') n'eft pas au-
thentique a ce que m'a dit Monfieur de La Lecke 2) qui vient nouvellement de ce
pais la , et dit qu'il y a eu un bateau renverfè près de Hampton court ou il y au-
roit péri du monde , mais que Monbrun n'y a pas elle.
Que voudriez vous que je vous enfle eferit de ma commiflion de Zulichem,fi
non que je regrettafîe que vous n'eftes pas icy pour y aller en ma place, vous
qui connoiflez mieux et les affaires et les perfonnes en ce quartiers là que moy.
Ne croyez pas pourtant que je m'y en aille pour faire long Tejour, car ce n'ell
que pour ces affaires du procès dont on nous menace, et pour veoir fi par la confé-
rence nous potirons l'éviter. De la j'iray a Bolduc, ou j'ay a faire dans la verrerie3),
et aufli pour veoir le Haenwijck 4) ou je n'ay pas eftè depuis que la fontaine y eft.
Elisabeth Maria Musch.
r) Ida van Dorp, que Ton rencontre souvent dans cette correspondance.
a) Catharina Suerius.
') Montbrun de Sous-Carrière était fils naturel de Roger de Saint-Lary et de Termes , duc de
Bellegarde (1563 — 1646). Il naquit vers 1630, et introduisit les chaises à porteurs.
2) Maurits Lodewijk van Nassau la Lecq (voir la Lettre N°. 863, note 8).
Ce fil! en 1656 que Willem van Bree et Henry Bouchon demandèrent et obtinrent des Ma-
gistrats de Bois-le-Duc octroi et privilège pour la fondation d'une verrerie, qui continua
de travailler pendant plus d'un siècle: elle fournit à la ville quantité de bocaux destinés à
être offerts à des personnes illustres.
Willem van Bree était marchand établi a Bois-le-Duc.
Henry Bouchon venait de l'étranger, et, à l'occasion du susdit octroi, le Boortcrschap
(droit de bourgeoisie) de la ville lui fut donné.
I laenwïjck . alors la maison de campagne de la famille Suerius, est située près de Bois-le \ï\\<:.
CORRESPONDANCE. 1662. I 6"
Monfieur Chieze s'eftonne fort que vous no luy eicrivez rien après que par
voftre dernière vous luy avez donne tant d'inquiétude par la nouuelle du voiage de
ces dames, et croit qif afTurement on luy a voulu jouer pièce.
Monfieur d'Armainvilliers ?) avoit nouuelles la femaine paflee de Monfieur Ton
frère qu'il ne doutoit pas que la reftitution d'Orange ne fe fit dans peu de jours rt) ,
ce qui ne s'accorde point de tout avec ce que vous m'en efcrivez a cet heure.' Je
croy que cet article de la Catholicité du gouverneur aura de la peine a paflèr
auprès de Monfieur l'Elecleur de Brandebourg, car enfin ce n'eft pas rendre au
Prince la fouverainetè que de la rendre avec cette contrainte. J'entens qu'on parle
icy d'y mettre un Lieutenant au lieu de Gouverneur, (bus prétexte de ménage,
mais il y en a qui croient qu'on a d'autres viiees. Adieu.
Je fouhaite que vous foiez derechef a Paris par ce que là vous avez plus ample
matière de nouvelles.
N? 103 1.
CllRISTIAAN HUYGENS h [LODEWIJK HuYGENs].
13 JUILLET 1662.
I.a lettre et lu cnf>ie ne trouvent h Laden , coll. Huygens.
A la Haye ce 13 Julii 1662.
Je trouve vollre petit voyage fort agréable après en avoir vu chez Sus :) toute
la relation. Voila bien de belles chofes que vous avez vues en 3 jours , et qui
;) Maximilien de Berringau. Voir la Lettre N°. 744, note 17.
') Cette restitution n'eut lien que le 21 mars 1665, quoiqu'elle eut été décidée le 31 décembre
1664 entre Louis XIV et Constantyn Huygens, père , après une opposition sans tin. Mais,
durant cette période, les Catholiques et surtout les Jésuites s'emparèrent du pouvoir et firent
subir aux habitants bien des injustices et cruautés. A ce sujet a paru l'écrit :
Les Larmes de Jacques Pineton de Chambrun Pasteur de la Maison de Son Altesse Sere-
nissime de l'Eglise d'Orange, & Professeur en Théologie. Qui contiennent les Persécutions
arrivées aux Eglises de la Principauté d'Orange, depuis l'an 1660. La chute & le relèvement
de l'Auteur. Avec le Rétablissement de S. Pierre en son Apostolat, ou Sermon sur les
paroles de Nôtre Seigneur Jesus-Christ selon S.Jean Ch. xxi.v. xv. A la Haye, chez Henry
van Bulderen, Marchand Libraire dans le Pooten, à l'Enseigne de Mezeray. mdclxxxviii.
in-id°.
') Sus(zuster) signifie: sœur. C'est Madame Susanne Doublet. Voir la Lettre N°. 197, notc
l68 CORRESPONDANCE. 1662.
fans douce vous caulent un grand mefpris pour tout ce qu'il y a de choies de
cette forte dans la Patrie. J'euflè voulu veoir madame Louife -) dans Ion habit
clauitral et faifant la charge de Portière :>). Au refte la converfation fur le fujeét
du pendule a eftè tort plaifante. voila des mauvais pas ou le met le bon Signor
Padre pour en prefeher avec tant d'affection les vertus. De Saturne il n'en eft pas
de mefrae, car il en peut parler en toute lecuritè fans craindre des (emblables in
convenients. Ce parentage ne luy eft aucunement a charge, et luy fait honneur,
comme vous avez pu juger par la révérence du Sieur Thaumaftc 4) l'Anglois.
J'attens encore des nouuelles de chez. Madame de Brederode s), pour feavoir
quand je me doibs rendre a Zulichem. Il me femble que de fon collé on ne prefTe
pas fort l'affaire , et du noftre je ne voy pas auffi fujedl de la hafter, pourveu qu'ils
s'abftienent de rebaftir l'ouvrage que nous avons démoli. J'ay eferit a van Gende-
ren 6) d'y prendre garde et de nous en advenir. Mon Père aura ri fans doute
que j'ay nommé Dirck Janfz r) le Secrétaire pour un des médiateurs de noftre
cofté , qui eft en l'autre monde il y a plus d'un an , comme j'ay apris depuis. C'eft
en effecT: eftre bien informé des affaires, mais vous feaurez que le Sieur de Zeel-
hem s) y a eftè trompé aufli bien que moy.
Je luy ay communiqué voftre apologie touchant la defpenfe comme il m'a auffi
fait part cy devant de ce que Mon Père luy en a eferit, en quoy n'ayant jamais
trouve qu'il eut grand fuject de fe plaindre j'ay mis ces remonftrances au rang de
celles que tant de fois nous avons écoutées en cas pareil. En tenant bon compte,
comme jufqu'icy vous avez fait, cela vous juftifiera toufjours affez, et le frère dit
que délia il en a eferit a Mon Père pour luy faire comprendre qu'il n'y avoit pas
encore a redire a voftre defpenfe. Pour moy je ne trouverais pas hors de raifon
qu'il vous donnait quelque chofe d'avantage eftant a Paris, veu que le crédit n'y
eft pas li bon qu'icy, et les 14 mille voyes qu'il y a là de def pendre Ion argent.
-N) Peut-être s'agit-il de
Françoise Louise de la Baume le Blanc, duchesse de la Vallière, fille du chevalier Laurent
de la Baume le Blanc, seigneur de la Vallière, et de Françoise le Prévost. Elle naquit le
- août 1644 à Tours, et mourut le 6 juin [710 dans le couvent des Carmélites du faubourg
Saint-Jacques.
3) D'un couvent à 'l'ours. Voir la Lettre N". 1038.
! Nous ne savons pas qui esi cei Anglais en extase.
s) Maria van lloorn van Leent, fille du Dr. YVouter C.overse van lloorn et de Johanna de
Grave. Elle mourut en [670, comme veuve de
Cornelis van Brederode van Wieringen, seigneur de Hedderik, né en septembre 1 591 et
mort a Amsterdam le 1- septembre 1661. Il épousa Margeriet Valckenburg, et, en secondes
noces, Maria van lloorn van Leent.
Jan van Genderen. Consultez la Lettre N°. 920, note 7.
Dirck Jansz. était secrétaire de Zuylichem et mourut en 1661.
Constantyn Huygens, frère.
CORRESPONDANCE. \66l. 1 69
Je ne fcay quelle nouuelle on peut avoir là de la prife de Formofa. Les vaifîèaux
des Indes qui nous en doivent apporter ne font pas encore arrivez , mais on les at-
tend bientoih On a bien feeu que les Chinois eftoyent dans l'Ifie et qu'ils tenoient
Taiwan afiiegée, ou commande Monfieur Coijety), mais qu'ils l'auroient em-
portée, de cela on ne feait encore rien, quoy qu'il y en ait, et entre autres le Coufin
Caron IO) qui l'appréhendent fort. Je le fus veoir dimanche pafTè pour luy demander
ce que c'ertoit de ce livre de médecine Japonoife dont Monfieur Thevenot m'a
eferit JI). Il me dit que ce devoit élire un abus de Pifo I2), parce que jamais il n'a
eu le dit Livre ni ne luy en a parlé, mais bien fouvent de la manière dont ces Infu-
laircs exercent la medicine. J'efcriray I3) a Monfieur Thevenot ce qu'a ce propos
il m'en a raconte, mais ce ne poura pas eftre aujourdhuy. En recompenfe je veux
auffi luy envoier un Extrait I4) du Voiage en la Chine, que j'en ay tiré lors que
je l'eus entre mes mains, je dis cette Relation qu'il a fi fort defiré d'avoir IS). Je
ne feavois pas moy mefme que j'avois cet Extrait, mais je viens de le trouuer
parmy d'autres papiers.
Hier je fus au Rôle entendre plaider la caufe du Sieur Borri Iô) cet homme li
renommé , et ce fut la première fois que je le vis. On l'a icy cité pour comparoiltre
en perfonne, Monfieur le Procureur General ir) s'efiant joint avec l'Officier
d'Amfterdam l8), et ainfi fon Excellence eftoit là telle nue dans une grande con-
y) Frederik Coyet, fils du général russe Julius Coyet, naquit à Stockholm. En 1644 il fut mis
à la tête de rétablissement hollandais au Japon, et après diverses aventures il devint en 1656
gouverneur de Formosa; quand, le 1er février 1662, il dut rendre cette île au pirate chinois
Coxinga, il fut banni à l'île de Banda, mais en 1674, il rentra dans les Pays-Bas. En juillet
1645 il avait épousé Snsanna Boudaen (voir la Lettre N°. 772 , note 5), qui mourut en 1649.
I0) Consultez la Lettre N°. 924, note 2.
") Consultez la Lettre N°. 1026.
12) Voir la Lettre N°. 1026, note 4.
13) Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre à M. Thevenot.
14) Voir la pièce N°. 1039.
15) Consultez les Lettres Nos, 952, 962 et 1025.
16) Consultez la Lettre N°. 881, note 2. Né à Milan, où habitait son père, Brando Borri . il
vint à Rome, où il se fit connaître comme libertin; il y prépara des poisons et y fonda une
société religieuse secrète, de sorte qu'en 1655 il fut obligé de s'enfuir et de retourner à
Milan. Le 2 janvier 1662 il fut excommunié; voir le pamphlet:
Sententie en Executie gewefen en gedaen overzijne Excellentie Francifco Jofeph Boni,
Door de Heylige Inquifitie tôt Romen. Waer in klaerlijck en oprechtclijk getoont wort
I. Sijn Opkomft en Geboorte. 2. Sijn Leven en Bedrijf 3. Sijn Leere. 4. De Executie over
zijn Beeldt. Ailes uyt de origineele Italiaenfche Tael getrouwelijck vertaelt. In 's Graven-
hage. Bij Ilendrick de Svvarf. Boeckverkooper. [28 September] 1662 in-40.
On comprend pourquoi cette sentence a été publiée en hollandais à cette époque-là.
'") Cornelis Boey. Voir la Lettre N°. 803, note 18,
I8) Lambert Reynst, fils de Hendrik Reynst et d'Elisabeth Prince van Houwerton, naquit en
1628 à Amsterdam, où il mourut en i<\~y. Elu membre du conseil municipal en 1649, il
Œuvres. T. IV. 22 .
I/O
CORRESPONDANCE. 1662.
fluence de monde, l'affaire eft que les héritiers d'un marchand d'Amrtcrdam
nomme Déminer I9), ayant trouve une efpece d'obligation 2°) par la quelle Borri
luy promettoit que dans i ans il luy paicroit ioo mille francs pour un certain
fecret que ce Demmer luy auroit enfeignè, et la dite obligation ayant pour-
tant de claufules21) qui la rendoit invalide, Ton a commencé de foubçonncr le
Sieur Borri qu'il auroit emprunte quantité d'argent du deffunct, et que puis après
il l'auroit depefchè par belle medicine, car il luy avoit fervi dans fa maladie, et
cet homme ayant eftè allez accommodé durant fa vie, l'on ne trouua prefque rien
après fa mort. Borri fut d'avis de demander mandement de purge a Amfterdam ,
pour faire ceffer ce mefehant bruit, et l'Officier dat hij foude op Articulen ge-
hoort werden 22). En quoy Borri ayant triomphé il a appelle l'Officier devant la
Cour icy, et demandé derechef a fe purger. Monfieur Boy 23) qui s'eft.joint au dit
Officier, a plaidé de mefme qu'il fut interrogé fur des articles et c'eft ce de quoy
on difpute encore, fans qu'on ait encore touché aux informations.
Le Faifeur de Cartes P. Meffert 24), auprès de qui il Signor Borri avoit aufli
tout crédit , eft encore mort allez fubitement et pauvre quoy qu'on l'ait touf jours
tenu fort riche , ce qui augmente fort les foupeons contre le dit Borri -5).
devint échevin, officier-en-chef et bourgmestre d'Amsterdam; il fut destitué en 1672 a
cause de ses opinions politiques, comme partisan de de Witt. Il épousa Alida Bicker, fille
de Cornelis Bicker van Swieten.
( îerard Demmer était un riche négociant d'Amsterdam , directeur de la Compagnie des Indes
( orientales et co directeur de la colonie de Guiane.
:o) Cette obligation était datée du 28 avril 1662.
2I) Ces clausules contenaient que Borri n'aurait rien à payer aux héritiers, si Demmer mourait
avant deux ans.
Traduction: qu'il ferait interrogé fur Articles.
Voir la Lettre N°. 803 , note 18.
l'ieter Meffert, allemand d'origine, s'établit en 1627 à Amsterdam comme imprimeur de car-
i jouer; ses cartes eurent une telle réputation . que souvent elles lurent contrefaites. Il
demeurait dans la Reguliersbreestraat et appartenait à l'élite de la garde municipale à cheval.
Nous le trouvons sur le laineux tableau de van der Ilelst „Schuttersmaaltijd." Il épousa
Geertruy de Haes,qui lui survécut; il eut rlendrik Sluyer pour successeur.
Borrhi fut condamné , en janvier io'o's, à payer 5000 florins, s'il voulaii affirmer par serment
qu'il n'avait pas de Demmer reçu la somme de 1 00000 florins, on a payer les 1 00000 florins
s'il refusait de se décharger par serment.
CORRESPONDANCE. l6Ô2. I 7 I
N= 1032.
Christiaan Huygens à R. Moray.
14 JUILLET 1662.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
R. Moray y répondit par le No. 1055, et R. Boyle par le No 1056.
A la Haye le 14 Juli 1662.
Monsieur
J'efpere que vous aurez receu ma dernière T) que je me fuis donné l'honneur de
vous efcrire il y a 2 ou 3 fepmaines. Celle-cy eft principalement pour vous prier
de remercier en mon nom Monfieur Boilc du prefent qu'il vient de me faire de
Ton dernier livre 2) qui me fut rendu avanthier non pas par celuy 3) qu'il en avoit
chargé, mais par un autre de fa part, fes affaires ne luy permettant pas de venir
encore à la Haye. Je fus eftonné d'abord de veoir qu'il avoit pris la peine d' ef-
crire un fi gros livre contre les objections fi frivoles que celles de fes deux adverfai-
res4), mais ayant commencé a le parcourir et voyant que parmy fes réfutations
il a inferè quantité de nouuelles dccouuertes et obfervations non encore vues, j'ay
fouhaitè qu'il fut encore beaucoup plus long. J'ay efiè fur tout bien aife d'y trouucr
les deux expériences touchant la condenfation et raréfaction de l'air, qui prouvent
affez clairement cette propriété remarquable a fçavoir que la force de fon refiort
fuit la proportion contraire des efpaces ou il efi: réduit. Quand je confidere cecy,
je trouve plus de difficulté que jamais a rendre raifon de ce qui fe voit dans mon
expérience de l'eau purgée d'air qui ne defeend point de la phiole renvcrlee bien
*) Peut-être la Lettre N°. 1022, du y juin 1662: consultez pourtant la note 1 delà Lettre
N°. 1034.
:) A defence of the Doctrine touching tlie Spring and Weight of the Air, propos'd by Mr.
R. Boyle in his New Physico-Mechanical Experiments. Against the objections of Fran-
cisais Linus, Wherewith the Objector's Funicular Hypothesis is also examin'd. By tlie
Autlior of those Experiments. London. Printed by J. G. for Thomas Robinson, Bookseller
in Oxon. 1662. in-40.
Ou peut-être son avant-coureur:
Defenfio Doclrinae de Elatere et Gravitate Aeris. propofitae ab Honoratiflïmo Roberto
Boyle in Novis Ipfius Phyfico-Mechanicis Experimentis adverfusObjectiones Francifci Lini.
Ubi etiam Objeftoris Funicularis Hypothefis examinatur, eàque occafione quaedam Expé-
rimenta adduntur. Ab Avtore fupra-diclorum Experimentorum. Londini. 1662. in-4 •
3) Probablement Huygens désigne-t-il ici Samuel van Huis.
4) Francis Hall et Thomas Hobbes.
I~2
CORRESPONDANCE. 1 66:
que le Récipient ou elle eft (bit vuidè d'air. Je vous en ay eferit cy devant 5), mais
fans beaucoup de circonftanccs, par ce que je croiois que vous les apprendriez af-
lez en la faifant, mais puis que je n'encens pas encore que vous en ayez pris la peine
je vous en envoie icy toutte Fhiftoire rt) ou vous verrez quelque chofe de furpre-
nant et qui mérite d'eftre confiderè. Pour n'avoir encore que parcouru le livre de
Monfieur Boile je n'ay pu remarquer toutes les belles chofes, qu'il contient, mais
aux endroits que j'ay leu je voy paroiftre beaucoup d'efprit et de modeftie, avec
cette retenue ordinaire qui l'empefche de parler définitivement, ainfi que font la
plufpart des philofophes d'aujourdhuy. Il a très bien juge que le premier argument
de Linus eftoit la principale chofe qu'il y a dans fon livre, et re fout pourtant folidc-
ment ce que l'autre oppofe de l'attraction du doigt dans le liphon ouvert des deux
coftez: mais il me refte une difficulté dans cette expérience a la quelle je ne voy pas
que ni l'hypothefe de Linus ni celle de Monfieur Boile fatifface, qui eft, pour quoy
le fiphon demeure attache au doigt, en forte qu'il faut quelque peu de force pour
l'en tirer, car je concoy bien que le doigt eftant prefle par en haut du poids de l'at-
mofphere et le mercure par en bas, ils doivent par cette raifon demeurer joints cn-
femble; mais non pas ce qui empefche au fiphon mefme de defeendre (s'il eft vray
que cela arrive), bien qu'il foit de verre fort mince et peu immerge dans le mer-
cure; car il n'eft pas prefle plus fort par en basque par en haut mais de tous cof-
tez également, d'où vient donc qu'il faut le tirer pour luy faire quiter le doigt?
car on ne peut dire que cettuicy la retient, ni auflî l'argent vif.
L'IIypothefe des reffbrts de l'air eft fort ingenieufe et fatiffait a la plufpart
des phénomènes, il n'y a que cettuicy que je ne fcay comment on y pourroit rap-
porter a icavoir que l'air quoy que comprime dans un vafe retient fa fluidité, car
quand on s'imagine ce vafe plein de tels reflorts fe touchant les uns les autres, et
un grand poids par deflus qui les prefic, il femble qu'ils ne pouroient plus cède
facilement a quelque corps, qui y voudroit paflér. Si c'eft le mouvement circu-
laire interne que Monfieur Boile fuppofe leur élire donné qui leur eonferve l'agi-
tation , il faut prefque qu'il foit tel qu'il ne puifle eftre arreftè par aucun moyen ,
qui eft un peu de dure digeftion. Mais je fcay qu'il ne donne cette hypothefe que
comme un project, et principalement pour apporter un moyen poflible de l'ex-
panfion de l'air.
Je fuis marry que dans l'expérience qu'il a faite au haut de l'Eglife de Weft-
minfter, il y a cet inconvénient du chaud et du froid qui en empefche l' exacti-
tude, il faudroit veoir \] on ne pourroit pas l'éviter en environnant la phiole AB
d'eau, ou elle (croit enfoncée jufqu'au col, car dans ce peu de temps qu'il faut
Voir la Lettre N .
Voir la pièce N°. 1
CORRESPONDANCE. 1662. I73
pour la defcendre cette eau ne feauroit changer de degré de chaleur; et fî Ton
pouvoit ainfi parvenir a quelque juftefTe dans cette expérience elle feroit d'im-
portance. Vous me direz peut eiïre pourquoy je ne la fais pas moy mefme , avec
quantité d'autres de cette nature. Je vous ay dit la raifon dans ma précédente ")
et neantmoins pour ma propre curiofitè je pourrois bien en faire quelques unes
bientofr. car j'ay affaire dans une de nos villes 8) ou il y a une belle verrerie, la
ou je pouray me pourveoir de vafes de toute forte.
Vous aurez défia vu fans doute le Hure de Moniieur Hevelius y) de Mercure
dans le © avec le traité de I Iorroxius. c'efr. pourquoy je n'en dis rien et finis fans
aller a l'autre feuille, puis que je n'ay rien a adjoufter acclle-cy finon que je fuis
Voftre trefhumble et trefobeiflant
Chr. Hugens dk Z.
7 ) Consultez la Lettre N°. 1022.
8) Bois-le-Duc, où il voulait aller pour cette besogne. Voir la Lettre N°. 1030.
y) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 872 , note 5.
'"4
CORR ESPON DANCE. I 66 2 ,
N" 1033.
Christiaan Huygens h J. Chapelain et a R. Moray.
[juin 1662J.
Appendice au No. 1034.
La pièce se trouve à Londres, Raya! Society
Ld minute se trouve à Leiden, coll. Huygens*).
Experiment. Envoiee à Moniteur Chapelain 2) et a Monfîeur
Moray en Angleterre.
AB eft le Récipient de verre , environ de la
hauteur d'un pied ouvert par en bas et attaché
avec du ciment dans Fefcuelle de cuivre CD qui
tient a la machine, dans ce récipient eft enfermé
le baquet EN , qui contient de l'eau fraifche juf-
qu'en F , et la phiole de verre GL1 1 a long col ,
remplie de mefme eau et enfoncée avec le bout
ouvert dans celle du baquet.
Jl arrive donc après que par 3 ou 4 fois j'ay
remue la pompe et fait fortir l'air du récipient
AB, que plufieurs petites bulles d'air montent
vers le fonds de la phiole G , qui s'y aflemblent,
et la bulle qu'elles compofent enfemblc s'eftend
a chaque fois que l'on continue a faire fortir
l'air, mais notablement a la ~£ fois (ce qui dé-
pend pourtant de la proportion du cylindre de la
pompe a la capacité du récipient) car l'eau def-
cend alors jufqu'a la moitié de la boule G. et a
la 8e fois elle quite le relie de cette boule et en-
core une partie du col. Et continuant toufjours a
tirer l'air, elle arrive en fin, quand la pompe cil
bien ajuftée, jufqu'au niveau de l'eau du baquet
devenu quafi plein, et qui a toutes les parois rem-
plies de petites bulles. Que li je laide après ren-
trer l'air par le robinet dans le récipient, l'eau
remonte dans la phiole et retourne a la remplir linon qu'il y demeure une petite
CC
Nous avons suivi la minute, qui en quelques endroits est un peu plus détaillée que la pièce
de la Société Royale. En tête de celte dernière pièce, on trouve les mots: Expérience
faite au mois de Février 1662.
Consultez les Lettres Nos. 100H, 1021 et 1024. L 'envoi à J. Chapelain est peut-être en
réponse a la dernière de ces lettres.
CORRESPONDANCE. 1662. I 7 5
bulle d'air en haut de la groiïeur d'un pois. Et il n'importe qu'on face entrer l'air
ville ou lentement. Et voila ce qui advient avec de l'eau fraifche, qui comme il
eft évident par ces bulles contient quelque peu d'air. Pour faire la mefme expé-
rience avec de l'eau purgée d'air je laifTe tout une nuict le récipient vuidè d'air
après que j'ay fait defcendre l'eau de la phiolc, de la façon fufdite. Et le lendemain
l'eau du baquet ne rejette plus aucune bulle d'air. Alors ayant donné entrée a l'air
tout doucement , et par là fait remonter l'eau dans la phiole qui la remplit a la
petite bulle près, je retire la phiole hors du Récipient, a fin de la remplir tout a
fait, en oftant la dite bulle; et citant pleine je l'y remets comme auparavant. Il
arrive donc après cela, que bien que je tire l'air du récipient AB, et que je con-
tinue de remuer la pompe , je le vuide tant que je puis, l'eau de la phiole G ne def-
cend aucunement mais demeure fufpendue. Et je l'ay laide par fois ainfi des heures
entières. Toutefois j'ay auiïî obfervè fouuent qu'eftant dans cet eilat il y naiiïbit
encore quelque petite bulle d'air au bas du col par dedans comme icy en M, la
quelle citant accrue a la groiïeur d'un grain de chenevis ou moindre encore, le
détache et monte vers en haut, mais eftant parvenue jufqu'à K environ un demi
pouce au deiïus de l'eau du baquet , s'eftend delà fubitement vers le haut de la
phiole fa bafe demeurant toufjours en K , l'eau cependant de toute la phiole
s'ecoulant viflement du long des parois du col; la quelle en fin s'arreite auffi à la
dite hauteur de K, et on ne peut pas a force de pomper la faire defcendre plus
bas, quoy que en faifant l'expérience avec de l'eau fraifche elle parviene jufqu'au
niveau de l'eau du baquet ainfi qu'il a eftè dit. Laiffant après rentrer l'air dans le
récipient et l'eau venant a remplir la phiole, il y demeure une petite bulle d'air
environ comme un grain de chenevis. En la quelle il y a à remarquer qu'elle con-
tient incomparablement plus d'air que celle qui y cftoit montée , parce que celle
cy eltoit faite d'air dilaté , et qui auparavant n'eftoit pas feulement vifiblc. En
fin cette dernière bulle fi on la laifTe ainfi dans la phiole pendant quelques 24 heu-
res, decroit peu a peu et au bout de ce temps, ou encore plus tofr. difparoit tout
a fait.
J'ay fait auffi cette expérience avec des tuyaux fimples fermez par en haut , au
lieu de la phiole a long col , des quels le plus long a eftè de 2. pieds et autant de
pouces , et toufjours le fucecs a elle le mefme.
I~6 CORRESPONDANCE. 1662.
N= 1034.
R. Moray a Christiaan Huygens.
17 JUILLET 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1022. Chr. Huygens y répondit par lé No. 1046.
A Whitehall ce 7. Juillet 16^2.
Monsieur
Ces crois femaines panées, J'ay elle (i règlement empefché de Vous eferire,
tous les Vendredis, comme Je me le fuis propofé, que J'ay creu qu'il y a eu du
forcilege. Et maintenant ce mot que Je vous fais ne feruira pas de refponcc a
Voftre dernier '), puifque Je n'ay pas encore eu de Monfieur Brouncker l'efclair-
ciirement de la demonflration 2) que vous m'auez demandé, il eft a prefent tant oc-
cupé a voir ballir un Batteau pour le Roy d'une nouuelle méthode qu'il n'a pas
le loifir d'y peniér. C'eir. Monfieur Kilpatrick 3) qui m'a fait la faucur d'entre-
prendre de vous rendre cellecy en main propre auec deux liures 4) dont vous ne
ferez pas mal fatiffait. l'un vous fera voir que fon autheur cil allez curieux, l'au-
tre ii Je ne me trompe, vous fera rire plus d'une fois, deuant que vous l'ayiez
tout parcouru ce que Je vous prie de faire; et de donner le contentement à Mon-
fieur Hobbcs d'eferire voftre fentiment au libraire, de fes deux propofitions,
comme il vous en coniure. mais efcriucz moy en auffi une copie, de peur que Mon-
fieur Hobbes ne nous celé ce que vous en direz. Je vous enflé enuoyé aulfi une
copie du dernier liure 5) de Monfieur Boile, n'eftoit qu'il m'a dit vous en auoir luy
mefme délia adreffé une par un amy. Et pour vous faire voir que Je n'oublie pas
Dans la Lettre N°. 1022 il n'est pas question d'un éclaircissement de la démonstration de
W. Brouncker. Il semble donc que Chr. Huygens ait écrit entre le 9 juin (N°. 1022) et
le 14 juillet (N°. 1032) une lettre à R. Moray, que nous ne possédons pas.
2) Consultez la pièce N°. 995.
3) Peut-être désigne-t-il :
John Kirckpatrick . seigneur de Poederoyen , qui servait comme colonel dans l'armée des
Pays Bas et. en 1670, succéda au Prince de Tarentc comme gouverneur de Bois-le-Duc.
4) Ce sont:
<i j [J. Evelyn] Sculpture: or the Hiftoryand Art of Chalcography and Engraving in Cop-
per. With an ample enumeration of the mol! renowned Mafters , and their Works. To
which in annexed a new manner of Engraving, or Mezzo Tinto, communicated by his
Highness Prince Rupert to the Author of this Treatife. London, Printedby J. C. for
G. Bcedle and T. Collins, at the Middle Temple Gâte, and J. Crook in St. Paul's
Cliurch-Yard. i6f>2. in-40.
ii' Th. Hobbes. Problemata Physica una cum Magnitudine Circuli, Londoni, 106.., in .) .
< >u\ rage mentionné dans la Lettre .\ 1 <;,2.
CORRESPONDANCE. \66l. IJJ
ce que vous recommandez, Je vous enuoye icy la Table fi) de la comprefîîon de
l'air dont Je vous auois parlé dans mes précédentes 7) , quoy qu'elle foit imprimée
dans ce liurc comme auffi l'autre de fa dilatation. Vous m'en direz Voitrc opinion
a Voftre commodité. Je médite un voyage pour 8. ou 10. Jours en Hollande ou
Je me propofe le contentement de vous voir comme un des plus grands. Mais
que cela ne vous cmpefche pas de m'efcrirc fi vous en auez le loifir, parce que
ce ne fera pas encore d'un mois au pluftoll. Et Je fais clbit aufli de taire une ref-
ponce exadle comme a l'autre a Voftre dernière. Cependant vous fauez que Je
fuis de tout mon coeur
Monsieur
Voftre trcfhumblc et trefobeiflant feruiteur
R. MORAY.
A Mon fleur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem
A la Haye.
auec deux Hures
par amy.
ô) Voir l'Appendice N°. 1035.
") Voir la Lettre N°. 993.
Œuvres. T. IV. 23
[78
CORRESPONDANCE. \6C)2.
48
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44
42
40
36
34
3 2
30
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01/
02
°4t65
06A
°71£
N= 1035.
II. Morav h Christiaan Huygens.
Appendice au No. 1034.
[juillet 1662].
table se traître dans II. Boylc. Defence of the Doctrine. 1661 ').
Tabula Condenfationis Aeris *)•
A A. Numéros aequalium fpatiorum in
breviori crure, quod continebat ean-
dem portionem Aëris diverfimodè ex-
cenfi.
B. Altitudo Cylindri Mercurialis in
longiori crure, qui Aërem compri-
mebat in iftas dimeniiones.
C. Altitudo Cylindri Mercuriales, qui
aequi ponderabat preflioni Atmo-
fphaerae.
D. Aggregatum duarum proximarum
columnarum B & C , prellionem cx-
hibens ab inclufo Acre fuftentatum.
E. Quanta illa preffio elledebebatjuxta
Hypothejîn, quae fupponit, Preflîo-
nes & expanfiones m proportione
elle reciprocas 3).
C
D
E
29T5
29/5
3°T95
3°A
3 Ht
3HI
33A
33f
35t55
35
3^||
39t45
38*
4i|§
4ifV
>
44t35
43H
g-
47ts
46f
r-t
5°t5?
50
PS
54t5s
53ïf
cH1 3
5°T*
58|
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93t*
93i-
IOO/y
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i°7t§
107/7
»7A
u6|
Comme la pièce que R. Moray envoya à Chr. Huygens ne s'est point retrouvée dans nos
collections, nous avons reproduit ici la table de l'ouvrage de Boyle, que Moray avait copiée.
Celte table contient les résultats des expériences que Boyle lit avec son tube bien connu à
^\l-\\s branches verticales. A la branche fermée il avait appliqué une échelle dont chaque di-
s ision était la quatrième partie d'un pouce anglais. On trouve dans la première colonne A le
nombre de divisions et dans la deuxième colonne le nombre de pouces qu'occupa successive-
ment l'air comprimé.
Nous avoiu corrigé quelques l'auies d'impression dans les colonnes 1) et E.
CORRESPONDANCE. 1662. 1 79
N= 1036.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
20 juillet 1662.
La lettre et lu copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A la Haye le 20 Julii 1662.
Vous voyez que je date encore mes lettres de la Haye et ce a cauie que je n'en-
tens rien de chez Madame de Bréderodc ') quoy que Ton petit Secrétaire m'ait pro-
mis que dans peu il viendrait m'advertir. Nous croyons de noftre coftè qu'il faut
les biffer faire, puis que cependant le temps propre a travailler fe païïe. J'avife-
ray avec van Gendcrcn 2) fur les Pcrfonnes que vous propofez, defquels il ne faut
pas craindre que noftre Partie puifTe excepter contre pas un puis qu'il n'eft pas
question d'arbitrage mais feulement de plaider la caufe. Je puis bien vous afTurer
défia que l'année eft bonne et fertile en ces quartiers du Bommelerweerdt, mais
quel avantage en pouvons nous attendre 11 l'abondance met les chofes a un fi bas
prix, comme le Receveur du Monnickelandt 3) nous mande que le foin la au tour,
fe vend a un ryxdaler, qui par fois courte des 1 2 et 14 francs. C'eft dommage qu'on
ne la feauroit porter la ou vous elles. A Hofwijek 4) il y a auffi quantité de fruit,
pommes, cerifes et melons, dont hier nous mangeâmes le premier. Je croiois que ma
Coufine 5) informoit Mon Père de tout cela par fes miffives. Je fus hier avec Don
Sebartien0) et 2 coufinesDe Wilm7) chez la Tante de St. Annalandt 8) en fa mai-
fon aux champs ou il y a une prodigieufe quantité de cerifes et encore d'avantage
chez Monfieur van Leeuwen. Nous y leumes les vers de voftre Poète {}) a 15 fous
le cent, dont l'hiftoire eft plaifante IO).
') Voir la Lettre N°. 103 1 , note 4.
2) Sur Jan van Genderen , fils, administrateur de Zuylichem , voir la Lettre N°. 920 , note 7.
3) Gysbert Jansz. Verzijl; voir la Lettre N°. 828 , note 1.
4~) Hofwijk, près de Voorburg, dans las environs de la Haye , était la maison de campagne de
Constantyn Huygens, père; celui-ci avait acheté le terrain, d'une superficie de six arpents,
par parties successives, pour environ 9500 florins.
5) Catharina Suerins.
") Sébastian Chieze. Voir la Lettre N°. 863 , note 4.
~) Constantia le Leu de Wilhem (voir la Lettre N°. 1 96 , note 1 o) et
Aegidia le Leu de Wilhem , qui mourut le 1 mai 1690.
8) Geertruid Huygens.
9) Probablement il s'agit de
Gaston Jean Baptiste, duc de Roquelaure, fils d'Antoine, Baron de Roquelanre; il naquit
en 1627 et mourut le io mars 1688; il devint lieutenant-général en 1646 et était poète popu-
laire facétieux.
10) C'étaient des vers souvent assez scabreux, imprimés sur le recto d'une feuille de papier,
quelquefois ornée de quelque mauvaise figure sur bois, et que l'on distribuait à bas prix.
l8o CORRESPONDANCE. 1662.
Je m'eftonne , que ce bon duc de Roanes 1]) ait eftè fi longtemps fans vous ren-
dre la vifite. il me venoit veoir 3 et 4 fois la fepmaine quand j'ellois à Paris.
Pour ce qui ert de la proposition qu'il fait que je demandaffe a Amfterdam le
mefme privilège qu'ils ont là pour les carofïes,je croy premièrement qu'on n'y
trouueroit pas fon conte comme a Paris , parce que les rues y font allez nettes et
aîfees; et quelle magilîrat ne permettroit pas auffi ce tracas par la ville, ayant a
peine concède a la fin aux particuliers d'avoir des carottes 12). Et quand il n'y auroit
aucun obftacle , ce feroit une belle affaire pour moy de m'embaraficr dans un parti
comme cettui là, et d'avoir le divertifTement de quelques procès. Il faut eftre fort
avide d'argent et eilimer peu le temps, pour entreprendre des chofes de cette nature.
Je fuis bien aife du defiein qu'a fait Monfieur Thevenot, mais pourquoy choifit
il plultoft l'hyver que l'eftè pour fe mettre en voyage !
.... ce jeune homme I3) dont vous me parlez, c'eft Monfieur Thevenot neveu
du confeiller au Parlement, mais qui a vendu la charge, comme je fcay. Il m'a
t'ait de C\ grande amitié pendant que j'ellois à Paris I4) que j'auray de la peine de
«l'acquitter de ce que je luy doibs. Je fçavois bien qu'il eftoit en voyage et c'elt
pour quoy je ne vous ay jufqu'icy propofè de le vifiter, mais quand il fera de re-
tour alors il faudrait que vous fufiiez luy donner une vifite, vous le trouuerez
fort bien IS).
Je voy que les affaires del Signor Padre avancent encore fort peu , ce qui appa-
remment le chagrine et rend de mauvaife humeur , et d'autant plus que du com-
mencement tout fembloit aller a fouhait. Je fuis bien aife que Chieze le va retrou-
ver dans peu, car il me femble qu'il regrette fa compagnie il y a long temps. Adieu.
' ' Sur Arthur Gouflier, duc de Roanes, voir la Lettre N°. 837, note 1.
Il était défendu à Amsterdam, sous peine de cent florins d'amende, de se promener en
carrosse; on faisait seulement exception dans des cas tout particuliers. C'est ainsi que Con-
stantyn Huygens, père, obtint en 1660 l'autorisation pour deux jours; et que le professeur
en médecine Nicolaas Tnlp, étant bourgmestre d'Amsterdam, avait la permission de tenir
un carrosse, qu'il faisait stationner dans le souterrain de sa belle maison du Iveizersgracht,
près du Westermarkt.
Cène lut qu'en [735 que la permission devint générale, moyennant un impôt sur les voitures.
I3) Jean de Thevenot, neveu de Melchisedec Thevenot, naquit à Paris le 6 juin 1633 et mourut
a Aliana en Arménie le 28 novembre 1667. Il eut, comme son oncle, de très-bonne heure le
goût des voyages. Dès 1651 il parcourut l'Europe: après son retour, il partit en 1655 pour
l'Egypte? on le retrouve à Paris en 1662, mais en 1664 il partit de nouveau pour l'Asie. Il
était fort érudit dans les langues orientales, les mathématiques et la géographie.
1 En 1055 ou de 1660 à 1661. La dernière période est la plus probable, parce que, en 1655,
Lodewijk Huygens se trouvait, lui aussi, à Paris: mais, dans ce cas, il faut que Jean
Thevenot , soit rentré à Paris plus tôt qu'en 1662.
Tout cei alinéa avait été bille par Huygens, comme n'étant plus de saison quand la lettre
fut e.\pédiée(voir la Lettre N°. 1038); cependant, il nous a été possible de le déchiffrer pour
la plus grande partie.
CORRESPONDANCE. \66l. I 8 I
N= 1037.
Christiaan Huygens à J. Hevelius.
25 JUILLET 1662.
Lu lettre se trouve à Paris, Bibliothèque Nationale.
La minute et la copie se trouvent h Leiden , coll. Huygens.
Elle est lit réponse au No. ioiij. Hevelius y répondit le i<; février 1663.
Sonia/aire. Hevelio. literas et librum accepi. gratias. quid mihi gratias deberi dicat. ipfi potius. methodum dime-
tiendi diainctros planetarum in>n probo. Quid putat difturum Ricciolum aliofqucde Parelio quem
anfelucem vocat.
An prope horizontem aequali cum 0 altitudine. Machinam cclcftem cdat.
Ampliflimo Clariflimoque Viro Domino Johanni Hevelio
ClIRISTIANUS HUGENIUS S. P.
Primum literae tuae deinde aliquo poil tempore et volumen ') novarum obfer-
vationum recle ad me perlata fuere. Et jamdiu gratias agere debuiffèm de tam
eximio munere, fed varijs rébus impeditus non prius hoc ofhcio defungi potui.
Infortunium ingens lectifiimae conjugis morte oblatum ex Clariflimo Bullialdo 2)
intellexeram, eoque verebar ne diutius opus hoc quod prae manibus erat mora-
retur: fed recte habes quod privatum damnum utilitati publicac obefïè pafTus non
es. Quam bene autem de ftudijs aftronomicis meritus fis , tam accuratâ pulcher-
rimae obfervationis deferiptione, haud facile dixerim, pro qua quidem dignas
gratias omnis tibi poiteritas rependet.
Jam de Horroxij quoque polthumo opufculo 3) in lucem protracto plus tibi
quam mihi acceptum ferri aequum ell, quum egregiam nitidamque ejus editi-
onem tua cura adornaveris commentarijfque iniuper auâtiorem reddideris. Porro
quia libère de (ingulis a te traditis fententiam meam me dicere poftulas , fate-
bor ingénue non aeque certain mihi atque à te praedicatur methodum hanc
novam videri, qua planetarum diametros ex Mercurij diametro colligere doces 4)
ac primo quidem, quod in ipfâ Mercurij diametro dimetienda facillime aber-
rari potuerit, cum imagines per tubum opticum exceptac non exquilitam pror-
fus circumferentiam terminatam habeant , uti faepe maculas folares obfcrvando
animadverti, quodque ita efTe vel ingens illa inter te ac GafTendum diferepan-
tia, circa Mercurij amplitudinem, confirmât. Deinde quod etiamli optime
de hac conftaret, comparatio tamen illa oculo judice inita, qui non femel fed
feorfim duos Planetas intuetur, plane fallax fit ac lubrica: quippe qua et Exi-
:) I/ouvrage „Mercurius in Sole Visus" est eité dans la note 5 de la Lettre N°. H72.
:) Lors du voyage de Ism. Boulliau à la Haye. Consultez la Lettre N°. 1022.
3) Le traité posthume de Jer. Horrox „Vcnus in Sole Visa" fut ajouté par Hevelius a son
ouvrage de la note première. Il avait reçu le manuscrit par l'intermédiaire de Chr. Huygens.
(Consultez la Lettre N°. 885).
4) Consultez „Mercurius in Sole visus1', page 90.
I 8 2 CORRESPONDANCE. \66l.
mius ille Ricciolus ufus, longe majorem verâ diametrum Venerisreperit , nempe
4 ', 8" 4 j qiuini tibi fie i', 6" 5), mihi autem i', 25" rt). Dicés credo et Jovcm cujus
comparatione , ut eu Mercurio, utebatur, jufto majorem ipfum feciflê, ideoque
et in 9 neceffàrio errare debuiflè; fed hoç nunquam opinor illi perfuadebis , cum
via longe certiore, in vicinia fixam, ex intervalle) motuque Jovis apparente, ipfum
metitus fit. Nimium vero cum in hoc planeta, tum in Saturno quoque ab illius
viri accuratillimis obfervationfbus , quae meis etiam qualibufeunque confirmantur ,
menfura tua recedit, fiquidem Jupiter in minima diftantia tibi cil 24", 22'" 5), dun-
taxat qui illi eft 68"4)'ac mihi 64" r). Satiirnus autem tibi 19", 40" 5) qui illi 72" K),
mihi vero 68' r). Miror cum tam infigne diterimen hic cerneris, non fuifie fufpec-
tam hanc quam adhibueras methodum; fed erit, fcio, aliquando, ubi maturius eam
expenderis.
Pareliorum obfervationibus tuis ac Parafelenarum plurimum gavifusfum, quum
raro accurace adeo atque ex fide relatas invenire fit. Praecipua autem illa folium
fimilis eft in multis illi quam Scheinerus habuit Romae Anno 1630, in quâ item So-
les 7 cujufque figuram ex epiftola ipfius p), quae in Gafîèndi operibus extat, reftitui.
Abeft tamen parelius ex adverfo oppofitus Soli vero, nec non bini illi per quadran-
tem 1ère circuli a Sole disantes. Rara plane cil illa crucis per Lunam tranfeuntis
oblcrvatio tua, atque etiam Antelij in decuïïatione arcuum coloratorum , de cujus
caula invenienda, cum reliquorum omnium eeneam, difpero, li aeque humilis ap-
paruit atque Sol ipfe , quemadmodum Schéma prae fe ferre videtur. Rogo itaque
ut hâc unà de re verbulo certiorem me iacias; quod fi quas invicem oblervationum
a me eolleclarum defideras, ad meteora haec pertinentium, lubens earum copiam
faciam. De Itudijs meis non mukum eft quod feribam. Dioptricen jam diupro-
miflàm typis committere paro, fed nefeio quomodo identidem inde revocormodo
negotijs aliis, modo novis fpeculationibus intervenientibus.
Subjungam autem illi quae de parelijs meditatus fum propter nonnullam argu-
menti limilitudinem. Tuam vero coeleftem machinam IO) quando fperare nos jubés?
Quam ut ad finem defîderatum perducere poflis, vitam, otium, et profperam vale-
tudinem ex animo tibi comprecor. Vale.
Dabam Hagae Comitis 25 Julii 1662.
1 Consultez son Almagestum Novnm (ouvrage décrit dans In Lettre N°. qRo, note 7),
Tome I , page ~i !.
Consultez son (,Mercurîus in Soie visns", page 101.
Voir le „Systema Saturnium", page 83.
Consultez le „Systema Saturnium", page 84.
('onsuiie'/ „!' Almagestum Novum", Tome I, page ~ 1 2.
Voir l'ouvrage cité dans la Lettre \ . 235, noie 1 p, où, dans le Tome V, aux pages 400 40:,
on trouve la lettre de G. Scheiner a Gassendi . datée 3 décembre 1631.
La ^Machina Coeleftis" dej. Hevelius (voir la Lettre N°. 872, note 6. dont le premier
volume parut en 1672 e! le second volume en 1676.
CORRESPONDANCE. 1662. 183
N= 1038.
Christiaan Huygens h [Lodewijk Huygens].
27 JUILLET 1662.
La lettre ne trouve à Leiden, coll. Huygens.
le 27 Julii 1661.
Apres avoir cfcrk a Mon Père ') et a vous 2) je fus extrêmement fafchè la fep-
mainc paffée que mon pacquet arriva d'un moment trop tard a la Pofte , et d'au-
tant plus qu'il y avoit encore une lettre de ma foeur , la quelle groffira maintenant
ce pacquet icy. J'y joins auiïi celle que je vous eferivis après y avoir effacé un ar-
ticle 3) qui n'eftoit plus de faifon. Pour celle de Mon Père elle n'eft pas a mon grè
pour avoir elle eferite trop a la halle , et je croiois aujourdhuy luy en faire une a
loifir mais le temps m'a elle derobbè premièrement par des gens qui me font venu
veoir le matin , et après diner par le couiin Martin Zuerius 4) qui eft arrive au-
jourdhuy et a difnè céans avec fa leur s) Hamel et fon mary 6). De plus j'ay ef-
crit une longue lettre ") a Monfieur Thevenot que je luy envoie icy avec l'Ex-
trait8) de la relation Chinoife. n'ayant donc point de temps de refte je fuis bien
aife qu'il n'y a pas des chofes importantes dans voftre lettre fur les quelles il faille
beaucoup raifonner ou méditer pour y rc (pondre. Je vous remercie des nouvel-
les, des quelles celle de la foeur y) cachée a Tours m'a le plus furpris. Mais dites
moy un peu comment vous eftes maintenant avec la Signora Mar IO). y allez vous
encore ou elles vous exclus depuis que ce Seigneur Comte y règne.
Je feavois trefbien qui eftoit Madcmoifelle de l'Enclos IX), et Moniieur de
Boifrobert I2) m'a plus de trois fois promis de m'y mener, mais toufjours il y
eft venu quelque empefehement. Il me monitra un tableau ou elle eftoit peinte
toute nue, lors qu'elle eftoit encore raifonnable, mais a cet heure elle eft pailée,
') Nous ne possédons pas dans nos collections cette lettre à Constantyn Huygens, père: au
reste, elle n'a pas été expédiée.
-) Consultez la Lettre N°. 1036.
3) Consultez la Lettre N°. 1036, note 10.
4) Martin Suerius, fils de Jacob Suerius et de Johanna Lopes. Voir la Letrre N°. 78 , note 4.
5) Sara Suerius. Voir la Lettre N°. 78 , note 2.
6) Gérard Hamel Bruyninx. Voir la Lettre N°. 919, note 5.
:) Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre à M. Thevenot.
8) Voir l'Appendice N°. 1039.
y) Consultez la Lettre N°. 1 03 1 .
IO) Marianne Petit.
") Anne, dite Ninon de l'Enclos, fille d'un gentilhomme Tourangeau, grand joueur de luth,
naquit en 1 61 5 à Paris, où elle mourut le 17 octobre 1705. Elevée par son père dans la phi-
losophie épicurienne, elle entra en 1631 dans sa longue carrière galante, qu'elle poursuivait
encore en 1690.
I2) Sur François le Metel , seigneur de Boisrobert, v oir la Lettre K°, 604, note 14.
I ,S 4 CORRESPONDANCE. ï6C)2.
et converfe, a ce qu'on dit, avec les femmes honneftes après que l'âge luy a fait
quiter Ton premier meftier. Mon Père la voit aflurement pour l'amour de la mu-
fique et je n'en veux point avoir d'autre penfee I3}.
Hier nous difnafmes chez la Tante de St. Annalandt I4) ou ma foeur fit lecture
de voftre lettre. Quand on y voit ces deferiptions de beaux lieux que tous les jours
vous allez vifiter, l'on juge que vous pafîèz le temps le plus agréablement du
monde, ce encore vous vous plaignez. Adieu, vous aurez de l'argent bientôt! puif-
que el Signor Padre nous envoie une lettre de change de 800 ffi.
N= 1039.
CllRISTIAAN HUYGENS à [M. ThEVENOTJ.
Appendice au No. 1038.
[juillet 1662.]
La copie se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Ex itinerario Chinenfi Hollandorum Anno 1656.57 ')•
Nankin de 2de hooftltad in China 32 graden altitudinis poli 25 mylen vande zee.
5 uren gaens wel betimmert maer den omringh van haer mueren 6 duytfche mylen,
Traduction :
Nankin, la 2dc capitale de la Chine, 32 degrés de hauteur polaire, à 25 milles de la mer,
bien bâtie fur une longueur de 5 lieues, mais la circonférence de l'es murs elt de 6 milles
'3) Arago, dans son esquisse biographique.de Christiaan Huygens (voir les Œuvres Complètes
de François Arago par J. A. Barrai, 1855, in-8°, Tome III, page 321), dit : „IIuygens clans
un de ses voyages à Paris, connut Ninon de Lenclos, et lui adressa des vers peu irréprochables
sous le rapport de la pensée et de la forme. Voltaire a eu la malice de nous les cou server, et
ils sont souvent eités par ceux qui prétendent établir l'incompatibilité du génie en matière
de sciences et du talent poétique. Une telle conclusion, il faut favouer, est peu logique lors-
qu'elle a pour base quatre mauvaises rimes mises en balance avec ce que l'esprit humain a pro-
duit de plus ingénieux." Cette défense d'Arago est superflue, car il est prouvé aujourd'hui
que les vers en question ne sont pas de Christiaan Huygens, mais de son père Constantyn.
L'erreur vient deFontenelle qui, dans ses ^Mémoires sur la vie de Mademoiselle de Lenclos",
attribue le quatrain à Christiaan Huygens; celui-ci l'aurait écrit pendant le séjour qu'il lit a
Paris, „lorsqif ileut été nommé ambassadeur des Ktats-C.énéraux en France de \66\ à 1665."
Or, cet ambassadeur est Constantyn Huygens, père.
'4 1 Geertruid Doubler, née I luygens.
Cette relation de voyagea été publiée plus tard sous le titre:
llet Gezantfchap der Neérlandtfche Ooft-Indifche Compagnie, aen den Grooten Tar-
tarifeben Cham, den tegenwoordigen Keizer van China: waer in de gedenkwaerdighfte Ge-
fchiedeniflen , die onder het reizen door de Sineefche Landtfchappen,Quantung, Kiangfi,
Nanking, Xantung, en Peking, en aan het Keizerlijke I lof te Pékin:1;, federi den jare 1655.
CORRESPONDANCE. 1662. 185
behalven de voorfteden daer 't eijnde van te foecken is. ftraeten meert recht uijt,
28 treden breed en met fteenen beleydt. borgers huyfen flecht gebouwt, hebben
ganfch geen gerief. doch de winckels feer net en vol komanfchappen. 10 duyfend
mael duijfend menfchen dat is 10 millioen. land rontom feer vruchtbaer. een fyde
van 't palleijs 20000 treden lang. daer hanght een klock boven een der poorten
van 2 mans lenghten hoogh , 32 vadcm in 't rond. | cl dick. doch flecht van klanck.
Buijten de ftadt aen de fuydfijde is de groote pagode Paolinxi. 1000 priefters:
hebben daer een gebouw daer juijft 10000 beelden in fijn. In 't midden van de
plaets ftaet een tooren van porceleijn die over 700 jaer van de Tartaren getimmert
is. heeft 9 verwulfde verdiepingen, is 184 trappen hoogh. andere vind ick leegher.
aen aile hoecken van 't dack hangen kopere klockjes. Jefuiten hebben te Nankin
een kerck.
Pékin de hooftrtad daar den Keijfer refideert. is het rechtc Cambalu en gelegen
in Cathaya. Leydt een weijnigh landwaert in , op de hooghde van 40 graden. de
muren vande binnefladt dicht vol bollcwercken en een rivier voor een gracht. (an-
dere fteden van China meeft fonder grachten.) de ftraten niet geplaveijt. Somers
fchrickelijck ftof. van de heuvelen aen de flinckerfydc in 't uijtkomen van de lhdt
allemandes, outre les faubourgs, dont on chercherait en vain les limites. Les rues pour la
plupart toutes droites, larges de 2 S pas et recouvertes de pierres, les maifons des habitants
mal bâties, ne font pas commodes du tout, mais lesmagafms très propres et pleins de mar-
chandifes. 10 mille fois mille perfonnes, c'eïl-à-dire 10 millions, le pays alentour très-fer-
tile. Un côté du palais eft long de 20000 pas, une cloche y eft fufpendue au dessus d'une
des portes, haute de 2 hauteurs d'homme, 32 brafles de circonférence, épahTeur i- d'aune,
mais d'un mauvais ton. En dehors de la ville du côté fud cfl: la grande pagode Paolinxi.
1000 prêtres: ont là un édifice où fe trouvent exactement 10000 ftatues. Au milieu de la
cour eft une tour en porcelaine, qui a été bâtie par les Tartares il y a 700 ans. a 9 étages
voûtés, eft haute de 184 marches d'efcalier. je trouve les autres plus balles. A tous les
coins du toit pendent de petites cloches de cuivre, les Jéfuites ont une églife à Nankin.
Pékin la capitale où réfide l'Empereur, elle eft le vrai Cambalu et fe trouve dans Cathaya.
eft fituée à quelque diftance de la mer, à la latitude de 40 degrés, les murs de la ville in-
térieure tout garnis de baftions et une rivière pour folle, (d'autres villes de la Chine
font pour la plupart fans foffés). les rues ne font pas pavées. Daps l'été pouffière ter-
rible, des collines du côté gauche en fortant de la ville, on peut voir la grande muraille
tôt 1657, zijn voorgevallen , op het bondigfte verhandelt worden. Beneffens een Naukeurige
Befchryving der Sineefche Steden, Dorpen , Regeering, Wetenfchappen, Hantwerken,
Zeden, Godfdienften, Gebouwen, Drachten , Schepen , Bergen, Gewaflen, Dieren, &c. en
Oorlogen tegen de Tarters. Vcrciert met over de 150. Afbeeltfels, na 't leven in Sina gete-
kent. En befehreven door Joan Nienhof; toen eerfte Hofmeefler des Gezantfchaps, tegen-
woordig Opperhooft in Coylan. t'Amftefdatn, By Jacob van Meurs, Boekverkooper en
Plaetfnijder, op de Keyzers-Graft, fcluiyn over de Wefter-marct, in de Stadt Meurs.
Anno 1665. 1) Dl. in-folio.
Œuvres. T. IV. 24
1 86 CORRESPONDANCE. 1662.
kan men de groote muer lien hoc die over de bergen loopt. het paleijs midden in
de ftadt recht vierkant , begrijpt binnen de sde muer 1 1 ly 2) dat is | uijrs.
Tamerlan 3) heeft defe ftadt vermeeftert gehad en 80 jaer in gehouden. Nadcr-
handt van den Roover Lij 4) ingenomen, 0111 van welcken verloft te fijn de Chi-
nefen den Tartar haer onderworpen hébberi , die nu ailes in China befit. Is niet
den grooten Cham 5), maer een van de kleynfte Koningen uyt Tartaria. Dacr
fynder 8 verfcheyden waer van ieder fouverain is. Komen bij defen om van hem
befehoncken te worden , fynde aile arm.
Den rijxraedt van China plagh voor defen te beftaen uijt 6 perfonen» hier van
haddc elck buyten defen racdt fijn eygen bedieningh. en tôt de felve fijn particu-
lieren raedt daer in hy prefideerde. d'eene was over den itaec van 't rijck ofte
faecken van ftaet. de ade over de kryghfmacht. de 3de opper bouw heer en hooge
heemraedt. de 4de over de tollen en fchattingen des Coninx. de 5de over het hais
gericht. de 6de over de officiel! in Politic die hy aile vergaf. defe regeeringh
heeft den Tartar onverandert aldus gelaten, alleenlijck een Tartar by ijder by-
voegende, die mede fijn eygen raedt magh houden. In den voorfeyden eerften
raedt fijn ooek de Nederlandfche faecken verhandelt. Beftaet uyt Ooft Tarta-
comme elle paffe par les montagnes, le palais au milieu de la ville, parfaitement carré,
comprend audedans du 2d mur 12 lij 2) c'efl-à-dire i de lieue.
Tamerlan 3) s'eft rende maître de cette ville, et l'a occupée !io années, plus tard prife
par le brigand Lij 4). pour être délivrés de lui, les Chinois lé font fournis au Tartare, qui
maintenant poffède tout en Chine. Ce n'eu; pas le grand Cham s), mais un des plus
petits rois de Tartarie. 11 y en a 8 divers, qui font chacun fouverains. Etant tous pau-
vres ils viennent chez celui-ci pour recevoir des cadeaux.
Le ( 'onfeil de l'empire de la Chine avant ce temps était formé de 6 membres, dont cha-
cun, hors de ce ( 'onlèil, avait l'on propre 1er vice; et pour cela ion ( 'onfeil particulier, qu'il
préfidait. L'un était pour l'état de l'empire on les affaires d'état, le fécond pour l'armée, le
3e était architecte et infpecteur en chef des digues, le 4e était pour les droits et taxes du
R.oi. le 5e pour la juftice criminelle, le 6e pour les offices de police, qu'il difhibuait
tous. Les Tartares n'ont pas changé cette adminiftration, mais ont feulement adjoint à
chacun un Tartare, qui lui auffi peut avoir l'on confeil particulier. Dans le premier con-
léil fufdit on a traité les affaires néerlandaifes. Il cft compofé de Tartares tant de la Tar-
2) Un Lij équivaut a environ 37] mètres.
•>) Timour (appelé aussi Timour-Leng, Tamerlan), fils du chef de tribu Taragai, naquit en
1 336 a Kesch et mourut àOtrar en 1 405. Il devint chef des Tartares, soumit l'Asie Mineure,
s'établit a Samarcamle et avait résolu d'envahir la Chine, lorsqu'il périt par le froid.
A) Licungzu appelé' Lij ), lit irruption dans la Chine en 1041 , la pilla, la dévasta, et enfin
lit empereur.
I i.aiu Khan est le nom des chefs des Tartares.
CORRESPONDANCE. \66l. 187
ren, Weil Tartaren en Chinefen. Befluytcn met eenparicheijt van ftemmen. ge-
lijck oock in aile d'andere Collégien.
Als de Keyfer uyt rijdt kan men van wegen de ketel-trommels crompetten
Gommen &c. hooren noch fien. 2000 Tarcarifche ridders vergefclfchappen hem.
rijdt neftens noch 4 andere heeren. Heefc in tijne haven 10000 fchepcn ieder
niet min als van 50 lait, geniet het 5^e deel van al 't porceleijn. een toll van aile
inkomende fchcpen in Canton.
Heefc nu geen vyanden als den See Rover Coxinja5) die inde Provincie Sincheo
fomwylen invallen doet. Sijn vadcr Iquam r) fit te Pékin in fijn eygen huijs gemet-
felt en aen kettingen 0111 hais en beenen, die gedurende het aenwcfen onfer
gefanten 3), verfwaert wierdcn tôt 15 toc, op feeckere quacde tijdingh van
fijn foon.
Sij vonden dacr een ambafîadeur uyt Mofcovien, die in 6 maenden gereijfl:
quam te lande en in de fomer in 4 maenden fonde konnen overkomen. en maeck-
ten het te bonty), en wierd den I4feptember 1656 ledigh en onverhoort wegh
tarie orientale que de l'occidentale, et de Chinois. Dédiions prifes à l'unanimité, comme
aufli dans tous les autres Collèges.
Quand l'Empereur fe promène à cheval, on ne peut entendre ni voir à caufe des tim-
bales, tambours, trompettes et gongs. 2000 chevaliers Tartares l'accompagnent, à fon
côté font encore 4 autres feigneurs à cheval. Il a 10000 navires dans fon port, dont
aucun ne jauge moins de 50 lafts. La 5e partie de toute la porcelaine lui eit duc.
un droit de tous les vaiffeaux qui abordent à Canton.
N'a d'autres ennemis maintenant que le Pirate Coxinja 6) , qui quelquefois fait des
invafions dans la province Sincheo. Son père Iquam r) cft muré dans la propre maifon
à Pékin et attaché parle cou et les pieds à des chaînes, qui durant la préfence de nos
ambaifadeurs 8) furent augmentées jufqu'à 15, fur certaines mauvailes nouvelles
de fon fils.
Ils y trouvèrent un Ambalfadeur de Mofcovie, qui était arrivé après un voyage de
6 mois par terre, et en été pourrait faire le trajet en 4 mois, il montra trop de raideur 9)
6) Coxinga, le fameux pirate Chinois, s'était alors niché dans cinq petites îles de la rivière
Kiang, près de Nankin. En 1640 il avait mis à mort le pasteur Antonius Ilambroek, lors du
siège de l'île Formose.
r) Iquam, né dans la province Chinoise Fohien, servit d'abord les Hollandais à Formose, mais
ensuite il devint pirate et, comme tel , inspira beaucoup de terreur aux Chinois. Enfin, il fut
attiré par trahison à Peking, et mis en prison.
8) Ces ambassadeurs étaient :
Pieter de Goyer et Jacob de Keyzer, tous les deux facteurs en chef à Batavia.
Us avaient été envoyés le 14 juin 1655, sur l'ordre du gouverneur-général Johan Mae; -
suycker.
y) Il refusait avec dédain de se soumettre à l'étiquette de la cour Chinoise.
I 88 CORRESPONDANCE. I 662.
gefonden. deden de onfe adieu feggen. De Tartars quaemen bij ons nae de gele-
gentheijt van de Mofcoviten ondervragen.
Den voornaemfte van de ïartarifche Koningen die in de itad Samercando fijn
hof hout hadde deien Mofcoviter 30 perfonen by gevoeght 0111 hem te gcleyden ,
die met fchenkagien weer om gefonden wierden.
De moren hebben over lange jaeren getracht de Mahometacnlche Religie in
China in te voeren. defe komen uyt het lant vanden grooten Mogol. den Tartari-
fchen Kcijfer vcrnomen hebbende dat iij in feeckere ftadt inde provincie Xenfi feer
machtigh wierden en aile met Chineiche vrouwen getrouwt waeren, geboodt
haer uijt het landt te vertrecken fonder eenighe van haere vrouwen mede te mo-
gen nemen. de moren haar daer tegen ftellende wierden meeft doot geflagen.
Evenwel in 't jaer 1 656 den 3 Auguftus quam tôt Pékin weder ecn Ambafladeur
van den Mogol met gefchenken, als 300 gemeene pacrden. 2 perfiaenfchc paerden.
10 picol Coldrijnfteen :o). 2 rtruyfvogels. 200 moorfehemcfTèn. 4 drommedarifen.
2 arenden. 2 Alcativen II). 4 boghen. 1 zadel met fijn toebehooren. 8 Rhinocéros
horens.
daer komen oock jaerlijx om haer tribuijt te betalen gefanten uyt de quar-
tieren van Tartaria aen de Noordzij gelegen ontrent Efo. defe brengen aller-
et fut renvoyé le 14 feptembre 1656 fans audience, ni réponfe. lit faire l'es adieux aux
nôtres. Les Tartares vinrent auprès de nous pour nous interroger fur les affaires des
Mofcovites.
Le principal des rois Tartares, qui tient fa cour dans la ville de Samarcande, avait
donné à ce Mofcovitc une efeorte de 30 perfonnes, qui furent renvoyées avec des
cadeaux.
Les Maures depuis longues années ont taché d'introduire la Religion Mahométane
en Chine, Ceux-ci viennent du pays du grand Mogol. L'empereur Tartare ayant ap-
pris qu'ils devenaient très puilfants dans certaine ville de la province Xenfi, et que tous
avaient époufé des femmes Chinoifes, il leur ordonna de fortir du pays, fans pouvoir
emmener avec eux aucune de leurs femmes, les Maures ayant fait réiiltance, ils lurent
afTommés pour la plupart.
Pourtant dans l'année 1656, le 3 août, il vint de nouveau à Pékin un ambafladeur
du grand Mogol avec des cadeaux, à lavoir 300 chevaux ordinaires, 2 chevaux perfans,
10 picols de pierre coledrine I0), 2 autruches, 200 couteaux maures, 4 dromadaires,
2 aigles, 2 alcatifs ")■> 4 arcs, 1 Celle avec acceflbires, 8 cornes de rhinocéros.
Annuellement aulli il y vient pour payer leur tribut des amballadeurs des quartiers
de Tartane fitués du côté feptentrional près de Efo. ( cux-ci apportent toutes fortes de
°) Cettj pierre était , disait-on, un préservatif contre les poisons, en présence desquels elle
se brisait tout de suite.
< !es alcatifs sont de petits tapis persans, qu'on étend sur les dalles, pour s'y accroupir.
CORRESPONDANCE. \66l. I 89
hande pelterijen. Daer waerender doenmaels aengekomen met 300 arme huyi-
gefinnen, aile met vifch vellen bekleedt, om in Canton en elders verplaetfl te
werden.
Word oock jaerlijx begroet uyt Corea.
de doden werden bijnae met fulcke cerimonien als in Europa begraven. het
lijck van veele gevolght werdende, die in oude fwarte kleederen gekleedt fijn.
De Keyfer hadde tôt noch toe 1 1 vrouwen gehadt. doch door aenftoockingh
van fijn raden was gereiblveert dit getal te vergroten tôt op 107, gelyck altijdt
de Chinefche Koningen gehad hebben. die fijn dochter de Keyfer gceft, mach
rekeningh maecken van die noyt weer te fien , om de naeuwe bewaering. die
hem niet aen en ftaen moeten dien felven nacht gedoot werden.
De Jefuiten hebben te Pékin en elders kercken daer fij haer godfdienft oeff'e-
nen. feggen dat de Keyfer daer oock felfs eens in geweeft is. T' is altijdt fee-
cker dat fij over al in China feer gefien fijn. Den Jefuit Adam Schall i:) is foo
gemeen met de Keyfer dat hij by hem magh komen alft hem luft "). Doch onder
de oorfaecken waerom fij foo veel vryicheydt in China genieten is defe oock
wel een van de voornaemlte , dat fij inde Sterrekunde ende den loop des hemels
fourrures. Il en était arrivé alors avec 300 familles pauvres, toutes vêtues de peaux de
poiffons, pour être tranfférées à Canton ou ailleurs.
Il efl auffi falué annuellement de la part de la Corée.
Les morts font enterrés prefque avec les mêmes cérémonies qu'en Europe, le cadavre
étant fuivi de beaucoup de perfonnes, qui font habillées de vieux habits noirs.
L'empereur avait eu jufqu'ici 21 époufes, mais, à l'inftigation de fes confeillers, on
avait réfolu d'augmenter ce nombre jufqu'à 107, comme les Rois Chinois avaient tou-
jours eu. Celui qui donne fa fille à l'Empereur, doit compter ne plus jamais la re-
voir, à caufe de la garde févère. Celles qui ne lui plaifent pas doivent être tuées la
nuit même.
Les Jéfuites ont à Pékin et ailleurs des églifes, où ils pratiquent leur religion; ils difent
que l'Empereur lui-même y a été une fois. Toujours eft-il certain que partout en
Chine ils font très-bien vus. Le Jéfuite Adam Schall I2) efl il familier avec l'Empereur,
qu'il peut venir chez lui quand bon lui femble ")• Mais, parmi les caufes pour lefquelles
ils jouiffent de tant de liberté en Chine , une des principales eft bien celle-ci qu'ils font très
'-) Johann Adam Schall naquit à Cologne en 1 591 et mourut en Chine le 15 août 166 1. Entré
chez les Jésuites en 161 1, il partit comme missionaire avec le Père Nicolas Trigaut pour la
Chine, où il devint président du tribunal des mathématiques sons l'Empereur Chien-talie,
mais plus tard il tomba en disgrâce. Sous le nom Thang-Jowang et le surnom Tao wei il a
publié 23 ouvrages en Chinois, tant de religion que de sciences mathématiques, et en outre
150 manuels
IQO CORRESPONDANCE. \66l.
wcl ervaren fijn, daer in defe Keyfer en al fijne grooten een fonderlingh ver-
maeck fcheppen , en haer felven oefFencn.
Behalven de Portugiefen fijn de Chinefen van Sincheo aen de onfe mcefl: in
de weegh.
vcrfe's dans l'Aftronomie et dans le cours des corps céleftes. Or, l'empereur et tous fes
grands y prennent un plaifir fingulier, et s'y exercent.
Outre les Portugais, les Chinois de Sincheo donnent le plus d'embarras aux nôtres.
") Deien Jefuit is al 46 jaar in China gewecit, en nu op de Tartarifche wijfe
gefchoren , is van Ceulen.
0 Ce Jéfuite, déjà depuis 46 ans en Chine, eft raie maintenant à la mode des Tartares.
il eft de Cologne.
N2 1040.
ISM. BOULLIAU à CllRISTIAAN HlJYGENS.
8 AOÛT 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le Nu.
A Paris le 8 Aouft 1662.
Monsieur
Je vous eferis la prefente pour vous renouueller les proteftations de mon tref-
humble feruice, & pour vous donner aduis que j'ay mis entre les mains de Mon-
fieur de Zulichem voftre peré vn petit pacquet, dans lequel il y a trois exem-
plaires du petit traifté ') que j'ay autreffois tait de Natura lucis, dont je vous
De Natvra Lvcis. Authore [fmaele Bvllialdo [uliodunenfi. Parifiis, Apud I.vdovicvm de
Hevqveville, via [acobaeâ, fub figno Pacis m.dc.xxxviii. Cvm Privilegio Régis. in-8°.
CORRESPONDANCE. 1662. I 9 I
promis de vous en enuoyer vn , que je vous fupplie d'accepter pour vne marque
de l'eftime finguliere que je fais de voftre perfonnc & de vos mérites. Je vous fup-
plie auflî d'auoir la bonté de me rendre ce bon office , que de rendre a Monfieur
Voffius l'exemplaire que je luy cnuoye , & de Faffèurer auffi que je fuis fon tref-
humble feruiteur. Le troifiefme eft pour Monfieur Hudde d'Àmfterdam, que je
vous enuoye tout cachette & enueloppé , afin que vous n'ayez autre peine que de
F enuoyer a la porte fur le Viverberg ou par telle autre voye qu'il vous plaira qui
foit feure.
Je veids 2) hier a minuit la nouuelle eftoile in Collo Ceti , qui eft fi belle & fi
lumineufe que la Lune ne mempefcha point de la voir, elle 3) dans la mefme
fituation que je la veids l'an pafïe a la fin d'Aouft.
Auec voftre permiffion je falueray de mes trefhumbles baifemains Monfieur
voftre frère 4) a qui je fais & a vous auffi
Monsieur
Voftre trefhumble & trefobeiflant feruiteur
I. BOULLIAU.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem
A la Haye.
2) 11 s'agit de l'étoile 0 Ceti (appelée par Hevelins Mira Ceti) (Consultez la Lettre N°. 872).
Observée dour la première fois, le 13 août 1596, par David Fabricius, pasteur à Resterhaeve,
elle disparut en octobre 1596, mais fut retrouvée par Fabricius en 1609; Keppler la chercha
sans succès en août 1609. Plus tard elle a été oubliée jusqu'en 1640, année où Hohvarda,
à Franeker, en démontra la variabilité périodique. L'observation mentionnée dans la lettre
ci-dessus est d'un intérêt particulier, puisque Argelander, qui a rassemblé toutes ces observa-
tions (voir BonnerBeobachtungen, Tome VII, page 323), rapporte celles de Hevelius, mais-
laisse ensuite une lacune de 1661 ài66r; en effet, l'observation de Boulliau ne se trouve pas
dans son ouvrage:
Ifm. Bullialdi Adaftronomos monitaduo: priiuum de ftellà nova quae in Collo Ceti ante
aliquotannos visa eft; alterum de nebulosàin Audromedae Cinguli parte boreâ, antebiennium
iterum ortà. Parisiis. 1667. in-40.
où il a discuté seulement ses observations de 1638 jusqu'à 1660.
3) Intercalez: eft.
1) Constantyn Iluygens.
I92 CORRESPONDANCE. 1662.
N= 1041.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
10 août 1662.
I.a lettre et la copte se trouvent à Le'tden , coll. Huygens.
A la Haye ce 10 Aouft 1662.
Vous n'avez rien receu de ma part par le dernier ordinaire a caufe du voiage
d'Amfterdam, ou je fus avec le frère de Moggerfhill *) pour aflifter a l'enterrement
du coufin J. de Vogelaer 2), et auffi parce que j'y avois affaire, nous partifmes le
mercredy •>) a 6 heures du matin avec le chariot de porte 4) et arrivâmes a Amfterdam
une demie heure devant midy 5), qui eft une grande commodité et a pris raifonna-
ble, car on ne paie que 4 francs. A 2 heures nous allâmes a la maifon mortuaire <î),
et le tout eftant achevé a 3 , nous eûmes tout le refte de l'aprefdinée pour nous
promener. Il n'eft pas befoin que je vous dife rien du grand deuil qu'on y mena
ni combien il y fut verfè de larmes , parce que vous pouuez aflèz vous l'imaginer.
Il y a plus de 3 tonnes d'or a partager, et cependant force de malcontants, qui
s'en eftoient promis plus ample portion qu'ils n'auront. Tout eftoit encore pai-
iible quand nous y fufmes, mais le mefme foir le teftament eftant ouvert on dit
qu'il y eut beau bruit, et que Dan 7) et le neveu 8) qui eft Secrétaire tempefte-
rent comme des enragez. Auri facra famés quid non &c.
En la chambre ou s'eftoit aftèmblè le parentage fequioris fexus, nous trouvâmes
entre autres les 2 AerfTens 9), (dont Tune eft la pour le faire guérir de fa gangrené)
avec dcmoifelle Amaranthe IO) et ce fut avec ce noble trio et dans leur carotte que
nous promenâmes jufqu'au foir. Le lendemain nous courufmes par toute la ville a
faire nos mefïagcs, et veoir les nouveaux baftiments.
*) Philips Doublet, fils.
;) Johannes de Vogelaer, mort célibataire en juillet 1662 et enterré dans le Nieuwe kerk le
2 août. Il était le fils de Marcns de Vop;elaer et de Margaretha van Valckenborgh.
3) C'est-à-dire le 2 août.
4) Le „Haagsche postwagendienst" (service de voitures à la Haye) commença en 1660; ce tut
la première entreprise de ce genre aux Pays-Bas. Les voitures arrivaient a Amsterdam au
Singel près du Korstjespoortsteeg, où se trouve une maison dont la façade est ornée d'un
chariot sculpté.
5) La distance de la Haye à Amsterdam est d'environ 61 kilomètres, et les chemins étaient pour
la plupart très-sablonneux.
r') Cette maison était située au Barndesteeg, où la famille de Vogelaer s'était établie dés son
arrivée à Amsterdam.
: j Daniel de Vogelaer était le frère du défunt. Voir la Lettre N°. 148, note 1.
8) Jacob de Vogelaer, fils de Marcus de Vogelaer et de Catharina de Velaer, naquit en 1626 à
Amsterdam. Il fut inscrit en 1644 comme étudiant en philosophie à l'Université de Leiden ,
et épousa le 5 avril 1654 Sara Spiegels. En 1655 il fut nommé secrétaire <\^ affaires maritimes
d'Amsterdam.
'' 1 Ce doivent être deux des ^vieilles" demoiselles van Aerssen. Voir la Lettre I\°. 829, note 10.
IO) Amarnntha van Aerssen. Voir la Lettre N°. 44, note 7.
CORRESPONDANCE. \66l. 1 93
Je fus auffi veoir le Sieur Hemoni ") pour la première fois, avec qui j'eus longue
conférence touchant les chofes de ion meftier , et tons de la mufique , ou il efi:
très feavant. Le 3111e jour nous nous remifmes fur le me fine chariot a 3 heures et
demie et fumes un peu après 9 heures a la Haije. Le frère I2) comme je croy vous
fera une relation plus particulière de ce voyage, et ce que j'en ay dit n'efi: que faute
d'autre matière, car en vérité je n'ay rien a vous mander fi non que les melons a
Hofwyck font tref bons , et des nouuelles de pareille importance.
A vous entendre parler de la difpute de Meilleurs les jeunes Monmors I3), je
dirois que celle de Panurge par fignes, qu'il fit dans la mefme ville de Paris, valoit
pour le moins autant.
Vous aurez maintenant receu les ordres de la Tutele I4) et neantmoins félon que
j'entens icy parler de l'affaire voftre fejour en cette Cour là pourroit bien encore
durer quelque temps. Le Sieur Chieze part d'icy dans 4 ou 5 jours , premièrement
pour IJilèlftein ou il va veoir Monfieur van Santen I5), et de la vers Turnhout
d'où il croit qu'on le depefehera bientoft pour vous aller tenir compagnie, nous
l'avons prié aujourdhuy a difner avec le Coufin M. Zuerius Iô).
Quelqu'un me dit hier, qui l'avoit oui dire chez Madame de Gent I7), que l'am-
baiTadeur don Eftevan l8) alloit epoufer Sophie Carifins I9). mais je le prens pour
un conte, quoy que d'ailleurs il foit certain qu'il la voit fouuent et que durant fa
maladie dont elle vient de fe remettre il lui a envoyé fouvent quelque regale.
") Il y avait deux frères Hemony, nés en Lorraine, tous deux fondeurs de cloches. Ils avaient
formé entre eux une association, dont l'aîné était le chef, et qui fit dans les Pays-Bas des
cloches très-renommées, pour une valeur de plus d'un million et demi de florins.
<i) François Hemony, l'aîné, naquit en 1597 à Lercourt, mourut en 1667 à Utrecht; venu
aux Pays-Bas en 1640 , il fondit des cloches à Zutfen en 1643 : en 1655 la ville d'Amster-
dam érigea pour lui une fonderie au Molenpad , tout près du Keizersgracht, qu'il dirigea
jusqu'à sa mort. Il inventa l'harmonica métallique. La direction de la fonderie passa à
son frère :
/>) Pierre Hemony, qui décéda le 18 février 1680. Quatre ans après sa mort, la fonderie
fut liquidée et l'emplacement vendu par la ville.
12) Constantyn Huygens.
13) Les fils de H. L. H. de Monmort (voir la Lettre N°. 278, note 5) et de Mademoiselle de
Manicamp (voir la Lettre N°. 908 , note 9).
14) Chr. Huygens parle ici des affaires de la principauté d'Orange, au sujet desquelles les tuteurs
de Willem III, sa grand-mère la Princesse Douairière (voir la Lettre N°. 15, note 2) et
son oncle l'Electeur de Brandenburg (voir la Lettre N°. 126, note 1), disputaient avec
Louis XIV.
15) Van Santen avait été lieutenant de la garnison d'Orange sous Friedrich van Dhona.
I(î) Martin Suerius. Voir la Lettre N°. 78 , note 4.
I?) Eggerik Adriana Sybilla van Ripperda. Voir la Lettre N°. 823, note 10.
I8) Don Estevan de Gamarra était ambassadeur d'Espagne (voir la Lettre N°. 290, note 7), Il
vint en ces pays en juin 1657.
I?) Sophie Carisius était la fille de l'ambassadeur de Danemark, Carisius (voir la Lettre N°. 820,
note 12).
Œuvres. T. IV. 25.
iy.| CORRESPONDANCE. \66l.
Mon Père m'envoya dernièrement une Epiftre Latine de Monfieur Blondel :o),
de la quelle il defiroit fcavoir mon fentiment. S'il vous en vient demander des nou-
velles, dites luy que je trouue Ton invention :i) des poutres Elliptiques fort belle
et véritable, et qu'il a eu raiibn de reprendre Galilée qui a creu qu'il en falloit des
Paraboliques, que pourtant cette fcétion y peut auflî fervir utilement, en couchant
les poutres de leur plat ainfi, de quoy il verra aifement la démon flration. Et peut
eitre cette manière de poutres ne feroit pas moins accommodée a l'ufage parce
qu'elles font par tout d'égale efpefleur.
Mais pour vous dire la vérité, la quelle il n'cft pas befoin de luy redire, je
n'ertime pas que ny en l'une ny en l'autre façon il y ait grande utilité , et quant
a la fubtilitè de la fpeculation il n'y en a pas tant que cet autheur femble croire,
au moins pour moy ce font des chofes très faciles.
N2 1042.
R. F. DE SLUSE à [ClIRISTIAAN HuYGENs].
II AOÛT 1662.
La lettre se trouve à Leiden , mil Huygens.
Elle a été publiée par C. le Paige dans le Bull, di Bibliogr. T. 17.
Nobilifiime Domine
Studia tua inuitus interpello, parabilem tamen apud te vcniani habiturum me
confido cum occafionem intelliges, quac mihi quandam feribendj neceflitatem im-
2°) Sur François Blondel consultez la Lettre N°. 191 , note 1,
:'j Ce mémoire de Blondel fut imprimé plus tard dans les Mémoires de l'Académie Royale des
Sciences depuis 1666 jusqu'à 1690, Tome V , Paris mdccxzix in-40; sous le titre général :
Résolution des quatre principaux Problèmes d'Architecture. Par F. Blondel.
problèmes dont le dernier a pour énoncé:
Quatrième Problème Résolu, trouver la ligne sur laquelle les Poutres doivent estre cou-
pées en leur hauteur & largeur, pour les rendre partout également fortes & résistantes. Pre-
mier Discours ouj. B. Epistola ad P. W. [lettre en latin, datée: Parme Viromanduorum
pridie [dus Sextiles A.D.MDCLVII.].
Second discours ou Lettre au Sr. 15. pour la résolution de ses doutes sur les proportions
du premier Discours [datée „a Paris ce 18 juillet 1661"].
CORRESPONDANCE. \66l. 1 95
pofuit. Meminiftj opinor me ab aliquot annis ') ex tua et Clariïïimi Heinfij vo-
luntate Monachorum Domini Jacobj Bibliothecam adijiïe vt Manufcriptum Me-
tamorphofeon Ouidij Codicem inueitigarem. Atque tum id quidem fruftra : fed
cum ante aliquot dies apud illos effèra, vnus ex fenioribus ad me, Reperi, inquit ,
Ouidium quem olim quaefiuifti , et librum protulit in quo Commentarij in Pfalmos
aliquot et precatiunculae continebantur, ad calcem vero adiectae erant mem-
branae in quibus non Mctamorphofin fed Remedium Amoris defcriptum inueni.
Arbitrer in vnum focietate tam diffimili compactas, ne omnino périrent, viu
enim et vetuftate admodum detritae funt, et molis adeo exiguae vt feorfim com-
pingi potuiïïe non videantur. Jnterim laudaui Monachi humanitatem , et cum ici-
rem Ouidium integrum 2) a Clariïïimo I Ieinfio recenferi , librum commodatè ac-
ceptum contuli cum editione quam codem accurantc nobis anno 1652 3) dederunt
Elzeuirij 4), difcrepantefque leétiones adnotaui. Fateor plerafque leuis eïïe mo-
menti , fed non putaui omittendas vt diligentiam et fidem meam probarem. Of-
tendere tamen poïïum non paucas ex quibus mens auétoris commodius quam ex
editione quam contuli, explicetur. Has, qualefcumque fint, ofiicij mej eïïe duxj
ad te mittere , vt videres num viro doctiifimo vfui eïïe poïïint. Et vereor quidem
ne fxera. tov ToXe^ov v; crv;xfjLa,^ia, , maluj tamen opcram perdere quam occafionem
qua teftarer defiderium pro modulomeo bene mercndi de literis, virifque qui eas
indefeïïb labore promovere fatagunt. Haec itaque boni confule, Vir praeftantif-
fime , meque ama , quem conftanti femper affeéhi eïïe noftj
Tuum tuique obferuantiflimum
Renatum Franciscum Slusium.
Leodij xi Augufti mdclxii.
') Consultez la Lettre N°. 643.
:) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 596, note 9.
î) Pvblii Ovidii Nafonis Opervm Tomvs I [II & III]. Quo quae continentur, vcrfa pagella
indicat. [accurante Nicolao Heinfio Dan. Fil.] Amftelodami, Typis Ludovici Elfevirii.
Sumptibus Societatis. 1652. III Vol. in-8°.
4) L'ouvrage cité a été imprimé par Louis Elsevier avant son association avec son neveu Daniel
Elsevier.
I<j6 CORRESPONDANCE. \66<1.
N2 1043.
Christiaan Huygens à N. Heinsius.
12 AOÛT l662.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Burman.
N. Heinsius y répondit le 13 novembre 1662.
Nicolao Heinsio Viro Illuftri Chr. Hugenius S.
Ecce h Viro optimo Renato Franeileo Slufio literae ') mihi adferuntur atque
in ijs Excerpta ex veteri Manufcripto Remedimn Amoris comple&ente , quae
obitcr infpeéla ad te continuo miteenda duxi, in eujus gratiam exarata funt. Ad-
jungo autem et literas ipfas, ut ex ijs cognofeas quae alioqui hue tranferibenda
forent, fimulque humanitatem viri, animumque erga itudia optime affeclmn
perlpicias. Caeterum noviffimam Editionem 2) tuam nondum illum vidifTè ap-
parut, in qua plerafque omnes diverfas lectiones, quas hîc congelïk , a te reeen-
iitas reperifTct; quarum quidem paucas aut nullam pêne amplexus es, et me-
rito, eum fint ineptae ac infulfae. Itaque vix quiequam hane amici mei curam tibi
profuturam arbitrer, niii forte ad hoe ut impofterum fperare deiinas thefaurum
aliquem in illa Diui Jacobi bibliotheca latitare. Ultimas meas 3) quibus Hol-
mienfîs phaenomeni delineationem me accepifTe fignificabam tibi redditas fpero.
Vale.
Dabam Hagae Comitis 12 Augufti 1662.
') Voir la Lettre N°. 1042.
Voir l'édition d'Ovide citée dans la Lettre N°. 596, note 9
s) Voir la Lettre N°. 1028.
CORRESPONDANCE. l66l. IQ7
N= 1044.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
17 août 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
le 17 Aouil: 1662.
Je croy que vous eftiez en mauuaife humeur au commencement de voftre lettre,
car les reproches que vous me faites ne vienent que de ce que le frère de Zeelhem ')
avoit oublié d'envoier ion pacquet. vous n'auriez pas ignoré autrement que c'eftoit
pour l'enterrement de Oom 2) Jan 3) que j'eftois allé a Amiterdam. Je vous dis
quelque chofe dans ma précédente 4) de la cholere des parents mal partagez : du
depuis nous avons fceu tout le contenu du teftament et entre autres que le Coufin
Dan 5) n'a eu qu'un laiz de mille francs, de forte qu'il ne faut pas trouuer eftrange
s'il fait efclatter fon indignation. Il cit. maintenant icy a la Haye et ne loge point
chez fa foeur 6) ni ne la voit.
Je ne fcay pas encore quand Monfieur Chieze partira, tantoit Bufero tantoft
Ketting r) le lanterne, il femble au moins qu'il fait ce qu'il peut pour fe faire
depefcher. J'avois deffein de le lanterner encore a fon départ, c'eft a dire de le
charger de la Lanterne 8), que j'ay fait faire pour Mon Père, mais il en fera dé-
livré, par ce que malgré toute mon indullrie et feience je n'en puis venir a bout.
Je parle tout de bon, et le frère de Zeelhem peut tefmoigner combien j'ay pris
de peine en vain , fans que je l'aye pu ajufter de mefme qu'a eftè la première que
j'avois cy devant de la quelle ayant ofté les verres il y a long temps, je ne feau-
rois retrouuer a cet heure quels ils ont eftè. Peut eftre que il Signor Padre ne s'en
(buuiendra plus, mais en cas que fi, vous luy ferez feavoir ces raifons fufdites, et
au refte que je fuis preft de luy fabriquer Lunette d'approche, microfeope et
tout ce qu'il voudra, excepté la Lanterne, dont il faut compter l'invention inter
artes deperditas.
Si vous n'aviez pas oublié celle de defTeigner je vous prierais de me faire voiïre
portrait, afin que je vifTe quelle mine vous avez fans perruque et le vifage gras, et
') Constantyn Huygens.
:) Oom (oncle) est ici un terme familier, et non l'indication d'un degré de parenté.
;) Johannes de Vogelaer. Voir la Lettre N°. 1041 , note 2.
4) Voir la Lettre N°. 104 1.
s) Sur Daniel de Vogelaer, voir la Lettre N°. 148 , note 1.
") Isabeau de Vogelaer, fille de Marcus de Vogelaer et de Margaretba van Valckenborgh, naquit
en 1597; elleépousa en décembre 1622 Johannes Dedel, né en 1588, et mort le 22 mars 1665.
Il était conseiller à la cour de justice de la Haye.
7) Kettingb était sous-secrétaire du Prince d'Orange.
8) Consultez les Lettres Nos. 1 00 1 , 1 005 et 1010.
198 CORRESPONDANCE. \66l.
que je le monftrafTe a tout le parentage. Cela va bien que parmy toutes vos adver-
ikez vous ne laifTez pas d'amafïèr du lard. Otium et victus quid faeit alienus.
Je m'en vay veoir le Secrétaire de Madame de Brederode y) tout a cet heure, à
fin d'apprendre quel obftacle il y a à noftre conférence de Zullchem , car jufqu'icy
l'on ne m'a rien fait fçavoir. La belle faifon s'en va, et s'il faut que je m'y en
aille, je ferois bien aife que ce fut au pluftoft. La Tante :o) et Coufin Eycbergh JI)
avec toute la famille , et de plus Mi Campen I2), qui eft devenue grande et grofîe
plus que vous ne fcauriez croire, s'en vont demain au Munnickelandt, et ce fera
autant de compagnie dans le voifinage s'il faut que j'y demeure quelque temps.
Vous n'aurez pas compris peut eftre a quoy fert la figure des poutres Elliptiques
et Paraboliques, dont je fis mention dans ma précédente IS), car je ne penfepas
y avoir adjouftè que c'eftoit pour les rendre également fortes par tout, eftant
appuiees fur les deux extremitez. Il eft vray que Monlieur Blondel vous l'auroit
pu expliquer, mais cecy vous fervira en attendant.
Quand vous ferez part a Monlieur le Duc de Roanes I4) de mes expériences,
dites luy aufïi que j'ay trouuè une règle I5) pour feavoir a quelque hauteur donnée
combien du poids de l'atmofphere il y a encore depuis là vers en haut, et par con-
lequent a quelle hauteur y doit demeurer le mercure dans l'expérience de Tori-
cellius, comme par exemple, quand on eft a la hauteur de 22873 pieds, je dis qu'on
a encore la moitié du dit poids par deftlis la tefte ; et quand on eft à la hauteur de
100 mille pieds, feulement „\ : Et a la hauteur de 380000 pieds I00r000.
Je n'ay pas trouve au logis Monlieur le Secrétaire, de forte que je ne fcay que
dire encore du voyage. Adieu.
y) Consultez la Lettre N°. 1031 , note 5.
10) Petronella Campen , veuve de Maurits Huygens, s'était mariée en secondes noces aveejohan
Eyckberg.
1 ' Sur Johan Eyckberg, voir la Lettre N°. 230, note 3.
.Maria Campen était une nièee de l'ctronclla Campen.
('•m. ultez la Lettre N°. 1041.
■4) Voir la Lettre N°. 837, note 1.
< lonsultez la pièce N°. 1048.
CORRESPONDANCE. 1662. IOO
N= 1045.
CoNSTANTYN HuYGENS , frère, h LODEWIJK HuYGENS.
17 AOÛT 1662.
La lettre se trouve à l.àdcn , coll. Huygens.
A la Haye le 17 d'Aourt 1662.
j'ay trois chofes a vous dire dans cette lettre. La première eft que je me trouve
obligé de vous faire compliment fur un accident fi inefperé qu'eft celuy de voftre
cngraifTement foudain, caufé par les potages de Madame d'Hollande, dont je débite
fi fort la vertu par tout qu'il y a deux , trois de nos amys a qui l'envie eft quafi ve-
nue d'en aller tafter. Meefîer1} Jacob2) fur touts eft en délibération d'aller gaigner
la de l'en bon point avant que de venir faire l'amour icy comme Ion dit qu'il va
faire vers le commencement du mois prochain. Ce n'eft pas que je feache ou il
prétend s'adrefter , mais en gênerai on dit qu'il vient chercher femme. Touts les
trois mois il arriue icy tout plein de ce deflein, mais il n'a pas fi toft commencé
qu'une petite froideur, quelque petit degouft ne l'arrefte tout court en chemin, et
peu a peu le fafle rétrograder jufques a ce qu'il fe trouve comme auparauant dans
Ion bonnet pointu et parmy fes Livres de Comptes.
Le fécond point de ma lettre eft une demande a ce qu'il vous plaift d'interpofer
voftre crédit auprès du Père 3) de la Signora Marianne a ce qu'il veuille nous
faire largefîe d'encore un morceau ou deux de ces miroirs d'acier comme vous avez
envoyé au frère 4) dont l'un a efté fi excellent que je n'en ay quafi jamais veu de
fi beau de ma vie. La bonté confifte dans la folidité de la matière et qu'il n'y ait
pas des petits pores comme pour la plus part il y en a toufjours, et afin que vous
en voyiez un exemple je vous envoyé icy un petit miroir fait d'un de ces deux
morceaux que nous auons de luy, auquel fi vous y prenez garde vous remarquerez
ces pores. L'autre n'en auoit point et eftoit excellent en fon efpece, et j'en vou-
drais bien un femblable s'il a la bonté de vous en donner et qu'il foit bien poly
defja. je vous prie de l'envelopper dans quelque petit morceau de chamois ou
quelque chofe de bien doux et uny, de peur de l'efgratigner. Il a une fort bonne
manière de leur donner un poly vif et brillant, et il vaudroit la peine de la feauoir
de luy , comme je ne croy pas qu'il en voudrait faire un fecret. Je vous prie de me
procurer un morceau ou deux , et de me l'envoyer par l'ordinaire qui arrivera
mardy prochain en huift jours fi cela fe peut car j'en ay fort à faire, et vous me
ferez grand plaifir de n'y pas manquer.
') Traduction : Maître.
2) Sur Jacob Ferdinand Suerius, voir la Lettre N°. 78 , note 3.
3) Pierre Petit (voir la Lettre N°. 536, note 6), père de Marianne Petit.
4) Christiaan Huygens. Consultez les Lettres Nos, 1007 et 1012.
200 CORRESPONDANCE. 1662.
Le troifiefme point cil que je voudrais bien que vous fceuffiez un peu de mon
Père s'il trouve que nous habillions nos valets icy des couleurs qu'il donne aux
liens à Paris veu qu'il leur faudra des habits de neceifité. Je croy que ceux que
les voftres ont font tels qu'on pourroit bien les faire un peu moindres icy encor
que des mefmes couleurs. Adio.
A quoy feruira ce tour là que le Comte de Doua 5) viendrait faire àTurnhout.
eft ce pour les affaires du Maiftre 6) ou les fiennes propres?
Pour Mon Frère Louis.
N-- 1046.
Christiaan Huygens à R. Moray.
l8 AOÛT 1662.
La Ictirc se trouve à Londres, Royal Society.
Elle est la réponse au No. 1034. li. Moray y répondit par .'e No. 1056.
Sommaire: Lettre, avec l'expérience. EvelylTquod me, et inventura de grande recherche. Méthode du Prince
Rupert extendu. Règle pour Pair. Sententia de Hobby geometria.
A la Haye ce 18 Aouft 1662.
Monsieur
J'ay receu par Moniteur Kilpatric ') la voftredu 7 Juli et avec 2 livres nouveaux
dont je vous remercie très humblement et je l'aurais fait pluftoft li je n'avois elle ab-
lent 2) pendant 2 ordinaires. Celuy3) de Moniieur Kvelin4) eft docte, et de grandi f-
(imc recherche et j'ay eu beaucoup de fat iff action en le lifant, fans compter celle la
de m'y avoir inierè li honorablement. J'euffe a peine creu qui m'auroit dit que je
Sur Friedrich von Dhona, voir la Lettre N°. 812 , note 10.
r') Constantyn Huygens parle ici de Willem III , prince d'Orange.
| Consultez la Lettre N°. 1034, note 3.
:) Chr. Huygens fait allusion à son voyage à Amsterdam. (Voir la Lettre N°. 1041).
3) Voir la Lettre N°. 1034, note 4.
', John Kvelyn naquit à WottOll 1 Sussex ) le 31 octobre [620 et mourut à Londres le 27 fé
v lier 1705. Après son éducation universitaire, il alla voyager, épousa en [652 la fille de sir
Browne, et habita Sayes-Court. Savam polygraphe et botaniste, il devint en 1672 secrétaire
de la Société Royale et lit en sorte que les collections de Lord Anmdel Fussent données à
l'Université d'Oxford.
CORRESPONDANCE. IÔÔQ. 20 T
trouuerois mon anneau de Saturne mentionè dans un livre d'un fuject fi fort éloigné.
Je me fouviens trefbien d'avoir eu l'honneur de veoir l'autheur dans voftre cham-
bre plus d'une fois 5) mais je ne fuis pas bien afïiirè fi c'eftoit luy mefme qui
promettoit un ample traité du Jardinage 6\ Si c'eft ainfi je ne doute pas que ce
ne fera un ouurage trefaccompli et curieux. Il me femble que je comprens afTez
la méthode nouuelle r) du Prince Rupert 8) quand je confidere cette teite de fa
façon et le peu d'ouuerture que Monfieur Evelin nous a donné. C'eft un merveil-
leux abbregè en des choies ou il y a beaucoup d'ombres et fait un très bel effett.
Que vous diray je maintenant du livre 9) de Monfieur Hobbes ? a force d'eftre
abfurde, il devient plaifant, et je ne fcay fi je fais bien de contribuer a le faire taire
cy après en condamnant fes paralogifmes. Toutefois par ce que vous le voulez
j'envoie a fon libraire mon jugement IO) de fa duplication du cube et quadrature,
ou je monftre afTez clairement en quoy il s'eft mépris, comme vous verrez par cette
copie.
Je voy que vous ne parlez que d'une lettre IJ) que vous auriez receue de moy,
ce qui me fait douter fi celle 12j que je vous ay eferit depuis vous aura elle ren-
due, mais peut eftre qu'elle aura elle plus long temps en chemin qu'elle ne devoit.
Elle eftoit principalement pour vous prier de remercier Monfieur Boilc de ma part
5) En effet, dans le „Reys-Verhael ' il est souvent question de John Evelyn.
6) Sylva or a Difcourfe of Foreft-Trees and the Propagation of Timber in His Majefties Do-
minions. By J. E. Efq. As it vvas deliverd in the Royal Society the xvth of Oftober
CI313CXXH upon Occafion of certain Quaeries prepounded to that Illuffrious Aflembly by
the Honorable the Principal Officers and Commissioners of the Navy. To which is aunexed
Pomona; or an Appendix concerning Fruit-Trees in relation to Cider, the Making and
sevcral Ways of Ordering &c. Publifhed by exprefs Order of the Royal Society. Allb Ka-
lendarium Hortum;orGardners Almanac:; direfting what there is todoMonethly throughout
the Year. London, Printed by Jo. Martyn and ja. Allerfby. Printers to the lloyal Society
and are to be fold at their Shop at the Bell in St. Paul's Church Yard, mdclxiv. in-folio.
r) La méthode de gravure dite en mezzo-tinto, invention du Prince Ruprecht.
8) Ruprecht von Bayera (nommé Rupert, le cavalier), iils du malheureux roi de Bohême, Fried-
rich V, et d'Elisabeth, princesse anglaise, naquit à Prague le 17 décembre [619 et mourut à
Londres le 29 novembre 1682. Ayant reçu son éducation aux Pays-Bas sous le Stadhouder
Frederik Hendrik, et après avoir pris part à plusieurs expéditions militaires en Allemagne, il
alla en Angleterre, devint duc de Cumberland, général en chef de l'armée anglaise, et cheva-
lier de l'ordre de la Jarretière; il joua un grand rôle dans la guerre contre Cromwell. En-
suite il fut amiral de Charles II, puis corsaire en Amérique, passa en France et en Allemagne
et enfin devint gouverneur de Windsor. Il était Electeur de l'Empire, et depuis 1663 membre
de la Société Royale, où il s'occupait de recherches mécaniques et chimiques.
9) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 1034, note 2.
10) Voir l'Appendice 1047.
") C'est la Lettre N°. 1022, ou bien celle dont il est question dans la note 1 de la Lettre
N°. 1034. é
i:) Voir la Lettre N°. 1032.
Œuvres. T. IV. 26 ■
102 CORRESPONDANCE. 1662.
de lbn dernier livre I3) dont il m'a fait prefent, et j'y avois adjoullé une defcription
pertinente I4) de mon Expérience de l'eau purgée d'air qui ne defcend point dans
le vuide ou il y a des circonftances afïéz remarquables.
Apres que j'enfle envoyé cette dernière lettre j'ay médité fur le fujeâ de l'Ex-
tenfion de l'air, et j'ai trouué premièrement que la hauteur de l'atmofphere cil: in-
finie quand on iuppofe véritable ce que les 2 expériences de Moniieur Boile fem-
blent prouuer, et de plus j'ay formé une règle très facile pour fcavoir dans une
hauteur donnée, combien du poids de l'air eft encore de la vers en haut: comme
par exemple qu'eftant fur une montagne haute de 22873 pieds de Londres l'on
aura encore la moitié du dit poids par defTus la telle et fi l'on parvenoit a la hauteur
de 380010 I5) pieds, qu'on n'y aura que IOOIOOQ de l'air vers en haut. Je Iuppofe
touchant la gravité de l'air icy bas qu'elle cit. a celle de l'eau comme 1 a 970.
comme a peu près je l'ay trouué par mes expériences, et qu'un cylindre d'eau de
34 pieds contrebalance un cylindre d'air jufqu'au bout de l'atmofphere , comme
enfeigne encore l'expérience. La Règle eli donc telle que voicy 1<3).
J'ay quelque peur que celle cy n'arrive après que vous ferez parti de Londres,
mais je m'en confole aifement par ce que j'auray d'autant plus tofl: le contentement
de vous veoir icy qui me fera un des plus grands que je feaurois fouhaiter. Je fuis
Monsieur
Voftre très humble & très obeifïànt feruiteur
Chr. Hugens de Zulichem.
A Monfieur
Monfieur R. Moray, chevalier et du
Confeil prive du Roy pour les affaires d'Efcoiïe
dans Whithall du coftè du Jardin
A
8 d. J,ondres.
'■>) Ouvrage mentionne dans la Lettre N°. 1032, note 2.
*4) Voir l'Appendice N°. 1033.
1 1 Dans la Lettre N°. 1044 on lit 380000.
'") Voir ['Appendice N°. 104K.
CORRESPONDANCE. 1662. 20'
N= 1047.
Christiaan Huygens à Th. Hobbes.
[août 1662.] *)
Appendice I au No. 1046.
La piice se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Cenfura mifla ad bibliopolam 2) Hobbij uti ipic petierat.
1662. Augufti.
In duplicatione cubi Hobbiana quae una cura Problematibus Phyficis 3) édita eft
refte fatis fe habent omnia ufque ad verfum illum pagina 1 ij. Ergo dutla XT et
produBa incidet in Z. Hoc enim ex praemifïïs non fequitur, neque verum eft.
Reéle autem fie dixifîet , Ergo dutla X T et producla ufque in reclam Y P , ip/'a
quoque bifariam fecabitur a recla aT 4). Mine vero nunquam efficietur XT pro-
du&am incidere in Z; neque illud proinde, punctum X e(Te in circumferentia cir-
culi YZV, unde reliqua pendet demonftratio.
Videtur autem autori impofuifïè quod produéta XT tam prope incidit in Z ut
oculis diferimen notare nequiverit. Sed mirum eft non animadvertifie illum vitio-
fara elfe demonftrationem , in qua nulla fieret mentio ejus quod in conftruftionem
problematis adfumptum fuerat, nempe quod AS aequalis ponebatur femidiago-
nali AI. Hoc enim necefîario demonftrationem ingredi debuerat fi bona effet.
Porro calculi arithmetici ufum ad explorandam geometricam confiruélionem
injuria rejicit. graviterque errât dura hac in re fententiam fuam probare conatur.
Ad quadraturam circuli quod attinet, vitium in demonltratione manifefium eft
') Cbr. Huygens a oublié d'ajouter cet Appendice à la lettre; consultez la Lettre N°. 1055.
:) Andréas Crooke, libraire à Londres, qui demeurait dans le St. Paufs Churchyard et avait
pour enseigne un dragon vert.
•"') Consultez l'ouvrage mentionné dans la Lettre N°. 1034, note 2*.
4) La méthode de Hobbes pour la duplication du cube revient à ce qui suit. VD (voir la
figure droite de la planche vis-à-vis de cette page) étant le coté du cube donné, on prend
sur son prolongement DA = 2 VD ; on construit le carré ABCD, dont les diagonales se cou-
pent au point I ; on fait AS = BR = AI; et on joint les points V et R. Le segment DX qui
est ainsi déterminé sur la ligne DC serait le côté du cube cherché.
Pour le démontrer, Hobbes prend sur le prolongement de CD , la distance DP égale à AD
et construit le parallélogramme PVR Y. Il s'efforce ensuite de faire voir que la ligne YX est
perpendiculaire à VR et PY; en effet, s'il en était ainsi on aurait: DV :DX = DX:DY
:d +
CORRESPONDANCE. 1662.
pagina 130, ubi dicitur, Quories ergo eg eft in ef tories eft co finus arcus Bo /»
./ et, e* fflô« *#/£ arcus Bo i/7 *ra* BD 5).
Non enim in arcubus quibufvis
haec proportio vera cil: liect arcus BS
fit \ arcus BD lient et refta Bi \ rec-
tae BF.
Alteram demonftrationem non ex-
pendi cnm feirem non pofie hac prima
meliorem efle , fiqnidem aliunde mihi
conftet falfum efle id quod proban-
dum fufeipitur areni nimirnm BD ae-
qualem efle refrain BF. Oftendi enim
in îjs qnae de Circnli Magnitndine edidi 6) BF femper majorem eflearcuBD,
quando VX aeqnalis eft radio femicirculi BDG. Qnando autem XG eidem radio
aequalis eft, femper refrain BF minorem efle arcn BD.
Quod Wallifius feripferit rationem 5 ad 1 2 fuperare rationem 1 ad 3 ratione 1 ad
12, non eft credibile per errorem hoc eum fecifle, fed quod pro additione rationum
cam quoque habuerit quae fit addendo frafriones quae quantitatem rationum fe-
cundum ipfius et aliorum multorum fententiam exprimunt.
Non ignorât enim aliam et magis ufitatam geometris rationum additionem feu
= DY : DP et, comme DP = 2 DV, DX = DV |K 2. Pour prouver que l'angle Y\V est
droit, Hobbes ne s'est pas toujours servi du même moyeu. Dans la démonstration qui fut ex-
aminée par Huygens, l'auteur a évidemment abaissé du point V une perpendiculaire VX sur
YP. S'il était vrai que la ligne droite qui joint X au centre. T du parallélogramme passe par le
pied de cette perpendiculaire, l'angle YXV serait droit, on, en d'autres termes, le point X se
i rouverait sur le cercle qui passe par Y , Z et V.
Remarquons encore que la ligne Ta est parallèle à PY et à VR.
Voir la ligure gauche de la planche vis-à-vis de la page précédente. Dans le demi-cercle BDG
le rayon AD est perpendiculaire an diamètre BG. XDFestune ligne droite faisant avec ce dia-
mètre un angle de 300; le rayon AS est parallèle à XF et i est le point d'intersection de la tan-
gente 15F avec le prolongement de la ligne XS. On démontre facilement que 13/ est la troisième
partie de BF, et que par conséquent le rapport de la ligne droite \Yi à l'arc BS est égal à celui
de BF a l'arc BD. Hobbes croyait que le même rapport existe entre les segments delà tan-
gente et de l'arc de cereje qui, en partant tous les deux du point B, s'étendent jusqu'à une
ligne droite quelconque, telle que Xo , qu'on tire par le point X. C'est ce qu'il exprime dans le
passage auquel Huygens l'ait objection. Voir les ouvrages de Hobbes, publiés par Moles-
worth, Vol. 1, p. 251. Si l'hypothèse de Hobbes était vraie, il aurait raison de prétendre que
la ligne droite BF est égale a Tare BD; en effet, le rapport dont nous venons de parler devrait
conserver la même valeur, même lorsque l'angle BXo est infiniment petit; mais alors il est
égal a l'unité.
I Consultez l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 1 01 , note 1.
CORRESPONDANCE. l6ô2. 20-
compofitionem , l'ecundum quam ratio i ad 3 una cum ratione 5 ad 4 conilituunt
rationem 5 ad 12. Et praeftaret quidem mea fententia non aliam agnofcere addi-
tionem rationum. ne res duae diveriiiîimae eodem nomine vocentur.
N°= 1048.
Christiaan Huygens à R. Morav.
[l8 AOÛT 1662].
Appendice II au No. 1046.
La copie se trouve à Londres, Royal Society.
Soit la hauteur donnée de 22873 pieds.
addatur ,4*35933 logarithmo 2a873
(0.11927 numerus f'emper addendus.
4.47860 huic logarithmo convenit
numerus ( 0.30103 quem iubtrahe ex
S. ) 5.00000 logarithmo 1 00000.
reliquit 4.69897 Logarithmum 50000.
Comme donc 1 00000 a 50000, ou bien comme 2 a 1 , ainfï fera la pefanteur du
cylindre de la hauteur de toute ratmofphere a Ai partie vers en haut depuis la
hauteur donnée.
Soit encore la hauteur donnée de 1 00000 pieds.
,, (5.00000 logarithmo 1 00000
addatur ! °
| o. 1 1927 numerus iemper addendus
5. 1 1927 huic logarithmo convenit
numerus 1.3 1600 quem fubtrahe
ex 5.00000 logarithmo 1 00000.
3.68400 Logarithmum 483 1 .
la pefanteur du cylindre entier a la partie vers en haut fera donc comme 1 00000
a 4831 ou près 21 a 1.
206 CORRESPONDANCE. 1662.
Quand au contraire le poids de l'air vers en haut eft donne et qu'il faille fcavoir
la hauteur du lieu l'on fe fervira de la règle fuivante de la quelle la précédente eil
tirée. Par exemple fi je veux fcavoir a quelle hauteur il faudroit monter pour avoir
j1- du poids de l'air par deflus la tefte.
~ , , ( 1. 00000 lop'arithmo 10.
lubtrahatur , ° . ,
| 0.00000 loganthmus 1.
1. 00000 differentia logarithmorum.
5.00000 logarithmus ejus differentiae.
0.1 1927 numerus femper fubtrahendus.
4.88073 logarithmus 75986 qui eft numerus pedum altitudinis quae-
fitae.
Quoy que je ne croie pas que l'extenfion de l'atmofphere foit infinie, je tiens
pourtant qu'on ne fe trompe que de fort peu en fe fervant de ces règles, que je
vous prie de faire veoir a Milord Brouncker et Monfieur Boile.
N2 1049.
R. F. de Sluse à Christiaan Huygens.
l8 AOÛT l662.
La lettre se trouve à Leiden, ce II. Huygens.
CIr.\ Huygens y répondit par le No. 1065.
Elle a été publiée par C. le l'aige dans le Bull. t!i Bibliogr. T. 17.
Nobiliflimc Domine
Mirum in modum delectarunt me literac tuae '), quibus te incolumem ad lares
patrios tandem redijfïc intellexi. Quod fi mihi prius innotuiffet, llimulum pro-
tecto non mediocrem admouerj fenfiflèm ad fufcipiendurn iter illud de quo feribis:
licet enim multis dotibus fe commendet Ilollandia, praecipuam tamen illam habeo
quod te alumnum iaftet, quem prae reliquis à^ioSrxv;xa.(7Joiç quibus aduenarum
') Nous ne possédons point cette lettre de Chr. Huygens à de Sluse; elle doit avoir été écrite
après le 17 mai 1 66 1 , jour du retour de Chr. Huygens d'Angleterre.
CORRESPONDANCE 1662.
207
oculos moratur, videre et complccti opcaiïem; fed dilata tantum profeétio eft, et
erit, vt fpero, illa dies, qua hanc quoque alijs non paulo longioribus adijciam.
. Literas Parifienfes 2) in quibns de penduli ofcillacionibus egifle te fcribis, malo
meo fato nullas accepi. De Expérimentas Illuftriffimj Boile ante annum 3) certior
redditus eram ex Anglia a Viro Nobili 4) mihique amico, qui nuper me quoque de
illis fententiam rogauit, et monuit multos cffe qui contradicerent. Sed magnum
pro illorum veritate apud me praeiudicium eft, quod ea tibi placere intelligam.
Liber 5) intérim , quae Typographorum noftrorum àCpiÀoy.aÀia eft, hic adhuc non
proftat. Quapropter patiere te rogavi a Domino Vanderuekio noftro 6) vbi
venalis fit, ab eo enim petij vt te indicante quamprimum ad me deftinaret.
Languent ftudia mea , vt folent : praeterquam enim quod nugas illas meas de
infinitis folutionibus 7) in chartam conieci, nihil a me praeftitum eft, faltem quod
te dignum exiftimem. Nuper tamen methodum tangentium 8) ex nota applicata-
rum ad partes axis qualicumque ratione, quam ante -plures annos inueneram,
ad facilitatem maximam deduxj , ita ut inipeéti folum in terminis analyticis
aequatione quae curuae proprictatem oftendit, fere abique calculo tangentem
ducam. Vnam hic mea methodo inuentam addo, in curuâ quam olim Cla-
riffimus Gutifcouius mihi propofuit.
Jnter parallelas AB, DC itinétas
normali AD, intelligatur curua DF
talis naturae , vt lumpto in illâ quo-
libet puncto F, et iuncla DF, fi ad
illam excitetur in F normalis FC
occurrens DC in C, reéla FC fit
femper aequalis AD. Ex qua de-
icriptione patet AB fore curuae Afymptoton. Tangens vero facile habetur in
punéto dato vt F, demiiïa enim normali FE, et produfta CD in G, ita ut très
CE , CD , CG , fint in continua proportione , iuncf a GF curuam continget. Nec
multo operofior erit conftruclio in alia curua huic limili , in qua fcilicet angulus
DFC , reclus non fupponeretur fed quilibet alius datur. Sed haec leuia funt et
2) Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre de Chr. Huygens à de Sluse.
3) En effet, on connaissait des expériences de Boyle sur la pompe pneumatique dès Tannée 1660.
4) Probablement s'agit-il ici de
Sir Richard Townley, vivant à Tovvneley, disciple de Boyle, le seul anglais qui à cette épo-
que-là fût en relation avec de Sluse.
5) Probablement l'ouvrage mentionné dans la Lettre N°. 873 , note 4.
*) Consultez la Lettre N°. 643 , note 3.
r) Consultez la Lettre N°. 663.
8) C'est la première fois que cette méthode des tangentes est mentionnée: elle donna lieu à une
correspondance entre Chr. Huygens et de Sluse.
208 CORRESPONDANCE. 1662.
tibi ferio rcrum iftarum aeftimatori non proponenda. Nihil igitur addam ara-
plius , nili elfe me ex animo
Tui obferuantiiîimum
Renatum Franciscum Slusium.
Dabam Leodij xvni Augufti
MDCLXII.
Nobiliflimo Clariflimoque Domino
Domino Christiano Hugenio de Zulichem
Hagam.
N= 1050.
Christiaan Huygens h [Ism. Boulliau].
24 AOÛT 1662.
La httre i trouve à Paris, Bibliothèque Nationale.
Elle est la réponse an No. 1040. Ism. Boulliau y répondit par le No. 106c.
A la Haye ce 24 Aouft 1662.
Monsieur
Je vous rends grâces très humbles tant de ce que vous me faites l'honneur de
me mander de vos nouvelles, que du prefent de volîre Traité '), que je viens de
recevoir. Quand il fera relie j'en confidercray de plus près le contenu , car je n'ay
encore fait que le feuilleter, et je remarque que vous difputez en plufieurs endroits
contre les opinions d'Ariftote et de fes fectateurs , qui eft touf jours une bonne
oeuvre. Sed utinam tam facile effet ver a in venire quam falfa redarguere , princi-
palement dans cette matière fi difficile et profonde, les 2 Exemplaires à Meilleurs
Voflius et I ludde leur ont efte rendus.
Apres l'avis que vous m'avez donne de l'Eltoile in Collo Ceti, je l'ay auili oh-
fervée pour la première fois le 1 5 de ce mois, et la trouve au mefmc lieu ou la met
Monfieur I levelius, et prefque égale en clarté a celle de la Mandibula"). C'elt une
' Cet ouvrage est décrit dans la note 1 de la Lettre N°! 1040.
Cette étoile, maintenant * Ceti , est île la cinquième grandeur.
CORRESPONDANCE. l66l. 20Q
choie merveilleufe fi elle ibuffre cous ces changemens que raconte ledit Hevclius 3),
comme je n'en doute point, et il me tarde de les remarquer moy mefme.
Vous ne parlez point de l'horologe que vous vouliez faire venir d'icy pour Ma-
dame de Thou 4), ce qui me fait croire que vous en avez trouve des bonnes a
Paris, et en erfeét Mon Père me mande 5) qu'on y travaille mieux défia en ces fortes
d'ouvrages que non pas icy. Toutefois fi vous avez befoin de mon fervicc ou en
cela ou en toute autre choie j'efpere que vous me ferez la grâce de m'emploicr li-
brement et de croire que je fuis
Monsieur
Voftre très humble & très obeiflant feruiteur
Chr. Huygens de Zulichem.
N= 105 1.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
24 AOÛT [1662].
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A la Haye ce 24 Aouft
Monfieur Chieze m'a dit que les tablettes de Monfieur de Montpouillan :) font
arrivées chez maiftre Jaques, le dit Sieur Marquis eftant abfent. Et je luy ay dit
ce que vous me mandez touchant l'eftuy de Monfieur de la Farc "), et des melons
de Courvoye. Nous nous vifmes hier en bonne compagnie chez la Tante de St.
•") Dans sa „Historiola mirae stellae" insérée dans son „Mercurius in sole visus." Voir la Lettre
N°. 872, note 5.
4) Sur Renée de la Marselière voir la Lettre N°. 586, note 4.
5) Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre de Constantyn Huygens, père.
') Armand de Camnont, marquis de Montpouillan, servait comme capitaine dans l'armée des
Provinces-Unies. II était ami intime de la famille Huygens (Consultez la Lettre N°. 744 .
2) Charles Auguste, marquis de la Fare, naquit en 1644 à Valgorge (Vivarai?) et mourut à
Paris en 171 2. Il était poète, et homme du monde.
Œuvres. T. IV. 27 -
IO CORRESPONDANCE. 1662.
Annalandt, ou cttoient encre autres Belletie 3) et fa foeur 4), auec fon col de grue ,
du quel Don Sébaftian 5) comme de raifon , admira la figure.
Je ne me fouvenois plus de ces objections que j'aurois faites 6) contre Monfieur
Boile, et je voy bien que le correfpondant de Monfieur Theuenot luy en a fait
croire d'avantage qu'il n'en cil. car ce n'a elle qu'en paillant lors que je priay tf)
Monfieur Moray de le remercier en mon nom de fon dernier livre 7), que j'ay allè-
gue un fcrupule ou deux, touchant certaines expériences qui ne revienent pas
bien a fon hypothefe. Pour fa refponfe 8) je ne l'ay pas encore vue, mais je ne doute
pas qu'elle ne fera civile et modefte, car j'ay eftè bien loin de dire aucune chofe
qui le pull defobliger. Je feauray, quand je l'auray reçue, quelles ont elle mes
objections , n'en ayant pas tenu copie , parce qu'elles n'en valoient pas la peine.
Pour quoy trouvez vous fi cftrangc cette claufe que j'ay adjoultè après les rela-
tions du Coufin Caron y} ? Je croiois que Monfieur Thevenot me prendroit pour
bien fimple fi je n'eufïè tefmoignè de douter en quelque façon de la vérité de tels
récits, et au relie le bon Coufin a fort la réputation d'embellir ceux qu'il fait.
Mais il en croira toufjours autant qu'il voudra, per me licet.
J'ay enpacquetè encore 2 douzaines de larmes de verre dans une boete que
Monfieur Chieze vous apportera, mais il n'eft pas encore bien afTurè quand il par-
tira d'icy. Quel traficq faites vous avec ces petits engins , ou a qui les diftribuez
vous? J'oublie toufjours a m'informer en Angleterre comment c'eit qu'on les fait,
mais je tafeheray de m'en fouvenir demain en eferivant a Monfieur Moray I0).
Il m'a fait efperer ") que je le verray bientoft icy a la Haye, ce que je fouhaite,
car je l'aime bien.
Ne manquez pas je vous prie a nous faire avoir des petits miroirs dont mon
frère vous aeferit12) par l'ordinaire pafie, et qu'il y en ait aufli pour moy. le meftier
de Lunetterie n'a jamais elle fi en vogue parmi nous qu'a prefent. Adieu je n'ay
plus rien a vous mander.
Pour le Frère
Louis.
■') Isabella van Aerssen. Voir la Lettre N°. 983, note 8.
4) Une des sœurs , mentionnées dans la Lettre N°. 820, note 1 o.
?) Sur Sebastien Chieze voir la Lettre N°. 863 , note 4.
Consultez la Lettre N°. 1032.
( >uvrage cité dans la Lettre N°. 1032, note 2.
Consultez l'Appendice N°. 1056.
Voir l'ouvrage de Caron , cité dans la Lettre N°. 924, note 1.
Nous n'avons trouvé ni minute, ni copie d'une lettre du 25 août de Clir. Huygens à
R. Moray, et il est douteux qu'elle ait jamais été écrite. Consultez la lettre de R. Moray du
17 novembre 1662.
('(insultez la Lettre N°. 1034.
Voir la Lettre N°. 1045 de Constantyn Huygens.
CORRESPONDANCE. 1662.
1 I 1
N= 1052.
[Lodewijk Huygens] a [Christiaan Huygens].
[août 1662] *).
La pièce se trouve à Laden, cuil. Huygens.
Clrr. Huygens y répondit par le No. 1054.
QVIS EX MATHEMATICIS
Tria Problemata Solvet?
Primum : Invcnire quatuor numéros continué proportionales geometricè, ita ut
quadratum primi ad reliquorum numerorum fummam habcat datam rationem , et
taies ut lblidus ex fumma mediorum in quadratum minoris medij fit aequalis iblido
ex differentia mediorum in quadratum medij majoris, atque infuper in nullo qua-
tuor numerorum fine plures quam duae radiées univerfales. Ello data ratio
100. ad 1.
Secundum : Invcnire très numéros harmonice proportionales , qui faciant trian-
gulum rectangulum : feu, invenire très harmonice proportionales , ita ut majoris
quadratum aequetur quadratis reliquorum duorum.
Tertium : dividere V' 8 + 6. in duos numéros, tali ratione ut cubus primi cum
duodecuplo fecundi aequetur cubo fecundi cum vigecuplo primi. Petitur autem
hic duplex folutio : una per radiées univerfales, altéra fine radicibus univerfalibus.
Cette pièce a été expédiée avec une lettre de Lodewijk Huygens à Chr. Huygens; mais
celle-ci , comme tant d'antres du même correspondant, ne se trouve pa< dans nos collections;
Christiaan en parle dans la Lettre N°. 1054.
2 I 2
CO R R ES POND ANC E. I 6 6 2 .
N" 1053:
H. L. H. de Monmor h Christiaan Huygens.
30 AOÛT 1662.
La lettre se trouve à Leirien, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 904.
A Paris ce 30 Aoulr. 1662.
Monsieur
Si je n'auois elle accablé de maladies et d'affaires depuis vn fore longtemps
Je ne pourrois pas exeufer mon filence après les obligeantes marques que J'ay
receues de l'honneur de voftrc fouuenir. Mais je m'afféure que vous elles trop per-
fuadé de l'eftime extraordinaire que Je fais des excellentes qualitez de voflre ef-
prit pour que vous ayez voulu foubfonner en ce rencontre quelque choie a mon
defauantage. Vous auez laide dans mon ame des jmpreffions de vénération et dami-
tié que l'abfence ny le temps ne font point capables d'effacer. Vous me ferez
Monfieur la Grâce de le croire et que je n'auray jamais plus de joye que lorsque
vous me ferez naiftre quelque occafion de vous faire cognoillre cette vérité par
mes feruices. Monfieur de Chefnelong ') greffier du Confeil du Roy fefl voulu
charger de ma lettre qui vous explique ces véritables fentimens de mon coeur.
Ceft vn lavant de qualité et mon amy qui allant en Hollande pour y veoir ce qui
y eft de plus clair pourra fati flaire fa curioilte en voyant voftre perfonne qui cil:
vn de fes plus grands ornemens, Jl vous dira que Je fuis auec paflion
Monsieur
Votre trefhumble et obeiffant feruiteur
De Montmor Habert.
A Monfieur
Monfieur Christian Huggens de Zullichen
a la Hâve.
, De Chesnelong était secrétaire du Conseil du Roi et semble avoir été de ceux qui fréquen-
taient le cercle de Monmor.
CORRESPONDANCE. 1662.
Ns 1054.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens],
31 AOÛT 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiilen, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 105a.
le dernier Aouft 1662.
Je fuis trefmarry de la mort de l'incomparable Monfieur Paichal '), quoij qu'il
y eufl défia long temps qu'il efloit mort pour la Géométrie. J'avois toufjours ef-
perè qu'il fe remettroit de fa foiblefTe, et qu'il reprendroit quelque jour cette ci-
tude ou il a fi fort excellé. Monfieur le Duc de Roanes 2) pert en luy un grand
amij , et il faut luy en faire vos condoléances et les mienes. Je renvoyé par Mon-
fieur Chieze la machine pour l'arithmétique 3) qui eft de fon invention , et peut
élire c'efloit la fiene propre, car je ne l'ay jamais pu fcavoir au vray; feulement
on m'efcrivit 4) lors qu'on me l'envoia, que j'euffe à l'adrefler a Monfieur Petit
le libraire 5), comme je fais a cet heure.
En fin le dit Don Sebaflian va partir tout de bon premièrement pour Turn-
hout, et de la pour Paris fi ce n'efl que Madame 6) en ordonne autrement. Il vous
apportera un exemplaire des Mémoires7) que vous defirez, et encore un autre
pour Mon Perc que le frère 8) luy envoie. Qnoy que cellecy eufl pu fuffire pour
vous deux, j'ay creu pourtant que vous feriez bien aife d'en avoir une a vous. Vous
aurez grand plaifir a lire tant de particularitez et intrigues qui regardent des per-
lbnnes qui pour la plufpartrfont encore en vie, et je ne puis comprendre comment
') Biaise Pascal mourut à Paris le 19 août 1662.
'-) Voir la Lettre N°. 837, note 1.
3) Voir la pièce N°. 632.
4) Consultez la Lettre N°. 717.
?; Voir la Lettre N°. 63 1 , note 5.
rt) La Princesse Douairière.
r) Mémoires de M. D. L. R. sur les brigues à la mort de Louis XIII : les guerres de Paris et de
Guyenne, et la guerre des princes. Cologne [Pseudonyme pour la Haye]. P. van Dyck , 1662.
in-120.
L'auteur en est: Monsieur De La Rochefoucauld.
De cet ouvrage il y eut plus tard une autre édition, avec le titre:
Mémoires de la Minorité de Louis XIV. Corrigez sur trois copies différentes, & augmen-
tez de plusieurs choses fort considérables, qui manquent dans les autres éditions. Avec une
Préface nouvelle qui sert d'Indice et de Sommaire. A Ville franche chez Jean de Paul
[Pseudonyme pour: Amsterdam. Elsevier]. 1690. in- 1 ; .
s) Constantyn Huygens.
14 CORRESPONDANCE. YÔ6l.
ce Duc de Rochefoucauld y) a efte fi inconiîdcrè que de laifier forrir cet eferit de
les mains, car Ton m'affure, contre ce que j'avois creu, qu'il vit encore luy mefme.
Pour vos Canons je ne les trouue point, après avoir regarde dans vos armoires
et par tout avec Annetie , qui ne fe fouuient pas que vous en ayez laifîèz icy en
partant.
L'Hiftoire des Truffes efr. merveilleufc, pourveu qu'elle foit aulfi authentique.
Si celle de la Chenille fe peut eferire en peu de mots comme celle là, vous pour-
riez bien aufii m'en faire part, car je ne penfe pas qu'elle foit dans le livre IO) du
Zelandois :I), que je n'ay pas maintenant.
J'ay envoyé plus de 5 fois dans 15 jours chez le libraire qui me doit faire
avoir les livres d'Hevelius I2) pour Monfieur Petit, mais jufqu'icy on ne les luy a
point envoiez d' Amfterdam , ce qui me fait croire qu'ils n'en ont point d'exem-
plaires, au moins du dernier de Mercurius in Sole. Peut eitre que je m'y en iray
dans 2 ou 3 jours, et s'il y en a, je vous les feray tenir au pluftort. J'en eufle
volontiers chargé Monfieur Chieze, mais cela ne fe poura puis qu'il part demain.
Aujourdhuy Monfieur van Lccuwen I3) luy veut encore faire quelque regale et l'a
convié avec nous autres chez luy cette aprefdinée. Je verray là ma foeur I4) et feau-
ray ce que vous luy avez mande de nouveau. Je vous remercie de la Requefte I5)
de Madame Fouquet l6). pour l'autre Apologie imprimée I:), je l'ay défia leùe.
y) François VI, duc de la Rochefoucauld, prince de Marsillac, naquit le 15 décembre 1613
et mourut le 17 mars 1680 à Paris Jeune encore, il se mêla aux intrigues diplomatiques,
d'abord contre Richelieu, puis, après une liaison de cinq ans, contre Madame de Longue-
ville; il entra dans la Fronde, fut tantôt en disgrâce , tantôt en faveur. Depuis 1652 il vécut
tranquilles: c'est alors qu'il composa les ouvrages qui l'ont rendu célèbre.
I0) Metamorpholis Naturalis, Ofte Hiftorifche Befchryvinghe vanden Oirfpronck , aerd,ey-
genfchappen ende vreerade veranderinghen der worraen, rupfen, maeden , vlieghen, niltjes,
byen , motten ende dierghelijcke dierkens mecr; niet uyt eenighe boecken , maer alleenlijck
door eygen ervarentheyd uytgcvonden, befehreven, ende na de konlt afgetcykent. Door
Johannes Goedaerdt. Tôt Middelburgh , By Jacques Firens, Boeck-verkooper inde Globe.
[1662] in-8°.
") Johannes Goedaert naquit en 1620 à Middelbourg, où il mourut en 1668. Il était peintre
aquarelliste d'oiseaux et d'insectes, et se plut à étudier toutes les métamorphoses de ces der-
niers. Il épousa Clara de Bock.
Consultez les Lettres Nos. 1012 et loi 5.
' sur Diederik van Leyden van Leeuwen voir la Lettre N°. 23-, note 1.
'4) Susanna Doublet, née lluygens.
' > Requête de Mme Fouquet au roi , à l'effet d'exercer ses reprises et conventions matrimoni-
ales sur ses biens de la succession de son mari.
Marie Madeleine de Castillc-Villcmarcnil , fille unique du maître des requêtes François de
Castille, naquit en 1633 et mourut en 17 16. Elle était la seconde épouse de Nicolas Foucquet
le Surintendant (voir la Lettre N°. 605 , note 7). Malgré son caractère hautain , elle pour-
suivit le roi, après la disgrâce de son mari en 1661, de ses supplications pour changer la
peine de prison en exil. Elle avait donné à Foucquet un lils, Louis Nicolas.
Sommaire de l'instance pour Mme Fouquet première créancière de M. Fouquet le Surinten-
CORRESPONDANCE. \66l. 2 1
La Signora Mariane l8), à ce que me femble, worc heel wik Iy), et Monfieur
ion Père :o) eil bien fimple de la laifTer ainfi au gouuernement de fon franc ar-
bitre. Je ne doute point, puis qu'elle veut que le traite pour lamaiibn feface,
que le bon homme ne foie contraint d'y confentir, tellement que je le croy defia
conclu , mais il pouroit bien vous avoir demandé un peu d'avantage eilant inte-
reiTe comme il cil. Prenez garde qu'en revenant du voyage la Signora Mariane
ne troiiue encore expédient pour rentrer dans fon logis fans que Mon Père et vous
en fortiez. vous auriez beau moyen alors de vous venger de ce comte de Ch. et
de l'exclure a fon tour, adieu.
Des deux pièces de miroir 2I) que vous avez envoièez au frère de Zeelhcm il en
a caffè l'une en voulant l'arrondir fi bien qu'il m'a fallu luy rendre l'autre qu'il
m'avoit donnée. Priez de ma part Monfieur Petit de me donner encore 2 ou
3 pièces de cette mefme étoffe s'il en a, car elle eil fort belle, et remerciez le de
l'inflruélion qu'il nous a donnée ~) pour le poliment quoy que je m'imagine qu'il
y feait encore quelque autre fineife, car fon poli eil plus beau , que celuy que nous
puiflions effectuer fuivant fa recepte : mais nous tafeherons de la perfectioner.
Je voudrois bien feavoir de quelle grandeur font les verres de Monfieur d'Ef-
pagnet :3) qu'il a efïaiez et quelle ouuerture ils foufffent.
Les queflions 24) que vous m'avez envoiees ne méritent pas qu'on s'y amufe
n'eilant aucunement belles ny utiles a rien, cela vient de quelque arithméticien
et non pas d'un Géomètre.
dant, contre les dames de Bernard et de Montloiïet créancières de la succession de messire
Gilles Fouquet, premier ecuyer, et encore contre les sieurs directeurs des créanciers de dame
Anne Daumont épouse de messire Gilles Fouquet, premier écuyer.
1S) Marianne Petit.
Iy) Traduction: devient très-étourdic.
-°) Pierre Petit. Voir la Lettre N°. 836, note 6.
:I) Consultez la Lettre N°. 1045.
22) Nous n'avons pas trouvé cette instruction de P. Petit.
23) Voir la Lettre N°. 1058.
24) Voir la pièce N°. 1052.
\6 CORRESPONDANCE. 1662.
Ns 1055.
R. Moray a [Christiaan Huygens].
1 septembre 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est a réponse aux Nos. 1032 et 1046. Chr. Huygens y répondit par le No. 1080.
A Whitehall ce 22. D'Aouft 1662.
Monsieur
N'eftoit que Je retiens encore l'intention de vous vcoir dans peu de iours, J'au-
rois de la peine a trouucr de quoy me iuftifier d'auoir fi long temps différé ma rei-
ponce à deux de vos précédentes; a l'une defquellcs J'ay bien dit ') quelque chofes,
mais a l'autre rien du tout. Et iuiqu'a ce que J'aye tout a fait quitte le defiein de
faire le voyage que J'ay fi long temps médite auec fatiffaclion, Je ne prétends pas
m'eftendre fur les matières que vous me marquez dans les vollres. Mefme Je ne
vous diray pas grande chofe fur voflre dernière du commencement du Courant,
ains rcmettray prefque le tout a lcntreueue dont J'ay une enuic trefpafîionnee. il
eft vray que J'ay une exeufe qui pourra en partie iuftifier la remife de mes ref-
ponces : C'eft que vos lettres font par fois 3. femaincs, ou un mois hors de mains,
deuant que Je puifle mefme auoir le contentement de les lire auec attention. Elles
font tantoft entre les mains de M y lord Brounker , tantoft de Monfieur Boile, et
de plufieurs autres: de forte que i\ quelqu'un de ces meilleurs fe trouue auprès
de moy lors que les voftres me font rendues , ou que Je commence a les lire , ils me
les arrachent, et ne me les rendent point de 3. ou 4. iours ou dauantages. Tout ce
que vous aurez de moy à prefent , touchant vos deux précédentes , eft les deux let-
tres dont voicy les Originaux :). Vous verrez bien par leur dates, que Je vous les
aurois peu faire tenir plus toft. Mais elles ont cité auifi entre les mains de quel-
ques uns de nos Meilleurs plus de 15. iours. au refte faites citât qu'a noftre entre-
Lieuë on vous entretiendra au long fur tous les points de chacune des voftres , et fi
noftre voyage vient a eftre remife a une autre fois , ce que Je ne crois pourtant
pas, alors Je me donneray la peine de vous en eferire un volume entier; Cepen-
dant J'ay bien fait rougir Monfieur Euilyn %) en lifant voftre dernière en noftre
Aiïèmblee luy prefent. Mais vous pouuez bien croire qu'il vous fçait parfaite-
ment bon gré de l'honneur que vous luy faites. Vous auez creu auoir enfermé
') Consultez la Lettre N°. 1034.
- j Voir les deux Appendices No*. 1056 et 1057
Voir l.i Lettre N°. 1046", note 4.
CORRESPONDANCE. \66l. 2 1"
dans voftre dernière 4), la copie 5) de voftre iugement de la Duplication du Cube,
et de la quadrature du Cercle de Monfieur Hobbes, mais Je ne l'y ay pas trouuee.
Je vous prie de me l'enuoyer fi vous iugez qu'elle p ni fie élire icy dans 15! iours,
car peut efire feray Je icy a fiez long temps pour la receuoir.
Tous nos Meilleurs font fort fatiffaits de voftre Reigle rt) touchant la mefure de
la pefanteur de l'Atmofphere. Elle eft fort jolie. Mais nous prétendons la iuftifier
par des expériences lors que nous en aurons la commodité.
Voila pour cette fois une aftez longue lettre, il me feroit bien facile dy adioufter
encore deux ou trois fois autant. Mais il vaut mieux le remettre a noftre rencontre.
Vous fçauez que Je fuis de toute mon ame
Monsieur
Voftre trefhumble et trefaffeétionné feruiteur
R. MORAY.
Ne 1056.
R. Boyle à [R. Moray] ').
[juillet 166a] 2).
Appendice I au N°. 1055.
Lu lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Une copie se trouve à Londres, Rayai Society*').
La lettre est la réponse au No. 1032.
Sir
J perceiue by Monfieur Zulychem's Letter 4) which by your fauour J haue
now rcceinM , that my former bookes J ventur'd to trouble him with , haue not ex-
4) Consultez la Lettre N°. 1046 et la note 1 de la Lettre N°. 104-,
s) Voir la pièce N°. 1 047.
6) Voir la pièce N°. 1048.
') On lit, à la fin de la lettre, de la main de Moray: Cette lettre s'adrellè a moy.
2 ) Consultez !a Lettre N°. 1055.
5 Cette copie de la Société Royale ne porte pas de date non plu s.
+) La Lettre N°. 1032.
Œuvres. T. IV. 28.
2i8 CORRESPONDANCE. \66l.
hauited his parriality for my writings, fince he is pleafd to make you fuch a men-
tion of my laft 5) that J can much better refent & blufh at then deferue, which you
will obleige me to let bim know the next time you write to him. But becaule J
prefume you & perhaps he may expect that J f hould fay fomething to the particu-
lars in my book on which he animaduerts, efpecially fince his objections are foe
few, as well as foe judicious, that as they highly deferue a ferions reflection, foe
J may giue you my thoughts of them in this couer wherein J inclofe you his letter.
J l'hall take notice to you in few words (hauing not now time to trouble you with
many) that ye particulars in Monfieur Zulychem's letter that require to haue
fomething fayd to them by way of anfwer, are thefe fowre.
The firft is my hauing made fuch folemn Anfwers to my two aduerfarys Linus
& Miller Hobbes whofe arguments he is pleafd to fpeak foe flightingly of. But
though to this J might reprefent that J could not hope to finde many readers that
underltood thofe controuerfys half foe well as Monfieur Zulichem , And though
J might adde what els J fay in the préfaces & beginnings of ye books them felues,
to giue an account of my proceedings, Monfieur Zulychem's Ciuility has furnifht
me with an anfwer , that J f hould not els haue made vfe of in faying that he finds
J haue donc what jndeed J indeauourd to doe , bye taking occaiion from the ob-
jections J anfwerd to offer fomethings to the Reader, towards the further illuftra-
tion of ye Doctrine it felf of ye fpring of ye air.
As to what he fayes touching the hypothefis afTumed to make out the phaeno-
mena of Raréfaction, it will not be requifite forme to inlarge vpon it, the Pro-
pofer6) of the Hypothefis being him felf ready to giue you an account ofit. And
Monfieur Zulichem though (cheifly through the Printers fault) he miftakes the
propofer of it, yet rightly apprchends both that the Hypothefis is plauiible
enough, and that tis propof'd but (as his letter fpeakes) as a projeél or a polfible
way of foluing the phaenomena of Raréfaction without hauing recourfe to the
vnintelligible way of Ariftotle.
Of the two other & more important particulars , that Monfieur Zulychem ob-
jects, the firft you know is that he concernes not eithcr by Linus his hypothefis
or ours there can be a fufficient Reafon rcndrcd , why in the Torricellian Experi-
ment, the finger that flops the orifice of ye tube whcn it has neer 20^ inches of Mer-
cury, fhould lift it vp & ftick foe clofe to it as to need fome force though but a litle
to feuer it from the Orifice. But hère J fi rit take notice that he judicioufly obfer-
ues , that the difficulty to explicate this phaenomenon is as great in our aduerfarys
; ; L'ouvrage cité dans la Lettre N°. 1032 , note 2.
Dans les ouvrages de Boyle, l'auteur en question n'est pas nommé; nous savions seulement
qu'il fui présent a toutes les expériences. Maintenant , par la Lettre N°. 1 057, nous appre-
nons que c'était II. Hooke, assistant île U. Boyle.
CORRESPONDANCE. l6Ô2.
10
hypothefis as in ours. Next \ou may rcmembcr that in my book J inform'd you, that
vpon feuerall tryalls we could not finde the experiment to fucceed, Nor does Mon-
fieur Zulichcm mention it as a thing duly tryed, by him fclf or any of his freinds.
But hovveuer let vs in the third place confider whether the phaenomenon if
granted fometiraes to happen may not be well cnough folued by our hypothefis.
For Monfieur Zulichem as A perion that very well vnderilands it, does himielf
allow that (to vfe his words) the finger being prefi: from abouc (Let me add & la-
terally too) by the weight of ye atmofphere & ye Mercury from beneath , they
ought for this reafon to continue joynd together. Now jn café it happen as it
often does without being heeded , that ye glass being vnequally blown the orifice
contiguous to ye finger be broader then the reft, the atmoiphericall cylinder that
preïïes againll the finger will haue a greater Diameter then ye Mcrcuriall, And
confequently be able to fuftein a greater weight. But fetting afide this café if the
prefiure of ye air can fuftein a cylinder ail of Mercury whofe height is 30 inches,
it may well be conciued to be able, more then barcly to fultain fuch a Cylinder,
in café part of it be not of Mercury, but of a farr less ponderous body of glass
whofe weight by comparing it with exaét fchales we finde to be to that of the water
of the famé bulk as 1 to 2| '). And confequently its weight to that of Mercury is
as 1 to 5£. not now to examine whether & how far the clofe adhefion of the finger
to the tube may be promoted by the fpring of ye pulp , thruft into the deferted
part of the tube, and therc expanding it felf, as J haue often obferued the parts
of liuing créatures to doe in our exhaufted Receiuer.
The Laft thing which Monfieur Zulichem findes a Difficulty in, being the famé
whichhe alfoformerly propofd 8) , is that fhutting vp in the Receiuer a fhort glafs
tube filld with water, and inuerted into a jar containing fome of the famé liquor,
if it were common water it would vpon the exhauftion of the Receiuer fubfide in
the tube or rather be deprelt by the expanlion of the aeriall particles latitant in
the water. But in café the water were before the opération freed from fuch aeriall
particles then noe pumping would make it fubfide. The experiments in tubes of
5 or 6 inches J haue feuerall times made which lefiens not my refentment of Mon-
fieur Zulichem Fauour in imparting it to me. But J confess J am ftill of ye opinion
which you may perchance remember that J propofd fome monthes agoe in our
Afiembly of Grefham Colledge. For Monfieur Zulychem indeed does as he is
wont argue very rationaly, wher he concludes this to be a capitall difficulty. But
his whole reafoning is built vpon fuppofition that the Receiuer is quite void of
air, and that he collects from his not being able to pump out any more. But we
') Lisez: as 2 S- to 1.
8) Consultez la Lettre N°. 963 , et la pièce N°. 1033.
2 20 CORRESPONDANCE. \66l.
niuit confefs that hkherto we haue not been able to bring our engine to that pafïe
as to frce it pcrfectly from air, though we now make vfe of one whofc pump
being vnder water is probably leflè fubjeâ to leake then Monfieur Zulichem's ,
though otherwife J quertion not but vcry exact as can bc. Yct hauing purpofely
made tryalls in Fhort pipes with Quickfiluer in fteed of water, we vnwillingly found,
that if we firlt freed it from air, we could fearce make it fubfidc in the tube foe
low as within hait* an inche or thereabouts of the furface of the externall mer-
cury. Soe that if the pipe had been fillcd with water freed from air, that litle air
chat yet remained in the Receiuer, would haue kept it from deicending, though
the aqueous cylinder had been 7. or 8. inches high. And jn café our care & dili-
gence had been less or our pump had not been placed vnder water to keep it more
ftanch tis vcry likely that there would haue remaind air enough to keep vp a cy-
linder of water of at lealt twice or 3 that length.
Thefe Sir are my prefent thoughts concerning this phaenomenon , which J
offer you with ye less fcruple becaufe they queftion not Monfieur Zulychem's Ra-
tiocination, but only the ftanehness of his pump, And will J prefume appear al-
lowable , til a far more perfect exhauition of the Receiuer can bc cleerly made
ont. Yct J would not byc thefe conjectures diuert cither him or my felf from fur-
ther inquiçys. For though the hypothefis it felf ofye fpring ofye air, be J hope
fufficiently eftabiifht: yct by reafon of the peculiar texture of fome bodys, or fome
vnheeded circumftances there may happen fome odd phaenomenon orother, very
difficult to be accounted for, As J obieruc in the Experiment concerning ye per-
manent expanfion of Spirit of Wine. But my hail forbids me add any more to your
trouble, faue that renew'd requeit that when you write to Monfieur Zulychem
you would allure him of my récemment of the fauour of his letter and efpccially
ofye part of it that conteines his animaduerfions , which comming from fuch a onc
as Ile, cannot be vnwellcome to a perfon who knowes how much fitter for him
'tis to be inftructed , then applauded. And if in this paper you finde your felf any
thing of fcruple, you may command my jndeauours to remoue it at yournext
being waited on by
Sir
Your m oit affeétionate & moft humble feruant
Ko: Boyle.
My hall made me forget to returne my humble thanks to Monfieur Zulychem
for what he ofFers about the experiment to be made at Weftminfter.
CORRESPONDANCE. \66l. 11\
W 1057.
[R. Hooke1)]2) à [R. Boyle] 3).
[juillet 1662] 4).
Appendice II au No. 1055.
La copie se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Sir
The objections of Monfieur I lugens (which you were pleafd to acquaint me
with) as they may be very well made againft my hypothefis , before it be more
fully explicated, then it is in that fhort attempt which J prefum'd to trouble you
with, concerning the raréfaction of the air. Soe J doubt not but vpon a more copions
explication they will very eafily be remou'd, by the ingénions Objector himfelf.
For my firil hypothefis (in which it is the difficulty lyes) being Epicurean ,
fuppofes firft an internall motion in the particles of bodyes efpecially of fuch
as are fluid (a principle generally granted by that fect) which therefore thoijgh it
may be retarded by the occurfion of other bodys , either contrarily moued or at
reft, yet thofe impediments are noe fooner remou'd, then the freed particles begin
again their naturall and congenite motion , which in the particles of the air is hère
fuppof'd circulai-, Next the parts them felues being fuppofd much of the fhape of
a watch-fpring, or coyle of wire, And to haue a circular motion, like that of ye
meridian of a Globe vpon it's pôles doe thereby become potentiall fphaeres or glo-
bules (if I may foe fpeake) that is, they défend a fphaeïicall fpace from being en-
tred into by any other of the like globules, vnless they be thruft on with a fuffi-
cient ftrengh. By which meanes the coyled particles when by externall prefTure
they are driuen into lefTe room doe not loofe their naturall circular motion , and
confequently not their power of maintaining a globular fpace , though now in-
deed made less & much contracled. That is, both the one and the other haue al-
moft the famé propenfion or aptitude to flide by each other without fticking, as
') Robert Hooke, fils d'un ministre anglican, naquit le 16 juillet 1635 à Freshwater(Wight)et
mourut le 3 mars 1703 à Londres. D'abord écolier-servant dans le collège de Christ-Chnrch
à Oxford, il devint assistant de Boyle, et ensuite se distingua par quantité d'inventions, sou-
vent de priorité douteuse. Bossu et de constitution débile, il était irascible et envieux et sou-
tenait souvent que les inventions de ses contemporains étaient des plagiats des siennes. Nous
en rencontrerons des exemples dans la suite de cette correspondance.
2) Nous ne savions pas qui était l'auteur de cette lettre non signée (Consultez la note 6 delà
Lettre N°. 1 056). M. Rix , de la Société Royale de Londres , a eu l'obligeance d'en détermi-
ner l'auteur, au moyen de l'écriture.
3) On lit r. la marge de la lettre, écrit de la main de R. Moray: „Cette lettre s'adrefîe a
Monfieur Boyle.1'
4) Consultez la Lettre N°. 1055.
CORRESPONDANCE. \66l.
by rcafon of thcir internall motion rhey are noe ways fitt, whilft that romaines,
to compofe a folid body.
Soe that vvhether we confider them as crowded together by fome externall pref-
l'ure (in which itatc each particle hauing lels room to perform its circular mo-
tion in, will confequently maintain a leis fphaere) or expanded by being left
more at their liberty, they may ftill be fuppofd potentiall Sphaeres or Globuls,
now fmaller & more mafîy, and confequently more difficult to be remou'd,
and ibe compofing a more fluggifh or rctarding médium , fuch as we find compreft
air to be by its hindring not only the motion of light defeending bodys , but euen
that of light as appeares by its greater réfraction , fuch are water and other liquors
which in this hypothefis are fuppof'd to conflit of the famé kind of Particles
though fpecificated by fome other proprietys, not neceffary hère to be mentiond;
whereas at other times thefe potentiall globules when bigger are confequently more
Ipongy (if J may foe fpeak) and foe compofe a fluid body that does more readily
yeald to the tranfeurfion of the rayes of light, or to the vibrations of a Pendulum
made with wooll or feathers. Ikit though the compofd body be fometimes more
dons tit other times more rare yet may it as properly be call'd a fluid body then
as now. As quickfiluer is as properly termed a fluid body as air it felf.
This is in fhort Sir what J haue to reply to the jngenious fcruples of Monfieur
Zulichem jn defenfe J fay not of my opinion, but hypothefis, whofe Principles
I doe not hère vndertake to vindicate, but only that thofe being granted, J fup-
pofe non only ail thofe which Francilcus Linus has initanced in, But euen ail the
phaenomena of raréfaction may be at leait as well, if not more intelligibly expli-
cated then by that of Ariitotle. Whofe hypothefis that newly mention'd authour
foe far maintaining, as not only to aflèrt it the moit probable, but to brand ail
other with impoffibility, J was 5) a litle tranfported with zcale for the honour of
fome moderne Philofophers as well as of fome that praeceded Ariitotle (And Par-
ticularly becaufe he had oppof'd it to your Doctrine of ye Spring of the air, foe
lirmly founded on thofe mimerons experiments & reafons which you had allcdg'd
for it. And that without bringing any coniîderable either reafon or Experiment
againfl it). And at fome leafure howres drew vp 6k prefented to you the fum of
my thoughts on yt particular. Which fince they haue pafit your feuere ferutiny ,
and that you were pleaf'd to honor foc far as to publifh with fome of your owne,
I think my felf now obleig'd to vindicate, at lealt by a further explication of it as
co the refoluing the Doubts of that Noble Virtuofo. Which is the occafion of the
trouble that is at prefent giuen you by
Si h
Your Honors moft obleig'd & moft humble feruant
s) Ici le papier esl déchiré.
CORRESPONDANCE. \66l. 223
N= 1058.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
7 SEPTEMBRE 1662.
La /dire ci la copit se trouvent à Leiden, cuil. Huygens.
le 7 Septembre 1662.
Je receus avant hier feulement cette refponfe T) a mes objections -) de Mon-
fieur Boile, de la quelle Monfieur Thevenot a eu avis 3), et Monfieur Moray qui
me l'envoie 4) dit que la caufe de ce retardement eft parce qu'elle a couru par
les mains des uns et des autres. C'eft une lettre afîez longue et fort civile en ce
qui me regarde, mais je ne trouue pas qu'elle fatifface aux doutes que j'avois
propofez, de forte qu'il faudra encore répliquer, quoyque le fujecl foit de peu
d'importance. S'il n'eitoit pas ainfi , et que la lettre fut en François ou en Latin
je vous l'envoierois a fin de la communiquer a Monfieur Thevenot &c. Je pour-
rois aufli vous faire part de ce que j'ay envoie 5) au libraire 6) de Monfieur Hob-
bes, eftant une cenfure ou réfutation de fa quadrature du Cercle et duplication
du Cube qu'il a fait imprimer dernièrement avec les Problemata Phyfica, mais
je doute fort fi perfonne a Paris a connoiflance du dit livre. C'eft a la prière de
Monfieur Moray et a celle de l'autheur mefmc que j'en ay eferit mon fentiment,
lequel autheur promet publiquement a la fin du dit ouurage qu'il fe taira doré-
navant en cas que les géomètres condamnent les inventions, qui en effecl: ne font
que des paralogi fines ridicules.
J'ay communiqué vos nouvelles d'ertat à Monfieur van Leeuwen comme nous
eftions hier enfemble à Hofwijck. Il trouva ainfi que moy que ce premier mi-
ni lire r) en Efpagne, s'il eft vray qu'il auroit dit ce que vous me mandez, n'a
pas elle bien avifè. Pour la nouvelle de Rome '!), je voy que le gazettier d'au-
') Voir l'Appendice N°. 1056.
;) Consultez la Lettre N°. 1032.
') Consultez la Lettre N°. 1 05 1 .
4) Voir la Lettre N°. 1055.
5) Voir l'Appendice N°. 104-.
6) Voir la Lettre N°. 1047, note 2.
") Don de Médina de las Torres avait alors la direction des affaires étrangères.
8) Une insulte faite au consulat français à Rome, par les Birrhi et Corsi de la garde pontificale,
à l'occasion de la conduite hautaine du duc de Créqui de Blanchefort; à la suite de cette
insulte, qui faillit coûter la vie à l'ambassadeur, le Pape lut contraint par Louis XIV de se
soumettre à diverses conditions humiliantes.
224 CORRESPONDANCE. 1662.
jourdhuy y adjoulle que Monfieur le Nonce y) voftre voilîn auroit receu com-
mandement du Roy de forcir du Royaume.
je luis bien aife qu'enfin Mon Père eft fatiffait de Madame Amat IO). Eft il vray
que la chambre de juftice en veut a elle? Don Sebaitian ") a toujours foutenu
qu'elle n'avoit rien a craindre de ce colle la.
le frère de Zeelhem I2) avec le Sieur de Moggerfhill I3) partirent avant hier
pour Amiterdam , ou l'on tient un encan célèbre de defleins et tailles douces. Ils
faifoient eftat d'eftre de retour ce foir, non pas fans avoir fait quelque emplette.
Mon Père délire d'avoir une lunette plus grande que celle que mon frère luy a
faite I4), la quelle féconde , lors qu'elle fera venue , vous aurez l'autre fi vous vou-
lez, car d'en faire prefent a quelqu'autre il n'a garde, a caufe du fecret de l'in-
vention. Que s'il en arrive autrement, je verray ce que je feray pour vous. Il me
tarde d'apprendre ce qui fe fera pafTè chez Monfieur Petit au jour de l'eflay gêne-
rai et quelques particularitez touchant les lunettes du Gafcon IS), etauflide fa
perfonne.
Je ne vous dis rien de la mort du Capitaine Doublet Irt) ni de celle de Madame
Schilders I7) , parce que ma foeur ou d'autres vous informent de tels accidents.
y) Le nonce papal était de Bourletnont, Auditeur de la Rote, tribunal ecclésiastique à Rome.
IO) Il s'agit probablement de la mère de Vincenzo Amato (voir la Lettre N°. 996, note 3).
") Sébastian Chieze.
I2) Constantyn Huygens.
' Philips Doublet, le fils.
I4) Consultez la Lettre N°. 1066.
s) Jean d'Espagnet était né à Bordeaux (voir la lettre N°. 101 1, note 2). Consultez la Lettre
N°. 1054.
"5) Adriaan Doublet naquit le 1 y lévrier 1 598 et mourut en août [662. Il était capitaine et
épousa Maria Bruynincx , dont il eut - enfants.
17 ) Johanna Elisabeth Cobbault, fille d'Arnoult Cobbault et d'Anna van Valckenburg, par cou
équent la nièce du grand-pensionnaire Jacob Cats, naquit en r588; elle épousa en 1607
Pierre de Schilder, conseiller à la cour de Brabant à la Haye: elle mourut à la lin
d'août [662.
CORRESPONDANCE. 1662.
2 2 ■
N" 1059.
R. F. de Sluse à [Christiaan Huygens].
8 SEPTEMBRE \66l.
La lettre se trouve a Leiden, coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le No. 1065.
Nobiliffime Domine
Librum1), de qno me monueras2)", ab aliquot diebus accepi, et continua le&ione,
vt ita dicam , deuorauj. Gratias igitur ago pro indicina, eo ampliores, quo maio-
rem,quam fperaueram, voluptatem ex eo fum confecutus. Au&orem3) enim agnouj
doftum , accuratum , et, quod de Hipparcho Ptolemaeus , (ptÀoTrovov km) (piAuAyÛy.
Machinam vero illius ingeniofam , fed quant ni fallor induftria tua aptiorem red-
des. Cum efTem Romae et iepiufcule de rébus Mathematicis, Phyficis, Anatb-
micis, vt fit, cum Clarifïimis Viris Riccio4), Maggiotto 5) et Trullio6), colloquia
mifcerem, incidit nobis cogitatio occafione phaenomeni Torricellianj , expe-
riendj , num in illo , vti apparet , vacuo , animal aliquod moueri ac viuere pofTet.
Sed nihil nobis fucceflit, cum ea quae tubis inclufimus , Mercurij pondère elifa
prius expirarint, quam quidquam obferuare licuerit. Cum vero Maggiottus
0 [Aay.upirviç in eà efiet iententia, quae aerem foni vehiculum ac médium efle tuetur
(quidquid tandem ille lit) nec Kircherj cxperimento fidem haberet, vt rem accu-
ratius examinaremus, in tubo vitreo, in cuius extremitate bulla lacis ampla et aperta
erat, nolam inclufimus duos trefue digitos latam et valde fonoram, obftrucloque ,
quanta fieri potuit diligentiâ fuperiori , cui anneétebatur foramine , tubum hydrar-
gyro impleuimus. ac, vt experimcntum exigit , non fine labore propter Mercurij
pondus depleuimus. Stetit ille in altitudine confuetâ, concufïb vero tubo tam de-
bilis e nolâ fonus auditus cft, vt incertos nos dimiferit an non ex ipfius tubi tre-
') Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 873 , note 4.
2) Dans une lettre que nous ne possédons pas , et à laquelle de Sluse avait répondu par la Lettre
N°. 1049.
5) R. Boyle.
4) Voir la Lettre N°. 402 , note 3.
5) Voir la Lettre N°. 397 , note 3.
6j II y avait à Rome trois médecins et chirurgiens de ce nom :
a") Giovanni Trulli, l'ancien, né en 1595 et mort à Rome en 1661. Il était le chirurgien
ordinaire d'Urbano VIII et d'Alessandro VIL
li) Stephano Trulli, né en 1603 et mort en 1680. Il était le frère du précédent et le chirur-
gien d'Alessandro VII et de Clémente IX.
c) Giovanni Trulli, le jeune, fils du précédent, demeurait à Rome, où il vivait encore
en 1692.
Œuvres. T. IV. 29 -
12.6 CORRESPONDANCE. l66l.
more orirecur, a nolà fcilicet, cui vt dixi, arfte colligabatur , imprefTo. Nofti
enim in longiffima etiam trabe, fi vna fui extremitate pulfetur, fonum ad alteram
ratione continuitatis partium fubito deferri.
Aeris elaterem dudum varijs experimentis edoctus eram, fed illo maxime Rober-
uallij quod in Pecqueti") anatomicis8) editum eft. Nam Gaiïendj rationibus acqui-
efcere nunquam potuj , qui veficae fibras ad ftatum naturalem redeuntes hic caufTa-
tur. Ilinc etiam non minimam refpirationis cauflam petendam arbitratus fum, et
eur adco necefTaria fit in lucem editis, iramo et in vtero conclufis fi Hippocrati et
Democrito fides, quorum fententiam (faltem quoad foetus per os nutritionem)
nuper renouauit9) Courueus10) Régis Poloniae Medicus. Jnhistenebris lucem ex-
peéto a tuis experimentis quibus etiam illuitratum iri confido , quantum aer efflu-
uia ") Sanc/torij I2) promoueat vel retardet, et an non ex horum fuppreflionc vel
eruptione fubitâ, mors animalium recipiente incluforum oriatur. aliquid certe in
luminis inclufi extinclione àva.Xoyov videre videor, quod tu accuratius obferuabis.
Sunt et alia circa chymicorum operationes non contemnenda, vtquid ad fermen-
tationem vel praecipitationem, quam vocant, aer conférât, et an ille mifceatur ijs
falibus (tartari exempli gratia) ex quibus olea per deliquium fiunt, quae pondère
duplo, triplo et amplius. augeri folent : et quid tandem fit occultus ille vitae cibus
quem in acre latere fcribit I3) KO<r[A07roAiT>iç ille Sendiuogius M). Jnfuper quid
plantarum vegetationj aer conducat : cum enim femina, puta nalturtij aut laclucae,
7) Jean Pecquet naquit à Dieppe en 1622 et mourut à Paris en février 1674. Il était médecin,
découvrit les vaisseaux lactés et fut membre de l'Académie des Sciences.
8) Joannis Pecqveti Diepaei Expérimenta Nova Anatomica; qvibvs incognitvm haéteuvs Chyli
Receptaculum, & ab eo per Thoracem in ramos ufque fubclavios Vafa Ladea deteguntur.
Eiufdem Dillértatio Anatomica de circulatione Sangvinis, et Chyli Motu. Acccdunt Cla-
villîmorum Virorum père levantes ad Authorem Epiltolae. Parifiis. Apud Sebaltianum
Cramoify, Régis & Reginae Regentis Architypographum, et Gabrielum Cramoify. Via
jacobaeâ, fub Ciconiis. m.dci.i. Cvm Privilegio Régis.
Consulte/,, dans cet ouvrage, la page 50.
y) J. C. Courveus. De Nutritione Foetus in utero Paradoxa. Dantifci. 1655. in-40.
10) Jean Claude de la Courvée naquit vers 161 5 à Vesoul (Franche Comté) et mourut en
Pologne en 1664. Après avoir fait ses études à Paris, il lit une guerre acharnée à la pratique
des saignées. Vers 1650, la reine de Pologne le nomma son médecin ordinaire.
Consulte/, l'ouvrage décrit dans la Lettre I\'°. 673*, note 9.
I2) Sur Santorio Santorio voir la Lettre N°. 673'', note 9.
Dans un ouvrage dont nous connaissons l'édition postérieure:
Cofmopolitae [Sendivogii] novum lumen chemicum in XII Tractatus divifum cum Ano-
nymi novo lumine auclo & Orthelii Commentario. Lipliae. ]6Sc. in-8°.
Vlichael Sensopbax (Sendivog), lils de Jacob Sendimir, naquit en 1566 à Sandez (Cracovie)
et mourut à Gravai/, en 1646. D'abord théologien, il devint ensuite alchimiste de grand
'ii; l'empereur Rudolf II le nomma conseiller, et le duc Friedrich von Wurtemberg
faisait grand cas de lui.
CORRESPONDANCE. 1662.
227
ita macerarj fpiritu vini aut alio liquorc poflint vt terrae mandata pauco tempore
crumpant , poiïet in experimentum deducj , an in illo recipientis vacuo idem effec-
CUS fequeretur. Sed hornm iam aÀig : fupereft tantum vt hanc ccTrspavTOÀoyiuv
excufem, quam a me viri nobiliffimi expérimenta, et fpes qnam de tuis concepi
maximam, exprelîerunt. Vnum tamen adhuc addo, monitum cffe me feptimanâ
proxime elapia a Clariffimo Riccio, Academicos Florentinos iam efTe in pro-
cinftu, vt expérimenta phyfica edant in lucem IS), quae Sereniffimi Principis
Leopoldi aufpicijs, his vltimis annis fecerunt. Sed hoc fortaffis ab illis iam ac-
cepirti. Vale igitur Vir Clariffime meqne amare perge. Dabam Leodij viij Sep-
tembris mdclxii.
Tui Obferuantiflimus
Renatus Franciscus Slusius.
N° 1060.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
14 septembre 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
A la Haye le 14 Septembre 1662.
Je m'eftonne fort de ce que parmy tant de bons faifeurs de verres perfonne
ne feait trouuer le moyen de conftruire un tuyau qui foit droit et ferme. En An-
gleterre ils en avoient un de 35 pieds et qui fervoit aufll a toutes les longueurs
moindres, qui cftoit fait de 4 ais, et un 5c attaché a celuy de deflous par le coftè
a fin d'empefeher que le tuyau ne pliait. Celuy de defius le pouuoit ouurir, et par
là on y mettoit les verres a telles diftances qu'on vouloit. Il eil vray que ce tuyau
pefoit beaucoup et que pour le haufler le long du maft il y faloit plus d'un homme ,
ou bien un rouleau avec une croix de bois, mais pour les telefcopes de fi grande
longueur, je ne fâche point de moyen plus fimple; li ce n'eit que peut élire l'on
pouroit ofter les 3 codez du tuyau, en biffant feulement celuy d'en bas fur le
quel on placerait a diftances égales les planches qui dans le tuyau fervent de fe-
I5) Voir l'ouvrage cité dans là Lettre N°. 1000, note 5.
228 CORRESPONDANCE. \66l.
paradons ou diaphragmes , et près de l'oeil un bout de tuyau , pour contenir les
verres oculaires , a peu près comme vous voyez dans le biliet icy joint ').
Vous pouvez propofer a Monfieur Petit ou Auzout d'en faire fabriquer un de
cette manière, et qu'ils n'ayent pas peur de la lumière qui vient de cofté. car
pourvu que les planches percées foient bien noircies, elle ne fera point de mal,
et puis c'eft de nuict qu'on obferve. Je ne m'amuferois pas a tout cecy fi je n'avois
trefgrande envie qu'ils fi fient eïïay de leur verres, et principalement de ceux de
Monfieur d'Efpagnette -). Cependant je puis bien veoir par la grandeur de l'ou-
verture , qui furpafié de fort peu celle de mes grands verres que l'effet aufii n'en
fcauroit eftre guère meilleur.
Je donnerais bien quelque chofe de pouuoir encore regarder Saturne en ce temps
icy , mais les grands arbres et maifons voifines m'en empefchent il y a longtemps.
Je vous remercie de la relation de voftre chenille qui mérite d'eftre adjouftée
dans le livre de ces Metamorphofes 3) , fi elle n'y cil pas, a caufe de la ceinture,
et de la beauté de fes aides. Je ne fcay pourquoy le Sieur Ovide 4) donne aux pa-
pillons qui font fi jolis, l'epithete de feralis.
Agreftes tineae , (res obfervata colonis)
Ferali mutant cum papilione figuram.
fans que Heinfius allègue le moindre doute fur cette leclion.
L'eftat du marquis de Chambonniere 5_) me ferait pitié s'il n'avoit pas fait fi fort
l'entendu auparavant. La dernière fois que je le vis , il vouloir, encore me faire
accroire qu'il ne jouoit plus du clavecin et le voila miferablc maintenant s'il ne
fcavoit pas ce meftier. Je croy que pour avoir de l'employ a Amfterdam il faudra
bien qu'il s'humanife jufqu'a une piftole par mois, et encore ne fcay je s'il y trou-
ucra ce nombre d'efcoliers que vous dites.
Je n'ay pas encore poli la pièce de miroir qui eftoit dans voftre lettre, mais je
juge a voir les collez que l'eftorFc en cft bonne. Le frère de Zeelhcm s) eftoit
marry que vous n'enfilez pas envoyé l'autre morceau aufil , mais c'eufit eftè en faire
payer de porto fois ce qu'il vaut. Le Sieur du Portail ") devrait pluitoft vous en
donner de plus déliez, car je croy qu'il en a de tout un miroir ca(TéR). Les 3 verres
Nous n'avons pas retrouvé cette pièce.
'-) Consultez la Lettre N°. 1058.
3) Consultez l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 1054, note 10.
4) Dans les Metamorphoseon Lib. XV. vers. 374, 375.
Sur André Champion de Chambonniere voir la Lettre N°. 230, note 7. Mécontent de sa
position a la cour de Louis XIV, il cherchait , déjà depuis 1 655 , à en obtenir, par rentre-
mise de Constat! tyn Huygens , père, une meilleure a l'étranger.
( lonstantyn Huygens.
C'esi ainsi que I luygens désigne Pierre Petit.
Consultez les Lettres N"\ 1045 et 1051.
CORRESPONDANCE. \66l. <11<)
pour la lunette de Mon Père feront faits ce foir , et le tuyau demain. Pour la luy
faire tenir je ne voy point d'autre moyen que de l'enfermer dans une caïïette de
bois , et de l'envoyer par Bruxelles.
Apres qu'on a cefTè de parler du mariage de la Confine Huygens v ) pendant
quelques fepmaines j'y vois de nouveau grande apparence , y ayant rencontre hier
le galant , et les avis venus d'ailleurs confirmants la chofe de plus en plus. Il y ar-
riva auffi hier un galant nouveau pour la Confine Conftantia lc). mais il feroit fu-
perflu que je vous en fiiïe la defcription puis que le beaufrere IJ) n'oubliera pas
de vous en entretenir.
N°= 1061.
Constantyn Huygens, frère, à Lodewijk Huygens.
14 SEPTEMBRE 1662.
La lettre se trouve à Lelden , coll. Huygens.
A la Haye, le 14 Septembre 1662.
Je vous remercie bien fort des morceaux de miroir que vous m'auez procurés,
mais le malheur a voulu que l'un des deux s'ell rompu entre mes mains en le vou-
lant arrondir.
J'ay elle à Amfterdam trois ou quatre jours durant le temps que s'y faifoyent
les nopees ') de Honniwood -) auec Mademoifelle Vloofwyc 3), ou il y a eu une
grande foule de gens. Apres la féconde nuiét piufjeurs de la compagnie firent par-
tie pour aller a la Comédie. Lc jeune Bartolotti 4) entre autres y auoit fait mettre
y) Martha Maria Huygens. Voir la Lettre N°. 744, note 10.
IO) Sur Constantia Leu de Wilhem , voir la Lettre N°. 196, note 10.
:I) Philips Doublet, fils.
') Ces noces eurent lieu le 5 septembre 1662.
2) Robbert Honnywood naquit à Londres. En 1663 il était capitaine dans l'année des Provin-
ces-Unies: Pieter de Groot, fils de Hugo de Groot, fut son témoin.
3J Margaretha van Vlooswijk, fille du bourgmestre d'Amsterdam Comelis van Vlooswijk et
d'Anna van H oorn, naquit à Amsterdam en 1647.
4) Sur Willem Bartelotti voir la Lettre N°. 829, note 5.
230 CORRESPONDANCE. 1662.
des couffins pour fa belle, et en y arriuanr. trouva que Brader5) s'en eftoit rendu le
maiftre, dequoy citant fafché il le tira trois quatre fois par le manteau et le voulut
obliger à fe lever. Au lieu de le faire l'autre luy donna un bon foufflet et s'eftant
collettes les deux peruques volèrent parmy la compagnie , et la pauvre Mademoi-
felle Bartolotti récent un coup de pied de fon frère qui luy caufa une défaillance.
Pour la faire revenir on porta une grande bouteille de frontignan la quelle luy
axant fervy de médecine elle fervit a refjouir le refte de la compagnie et le lende-
main on travailla a raccommoder les efprits. Bartolotti efl: maintenant icy, il porte
un pourtrait de fa dame de Paris fur fa peau nue, et l'ayant fait voir auffi tort il en
envoyé quérir trois autres dont il dit auoir conquefté les originaulx en des divers
lieux de l'Efpagne, mais d'autres difent que touts ont elle faits à Anvers n'y
ayant point de peintres en Efpagne. Mademoifelle de Warnout 6) fe porte fort
mal et pourroit bien parler le pas. fon accident luy caufe de grades fiebvres et le
petit médecin Allemand defefpere de fa fanté.
Mademoifelle Percheval :) auffi le meurt et ne fcauroit durer que peu de jours.
Madame de Kerniiïe 8) efr. auec fon mary y) à Oollerhout IO) pour y faire guérir
l'on nez ou elle a auffi une fafcheufe incommodité. On dit pour certain que le
mariage de l'amie fe fait , encore qu'elle le nie encore.
Pour mon frère Louis.
Tlieodoor Brasser (voir la Lettre N°. 829, note 5), était capitaine dans l'année des Provin-
ces-Unies et fut envoyé comme ambassadeur extraordinaire en Angleterre. Il épousa en 1667.
Geertruyd Hooft, fille du bourgmestre d'Amsterdam Hendrik Hooft et d'Agatha Ilan-
-elaer.
| Chr. Huygens désigne probablement Jeanne van Aerssen, fille ainée de Cornelis van
Aerssen , seigneur de Wernliout, et de Johanna Cats. Voir la Lettre N°. 829, note4 9.
Maria Percheval ne fut enterrée que le 21 juin 1666.
Elisabeth Cats, dame de Comesse, fille du poète Jacob Cats. Voir la Lettre N°. 808, note 1.
Ce mari est Dirk Pairw , lils de Reinier Pauw, président du grand-conseil de Hollande, et de
Clara Alcwijn; il naquit a Amsterdam le 30 juin 1618 et mourut à la Haye vers la lin d'oc-
tobre ]6"88. 11 était Meestcrknaap de Hollande et Dijkgraaf de Dellland. En 1641 il épousa
Alida van Vaerlaer (qui mourut en 1647) et en 1652 Elisabeth Cats.
A < ><■ terllOUt demeurait alors un charlatan de grand renom.
CORRESPONDANCE. \66l.
231
N= 1062.
Ism. Boulliau à Christiaan Huygens.
15 SEPTEMBRE \66l.
La lettre se trouve à Leitlen, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1050.
A Paris le 15e Septembre 1662.
Monsieur
J'ay laifle paffer quelques ordinaires fans me donner l'honneur de vous efcrire
et de ') vous donner aduis de la réception de la voftre du 24e du paflë. Je fuis heu-
reux ') que vous vouliez prendre la peine de lire mon petit traicté de Natura lucis-)
vous m'obligerez de me dire voftre aduis. car encores que j'aye cfté affez hardi
fur *) la lumière , je ne voudrois pas prétendre que les penfees des autres n'enflent
aufli x) leur vrayfemblance; pource qu'en matière d'explication de l'eflence des
chofes T) naturelles, c'eft auec vn bonheur extraordinaire fi nous touchons au
point, & ') encores plus grand, fi nous eftions afleurez d'auoir frappé ce but. Si
j'auois aufïï :) clairement demonftré mon opinion, comme j'ay bien combattu
les Peripateticiens 3) dans leur ]) Coryphée je croirois auoir faicl tout ce qu'il y
a a faire.
Je fuis bien aife que vous ayez veu la nouuelle eftoile au col de la Baleine qui J)
diminue notablement depuis 3. femaines , elle eftoit il y a deux jours de la ... ')
grandeur; & auec vnc bonne lunette je remarquay fes fcintillations comme un
grand ') feu qui vers fa fin s'efteint et fe rallume; c'eft vn fpeétacle a faire defef-
perer Ariftote & fes difciples, & a bien donner de la peine a ceux qui veulent
rechercher la vérité de chofes dans les obferuations & expériences. Les temps de
fes apparitions ne fe font pas dans les mefmes mois, il y a vn an qu'au temps
ou nous fommes elle paroifîbit plus grande , & je croy qu'a la fin de ce mois a
peine la vcra-t-on.
J'ay obferué le 1 2 & 1 3 de ce mois le partage de fc auprès de la plus Boréale du
front du iri 4) les Tables Aftronomiques pour les mouuemens de "fc ont befoin de-
grande correction, qui fera plus difficile a trouucr que l'on ne s'imagine. Les
J) Ces mots sont illisibles, à cause d'une grande tache d'encre étendue tout le long de la lettre.
2) Ouvrage cité dans la Lettre N°. 1040, note 1.
3) Dans son ouvrage Boulliau a surtout en vue:
Tommaso Giannini, né en 1548 à Ferrare, où il mourut en 1630. Créé docteur en philoso-
phie et en médecine à l'âge de i 7 ans, à Ferrare, il y fut nommé professeur de philosophie.
L'ouvrage en question porte le titre:
Difputationes peripateticae de Lumine; de Speciebus intentionalibus, de mentis hmnanae
llatu poli Hominis obitum, ubi etiam de ideis & daemonibus difputatur. Pataviae 1618. in-40.
4) C'est l'étoile (i du Scorpion.
CORRESPONDANCE. 1662.
miennes Philolaiques 5) conuiennent dans lu Latitude mais en longitude elles ex-
cédent le ciel de 17 • le 12 fr eltoit efloigné de l'ertoile denuiron 3^' le 13 de 2^',
& la longitude ne differoit de celle de l'eiloile qu'enuiron vne minute & fo eiloit
plus auant en Longitude que l'elloille d'vne minute entière.
J'ay parlé a Madame deThou del'Horologe, elle m'a commandé de vous prier
de fa part que vous la fifiiez faire & que vous renuoyafliez incontinent après , &
elle donnera ordre pour le payement. Il faut qu'elle foit fonnante & a poids.
Je vous enuoyeray rt) dans quelques femaines la figure d'un météore, qui a paru
a Grenade en Efpagne le 1. jour de Juin dernier. C'eft vu double halo autour de la
Lune auec des raions croifez paffant fur le corps de la Lune, fi l'obferuation auoit
efic bien faicle il fe trouueroit qu'il y a quelque analogie de ce météore au para-
fclene obfcrué par Monfieur Ileuelius, Mais ces Grenadins ont les yeux faits a
palier cela pour milagro , & l'on a enuoyé d'Efpagne la figure du genethliaque de
ce météore.
Je falue Monfieur Voflius & tous nos amis. Je fuis
Monsieur
Yoftre trefhumble et trefobcilTant ieruiteur
I. Boulliau.
Hier comme j'ay appris Monfieur d'Efpagnet ~) deuoit eflayer 8) vne Lunette
de 34. pieds en regardant fc. Paris eft fi grand & les quartiers fi efioignez, qu'il n'y
a pas moyen que je me tranfporte fi loing, & mefme de nuict.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zuliciiem
A la Haye. .
Vf a la courtoifie de
Monsieur Bernharth '0-
Son „Astronomia Philolaica" est citée dans la Lettre N°. 156, note 7.
r'-j Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Ism. Boulllau a C'hristiaan Huygens.
7 ) V air la Lettre N°. 1011, note 2.
- Consultez la Lettre N°. 1063.
l'eut -être s'agit-il de
Christoph Bernhard, né à Hambourg en 1627 et mort à Dresde le 14 novembre 169;.
Musicien, il devint le disciple de 1 Ieinricli SchiitZ à Dresde et fut protège par l'Electeur
Johann Georg I. Il fut obligé plusieurs fois de faire des voyages pour compléter sa cha-
pelle allemande, ce qui lui était rendu difficile par 1 influence de quelques italiens a la cour.
De 1664 jusqu'en 1674 il fut directeur de la musique a Hambourg, et revint alors a Dresde
sur l'appel de l'Electeur.
CORRESPONDANCE. 1662. 233
N°= 1063.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
2 1 SEPTEMBRE 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
A la Haye le 21 feptembre 1662.
Il faut fort peu de chofe pour embarafler vos Meilleurs les obfervateurs. Si
Fouuerture qu'ils avoient donne au verre eftoit trop grande, il eftoit bien aifè d'y
en mettre une autre plus petite, fans le différer au lendemain. Vous ne me dites
pas ce que vous avez vu de Saturne, ou fi vous ne l'avez point vu du tout, et il
femble mefme que vous n'y ferez pas prefent au troifieme efîay, et que par confe-
quent je n'en auray pas une relation bien exacte. Je veux croire que c'elt faute
de loifir.
La lettre ') de Monfieur de Montmor me fut rendue hier par Monlîeur de
Chefnelong 2) qui eltoit accompagné d'un autre honnelle homme venu de Paris
avec luy. Elle efr. extrêmement civile.
Je ne feaurois encore vous envoier la lettre de Monfieur Boile ■>), parce que
je n'y ay pas refpondu, le remettant jufqu'a ce que j'en aye conféré avec Mei-
lleurs Moray et Brouncker que j'attens icy 4) tous les jours. Je ne feauois pas,
que Monfieur Thevenot entendoit la langue Angloife, et encore beaucoup moins
qu'il faifoit imprimer un livre 5). Je fouhaitc fort de feavoir' quel en eft le
fujeft.
Je ne voy pas, dans l'affaire rt) de Monfieur de Crequi 7), fur quel prétexte
l'on pouroit s'attaquer au Pape, puis qu'il defavoue et condamne le procède
des Codes, et qu'il offre toute forte de fati {'faction. Vous verrez que la choiera
francefe paffera bientoil, et je penié que la patrie de Don Scbaftian ;;) eft fort en
feuretè. Le frère de Zeelhem y) récent hier une lettre de luy de Thurnhout,
') Voir la Lettre N°. 1053.
:) Sur M. de Chesnelong voir la Lettre N° 1053, note 1.
3) Voir la Lettre N°. 1056.
4) Consultez les Lettres Nos. 1 034 et 1 055.
5) L'ouvrage est cité dans la note 5 de la Lettre N°. 1025.
tf) Voir la Lettre N°. 1058, note 8.
r) Charles II, duc de Créqui de Blanchefort, naquit vers 1623 et mourut le 13 février 1687.
Militaire et diplomate, connu pour son arrogance, il devint lieutenant-général, premier
gentilhomme de la chambre du roi Louis XIV, dont il était un favori, et gouverneur de
Paris; en 1662 il était ambassadeur à Rome où, étant fort haï, il faillit être assassiné.
R) Sébastian Chieze, qui était né dans le Nord de l'Italie. (Consultez la Lettre N°. 106- .
y) Constantyn Huygens.
Œuvres. T. IV. -:o .
2^4 CORRESPONDANCE. 1662.
d'où il alloit partir pour Anvers, ou Monfieur le Conte de Dona IO) l'eit allé
joindre, citant parti d'icy cette nuict. Et bientoit vous les verrez a Paris. J'en-
voie par le valet de chambre du dit Seigneur Comte la nouuelle Lunette pour
Mon Père et Chieze s'eft charge de l'autre , de forte qu'elles arriveront en mefme
temps, et ainfi le dan is dan !I) n'eft pas fort éloigne.
Je ne fcay pas fi j'auray du temps pour eferire a Mon Perc parce que M011-
fieur de Wit I2) m'envoye dire fi je veux voir anatomifer un chien par le Sieur de
Bils I3), a quoy je ne dois pas manquer.
Avant hier Le Electeur de Cologne I4) fut icy pour vcoir mes Expériences du
vuide , dont il fut fort fatiffait.
N= 1064.
P. Petit à Christiaan Huvgens.
22 SEPTEMBRE \66l.
La lettre se trouve à Le'iden , coll. Iltirçens.
A Paris Le 22 Septembre 1662.
Monsieur &c.
jay lhonncur de voir fi fouuent Meilleurs voftre Pcre & frere ') & de parler de
nous quil me femblc que cela me doit difpenfer de vous eferire. Neantmoins comme
10) Sur Friedrich von Dhona voir la lettre N°. 812, note 20.
) Cette locution (traduite littéralement: alors cil alors) sert a indiquer un avenir incertain.
- Le raadpensionaris Johan de Witt (voir la Lettre N°. 234, note 6;, qui cultivait les scien-
ces mathématiques et physiques.
Voir sur Lodewijk de Bils la Lettre N°. 883, note 3.
14) Maximilian lleinrich, lils du duc de Bavière Albrecht \'l et de Mechthilda von Leuchten-
berg, naquit le 6 octobre 1621 et mourut à Cologne le 5 juin 1688. En 1650 il devint
électeur de Cologne et archevêque de Liège et de Ilildesheim. Allié avec Louis XIV, il
combattit en 1672 les Provinces-Unies; c'était un alchimiste zélé.
Petit désigne Lodewijk HuygeiîS.
CORRESPONDANCE. \66l.
2 35
je luis fur le point de faire vn voyage pour cnuiron deux Moys je ne puis partir fans
Receuoir vos Commendemens & vous faire part de ce que nous auons fait & veu
touchant les lunettes. Je vous diray donc qucn ayants de plufieurs longeurs & bon-
tez comme de 25 , 30 & 32 pieds nous les auons auec allez de peyne dirigées , non
pas tant par la faute & difficulté des Machines comme par la noftre propre qui ne
commencions jamais dallez bonne heure a nous adjufter & qui eftions furpris par le
temps, au lieu quil falloit nous préparer de jour, & de plus nous auions fi grande
quantité de verres que celtoit plultolt des effays que des obferuations que nous fai-
sons. Chacun voulant voir auec les fiens & changeant ainfi a chafque Moment de
verres a vn feul tuyau que Jauois. Neantmoins auec tout cela nous nations pas laide
de voir "fS en la figure que je vay deferire cy a coite
auec vne ombre fur la pointe de la corne droitte
d'embas, cell adiré citant redrefTee fur la gauche
denhauk, le furplus eltant comme vos figures.
Et pour fa lune nous lauons fort bien veue auec
quelque fixe a cofté & fort près d'elle. Si le
temps auoit elté ferain les autres Jours ou que la
lune en Conjonction ne nous eut pas empefché
de continuer nos Obferuations nous en aurions bien fait dauantage ayant déterminé
de quel verre nous nous deuions feruir & de quel oculaire , par ce que nous auons
recognu que les oculaires y jmportoient beaucoup & quil elt prefque auffi difficile
den trouuer de parfait que des objectifs. Or pour vous dire maintenant quelle
elt la bonté & qualité de nos verres affin que vous en jugiez en Comparaifon des
voitres celt quauec ma lunette de 25 pieds & vn oculaire connexe de 3 pouces de
foyer Je lis diltinétement lefcriture de la grollèur de cette lettre jmprimee :) que je
vous enuoye que Ion appelle du gros canon, de la diltance de 500 pas. Jen ay
fait deux de 40 pieds que Je croys qui feront excellents parce quils font fort bien
trauaillcz mais Je ne les ay pas encores ellayez eltant fort difficile de drelTer des
tuyaux de cette longcur. Et pour la penfee que vous auez quon pourroit fe palier
d'en mettre par le Milieu & quil fuffiroit den auoir aux deux extremitez &auec des
ronds par le milieu pour diriger la veue Je lay penlé auffi bien que vous & mefmes
l'ay exécuté dé jour en les elTayant & nen feray pas autrement pour eflàyer mes
verres de 40 pieds. Mais outre que la lumière & lair agitant lefpece 3) empêchent
beaucoup ceit quil elt encores très difficile de rencontrer les deux verres en ligne
droitte a caufe de la longeur de la Machine a moins que de la faire très forte &
très pefante. Jay fait la mienne de deux planches mifes fur le champ de 4 pouces
2) Nous n'avons pas retrouvé cette lettre.
■>) C'est-à-dire: l'image.
-3<5
CORRESPONDANCE.
l662.
de largeur chacune & il elles plient en bas, Et de plus elles fe tournent de codé
ce qui eft le plus fafcheux et ou jl y a moins de remède. Car pour le pliement d'em-
bas nous y en auons trouuc par le Moyen de cordes que nous attachons a noftre
perche en cette forte auec vne
double poulie en forte que tirant
les tuyaux & la goutiere par la
poulie A fur laquelle paiïe vne
Corde b c qui les tient, elle les
fait mefme plier fur le milieu d,
mais jl y a vne autre corde en
â(\\\\ pafte aufii dans vne poulie
au défions de A qui drefTe le
tout comme on veut. Par ainfi nous ne fommes point en peyne de bien drefier la
goutiere & les tuyaux. Jl ny a que les Coftez qui font plus fafcheux a moins que
dy mettre quelque autre planche, mais le tout rend la machine pelante, neantmoins
vne autre année fi nous viuons on remédiera a tout. Cepandant nous préparerons
de bonnes lunettes. Pour celles que vous faites maintenant a miroirs Jay donné
a Monlieur voftre frère 4) ce que Jeu auois de bons , encores ne croys Je pas quun
dernier Morceau que je luy ay donne fort plat & fort mince pour en faire quatre
l'oit 1Ï excellent que les autres. Vous lefprouuerez & nous en Manderez voftre fen-
timent. Si ccft une chofe dont vous ayez befoin Je feray faire vn moule dans le-
quel Je jetteray des miroirs de la grandeur que vous voudrez & de très fines eftof-
fes , le tout a mon Retour.
Je vous auois fupplye comme je fais encores lors quil arriuera des Hures dHeue-
lius 5) de men retenir ce que Je nay pas, qui font le traitté de Syftemate Saturni &
celuy de Mercurius in Sole affln de les faire relier auec ce que Jay de luy qui eft
Selenographia cum appendice, Epiftola de Motu libratorio, et Epiftola de Vtriul-
que luminarii defeetu, de forte que délirant mettre enfemble dans vn jufte volume
tous les ouurages de cet autheur Je feray bien ayfe de les auoir auant que de les
faire relier. Vous Mobligerez donc de cela fil vous plait.
Le Seigneur Cafiini 6) Profefïèur de Mathématiques a Boulogne ma enuoye Les
Obferuations quil a faites cxactifihnes dans leur grande eglife. Je croy que vous
'Irez bien ayfe de les auoir cftant vne choie extraordinaire & pour dire vray la
plus belle qui aye jamais efte faite en ces matières. Je vous les :) enuoye donc
ayant mande qu'on men cnuoya vne autre Copie pour Moy.
4j C'est-à-dire à Lodewijk Huygens.
5) Consultez la Lettre N°. 101 1.
Voir sur Giovanni Donienico Cassini la Lettre N°. 789, note 12.
[0 Domenici Callini Epiftolae de obfervationibus in D. Petronii templo habitis. Bononiae,
1^2. in-folio.
( l'est un supplément de l'ouvrage antérieur :
CORRESPONDANCE. \66l. 237
Je vous prie aurti de m'enuoyer ce quon a fait pour & contre voftre Syfteme 8)
entre le père Fabry & vous nen ayant rien veu qucn partant entre les mains dun
de mes amys. Je fuis prefîë de finir par vne compagnie qui me demande j-nftam-
ment, tenez moy touf jours fil vous plaie pour
Monsieur
Voftre trefhumble et très obeiflànt feruiteur
P. Petit.
A Monfieur
Monfieur Huggens de Zulichem
A la Hâve.
N= 1065.
Christiaan Huygens à R. F. de Sluse.
25 SEPTEMBRE 1662.
La minute et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
La lettre est la réponse aux Nos. 1049, 1059. R. F. de Sluse y répondit par le No. 1068.
25 Septembre 1662.
Slusio.
Moram in referibendo rogo ut boni confulas. Jam enim ante ad penukïmas
tuas refpondiflèm, nifi quaedam circa novum inventum tuum prius expendenda
mihi propoiuiflem, ad quae vix demum paucis hifee diebus liberum otium concef-
lum eft. Miratus enim qnod feribis de brevitate methodi ad tangentes curvarum
abs te repertae, qualis nam ea effet invenire allaboravi fed frullra. Nam illius qui-
dem curvae Gntfchovianae quam proponis tangentem nullo negotio invertigavi
lo. Domenici Callini Spécimen Obfervatiomnn Bononenfium, quae noviflîme in D. Pe-
tronii teniplo ad artronomiae novae conltructionem haberi coepere, videlicet obfervatio
aequinoctii verni anni 1656. Bononiae, 1656. in-folio.
8) Cesouvragessontla„Brevis Annotatio" et le „Pro sua Annotatione" deEustachiode Divinis
et la „Brevis Assertio,> de Chr. Huygens.
*8
CORRESPONDANCE. 1662.
varijs modis calculoque breviflîmo, qui vix duos hujufmodi verliculos occuper.
Atquc in tuam conitructionem quoque incidi; veruntamcn quantum ex verbis
cuis conjicio, majus etiamnum compendium reperifti, quodque ad omnes curvas
fpeclet quarum proprietas aequatione cxprefïa fit, nempe ad bas quoque quarum im-
plicita quodammodo cftaequatio,
ut.v ' + y* — x y n do o quac ert cur-
vae illius quam in Scbotenij com-
mentarijs ad Cartefium ') forfan
vidifti , pofita AB 00 x et BC quae
illi perpendicularis efi: co y. data
vero reéti AD do n. Hujus tan-
gentem in datopun&o ego quideni
non nifi mediocriter prolixo cal-
cul*) inveni (ex hac nempe aequatione, nam potell alioqui ad aliam multo com-
modiorem res deduci) plurimumque mirabor methodum tuam , fi abfque ullo
pêne, ac tantum inipectis characleribus iflis reperire eam doceat. Caeterum in
y4
linea abs te propofita in qua
A
a a — y y
B
do xx. dum accuratius eam contemplor,
ifta occurrcrunt non
indigna notatu. Spa-
tium nempe iniinitum
inter ipfam DKF cur-
vam , et afymptoton
ejus AB interjcctum
reclaque Al) termi-
natum , aequari circulo
cujus AD fit diame-
ter. Et in univerium
li a quocunque curvae
punéto ut F, demittatur in Al) perpendicularis Fil, (patium FKDII aequari
iegmento circuli FLE, cujus arcus FL defcriptus fit radio FC , aequali DA , ac
centro C.
Praeterea quoque folidum e converfione fpatij inliniti DABFKI) circa l)C,
D
F^
-y/
/*/
y
\a
L
-£
C
-. X
1 , I luygens désigne l'ouvrage décrit dans la Lettre X . 1 50, note 1 , et dont la seconde édition
est citée dans la Lettre N°. 306, note 3. Pourtant, dans les commentaires de l'r. van
ScllOOten, il n'est, guère question de la courbe du texte: c'est seulement dans le mémoire de
Hlldde „Lpillola fecunda" (voir la Lettre N°. S92i 110tl-' 5)- ajouté à cette seconde édition,
que la courbe est mentionnée p. 513, 514. Mais elle a été discutée par van Schooten lui-
même dans ses „Lxercitationcs Mathematicae" (voir la Lettre N°. 128, note 3), paj;e4o8.
CORRESPONDANCE. ]66l.
239
B
aequalc effe fphaerae cujus radius DA. Unde ficut in Cifîbide 2) rurfus calicem
exiftcre vides infinitae capacitatis, licet cantilli ponderis.
Haec autem exigui momenti fane, nec quae data opéra quaerenda ducerem ,
fponte autem occurrentia non videntur negligenda.
Literas quas Parifiis ad te dederam 3) intereidifîc doleo. In ijs quod de Cy-
cloide feripferam erat hujufmodi, nempe fi per fuperficiem fecundum Cycloidis
cavum inflexam, qualis hic ABC, ita ut
axis BH iîtus lit perpcndiculariter, ii in-
quam mobile per eam defeendat , id eodem
tempore ad pundlum imum B pervenire e
quoeumque punclo Cycloidis ut E vel D
vel A, dimilïum fuerit. Hoc porro inven-
tum ad emendandum penduli motum ita ad-
hibeo, fufpenfo nimirum pendulo, puta FB,
inter lamellas FGA , FKC medio, quorum
occurfu dum le infléchit filum FB, plumbum
per arcus cycloidis ABC feratur. Quod fie fieri inveni fi duac dimidiae cy-
cloides fuerint FGA, FKC, ipfi ADB pares.
Soleo autem ad horologia adhibere particulas duntaxat exiguas FG, FK, quia
penduli ipfius ofcillationes modicae funt. Ita ut ad hune uium facia a natura linea
ilba videtur, tateorque hifee animadverfis non parum me fui (Te delectatum poitea
quam et experientia comprobatum eft.
Venio ad altéras tuas4) in quibus de Boilianis experimentis difleris, deque ijs
quae Romae fieri vidifti, diverfa ratione, led circa res eafdcm parique eventu,
praeterquam in animalium morte, quae in machina noftra fenfim expirant; neque
id effluviorum Sanftorij eruptionc vel fuppreflione fieri exillimes , fed refpirandi
facultate ademta, ac foreaflis etiam infiatione infolita vilcerum ac membrorum om-
nium quae ordinariae aeris prefiioni alioqui expofita funt. I lac enim remota prae-
ter modum difienduntur, ficut cucurbitulis applicatis carnem tumefeerc videmus,
cujus eadem ell prorius ratio.
Quod de nolae recipiente conclufae fono refers idem ipfe quoque expertus
fum, quam licet ita conftituiflem ut tremor ad vitrum pervenire non pofîet, aliquid
tamen femper exilis tinnitus exaudiri poterat, ctfi minor multo cum exuetus effet
aer, quam prius, et fortaffe nullus plane fuperfuiffet , ii penitus extrahi potuifièt.
Vidifti vero quae de his etiam Dominus Boile tradidit, cujus exaftam diligentiam
merito collaudas. Sicut autem inventis addere facile eft, nonnulla aptius in ma-
:) Voir la Lettre N°. 4-9.
') Consultez la Lettre N°. 1049.
4) Voir la Lettre N°. 1059.
240
CORRESPONDANCE. 1662.
china mea concinnavi , quibus et melius exhauriatur aer, et exhauftus excludatur,
quamquam illud femper incommodum fupereft, quod antlia femel beneaptata,
non diu in optimo ftatu pcrmanet, nec citra laborem ac cemporis difpendium poteft
refici. Muha intérim tum ex Boilianis Experimentis iterato examini fubjeci,
tum nova quoque aliquot excogitavi, fed de his dicere longum foret; ununi
vero inter caetera memorabile occurrit, occafionem praebcnte 1 91110 13oilij Phae-
nomeno, quod lie exhibere confuevi 5). Phiala vitrea eit cum collo oblongo
AE; aqua plena atque in vafculum femiplenum ore aperto immerfa, hifque
fuperimpoficum vas vitreum majus FG pedalis circiter altitudinis.
Accidit ergo ut extraclo aère e vafe FG, defeendat aqua e phiala
inverfa in vafculum fubjectum, eoufque ut pêne ad parem alti-
tudinem aqua intra collum phialae atque extra confiftat, utique
ii bene officium faciat antlia. Idem vero experimentum cum
lacère vellem aqua jam ab acre purgata, hoc eil quae totam
noétem intra vitrum FG aère vacuurn iletiiTet, innumeramque
bullularum multitudinem rejeciflet, nequaquam ut prius aqua
ex phiala AB defeendit, quantumlibet exhaufto vafe FG, idqne
vel vicies expertus fum. Quod ii tamen , ubi jam aliquandiu ita
obftinata conflitiflèt aqua, minima quaepiam et pêne invifibilis
bullula ut E nafeeretur intra tubi cavitatem, ea ubi paululum
increviflet, furfum cendebat, et fimulac ad unius digiti latitu-
dinem fuperficie aquae CD iuperior lacla eïïet , inde porro fefe
fini lim extendebat manente bail inferiori, ita ut momento pêne cemporis totam
phialam collumque ipfum occuparet, aqua omni per latera colli ecleriter efflu-
ente in vafculum CD, niii quod uno circiter digito altior intra tubum rema-
neret quam effet fuperiieies ejus, quae vafeulo continebatur. IntromifTo deinde
acre in vas FG, is denuo intra phialam AB aquam compellebat, fed ita ut bulla
aeris exigua quantum eil femen cannabis in fummo fupereflêt, qui quidem aer
ex aqua prodijfîè videtur, eo praecipuè, quod fie reliéta phiala, poil horas 24,
vel pauciores etiam, bulla ifta prorfus evanefeere foleat. De feminibus herba-
rum plures monuerunt ut periculum facercm, fed et hoc et alia multa diiluli donec
rationem excogitem qua perfectius aercm omnem e phiala educam , namque etfi
cum fuperius illud experimentum caperem, refte fefe habebat antlia, vix unquam
deincéps fucceffit ut aeque ac tune votis fatiffaceret.
Quod de Experimentis Academiae Florentinae edendis c) jam aliquoties inaudi-
veram, id abs te confirmari gaudeo, neque dubito quin expeftationi quam de ijs
maximam habeo, fini refponfura.
Comparez les I. étires Nos. 931 et 1033.
( 'on ultez la l ,ei 1 re N°. 1000, note 5.
CORRESPONDANCE: 1662. 24 1
N= 1066.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
28 SEPTEMBRE 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
le 28 Septembre 1662.
Je vous recommande en premier lieu de faire mes baifemains a Don Sebaftian ,
et de le féliciter de ce qu'il n'eft pas demeuré mort en chemin. Quoy ce grand cou-
reur de porte, qui en parloit toufjours comme d'une chofe fi ailée, qu'il fembloit
qu'avec cette voiture il auroit fait le tour du monde, s'eil trouvé fi fort harafTè
pour fi peu de chemin ! il faut qu'une autre fois il connoifîe mieux fes forces , quid
valeant humeri quid ferre reeufent.
Quelque bonne qu'el Signor Padre trouue la nouuelle lunette je ne doute pas
qu'il ne vous la cède , après qu'il aura receu l'autre. Je luy en ay pourtant touché
quelque mots ') a fin de l'y faire refoudre plus facilement.
L'eftoffe du dernier miroir n'efr. point bonne du tout, parce qu'elle ne prend
pas un beau poly , Monfieur Petit m'eferit 2) luy mefme qu'il s'en doutoit bien , et
partant il euft mieux valu d'en envoier premièrement un efchantillon. Il m'obli-
gera fort s'il en veut jetter des petits de matière fine comme il promet, et il faut
qu'alors vous tafehiez d'avoir fa recepte. Au relie c'efr. un plaifant Sire, qui croit
tout feavoir, fans vouloir jamais avouer d'apprendre rien de perfonne, comme
maintenant il ne dit pas qu'il approuve la manière que je vous ay envoiée pour
fabriquer les tuyaux des lunettes mais qu'HP a penfè aujjy bien que moy. Il m'en-
voie un efchantillon de lettres qu'avec fa lunette de 25 pieds il lit diitinctement
de 500 pas. ce que je ne fcay pas fi je dois prendre pour de l'argent contant , mais
le feauray mieux quand j'auray fait le mefme efTay des miencs, et pour cette fin je
feray attacher ces mefmes lettres avec d'autres fur une cheminée du Doelen. La
figure de Saturne qu'il met dans fa lettre n'eft pas fort authentique , l'ovale des
an fes n'eftant pas afTez longue a beaucoup près.
Je fais faire des habits a mon garçon , de la couleur nouuelle dont vous m'avez
envoie l'efchantillon. Et cependant qu'on teint le drap, (car l'on n'en a pu
trouuer) je voudrois bien que vous me fiffiez feavoir de quelle façon ils doivent
eftre païïementez , et comment a peu près font faites les cafaques des voftres , fi les
manches font couuertes de paiïement, et fi les cafaques mefmes ne font pas plus
eftroites que celles qu'ils ont porte jufqu'icy. Je ne fcay pas bien quelle efr. l'ef-
toffe de la doubleure, en ayant perdu l'efchantillon. des pourpoints vous ne m'en
avez rien dit. que ce foit donc encore un article.
*) Nous ne possédons pas cette lettre de Christiaan Huygens à son père Constantyn Huygens.
2) Voir la Lettre N°. 1064.
Œuvres. T. IV. 3 1
2 i 2
CORRESPONDANCE. 1662.
Voicy la lettre du Coufin Dorp 3) qui vous annonce la mort de fa femme 4),
qu'on enterra hier au foir icy fans aucune cerimonie.
Le Coufin J. Zuerius 5) eft fait prefident 6) en la place de ton frère :). Adieu.
A Monfieur
Monfieur L. Hugens de Zulichem
A Paris.
N°= 1067.
Christiaan Huygens h [Lodewijk Huygens].
5 OCTOBRE 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
le 5 Oclobre 1662.
Je fuis bien aife de veoir que l'on s'efehauffe de plus en plus par de là au fait
des Lunettes, et qu'on y fait quelque chofe de bon. Il n'y a point de raifon pour
quoy ils n'y pufFent reuflir auffi bien que moy puis que je leur ay communiqué
ma méthode '), a la quelle ils auront encore adjoutc leurs propres obfervations. je
dis pour ce qui eil des grands verres objectifs, qui eft le principal; car pour les
oculaires vous voyez bien que j'y ay trouuè quelque chofe de nouueau, qui caufe
cette netteté dans les lunettes de jour, et de mefme dans les plus longues, leur
3) Frcderik van Dorp. Voir la Lettre N°. 167 . note 3.
4) Aegidia van Teylingen qui , le 1er août 1 6 1 9, épousa le veuf Frcderik van Dorp.
5) Jacob Ferdinand Suerius. Voir la Lettre N°. 78 , note 3.
6) C'est-à-dire président-bourgmestre de Bois-le-Duc.
1 Marten Christiaan Suerius, fils de Jacob Suerius et de Jobanna Lopcz de Villa Nova , sei-
gneur de Oirschot et Bert, naquit le 19 juillet 1629 et mourut le 24 juin 1704. Il épousa
Clementia Geertrui van Lis, qui mourut le 30 décembre 1721 , et fut bailli en chef de Kem-
pen , conseiller municipal et président a Bois-le-Duc.
I >ans le „Reys-Verhael", déjà mentionné plusieurs l'ois, Chr. Huygens a noté :
„ 1 66 1 , H janvier. Chez Auzout montré ma manière de faire des verres, prefents Meilleurs
Guederville, Petit, Carcavy, d'Elbene, Thevenot. Eflayêdes Lunettes, Difné laenfcmble
et bien traitré. c. f. Madame de Guederville y vint après diluer."
Le seigneur de Gucdreville est Sebastien du Bois. Toutes les autres personnes ont déjà été
mentionnées dans cette Correspondance, a l'exception de
Alphonse d'Elbina (Delbene), neveu des deux évoques d'Alby de même nom. [I fut créé
évéque d'Orléans le 26" mai 1648 et mourut le 20 mai 1665 a Paris. Il publia en 1664 des
Statut-- Synodaux, recueil réputé un modèle en ce genre.
CORRESPONDANCE. \66l. 24'
donnant en mefme temps une grande ouverture. Si vous prenez bien garde com-
bien groffifïent celles de Monfieur Chieze a 4 verres, en regardant des lettres
de loin, ou par la manière que je diray après, vous trouuerez fans doute qu'elles
n'en font pas tant que les petites de noftre façon, quoy que d'abord elles vous
ayent femblè prefque égales. Pour ce qui eft des grandes de 25 pieds de Mon-
fieur Petit, puis que les 500 pas ne font que 800 pieds, elles ne font pas plus
grand effet que les mienes de 22 pieds, car ayant fait afficher les characleres ,
qu'il m'a envoiez 2) , au coftè d'un piedeftail qui eft fur le milieu du frontifpice
du Doelen 3) je les lis facilement. Mais parce que la diftance de noftre feneftre
jufques la n'eft que de 732 pieds j'y ay mis des caractères encore plus petits,
tels que vont icy joints 4) , les quels je puis lire diftinclement. tellement qu'en com-
parant la grandeur avec celles de Monfieur Petit, j'ofe afîurer que je lirois les
fienes de la diftance de 1000 pieds, fi j'avois la commodité de les placer fi loin. Je
trouue au refte qu'avec les oculaires de la nouuelle façon, ma dite lunette de 22
pieds groffit 127 fois les objects à compter félon le diamètre, ce qui fe pratique
ainfi. Sur le papier affiché au Doelen j'ay tracé une ligne avec de l'encre d'un pied
de long environ, et large d'un doigt, et fur un autre papier que je retiens auprès
de moy j'ay une ligne pareille et juftement de la mefme longueur. Regardant donc
la première par la Lunette et l'autre avec l'oeil vuide, je fais tant approcher cel-
lecy, que toutes deux me paroifTent également grandes s'ajullant l'une fur l'autre
precifement, et alors je fcay que comme la diftance de l'une ligne eft a celle de
l'autre, aies compter toutes deux depuis mon oeil, ainfi doit eftre la raifon de
l'augmentation des objets.
Je voudrois qu'au jour de la Lugncrie l'on le fervit de cette méthode qui eft
treffacile, et que pour me faire plaifir, vous mefurafliez de vos pas (de 2 pieds) l'ef-
pace que vous dites eftre de 800 pieds et Monfieur Petit de 500 pas, ou peut eftre
dans la carte de Paris vous le trouverez tout mefuré. Touchant ce qu'eferit Mon
Père des petites lunettes de Monfieur Petit qui eftant plus courtes que les nof-
tres, groffifïent pourtant de mefme et plus, j'ay ces deux chofesadire, l'une que
fi l'on ne regarde point a la clarté des lunettes Ton peut faire que les moindres
groflifTent a l'infini; l'autre que i\ l'on fe veut pafïèr de la grande ouverture, celles
de la vieille façon avec un oculaire concave font meilleures qu'aucunes autres
pour leur longueur, et peut eftre celles de Monfieur Petit font de cette forte. Mais
après avoir vu les grandes ouuertures Ton trouue que le plaifir et la commodité
de veoir tant d'objects à la fois vaut beaucoup plus que ce que l'on perd de l'autre
2) Consultez la Lettre N°. 1065.
3) Le „Nieuwé" ou „St. Sebastiaans Doelen" se trouvait au coin du Vijverberg et du Tornooi-
veld. Actuellement le Musée municipal de la Haye est établi dans cet édifice.
4) Nous n'avons pas trouvé ces caractères.
244 CORRESPONDANCE. 1662.
coftè. L'entreprife de Meilleurs Thevenot et Auzout pour en faire de 50 pieds
eft hardie, car il faudra que le grand verre foit de 8 pouces de diamètre pour le
moins, dont les 5 devront eftre découverts; car autrement fi l'on n'élargit l'ou-
uerture de ce verre a mefure qu'on eftend la longueur de la lunette, l'on travaille
en vain, mais en voila trop de cette matière.
Ma Dioptrique feroit défia en eftat d'eftre imprimée fans l'interruption que
m'a donne l'affaire des Longitudes, qui eft de plus grande confequence. toute f-
fois n'alléguez pas cette excufe a ceux qui vous en demandent des nouuellcs, mais
feulement que je fuis empefchè par quelque autre occupation. .
Je croy qu'il y aura des belles chofes dans le livre 5) de Monlieur Thevenot et
il me tarde de le veoir achevé, c'eft peut cftre cette édition qui l'oblige de différer
encore fon voiage.
Puis qu'on en veut tout de bon a la patrie de Don Sebaftian, il eft jufte donc
qu'il l'aille défendre et fervir fa Sainteté de qui il eft ne fujecl; qu'il fe fouviene
de fes grands faits d'armes au fac de Tortofe &c.
J'ay vu chez Monfieur Voflius un petit livre du quel je voudrois bien que vous
me fifliez avoir un exemplaire s'il arrive que vous envoiez encore des hardes. C'eft
la defcription de l'Ukranie 6) par le Sieur de Beauplan 7), et fe vend a la rue
Saint Jaques chez S. le Sourd 8) a l'image St. Piere. Si vous ne l'avez pas vu il
mérite que vous l'acheptiez pour voftre propre curiofitè car il contient des chofes
remarquables, comme page 80 &), et ailleurs.
J'ay efcrit a Mon Père I0) ce que j'ay veu de l'anatomie du chien "). Touchant
la vifite de Monfieur L'Electeur Ia) je n'avois pas le temps d'en efcrire desparticu-
laritez et aufïi n'y avoit il pas grand fuject C'eftoit a la prière de Monfieur
Beverning I3), qui me l'eftoit venu demander le jour d'auparavant, que je luy fis
5) Consultez la Lettre N°. 1063.
6) Defcription d'Vkraine, qvi font plvfievrs Prouinces du Royaume de Pologne. Contenues
depvis les Confins de la Mofcouie, iniques aux limites de la Tranlilvanie. Enfemble levrs
moevrs, façons de viures, et de faire la Guerre. Par le Sievr de Beavplan. à Rouen & fe vend
a Paris, chez Simon le Sovrd , rue S. Lacques, à l'Image Saint-Pierre. M.DC.LXI. in-40.
Cet ouvrage parut à Paris en 1650 et a Rome en 1660.
r) Guillaume le Vasseur, Sieur de Beauplan, naquit vers 1600 en Normandie et mourut vers
1670. Il était ingénieur-géographe et servit dans l'armée polonaise : en 1649 il retourna en
France.
x) Simon le Sourd, libraire a Paris, demeurait rue St. Jacques.
v) On y lit la description des „Bobaques,'" espèce de marmottes.
I0) Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre de Chr. Huygens à son père Con-
stantyn ; elle doit avoir été datée de la lin de septembre.
" 1 Consulte/. la Lettre N°. 1063.
Sur Maximilian lleinricli, voir la Lettre N°. 1063, note 14.
' < i lieronynius van Beverningh, lils du capitaine Mclcliior van Beverningli et de Sibille Stan-
dert, naquit a Couda le 25 avril KI14 et mourut a Leiden le 30 octobre 1690. Diplomate
CORRESPONDANCE. 1662. 245
veoir les expériences du vuide; defquelles je fuis afïurè que personne de ceux qui
eitoicnt prefents ne comprenoit la raifon. qui ertoienc (outre Monfieur l'Electeur)
le Comte de Furftenberg I4) , les Comtes de Horn père I5) et fils I<5), Monfieur de
Beverweert I7), Beverning et i ou 3 autres. Si je ne difois toufjours que la ma-
chine n'eft pas en eftat, je ferais importune tous les jours de quelque fpeftateur;
quoy que je ne mente pas la plufpart, car elle ne peut jamais demeurer guère
dans fa perfection a caufe du pifton qui fe galle facilement. Deux jours après
la vifite de l'Electeur, l'une de ces vénérables princefies de Portugal l8) vint icy
le matin a 8 heures dans fon carofTe et fit dire au frère de Zeelhem IS>) qui elloit
au lift, qu'elle avoit ouy parler de plufieurs raretez qu'il avoit a veoir, le priant de
les luy monftrer. Sans doute elle avoit ouy parler des expériences fufdites; mais
le Seigneur de Zeelhem s'en excufa, comme vous pouvez croire, en faifant dire
qu'il fe portoit mal et qu'il gardoit le lift, tout le monde trouua cette vifite rare
et plaifante tout ce qui fe peut.
Le frère I?) fait feparer fa chambre en deux, en mettant une feneftre du coftè de
la mai fon de Monfieur de Thou, après que el Signor Padre luy en a donne la
permiffion. Il femble qu'il ne fait pas eftat de defloger lî toft comme il faifoit il y
a 7 ou 8 mois.
L'on n'entend plus rien des affaires de Mon Perc. je fuis bien aile cependant
qu'il ne s'ennuie point et trouue de quoy pafier le temps.
distingué, il s'acquitta de 1646 à 1679 de diverses missions: ensuite il se fixa au château de
Teylingen, près de Leiden. Il étudia surtout la botanique. Nommé curateur de l'Uni-
versité de Leiden en 1673, il acquit, en cette qualité, une grande influence.
14) Diedrich Caspar Graf von Furstenberg naquit le 9 mars 1615 à Kônigstein, et mourut à
Spire le 21 septembre 1671. Il était chanoine de Mayence et de Spire, et colonel de la cavale-
rie espagnole aux Pays-Bas: il est le mieux connu comme peintre et graveur en taille-douce.
15) Johan, comte de Hoorne, Seigneur de Kessel. Il épousa, en 1630, Johanna van Bronkhorst,
héritière de Batenburg.
Ifl) Willem Adriaan comte de Hoorne, baron de Kessel, seigneur de Batenburg, mourut le
4 mars 1694. Il fut général d'artillerie dans l'armée des Provinces-Unies. Il épousa Anna
van Nassau, fille de Willem Maurits van Nassau et de Maria van Aerssen van Sommelsdijck.
Ir) Sur Lodewijk van Nassau, voir la Lettre N°. 855, note 5.
I8) Emanuel , fils du prétendant à la couronne de Portugal, vint en 1595, après la mort de son
père, aux Pays-Bas et épousa clandestinement Emilia van Nassau, fille du prince Willem I
et de Anna von Sachsen; elle mourut en avril 1629, et avait eu six filles:
Maria Belgica, Emilia Louisa, Anna Louisa, Juliana Catharina, Eleonora Maurice,
Sabina Delphica, qui toutes étaient protestantes.
I:;) Constantyn lluygens.
t46
CORRESPONDANCE. l66l.
N= 1068.
R. F. de Sluse h [Christiaan Huvgens].
6 octobre 1662.
/.i; lettre se trouve à Leiden, cuil. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1065.
Nobiliffime Domine
Rcété conjeciftj methodum meam tangentium ad omnes curuarum ipecics
producj, quarum proprietas, duarum, vtfolet, quantitatuin ignotarum, cum ijs
quae notae funt, implexarum, equatione exprimitur. Jgiturad hanc quoque Schote-
■nij quam proponis, cuius aequatio eftx3 +y3 — ny x Ho1) pofitâ icilicec AB aequali
», AI y, IL x. Ecce enim tangentem in punfto L breuifîîmo calculo repertam ,
ce qui lineam integram non impleat. Productâ BA in E ita ut AE fit fubtripla AB,
fiât vt differentia quadratj
C_ If AI et reétanguli AE, IL,
ad differentiam reclanguli
EAI, et quadrati IL, ita
LI, adID, iunfta enim
LD tanget curuam in L.
Ex bac conftru&ione Huis
apparet aliquot cafus efie
coniiderandos circa punc-
tum datum. Si enim dare-
tur punctiim F, ex quo
demifla normali FG, reclangulum fub AE, FG, aequale efict quadrato AG
(quod punctum efîe ad parabolam cuius axis eft normalis AO, vertex A, latus
rectum AE, euidens cil) tune ex puncto F ducta parallela ipfj AB tangeret cur-
uam in F. At fi daretur punctum II, ex quo demifia normali IIK, rectangulum
EAK , aequale effet quadrato KH (quod punctum rurfus efie ad parabolam cuius
axis AB, vertex A, latus rectum AE, fatis conftat) tune ipfa IIK tangeret cur-
uam in II. Demum li punctum datum L caderet inter F et H, punctum D, non
vt prius verfus A, fed ad partes B fumendum efict: quae omnia folâ aequa-
tionis contemplatione innotefeunt. Refté intérim obferuaftj curuas huiufmodj
commodiorem aliam aequationcm recipere : fed pro ducendà tangente quac-
libet mihi fufficit. Vtecce incuruâ quam his diebus literarum tuarum occalione
£ -D
L'égalité est indiquée ici par le signe
CORRESPONDANCE. 1662.
24;
mihi finxi. Duae lune ad reftos EA, AC, haec alterius fubdupla, inter illas
vero curua eft ADDE , cuius proprietas , vt appli-
catâ qualibet parallelâ EA, quae fit DDB, fi AB
vocetur y , BD x , AC », fiât femper ivx — xx —
yy — 2xy || o. Huius tangentetn fie reperio in Dpunc-
to. diuifa EA bifariam in I, et iunétâ CI, fecante DD
in G, faciendum eft vt vtraque AB , BD :), ad DG,
ita DB , ad BQ , iuncla enim QD tanget curuam in
D: hoc tantum diferimine, quod fi D fit in parte
inferiori, Q cadet ad partes A, fi vero in fiiperiori
ad partes C : at fi punctum D fit in reéta CI , tune
ipfa DB erit tangens. Ex quâ methodo infinitae
curuarum proprietates reperiri porïïint; referendo
feilicet ad diuerfas reftas, et ex aequatione qualibet
ducendo tangentem. Eodem modo quo in hoc exem-
plo noua parabolae proprietas eruitur, nain hanc
efTe parabolam facile peruidebis. Occurrunt etiam
leuj negotio punéta flexus contrarij in ijs curuis quae
ad diuerfas partes inclinantur, vt in Conchoide (in
quâ mihi ingeniofe praeiuifti 3J ) quam vnicâ para-
bolain vtroque"*) flexu fecarj oftendj. iramo quod
amplius eft, in conchoidibus inflnitis, quae ex codem polo et circa eandem afympto-
ton deferibi pofTunt, reperi omnia puncla flexus ipfarum effe in eadem parabola qua-
dratorcubicâ. Similiter et in aliâ Conchoide a me excogitatâ, in qua feilicet
refta quae a polo ducitur ad curuam, ita fecatur ab afymptoto, vt rechingulum ex
partibus fit femper cidem piano aequale, reperj tangentem et punctum flexus abfque
loco folido: et fi eodem polo circa eandem afymptoton infiniter deferibj intelli-
gantur, oftendj puncfa flexus omnium effe in vnâ infinita Ciflbide. Sed haec
haclenus.
Venio nunc ad ea quae acutc in curua Gutifcouij noftri obferuafti. ac dimenfio
quidem fpatij infinitj ftatim occurrit artificio Roberuallij 4) vel alterius Geometrae
ex Galliâ (inde enim nobis olim Romam mifîiim recordor) quo etiam vt opinor
vfus es;cahx vero ille infinitae capacitatis, totus tuus eft. quamuis enim multos
=) De Sluse veut dire la somme AR-)-RD,
3) Dans les „lJroblematum quorundam illuftrium Conftruftiones" (voir la Lettre N°. 191,
note 1), Cbristiaan Huygens s'occupe du problème suivant: In conchoide Iinea invenire
confinia flexus contrariio Consultez aussi la Lettre N°. 641.
4) Consultez le Traité des indivisibles par M. de Roberval, imprimé plus tard dans les
Ouvrages de Mathématique de M. de Roberval. A Amflerdam, chez Pierre Mortier.
MDCCXXXVI. in-40.
248 CORRESPONDANCE. 1662.
fimiles dari oltcnderim, immô, quod mirabere fi tibi non incidit, muka lblida in-
finitae latitudinis aequalia finitis inuenerim, ad illum tamen tuum calicem non at-
tenderam, fed tantum ad dimenfionem folidj genitj ex fpatij curuâ ce applicatâ ter-
minacj circa axem reuolntione , in quam non magno molimine incideram. fed haec
non funt tantj vt nos alio feilinantes morarj debeant. Ad experimentum tuum in-
telligo, cuius caufam qui peruidebit, nae illc mihi verè lynceus erit. Satis mihi
cric aliquam sh.oToXoy'iav examinj tuo fubijeere, faltem vt hoc bonae voluntatis ar-
gumento a te fimiles obferuationes pofihac eliciam. Ac primum aflentior Nobi-
lifiimo Boilio, dtim in experimento Torricellij , non ab aeris pondère fed ab eiuf-
dem elatere acquilibrium deriuat. Itaque ad illius rationes te remitto; nifi forfitan
addi pofllt, prefiionem illam elafticam hoc ipfum efîe quod grauitatem vocamus.
Nam hanc non eflTe qualitatem phyficam, vt in fcholis exiftimant, fuppono; prout
et motum aut prefiionem non nifi ab impellente producj. Quibus admiflis, quid
mirumfj aqua ab aerc, taminterno, quam ambiente libéra, non defeendit? quid
enim ipfam vrgebat? parum fane intereft quid poft exhauftum aerem remanere
dicatur in vitro: nam quidquid tandem fit non impellere corpus fed impulfuj non
obnitj ad fummum videtur. Ratio vero cur aqua non purgata defeendat, flatim fefe
offert; ex aeris nempè fpiras fuas explicantis impulfu, cura primum a circumltantis
preflione libertatem naclus eft. Sed cur idem in Mercurio non accidit "? Jdem plané
euenturum arbitror, fi tam facile ab ipfo aer feparari pofTet. Abundare enim
acre hoc fatis indicat, quod igné vel leuifilmo cuolans tôt Chymicis ludos faciat.
An non etiam hoc ex ipfius pondère confumatur? Trapaèo^orurov id inquies,
pondus ab aerc, a cuius mixtura leuitatem in corporibus fcholae haftenus deduxe-
runt. Sed dicj poflè videtur aeris fpiras, quo magis implexae et, vt ita loquar, in-
tortae funt, co potentius nitj vt fe explicent; et hanc efie fi non folara faltem non
m in imam caufam grauitatis. Hinc etiam fortaffe oleis chymicis pondus; nempe
ab aeris fpiris in materiâ illa, vt vocant, calcinatâ vehementius contortis: quii-
cumque tandem ratione in illam impellantur quam inuefiigare hùius loci non eft.
Multa praeterco quae commentj cctrâ'svsiav fulcire pofient : haec indicafTe conten-
tus, vt difquiras, quo modo cura experimentis, quae plurima hac in re fieri pofTunt
cohaereant. Verbulum tantum addo de cuis ofcillationibus quibus lineae in phyficis
confiderationibus negleétae, vfum tam praeclarum afieruillj. Hoc mihi memoriam
refricuit cfiati illius Platonicj 5), yeu^erfiav eïvcti QypëvrtKviv (jlovov , ea vero quae
venando adepta cil, yfui, vt lacis, adhibere, hoc demum philofophi munus effe.
Perge igicur Speculationum Geometricarum, quae vulgo apud imperitos maie au-
diunt, vtilitatcm oftendere, meque crede, ex animo
'Fui Obferuantiffimum
Rknatum Franciscum Slusium.
Les ni"'- cités se trouvent dans: PlatO, Sophistae, 2iy E.
CORRESPONDANCE. 1662.
•49
Plurimam tibi falutem dico Clariffimi Gutifcovij nomine, quod vt facerem
me rogauit an ce aliquot dies cum hic adefïet. Vale.
Dabam Leodij vi Oétobris cidioclxii.
") Heuratius abfque loco folido hacc puncta invenit rt). [Chr. Huygens].
N= 1069.
P. Petit à [Christiaan Huygens].
13 OCTOBRE 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
A Paris Le 13 Octobre 1662.
Monsieur
Jay eftc bien ayfe dapprendre par celle que vous mauez fait l'honneur de Mef-
crire ') & par celle 2) de Monfieur voftre frère que nos lunettes ne vous femblent
pas Mauuaifes et Je ne doute point que fi Jauois d'excellente Matière Je nen pufTe
encores faire de Meilleures, eftant afTenré pour mon particulier par quantité dexpe-
riences que la figure nous eft plus ayfee a donner que la Matière neft facile a ren-
contrer auec toutes les qualitez quil faut pour rapporter nettement les efpeces 3),
ayant obferué auec des microfcopes tant djnegalitez dans le Corps des Criftaux ar-
tificiels & naturels que je puis rendre raifon pourquoy ces derniers ne valent rien
pour les grandes lunettes & pourquoy la plus part des autres y manquent, mais de
fcauoir dou vient le deffault des Criftaux de verrerie fi ceil de la Cuifïbn ou du Mef-
lange des drogues & des fels ou de la recuitte ou de quelque autre mauuaife façon
des ouuriers ou de la fournaife mefme, ceft ce que Jignore & il me faudrait auoir eftc
8 ou dix Jours dans la Verrerie a Vcnife pour defcouurir ce deftail par la Confé-
rence des ouuriers & des matières prifes en diuers jours & en diuers Creufetz de
différentes dofes & compofitions. Cepandant jl nous faut quafi tous trauailler au
hazard quant a la Matière car pour la figure nos moules eftans une foys bien faits
comme nous en auons les ouuriers & la Méthode, on ne fcauroit manquer quand on
voudroit de la leur donner & de les bien polir fans les galter ayant du tripoly ex-
6) Voir la Lettre N°. 641 , note 6.
x) Nous n'avons pas trouvé cette lettre dans nos collections.
2) Consultez la Lettre N°. 1067, que Chr. Huygens écrivit à son frère Lodewijk. Peut-être
aussi Constantyn Huygens, frère, écrivit-il lui-même à P. Petit.
3) Petit désigne ainsi les images.
Œuvres. T. IV. ^2 .
2>0
CORRESPONDANCE. \66l.
cellent comme nous en auons qui eft du Jaune de Venife lequel vient un peu Rouge
&. fore fec & dur quand jl a elle brufié dans le feu, Jen ay mande auec des verres
efpais jl y a fort longtemps a Venife mais Jen attends toufjours la refponfe auec
jmpatience. au relie jl faut que Je vous die ce qui nous eft arriué de certains Criftaux
Ceft quayant elle fort bien adoucis quand on les a voulu polir fur un papier très
délie on a trouué quils auoient changé leur figure & ce par plufieurs foys comme
auffi le Contraire, ayant efte polys & puis remis encores pour eftre redoucis, jls fe
font auffi trouuez changez en forte que quelques foys le verre fe creufe de luy
mefme. quelques foys jl fe conuexe fur la Molette & hors de la Molette ce que
Jjmpute a la MolefTe & Humidité de certain verre qui fe plie plus facilement lun que
lautre ou par le Mouuement ou par la Chaleur du Ciment qui fefchaufte en tour-
nant ou polifTant, et par toutes ces raifons jl ny a point de doute que pour les
grands Verres le plus efpais eft le Meilleur & fil m'en vient de cette forte & comme
je lay demande Je fpere faire dauffi bonnes lunettes de 50 & de 100 pieds comme
de 25 & 30. Jay délia tracé fort exactement les règles de 60. 80 & 100 pieds de dia-
mètre & je feray fondre la femaine prochaine ces trois moules pour les tourner
fur ces règles la, cepandant que nous ferons recherche de Morceaux de Criftal.
Pour celles a Miroir 4) que vous auez nouuellement enuoyees elles font très claires
& font voir vne grande eftendue de pays mais elles grofliiTcnt peu. je nen ay point
veu la fabrique mais ce ne peut eftre autre chofe que deux oculaires conuexes au
lieu d'vn feul unis en diftance proportionees comme jen ay veu jl y a quelque temps
et venues dangleterre fans miroir & qui par confisquant renuerfoient. Car je ne penfe
pas que ce foit par deux Objectifs comme Sirturus 5) a dit6) & que jay fait autres
foys auec peu de fatiffaction , fi Jay le loifir vn de ces jours Je tafeheray den faire
de mefme ou du moins Jefiayeray fi deux oculaires conuexes font mieux quun feul
ainfi que vous mauez dit autres foys & comme vous auez peuteftre plus heureufe-
ment rencontré celle cy. Pour les miroirs Jay fait faire le Moule pour les jetter &
Jefpere en venir a bout la femaine prochaine, voyla pour la luneterie.
Quant aux obferuations de Boulogne7) je fuis fort ayfe de vous les auoir en-
uoyees 8) puis que vous ne les auiez point veues, elles font en effect très curieufes
ck. très exactes & peu de temps auant que lautheur y) meut enuoyc la copie que je
4) C'est pour ces télescopes qu'ont diï servir les morceaux de miroir que Petit a envoyés aux
frères Huygens 'voir la Lettre N°. 1015). Ces miroirs étaient destinés, dans les lunettes
a deux convexes, a réfléchir sous un angle de 450 les rayons sortant de l'oculaire, pour
redresser, dans le sens vertical, les images, sans diminuer l'étendue du champ. Consultez la
„l)ioprrica" de Clir I luygens a la page 146.
Voir la Lettre N°. 151 , note 4.
| ( ïonsultez l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 151 , noie 5.
Voir l'ouvrage cité dans la Lettre No. 1064, note 7.
8) Consultez la Lettre N°. 1064.
9 ('•. I). Cassini.
CORRESPONDANCE*. \66l. 25 1
vous ay donné vn de Mes amys men auoit donne vne autre quil auoit apporte
djtalie dans la quelle jl y a deux feuilles de plus l'vne de la figure de ljnllrument
Ceft a dire du temple Mefme de St. Pétrone qui eft vne très grande eglife percée
par la voûte 6k Marquée fur le pane de pierre blanche ou font tracez tous les jours
de lannee fur vne longue Méridienne Et ceft ce grand jnftrument dont vous me
demandez par la voftre ') la description laquelle Je fuis eftonné que lautheur ne
maye point enuoye auec le reile de fes obferuations. Mais vous ne laiftérez pas de
la voir & den prendre Copie fil vous plait en la faifant tracer ou latraceantôk con-
trelifant vous mefme fi vous en auez le loifir affin de me la renuoyer fil vous
plait auec la feuille dediee a la Reyne de Suéde, par ce que je feray bien ayfe de
les garder auec les autres qui font de ce mefme volume de papier. Vous noublie-
rez pas aufTï fil vous plait vos ouurages que je nay pas nayant rien de vous que le
fyftema faturnium , et pour ce qui me manque dHeuelius IO) je lattends toufjours
auec jmpatience & fitoft quil en fera arriué a Amfterdam je vous prie que jen aye.
Jl y a bien encores vne autre chofe dont Je voudrois vous fupplyer & qui mérite
peut élire que vous y employez voflre jndullrie & vos amys, Ceft pour auoir les fu-
feaux ou papiers des derniers globes Celeftes qui ont elle faits a Amfterdam de deux
pieds ou enuiron de diamètre ou Moins fil ny en a pas dautres, Jay quelques vieux
globes que jen voudrois couurir ou peut eftre les huilier pour en faire deux demy
globes concaues comme vn autheur TI) a efcrit I2) en auoir fait autres foys a Straf-
bourg I3). Peut eftre que bleu I4) ou les autres qui vendent ces tailles douces en
feroient difficulté fils fcauoient que ceft pour Paris par ce quils veulent toufjours
vendre les globes entiers & ne veulent pas quon recouure les vieux ny qnon a fait
fur du boys ou autre matière. Mais quand vous leur direz ou ferez dire que ceft
pour vous je ne penfe pas quils vous les refufent. Je fouhaitterois que ce fuft des
derniers faits & des moyens fi ce ne peut eftre des plus grands, jl ny a que 5 ou 6
feuilles au plus que vous Mobligerez infiniment de menuoyer par les premiers mar-
chands libraires ou autres auec les liures dheuelius & les voftres & je fatifferay
fuiuant vos ordres a tout ce que vous auez defbourfé. Je ne vous parle pas de la
fante de Monfieur voftre frère I5) qui eft Malade dans la chambre & dans le petit liél
de ma fille cepandant quelles font a la Campagne. Pour Monfieur voftre Père nous
IO) Consultez la Lettre N°. 1064.
") Il s'agit probablement de Wilhehn Schickard, né à Herrenborg le 22 avril 1592, et mort de la
peste à Tubingen le 23 octobre 1635. Nommé en 16 16 pasteur à Nordlingen, il y construisit
des globes célestes caves, pour être plus facilement compris par ses auditeurs. Il était profes-
seur d'astronomie et de langues orientales à Tubingen, et nous a laissé beaucoup d'ouvrages,
dont plusieurs furent publiés après sa mort.
12) Aftrofcopium pro facillima (tellarum cognitione noviter excogitatam. Nordlingae. 1655.
in-40.
13) Petit se trompe, il aurait dû mettre Tubingen
14) Sur Joan Blaeu vcirla Lettre N°. 46, note 19.
15) Lodewijk Huygens, qui demeurait encore chez P. Petit. Consultez la Lettre N°. 1064.
-.--
CORRESPONDANCE. 1662.
pafîôns fort agréablement les foirs & quelques foys plus auant dans la nuit que ne
voudroit Monfieur Cheze 1<s) parce que ceft dans l'a chambre qui eft celle de ma
femme ou nous faifons les conuerfations auprès du feu. Monfieur voftre Père eft
dans la grande & a les Cabinets de ma femme & fille & la garderobe de derrière
pour fon vfage. Je fouhaitterois que vous y fuffiez. nous trouuerions cncores place
pour vous que Je fupplyc de Maymer toufiours & me croire paiTîonnement
Monsieur
Voftre Trefhumble et trefobeiiTant leruiteur
P. Petit.
N= 1070.
CtlRISTIAAN MUYGENS h [LÔDEWIJK HUYGENSJ.
19 OCTOBRE 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A là Haye ce 19 Oétobre 1662.
Ce nombre rond de 500 pas ') du Sieur du Portail 2) m'a eftè fufpefte des le com-
mencement, mais je ne croiois pas qu'il extravagueroit de tant comme j'apprens
maintenant par voftre billet 3). Il faut qu'il ait conte les pas de Louifon ou que pour
mefurer cette diftance il ait emploie une eftrange trigonométrie, qu'il mette donc
maintenant s'il luy plaie les moindres des lettres que je vous ay envoyées 4) a la dif-
tance de 366 de vos pas de deux pieds, a fin d'efprouver fi (a lunette vaut autant
que les noftres. Le prétexte de fon procès eft merveilleux , mais je ne croy pas
qu'il luy fervira pour longtemps, fi el Signor Padre fe met une fois en telle de le faire
déloger. La gibecière et la trompette marine avec toutes les autres pièces du ba-
gage de la belle M. s). feroient fort bien au commencement de quelque Roman
Comique, et peut élire que les adventures qu'elle aura dans ce voyage donne-
roient de la matière affez pour l'achever.
Vos avis et ceux de Don Sebaftian 6) touchant la vertu mirifique des draps de la
Pucelle 4) font tout a fait contraires , car félon les liens, ils vous contraignent de
"' ; 11 résulte de la Lettre N°. 1070, que Petit désigne Sébastian Cbieze.
Consulte/, la Lettre N°. 1064.
2) Sobriquet de I'. Petit.
3) Ce billet de Lodewyk Huygens ne s'est pas trouvé dans nos collections.
4 Consultez la Lettre N°. 1067.
Marianne Petit.
Sébastian Chieze. Consulte/, la Lettre N°. 1060.
CORRESPONDANCE. 1662. 253
fortir du lift 3 ou 4 fois la nuicl:, au lieu que vous dites qu'aulfi toil vous avez
eftè guéri de ce mal, ce qui me femble auffi plus naturel.
Je n'auray pas le temps aujourdhuy de taire refponfe al diclo Don Sebaftian 7)
parce que je dois partir demain pour Zulichem et que j'ay encore quelques affai-
res en cette ville.
Les deux nouuelles connoifTances que vous venez de faire font d'importance,
je dis celle de l'abbè de Villeloin , et de la femme 8) du Sieur Ifrael de qui fi le
vifage eft fait comme vous dites j'aymerois mieux pour ma curiofitè d'en avoir un
bon portrait que toutes les tailledouces d'Albert Durer et de Lucas ?) que pofTcde
Monfieur l'abbè.
Les lunettes de 100 pieds avec des verres de 4 pouces de diamètre feront ridi-
cules, non pas parce qu'elles ne monftreront que peu de l'object a la fois mais parce
qu'elles ne pourront pas faire plus d'effeétque les mienes de 22.
Je vous remercie du livre I0) que j'avois demande et du morceau de miroir. Vous
pouuez obtenir facilement a cet heure du Sieur du Portail qu'il en jette de la bonne
matière, et mefme qu'il vous en montre la compofition.
N= 1071.
Christiaan Huygens à [Constantyn Huygens, frèrej.
l6 OCTOBRE ï662.
La lettre se tmuve à Leiden, col!. Huygens.
A Zulichem ce 26 Octobre 1662.
Je vous envoie ouverte la lettre que j'eferis a mon Père l) a fin que vous voyiez en
quel eftat font icyles affaires pour les quelles j'y fuis allé -). Ce font auffi toutes les
nouvelles que je vous feaurois mander de ce lieu, qui commence défia a m'ennuier.
Je m'en vay demain pour 2 ou 3 jours a Bolduc pendant quoy je donneray ordre
~) Nous ne possédons pas cette lettre de Sébastian Chieze a Christiaan Huygens.
8) Il s'agit de Madame Henrichet, dont le mari avait une boutique de gravures, etc.
9) Le célèbre peintre et graveur Lucas van Leyden, fils du peintre Hugo Jacobsz., naquit en
mai 1494 a Leiden , où il mourut en 1533.
10) Consultez sur cet ouvrage la Lettre N°. 1067, note 4.
') Nous n'avons pas trouvé dans nos collections la minute de cette lettre de Christiaan Huy-
gens à Constantyn Huygens, père.
2) Consultez les Lettres Nos. 1030, 1031 et 1036.
2 54 CORRESPONDANCE. l6Ô2.
qu'on démoli fle l'ouvrage de ceux de Herwijne 3), car pour plufieurs raifons je ne
veux pas eftre icy lors que cet exploit fe fera. Je m'ertonne qu'a Gorcum il n'y a
point encore des lettres pour moy. n'oubliez pas je vous prie de les envoier le pluf-
toft qu'il fera pofïible. A Bolduc je feray taire un verre 4) pour le vuide ou l'on
puiffe mettre le bras, et auiïi quelques pièces pour eflTaier fi la matière poura fer-
vir aux lunettes. En venant de la Haye je rencontray au batteau de Delf Made-
moi Telle Duyck 5) avec une vieille tante 6). Elle m'apprit que Rotgans entre autres
avoit recherché longtemps celle a qui vous en voulez maintenant, fans que pour-
tant elle feeut de cecy la moindre chofe. Adieu.
N°= 1072.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
9 NOVEMBRE 1662.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens ").
A Zulichem ce 9 Novembre 1662.
Voflxe premier et fécond pacquet m'ont eftè délivrez quoy qu'affez tard, dans
le premier il n'y avoit pour tout qu'une lettre ') du Sieur du Portail, et partant
rien a quoy je deuiïe me hafter de faire refponfe.
J'euffè pourtant eferit pluftotr. pour vous informer de ce qui fepaflèicy, fi je
n'enfle creu tous les jours de m'en retourner moy méfme. Mais maintenant a caufe
de l'Exploit contre Merwyne *) qui n'a pas encore voulu reufîir , comme vous ver-
rez par ce que j'en eferis a mon Père 3) je fuis contraint de m'arrefler icy plus long-
temps que je n'avois creu. Par la mefme lettre vous connoiftrez auffi l'eftat du
Il s'agit de quelque construction érigée par les paysans de Herwijnen, village près deGcrcum,
sur les ordres de Cornelis van Brederode van Wieringen (voir la Lettre N°. 103 1 , note 5).
Consultez sur la verrerie de Bois-le-Duc , la Lettre N°. 1030, note 3.
Probablement Maria Duyck, fille de Adriaan Duyck et de Clara van Berchem.
Probablement Alida Duyck, fille de johan Duyck; elle épousa Johannes Mailing, bourg-
mestre de la Haye.
6
') Voir la Lettre N°. 1064.
Consultez la Lettre \°. io; 1.
Leti re que nous ne possédons p is
CORRESPONDANCE. 1662. 255
refte de nos affaires. J'ay eftè a Bolduc comme je vous manday 4) que j'en avois
le defTein et j'ay pafTè affez bien 3 ou 4 jours a Hanewyck 5), ou Monfieur Crom-
mon 6) avec fa femme 7), mais non pas Mademoiselle de Geer 8) eftoient arrivez peu
auparavant. Vous fcavez comme l'on s'y divertit quand ce cher Coufin y eft, c'eft
pourquoy je ne vous en diray rien. Les fontanes alloient fort bien avec les petis
féaux attachez a une chaîne et il faut avouer que c'elt un grand ornement en une
maifon de campagne. La Confine Marie y) ne le portoit pas trop bien, ainfi qu'elle
fait la plus part du temps et avoit beaucoup a fouffrir du Coufin Crommon a qui
tout eft permis.
Il faut croire que Monfieur van Leeuwen ignore la méthode de faire des gar-
çons, et je m'imagine que quand il luy vient une fille il le fafche de mefme que
nous failîons quand nous avions fait un mauvais verre.
") Ro 15 Nouembre 1662 [Conftantyn Huygens, frère],
Myn Heer
Myn Heer van Zeelhem, ten huyie
vande Heer van Zuylichem.
In
's graven liage.
+) Voir la Lettre N°. 1071.
s) Hanewijk est la campagne de la famille Snerins (Consultez la Lettre N°. 1030, note 4).
6) Voir la Lettre N°. 1 1 , note 3.
") Aletta Maria de Geer, fille de Laurens de Geer et de Marguerite Crommon, naquit le
08 juillet 1652. Elle épousa d'abord son cousin Gérard Crommon , puis Jean Pierre van den
lirande. Consultez la Lettre N°. 74. note 4 (dans le Supplément au Tome II), et corrigez-y
„fille" en „petite-fille".
8) Une des cinq filles de Laurens de Geer et de Marguerite Crommon.
y) Maria Snerins , fille de Jacob Suerius et de Johanna Lopez.
256 CORRESPONDANCE. 1662.
N= 1073.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
9 NOVEMBRE \66l.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll Huygens.
Elle est la réponse à une lettre du 27 octobre 1662 ').
A Zulichem ce 9 Novembre 1662.
Je receus la fepmaine pafTée une lettre du Sieur du Portail 2) qui n'eftoit accom-
pagnée d'aucune autre, par la quelle il me manda en paflant que vous citiez ma-
lade fans en dire autre chofe ce qui me mit en peine, mais la voitre J) du 27 Oc-
tobre m'en a tiré, parce que vous n'y faites pas feulement mention de maladie.
Au reite fa lettre ne contenoit que grandes venteries de fa feience et grands def-
feins en matière de Lunetterie, defquels nous feavons ce qu'en vaut l'aune. Il me
ebarge auffi de quelques commiffions nouvelles, des quelles je ne fcay ce qui arri-
vera, au moins je n'en puis rien faire citant icy , de quoy je vous prie de l'advertir.
Il me tarde de feavoir de quelle façon vous vous ferez feparès de luy.
J'ay touf jours trouuè fort jolie l'invention de ces horologes roulants, mais ils
ne feauroient avoir plus de juitefie que les ordinaires a contrepoids, fi ce n'eit
qu'on les fit a pendule, ce que l'on pourroit afTez facilement.
Je n'en fuis pas encore fi avant avec l'invention des Longitudes, comme il femble
que vous croiez, et je voudrois que Mon Père n'en parlait pas feulement tant que
je ne Paye afïurè que la chofe réuffira, Monlieur Brus *) qui s'en cil retourné en
Efcofle, aura fait une expérience fur mer dont j'attens le fucces avec impatience
parce qu'elle cil de grande importance, dans cette affaire. Vous faites fort bien
de conferver le fecret des Lunettes en mefprifant l'or comme un fécond Fabrice,
toutefois fi l'on vous euft offert quatre de ces petits chandeliers je doute fort ce que
vous auriez fait.
' Lettre que nous n'avons pas trouvée dans nos collections.
Voir la Lettre N°. 1060.
Alexander Bruce, second Karl of Kincardine, et second fils de Sir George Bruce de Calsars,
mourut en 168J. Contraint de quitter l'Ecosse en 1^57, pour cause politique, il s'établit a
Brème, puis a Hambourg et en [650 a la Haye, où il épousa la fille très-riche de Comelis
van Aerssen et de Louise van VValta. lui 1661 il retourna en Angleterre, mais, presbytérien
zélé, il tut encore obligé de se retirer en Ecosse. Il était très savant en médecine, sciences et
langues, mais avait surtout un grand talent de mécanicien, dont il sut tirer parti dans ses vas-
tes mines tic sel , de houille et de marbre. Possédant une grande fortune, il en mit une partie
au service du roi Charles II; il fut un des premiers membres de la Société Royale et tra-
vailla avec Chr. Huygens au perfectionnement des horloges à pendule.
CORRESPONDANCE. \66l. 257
Ce font icy vrayement des maudites affaires 4) comme vous dites et vous faites
fort bien de m'aider de voftre confeil puis que vous n'y pouvez élire vous mefme,
cumque quod tu intrivifti mihi fit omne exedendum; je dis pour l'affaire de Nie-
werveen 5), qui n'a autre fondement dans ion injufte demande que voftre promefle,
laquelle ces Meilleurs les Miniftres ont eftendue encore plus amplement que vous
ne l'aviez faite. Mais de quelque façon qu'elle foit il eft clair comme le jour
qu'on nous fait tort, et s'il y a de la juftice pour nous dans la Banque de Zuyli-
chem , nous devons gaigner noftre caufe. Pour ce qui eft de régaler ces gens d'icy
comme vous dites, je n'en ay pas encore euToccafion. J'ay pourtant eftè quelque
fois dans leur compagnie a Bommel et me fuis foulé avec eux pour faire connoif-
fance. Mais ce font la les plus facheufes courvees pour moy et pour les quelles
principalement je vous fouhaite icy en ma place. Tout de bon fi Mon Père vous
veut laifler aller vous m'obligerez fort de venir, et les chofes n'en iront que
mieux, mais qu'il ne me demande pas en efchange.
Ni vous ni Mon Père ne me mande rien touchant vos affaires de delà, eft ce
qu'on n'y voit pas encore de fin? Faites mes tref humbles baifemains al cariffimo
Signor Sebaftian et mes excufes de ce que je ne luy efcris point, car qu'eft ce que
je luy pourrois efcrire d'icy? Adieu.
J'ay oublié de vous dire que j'ay eftè a Hanewyck pour 3 ou 4 jours ou je trou-
vay Monfieur Crommon et la femme 6) et paflames le temps aflez joyeufement. La
fontaine va très bien maintenant avec une chaîne ou il y a des bacquets attachez.
Damoifelle Marie 7) ne fe portoit pas trop bien , comme vous feavez que c'eft fon
ordinaire, et c'eft un plaifir d'entendre comme Crommon l'exerce fur ce chaDitre
de fes cliftercs et chicries.
4) Consultez la Lettre N°. 1071.
;) Les différends avec les van Brederode.
rt) Sur Aletta Maria de Geer, voir la Lettre N°. 1072 , note 7.
7) Maria Suerius, (voir la Lettre N°. 1 072 , note 9).
Œuvres. T. IV. 33 -
CORRESPONDANCE. \6()2.
N= 1074.
Christiaan Huygens a Constantvn Huygens, frère.
13 NOVEMBRE 1662.
La lettre se trouve à Leitlen, coll. Huygens.
A Zulichem ce 13 novembre 1662.
Vous verrez par la lettre cy jointe ') que je vous prie d'envoier a Mon Père com-
ment a reufli nortre entreprife contre ceux de Herwijne, a la quelle il fera necef-
faire de retourner encore une fois. Ce dcfîèin pourtant ne m'arrefteroit pas plus
longtemps icy, n'eltoit que j'attens que Monfieur de Loenen-) (bit de retour a
Bommel , a qui je voudrois volontiers parler et recommander nos affaires devant
que partir. Je croy qu'il faudra que je païïe encore icy cette fepmaine, quoy
qu'allez a regret, car voila le mauvais temps qui commence a venir et rend ce fe-
jour infupportable. Hier il n'y eut point de lettres pour moy a Gorcum. Mes der-
nières d'icy furent du 9c 3}.
Myn Heer
Myn Heer van Zeelhem ten huyfe
van de Heer van Zuijlichem
In
s gravenhage.
') Cette lettre manque dans nos collections.
) Van Loenen était „ambtman" de Zuylichem.
>) Voir la Lettre N ". 1073.
CORRESPONDANCE. IÔÔ2. 259
Ns 1075.
N. Heinsius a Christiaan Huygens.
13 NOVEMBRE \66l.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est lu réponse aux Nos. 1018 et 1043. Chr. Huygens y répondit le 11 janvier 1663.
Nicolaus Heinsius Christiano Hugenio
Viro Nobiliffimo S. P. D.
Negotium mihi eft , çum hominibus longe lentiffimis, a quorum operà dum peti-
dco, procraftinare cogor officia tibi p ramifia, quae exferte atque omni cunélatione
procul habita praeftare debebam , fi meus effem. Phaenomenon crucis x) in coelo
apud Pragenfes fpeétatae piétori 2) needumpotui extorquere, etfi fréquenter inter-
pellato , ac promittenti Te fidem quamprimum liberaturum eiVe. Alterum 3) intérim
habe4), quod in Orezondico freto fpeclatum fui fie Moucheronius affirmât: eo
claffis navalis exhibetnr, ut facile per te videbis. Accepit id a piétore Gallo non
ignoto mihi, quem fuper ea re curabo conveniri, ut plenius cognofeamus , qua
auctoritate fretus ideum Moucheroniocommunicavit. Phaenomenon proxime mif-
fum qui obfervarat vir nobilis et magni illius Axclij Oxenftiernae 5) quondam do-
mefticus e Livonia nondum reverfus eft , ut fuper dubijs iftis, quae a te moventur,
non pofliteonfuli. Sub eam tempeftatem, qua Rex Carolus Guftavus ante fepten-
nium expeditionem Polonicam aufpicabatur, in agro Ubfalienfi pleno die exerci-
tus duos concurrentes primum, ac poftea pompam exfequialem apparuifle non
viilgus tantummodo pro re explorata narrant, fed hiftoriae ctiam loquuntur. De
qua re iam fcripfifiem ad amicos Ubfalicnles, impetraturus tibi vivam fpectri huius
imaginem, fi haberi pofiit, nifi quod compertum minime habeo, an tu de phaeno-
menis etiam terreftribus fis ac/turus. Aiunt et clafiem nuper denuo fpeclatam ciTe in
freti Baltici Sinu Orezondico. Sed de his iam fatis.
Apollonium Pergaeum , a Principe Etruriae Leopoldo mifl'um 6) iam ad te per-
') Consultez sur ce phénomène les Lettres Nos. 959, $66 et 1028.
2) Moucheron. Voir la Lettre N°. 1000, note 2.
3) Consultez les Lettres Nos. 059 et 969.
4) Nous n'avons pas trouvé cette figure.
5) Axel Oxenstierna naquit à Fanoe le 16 juin 1583 et mourut le 28 août 1654 a Stockholm.
Evêque luthérien d'Abo, il se rendit en Allemagne et étudia à Jéna et à Wittenberg. Rappelé
en 1603, il fut nommé sénateur en 1609 et chancelier royal en 161 1. Il avait beaucoup d'in-
lluence et s'en servait pour le bien du commerce et de l'université d'Upsal, dont il était
devenu le chancelier en 1645.
6) Consultez la Lettre N°. 1029.
260 CORRESPONDANCE. \66l.
latum efTe oportet. Meum certe exemplar iam pridcm naclus funi. Ex Italia maki
menfes funt, quod literarum nihil aut nunciorum ad me fertur. Ob excerpta co-
dicis Nafoniani a Renato Francifco Slufio mi(Ta:) multum te amo. Deexcerptis
ipfis optime profecto iudicas, ex codice minimi pretij ea promanafïè. Fuerunt olim
in illa ad Diui Jacobi bibliotheca membranae operum Nafonianorum optimae,
Métamorphofeon praefertim; vidi ipfe Pontica et verfavi illic hifce manibus, nec
tamen valde vetufta. Nunc bibliothecam illam indignis modis efTe compilatam
liquido apparet. Egi gratias optimo Slufio, ut vides, id enim viri humaniflîmi ofR-
ciofa comitas requirebat, cui tu me porro infinuare perges. Voflianus de Luce
Commentarius 8) averfo Gallorum ae Italorum applaufu confcriptus eft. Vellcm
amicus noftcr ad humaniores literas, quas caepit contemnere, reverteretur tandem.
Phaenomena tria iam a me accepifïc debes, cui quartum addetur, quamprimum
obtineri a piclore poterit. In illo 9) , quod fpeélatur publiée , Ecclefiae cathedralis,
nullos colores obfervare potui. pulvere obductos crcdebam, fed negat is, qui inde
exemplar tuum de fcripfit. Mittam amanuenfem meum, harum rerum non rudem,
ut et ipfe diligentius obfervet, fi quid pulvere deterfo mis ufibus profuturum
inde poffit erui. Nobiliiïimo Zelemio fratri tuo IO) me commendes rogo de
meliore nota.
Vale Vir Eximie , meque virtutum tuariim unice ftudiofum amare , quod facis
impolterum perge. Scribebam Holmiae Suecorum. Anno do ioclxii. a. d. xm.
Novembris.
Imagines et dclineationcs phaenomenon , quae hic terrarum fpeclata funt, an
fuppeditari a me poiïint omnes haud Icio : defcriptiones hiiloricas praeftare, ut opi-
nor, potero, fi cas e re tua fore intcllexcro. Iterum Vale.
Consultez la Lettre N°. 1043.
Cei ouvrage se trouve cité dans la Lettre N°. 907, note 4.
Consultez sur ce phénomène les Lettres Nos. 907, yii , 959, 966 , 987, 1000 et 1028
' 'onstantyn I luygens.
CORRESPONDANCE. 1662. 26 1
N= 1076.
R. Moray à Christiaan Huygens.
17 novembre 1662.
Art /<"//;v se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le No. 10.'*,;.
A Whitehall ce 7 Nouembre 1662.
Monsieur
Quelque iullicc qu'il y auroit à vous reprocher voftre filcnee, Je n'en veux rien
faire, quoy que ce foie moy qui ay eferit le dernier *). Toutes fois Je me fers fort
volontiers de l'occafion qui fe prefente a vous faire une ligne ou deux, pareeque
ce fera une efpecc de chaftiment que vous allez fouffrir. Ce n'eft pas que l'affaire
vous donnera beaucoup de peine: Mais la befogne qu'elle femble vous tailler vous
tournera un peu l'eftomach. L'impertinence infuperable de Monfieur Mobbes s'opi-
niaftre encore tant dans fa duplication du Cube et fa Quadrature du cercle, qu'il
ne fe contente pas de la réfutation 2) que vous luy auez enuoyee. J! y a fait une ref-
ponce 3) qu'il a fait imprimer, dont J'ay adrefîë une Copie a Monfieur Bruce 4)
pour vous faire tenir. Vous ne deuez pas doubter qu'il n'attende vos animaduer-
fions là deffus. Si vous trouviez qu'il vaille la peine d'y répliquer enuoyez moy
Copie de ce que vous trou lierez a propos de dire. Jl eft maintenant temps de re-
fueilleter vos précédentes pour voir s'il y a quelque choie que Je n'ay point touche
aux miennes parce que c'eft mon deffein de fatif faire a tout ce que Je vous doibs. il
eft vray que Monfieur Bronker a efté ce temps paffé tant occupé qu'il n'a pas eu la
commodité de me fournir ce qui tombe a fon partage pour payer noftre debte.
mais maintenant Je l'y feray fonger. Vous feauez bien que nous attendons auec
grand impatience Voftre Dioptrique et autres pièces dont vous nous auez donné
lieu defpcrer la publication, dites en des Nouuelles a
Monsieur
Voftre trefhumble trefaffeélueux et trefobeilïimt Seruiteur
R, Moray.
*) Voir la Lettre N°. 1055.
2) Voir la pièce N°. 1047.
3) De duplicatione cubi ad defenfionem proBlematum geometricoriuii Th. Hobbii contra C.
H. Lond. 1662. in-40.
4) Voir la Lettre N°. 1073 , note 3.
zC)2 CORRESPONDANCE. 1662.
Nous n'anons point encore veu icy Horoxius 5).
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem.
N2 1077.
Petit a [Christiaan Huygens].
17 NOVEMBRE 1662.
/.,: Ici ire se trouve à Leiden, coll. Huygens.
A Paris Le 17 Novembre 166:
Monsieur.
Maintenant que je vous croys de retour de voftre petite guerre !) & que vous auez
pris voftre quartier d'hyuer a la Haye jl faut fil vous plaie reftablir le Commerce des
lettres & l'entretenir des Curiofitez a cette heure que noftrc académie va recom-
mencer chez Monfieur le Marquis de Sourdis 2). fi Jen fuis creu auec les Principaux
en doctrine qui la compofent nous nous porterons plus aux expériences des choies
Phyfiques que par le pafTc, en quoy vous nous pourrez beaucoup ayder des voftres
& vérifier celles que nous ferons. Quant a la grande luneteric nous lavons laifîèe
jusqua ce quil y eut lieu de fen feruir. Cepandant Je fais faire vn Moule de 1 00 pieds
de diamètre & vn de 80 fur des Circonférences que jay tracées de ces grandeurs
auec vn gros fil de leton fu ("pendu 6k vn boulet de Canon au bas portant le burin &
traceant en pendule. Je ne croy pas quon puifle faire plus exactement ayant eflaye
plufieurs autres manières. Et en attendant la Perfection de ces moules que je fais
faire grands comme vous fcauez,pour eftre plus exaàts Jay mandé a Venife des mor-
ceaux de Criftal fort efpais que nous ne feaurions rencontrer icy auec les qualitez
requifes pour faire de bons verres. Car jl ny a plus que cela qui nous manqué eftants
Le mémoire de Horrox, imprimé par Hevelius dans son „Mercuriusin Sole visus". Con-
sultez la Lettre N°. 872, note 5.
I vi it fait allusion au séjour de Chr. I hiygens à Zuylichem , où celui-ci s'était opposé aux ma-
nœuvres des van lirederode.
Sur Charles d'Esconblean , consultez la Lettre N°. 484, note 3.
CORRESPONDANCE. 1662. 263
fi affleurez maintenant de la fabrique, et de la bonne Matière pour doucir & polir,
que les verres reuffifTent tous bons. Jay trouué vne façon de Poudre , autre que la
potée du grais dont tout le Monde fe iert a Paris, qui mange & doucit ii parfaite-
ment & fans deuenir grafTe & pafteufe fur la fin quil ny a rien de femblable. Poul-
ies petites lunettes et conuexes oculaires Je me fuis auifé ces Jours pafTez den faire
faire deux douzaines par mon Valet fur vne Machine que jauois jl y a très longtemps
& que jauois touf jours négligée , & Jay trouué aufli par effect quelle neftoit bonne
que pour les efbauchcr mais non pas acheuer. & par ainfi Je leur ay fait donner la
dernière main par nos ouuriers ceft adiré doucir & polir. Ce quils ont eu bien
toft expédié le plus long dans ces verres conuexes eftant de les ufer & donner la fi-
gure. Or de tous ces Conuexes prefque différents de foyer & de grandeur defpuis
10 lignes jusques a 40 Jay fait tant deflays en les combinant & triplant que Jen ay
drefîe vne grande table comme Ion feroit de tous les Anagrammes poffibles & Rai-
fonnables de cinq ou fix lettres, et puis en les appliquant a vn objectif excellent
que jay fait de 3 pieds \ jay trouué la vraye détermination de leurs diftances, jen-
tends des oculaires qui nefl pas precifement celle de leurs doubles foyers quand jl
y en a trois ny de leur fomme quand jl ny en a que deux.
En fuit te Jay eflayé fi deux Conuexes comme vous maniez dit autres foys fai-
foient mieux qu'un feul qui auroit la conuexité des deux & finalement quel auan-
tage jl pourroit y auoir de mettre deux conuexes oculaires au lieu dvn de Mefme
foyer, fuppofé quils fu fient efgaux de grandeur, fur quoy Je vous diray quand jl
vous plaira ce que jay trouué qui peut eltre ne fera pas tout a fait la mefme chofe
que voftre dernière jnuention de lunette a Miroir. De laquelle comme on ma
voulu faire croire que vous faifiez fecret quoy que jaye bien penfé que ce ne
feroit pas pour Moy qui fuis trop voftre feruiteur que vous feriez Myftere & que
je leur diffe mefme que cette dernière lunette a Miroir 3) ne pouuoit différer des
premières que par la grofTeur des tuyaux & par deux oculaires au lieu dvn dont
mefme je leur montray par eferit la remarque que vous men auiez fait eftant
icy , Je ne vous en auois pas voulu eferire auant d'auoir fait tous les eflays des
lunettes a trois verres. Je vous diray donc que Mon Valet ayant trouué par ren-
contre voftre dernière lunette fous vn licl & lavant apportée le loir par Curiofité
affin de lefîayer le lendemain matin fur ma terrafle comme luy & tous les autres font
les miennes quand jl leur plaift, Monficur Cheze me voulut faire pafTer cela pour
vn aufti grand Crime & attentat que fi c'eurt elle de Mon ordre précis & quen cela
jeufTe offenfé Monfieur voftre Père vous & toute la famille huggeniene. Ce qu'après
auoir traitté de raillerie comme je croyois quil faifoit Je fus contraint de luy dire
ferieufement quil jugeoit fort mal de Moy & de mes actions & quen cela jl ne con-
noifloit ny ma candeur et probité ny les lumières que jauois en ces matières la, et
3) Consultez la Lettre N°. 1069, note 4.
264 CORRESPONDANCE. 1662.
quil deuoit faflèurer que fi Je neufle pas cru dabord en voyant lefïect. de la lunette
en pouuoir trouuer la caufe Je vous leufïe demandée comme Jay bien t'ait dautrcs
choies dauffi grande importance auec affeurance de nen eftre pas refufé , fi Jeufie
eu Crainte que Meffieurs voftre père & frère me leufTent deinic ou que Me fine je
laurois fait prendre pluftoft ayant toufjours traifné foubs vn lict, fi ma Curioiîté euft
elle fi violente , auant que den venir au point que Monfieur Cheze me vouloit jm-
puter qui eltoit de lauoir fait prendre par mon valet de deiïcin & a cachettes, ainfi
nous en demeurafmes la afîez fechement. Et de Crainte que Monfieur voftre Perc
ne prift la moindre jmpreflîon a mon defauantage je luy efcriuis comme laffaire
(eltoit pafiee & vous laurois auffi des lors eferitte fans que vous eftiez a la petite
guerre & que je voulois acheuer toutes mes expériences.
Au relie Monfieur jay fait faire vn Moule de pierre pour mouler tant de petits
& de grands miroirs en ouale que vous aurez befoin car je penfe quils viendront
mieux en pierre qu'en fable & je fuis aiïèuré que les anciens mouloient ainfi les
leurs plats. Jl neft acheué que defpuis deux Jours, & Monfieur voftre frère &
Moy y en auons défia fait de plomb les foirs en nous diuertiftant. Pour les Mi-
crofeopes a 3 verres Jay la Meilleure proportion & difpofition qui fe puifîc ren-
contrer en ayant vn qui furpaflè de beaucoup les meilleurs que nous euffions, & je
lay donnée a Monfieur Auzout qui en va faire de mefme. fi vous la defirez vous
nauez qu'a ordonner pour vous abréger le temps de la chercher et trouuer, comme
vous feauez que Ion ne manque jamais de rencontrer ces chofes & que ce que
font les amys & gens de lettres les vns aux autres neft que de s'efpargner le temps
la peyne & la defpenfe, en fe communiquant ce quils ont fait de bien ou de Mal
pour les empefeher d'y tomber.
Quant aux pendules je me fuis enfin rclblu de faire faire deux nouuelles Roues au
mien de 3 pieds, feauoir vnc Roue de Champ & vne de Rencontre qui tourne horizon-
talement comme aux petits pendules affin de retrancher le pignon des palettes & la
coue demy dentée. Et je ne doute point après cela quelle ne chemine. Mais comme
vous auez pratique en connoiflanee de ces matières plus que perfonne &quc Mefme
on ma dit que certains ouuriers en I Iollande auoient trouué quelque choie de nou-
ueau & en faifoient non feulement de plulieurs femaines mais de plufieurs moys Je
vous supplye de me mander ce qui en eft et \\ vous me pouuez donner quelque auis
falutaire pour Meliorcr le mien foit pour la pe fauteur des poids foit pour le pen-
dule ou autres pièces, vous Mobligerez jnliniment de le faire. Si ce neftoit vne Rail-
lerie Je vous dirois qu'en Rcucnche Je vous enuoyerois le fecret des longitudes
quand Monfieur Martinet 4) me lauroit communiqué, le panure homme eft i'\ fol
quil ma dit jl ny a pas encores deux jours lauoir trouué très certainement par le
Moyen dun horloge portatif & que fans aller fur Mer on en pourra faire lef prenne
-1 Sur l'horloger Martinet, voir l;i Lettre IV . 389, note 3.
CORRESPONDANCE. \66l. 265
en courant la porte, quil ne fera pas plus gros qinine boule de Mail & qua caufe
quil fcait bien quon ne donné pas recompenfe aux jnuenteurs Jl ne demande autre
chofe linon de vendre le premier qu'il en fera 50 pifloles. Je luy dis que je voulois
donc prendre pour Mo y deux zéro feulement que jadjoulleray a fa demande & quil
trauaillat hardyment que je luy trouuerois marchand, toutes fes propofitions fe ter-
minent toufjours de mefme en paroles.
Pour les Commandemens dont je vous ay prié par mes précédentes je ne vous en
parle pas croyant que vous en auez tout le foin que je peux attendre de Ihonneur
de voilre Amitié & que les liures d'heuelius4) & autres nouueaux ny les fufeaux
des globes celell.es 5) ne feront point oubliez non plus que la figure de Peglife de
Saint Pétrone que je vous ayenuoyé6). Cepandant vous pouuezauffi croire très cer-
tainement et je vous fupplye den élire perfuadé Mathématiquement ceft a dire
auec démon ftration quil ny a perfonne au Monde qui vous eilime plus que Moy &
qui foit auec plus de tendrefTe & djnclination
Monsieur
Voftre Trefhumble et tref Obeifiant feruiteur
P. Petit.
Je ne vous fcaurois tefmoigner le defplaifir que jay de ce que Monfieur voilre
Père & toute fa compagnie 7) fen vont demain au faubourg Saint Germain 8).
Jaurois fouhaitte Ihonneur de leur perfonne plus longtemps après lauoir goullé ou
de ne lauoir point gouile pour nauoir pas le defplaifir de le perdre.
4) Consultez les Lettres N«s. 101 2, loi 5, 1064 et 1069.
s) Consultez la Lettre N°. 1069.
6) Voir la Lettre N°. 1069.
') Constantyn Huygens, père, avec son iils Lodewijk et Sébastian Chieze logeaient depuis
quelque temps chez P. Petit. Consultez la Lettre N°. 1069.
8) Ils y ont logé chez Monsieur Bailly , au Petit Moyse.
Œuvres. T. IV. 34 -
266 CORRESPONDANCE. 1662.
N°= 1078.
P. Petit à Christiaan Huygens.
28 NOVEMBRE [1662].
La lettre se trouve à Leidei?, coll. Huygens.
A Paris le 28 Nouembre.
Je vous aurois pluftot fait refponfe ') fans que Jattendois que ljmpreffion qu'on
fait de mon eferit 2) fur la jonction des mers fuft paracheue pour vous en enuoyer
vu Exemplaire en mefme temps, mais puis quon ne m'en a point encores enuoyé
6k que je ne fcay quand jl fera acheué djmprimer Je ne differeray plus a vous ef-
crire et premièrement des lunettes de Campani 3) dont Je voys bien que Mon-
lîeur voftre père vous a dit plus de merueilles quil ny en a. car Je lay veu tellement
entefté de cette lunette quil en auroit donné jufqua fa chemife, Jl me pria de
faire en forte auprès de Monfieur l'abbé Charles 4) que Monfieur le Cardi-
nal antoine 5) la troquart contre vn excellent microfeope quil a apporté dan-
gleterre , Je my fuis employé & y ay fait mon poflible auprès de labbe Charles le
priant de dire a (on Eminence quil luy feroit facile dauoir vue femblable & meil-
leure lunette encores de Campani puifquil eftoit ouurier dans Rome, mais que den
auoir vne comme celle dangleterre jl feroit j m poflible, louurier mefme eftant mort.
bref je feignay & jnuentay ce que Je pus pour faire perfuader cela a Monfeigneur
le Cardinal par l'abbé Charles, a quoy Je ne feeus paruenir par la raifon me dit jl
que le Cardinal ne troquoit jamais et ne fe deffaifoit point de ce quil auoit pour
peu quil laffedionaft et quil eftoit encores dans la première ardeur de cette lunette,
ainfi Je nay pu la procurer a Monfieur voftre père qui y auoit de laffeétion. mais
pour vous en dire maintenant le vray Jeu ay deux meilleures qu'elle et que Jay
confronte defpuis fur le lieu & dans la chambre de labbe, ce que Je nauois pas fait
la première foys que je la vis auec Monfieur voftre père nayant pas pour lors les
miennes auec moy & vous feauez que cela ne fe juge que par la comparaifon en
mefme temps & fur mefme objecL Voicy donc ce que ceft de cette lunette. Son ob-
jectif tire enuiron 2 pieds § il 1 eftoit auec vn Oculaire caue. et auec les trois ocu-
Nous ne possédons pas la lettre de Chr. I [uygens à laquelle P. Petit fait allusion.
:) Il partit sous le titre: Avis et (entiments fur la conjonction propofée des mers oceane &
mediterranée par les rivières d'Aude et de la Garonne.
3) Giuseppe Campani. Voir la Lettre N°. 732, note 10.
4 Sur Charles de Bryas, voir la Lettre N°. 98K, note 4.
5) Antonio Barberinî, le jeune, neveu du Pape Urbano Vil 1 et cardinal depuis 1 628, naquit
a Rome en 1608 et mourut le 3 août 1671. Il composa îles poésies latines et italiennes; sa
bibliothèque est renommée.
CORRESPONDANCE. 1662. 267
laires connexes toute la lunette tire 3 pieds 2 pouces, les trois Oculaires font dif-
tants en tout du premier au 3e de 7 pouces par ou vous jugerez de la grandeur de
leurs foyers qui font enuiron de 1 pouces | fils font efgaux ce que Je nay pas veu
car les 3 verres font dans vn mefme tuyau rt) comme toutes les noftres. Je nay veu
que l'oculaire & le 3e , qui font a la vérité dun beau verre 6k quafi fans points , mais
pas trop grands car jls nom pas plus de 7 a 8 lignes de diamètre, ce qui fait que la
lunette ne fracte 6) pas exceffiuement. lobjectif eil auffi fort bon mais pour vous dire
quil ny a rien du tout qui foit extraordinaire, Jy portay la femaine pafTee deux lu-
nettes que Jay lune de 2 pieds feulement lautre de 3 pieds £. Ma petite fit plusdef-
fect auec vn feul oculaire conuexe que celle de Campani & fur ce qu'on mob-
jectoit le renuerfement Jy appliquay vn miroir & vis auffi gros 6k plus defpace
quauec la Romaine, a la referuc qu'on ne lifoit pas la lettre a caufe du gauche a
droit que fait le miroir.
Quant a la mienne de 3 pieds i- garnie auffi de les trois oculaires qui fe trou-
uerent auoir la mefme longcur cefl a dire eftre efloignez de 7 pouces elle fai-
foit voir de mefme que la Romaine vn peu moins clair mais quand nous y euf-
mes mis le tuyau des oculaires de Campani elle fit beaucoup mieux 6k fans
aucun jris ce qui montre que fes oculaires font dun meilleur verre & mieux tra-
uaillez que les noftres. Conformément a ce que Jay toufjours dit que nos ouuriers
ne faifoicnt pas bien leurs oculaires & que leur main varioit plus que en faifant
de grands objectifs qui a caufe de cela eftoient plus faciles a faire quoy que plus
difficiles a rencontrer bons. Je croy donc que ces oculaires de Campani font faits
au tour comme j'en fais auffi prefentement faire, et quil a trouue quelque verre
auec moins de poincts que ceux qui nous tombent en mains. Mais pour vous ache-
uer lhiitoire de cette lunette auant que de vous parler du tour, Je vous diray donc
que après auoir mis ces oculaires de Campani a mon objectif et ayant trouuéma
lunette pour le moins auffi bonne que la fienne, Jy mis après cela nos deux Ocu-
laires connexes & le miroir ce qui la rendit de beaucoup meilleure dont labbe
Charles refla tout eftonne & encore plus quand Je luy dis ce qui eftoit vray que
cefloit Moy mefme qui auoit fait cet objectif de 3 pieds 3 pouces qui feft trouué
a la vérité excellent, mais cefl pour montrer que c'eft la rencontre du verre, car tous
ceux que Jay fait fur le mefme moule ne font pas de mefme. tenez donc pour tout
afleure que cette lunette n'eft pas vn miracle & que i\ vous rencontrez vn bon ob-
jectif par hazard, Je veux dire vn bon verre pour le faire, vous le ferez comme Cam-
pani 6k Diuini r). ljndultrie de louurier neitant pas la plus difficile chofe a trouuer.
quant aux oculaires jl cil certain que la tranfparcnce et netteté font extrême-
ment requifes a la matière, ce qui me fait beaucoup efperer de celle dont Je vous
ay enuoyc vn Eichantillon mais nous nen auons point encores aucune glace def-
6) Lisez: réfracte.
:) Sur Eustachio de Divinis, voir la Lettre N°. 395, note 2.
268 CORRESPONDANCE. 1 662.
paifleur propre a faire vn feul oculaire ny mefme objectif par ce que ce neft que
du verre en plaques pour faire des vitres, le gentilhomme qui le feait & qui le fait
faire en fon pays & dans fes forefts ma promis den faire defpais et de men enuoyer
ce quil na pas encores fait, quand Jeu auray Je vous en enuoyeray. Cepandant Je
vous diray par auance qu'un ouurier de Rouen en a fait vn Objeftif de 2| pieds
qui elt fort bon quoy que très mince & fans cfpaifTeur non plus que des lunettes
a néz. ce qui réfute ceux qui croyoient que lefpaifTeur contribuoit beaucoup aux
réfractions & a la bonté du verre comme Mcflieurs Defpagnet & Auzout.
Pour ce qui eft maintenant du trauail au tour dont vous me demandez mon aduis
Je vous diray que Je fuis du voftre que Je ne croy pas quil foit fi facile de bien reuf-
fir a donner la figure au verre fur le tour fans forme, qu'a la main auec vne forme
en de grande lunettes. Mais vous feaurez pourtant quil y a plus de 25 ans un Con-
feiller de neuers 8) jnuenta une machine dont jl faifoit des objectifs au tour fans
autre forme que dvne règle de fer large de 2 a 3 pouces longue de 2 pieds ou en-
uiron fort mince & pliante fous le verre qui tournoit fur fon centre cepandant que
la règle alloit & venoit en droitte ligne par le mefme mouuement du tour qui eltoit
comme celuy des lapidaires. Ce Confeiller faifoit donc des verres auec le tour &
M'en a enuoyé 5 ou 6 de 2. a 3 pieds, car Jl nen faifoit point de plus longs et
Jl me les enuoyoit pour les enuoyer a la Reyne de Pologne y) & a fon Secré-
taire Monficur des Noyers IO) de fes amys & quelques vns pour moy, meferi-
uant ainfi de fa machine & ayant Conferance auec luy par lettres fur la diop-
trique et furtout fur ce quil me difoit pouuoir donner telle figure qu'on de-
fireroit au verre foit Hyperbolique foit Elliptique , Je le priay de men enuoyer
la defeription ce quil fit de fort bonne grâce & fotfrit mefme a men faire faire
vne femblable a la fienne , dont layant prie Jl me l'enuoya en effecl & Je lay touf-
jours eue dans mon grenier defpuis fans m'en eftre jamais feruy m'eftant contente
de la voir & ayant jugé quon deuoit beaucoup plus mal faire auec cette machine
quauec nos baflîns, & de plus que ce neftoit que trauailler au hazard fans eftre af-
feurede la régularité daucune ligne ny Circulaire ny Elliptique ny Hyperbolique.
Jl y en auoit aufïi vne autre machine pour les Caues & dont on pourroit fe feruir
pour les connexes oculaires que Jay femblablement, mais par ce que nos ouuriers
ne veulent faire que leur ordinaire & que moy Je nay pas le loifir de trauailler elles
demeurent la toutes deux. Monlieur Auzout mayant donc ouy dire autres foys cela
;î j Probablement Petit se trompe-t-il sur le nom de la ville et veut-il indiquer:
Claude Mydorge, né en 1585 a Paris, où il mourut en juillet 1647. Il était fils d'un con-
seiller au parlement et d'une sœur du président Chrétien de Lamoignon. Lui-même devint
conseiller au Chàtelet, puis trésorier de France à Amiens. 11 employa sa grande fortune à des
expériences physiques. C'est ainsi que, lié avec Descarres , il dépensa cent mille écus à la fa-
brication de verres elliptiques et hyperboliques suivant la méthode de son ami.
9 Sur Maria Louisa de Gonzaga, voir la Lettre N' . 44N , note 4.
IO) Voir la Lettre N . 44K , note 4.
CORRESPONDANCE. \66l. l6<)
& que Jauois cette machine m'en a demandé la Conftruclion que Je luy ay donné
pour en parler dans quelque refponfe IJ) quil a fait a la lettre de Campani. Si
vous en defirez vne copie Je vous la feray faire. Jl ne ma pas encore rendu mon
original ny toutes les lettres que jay de ce Confeiller. Jay auili dautrcs machines
pour le mefme eftècl: mais je ne fays eftat de pas vne pour les objectifs des grandes
lunettes ny ayant rien de plus facile & de plus certain que noftre ordinaire, quant
aux oculaires jl nen eft pas de mefmé et je ne doute point qu'on nen puifîe faire
de meilleurs par machine & au tour que ceux quils font, de mefme leur donner vne
autre figure que la Circulaire , fi je pouuois jouyr des ouuricrs Jen viendrois bien
a bout.
Je fuis après a en faire trauailler vn mais jl me trompe toufjours a propos
de trauail & de lunettes, mandez moy fil vous plait la grandeur & proportion des
deux verres que vous miftes & que vous jugez quil fault mettre a cette lanterne de
peur. Car Je nay pas encores acheué la mienne defpuis les premiers eïïays que
'Jen fis. Jl me femble que celle du danois que jay veu auoit le verre des figures A
tous joignant le trou de la lanterne & a -i ou 3 pouces comme en B vn conuexe de
7 ou 8 pouces de foyer & au bout du tuyau C vn autre
denuiron 12 pouces qui feflognoit ou fapprochoit de B
fumant quon voulut reprefenter les figures près ou loin.
Mais comme on apprend toufjours quelques particulari-
tez de ceux qui ont defja fait vne chofe & quils peuuent
en abréger les recherches qu'on fait ou empefeher les
fautes qu'on fait les premières foys qu'on trauaille fur vn fujet je vous prie de
me mander quelle eftoit la Conitruclion de toute voftre lanterne & toutes fes di-
menfions.
Jay défia fait faire vne lampe fort commode & plus quaucune [?] que j'aye en-
cores veu qui porte vn miroir caue par derrière & vn verre conuexe par deuant
affin de faire la lumière plus grande. Pour la lanterne je la veux faire de 6 pouces
en quarre & de 9 de hauteur. Pour les verres Je les croys afTez grands dvn pouce et
demy de diamètre & de 6 et 1 1 pouces de foyer, fi vous auez quelques parti-
cularitez la deflus Je vous prie de me les mander et fil y a quelque règle pour la
difpofition & efloignement des verres ABC & mefmes pour leurs foyers en cas
qu'on voulut jetter les Efpeces I:) a 40 & 50 pieds loing au lieu de la longeur
dvne chambre vous me les marquerez aufH fil vous plait.
Pour voftre nouuelle jnvention de Montre Je ne vous en parle plus, il faut at-
") Nous connaissons d'Auzout l'opuscule suivant:
Lettre à Monsieur l'Abbé Charles, sur le Ragguaglio di nuove ofïervazioni de Giuseppe
Campani par Adrian Auzout. A Paris chez Jean Cullbn rué' St. Jacques. 1664. in-8°.
C'était une réponse a l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 732 , note 1 1 .
I2) C'est-à-dire: images.
2~Q CORRESPONDANCE. I 662.
tendre que vous en ayez l'ait tous les effays et que vous la vcuilliez communiquer
au publie, mais parce que Je fais taire vn pendule jeufle fouhaitte c[iiil eut eu
les derniers auantagcs affin que dans quelque temps jl ne le trouuat pas élire a
la vielle mode comme les harquebufes a Rouet. Je feray donc continuer le
mien puisque cette jnuention ncll pas encores preile a voir le jour & a montrer
Iheure. Monlieur Chcureuffe I3) qui a tait taire vn pendule par Thuret M) de l'on
jnuention a Ton horloge qui en deuroit auoir vn de 3 pieds comme le mien pour
marquer les fécondes, fen trouue fort bien a ce quil dit 6k: va jutlemcnt. mais
pour les petits pendules de o a 10 pouces je croy quil ne feroit pas fi Julie que
les ordinaires. Je trouue vos propofitions fort belles mais Je croys quil y aura de
la phylique ou matière niellée & quelles ne feront pas purement géométriques, la
pelanteur mcfme contribuera encores a la grandeur des corps en forte que deux
fpheres ou Conoides de mefme grandeur mais de diuerfes pefanteurs changeront
la détermination.
Jay eferit ces jours patTez a Monlieur Fermât en luy enuoyant mon aduis "5)
fur la jonclion des mers a caufe que ccll fon pays & a caufe du parlement de tho-
lofe. Et je luy auffi enuoyé vos propofitions. je ne fcay fil y refpondra. Je croys
que cela fe doit fonder fur quelque principe tiré de lexperienec des pendules de
diuerfes grofleurs et pefanteurs & mefme longeur, & au contraire vous le dire/,
quand jl vous plaira, auffi bien que ces Meilleurs dAngleterre leurs tables et
obferuations des Satellites de % l6) qui feront donc meilleures que celles I7) de Si-
mon Marins lSJ). Nous continuons toufjours a faire quelque choie chez Mon-
lieur Thevcnot principalement fur lanatomie ly) a loccalion de Monlieur Steno-
'•') Claude de Lorraine, époux de Marie de Rohan. Consultez la Lettre N°. 567 , note 4.
14) Voir la Lettre N°. 1004, note 3.
15) Voir l'ouvrage cité dans la note 2.
16 ) Il s'agit ici de L. Rooke, qui mourut au moment où il voulait faire sa dernière observation
sur les satellites de Jupiter.
'" , Mundus Jovialis anno m.dc.ix. deteclus ope perfpicilli Belgici, hoc eft, quatuor Jovhlium
planetarum cum tbeoria, tum tabulae, propriis obfervationibus maxime fundatae, ex quibus
fitus illorum ad Jovein, ad quodvis tempus datum promptifïïmê et facilimé fupputari poteft.
[nventore et authore Simone Mario Guntzenhufano, Marchionum Brandeuburgenfium in
in Franconiâ Mathematico, puriorifque Medicinae Studiofo. Cum gratia et privil. Sac. Caes
Majeft. Sumptibus et Typis Johannis Lauro Civis et Bibliopolae Nombengenfis, anno
M.DC.XIV.
I8j Simon Mayr (Marins) naquit en 1572 a Gunzenhausen et mourut le 26 décembre 1624
a Anspacb; d'abord maître de chapelle du duc d'Anspach, il alla en 1601 étudier l'astrono-
mie sous Tycho Brahé, puis la médecine en Italie. Depuis 1604 il l'ut l'astronome de l'élec-
teur Georg Friedrich de BrandebOUrg-Anspach. Il l'ut un des premiers à observer avec le
télescope la nébuleuse d'Andromède, les taches du Soleil et les satellites de Jupiter.
Iy) Steen y lut un remarquable travail sur la conformation du cerveau, travail qui fin traduit
en latin et publié plus tard sous le titre:
CORRESPONDANCE. IÔÔ2. 27 1
nius ao) qui cil icy. Mandez nous ce que vous faites de par de la, et iil y a quel-
que liure nouueau faites nien part iil vous plait. mes baifemains a Moniieur voitre
frère 2I). Ma famille cil encores en Touraine. Je fuis tout a vous
Petit.
A Monfieur
Monfieur Christian Huggens de Zulichom
u la Haye.
") Abus , chaque verre fe démonte apart [ Chr. Huygens].
N- 1079.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
1 décembre 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A la Haye ce i Décembre 1662.
Ce que vous me mandez du de (Te in de Mademoifelle Marianc *) m'a en effccl
beaucoup furpris. A quoy diable fonge elle, cil ce pieté defefpoir ou ibttife
Nicolai Stenonii Differtatio de Cerebri Anatome, Speftatiffimis Viris D. D. Societatis
apnd Dominum Thevenot collectac, dicata, atque è Gallico exemplari Parifiis edito
An. 1669. Latinitate donata, operà & fhidio Gvidonis Fanoifii L. L. A. A. M. & Doft. Med.
Lugd. Batav. Apnd Felicem Lopez. Anno 1671. in-i 2°.
2°) Nicolas Steen (Sténo, Stenonius), fils d'un orfèvre, naquit le ici" janvier 1631 à Copenhague
et mourut le 25 novembre 1687 à Schwerin. Après avoir faitses études à diversesuniversités,
il devint en 1667 médecin du grand duc Fernando II de Toscane; il se fit catholique en
1669. En 1672 il fut nommé professeur d'anatomie à Copenhague, niais, à cause de diffé-
rends de religion, il retourna en 1673 eu Italie pour se charger de l'éducation du fils de
Cosimo II. En 1675 il entra dans les ordres, devint en 1679 évéque de Hcliopolis, se rendit
à Hanovre, Munich et Hambourg, enfin à Schwerin, partageant son temps entre la propa-
gation de la religion catholique et le culte des sciences.
2I) Constantyn Huygens.
') Marianne Petit.
1~Z CORRESPONDANCE. \66l.
qui luv confeillent de prendre un tel parti ? Si je ne fcavois afTez que de voftre
propre mouuenient vous tacherez de l'en détourner, je mettrais icy ce que vous
luv pouriez dire de ma part. Maintenant je vous la recommande et a Don Se-
bartian 2).
Si vous elles parti 3) bons amis d'avec le Sieur du Portail4) c'eft toufjours beau-
coup. J'avois peur que ce qu'il a entrepris, pour découvrir le fecret de la lu-
nette, ne luy ferait pas facilement pardonne par il Signor Padre. Je n'ay fceu
cet horrible forfait que par ce que luy mefme m'en efcrit 5), et l'apologie qu'il
m'en fait eit trelplaiiante, ou il raconte de mot a mot ce que Don Sebaftian luy
a dit, lors qu'il inftitua fon aétion criminelle (par ordre del Signor Padre comme
je croy) et ce qu'il y refpondit, croiant d'abord de traiter la choie en raillerie, mais
qu'a la fin il avoit elle contraint de luy dire ferieufement „Ouil jugeoit fort mal
de luy et de [es aclions, et qu'en cela il ne connoijfoit ny l'a candeur et probité, ni les
lumières qu'il avoit en ces matières là &c. Qu'il eufl fait prendre plufîofl la lu-
nette qui avoit toufjours traifnè foubs un li&, fi fa curiofitè eufl eflè fi violente, avant
que d'en venir au point que Monfieur Chieze luy voulait imputer qui efloit de l'avoir
fait prendre par fon valet a dejjein et a cachettes. Ain(i , adjoufte t'il, nous en de-
meura [mes la afj'ez fechement et de crainte que Monfieur voftre père ne prit la moin-
dre impreffion a mon de f avantage, je luy ej "cri vis, comme F affaire s'eftoit pajj'ée fâc.
En fuite de cette naïve defenfe il me propofe et promet cent chofes, le tout
pour m' adoucir a ce que je voy, ce qui me fait croire qu'on luy a perfuade que
je ferois extrêmement indigne de fon attentat. Je voudrais bien veoir ce qu'il dit
avoir efcrit a mon Père.
Je vous remercie de la defeription de Ukranie 6) que le beau frère 7) m'a fait
tenir.
Je voudrais bien feavoir fi le Conful Zuerius 8) cil défia a Rouen pour y de-
meurer; ou s'il n'y eit pas, s'il ne pouroit pas m'indiquer quelqu'un la a qui
je puifle adrefier une horologe a pendule que je dois envoier pour Monfieur
Bouillant. Si je puis recouvrir les livres, que Monfieur Petit m'a demandé y) et
pour les quels j'ay efcrit à Amfterdam, je les y joindray.
2) Sébastian Chieze.
>j Constantyn Huygens avec son fils Lodewiik et Sébastian Chieze avaient logé chez P. Petit
et l'avaient quitté le i .X novembre. Consultez les Lettres N°. 1069 et 1077.
4) Sobriquet de P. Petit.
Consultez la Lettre N°. 1077.
5) Voir l'ouvrage décrit dans la Lettre X '. 1067, note 4.
" Philips Doublet.
On le rencontre plusieurs lois dans cette Correspondance. Consultez les Lettres N»*. 801
et 823.
y) Voir la Lettre N°. 1
CORRESPONDANCE. \66l. 273
J'efcris IO) a mon Père la nouuelle que je receus hier de la démolition entière
de l'ouvrage des Brederodiens XI).
Le Sieur Manfart I2) eft malade et fans efperance a ce qu'on dit, d'en pou-
voir efchapper. Mais d'ailleurs j'ay apris une mei chante nouuelle, a fcavoir qu'il
auroit cafTè le lais de Tes deux métairies a Dongen qu'il nous avoit donne pour le
conférer a Monfieur Wotton I3). Je le tiens de ma tante Dewilm I4) et elle de Mon-
fieur d'Armainvillers I5). S'il eft vray nous voila Patres Vetcris Teilamenti 1<s),
mais je ne veux pas encore le croire. Il eir. dans fa maifon au bois, et perfonne
avec luy qu'une fervante, qui parle par la feneftre a ceux qui vienent demander
de fes nouvelles. Outre cela il ne veut pas que perfonne l'approche que Ver-
rtratcn I?) le médecin.
Je ne me fuis encore jamais informe de vous ce que fait le Sieur d'Oftenberg
ou le Comte de Marlot l8) comme là il fe fait appeller. dites moy fi vous l'avez
veu, et en quel eftat. je luy fuis oblige de quelques civilitez qu'il me fit citant
a Paris.
N'oubliez jamais je vous prie de faire mes baifemains a Monfieur Chapelain ,
cette bonne aine; il me femble que je le voij avec fon petit jull'au corps comme
vous le defcriuez.
.—-.
I0) Nous n'avons point trouvé cette lettre de Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, père.
") 11 s'agit des différends avec les héritiers de Cornelis van Brederode dans les affaires de Zuy-
lichem. (Voir les Lettres Nos. 1031, 1036, 1044, 1071, 1072, 1073, 1074).
12) Louis de Maulde, Sieur de Mansart, petit-fils du capitaine Willem de Maulde, mourut en
effet au commencement de 1663. Il servit dans l'armée des Pays-Bas, en 1655 comme colonel
du régiment Wallon.
13) Karel Hendrik van den Kerckhoven (voir la Lettre N°. 929, note 8): Huygens l'appelle ici
de son titre anglais, Lord Wotton.
14) Constantia Huygens, veuve de David le Leu de Wilhem.'
15) Huygens indique ici Maximilien de Berringau (voir la Lettre N°. 744, note 17).
16) Cette loscution, peu usistée, signifie: se trouver dans une position impossible.
17) Peut-être il s'agit ici de
Johannes Verstraeten, né en 1616 à Leiden, où il étudia la médecine dès 1628.
18) Lodewijk de Marlot, seigneur de Giessenburg et Oifenberg, était le fils de David de Marlot;
sa fille Anna Maria épousa Gijsbert Johan van Hardenbroek. Il demeura quelque temps en
Poitou.
Œuvres T. IV. 35 .
2^4 CORRESPONDANCE. \66l.
N= 1080.
Christiaan Huvgens à R. Moray.
I DÉCEMBRE \66l.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
Elle est la réponse aux Nos. 1055, 1076. R. Moray y répondit par le No. 1093.
A la Haye ce i Décembre 1662.
Monsieur
J'avoue que vous avez droit d'accufer mon filence puis que vous en ignorez
la caufe. Mais je m'aiïure que vous me ferez grâce quand vous fcaurez que j'ay
eftè abfent x) pendant 6 femaines et cela pour des affaires de chicane qui ne m'ont
pas laiffè le temps de penfer aux chofes meilleures qui font nos entretiens. Je hay
plus que je ne fcaurois dire les occupations de cette nature la mais en l'abfence de
mon père il faut bien que nous autres fils de famille partagions entre nous ces
foins quelque inportuns et malplaifants qu'ils puifTent élire.
Je doibs refponfe a deux de vos lettres, dans la première vous me donnantes
efperance que j'aurois le bonheur de vous veoir bientoft en ce pais avec Milord
Brouncker, mais j'appris peu après de Monfieur Brus 2) qu'il n'en arriveroit
rien de cette année et que vous aviez différé le voiage jufqu'au printemps. Si vous
manquez derechef en voftre promette , l'on ne poura plus fe fier en vous, dans la
mefme voltre lettre précédente vous me demandâmes la copie de ce que j'avois
envoie4) au libraire de Monfieur Hobbes, de la quelle vous n'avez plus befoin
a cet heure, puis que fans doute luy mefme l'aura fait imprimer en femble avec
fa refponfe. Je l'attens encore avec impatience ne pouvant m'imaginer de
quelle façon il prétend de contredire a des raifons li évidentes. Si une telle réfu-
tation ne fuffit pas pour luy faire comprendre fes fautes et abfurditez je crains
fort que la chofe ne foit defefperée , et luy au nombre des incurables.
Je croy que Monfieur Brus vous a fait fcavoir que nous fommes après a faire
reufiir fur mer , s'il eft poflible , les horologes a pendule , et que pour cet effeét il
en a fait faire 2 de mefme forme et grandeur. J'en ay l'une icy auprès de moy et
l'autre y fera aufii bientoft. Elles vont fi bien et fouffrent fi aifement des mouue-
') Chr. Huygens fait allusion à son séjour à Zuylichem, d'où il écrivit les lettres N°. 1071,
du 26 octobre, et N°. 1074, du 13 novembre, son absence doit donc avoir duré depuis le
20 octobre jusqu'à la fin de novembre.
2) Alexander Bruce. Voir la Lettre N°. 1073, note 3.
Voir l'Appendice N°. 104-.
■* Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 1076, note 3.
CORRESPONDANCE. \66l. 1"J ^
ments afîez brufques et irreguliers , que je ne doute point qu'elles ne refiftent
auffi à ceux d'un navire agité. De la juftefTe qu'elles garderont fur mer, nous n'en
pourrons bien juger que par l'expérience : mais cependant par ce que j'en voy
icy, j'ay fubject d'en bien efperer. Le mal eft que Monfieur Brus ne pafïèra pas
d'icy en EfcofTe comme il avait fait eftat du commencement, de forte que cette
expérience ne fe fera pas encore fi toft fi ce n'eft qu'il trouue quelqu' autre qui
foit aflez intelligent pour le faire pour luy.
L'on m'a efcrit de Paris 5_) que dans voftre Académie on examinoit les propositions
de 4 perfonnes qui prétendent d'auoir trouuè le fecret des Longitudes, de plus que
le Prefident de cette Académie 6) a fait faire un petit vaiïïeau ") qui tourne comme
un cheval , et que fur ce modelle le Roy vouloit faire bartir une fregatte pour veoir
fi cela voudra reuffir en grand. Et de tout cela vous ne me dites mot. Voila pour
quoy je ne vous diray pas auffi comment j'ay ajuftè ma machine du vuide en forte
que la pompe ne fe gafte jamais , quelque long temps que je la laifîe repofer , mais
vuide toufjours auffi bien d'air, comme fi elle eftoit couchée foubs l'eau (ainfi que
j'ay appris 8) que Monfieur Boile a mis la fiene) et fans qu'il y ait pour cela plus
d'embaras qu'auparavant. Je me fouviens a propos de cecy que je doibs encore
refponfe a une lettre de Monfieur Boile 9), qui s'adrefTe a vous, et qui a pour
fujecl les remarques qu'en efcrivant a vous IO) j'avois avancées en pafîant touchant
quelques pafiages de fon livre contre Linus. Je ne diray rien a tant de chofes obli-
geantes qu'il efcrit pour moy dans cette lettre pour ne m'engager pas a luy vou-
loir rendre la pareille, car je fcay que je ne m'en demeflerois pas bien; et d'ail-
leurs je le croy fuperflu par ce que vous n'ignorez pas ni Monfieur Boile luy mefme
quelle grande efiime j'ay pour luy et pour les moindres chofes qu'il produit. Pour
les points qui y font traitez, je n'ay pas auffi beaucoup a m'eftendre defïus. Le
premier eft touchant l'hypothefe des petits corps qui compofent l'air. La quelle
eft fi bien expliquée par l'autheur ") dans fa lettre I2), que vous m'avez envoièe
que fi j'y ay apporté (car je ne m'en fouuiens point) quelque autre difficulté à
l'encontre, outre celle que j'avois d'admettre un mouuement intérieur et inherant
aux corps, je croy que j'ay eu tort, mais cette fuppolition quoy qu'authorifèe par
Epicure me femble toufjours fort peu recevable.
5) Probablement une des lettres de Lodewijk Huygens, que malheureusement nous ne possé-
dons pas.
6) C'était alors William Brouncker.
7) Consultez la Lettre N°. 1 102.
8) Consultez la Lettre N°. 964.
») Voir la Lettre N°. 1056.
10) Voir la Lettre N°. 1032.
") R. Hooke.
i:) Voir la Lettre N°. 1057.
2~6 CORRESPONDANCE. 1662.
Quant a l'expérience du tuyau de Linus ouuert par les deux bouts, qu'il dit
s'attacher au doigt, quand on le remplit de Mercure et qu'on l'enfonce dans la
mefme liqueur par le bout d'en bas, je croy qu'il eft fuperflu d'en difputer tant
qu'on n'aura pas effayè ce qui en arrive en effeét. Cependant je fuis fort trompe
fi en faifant la dite expérience, il ne s'obferve ce que je m'en vay dire. C'eft que
fi on laine enfoncée dans le Mercure une moindre partie du tuyau de verre que
celle qui s'y tiendroit lors qu'on feroit nager le cylindre feul dans le Mercure fe
tenant debout, qu'alors eftant mis en liberté, il qu itéra le doit fans s'y attacher
aucunement fi ce n'eft toutefois l'enflure du doigt, dont vous parlez, qui puifTe
contribuer a cet effeét : mais li une plus grande partie du verre eft couverte du
mercure vous feauez que cettuicy pouffera le verre vers en haut , et par ainfi il
pourra fe tenir attaché contre le doigt.
En dernier lieu Monficur Boile parle de l'expérience que cy devant j'ay faite
avec de l'eau purgée d'air, qui ne defeend pas du tuyau après que l'air eft tiré hors
du récipient. Mais par ce qu'il ne touche point certaines particularitez fort re-
marquables que je vous ay contées dans une defeription afTez ample de cette mefme
expérience (la quelle defeription I3) je n'ay aufii jamais bien feeu fi vous l'avez re-
ceue) j'ay fujecl: de croire qu'alors au moins il n'en avoit pas veu la communica-
tion. Car en confiderant les dites particularitez et entre autres, comment l'eau
defeend du tuyau lors que la moindre petite bulle y monte, avec ce qu'on en peut
déduire, l'on reconnoit afïùrement que ce ne feauroit eftre l'air refté dans le réci-
pient qui en cmpefche la defeente auparavant.
Vous m'apprendrez s'il vous plait ce qui en eft, car autrement je ferois bien aile
que Monficur Boile vit cette petite hiftoire. Je vous prie de luy prefenter mes
refpects et de croire que perfonne n'eft plus parfaitement que moy
Monsieur
Voftre très humble et très obéi fiant feruiteur
CHR. IlUYGENS.
Ne vous fcandalifez pas de l'encre qui s'cil verfé fur cette lettre.
A Monfieur
Monfieur Le Chevalier Moray
dans VVhithal A
du codé du Jardin Londres.
8 d
' ) Voir l'Appendice N°. 1033.
CORRESPONDANCE. \66l. 1JJ
N= 1081.
N. Heinsius a Christiaan Huygens.
2 décembre 1662.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par la No. 1094.
Nicolaus Heinsius Christiano Hugenio Viro Nobiliflimo
S. P. D.
De phacnomeno agri Vbfalienfis *) ante feptetinium fpeétato a plurimis, quam
proxime pollicebar, narrationem hic habes 2). Imaginem eius vivis coloribus ex-
prcfTam a me fperare noli, quam fruftra quaefivimus. In Helmaeftadienfi traftu nu-
per admodum fpectrum apparuiiïe, quod clafTem navalem exacte referret3), conti-
nuis inde literis hue perfcribitur. Sed quod ignorem an operis tui argumentum tam
late fe extendat , eius aut eiftypum aut narrationem necdum circumfpexi, praefto-
laturus literas tuas, quae me doceant, quid fieri hic velis. Ex matronis virifque
fide digniflimis intellexi non pauca fibi hic terrarum fpectata phaenomena annis
proximis , quae ex illorum narratione colligam fi iubebis. Nam inter gçntes foli
propemodum Marti deditas aut diei , quo apparuere , aut horae aut colorum aut
aliarum rerum quas a vobis mathematicis fciri interfît, accuratas defcriptiones
vix eft ut exfpectes. Vir Illuiiris tuus pater, quantum video, Comitis Briennae
junioris 4) confuetudine quotidiana gaudet. quo viro nihil eft: elegantius, litera-
tiufque. Nuper admodum verfibus Latinis Icitis admodum et venuitis oppido me
compellare eft dignatus 5). Virgilium plurimis locis a me caftigatum Elzevirijs iam
edendum 6) permifi. De Notis, quas paratas editioni habco, necdum ftatui : quod
membranas plures hinc inde etiamnum exfpectem. Habes hic ad amiciftimum
Wallium :).
Vale, et Nobiliftimo Zelemio 8) plurimam meis verbis, ni moleftum eft,falu-
tem die.
') Consultez la Lettre N°. 1075.
2) Nous n'avons pas trouvé cette pièce dans nos collections.
s) Voir la Lettre N°. 1075.
4) Sur Henri Louis de Loménie, comte de Brienne, voir la Lettre N°. 598, note 3.
s) Dans la nouvelle édition des Poemata N. Heinsii (voir la Lettre N°. 630, note 1), on
trouve, au livre premier des „Adoptiva Carmina," une lettre et un poème de L. H. de
Loménie, comte de Brienne.
rt) Cet ouvrage ne fut publié que plus tard :
P. Virgilii Maronis Opéra. Nie. Heins. Dan. F. E membranis compluribiis iifque anti-
quidimis recenfuit. Amltelodami ex officina Ellèviriana. A°. 1676. in-120.
7) Sur Adrianus van der Walle, voir la Lettre N°. 522, note 8.
8) Constantyn Huygens, frère.
278 CORRESPONDANCE. 1662.
Holmiae Suecorum. cididclxii. iv Non. Dec. Gregor.
Apollonij Pcrgaci exemplar mihi deitinatum ex Italia iampridem accepi, cui
quoque tibi copiam ab Elzevirijs factam eïïe nulliis ambigo. Gcdano nunciant
Hevelium poli: elacam anno proximo uxorem, de puella quindecenni domum du-
cenda ferio cogitare 9). Vae aftris ! quac intérim iubebuntur feriari.
N°= 1082.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
14 DÉCEMBRE 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A la Haye ce 14 Décembre 1662.
Je fus empefchè le jour de l'ordinaire patte de vous eferire, par plufieurs vifites
que je receus et principalement par celle de Monfieur Brus '), qui ne me quita
point toute l'aprefdinée. Et c'ert ce qu'il fait afTez fouvent, depuis que nous
nous fommes mis a perfectionner l'invention des Longitudes. J'en eferis au long
a Mon Père 2) , ce que nous en efperons et comment nous en fommes défia fi
avant, que nous difputons fur le partage du proufit qui en reviendra, parce que
Monfieur Brus foucient qu'il n'y a pas contribue peu de fon invention, en
adjuftant tellement le pendule qu'il ell capable de refifter au mouvements d'un
vaifïèau. Cependant donnez vous bien garde d'en dire rien a perfonne, parce
qu'on fe mocqueroit trop de nous, en cas que nous n'euffions rien à partager.
Si j'ay du temps j'eferiray encore a Monfieur Petit 3) a fin qu'il ne croyc pas que
c'eft par indignation que j'ay tant différé de refpondre à fes lettres4), mais bien
faute de loifir, de quoy touf jours vous pouvez l'affluer.
Je fuis bien aife de ce que vous m'avez informe de l'eftat du Comte de Mar-
lot 5). C'a eftè toufjours fa couftume de vouloir faire fembler fa fortune plus
grande qu'elle n'eftoit, et il paroi fl: encore dans ce que vous m'en dites.
9) En effet, I levelius, ayant perdu sa première femme le 1 1 mars 1662 , épousa la belle Elisabeth
Koopraann , fille d'un marchand considéré à Dantzic. Il n'eut pas à se plaindre de son choix,
car sa seconde et jeune femme l'aida dans ses affaires, dans ses réceptions et même dans ses
observations et travaux astronomiques. Elle lui donna encore un fils.
') Alexander Bruce. Voir la Lettre N°. 1073 , note 3.
2) Nous ne possédons pas dans nos collections cette lettre de Chr. Huygens à son père Con-
stantyn.
3) Nous n'avons pas trouvé de lettre de Chr. Huygens à P. Petit.
4) Voir les Lettres I\'<>s.io6q, 1077 et 1078.
•s) Consultez la Lettre N". 1079, note 17.
CORRESPONDANCE. \66l. 1JQ)
Faites fouvenir par occafion a Monfieur Thevenot de ce que par une de vos pré-
cédentes vous m'avez promis de fa part, qui eftoit qu'il m'envoieroit quelques cho-
fes curieufes qu'il avoit recueillies pour moy. dites luy auffi que Monfieur Voffius
m'a mis en main un pacquet pour luy, ou il y a 2 ou 3 livres. Flora Sinenfis 6),
en eft l'un; l'autre une Relation7) d'un Miniftre qui a demeure longtemps
aux Indes Orientales 8). Le troifiefme je l'ay oublié mais je fcay toutefois que
ce n'eft pas la copie, qu'il avoit fait efcrire pour luy, la quelle il m'a dit qu'il
l'avoit trouvée trop vitieufe, et qu'on luy en feroit une autre. J'ay mis avec ce
pacquet les livres de Hevelius 9) pour Monfieur Petit que j'ay fait venir d'Am-
fterdam , et je ne cherche maintenant que l'occafion de vous faire tenir le tout.
La voie par mer me femble fort longue, mais a faute de meilleure je croy qu'il
faudra la choifir, au quel cas j'addrefieray la cafiette a Monfieur Schott IO), et le
Conful "), s'il luy plait, luy en peut donner avis, quand on compare de tels Con-
fiais avec Scipion ou Cl. Marcellus, il faut avouer que ce titre eft bien ravalé de-
puis quelque 16 cent ans.
Le frère de Zeelhem I:) erta Rotterdam depuis 3 jours veoir fa bien aimée I3), et
félon qu'il m'en parle je croy qu'en fin l'affaire fe fera. Chez ma Tante Dorp I4)
l'on trouve que c'eft un bon party. Chez les autres l'on en eft fort peu informé. Il me
femble a moy que s'il y avoit tant d'avantage a gaigner, qu'on entendroit parler de
plus de rivaux qu'on ne fait. Monfieur van der Meyde I5) eft l'oncle de la fille,
5) Flora Sinenfis frurtus florefque humillime porrigens Sereni" ac Potento Principi ac D. D. Le-
opoldo Ignatio, Ilnngariae Régi Horentiflimo, et fruc'tus faeculo prortiitténti AugufHfïi-
mos, emifla in Publicum a R> P. Micbaele Boym S. I. Sacerdote, et a Domo Profefla eiufdem
Societatis Viennae Maieftatis Suae una cnm feliciflimi anni apprecatione oblata anno Sa-
lutis 1656. Viennae Auftriae. Typis M. Richter. in-folio.
L'auteur Michael Boym, jésuite polonais, partit comme missionnaire pour la Chine en
1643. De 1652 à 1656 il séjourna en Europe, chargé d'une mission auprès du Pape Clé-
mente VIII. Puis il retourna dans la province Quam-Si , où il mourut en 1659.
7) Hiftorifch ende grondich Verhael van den ftandt desChriliendoms nie quartier van Amboina,
midtfgaders vande hoope ende apparentie eenigher reformatie ende beternifle van dien,
gheftelt door Seb. Danckaerts, pred. des G. Woordts aldaer, ende by denfelven met het
Schip Walcheren , onlangs uyt Ooft-Indien in Zeelandt aenghekomen, over-gefonden. 's Gra-
venhage. Aert Mieris. 162 1. in-4°.
8) Sebastiaan Danckardt, né à la Haye en 1593, mort le 3 avril 1634 à Batavia; il fut pasteur
à Amboina de 161 8 à 1622. Après avoir passé deux ans aux Pays-Bas, il retourna aux In-
des, comme pasteur à Batavia. Il s'occupa beaucoup de renseignement et de la langue malaise.
9) Consultez les Lettres Nos. 1011, 1012, 1015, 1064, 1069611097.
10) Schott était un négociant à Paris
") Des Glargues, consul des Pays-Bas a Calais. Voir la Lettre N°. 627, note 1 2.
12) Constantyn Huygens.
13) Mademoiselle Thibault. Voir la Lettre N°. 910, note 3.
14) Ida van Baerle , veuve de Arend van Dorp. Voir la Lettre N°. 72 , note 3.
I?) Van der Meyde était négociant à Rotterdam.
:8o
CORRESPONDANCE. \66l.
le reite du parentage fort peu confiderable. Mandez moy ce que Mon Père en die ,
car de ce qu'il en eferic au frère je n'ay point la communication. Adieu.
Je voudrais bien feavoir quelle eftoffe d'habits et quelle couleur de draps l'on
porte la ou vous eftes, et s'il y a quelque chofe de change dans la mode.
Appaifez moy encore pour cette fois le Seigneur Sebaftian l6) et dites luy afin
qu'il ne fe mette point en cholere que je luy feray prefent de quelque T§5 de ce
que me rendra mon Invention fufdite.
A Monfieur
Monfieur L. Hugens de Zuliciiem
A Paris.
NtJ 1083.
CHRISTIAAN HuYGENS à R. MORAY.
20 DÉCEMBRE 1662.
La lettn se trouve à Londres, Royal Society.
K. Moruy y répondit par le Nu. 1093.
A la Haye ce 10 Décembre 1662.
Monsieur
Je ne veux pas laifTer partir Monfieur Brus fans le charger de cet biliet pour
vous outre le pacquet de livres que je l'ay prie de vous faire tenir. J'y ay mis le
Mercurius in foie ') de Hevelius parce que vous m'ayez eferit que vous ne l'aviez
pas encore vu. De plus 2 exemplaires de mon traiclè de Circuli magnitudine 2),
desquels je fouhaitc que Monfieur 1 lobbes puiflTe avoir l'un, a fin qu'il y voie le
Théorème dont il parle dans fa defenfio Géométrie orum T. H. contra C. H. 3) et le
quel il femble ne pas croire que j'aye demonftrée. Vous verrez au refte ce que j'ay
refpondu au dit eferit fi vous prenez la peine de lire la feuille cy jointe 4). Vous
pou iez après fi vous le trouucz a propos l'envoier au libraire 5) de Monfieur
I lobbes ou la luy faire tenir par quclqifautre voie.
tian Chi cze.
Ou Lécrit dans la Lettffi N°. 872, note 5.
Cet ouvrage est cité dans la note i delà Lettre N°. 191,
L'ouvrage cité dans la Lettre N°. 10-6. note 3.
< Voir l'Appendice N°. 1084.
Andréas Crooke, \<>w la Leti re N°. 1047, note 2
CORRESPONDANCE. l66<2. 28 1
Monfieur Brus porte avec luy Tes deux horologes pour les Longitudes, et vous
dira ou nous en fommes avec cette invention. Je n'en veux encore rien détermi-
ner, car je trouue que Pefperance que j'en ay croift tantoft et tantofl: diminue félon
que par mes obfervations je trouue plus grande ou moindre jurtefTe dans les horo-
loges. J'eufTe fouhaitè d'avoir eu plus de loifir pour les efîaier icy dans ma cham-
bre n'y aiant encore qu'un jour feulement qu'ils font tous deux en eftat, qui n'efl:
pas affez pour les mettre bien enfemble. J'attendray pourtant auec impatience
comment ils fe feront comportez fur mer, de quoy Monfieur Brus m'a promis
qu'il m'advertiroit. Je luy fouhaitè un heureux voyage et pourtant la mer un peu
agitée a fin que l'expérience foit d'autant plus confidcrable. Il vous dira mieux
que je ne puis combien je fuis
Monsieur
Voftre très humble et très obeiflant ferviteur
Chr. Hugens de Zulichem.
N= 1084.
Christiaan Huygens à Th. Hobbes.
[décembre 1662.]
Appendice au No. 1083.
La pièce se trouve à Londres, Royal Society.
Ad defenfionera Geometricorum Problematum T. Hobbij
Refponfio C. Hugenij.
Neque nuper fententiam meam fuper Hobbij paralogifmis perfcripfifTem nifi
hoc amicorum aliqui ') a me petijerent , neque in praefenti ad ea quibus fe defen-
dere conatus ert refponderem , nifi ijfdem illis exigentibus.
Namque plane fruftra operam hanc impendi mihi perfuafum habeo, fiquidem
nequi illum eo perduci poffe exiltimo ut de erroribus fuis confiteatur, neque
etiam periculum efTe ut , cuiquam falfa pro veris afprobet , cum faepius peccando
item apud omnes fidem decoxerit , ut non citius fere problema ab Hobbio pro-
') Entre autres, R. Moray. Consultez les Lettres N<»s. 1034 et 1076.
Œuvres. T. IV. 36
282 CORRESPONDANCE. 1662.
poiitum videanc , quam novum fyevaoypx.cpvifji.ct. emanafle pronuncient. Atque hoc
praemittendum duxi, ne quis haec videns, miretur qui mihi circa nacmias tain
abfurdas, vcl tantillum temporis abfumere libuerit. Imprimis caufam quo minus
fententiae mcac acquiefeerit referre cum video, quod jam ante quid de fuis in-
ventis fentirem alijs aperuifTem, cum ille eos duntaxat appellarit fibi judices, qui
necdnm illa praejudicio damnafTent, non equidem memini quando aut quale de ijs
tulerim judicium, ifta vero noviflima vice, non tam fententiam , quam refutatio-
nem fcripfi, cui tuto fane acquiefeere poterit, fi quid apud illum vericas aut ratio
valeret. Sed efto , fuerit illi nihilo minus , quod ait , refpondere libitum , mihi vero
in pofterum quoque liberum fit non refpondere.
Dixeram in duplicatione Cubi haerere ibi demonftrationem ejus ubi ait pro-
duclam XT 2) incidere in Z. Ille vero hoc ita fe habere denuo probare nititur, fed
ea argumentatione , in qua nulla bona fit confequentia, addo ut Typographbrum
errori id imputaturus fuerim nifi exemplar manu emendatum accepifîem. Itaque
cùm nihil quod ad Rem faciat, dicat, fatis fit hoc ipfum admonuifle, quod quam
verum fit, quivis ex ipfo Hobbij feripto pofïet cognofeerc, fufficere autem Georaetris
poffit quo vitiofum et ridiculum efTe totum hoc de duplicatione eTi%eipeiJi,cù intelli-
gant, quod in eo poftquam AS pofita eft aequalis dimidio AC, et DV dimidio AD,
nunquam deindc in demonftratione haec commemorantur neque aliquid quidem
quod inde deduéhim fit. Id enim cum non fiât quis non videt candem Hobbij
demonftrationem convenire ei conftruétioni in qua AS et DV ad libitum fumptae
fuerint. Atque in paullum tantum eas immutet, jam ipfa illum régula et circinus
docebunt non incidere productam XT in Z. ac fortafïc talis demonftratio melius
quam quaevis alia Geometriae hujufmodi fuum fphalma oftenfura fit. At quis
Logicus inquit demonftrarit hoc , nempe id quod conftructione effeélum eft in
demonftratione confiderandum efte. At ubi inquam apud Geometram ullum, pro-
blema vidit I Iobbius ubi id neglectum fit.
Cur denique ubi ipfi mox contradicit cum fufficere ait legitimac demon-
ftrationi ut omnia deriventur a conftruftionc. Hoc enim id ipfum cil: quod re-
quin dicebam, quomodo autem id fiât nifi confiderando iingula in apodeixi quae
in conftruclione fuere conrtituta, quod quidem Hobbium non fccifTe ex jam dic-
tis confiât.
Non hoc a me impetrare pofllim ut fubfidiariam altcram demonftrationem qua
tubantem circuli quadraturam fuam fuftentare conatus eft, ad examen revocem. Sed
nec opus eft, cum ultro fe illam et infoelix iimul Geometriae ftudium abjeélurum
pollicetur, fi coniliterit abfque Arithmetices auxilio me demonftrafïe reftam BF
majorem efTe arcu BD quando XV eft aequalis radio, videat igitur ea de re Theo-
:) Consultez la planche vis-à-vis de la page 203.
CORRESPONDANCE. 1662.
283
"^\1>___
\Vv
1 M
\"\
B
A
rcma noftrum in libello
de circuli magnitudine 3),
ubi quidem abfque nume-
ris aut computatione ulla,
rem confectam inveniet.
cui theoremari Ci tantum
tribuat ut eo percepto non
modo ab hoc errore fuo,
fed et ab univerfae geo-
metriae inaufpicatiffimo
fibi ftudio recedendum
putet, fateatur tune etiam non omnino imitiliter me (quod ante hac objecerat)
cire a dimenfionem circuli tempus contriyiffe.
De rationum additione opinionem meam non recïe eum percepifle video. Cum
enim dixi, et praeflaret quidem, mea fententia, non aliam rationum additionem
agnofeere de illa intellexi de qua poftremo locutus eram. Hobbius vero, exigua
ambiguitate deceptus (efl: etiam aliqua fateor) contrariam plane ejns quam teneo
fententiam mihi attribnit. Solam enim rationum additionem dici ego vellem, quae
Geometris ufitata eft, et fecundum quam, ratio i ad 3 una cum ratione 5 ad 4
conftituk rationem 5 ad 12. Intérim verba illa in alium fenfum accepta, Epilogo
perquam fane fevero anfam praebuere. Cenfeat inquit, unufquifque pro lubito fuo,
Ego vero fie cenfeo, opportere homines ea non feribere quae intelligi non pofjunt,
abfiiiiere a contumelijs nec ijs rébus fuperbire quarum puderet [i faperent. Mira
verborum gravitas , quibus tamen quid fibi velit non facile afïcquor. Neque enim
exponit ipfe, aut ego fcio quidnam adeo obfcurum ut intelligi nequcat, feripfe-
rim , nifi forte non intelligibilia vocat, quaecunque ipfe non intelligit, atinhis
etiam maxime perfpicua effe exiflimo. De contumelia non erat quod quaereretur,
oftendi enim duntaxat illi imperitiam fuam non exprobari, neque deridendi eau fa
oculorum errorem objeci, fed quod veriifimam hanc illi fuiiïe hallucinandi
caufam arbitrarer. Ubi denique, aut undc fuperbiam meam deprehenderit prorfus
nefeio, hoc fcio nulla in re unquam me minus fuperbijfîe quam Paralogifmorum
iftorum confutatione.
3) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 191 , note 1.
284 CORRESPONDANCE. 1662.
N° 1085.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
20 DÉCEMBRE 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A la Haie le 20 Décembre 1662.
Monfieur Brus eftant parti cette aprefdinée nous avons eftè occupe tout le jour
a bien ajufter enfemble Tes deux horologes marins, et puis a les empacqueter,
parce qu'il les prend avec luy fur mer pour en faire l'efTay. de plus il m'a fallu
eferire des lettres ') pour Londres dont il s'eft voulu charger de forte qu'il ne me
relie du temps que pour faire le couvert de cette enclofe de la Coufine Dorp -).
Mon Père parle de faire venir l'un de nous deux a Paris en cas que vous vinfïïez icy
pour folliciter noftre procès. Selon toute apparence ce feroit moy ; et pourtant ce
voyage me viendroit fort mal a propos fi l'invention des Longitudes reufiit, comme
j'efpere qu'elle fera.
A Monfïeur
Monfieur L. Hugens de Zulichem
A
Paris.
N= 1086.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
28 DÉCEMBRE 1662.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
le 28 Décembre 1662.
Ce mefme Moniieur Brus que je vous manday l'autre femaine ') qu'il cftoit parti
pour l'Angleterre m'a derechef derobbè toute cette matinée, n'ayant point trouve
') Voir la Lettre N°. 1083, et l'Appendice N°. 1084.
Probablement Anna van Dorp, fille de la veuve Ida van Baerle. Voir la Lettre N°. 55
note 5.
Voir la Lettre N°. 1085.
CORRESPONDANCE. 1662. 285
le vaifieau alors avec lequel il devoir, palier. Mais maintenant je croy qu'il par-
tira tout de bon , avec fes horologes , que nous avons empacquetè derechef,
après que je les ay eu encore ces 4 ou 5 jours icy dans ma chambre. Les 2 der-
niers ils n'ont pas fi bien aile que j'eufîe fouhaitè, ce qui fait que je ne veux pas
encore parler avec pleine aflurance de cette Invention, et vous prie auifi de n'en
dire rien ny à Monfieur Chapelain ny a peribnne, tant que je n'auray pas publié
la chefe icy et prefentè Requcile a nos Meilleurs 2). Je le remets d'icy a 6 fep-
maines pour le moins parce que je veux faire auparavant des expériences avec
l'horologe que j'ay commandée maintenant qui aura un pendule de 10 pouces,
(ceux de Monfieur Brus n'eitant que de 7) et fera meilleure pour plufieurs autres
raifons. Tant y a que je ne ferois pas bien aile que celle affaire fit du bruiét, au-
paravant que je fufie bien allure du fucecs.
J'ay encore confeillè mon Père 3) qu'il vous cnvoialt icy pour le procès de
Nieuwerveen4), et me fuis offert, en cas qu'il le defire, de venir prendre voftrc
place, avec efperance pourtant que fon retour ellant proche, il jugera qu'il ne
vaudra pas la peine que je me mette en chemin.
Il faudroit que tout au commencement de mars vous fulfiez a Bommel 5),et
mefme quelques jours auparavant. Car c'efl le 2 ou 3<ne du dit mois que la Banque
fe tient 6). J'ay penfè , parce que j'ay un garçon qui ne feait pas le francois (c'elt
David) s'il ne feroit pas a propos que vous laifiaffiez le voitre a Paris, et que
je ne menafie le mien plus loin que Bruxelles, d'où il pouroit revenir avec vous.
Entre ce lieu là et Paris on pourroit aucunement fe paner de valet et les frais
en feroient moindres. Vous m'en direz vollre avis.
Le frère de Zeelhem :j n'ell pas encore revenu de Buren, il verra a fon retour
la réprimande que il Signor Padre luy fait touchant ce que feavez.
Au frère Louis.
2N) Messieurs des Etats-Généraux.
3) Nous ne possédons pas cette lettre de Chr. Huygens à son père Constantyn.
4) Consultez la Lettre N°. 1073 , note 5.
s) Bommel est une petite ville près de ZuyHchem.
6) La Banque de ZuyHchem (Consultez la Lettre N°. 1073) devait juger dans le différend avec
la famille de Brederode. Consultez encore la Lettre N°. 1079, note 1 1.
7) Constantyn Huygens.
:86 CORRESPONDANCE. 1662.
N= 1087.
Christiaan Huygens à [Leopoldo de Medicis.] ').
[1662.]
La minute et la copie se trouvent à Laden , coll. I/uygens.
Cum P. Vinccntio 2) quam civiliter egerim.
page 19. fperat optatque ut veritati confentiat fyftcma meum.
1 11 ud pleb ei 3) ipl'e adjungit feque ipfum irritât.
Credo fane jam ab illo comitem cerni, tôt produftis teftibus , antea vero mé-
rité) dubitabam an vidiiTet cum nihil produceret nifi obfervationes quac cum rei
veritate itarc non poterant. Quanquam enim mine in carum recenfionem vitio ferip-
toris vel typographi verba omis et occafns aliqnoties locum inter fe permutafTe
dicat, quod quidem ultimum videri refugium pofTet; non tamen mihi in culpam
vertat fpero, quod fphalmata illa impreffionis cum ejufmodi eiTentpermecorrigere
nefeiverim.
Scio experimentis omnifariam inftitutis, et feripturae diverlis characteribus pro-
cul affixae et lunarium montium ... et quod jovem aut f) infpiciendo terminât!
eorum ambitus apparent nulla barba radiofa aut coma adhaerentibus, hinc inquam
fcio vitio carerc lentem meam ac proinde non dubito quin veriores rcrum formas
illius ope cernam quam vitris tuborum meorum breviorum; vidi autem majore illo
anfas in longum porreétas clariffime anno 1657, et deinde bifidas quoque circa
globum fji circa ejufdem anni finem ac deinceps anno 1658. Multique mecum ,
eademque phaenomena fie in Anglia quoque obfervata docui in rcfponfo4).
Ac proinde non dubito quin eac formae reftiores fucrint quam quas fexpcdali tubo
eodem tempore cernebam. quae nenipe binos referre giobulos Saturno fingebant.
Unde et Euftachij tubos qui ijfdcm annis hanc formam reddebant, non tantum
breviores meos bonitate luperare quantum a longioribus vincantur credere cogor.
') Dans la Lettre N°. 996, du [5 mars 1662, Clir. Huygens mandait à son frère Lodewijk qu'il
allait écrire au prince Leopoldo de Medicis ses remarques sur Pouvîage d'Eustachlo de
Divinis ,,1'ro sua Annotatione". (\roir la Lettre N°. !*62, note 1 ). Nous pensons que la pièce
N' . 1087 est l'anticritique en question, mais nous n'en avons pu déterminer la date précise.
C'est un lapsus calami de Chr. Huygens; il faut lire „Fabrius," comme il résulte de la page
citée (p. io) de l'ouvrage ,,1'ro Cua annotatione".
Les mots „plebeio artilici" se trouvent a la page H du même ouvrage.
' !onsu!tez sa wBrevis Assertio".
CORRESPONDANCE. 1663. 287
N= 1088.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
4 JANVIER 1663.
La lettre et h: copie se retinrent h Leiden, coll. Huygens.
A la Haye ce 4 Janvier 1663.
Il y a quelques mois que paffant par Harlem j'allay vcoir l'inventeur ') de ces
horologes d'un ou plufieurs ans, qui alors ne m'en pouuoit monftrer qu'une qui
alloic un an, mais depuis l'on m'a dit qu'il en avoit fait une pour 6, et qu'il fe
vante qu'il en fera pour 25 ans et plus. Il ne me vouluft pas monllrer le dedans
de l'ouurage ou je m'apperceus pourtant bientoft qu'il y avoit un pendule, feu-
lement par les coups que j'entendois, ce qu'auffi il m'advoua. Et par ce que ces
coups faifoient fort peu de bruit je connus que le pendule devoit eftre extrême-
ment léger, ce qu'il advoua auffi. Il y avoit un contrepoids de 20 livres, ce qui
n'eft pas beaucoup pour fuffire a un fi long mouvement, mais il s'enfuit que ce
mouuement doit eftre fort faible et par la fort fujeft comme je croy a s'arrefter.
Il n'y a point d'autre flneffe dans cette invention que la multiplication des roues
et des dents, et de les feavoir faire fort fubtiles et légères, ce qui eft afïez eftrange
pourtant d'un homme qui auparavant n'eftoit pas de ce meftier. Il avoit exercé
toufjours celuy de polir des diamants et feavoit auffi peindre des perfpeftives.
Quand je luy dis qu'on luy pourroit défendre de fe fervir des pendules dont délia
l'invention eftoit privilcgee, il refpondit. Als 't de vrienden foo verftonden, foo
fouden wy ons met het ouwe onruftje moeten behelpen 2). Mais je croy qu'il y au-
rait peu de juftefïe alors dans fes horologes. C'eft un petit mennifte , et femblc
avoir de l'efprit.
Je fuis ravi de ce que vous a dit Monfieiir Thevenot et j'efpere qu'il vous tien-
dra parole. Je m'eftonne qu'il veuille faire imprimer le petit Extrait du voiage
Chinois 3) y ayant très peu de chofe qui ne loin défia eferit dans des autres rela-
tions imprimées. Il me femble que celle que Vofïius fait copier pour luy eft de
quelque païs de l'Afrique, mais je ne m'en fouuiens pas fort bien. Le pacquet
qu'il me donna dernièrement pour luy eftre envoyé n'eft pas encore parti , et s'il
ne fe prefente d'occafion pour l'cnvoier par terre je croy qu'il vaudra mieux que
je le garde pour quand il viendra luy mefme.
Monfieur Brus 4) pour tenir l'invention cachée me dit qu'il tafeheroit d'avoir
') Comparez la Lettre N°. 815.
:) Traduction: Si les amis l'entendaient ainfi, il faudrait nous contenter de l'an-
cien balancier.
3) Voir la pièce N°. 1039.
4) Alexander Bruce.
►88 CORRESPONDANCE. 1663.
quelque lieu a parc dans le vaiflfeau qui pourtant: n'eft guère grand, mais quand
cela n'auroic point elle , les horologes font pourtant tellement fermez qu'on ne
peut veoir que les indices.
Monfieur d'Armainvilliers 5) à receu nouvelle par cet ordinaire que Mon lieu r
de St. Pater 6) eft mort, qui ie préparait de venir icy pour efpoufer Mademoifellc
Deliane de M. 7). Il eftoit a Paris et je ne fcay fi vous l'aurez vu.
Le frère de Zeelhem 8) n'eft pas encore de retour. J'avois quelque foupçon
qu'en revenant de Buren il auroit pris le chemin de Rotterdam, mais parce qu'il
n'a point d'habits ny de linge avec luy je croy pluftort que les mauvais chemins
ou le froid le contraignent de relier a Buren. Il luy importe cependant fort
d'eftre icy, pour des raifons que je ne puis pas encore vous faire feavoir.
Le froid dont je viens de parler eft fi grand icy que la nuit d'hier le courier
entre Amfterdam et icy en eft demeuré mort en chemin. Le cheval s'en vinft a
la Haye et luy a elle trouuè tout roide vers le bout du mail.
N= 1089.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huvgens.
II JANVIER 1663.
/.<.' lettre ei la copie se trouvent à Leiden, cuil. Huygens.
A la Haye ce 11 Janvier 1663.
Quoy que vous diriez qu'il n'y a pas encore prife de refolution finale touchant
nos voyages, je m'appercois allez du contraire par ce que Mon Père m'eferit '). Il
5 Le seigneur d'Armenvilliers est IVlaximilien de Berringau. Voir la Lettre N°. 744, note 17
Le seigneur de Saint-Pater était beau -frère de 1 1. de Beringhen.
Peut-être Deliane de iVloriensart.
( ïonstantyn Huygens.
' Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre de Constantyn Huygens, père,
a (lir. I [uygens.
CORRESPONDANCE. 1663. 289
dit que vous elles bien difpofè a vous en venir , et qu'il ri attend fi non que le froid
foit un peu pajfè et qu alors il niadvertira quand il fera temps que je me mette en
chemin. Je crains mefme en confiderant ces paroles , qu'il ne me faïïe venir devant
que vous foyez arrivé icy, ce qui me deplairoit fort, parce que j'ay encore quelque
chofe à faire qui demande un peu plus de temps. Je vous ay fait fcavoir vers
quel temps vous devriez vous trouucr h Zulichem, fur quoy vous pouvez faire
voftre compte , et je croy que vous ferez bien de plier bagage au commencement
de Février. Il en faut faire fouvenir Mon Père et le prier, a fin que nous nous
puiffions veoir a loifir, qu'il n'ordonne pas nos voyages a tous deux en mefme
temps. Pour ce qui eft de l'ufage de ma chambre je vous l'accorderay volontiers.
Mainard 2) eft affez entendu en fon meflicr, mais il aura encore affez de peine a
trouuer en taftonnant la bonne proportion des verres oculaires , fi ce n'efr. que
Monfieur Petit ou fon valet luy en aient dit quelque chofe.
Ce pied pliable du Cardinal Antoine ~) doit eftre une jolie invention , et il
femble prefque incroyable, que fervant a foutenir une lunette de 10 pieds, on le
puiffe mettre en fi petit volume.
Il me femble qu'il valoit mieux de monrtrer et les verres et toute l'invention
de ma lunette a Monfieur Petit, parce qu'autrement il le glorifiera de l'avoir
trouuee aujji bien que moy, comme il fit dernièrement de quelqu'autre4). Mais tout
cela eft peu de chofe. J'apporteray avec moy un de mes verres pour la grande lu-
nette , a fin de le comparer avec ceux qu'on a par de la, pourveu qu'il y ait des
tuyaux. Saturne doit défia commencer a revenir mais je ne l'ay pas encore cherche.
Mon père me mande que j'apporte aufli ma machine du vuide, ce que je
m' allure que vous trouuerez fort plaifant. Ce feroit un beau meuble a porter en
voyage , avec un coffre plein de phioles de toute forte. Je juge bien par la qu'il
ne feait pas combien cette machine eft grande; et quand je la pourois racourcir
comme ce pied de Lunette de Rome, je n'aurois pourtant garde de m'en char-
ger de peur de l'embaras que cela me donnerait a Paris, parmy ce grand nombre
de curieux. Ils fe contenteront bien d'un crayon que je leur en monftreray, après
lequel ils en pouront faire confrruire des femblables s'ils en ont envie.
Si cette grande roue deftinée pour Verfaille eftoit creufe fur la circonférence
avec des petits bacquets ou l'eau fe verfalt dedans, je penfe qu'elle ne biffe-
rait pas de tourner avec cette quantité dé 10 pouces en quarrè que vous dites,
mais il faudrait que cette eau mefme fuit bien haute.
2) Mesnard était physicien-mécanicien à Paris.
3) Antonio III Barberini naquit à Rome en 1608 et mourut le 3 août 1671 àPalestrine. Il
appartenait à cette fameuse famille pontificale dont , après leur chute, les derniers membres
allèrent chercher l'appui du cardinal Mazarin. Il devint cardinal en octobre 1655, et reçut
en novembre 1661 la principauté de Palestrinc.
4) Comparez la Lettre N°. 1066.
Œuvres. T. IV. 37 -
20O CORRESPONDANCE. 1 663.
Voffius m'a die que l'on vend iey la Relation 5) de l'Ambafladeur de Venilé6)
donc vous parlez, et je vous en envoieray un exemplaire, pourveu qu'il loir, petit.
Je n'ay pas encore nouuelle de Monfieur Brus, qui pourtant doit ettre paffe
en peu de temps. Chez Monfieur de Sommerfdyk r) L'on n'en a non plus. Le
confeiller de Raet8) mourut hier au matin d'une pleurefie, qui avoit duré 3 ou
4 jours.
Pour le frère Louis.
N2 1090.
A. Bruce à Christiaan Huygens.
12 JANVIER 1663.
La lettre se trouve à Leidea , coll. Huygens.
o
a Londres ee Janvier 1663.
Monsieur
Je vous demande pardon de ne vous avoir poin eferit par le dernier ordinaire,
pour vous dire la vérité Je l'oublia jusques a ce que la poil eftoit parti et alors
j'eftois bien fafehé. la raifon que je l'oublia , eltoit que j'avois fi pu a vous eferire
touchant cette affaire de mes horologes que il ne ne valoit pas la pain de vous ef-
erire. cette nuit que nous Ibrtifmes de Ilelevoet fluys nous avions le vent fi con-
traire et le vaifeau (i petite que quoy qu'il ne faifoit poin de tout orage le vaifeau
eltoit fecoué plus qu'il eft poflible de fecouer un berceau tellement que le vieux
tomba de haut en bas le vis qui entret dans la boule eltant défait par le branfiement
du vaifeau. et le nouveau s'arefta et moy, j'eltois i\ extraordinairement malade
que Je ne pouvois rien l'aire au mond. le lendemain je fit toucher le nouveau pour
le faire recommencer et le vaifeau n'eftant plus fi furiefment fecoué il continua
d'aler julques a ce que nous arivafmes. voyla tous ce que Je pouvois obferver fur
mer. eftant arivé un officier de limpolr. les l'ai l'oit pour les fair payer le droit
Ces „Relazione degli Ambafliatori Veneti al Senato" étaienl des rapports d'ambassadeurs
revenant de leurs ambassades.
8 ) Probablement: Giovanni Formosa Marchesini.
' ) Sur Cornelis van Aerssen, seigneur de Sommelsdijk , le beau-pére de Alex. Bruce, voir la
Lettre N°. 1001 , note 3.
Gualter de Raet fut membre de la Cour de Hollande depuis le 2 mai 1642 jusqu'à sa mort ,
qui eut lieu le 10 janvier 1663.
CORRESPONDANCE. 1663. 29 I
d'entré tellement que j'eftois obligé de les laiflèr a Harwitch et ils ne font pas en-
core arives, mais en deux ou trois jours je les attends icy. voyla comme nous fom-
mes fruftrées de noilre attent pour ce fois icy. J'aye donné voftre lettre ') a Mon-
iteur Moray et la refponce -) que vous aves fait a Moniieur 1 lobbs a elle len dans
noftre aflèmble 3) avec grand applaudilémcnt. Monfieur Moray allur4) envoyé an
librair 5) de Moniieur Hobbs, et ce qu'en arivera vous le feauries avec le temps.
Si en aucune chofe je vous pourois fervir pendent que je fuis icy je iéray bien aife
d'en trouver l'occalion. car j'aye elle li charmé de voftre company pendent que
j'aye elle en Hollande que j'eftimerois le plus grand bonheur que je puis avoir
alieurs de vous pouvoir fervir. pourquoy je vous fuplie de m'employer et vous
trouvères combien je fuis avec paffion
Monsieur
Voitre trefaffeétioné amie et trefhumble ferviteur
A. Bruce.
A Moniieur
Monfieur Christian de Zulichem.
a la Hay.
Ng 1091.
R. F. de Sluse à [Christiaan Huygens].
12 JANVIER 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle a été publiée par G le Paige dans le Bail, di Bibliogr. T. 17.
Nobiliflime Domine
Conftitueram faepius refpondere iucundillimis tuis décima menfis elapli datis '),
fed fub ipfum Tabellarij difeeflum tôt trieae femper inciderunt, vt haétenus dif-
') Voir la Lettre N°. 1083.
2) Voir la pièce N°. 10H4.
sy Elle fut lue dans la séance du 31 décembre 1662 (Vieux style); dans celle du 24 décembre
on avait résolu de tracer en grand la ligure, pour rendre plus intelligible la lecture.
4) Lisez: a cette heure.
5) Andréas Crooke. Voir la Lettre N°. 104-, note 1.
') Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Chr. Huygens à de Sluse, du 10 décembre 1662.
202
CORRESPONDANCE. 1 663,
ferre coaclus lim. Facile tamen , vtfpero, mihi condonabis hanc moram ; molef-
tiarum forenfium proprio etiam cxperimento non ignarus, in quibus aetas mihi
terme tota contcrendaeft aKhci ru (ûv scctro/xsv ocyjviuvoixép.
Gaudeo Te ac Clarillimum Huddenium in tangentium mechodum meae non ab-
fimilem incidiffe: an vero eadem lit necne, hoc Tfx/zjjp/w colliges. Ego meam
docere pofïum vel omnino rerum Geometricarum rudem; breuiffimis enim regulis
adiutus, qnamlibet propolitam aequacionem, leui aliquoc charcerum mucatione, in
eam quae rangentem indicat , abfque vllo calculo conuercec. liane vero ex ea
deduxi quâ decennio et amplius vins fueram, fed non abfque aliquâ calculj 1110-
leitià; in quem dum accencius infpicerem, mechodum tandem inueni qua facilio-
rem arbitror darj non poflè.
Pun&um Hexus in Conchoide notiâ2) iolïco ingenij acumine a Te repertum
cil ; credo et alia ad locos fpeétantia, quae tam in illâ quam in alia vcterum ob-
fervafle me fcripferam. Roberuallij vel eu iu fuis alterius (nam de auctore adhuc
incertus fum) artificium 3), fi recte meminj, hoc eft. Data ficquaelibcc curua AGD,
cuius axis AC, verfus A indefinité produftus, applicata CD, tangens quaelibetGI
occurrens axi in I, et ex G punfto applicata GB. Duca-
tur nunc ex I, rerfta III, parallela et aequalis BG, et fie
femper fiât, donec per punfta AH II duci pollit curua, quae
quidem terminum accipiet in recta DF parallela CA , fi tan-
gens in punélo D occurrat axi produéco. fin minus excen-
detur in inlinitum circa afymptoton DF vt patet. Oftenfum
elt ab auctore fpatium vel finitum vel infinitum AHFDGA ,
aequale elle fpatio ACDGA.
Demonicracio nunc ad manum non eft, nec vacat exqui-
rere; eam itaque tibj cum otium erit inueftigandam rclin-
quo. Mentio Roberuallij memoriam mihi refricat Clariflîmi
Pafcalij de quo iam ab annis aliquot nihil intellexj. Ea
propter rem mihj gratifiimam faciès, li de eius ftatu ac ftu-
dijs me certiorem reddideris 4).
Praeuideram argumenta, quae adverfus rationcs a me in explicationem ex-
perimentj tui hydroftaticj allatas 5), adducis: et dicj quidem police plumbum, vel
alind quodlibet in phialâ defeendens, vel leuiflimo aeris refiduj impulfu ad motum
2) Des Adversaria il résulte que cette nouvelle Conchoide, queChr. Huygens désigne comme
„( 'onchoides Slufii", est la courbe décrite par le point D d'une droite ALD, tournant autour
du point fixe A, de manière que le produit AL X LD reste constant, les points Létant
située sur une môme droite (ixe.
■ ) Consultez la Lettre N°. 1068, note 2.
4 ) Biaise Pascal était déjà mort, à Paris, le iy août 1662.
Consultez la Lettre N\ 1068.
CORRESPONDANCE. 1663. 093
deorfum determinarj, cum ad tollendam eius, vt ita dicam , ciètuCpopiuv , vel mi-
nima caufîa fufficiat.
Sed non adeo mihi arrîdet commentum vt in eo confirmando operam impen-
dere velim. Ad aliud igitur experimentum tranfeo , quod mihi omnes de naturà
glaciej rationes conturbauit. Si enim aqua in glaciem coit, cum eius partes a
materiâ fubtili fleéli non poflunt, idque praefertim cum tenuiffimae illarum vi
caloris auolarunt , confequens fane videtur, dum bullis purgata efl, facilius con-
gelarj debere : vldemus quippe eam glaciem elîê folidiflimam in qua minores bullae
apparent. Quid vero tandem illae funt aliud quam aer inclufus? At,dicentDe-
mocriticj, abfque aère aqua non congelafck , vnde et a fuperricie, non ab imo
aluej in fluuiis glacies incipit. Jta Gafï'cndus, cuj tamen quotidiana experientia
rcfragatur: cum plerumquc in imo formarj glaciem, quae Mofae noftre fuperna-
tat, notius fit, quam vt in dubium reuocarj queat. Vrgeo nunc cur oleum quod
aère maxime ac bullis abundat, concrefcit tantum, non etiam in glaciem coit,
fpiritus vini vero, quj bullis non caret, nequidem rigidiflimo gelu vel minimum
concrefcit? Non igitur ab aère inclufo vel exclufo conglaciat liquor, fed cauffa
aliunde petenda eft: vnde autem non video. Jtaque ad folemnem mihi in rébus
phyiicis eT0%qv rurfus reuoluor , et vlterius in glaciej naturam inquirendum cen-
feo. Decreucram hac gelidâ anni tempeitate aliquot experimentis mihi viam ape-
rire, fed dum faepius interpellor, praeter aliquot lagenarum iafturam, quas aeri
gelido expofueram, nihil fucceffit. Pergam tamen, dum tu me ijs, quae in in-
ilrumento tuo pneumatico fieri pofTunt, experimentis adiuuarc velis. Quod vt
facias , et me quo foies afteétu profequaris, etiam atque etiam rogo. Vale. Dabam
Leodij xn Anni mdclxiii quem tibi fauftum ac felicem precor ex animo. Jte-
rum Vale.
Tui Obferuantiffimus
Rrnatus Franciscus Slusius.
Cum ignorcm vbinam degat Clariffimus Heinfius, boni confule, quaefo,ii
Epiilolam hic adiunétam ad ipfum dirigendamrt) curae tuae committam. Sed tan-
tum cum tibi commodum erit, nihil efl: enim quod feflinet.
s) Consultez la Lettre N°. 1094
204 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 1092.
CHRISTIAAN HUYGENS à [LODEWIJK HUYGENS],
18 JANVIER 1^63.
La l : . . oure <i / , H ?g< 1
A la Haye ce 18 Janvier 1663.
Pour vos nouvelles je vous en rendrois de celles de la 1 lave li je ne fcavois que
ma foeur ou l'on mary vous en fourniflènt. Ils vous informeront cette fois du mal-
heur arrive chez les Acriïens ou je fus hier pour apprendre comment le tout s'eltoit
pafî'è. Voila maintenant qu'on me dit que Tune s'en eit allée a Amfterdam avec
Mademoiselle Helter de Bie1) par le chariot de porte, pour r'avoir toutes deux
leur hardes; le larron qui eft pris ayant confefle par torture ou demeurent les
receleurs.
Touchant voftre voiage Mon Père el'crit :) a.mfi,Jevoy Tootbroer %) ajfez enclin
au voyage d'Hollande fans cela je ne Feu vouârois paspreffer. de forte que vous
voyez que bientoft il vous va envoier tout de bon. et je lu y confeille de le faire
tout au commencement de febrier •*) parce qu'il faudra que vous foiez a Zulichem
quelques 15 jours devant qu'on juge le procès 5) qui fera le 1e1' ou 2e Mars. Ce
n'eft que vers ce temps la que je pretens de partir"). 11 me fait de nouvelles in-
llances pour la machine du vuide, mais je m'en exeufe prefque par les mefmes
raifons que je vous ay dit dans ma précédente r).
Le Coufin Zuerius l'aifne elt tombe malade icy depuis 4 ou 5 jours , et eut hier
au loir une forte fièvre. J'ay auffi un peu pati ces jours parlez, premièrement par
un mal de dents, après de la telle, mais plus grand que je n'en aye jamais eu. et
maintenant un devoyement d'eftomâch a fuccedè a tout cela mais qui n'eft pas
véhément. Je vous fouhaite des meilleurs pad'etemps.
') Hester de Bie est peut-être la fille de
Arent de Bj e, seigneur de Wayestein , fils du bourgmestre Jan de Bye, et de Wilhelmina
Crevé. Il naquit en 1600 a Zalt-Bominel et mourut le 25 septembre 1652. 11 devint, comme
son père, bourgmestre de Zalt-Bommel, et député aux Etats-Généraux, curateur de l'Uni-
versité de llardcnvyk et chevalier de Tordre de St. Michel. Il épousa Margaretha Bicker,
qui lui donna un lils et quatre filles.
:) Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre de Constantyn Huygens, père, à
Chr. I luygens.
3) Nom familier de Lodewijk Huygens.
* ) Lodewijk I luygens revint de Paris le (■> février 1663 | Dagboek j.
5) Consulte/ la Lettre N°. 10-9, note 1 1 et N°. 1086.
Christiaan Huygens ne partit pour Paris que le 3 avril 1663 | Dagboek |.
Consultez la Lettre N°. 1089.
CORRESPONDANCE. 1663. 295
N= 1093.
R. Moray à Christiaan Huygens.
19 JANVIER 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est ht réponse aux Nos. 1080 et 1083. Cf/r. Huygens r répondit par le No. 1097.
A Whitehall ce 9 Décembre ') 1663.
Monsieur
Vos deux dernières dont Tune eitoit du 1 2) l'autre du 20. Décembre 3) m'ont a
la vérité fourni aïïez de'fuiet pour une longue lettre mais, n'y trouuant rien qui
m'engageait a taire une refponee fubite, J'ay d'autant plus aifement cédé aux
accidents qui m'ont plufieurs fois détourné de l'intention que J'ay eu de vous
eferire tous les ordinaires qui le font paflez depuis que Je les ay receuës. J'aurois
pourtant furmonté quelques uns des empefehemens qui le font rencontrez fi ,
d'autre part, Je n'auois pas eflé obligé de diferer ma refponee touchant quelque
particularitez , jufqu'a ce qu'il fuit en mon pouuoir de vous donner les eclaircifïç-
mens que J'y croyois neceffaires. Je m'en vay donc a prefent refpondre par ordre
a tous les points de vos deux lettres. Je n'ay garde de vous reprocher voltre
filence, Cachant bien que cela ne vous arriue iamais fans que vous ayiez des ex-
eufes légitimes, pendant que vous eftiez abfent de la Haye, Je manday a Mon-
iteur Bruce les raifons pourquoy Monfieur le My lord Brouncker et moy n'auons
pas fait le voyage que nous nous eftions propofe 4). Et maintenant, Je vous af-
feure que nous auons encore la mefme intention pour l'efté qui vient : Et que l'un
des plus grands auantages que nous nous y promettons eft l'honneur de paffer
quelques heures en voltre compagnie. Vous auez veu que Je n'ay manqué a vous
faire tenir le plus toit que J'ay pu le dernier papier de Monfieur I Iobbes 5). et
comme vous y auez trouué nouueau fuiet pour vous confirmer dans l'opinion que
vous auiez, il y a long temps, de fon Génie, et de fa feience, aulîi n'auez vous
point manqué de le teraller encore une féconde fois 6) en forte que ii iamais il
gronde d'auantage il fera trop ridicule pour mériter que vous l'affommiez une
troifie fine fois. J'ay fait lire en une de nos alTemblees r) le papier que Monfieur
Bruce m'a apporté, ou l'on a trouué qu'outre la réfutation folide de les erreurs
') Cette date est certainement fautive et doit être janvier.
:) Voir la Lettre N°. 1080.
■-) Voir la Lettre N°. 1083.
+) Consultez la Lettre N°. 1055.
5) C'est l'ouvrage décrit dans la note 3 de la Lettre N°. 1076.
6j Voir la pièce N°. 1084.
7) La lettre de Huygens fut lue dans la séance du 31 décembre [662.
2Q6 CORRESPONDANCE. 1 6 6 3 .
grolîieres vous l'auez dépeint auec une naïueté qui le dechifre comme fi vous
auiez eftudié fa vie et fon humeur trente ans durant. Monfieur Bruce et moy nous
fommes entretenus pendant que vous eftiez aux champs de vos horologes et du
defTein de les faire reuffir fur mer. Je kiy confeillay d'en eflayer deux à la fois
bien adiuftez premièrement fur terre, iugeant que fil y a moyen de les faire aller
fur mer, il feroit par là, aifé de voir fils vont bien ou non. Je ne doubte pas
que dans des grands vaifTeaux qui ne changent point de polition que lentement
ils ne puifîent aller; mais Je crains fort que l'agitation du vaifieau n'engendre une
vibration de tout le corps de l'horologe qui fera capable de rendre celles du pen-
dule inégales. Neantmoins ils pourront bien eitre plus iuftes que nuls autres,
quoy quils n'attaignent point l'exactitude requife. toutes fois il vaut bien la peine
de pourfuiure cette expérience, comme auffi il a enuie de faire, il croyoit l'effayer
en venant d'Hollande en Angleterre, mais le vaifTeau ou il eftoit eftant fort petit,
et les vagues fort grandes l'un fut jette de haut en bas du lieu ou il auoit efté
pendu , et l'autre fuft fi fort cbranflé qu'il s'arrefta tout court.
Vous ne me reprocherez pas de ne vous auoir rien dit du petit batteau qu'a fait
conftruire M y lord Brouncker quand Je vous auray dit, qu'il y eft furuenu tant
d'empefchemens d'une façon et d'autre, qu'a l'heure que Je vous parle, il n'efl:
point acheué tout h fait. Vous ne deuez pas vous imaginer que Je n'auois point
deflein de vous en dire des nouuelles , aulli toft qu'il en feroit temps. Je vous en
diray donc maintenant que nous propofons R) dans nos afiemblez de penfer a la na-
uigation pour voir fil y a moyen de conftruire des nauires qui ayent toutes les qua-
litez requifes en plus grande perfection qu'on n'a veu iufqu'icy, on a prié M y lord
Brouncker et deux ou trois autres y) de s'en charger, ce qu'eftant raporté au Roy,
Sa Majefté a voulu faire la defpenfe du petit batteau fait félon le modèle que
M y lord Brouncker propoferoit, pour voir fil en pouuoit faire un , qui allait mieux
que la yaughte IO) dont vos Mefiieurs de la Compagnie des Indes Orientales auoit
fait prefent à Sa Majefté. On ne peut point encore dire fil y a reuffi ou non, iufqu'a
ce qu'on luy a acheué tout fon apareil , ce qui fera dans 15. iours. Vous fçaurez
s) La Société Royale nomma sa première commission sur ce sujet le 19 décembre 1660.
vy Le 1 o décembre 1660 la Société chargea le docteur (depuis Sir) William Petty et Mr. Chris-
toplier Wrcn de s'occuper de Fart de la navigation. Le 16 décembre 1660 on leur adjoignit
le docteur Jonathan Goddard et Sir Kenelme Digby et le 4 décembre 1661 encore Sir William
Brouncker. Cette commission , cependant, ne donna jamais de rapport, peut-être parce que
W. l'etty était déjà occupé d'un projet de vaisseau que nous rencontrerons plus tard. Con-
sultez la Lettre N°. 1 102.
IO) Charles II passa le 24 mai 1660 de Breda a la Haye, pour rentrer en Angleterre. Au Moer-
dijk il s'embarqua sur un yacht, dont il loua si fort la commodité, que la ville d'Amster-
dam le lui offrit en cadeau; ce yacht : avait été donné par la compagnie des Indes Orientales
au collège de l'Amirauté de Rotterdam, et fut acheté par la ville d'Amsterdam , qui en fit
dorer la grande chambre et l'orna de différents tableaux. On trouve ces détails dans l'ou-
vrage cité dans la Lettre N°. 776 , note 4.
CORRESPONDANCE. 1663. <X)J
ce qui en arriuera. Cependant le modèle que My lord Brouncker a conftruit a efté
fait fur les proportions de longueur largeur, et profondeur qu'on luy a données,
des quelles on ne peut pas dire qu'elles font les meilleurs qui fe puiïïent trouuer.
mais on a enuie d'employer encore bien du temps et de largent pour mener cette
affaire a bout. Maintenant Je vous diray en deux mots que Sir William Petty,
qui eft à prefent en Jrlande & qui eft un de ceux a qui on auoit remis cette affaire
de Nauigation, a bafti un petit vaifïèau d'une façon qui n'a iamais elle veu aupara-
uant qui fait merueilles. il feroit trop long de vous le deferire exactement, fuffira
de vous dire que c'eft un corps de batteau à fond plat, de 18. ou 20. pieds de long
et 9 de large, placé fur deux cilindres de quelques 30. pieds de long et 1. de dia-
mètre et 5. entre deux, ayant les bouts courbez, comme le denant dun batteau
ordinaire, ce vaifTeau porte 600. pieds quarrez de voile, va deux fois plus ville
que le meilleur vaifTeau qui fe trouue en Jrlande (il faut vous dire le refte en An-
glois ne le feachant faire en francois) fhe failes nearer the winde than any otber
vefTèll, & falls much less to leeward. en fin tout le monde l'admire, quoy qu'il y
ait quelques chofes a redire. Mais a une autre occafion on vous en pourra entre-
tenir plus amplement.
Ne dites pas maintenant II[) que vous auez raifon de me celer le moyen par le quel
vous adiuftez fi bien tout ce qui appartient voftre Machine que l'air qui y eft au
dedans demeure en mefme condition fi long temps que bon vous femble. il eft vray
que Je ne vous a pas rendu comte de l'expérience de l'eau qui ne defeend point du
haut du tuyau lors que l'air en eft extrait. Ç'eft parce que cette expérience ayant
eflé remife à Monfieur Rook "), il eft mort I3) deuant d'auoir fait mettre noftre ma-
chine en eftat de la pouuoir faire exactement, on y trauaille a prefent. Mais cepen-
dant vous ne vous fouucnez pas aufîi que Monfieur Boile vous a dit dans la dernière
de fes lettres I4) que Je vous ay enuoyé que vous n'eftes pas encore trop afT'euré
de la vérité de la chofe, puifquc vous ne vous eftes point ferui d'aucune reigle
pour fçauoir, fi l'air eft dans le mefme eftat, en une fois comme il l'eft en une au-
tre, vous ayant propofé de mettre un tube auec du ^ dedans le récipient en mefme
temps que cette expérience fe fait auec de l'eau, pour feruir de mefure pour la
ténuité de l'air. Voyez ce que vous auez a y repondre, car c'eft en vain de penfer
a la caufe de ce phénomène fans eftre hors de doubte de la vérité du fait.
") Voir la Lettre N°. 1080.
12) Sur L. Rooke, consultez la Lettre N°. 933 , uote 4.
13) La mort de Lawrence Rooke, survenue le 27 juin 1662 — pendant qu'il était occupé a
plusieurs recherches, quelques jours seulement avant que la Société Royale reçut sa charte,
— fit une telle impression sur cette Société, que la biographie du défunt fut insérée dans les
„Proceedings." Seth Ward offrit à la Société , en souvenir de Rooke, une grande pendule
construite par Fromantel et ornée sur le cadran d'une épitaphe latine composée par le Dr.
Bathurst.
14) Consultez la Lettre N°. 1056.
Œuvres. T. IV. 38.
2o8 CORRESPONDANCE. 1663.
Quant a l'hypothefe du mouuement intérieur des parties des corps j'en fuis de
mefme aduis que vous, et pour ce qui eft de cette expérience de Lmus touchant
le Tube de ^ qui pend au doigt, nous l'auons faite I5) , et trouuons que non feule-
ment il s'y attache pendant que le Tuyau eft enfoncé dans le ^ qui eft en bas, plus
auant qu'il ne feroit li l'on l'y laiflbit en liberté, et vuide, mais il ne quitte pas le
doibt , mefme iufqu'a ce qu'on l'efleue tout a fait hors du ^ quoy que le mouue-
ment fe faïïe fort lentement. Cette lettre eft défia li longue que vous ne me blafme-
rez pas fi Je remets la raifon qu'on en donne a une autre fois, fi cependant vous ne
la rencontrez pas vous mefmes en y penfant. Monfieur Boile et tout le rerte de vos
amis icy ont veu voftre hiftoire I<5) de la defcente de l'eau dans le Tube il y a long
temps I? ), et Je crois vous en auoir aufli remercié l8) de leur part, ou bien fi J'y ay
manqué Je m'expofe a voftre mifericorde, mais deuant que de définir la raifon,
comme J'ay défia dit, foyons a fleuré de la vérité de l'expérience, au rcfte il ne femble
pas difficile de rendre compte de la defcente de l'eau lors quune petite bulle monte
au fommet du tuyau, puis que les particules d'air qui font conftraints a fe referrer
dans peu de place tant qu'ils fe trouucnt comprimez de tous coftez par l'eau,
aufli toft qu'ils font en haut ou ils trouuent les coudées libres leftendent en forte
qu'ils donnent lieu a l'eau de defcendre. quoy que cecy foit dit affez laconique-
ment, vous le comprendrez bien.
Vous ingérez par mon eferiture que Je me hafte. touteffois Je n'acheueray pas
fans vous remercier pour vos linres Iy) en premier lieu, et puis vous diray que J'ay
fait tenir au libraire de Monfieur Hobbes voftre papier -°) auec le Hure*1) pour
luy faire tenir. Vous feaurez ce qui en arriuera.
il faut adioufter encore que ce liurc ") de Ç et ^ in 0 ne fe trouuent point en-
core parmi nos libraires. C'eft pourquoy vous ne feriez pas mal d'en faire tenir
une Copie a Monfieur le cheualier Neile. encore un mot de repreheniion de ce
que vous nous faites fi long attendre mefme auec la dernière impatience ces trait-
I5) Cette expérience de Lirais fut exécutée dans la séance de la Société Royale du 31 décembre
1662 ( Vieux style); le rapport du Dr.Goddard fut lu dans la séance du 14 janvier i6~6§.
'6) Consultez la pièce N°. 1033.
17) Cette lettre de Chr. Huygens, du 14 juillet [66a, a été lue dans la séance de la Société
Royale du 23 juillet [662 (Vieux Style).
18) Dans la Lettre N°. 1055 , R. Moray n'avait pas accusé la réception de cette pièce. Dans la
Lettre N°. 1080, Chr. Huygens adonné les raisons qui le faisaient douter si elle avait été
reçue et montrée a Boyle.
'» Voir la Lettre N°. 1083.
2°) Voir la pièce N'. 1084..
2I) L'ouvrage de Chr. Huygens „De circuli magnitudine inventa." Voir la Lettre N°. 191,
note 1 .
1 L'ouvrage de Hevelius „Mercurius in Sole VÎSUS." Voir la Lettre N°. 872, note s.
CORRESPONDANCE. 1663. 299
tez du mouuement et de la Diopcrique que nous croyons eftre deubs au public par
voftre promeïïè quand ils ne le feroient pas aux folicitations de tant de vos ferui-
teurs, particulièrement de ceux que vous auez nommez dans vos deux dernières,
lefquels le recommendent tous a vous auec toute l'amitié du monde, comme fait
parmy eux celuy qui efr.
Monsieur
le plus affectionne et le plus humble
de tous vos feruiteurs
R. MORAY.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem
a la Haye.
XII
N= 1094.
Christiaan Huygens à N. Heinsius.
11 janvier 1663.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Burin ann.
Elle est la réponse aux Nos. 1075 cl 1081.
Viro Illuftri Nicolao Heinsio Chr. Hugenius S. D.
Hae quas cernis a Slufio ad te datas ') , admonucre me officij ; qui binis tuis jam
ab aliquo tempore acceptis literis nimium diu rcfpondere diftuli, gratiafque agere
de novis quae mifiiti phaenomenis. Primum horum pugnae navalis fimulacrum
erat, ad Orizondicum fretum in nubibus vifum , mirandâ hercle fpecie, fi modo ex
fide tradita. Alterum illo etiam mirabilius, fed quod non jam ad meteora fed ad
fpecfra référendum , praelium umbratile feilicet haud longe Upfalia commirTum.
Hacc vero ncque credibilia mihi videntur , fateor, etiamfi jiirati telles adfirment,
J) Consultez la Lettre N°. 1091.
CORRESPONDANCE. 1663.
neque omnino ad argumentum faciunc quod fufcepi pertraétandum, cum nihil nifi
pareliorum caufas circulorumqne perfequar qui cum illis apparerc folent. Itaque
de génère horum fi quid forte illic ad te deferetnr, beabis me fi participera feceris
ut jam feciiti aliquoties; de alijs vero non efi: quod mea caufa inquiras. quod certe
jam pridem admonuifïë dcbueram, fed fcire te credidi. Apollonium jam diu efi:
quod et ego ab Elzevirio acccpi 2) donum Sereniffimi Principis Leopoldi fcilicet ,
cui et per epirtolam gratias cgi 3). Jam vero a longo tempore nihil illinc litcrarum
remifium efi:, credo quod gravioribus curis cura ftudiorum fit interpellata.
De Hevelij nuptijs 4) quod fcribis ex alijs quoque intellcxeram, qui fi Uraniae
fuae amoribus in pofterum contenais vixifîet, fortafTe non fibi minus recïe quam
(tudijs fuis confuluifTet. Briennij Comitis verfus et profam legi quibus pinaco-
thccae fuae tabellas elegantifîïme defcripfit. Quid vero carminis ad te dederit s)
quidve tu ad illum, nolo nunc fcifcitari, quia brevi omnia Parifijs videbo. Illuc
enim pater meus me vocat , fratre Ludovico ad negotia quaedam domum dimifib.
Si qua in re, dum in ea urbe ago, opéra mea uti volueris, fcito id mihi fore gra-
tiffimum , et Vale.
Dabam Hagae Comitis 22 Januarii 1663.
Myn Heer
Myn Hcer Nicolaus Heinsius
Refident van wegen haer lioog Mogenden
Tôt
Stocholm.
) Consultez la l-L'ftre N°. 1029.
:î) Cette lettre de reniercîment île Chr. Huygens au prince Leopoldo de Medicis nes'esi pus
trouvée dans nos collections.
4) Consultez l;i Lettre N°. 1081, note 9.
5) Voir la Lettre N°. 1 08 1 , note 5.
CORRESPONDANCE. 1663. 30I
N= 1095.
A. Bruce à Christiaan Huygens.
16 JANVIER 1663.
La lettre se trouve à Le'nlen , coll. Huygens.
London — ? januar i66q.
Sir 26 "
Jf J hade bethought my felf (lait tyme J did write ') ) that yow underftand fo
perfeftly the Englifh language J hadc neither put yow nor my felf to the trouble
we were at, yow to unterftand my ill french & J to write it. Henceforth J am re-
folved to intertaine yow in this language but if yow thinke the french more eafy
for yow to write then the Englifh yow may chufe what yow thinke beft for J am
indiffèrent to both as to the underftanding of either. J am glade to find yow no
more difcouraged then my felf at the tryell J made of the watches in comeing
hither for J will aïïure yow , that no dorme lett it be never fo violent can fo fchake
a great fhippe as the packetboat was in the little wind we hade in comeing over.
for yow can hardly imagin that any veflell can hâve fo fuift a motion as that hade
fo that the watch which did not fall did fchake from fyde to fyde lyke a pendule k
felf & with that violence that J wonder it did not fall donne lyke wife. J hâve not
yet gott hither ail the peeces belonging to them but J expect them to morow and
then J fhall fhow them to Sir Robert Moray & lett yow know their opinions of
them. J thinke the beft préventive yow can ufe that others do not gett the préfé-
rence of the invention will be to acquaint your acquaintances of the thing & to
defyre that it may not be graunted to any other till the thing be put to a tryell,
for to afke any thing till it be perfcdled J do not fo well approve , but J fhall fub-
mitte to your better judgement & the knowlege yow may hâve of things & perfo-
nes in that place.
there is one hère :) who prétends to find the Longitude by the moone3) but that
J fuppofe will be of fo difficult obfervatione that it will not be ufefull. to tell
yow ftories of ail that paffes at our meetings were to write a volume , fome
experiment they do trye evry day but they are not allwayes of great confe-
quence & fometymes not perfecled. J fhall acquaint them with what yow fo civily
fpeake of them. They defyrd of me an accompt 4) of whatis performed by mills
in Holland either wind mills or water mills and fo farre as J could remembcr J
') Consultez la Lettre N°. 1090.
■) Probablement Thomas Streete (voir la Lettre N°. 85 1 , note 1 4).
~>) Une proposition de Th. Streete sur les longitudes fut lue dans la séance de la Société Royale
du 12 novembre 1662 (Vieux style).
4) A. Bruce lut un rapport sur les moulins à vent de la Hollande dans la séance de la Société
Royale du 7 janvier i66| (Vieux style).
|02 CORRESPONDANCE. 1663.
gavethem a lift of ail the forts chat J hade feen but wold not undertake to give
any defcriptione of them. Yet they prayed me to ftrive to get one for them fo that
if yow could perfuade Monlieur Blcau to write a defcription of them & print it
vvith the figurs (a projeér. yow know we were upon when J was in Hollad), it
wold be a very noble worke & worthy of yow & very acceptable to the Royale
Society. J am
Sir
Your moft humble & faithfull fervant
A. Bruce.
Monfieur
Christian Hugens de Zulichem
a la Hay
Hollande.
N= 1096.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
1 février 1663.
Lu lettre et In copie se trouvent à Leidett, coll. Huygens.
A la Haye ce i Février 1663.
Je ne vous ay point eferit par l'ordinaire pafTè n'ayant rien receu de voftre
part, ce que je croy pourtant maintenant eftre arrive de ce que voftre pacquet
s'eft égaré, car dans ce que vous eferivez a ma focur il y a des circonftances qui
font veoir que vous aviez eferit, et cependant per forme n'a rien receu. J'ay en-
voie a Lemans ') pour eela aujourdhuy qui dit qu'il n'y a eu autre ehofe que la
lettre de Mon Père.
( 'e n'eft pas il Signor Padre qui a effacé les 2 lignes dans ma lettre2) fans fuper-
feription mais moymefme, car je m'en fouviens, et je m'eftonne de ce que vous
dites que le feus en paroiflbit interrompu. Je ne penfe pas au relie qu'il y avoit
rien dans la dite lettre qu'il ne put veoir.
Ne contez pas le 1 de Mars félon Le vieux ftile , car c'eft ce jour la ftilenou-
' Lemans appartenail probablement a la maison tic la Princesse Douairière.
2) Dans la Lettre X". 1092 du r8 janvier (voir page 294), après la phrase imprimée en carac-
tères italiques , Chr. Huygens avait bille deux lignes, maintenant illisibles.
CORRESPONDANCE. 1663. 303
veau , que la Banque fe tient , wel te weten 3). Partant je fuis marry que vous ne
foiez parti des aujourdhuy , a fin que vous ne foiez contraint de vous en aller auffi
tofl: que vous ferez arrivé, ce qui fera neceflaire fi vous n'arrivez icy que le 20e.
N'attendez donc pas jufqu'au 8e fi vous pouvez partir pluiloft ou bien refolvez
de venir par la polie.
Je fouhake pluftofi: maintenant que vous n'ameniez pas Monfieur Thevenot,
parce que je devray me mettre en chemin peu après qu'il fera arrivé, ce qui me
fafcheroit extrêmement.
Je vous remercie des petits miroirs, et verray fi Monfieur Petit a dit vray; ils
ont bonne couleur.
J'ay demandé aux libraires a la grand' Sale4) s'il y avoit une traduction en Fran-
çois 5) de l'hiitoire de Chine6) de Martinius 7), qui difent que non, mais bien
une flamende 8). En portant refponfe a Monfieur Conrart ?) n'oubliez pas d'y ad-
joufter mes trefhumbles baifemains et que j'ay beaucoup de joye en penfant que
j'auray bien toi! l'honneur de le veoir.
J'auray foin de m'inlbrmer touchant les livres que Monfieur le Comte Dille IO)
demande. C'efl un trcfhonnerte et trefgalant homme a qui je fouhaiterois de pou-
voir rendre fervice.
Quand ces Mefiieurs les Curieux demandent que j'aporte avec moy ma grande
lunette , ils entendent les verres comme je croy , ou feraient ils bien fi fols de
croire que je tranfporterois fi loing ce tuyau de 11 pieds? Saturne fera juftement
en eftat d'eftre obfervè quand je feray venu et fes anfes dans la pofition ou elles
doivent paroiftre les plus larges.
Au frère Louis.
3) Traduction: bien entendu.
4) La grande Salle des Chevaliers à la Haye, où des bouquinistes avaient leurs échoppes.
5) Une traduction française n'a été publiée que plus tard , sous le titre :
Hiftoire de la Chine, traduite du Latin du Père Martin de la Compagnie de Jéfus, par
l'Abbé de Pelletier. Paris chez Claude Barbier, 1692. II Vol. in-120.
6) Martini Martinii Tridentici e Societate Jefu Sinicae Hiftoriae Decas Prima. Res à gentis
origine ad Chrilhim natumin extremà Afià, five Magno Sinarum Imperio geflas complexa.
Monachii Typis Lucae Straubii, Impenfis Joannis Wagneri Civis & Bibliopolae Monacen-
fis. Cum Privilegio Caefareo. Anuo cioicclviii. in-40.
7) Martin Martini naquit en 161 1 à Trente et mourut le 6 juin \66\ à Hong-Tcheon. Admis
dans l'ordre des Jésuites en 1631 , il partit en 163- pour les missions de la Chine, dont en-
suite il devint le supérieur. Il publia divers ouvrages sur la Chine, entre autres le renommé:
Nova Atlas Sinensis. 1655.
8) Nous n'en connaissons pas d'édition en hollandais, mais bien une réimpression de l'édition
latine „Amllelaedami, Apud Joannem Blaev. mdc.lix." in-8°.
?) Sur Valentin Conrart voir la Lettre N°. 235 , note 8.
IO) Sur le comte d'Isle voir la Lettre N°. 801 , note 7.
304 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 1097.
CllRlSTIAAN IIUYGENS h R. MoRAV.
1 FÉVRIER 1663.
res, Ro
y répont
A la Haye ce 2 février 1663.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
Elle est la réponse au No. 1093. R. Moray y répondit par les Nos. 1098 ci woi
Monsieur
Je vous remercie de la peine que vous avez prife a faire tenir a Monfieur Hob-
bes mon livre ') et ma refponfe 2) de la quelle ceux de voftre Académie ont fait
un jugement trop favorable [croyant mefme d'y veoir des chofes que je n'y trouue
point] 3). Je verray très volontiers ce que le bon homme en dira; mais quoy que
ce puifTe eftre je ne penfe pas que je luy faïïe refponcc une féconde fois.
Monfieur Bruce m'a fait feauoir luy même 4) ce qui eft arrivé a fes horologes en
chemin, et comment la mer les a mis en déroute, dont pourtant je ne me fuis
point eftonnè, vu ce qu'il adjoute de l'énorme agitation de la barque. L'on verra
aflurement tout autre choie quand on fera l'efTay dans de grands vaiflèaux des
quels le mouuemcnt eftant beaucoup plus lent, je ne croy pas que jamais toute
l'horologc s'y change en pendule ainfi que vous l'appréhendez.
Le dc(ïcin de perfeftioner les vaifTeaux ou Mylord Brouncker et ces autres
Meflieurs 5) s'occupent, me plaie fort, mais il y a tant de chofes a confiderer dans
cette architecture qu'il me femble impoflible d'y rien déterminer par Mathéma-
tique. Pourtant la nouvelle invention du Chevalier Petty femble promettre
quelque chofe de bon (i le raport qu'on vous en a fait cfl véritable. Je ne puis
aucunement comprendre quel effecl y font les 2 cylindres fur les quels vous dites
que fon batteau eft place, font il creux ou folides, pofez du long du batteau ou
de trauers? car fi c'eft de la première façon comment font ils que l'on y peut
mettre plus de voile qu'autrement et a quoy fert en fin la longueur des cylindres
qui furpafle d'un tiers celle de la barque, et la groffeur de 1 pieds en diamètre?
Vous m'en avez certes dit trop peu pour que je puifTe deviner le refte et fi je vous
deferirois maintenant ma machine du vuide avec mefme obfcuritè ce ne feroit que
vous rendre la pareille. Voicy dans la page fuivante une figure qui vous en fera
comprendre la forme.
Le pifton comme vous voyez fe tire par en haut, mais non pas plus avant que A
' Le traité ,,De Circuli magnitudine inventa." Voir la Lettre N°. 191, note 1.
Voir la pièce N°. 1084.
( les mots entre [] sont billes.
•* Consultez la Lettre [V . îoyo.
5 Consultez la Lettre N' . 1093, note p.
CORRESPONDANCE. 1 663.
305
l'efpace AB ellant environ de i pouces
lequel il faut vous imaginer qu'il ell
plein d'eau méfiée avec de l'huile , en
forte que cette liqueur defcendet monte
avec le pifton et ainfi empefche qu'il n'y
peut entrer de l'air dans le cylindre,
mais feulement un peu de l'eau et huile
fufdite , lorfque le pifton n'eft pas par-
faitement juftc : ce qui fort après par le
petit foufpirail C. le robinet ell: au colle
du cylindre en E, auquel eft joint le
tuyau EH , qui de l'autre bout ell foudè
a la petite efcuelle FG, ou il y a le
ciment dedans pour mettre le récipient.
La figure fait veoir le tout fans qu'il
foit befoin de vous en dire d'avantage.
Quand on laide repofer la machine, la
liqueur qui demeure dans l'efpace AQ
empefche le pifton de lécher de forte
qu'on le trouve toufjours en eftat. Pour
faire que le piflon ne puifTe monter que
jufqu'en A je bouche avec du plomb une
dent du fer OP.
Pour exclure l'air du récipient après qu'il eft vuidè , qui eft ce à quoy je voy
que vous vous elles attendu principalement, je ne trouue rien de meilleur que de
mettre le récipient fur du ciment mol, dont je vous ay parlé cy devant, et d'en-
velopper le robinet de cuir, car par ce moyen je n'y trouue faute que fort rare-
ment, la ou je le croy prefque impollible avec le ciment dur.
Quand a l'expérience de l'eau qui ne defcend point vous pouuez vous tenir allure
du fait, car j-'ay mis un petit tuyau de mercure auprès de celuy qui contenoit de
l'eau qui eftoit plus haut de 1 pieds et le mercure s'abaifïant jufqu'a i- d'un pouce
l'eau eft pourtant demeurée fans defcendre. Si le bon Monfieur Rook euft vefcu6)
plus longtemps afîiirement il auroit trouue la mefme chofe. J'ay auffi fait l'expe-
riment de Linus 7) avec un tuyau de i pieds ouuert par les deux bouts et dont la
cauité egaloit ce cercle, mais il n'a point voulu demeurer fufpendu a
Omon doigt, ny quiter aucunement le fond du bacquet ou eftoit le Mer-
cure , ce qui me fait croire que vos tuyaux auront eftè plus larges , que
la pulpe du doigt s'y fera fourré allez avant pour tenir le verre fuf-
6) Consultez la Lettre N°. 1093 , note 1 3.
r) Consultez la Lettre N°. 1080.
Œuvres. T. IV.
39
306 CORRESPONDANCE* L 663.
pendu. Je dis le verre, par ce que quoy qu'on lente toute la pefanteur du
tuyau plein de mercure ce n'eil pas par ce que le doigt le fouftient, mais parce
qu'il y eil prefle par l'air d'en haut, car le mercure du tuyau efl: fouftenu par la
prefllon de l'air fur celuy du bacquet. Et ainli il me femble qu'il n'y relie aucune
difficulté dans ce phaenomenc. Si l'on y pouvoit appliquer une pièce de cuir,
ou autre choie qui n'entroit pas dans le tuyau comme le doigt , ou mefme h le
tuyau eftoit bien eitroit je m'aflure que jamais il ne s'eleveroit.
Du livre d'Hevelius ") il n'y a non plus d'exemplaires icy a vendre que la; mais
j'en fais chercher a Amfterdam ou j'ay eu le vollre, et feray bien aife d'en pouuoir
taire tenir un a M on lie u r le Chevalier Neile a qui je dois bien plus que cela. Je
voudrois bien lcavoir li c'elt de luy ou de vous ou de quelqifautre qu'efl venu le
livre de Horroxius y) , car juiqu'icy j'en fuis en doute 10).
Si je m'acquitc plus lentement de la promette que je vous ay faite de mes tra-
vaux de dioptrique et autres, je vous prie de croire que c'eil a mon grand regret.
Mais il y a tant de chofes qui m'interrompent dans mes eltudes que je ne puis
avancer que peu a peu. Voila maintenant ce voyage de France XI) qui va derechef
m'emporter quelques mois car je ne peu le pas que je puifle rien faire citant a
Paris. Je m'en confoleray li je puis vous y rendre fervice et j'efpere que vous
voudrez bien m'honorer de vos commandements qui fuis plus que perfonne
Monsieur
Voftre très humble et très obeiflant feruiteur,
ClIR. HUGENS DE ZuLICHEM.
Quand vous verrez Monlieur Bruce je vous prie de luy prefenter mes rcfpecls,
et dire que je ne refponds pas encore a fa lettre Angloife I2) parce que je n'ay
encore rien a luy mander touchant noftre affaire, par ce que j'attens que mon Ho-
rologe foit faite.
A Monfieur Monfieur R. Moray chevalier
et du confeil Privé du Roy pour les affaires d'Efcofle
dans Whithall du coftè du jardin.
A Londres.
8) Mercurius in Sole visus. Voir la Lettre N°. 872 , note 5.
'-') Venus in Sole visa, que Ilevelius a publié comme appendice à son propre ouvrage, cité dans
la note précédente. Voir la Lettre N°. 885, note 8.
I0) Lors du voyage de Huygens en Angleterre, en 1661 , Neile lui avait conlié le manuscrit de
I lorrox. (Consultez la Lettre N°. 935). Huygens proposa à I levelius de le lui envoyer pour
que celui-ci le lit paraître, en entier ou en extrait, en même temps que ses propres observa-
tions sur le passage de Mercure. (Consultez la Lettre N°. 885). I luygens l'envoya, en effet .
en novembre l66l.(Voirla Lettre N°. 921).
11 1 Huygens partit pour Paris le 23 mars io"^.
C'est la Lettre N". 1095.
CORRESPONDANCE. 1 663. 307
N= 1098.
R. Moray à, Christiaan Huygens.
l6 FÉVRIER 1663.
La lettre se trouve à Lc'ulen, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1097.
A Whiteball ce 6. Janvier 1663 ').
Monsieur
La refponcc que Je teray a prêtent a voitre dernière du 2. du Courant ne fera
pas longue, mais vous me le pardonnerez quand Je vous en auray dit la raifon.
J'ay enuie de vous enuoyer une ample defeription du nouueau vaifleau qu'a con-
(truit Monfieur le Cheualier Petty 2) , mais elle n'eit point encore prefte. et Je ne
vous fais ce mot, que pour fçauoir quand vous prétendez eftre a Paris, et par
quelle adrefle Je vous pourray eferire quand vous y ferez. J'auois prefque oublie
de vous dire qu'on nous fait àcroire icy que nollre portugais 3) ert bien receu a
Amfterdam & que Ton y cil fort fatiffait de les propolirions touchant la longi-
tude &c, et qu'on luy en a promis tout ce qu'il à demandé. Vous fçauez qu'il
n'y a pas grande fuiet de croire que J'y adiourte foy : vous feauez que Je fuis de
tout mon coeur
Monsieur
Voftre trefhumble et trefobeifTant feruiteur
R. Moray.
Je vous fouhaite bon voyage.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem
xii A la Haye.
1) D'après le contenu des lettres Nos. 1093, 1097 et 1 10?., il est évident que Moray se trompa
dans le nom du mois et que cette lettre est du 6 février (Vieux Style).
2) Sir William Petty, fils d'un drapier, naquit le 16 mai 1623 à Rumsey (Hampshire) et mou-
lut le 16 décembre 1687 à Londres. Dès l'âge de 15 ans il se mit en voyage, travaillant et
étudiant à Caen , Leiden , Utrecht et Paris; il retourna en Angleterre en 1646. 11 fut succes-
sivement mécanicien, médecin, professeur d'anatomie et de musique à Gresham (16*51 ,
ingénieur du cadastre, secrétaire de Henry Cromwell; Charles II le lit inspecteur-général
d'Irlande et membre du Parlement; il revint à Londres, devint constructeur de vaisseaux et
fut un des fondateurs de la Société Royale.
3) Consultez la Lettre N°. 1013, note 4.
308 CORRESPONDANCE. 1 663.
N°= 1099.
J. Hevelius h Christiaan Huygens.
IO FÉVRIER 1663.
I.i: lettre se trouve à Laden, coll. I lux yen s.
Elle est la réponse an No. 1037. ('//:: Huygens y répondit le ii! mai 1665.
Nobiliflimo Çlariflimoque Viro Christiano Hugenio
Joiiannes Hevelius S. P. D.
Jam fepeimus agitnr mentis, cùm Tuas longe defideratiffimas literas, die 25 Julij
anni practeriti datas acceperim; verùm, qui factum fit, quod hucufque ne lit-
terulam quidem refponderim ? rerum mearum domeiticarum mira viciflitudo '),
quam anno elapfo expertus, in caufâ fuit: quae me non folùm à ftudijs coniùetis,
atque ab illis iucundiffimis fpeculationibus Uranicis omnino avoeavit, ac omnium
ferè fufeeptorum laborum pertaefum reddidit, fed etiam remoram inieeit, quo
minus hucufque amicis etiam familiariflïmis , ut ut faepiùs literis me follicitaverint,
fatifïaçere potuerim.
Nune vero diflîpatis (divinâ fie annuente gratiâ) triftitiarum ac moleltiarum
nebulis, tum ducH nuperrime domum nova nuptâ* :), alacriter eommereium litera-
rium viciffim aggredior; non minus etiam brevî ad Mufas, Deo propitio, reditu-
rus: quo ea, quae fub manibus adhuc verfantur perfici poffint; quod ut fiât, Deum
fupplex oro. Gaudeo Te reftè Mercurium noftrum 3) accepiflè, gratiasque habeo
débitas, quod fententiam tuam, de quibufdam tam libère nobis aperueris, prae-
lertim de diametris Mercury , aliorumque Planetarum à me determinatis. Fateor
equidem pofTe nonnemini, prima fronte videri, me mira et infolita fignificafic,
quaecunque de diametrorum magnitudinibus in médium protuli. Cùm nimium
quantum tam à Veterum, quàm Recentiorum, cumprimis Tuis, Ricciolique pla-
eitis reeedam. Sed quicquid fit, nihil id omnino moror, quod tanto diferimine
difiungimur: hanc etiam inormem diferepantiam, cùm Mercurinm concinnarem
optimè pcrlpexi. Verùm cùm nobis omnibus nihil antiquius elfe debeat, quhm
nuda Veritas, haud potui maiorem Mercurij diametrum deferibere, quàm ipfa
pbfervatio, et quidem infallibili modo inftituta, eam exhibuit. De cactero pe-
nitùs perfuadeor, neminem adeb efferudem, ut ut à liminc Uraniam falutaverit,
qui non lacis diltincté dilcernere poflit corpufeulum quoddam in Sole vifum , quod
altero duplo, triplo, ne dicam quadruplo lit maius, inprimis fi circini beneficio
ad Solis diametrum id faepiùs dimetiri conceditur. De me pariter id fentias vc-
lim, quanquam in rébus multilarijs tenuitatis mcae probe fini confeius, in eiufmodi
I levelius Faii allusion à la mort de sa première épouse et à son second mariage.
3) Elisabeth Koopman. Voir la Lettre N°. r 081, note 0.
Mercurius in Sole visus. Voir la Lettre N". 872, note 5.
CORRESPONDANCE. 1663. 309
rébus tamen , ubi de maximis rei Aftronomicae agitur , me adeo eïïe folicitum, tan-
tâque cura attentione, et diligentiâ, fepofitis aliorum omnium fententijs contra-
rijs, imo meâ ipfâ prorfùs negleétâ, fi quam diverfam olim habuerim (ur mihi
etiam hocce in negotio de diametro ^ et Ç obtigit) rem peragere, ut vix (quod
pace omnium dictum elle volo) ulli alio hàc in parte cedam. Profeétb, nihilmihi
quidem gratius unquam accidiflet, quàm fi Mercurium Veneremque quadruple
maiorcm invenifiem : eâ enim ratione cum obfervatis meis anno 1646 adminiltratis
accuratè omnia conveniflent. Quandoquidem Venerem eo tempore in média diftan-
tiâ à Terra 112", atque fie in minimâ ultra 4 intégra minuta derniiveram. Verùm,
quia à meifmet oculis, manibufque débité viclus eram, nolui ampliùs veritati reii-
ftere, reieftis fimul meis obfervationibus, quas Macularum Lunarium beneficio ,
modo haud adeo certo, obtinueram. DeTepariter, Vir honorande omninoper-
fuafum habeo, fi Tibi obtigiffet Mercurium vel Venerem eo pafto in difeo Solis
animadvertere, magnitudinem , feu parvitatem illam diametrorum, fine ullà hallu-
cinatione, diiudicare potuifle. Nefas enim eft fentire , haud polie difeernere cor-
pufculum Mercurij <7, h corpufeulo b, quod duplo
, maius eft; ut taccam corpus cVeneris, à corpore è
+■ S- _ quadruplo maiore; in difeo lcilicet Solis , cuius dia-
meter acquatur femipedi Rheinlandici. Deinde in eo
® quoque convenimus omnes ad unum, qui fana utun-
tur ratione, quod nullibi meliùs, nec ullâ ratione cer-
tiùs, quàm in difeo Solis diametri apparentes Plane-
carum determinentur. Id quod autem nemini, quod
feiam, haélenus obtigit, quàm GafIendo4J), Horroxio,
Crabtrio 5) et mihi. Idcirco reliqui omnes, qui aliâ via
quaefitum eunt, vel iverunt Planetarum diametros,
nequicquam lolidi ex fuis obfervationibus mihi obij-
cere poffunt; fie ut cum illis hâc vice nil habcam
commercij ; fed folummodo cum Gafîêndo , Horroxio et Crabtrio , et vice verfa :
mea nimirùm obfervata ex Gaiïendi, Horroxij et Crabtrij obfervationibus; rurlïïs
GafTendi diameter Mercurij, ex Horroxij, Crabtrij et meis animadverfionibus
4) Mercvrivs in Sole Vil'vs, et Venvs invifa Parifiis , Anno 1631. Frovoto,& Admonitione
Keppleri. Per Petrvm Gaflendvm, cvjvs heic funt ea de re Epiftolac dvae cvm Obfernati-i
qnihufdam alijs. Parifiis, Sumptibus Sebaftiani Cramoify, via Jacobaeâ, fub Ciconiis.
m.dc.xxxii. in-4-0.
5) William Crabtree, lils du paysan John Crabtree, naquit vers la fin de juin 1610 à Broughtnn
(Manchester) et mourut à Manchester, probablement vers 1653; Wallis, à qui nous avons
emprunté cette date, a cru d'abord que Crabtree était déjà décédé en 1 641, peu de temps après
la mort de J. Horrox. Il était drapier , épousa en 1633 Elisabeth Prudleton, et profita de sa
fortune pour se vouer à l'astronomie pratique. En 1636 il fit la connaissance de Jeremias
Horrox, qu'il engagea à observer le passage de Venus en 1639.
CORR ES PON l).\ NC E. 1 663 .
examinari debent. Praeterea, qui magnitudinem Mercurij ce Veneris à me obfer-
vatara, determinatamque in dubium vocarc velit, quafi Mercurium non adeb prac-
cifè obfervaverim , Veneremque exinde deduxerim, necefle, ne non limul I lor-
roxij et Crabtrij Obfervationes Veneris reijciat: cùm horum obfervationes , nof-
tris omnino in ipfis penè fecundis refpondeant. Horroxius fîquidem magnitudinem
eius, in minimâ à Terra diilantiâ 1' 16" 6), et Crabtrius i' 3" r) invenerunt. Rurfus
ex noftro Mercurio, ii Veneris dimetientem eruas, idem plané invenies: Sicut pa-
gina 139, ex notis noftris fupra Horroxium clarè patet. Ex Venere viciflim Hor-
roxij vel Crabtrij eadem magnitudo, quam ego deprehendi , provenu : prout ibi-
dem pagina 140 fuiiùs diximus. De quo negotio nunc mihi plurimùm gratulor,
quod diameter Mercurij à me obfervata, cum Horroxij et Crabtrij ad amuflim
convenit. Horum autem obfervationes omni exceptione maiores efTe, nemofanè
negare poteft. Nam quis adeo lufciofus , qui non inter c et S diferimen notaflet , fi
Venus, ut Ilicciolus vult, quadruplo fuifletmaior, quatuor feilicetminutorum. Pro-
feélb ii tantac magnitudinis Venus fuifïet, nonne ambo ifti Angli , nunquam fatis
laudandi Coeli Interprètes candidiflimi, illam 4 vel ampliùs, ad mentem aliorum
Aftronomorum , determinaflent ? Perinde illis , ut mihi fuiflèt, dummodo res Ce fe
ita habuiflet. Gaflendus quidem nobis opponi poteil:; iedlblus, tum contra ob-
fervationes trium obfervatorum diverforum, atque ab in vicem longe diflitorum ,
quorum fidem haud facile quis in dubium vocare poterit, hàc in parte (ut pace il-
lius Celeberrimi Viri dicam) non attendendus : prout fufîùs in Mercurio dictum.
.Si (ïalTendi obfervatio meac praeferri deberet, oportet ut Venus 4 Minutorum
Anglis apparuiflet : at non nifi unius circiter minuti extitit: ergo diameter ^ multo
minor, nempe 12 fecundorum tantùm à nobis deprehenfa efh Quoniam igitur
Anglorum obfervatio, quae omni auro praetiolior eil, h meis liât partibus, dubito,
polie quemquam diametrum Mercurij h nobis exhibitam in dubium vocare, priuf-
quam ipfemet, in diverfa plane magnitudine , tam Mercurium quàm Venerem in
ipfo Solis amplexu viderit, ac notaverit; alijs vero obfervationibus et rationibus,
aliâ viàdeductis, noftrae haud unquam infringî poterunt. Atque ita concelTo , ut
res etiam rêvera fi fe habet, me Venerem ex meo Mercurio rectè elicere potuifle;
titique etiam diametri aliorum omnium Planetarum rite à nobis funt cxploratae,
ut ut cuipiam modus ifte difficilis initio apparcat. Sed obijcis nobis Praeclariffimi
obfervationes: et ego Tibi viciflim Horroxij et Crabtrij ; quae quomodo conci-
liari pollunt, haud intelligo. Ille Venerem- 4 minutorum, hi vero unius tantum
minuti flatuunt. Anne potius ipfemet 1 lorroxio et Crabtrio alTendes qui Venerem
omnibus fpurijs radijs omnino denudatam in Solis difeo et viderunt et circino
explorarunt; praefertim cùm Mercurius nofter ijs adftipuletur. Minime itaque
'• , Consultez l'ouvrage „ Venus in Sole visa", que Hevelius ajout;) à sou ^Mercurius in Sole
Visus 1662", page 1 10, Notae.
r) Consultez le même ouvrage, page 1 17.
CORRESPONDANCE. 1663. 3 1 1
haereo, cùm totum hocce negotium , inprimis Horroxij obfervationem aequâ lance
perpenderis, quin calculum tuum addes , fententiamque tuam pariter ut ego prio-
rem meam , haud aegrè fis deferturus.
De Antelio quaeris, an aeque humilis apparuerit, ac Sol ipfe? In lamina qnidem
aeneâ, quia fpatium deerat, ita quidem delineavi , ac fi in eâdem altitudine exti-
tiflent; fed quantum memini , Antelius ilïe, eo tempore altior Sole aliquanto
erat ; quot gradibus autem , adeô accuraté determinare modo nequeo : puto tamen
facile 15 vel amplius gradus Sole akiorem fuiffe. Bene Vale, et non iftum dun-
taxat, quem Dei gratiâ exorfi fumus; fed et plures infecuturos annos, quos Tibi
Divina dettinavit Providentia faullos feliccfque experire; tum magno Reipu-
blicae Literariae bono, magnis conatibus infirte. Dabam Dantifci Anno 1663,
die 19 Februarii.
N= 1100.
Christiaan Huygens a J. de Witt.
25 FÉVRIER 1663.
La minute et la copie se trouvent à Ltiden , coll. Huygens.
Christianus Hugenius Johanni de Witt,
Viro Ampliflimo S.
25 februarii 1663.
Explicationem tentans methodi illius compendiofiffimae ad tangentes curvarum,
quam tibi obiter nuper exponebam, difficilius aliquanto opinione mea negotium
reperi , longiorifquc operae; ut dubitarim etiam haftenus feriptone melius an co-
ram haec tibi editurus eflem. Sed illud denique elegi quod tibi acceptius fore ar-
bitratus fum, atque haec quae vides ') in chartam conjeci, miratus intérim ipfe,
quae momento pêne temporis cogitatione completti ac fingula perfequi poteram ,
tôt verbis, ut legenti plana fièrent, opus habere. Caeterum paucioribus mihi de-
fungi haud potuiïïe videor, fi rem intricatam quatenus necefie erat elucidare vcl-
lem; vix etiam haec fuffeftura putans nifi tibi feripta efient. Vale.
x) Voir l'Appendice N°. 1101.
312
CORRESPONDANCE. 1663.
N= 1101.
Chris riAAN IIuygens à J. de Witt.
[25 FÉVRIER 1663].
Appendice au No. 1100.
La minute et lu copie se trouvent à Leidett , cuil. Huygens.
Inventio Methodi ad Tangentes Linearum Curvarum.
Sic data curva quaeli-
bet geometrica ABC quae
cognitam relationem ha-
beat ad rectam aliquam
A F, in qua datum punc-
cum A. Ac proinde appli-
catâ è punéto curvae ali-
quo ut B, reftâ BF in dato
angulo BF A, certa aequa-
tione relatio quae eit incer AF et FB exprefla habeatur. Si igitur ad datum in ea
punclum velut B tangens fit ducenda, concipienda primo ell refta EBD quae
curvam fecans in punclo B itemque in alio ipii proximo D, occurrat rectae AF
in E , et ab utrifque punétis B, D , ordinatim ad AF applicandae BF , DG.
Vocentur jam datae lineae AF, x\ FB , y. ponaturque etiam FG data elle quae
vocetur e. quaeraturque FE quae dicacur z. Itaque lîeut EF, ad FB hoc eft lient
z ad y ita EG hoc eit z -+- e ad GD quae erit^ -+- ; • Et hoc quidem in qualibet
curva perinde le habere liquet.
Nunc porro confideretur aequatio naturam curvae continens exempli gracia
x3 -+- y* — xya ce o ubi a datam longitudinem redtam iignificet AH. etpatet,
quum punctum D in curva ponatur, debere eodem modo duas AG, GD, hoc eit
ev - *
x -f- e et y ■+■ J ad le mutuo referri atque AF, FB, hoc eit x et y. Itaque ii in
■«■ pro Y, debebit elle
aequatione propoiita iubitituatur ubique x -f- e pro x et y
.r3 4- 3 exx -+- 3 eex + e3 -t- y''
aeyx aeey
— axy — aey — — * ^
3 eJi
z
3 eeyi
zz
+
e*y:
00 o.
In bac autem aequatione confiât necellario tenninos prions aequationis (impli-
eis reperiri debere, nempe .v1 + ^y3 — axy, qui cum fini aequales nihilo ex pro-
prietate curvae, ideirco his in aequatione deletis, neceile eit refiduos etiam aequari
nihilo; in quorum lingulis manilelhnn quoque eit vel unum e vel plura reperiri,
CORRESPONDANCE. 1663. 313
ideoque omnes per e dividi pofie. qui autem poft hanc divifionem non amplius
habebunt e, eos, negleétis reliquis, fcio nihilo aequari debcre quantitatemque
lineae FE five z oftenfuros, fi nempe BE jam tanquam tangens confideretur,
ideoque FG five e infinité parva. nain termini in quibus adhuc e fupereft etiam
quantitates infinité parvas five omnino evanefcentes continebunt. Video itaque ex
aequatione tota tantum eos terminos fcribi necefle elle quibus ineft e fimplex, vel-
ut hic 3 exx + -— aey — ^" oo o. Qui termini quomodo facili negotio ex
datis aequationis terminis .r3 + _y3 — axy oo o defcribi pofîint deinceps expli-
candum.
0 ey3
Et primo quidem apparet 3 exx + • nihil aliud e(Te quam fecundos termi-
nos cuborum ab x ■+■ e et ab y + --, ideo fcriptos quia in aequatione habentur cubi
ab x et y. Nam reliqui omnes termini cuborum ut et quarumvis aliarum poteftatum
ab x -+- e et ab y + —■> vel plura quam unum e habent , vel nullum; ideoque , ut
jam diximus, fruftra feriberentur. Eadem igitur ratione, fi aliae poteftates ab x
vel y efTent in aequatione propofita, feribendi forent in aequatione altéra termini
fecundi tantum fimilium poteftatum ab x + e et ab y + — • Notandumque fecun-
dos hofee terminos ex ipfis datis poteftatibus x et y certa ratione confici; nempe
ex potertate quavis .r veluti x3, mutando unum x in e et praeponendo numerum
dimenfionum ipfius x; ita hic fit 3 exx. Ex potertate y vero, ducendo eam in
e
—1 praeponendoque fimiliter numerum dimenfionum ipfius 7; ita hic ab y3 fit
—J- — Quorum quidem rationem ex poteftatum formatione intelligere facilli-
muni eft.
Porro propter xy in termino aequationis — axy, facile quoque apparet quid
in aequatione fecunda feribendum fit. cum enim fubftituendum fit pro xy pro-
ev
duétum ab x + e in y + —■> fed ea tantum feribenda in quibus unum e, ideo de
z
duobus x + e tantum e ducemus in y, et tantum x in ^-> adeoque fient ey ■+- *- x),
quibus in a duftis, praepofitoque figno —, quia habetur — axy, exiftet — aey
aexy r .-
— —^i lient lupra.
in t • exy
') Lisez: — -•
Œuvres. T. IV. 40 -
314 CORRESPONDANCE. 1 663.
Sic quoque , fi exempli gratia in aequatione propofita habeatur xxy3; filmant,
propter xx, duos priores terminos quadrati ab x + e, nempe xx + iex\ et,
propter y3, duos priores terminos cubi ab^ + --•> nempe y5 -+- : quorum
produclum pro xxy5 furrogandum. Sed etiam hic, de duobus .ta- -+- 2«, tantum
o ev*
xx ducendum in - J -, tantumque i ex in;'3, (quia caetera plura quam unum e
vel nullum haberent) adeo ut fiât — |- 1 exy3.
Atque ex his animadvertere licet, femper utrumque horum terminorum de-
fcribi pofTe ex dato termino, qui hic xxy3, alterum quidem mutato uno x in e,
et pracponendo numerum dimenfionum ipfius x\ ita enim fit 1 exy* ; alterum vero
ducendo datum terminum in - praeponendoque fimiliter numerum dimenfionum
ipfius y ; ita enim fit ^— — *— Cumque hac eadem immutatione , paulo ante , etiam
ev
fecundos terminos poteftatum ab a- + e et ab y -+- --■> ex poteftatibus x et y ae-
quationis datae defcribi ollenfum fit:, manifeftum jam eft, à fingulis terminis
aequationis datae in quibus a vel poteftas ejus, defcribi praedicïa methodo, in
fecunda aequatione, totidem terminos in quibus non eft z. A fingulis vero in
quibus y vel pote M: as ejus, defcribi totidem terminos, dicla etiam methodo, quo-
rum fractionis denominator fit z, nec alibi hanc literam in fecunda aequatione
repertum iri.
Hoc igitur cognito, quo pafto ex aequatione quavis propofita, velut hic a3 +y3
- axy 00 o alia defcribenda fit, ut hic 3 exx -+- — — aey — - do o, ani-
J z • z
madverto porro, fi termini divifi per z ad alteram partem aequationis tranftcran-
tur, duétifque omnibus in 2, dividantur per reliquos terminos in quibus non eft z,
exirtere tune ipfam quantitatem z 00 — —• atque hinc intelligo ad
3 exx — aey °
confequendam quantitatem ?., ponendos tantum eos terminus aequationis fe-
cundac qui deferipti funt ex terminis aequationis primae in quibus y,fub-
lato tantum denominatore z, mutatiique fignis + et — . deinde dividendes iftos
terminos per eos qui deferipti funt ex terminis aequationis primae, in quibus x.
Porro ex omnibus tam divilis quam dividentibus patet rejici pollen, adeo ut in
hoc exemplo fiât z 00 — ■ Itaque reiieitur ex terminis qui deferipti
r 3 xx — ay ' • ;; ' r
funt ab ijs qui habent y. Ita autem deferiptos eos fuperius diximus ut ducerentur
in idem - ■> praeponereturque numerus dimenfionum y. Krgo nihil requiri ap-
CORRESPONDANCE. 1663. 31c
parce ad termines hofee, (quatenus ad definiendam quantitatem z hic adhibentur,)
ex terminis aequationis primae, in quibus y , deferibendos, quam ut praeponamus
tantum ijs numerum dimenfionum quas in iplîs habetj, fignaque + et — inverta-
mus. Sic nempe ab ;y3 — axy deferibetur — 3 y2 + axy. A terminis vero qui de-
feripti funt à terminis aequationis primae quibus x, cum tantum ^hic rejiciendum
patuerit; cumque hos ita prius deferiptos dixerimus, ut unum x mutaretur in e,
praeponereturque numerus dimenfionum ipfius x\ apparet eos quatenus hic ad con-
ftituendum diviforem adhibentur, fie tantum deferibi opus efîc ex terminis propo-
fitae aequationis in quibus x, ut praeponatur ijs numerus dimenfionum ipfius x,
ac deinde unum x auferatur. Sic nempe ab x3 — axy deferibetur 3 x3 — axy ; et
dempto ubique x uno, fiet 3 xx — ay.
I Iinc itaque compendiofa régula oritur ad curvae cujufvis tangentem invenien-
dam , ex data folummodo acquatione quac proprietatem ejus explicet, et in qua x
et y fignificent eas quas a principio ijs attribuimus lineas datas.
Régula.
Tranflatis enim terminis omnibus aequationis datae ad unam aequationis par-
tem, qui proinde aequales fiunt nihilo, multiplicentur primo termini finguli in
quibus reperitur y , per numerum dimenfionum quas in ipfis habet-y : atque ea erit
quantitasdividenda. Deinde fimiliter termini iînguli in quibus x, multiplicentur per
numerum dimenfionum quas in ipfis habet xet e fingulis unum x tollatur; atque
haec quantitas pro divifore erit fubfcribenda quantitati dividendae jaminventae;
quo faéto habebitur quantitas aequalis z five FE , a eu jus termino E ducetur quae
tangat curvam in dato punclo B. Ne autem ligna ulla -h et — immutare opus
fit, feiendum tantum, licet quantitas diviforis, vel dividenda vel utraque, minor
nihilo five negata inveniatur, tamen tanquam afiirmatas effe confiderandas; hoc
tamen obfervando ut cum altéra affirmata elt altéra negata, tune z five FE fu-
matur verfus punélum A; cum vero utraque vel affirmata vel negata eft, ut tune
fumatur FE in partem contrariam.
Exempligratiain curva modo propofita, cum aequatioejus fit a-3 + v3 — axy oo o,
fiet dividenda quantitas , fecundum regulam , 3 y3 — axy ; divifor vero 3 xx — ay\
Ideoque z co ^ ^-- Evenietque in hac curva, ut fi punéium b2) ad quod
tangens ducenda eft , detur inter punfta K et L , quorum tangentes , altéra lineae
AF parallcla eft, altéra perpendicularis; eveniet inquam tune, ut divifore 3 xx —
— ay minore exiftente quam nihil , etiam dividenda quantitas 3 y3 — axy , minor
fit nihilo, et contra cum ille major nihilo, etiam haec major fit , five adfirmatam
!) Consultez la figure de la page suivante.
3 1 6
CORRl.Sl'ONDANCR.
I663.
quantitatem conti-
nens; ac proinde
tune fe non verfus
A fed in akeram
partem fumendam
liquet. In alijs vero
curvae partibus fi
punéhun detur ut B
vel £, fciuper eve-
nict altéra quanti-
tate negata exiftente, altcram efle adfirmatam, et contra, unde tune apparet fu-
mendam FE verfus A.
Efto rurfus curva
ABH, eujus aequatio
axx — x3 — qqy 00 o.
Pofito feilicet a et q eïïe
lineas datas. AF vero
00 x ; FB 00 v ; FE 00 z.
Hic fiet , fecundum re-
gulam , dividenda quan-
titas — qqy: divifor
1 ax — 3 .r.v: unde z oo -— — Ubi, cum dividenda quantitas fit neçata,
' 1 ax — 3 xx i ° '
fi fuerit etiam divifor minor nihilo, hoc eit, fi 1 a minor quam 3 x\ erit z five fp
fumenda in partem averfam ab A. Si vero 2 a major quam 3 ar, fumenda erit
FE verfus A ex praecepto regulae.
Unde vero comperta fit differentia illa , ut intelligatur , repetenda elt figura in
principio horum pofita , ubi vi-
dimus AG effe x + e. EG
vero z + e, unde fiebat GD
SX
00 y -+■ • • Si autem tangens ab
altéra parte lineae BF cadere
coneipiatur velut b e, atque haec
curvam fecare fingatur ut ibi fac-
tum cil , in â. fiet ponendo rur-
fus fg 00 e et fe 00 z ut AG3)
quidem fiât x + e. fed eg erit
^ S fg
Lisez: kg.
CORRESPONDANCE. 1663. 317
2 — e , unde erit g d oo y — -• Atque hinc porro facile eft perfpicere aequa-
tionem fecundam quac ex propofita aequatione exfcribitur, hoc cafu fore
3 ey5 aeyx . . . ....
3 exx — ° _j — aey -+- — sL- oo o , ut nempe termmi qui per z dividun-
tur habeant ligna contraria ijs quae habebant in aequatione defcripta cafu priori
3 ey* aeyx r? , r
quae erat 3 «rac + ° J — aey — — — 00 o. Ex hac vero lequitur,
quando quantitas 3 exx — aey five quando 3 xx — ay, (quae diviforem conlti-
tuit, fecundum regulam) fuerit minor nihilo, five negata, tune quantitatem reli-
quam ^—^ — ■* five etiam 3 y3 — ayx (quae quantitatem dividendam fecun-
dum regulam conftituit) efîe affirmatam; aut cum illa eft affirmata hanc efle ne-
gatam; quia omnes fimul aequationis termini aequantur nihilo. At contra ex illa
3 ey3 aeyx r ,
aequatione 3 exx — ^—^ aey -\ sL- 00 o lequitur quando quantitas 3 exx
J3
— aey five quando 3 xx — ay fuerit negata, tune reliquam — â-JL _|_ J
five etiam — 3 V3 + ayx e(Te affirmatam , five quod idem eft, 3 y3 — ayx efie ne-
gatam : aut quando 3 xx — ay fuerit affirmata, tune— 3 y3 + ayx efie nega-
tam , five quod idem eft 3^3 — ayx efie affirmatam. Per haec itaque apparet ex
quantitatibus per regulam inventis, quae crant ^— — — oo 2 iudicari pofTe ad
; r o ^ xx — ay J r
utrum cafum conftructio tangentis pertineat, nempe, ex comperta difllmilitudine
affeclionis in divifore et dividendo, fequi ad priorem cafum eam pertinere, hoc
eft, z five FE accipiendam efie verfus A. Ex fimilitudine vero eorum affedionis,
fequi ad contrariam partem fumendam.
3 1 8 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 1102.
R. Moray à Christiaan Huygens.
I MARS 1663.
La lettre se trouve à Leideu, cuil. Huygens.
Elle est lit réponse au Nn. 1097 ').
A Whitehall ce 19 Feurier 1663.
Monsieur
Me voylà maintenant la plume en la main pour vous faire une refponce aflez
ample a la Voftre du 2. que Je n'ay fait que nommer dans ma dernière 2). le mo-
ment de loifir que J'ay rencontre m'y conuie, quoy que Je fais eftat de retenir
cette lettre iufque a ce que J'apprenne par Voilre refponce a ma dernière fi cette
cy doibt eftre enuoyee en Holande ou en France.
Hier Je demanday au libraire 3) de Monfieur Hobbes s'il n'a point encor eu de
refponce de luy touchant voftre dernier papier 4) que Je luy ay enuoyé; et il m'a
dit que non mais que dans une femaine il fera icy. tout ce que J'en apprendray
vous fera auffi toft communiqué.
La femaine prochaine Nous prétendons faire un petit voyage par mer auffi loin
qu'aux Dunes , pour eflayer les Horologes de Monfieur Bruce qu'il tafchc cepen-
dant d'adiufter le mieux qu'il fe peut. Jl eft vray comme vous dites que le mou-
uement des grands vaifTeaux eft plus lent que des petits, mais auffi dans des
grandes vagues principalement quand on a lèvent droit en poupe , ou qu'on eft
à l'ancre les fécondes en font plus forts et violents. Mais ce que Je crains le plus ,
n'eft pas que lagitation du vaifleau donne des vibrations a tout le Corps de l'horo-
loge (quoyque J'appréhende auffi que cela mefme y fera quelque chofe,) mais
c'eft pluftoft les mouuements fubites du vaifteau de haut en bas, et le contraire,
qui tantoft arreftent le pendule de lhorologe plus long temps en l'air, tantoft
l'accelere : tantoft le rend plus pefent, tantoft plus léger, et cela auec des inéga-
lité/., qui me femble ne pouuoir manquer a caufer des defrciglemens au mouue-
ment des roues de l'horologe. Mais toulîours vaut il la peine de voir par expé-
rience ce qui en eft.
Jl eft certain qu'il y a bien de chofes a coniïderer dans l'architecture des vaif-
feaux qui femblent ne pouuoir eftre réduites a aucune reigle. mais auffi eil il vray
que iamais Mathématicien du premier rang ne s'y eft appliqué comme il faut. My
lord Brounckeret un ou deux ancres f' 1 icy y ont efté d'autant plus excitez et encou-
' La réponse de Chr. I luygens s'est perdue. Ci m Mil te/ la Lettre N' '. i 1 i 9.
Consultez la Lettre Nr'. ioyK.
3) Andréas Crooke.
•' Voir la pièce \'°. 10H4.
V-,
JjaÀ,tl-CL**s -oLu
J~ Qo.ee. OUiy
K
CORRESPONDANCE. 1663. 319
ragez, que le Roy les y poufTe, et les grands Architectes de nauires ne leur cèlent
rien de tout ce qu'ils fcauent de leur meftier : dont il y a un qui en eft le plus fça-
uant, qui a iamais cite en Angleterre, et peut eftre au Monde, de forte que My
lord fy applique ferieufement. mais comme c'eit une affaire de longue halene et de
grands frais on n'y procède que lentement, et l'on efpere auec le temps ou de trou-
uer la perfection des vaiftëaux , ou du moins eftre aïïeure qu'on la fçait défia.
Pour ce qui eft du vaifTeau qu'a inuenté Moniieur Petty en voycy une copie7) de
fa figure qui nous a elle enuoyee d'Jrlande par quelques uns de noftre focieté qui
ont eu charge de vifiter, examiner et faire raport de fa figure et fes qualitez 8). Vous
voyez pourtant qu'elle n'eft point faite artiftemem : mais elle fufit pour faire com-
prendre ce que c'eft. Ce feroit trop long de vous déduire toutes les particularitez
et les hiftoires qu'on nous en efcrit. Je vous diray feulement, qu'il va deux fois, Je
dis deux fois, plus vifte qu'aucun vaifTeau qui fe trouue a Dublin : et fatifferay a
toutes vos queftions.
pour ce qui efi: des Cylindres vous voyez que les deux bouts en font faits l'un
comme la prouë d'un Batteau ordinaire, l'autre comme la poupe, pour y attacher
le Gouuernail, dont chaque Cylindre en a un. les auantages de cette figure font,
quelle fend l'eau facilement, qu'un vent contraire a peu près, ne poufTe pas le
vaifTeau aifement a Cofté; que la force du vent ne le fait point facilement pen-
cher; et que les cylindres n'eftant gueres enfoncez dans l'eau le vaifTeau tourne
bien et obéit au Gouuernail, et puis les vagues qui tombent fur fon cofté n'y
ont que bien peu de prife. d'où refulte la vélocité du vaifTeau de quelque fens
qu'il aille, tant par ces auantages de la figure quant au mouuement, comme par
celuy de pouuoir fupporter beaucoup plus de voile quune autre ne fçauroit faire,
y ayant de 7. a 800. pieds quarrez de voile fur un petit vaifTeau qui ne fçauroit por-
ter deux tonneaux feulement, les Cylindres font creux : et ne font enfoncez qu'à
moitié, C'eft a dire un pied, dans l'eau, ladiftance des Cylindres, qui eft (a prefent
clargy) de 4. Diamètres du Cylindre, et leur grandeur a l'égard du Bafliment qu'ils
fouftiennent, font caufe qu'il porte tant de voile. Comme la forme aiguë de la
prouë fert a bien fendre leau; la longueur du corps du Cylindre eft caufe qu'il y
glifte à trauers auec moins de refiftance qu'il ne feroit fil ertoit plus gros, et plus
court, cette longueur fert aufïï comme J'ay défia marqué pour empefeher que le
vent ne le poufTe aifement a Cofté, qu'on appelle, to keep a good winde,en
anglois.
<s) Consultez la Lettre N°. 1093, note 9.
7) Voir la planche vis-à-vis de cette page.
8) Le 06 novembre 1662, le président, Lord Brouncker, nomma une commission composée de
„Lord Massareene, Sir Anthony Morgan, Dr. Peter Pett, Mr. Southwell et Sir William
Petty lui-même", qui s'adjoignirent quatorze autres personnes. Cette commission donna un
rapport favorable, le 26 janvier i66| (Vieux style).
CORRESPONDANCE. 1663.
Ne vous plaignez pas a cette heure que Je ne vous en dis point afTez. il eft
vray pourtant que J'en pourroisdire bien d'auantage. mais cecy vous feruira fi Je
ne me trompe auec la figure pour vous faire comprendre le tout. Si néant moins
vous auez enuie que Je vous en entretienne une autre fois vous n'auez qu'a me
fuggerer la matière dont vous voulez que Je vous parle.
pour tout remerciment de la peine que vous a courte la figure de voftre Ma-
chine, Je vous diray feulement que J'en fuis bien fatisfait. Celle dont Monfieur
Boile s'eft toufiours ferui depuis qu'il a pre fente la première a la fociété y) n'eft
gueres diferent quant à la figure, et elle ell fubmergee dans de l'eau comme la
voftre mais d'une autre façon, qu'il n'eft pas befoin de vous de fc rire puifque la
voftre me femble pour le moins tout au (fi commode10) la fienne. en un mot Je trouue
toute voftre machine et les eirconftances dont vous obferuez en l'employant fort
bonnes, mais quoyqu'a mon auis le ciment mol y foit plus propre que celuy dont
Monfieur Boile fe fert, néant moins il choifit toufiours le lien pluftoft que le voftre.
Néant moins iufqu'icy Monfieur Boile n'a iamais fçeu faire voftre expérience de
l'eau qui ne defeend point, quoy qu'il ait pris toute la peine qu'il a peu, fans que
l'air entrait aucunement dans le récipient, et que l'air en ait efté fi bien uuidé, que
le ^v qu'il auoit mis dans un tube pour eftrc fa reigle, (comme Je vous ay une
ou deux fois fuggeré et que vous ") auffi pratiqué), defeendit a niueau de celui
qui eftoit dans le petit vaiiïeau en bas. Mais nous auons donné ordre a noftre ope-
rateur T~) d'accommoder noftre Machine en forte que nous en puilîions eftrc efclai-
rez par noftre propre expérience quoyque Je ne doubte nullement qu'il ne reuflifTe
comme vous le dites: fi du moins il ne fe trouue quelque diference entre l'eau com-
mune icy et celle d'Holande.
Quant à l'expérience de Linus, nous l'auons expérimenté dans des tuyaux de la
grandeur que vous m'auez marquée , et l'auons trouuee iuftement comme vous le
dites, dont la raifon femble ne pouuoir eftre autre que celle que vous deduifez.
C'eftoit Monfieur Neile qui vous donna le liure de Horoxius.
Au refte le regret que vous témoignez de ne pouuoir fi toft donner au monde la
fatiffa&ion qu'on attend de ces traittez que nous vous tenons pour engagé de pu-
blier, abat un peu la vigueur des inltunces dont Je vous allois prefler de la part de
nos Mefiieurs qui en meurent d'enuie; mais il ne faut pas pourtant que J'en defifte
tout à fait. Je vous plains d'un cofté, de ce qu'ayant deftein de vous acquiter de
y; lîoyle l'a présentée dans la séance du 15 mai 1661 (Vieux style).
'°j Intercalez: que
1 ' Intercalez: avez
K.llooke. On lui donna celte charge dans la séance du 4 lévrier l66i. La machine se
trouvait raccommodée le [er avril 1663; cependant l'expérience en question ne fut faite que
dans la séance du 1er juillet 1663 , et dans quelques suivantes.
CORRESPONDANCE. 1 663.
Voftre promette vous en elles détourné par des affaires. Mais d'autre part il non
obftant ces empcfchemens qui femblent élire infurmontables, vous ne laiffez pas
de faire ce que nous defirons vous en aurez plus de gloire , et nous de fati fraction,
mais Je n'adioufteray autre raifon a prefent pour vous y echaufer linon que peut
élire pendant que vous diferez la publication de ces traitez: d'autres le méfieront
des mefmes matières qui ne s'en acquiteront pas du tout, félon la dignité du fuiet :
Et s'il y a quelque un, de vos amis qui ibit capable de faire quelque choie qui
vaille fur ces matières: vous elles bien affeuré que pas un d'eux n'y mettra la
main : et ainfi nous ferons priuez de chofes tant defirables trop long temps, mais
en un mot comme que c'en foit, vous pouuez attendre de moy que Je ne vous
laifleray iamais en repos, que ces traitez ne foyent donnez au monde par voftre
main. Tous vos amis icy, nommément M y lord Brouncker, Monfieur Boile et
Monfieur Bruce vous baifent les mains, et moy Je fuis du meilleur de mon coeur
Monsieur
Voftre trefhumble et trefobeiflant feul ferviteur
R. MORAY.
Faites moy fçauoir par la première occalion quand c'ell que vous faites éilat
d'ellrc de retour a la Haye, pourucu que vous vous y trouuiez au commencement
du mois de May, My lord Brouncker & moy tafeherons de nous y rendre en ce
temps là; autrement nous ne ferons pas (i Je ne me trompe , le voyage ii toft : puis
que le plus grand contentement que nous nous y propofons, cell de vous voir.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zuliçhem
Chez M. Bailly au petit Moijse
Rue de petit Bourbon, aux
Fauxbôurg St. Germains
A Paris.
Œuvres. T. IV. 4 1
322 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 1103.
Christiaan Huygens h [Lodewijk Muvgens].
26 MARS [1663].
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A BrufTelles ce 26 Mars.
Vous voyez par cette date que je n'ay pas tant fejournè a Anvers que je croiois
devoir faire en partant. J'y arrivay famedy ') vers le foir d'afTez bonne heure, et
m'èftant informe en divers lieux touchant le jour que les Carottes2) partent d'icy pour
Paris, l'on me dit par tout que c'efloit lors qu'il y avoit du monde , et non pas à de
certains jours. Sur quoy je refolus de m'en aller par le premier batteaa, quoy qu'a
une heure un peu incommode , car ce fut la nuicl a 3 heures que le Heu fit voile ,
a caufe de la marée, van Aften 3) m'a dit la mefme chofe touchant la voiture des
carofies, que j'appris a Anvers, et je l'attens maintenant qu'il me viene faire raport
après qu'il aura ertè chez Baudrij. J'ay veu Don Diego 4) et j'ay receu chez luy les
regales accouftumees. J'y dinay hier, Francifque 5) joua du clavecin, et luy me
perfecuta après cela de fa compofition qui cftoit une pièce de dévotion avec des
paroles flamendes fur un air de farabande, qu'il venoit de faire pour ces jours
de ferte. Vous elles heureux en ce que vous n'avez rien a fouffrir de femblable
auprès de cet Unicus in Orbe. Je luy ay donne les deux livres de voilrc part qu'il
a promis de bien conferver. J'arrivay icy au Loup juitement a l'heure du difner ,
et y rencontray a table entre autres Monfieur de Montery 6) ou Monfieur Roger,
comme on l'appelle icy. C'cft un fort honnelt homme que vous ne connoifTez pas
mais le frère de Moggerfhill et ma foeur 7) très particulièrement en ayant receu
beaucoup de civilité lors qu'ils furent icy , comme aufli il en a offert a moy. Il
loge céans depuis quelque jours. De plus 2 gentilhommes Parifiens qui s'en vont
veoir la Hollande avec les quels je me fuis aiïbciè cette aprefdinee a veoir des
maifons et jardins des plus beaux ou moins laids de cette ville.
') C'était le 24 mars.
2) D'après une lettre de Clir. Huygens du 10 août 1665, le service de ces voitures était dirigé à
Paris par Advin de la Vigne.
3) Il paraît que van Asten était en quelque sorte l'intendant des biens de Zeelhetn, dont Cools,
qui y demeurait , était l'administrateur.
4) I luygens désigne le père ( îaspard Duarte.
5j Prancisca Duarte, tille de Gaspard Duarte. Elle mourut le 29 octobre i6"-8 à Anvers.
6 ) Roger, (ils d'un riche orfèvre de Paris, avait épousé la fille du sieur de lYloutery , dont il
avait pris le nom.
1 Philips Doublet et sou épouse Suzanna Huygens.
CORRESPONDANCE. 1663.
Il a plu icy hier et aujourdhuy et il femble que le beau temps nous va quiter.
Je ne fcay ce qu'il fait chez vous. Adieu. Van Allen ne viendra pas ce foir a
ce que je voy. Salut a tout le parentage et amis.
N= 1 104.
CHRISTIAAN HUYGENS à LODEWIJK HUYGENS.
6 AVRIL 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A Paris ce 6 Avril 1663.
Par eelle que je vous ay eferit de Bruflèlles *) vous auez feeu le fucces de mon
voyage julques la. J'y demeuray encore le jour d'après et le pafTay afTez bien en
la compagnie de Moniieur de Montery :) qui me mena promener par tout, et de
Monfieur ion frère.
Je partis Mercrcdy :i) vers les 10 heures, et a pareille heure j'arrivay icy Mardy
dernier4), de forte que je pafTay en 6 jours tout jufte. Ces caroffes de Blavet s)
partent ordinairement le Mcrcredy ou le Jeudy félon qu'il y a du monde pour
les remplir. Il y euft avec moy et mon garçon 4 autres perfonnes defquelles l'un
eftoit un Efpagnol d'afTez bonne converfation. Le temps fut toufjours beau et
nous paflames fans aucune incommodité. Don Sebaftian 6) avoit occupé voftre
appartement, mais il eft maintenant rentre dans le lien. Je trouve que vous n'avez
pas elle mal loge r), et fur tout ce prolpeét. fur les parterres du Cardinal Antonio 8)
me rejouit.
Hier je me fuis fait faigner pour élire pluftoft délivre d'un rheume que j'ay
pris en chemin, et en effecT: je m'en trouve défia beaucoup mieux. Le Sieur
Bruynestein 9) a peine avoit achevé cette opération, quand Moniieur de
1 1 La Lettre N°. 1103.
:) Voir la Lettre N°. 1 103, note 5.
3) C'était le 28 mars.
4 i C'était le 3 avril.
5 1 Blavet entretint une diligence de Bruxelles à Paris, qui allait chaque semaine.
5) Sébastian Chieze. Voir la Lettre N°. 863 , note 4.
") Rue du Petit Bourbon, chez Monsieur Bailly, au petit Moyse. Consultez ta Lettre N°. 1 102.
8) Sur Antonio Barberini, voir la Lettre N°. 1078, note 5.
v' Johannes Bruynsteen rBruynestein) naquit an 164231a Haye. Il fut adjoint comme chi-
rurgien à l'ambassade des Provinces-Unies à Paris, et suivit plus tard Constantyn Huy-
gens, père, en Angleterre. En janvier 1669 il se lit inscire à l'université de Leiden comme
étudiant en médecine.
324 CORRESPONDANCE. 1663.
Montmor y) accompagne de l'Abbé Charles IO) et Monfieur vSorbiere J1) me
vinrent vifker, qui m'ont prie que je me trouvaffe Mardy qui vient ") a l'aflèm-
blee pour entendre les nouvelles loix et ordonnances que l'on y va eftablir ,3).
Je fus défia avant hier chez Monfieur Thevenot pour luy porter les papiers dont
vous et Monfieur Voffîus m'aviez chargé, des quels il fut fort joyeux. Monfieur
Petit ne le trouva point au logis, et je m'eftonne que jufqu' icy il ne m'eft point
venu chercher. J'ay eftè avec le Signor Padre veoir la Signora Anna M) qui ref-
femble a un garçon habillé en fille, et j'aufay de la peine a la croire autre juf-
qu'a ce que le temps m'en donne de plus clairs indices. Le portrait de la lier
mana IS) plaît fort a mon Père qui ne manquera pas d'en faire montre par tout. Le
voftre de van Loo l6) cil bien peint er reflemble bien, mais le frère de Zeel-
hem '") y trouveroit a redire de ce que la pofture ell trop régulière et les che-
veux et le rabat (ans aucun plis.
Je voudrois bien que vous renvoiaffiez ma nouvelle horologe a Maiftre Scve-
ryn l8) a fin qu'il la fit aller comme il faut, et la gardait jufqu'a mon retour. Je ne
fcay fi j'ay ferre quelque part la manivelle de la machine du vuide. Si je l'ay
oublie je prevoy bien que vous aurez de la peine a la laifler en repos; auffi je ne
le vous defFends pas, mais que ce loit avec circonfpeclion , et en caffant le moins
de verres, qu'il fera poflible. Adieu, faites mes baifemains a Todos Iy). et dites
au frère de Moggerfhill 20) qu'il ne veuille pas négliger l'affaire que je luy avois
recommandée.
La clef de l'horologe ell dans un des tiroirs fur ma table.
Au frère Louis.
s>) Voir !:i Lettre N°. 278*, note 5.
IO) Sur Charles de liryas , voir la Lettre N°. 988 , note 4.
") Voir la Lettre N°. 12, note 5.
I2) Le 10 avril.
I 1 Voir l'Appendice N°. 1 105.
' 1 1 l'eut être s'agit-il ici d'une fille de P. Petit, Anna Petit.
ls 1 La 1 1er mana est encore un nom familier de Susanna Doublet , sieur de Chr. Huygens.
16 ) Jacob van Loo naquit en 1614 a l'Ecluse en Flandre et mourut a Paris le 26 novembre [670.
Il a peint des portraits et de grands tableaux historiques. Il demeura a Amsterdam , puis s'éta-
blit en 1662 a Paris, ou il fut reçu membre île l'Académie Royale de peinture
1 Constantyii Huygens.
II Severyn était un horloger àla Haye qui travailla pour Chr. Huygens,
Il s'agit peut-être de la fille, jeune encore, de Philips Doublet et de Susanna Huygens. Voir
la Lettre N°. 1 1 20.
0 Philips Doublet, le beau-frère de Chr. I Inygens.
CORRESPONDANCE. 1 6 6 3 .
N= nos.
['?] h Christiaan IIuygens.
[1663?]
Jppendicc au No. 11041).
La pièce se trouve à Leiden, cuil. IIuygens.
Project de hi Compagnie des Sciences et des Arts •)•
Le deffein de la Compagnie eit de trauailler à la perfection des Sciences et des
Arcs, et de recercher généralement tout ce qui peut apporter de l'utilité ou de la
commodité au Genre humain et particulieremt a la'france.
Pour paruenir a ce deffein l'on trauaillera a faire des expériences et à decouurir
les plus de nouueautez que l'on pourra tant dans le Ciel que fur la Terre par les
obferuations Agronomiques et Géographiques avec les grandes Lunettes, les
microfeopes , et tous les autres jnitruments neceffaires.
On trauaillera a apprendre plus particulièrement la conltruction et les riiouue-
mens du Corps humain par le moyen de la chymie, de l'Anatomie, et de la Mcdi-
cine pour pouuoir conferuer ou reftablir la fanté qui cil la chofe la plus pretieufe
de la vie.
On s'appliquera h inuenter de nouuclles Machines, et a faciliter les anciennes
pour la commodité ou pour le diuertifîement de la vie et à jnventer de nouueaux
fecrets tant pour la manufacture des Arts que pour la curiofité.
On tafehera d'apprendre tous les fecrets qui font bien efprouuez , en recompen-
fant les Jnventeurs ou ceux qui les cachent : Et fi l'on ne peut pas les apprendre ,
on tafehera de les trouucr pour les publier, afin que tout le monde profite des bel-
les jnventions des particuliers, et que l'jntereft de quelques uns ne priue pas le
public de l'avantage de fi peu de bons fecrets que l'on a jufques icy trouuez à pro-
portion de ce qu'il feroit à fouhaitter que l'on connuft, particulièrement en ce qui
regarde la fanté, puis que c'eft une efpece de cruauté de laiffer périr des hommes
faute de leur enfeigner les moyens jnfaillibles de fe fauuer.
On efprouuera aufii tous les Secrets de confequence, dont on aura ladefcription,
quand il y aura quelque apparence qu'ils pourront reuflir , pour les approuuer et
s'en feruir s'ils font bons, ou pour détromper ceux qui les croyent fur la foy d'au-
1 ) Cette piècea été insérée ici parce que, dans la Lettre N°. 1 104, il est question „des nouvelles
loix et ordonnances que Ton y va establir." Comme toutefois l'Académie des Sciences ne fut
fondée qu'en 1666, il est possible que- ce projet date d'une époque postérieure à 1663:1e
mot „s'assembloient" dans la Note ■ ) de Chr. Huygens donne quelque appui à cette opinion.
Plus tard IIuygens a pris une part active à la discussion sur le règlement. Consultez la pièce
que nous publierons à la fin de la Correspondance de 1666.
326 CORRESPONDANCE» 1 663.
truy fans les avoir efprouuez, s'ils ne font pas véritables. Enfin on s'eftudiera à
détromper le Monde de toutes les Erreurs Vulgaires qui pafTent depuis fi long
temps pour des vérité/, faute d'auoir faict une fois les expériences ncccfîaires pour
en decouurir laiauffcté.
On fera en forte d'apprendre toutes les pratiques des Arts tant de ceux qui l'ont
en ufage en france que dans les autres Pays et d'auoir le defïèin de toutes les Ma-
chines, et de tous les jnftruments qui y feruent, et de fcauoir tout ce que les Ou-
uriers remarquent dans les matières qu'ils employent, touttcs les diffkultez qu'ils
rencontrent dans leurs Ouurages, tout ce qu'ils rechergcnt ou mefme ce qu'ils fou-
haittent pour la perfection de leurs arts et de toutes ces chofes on en fera une Lille
ou un Tableau, afin que les habiles y longent, et qu'ils tafchent par la Mecha-
niquc ou par la Chymie ou par la conférence de diuers arts d'appliquer par Ana-
logie aux uns ce qui fe pratique dans les autres.
On talchera auiïi d'apprendre toutes les tromperies des Artifans et des Mar-
chands et leurs vSophiftiqueries avec les Moyens pour les decouurir , que l'on pu-
bliera pour empefeher le public d'y eftre trompé, et pour obliger les ouuriers a
trauailler plus fidèlement.
On s'appliquera à recercher les moyens de faciliter la nauigation pour augmen-
ter le Commerce et pour auoir les occafions de decouurir les merueilles qui fe ren-
contrent dans les pays inconnus, ou tout cil nouueau et différent de ce que Nous
voyons dans le noftre, dont il rcuiendra un très grand profit a l'Eilat par ia decou-
uerte des Mines, des pierres pretieufes des :) et des Remèdes exccllens dont
ces pays abondent. Et pour cet effeél on recerchera tout ce qui concerne la con-
llruclion des vaifîeaux et leur équipage, et tous les moyens de remédier aux jn-
conveniens que l'on a remarquez dans les voyages de long Cours.
Dans toutes les occafions ou des perfonnes curieufes voyageront ou refideront
dans des pays ellrangers, on leur donnera des Mémoires et on les priera d'exami-
ner les Lieux ou ils iront ce qu'on jugera y élire remarquable tant dans la Nature
que dans les arts, et mefmes dans les grandes navigations l'on talchera d'envoyer
exprés des perfonnes intelligentes pour remarquer tout ce qu'il y aura de curieux
dans les Terres nouuelles, tant dans les métaux , les animaux , et les plantes, que
dans les Jnventions des arts. Et pour cela l'on portera dans les pays policez les mo-
dèles ou les defleins des Machines dont nous nous feruons icy ,à lin s'ils ne les ont
pas de leur en apprendre l'ufage de quelques unes et de troquer les autres, contre
celles que Nous n'avons pas, ou contre les fecrets de leurs arts que nous ignorons,
que l'on auroit peut eftre difficilement pour de l'argent, ou par d'autres voyes. L'on
envoyera aufli touttcs les curiositez de l'optique , Dioptrique etc. de l'aimant etc.
2) Dans l'original il y a une lacune ici. Probablement il faut lire : animaux.
CORRESPONDANCE. 1 663. 327
pour s'jntroduire par ce moyen et fe faire eftimer, puis que l'on fcait que c'a elle
par de iemblables voyes que l'on a eu entrée dans de puiflàns Royaumes.
On s'appliquera particulièrement h eftudier ce qui concerne l'agriculture, h
rendre fertiles les Terres jncultes, h defleicher les Marais etc. comm' citant les
chofes qui peuvent les plus augmenter le bonheur d'un Eftat , aufli bon et aufli
fertile que le Nollre.
On recerchera les moyens de faire la communication des Provinces les unes
avec les autres, afin que les denrées fe puifTent débiter et fe tranfporter aux Lieux
ou il en manque, en rendant les Riuieres navigables, ou joignant celles qui le
font defià.
On chergera aufli toutes les voyes de remédier aux inondations de la Seine qui
incommodent Paris, depuis quelques années, Et pour toutes ces chofes on tra-
uaillcra a faire des Cartes Géographiques très-exactes , qui ei\ une des chofes qui
manquent le plus dans cet Eftat.
Si la Compagnie eft confultée fur quelques Jnventions nouuelles, fur quelques
Machines ou fur quelques grands defTeins publicqs ou particuliers, Elle députera
Ceux de fon Corps qui feront les plus verfez dans ces matières pour les examiner,
et aller mefme fur les Lieux s'il efl neceflaire , qui feront leur Rapport à la Com-
pagnie, de ce qu'ils auront trouué, Laquelle l'examinera tres-exaétement pour ju-
ger de la poffibilité ou de l'utilité du deffein , et en dire fon fentiment, qui procé-
dant de perfonnes jntelligentes et defjntereffées manquera rarement d'eflre véri-
table, afin que faute d'un tel examen le Prince ou les Particuliers ne s'engagent
pas, en des depenfes inutiles, et en des entreprifes peu honorables, comme l'on
voit que cela n'arriue que trop fouuent. Par ce moyen le Roy aura dans fes grands
deffeins et dans toutes les propositions nouvelles qu'on luy fera un Confeil capa-
ble de luy donner des aduis fmeeres et véritables s'il luy fait l'honneur de le con-
fulter.
La Compagnie entretiendra commerce avec toutes les autres Académies, et
auec tout les feauants de tout les Pays, pour s'jnftruire réciproquement de ce qu'il
y a de particulier dans la Nature et dans les arts, et de ce qui fe fera de nouueau
touchant les Liures et les feiences, Et pour obferuer par ce moyen en tous les
Lieux, les Saifons, les vents, le plus grand chaud , le plus grand froid, la decli-
naifon de l'Aimant, les flux et reflux des Mers, les Eclipfes, les Comètes , les mé-
téores, et les autres fenomenes du Ciel et de la Terre par le moyen des Thermo-
mètres du vif argent , des pendules, et de tous les autres jnftruments necefïaires
pour pouuoir en fuitte faire une hiftoire de la Nature la plus univerfelle qui foit
poilible, fur la quelle comme fur de folides fondemens on puifle trauailler à baltir
une Phyficque, et pour faire pareillement une hiftoire des arts, et des jnventions
des hommes qui font en ufage, et dans les Lieux ou il y a des chofes curieulés:
Et où il ne fe rencontrera perfonne capable de les examiner, comme aux bains et
aux fontaines au deflus des hautes Montagnes, au fond des Mines &c. on envoyera
328 CORRESPONDANCE. 1 663.
exprès des peribnnes jntelligentes avec de bons Mémoires pour taire toutes les
remarques, et les expériences neceiïaires.
L'on priera ceux , qui fe font particulièrement appliquez a quelque icience ou
a quelque art, ou qui ont la curiofité de s'y appliquer de trauailler par toutes for-
tes de voyes pour les perfectionner et de donner communication a la Compagnie
de tout ce qu'ils en I cauent. Et ainfy tout le monde jouira des trauaux les uns des
autres. Et on s'excitera mutuellement à contribuer de toutes fortes de matières au
bonheur de la vie. à quoy il eft a fouhaitter que tout le monde s'applique à l'avenir
plus ferieufement que l'on 3) pas faicl par le païïe.
L'on fera auflî une Lifte ou un Tableau de toutes les Jnventions qui fe font
perdues pour tâcher de les retrouuer. Et un autre de tous les fouhaits que les hom-
mes ont jamais eus ou peuuent auoir fur quelque matière qui ce foit, et de toutes
les chofes que l'on recerche depuis h long temps fans les auoir encores trouuées
afin d'examiner li elles font pofiibles ou impofliblcs, et d'exciter les habiles h les
rechercher.
On ne parlera jamais dans les Affemblées des mifteres de la Religion ny des af-
faires de l'Eftat : Et fi l'on parle quelque fois de Metaphifiquc , de Morale, d'Hif-
toirc ou de Grammaire etc. Ce ne fera qu'en pafiant, et autant que cela aura du
rapport a la Phyfiquc, ou au commerce des hommes.
La Compagnie fera compofée des plus feauants dans toutes les véritables Scien-
ces que l'on pourra trouuer, Comme en Géométrie, en Mechanique, Optique,
Afin momie, Géographie &c. en Phyfique, Médecine, Chymie, Anatomie, &c. ou
dans la pratique des Arts, Comme l'Architeéhirc, les fortifications, la Sculpture, la
peinture, et le deiïein, la Conduite, et l'eleuation des Eaux, la Métallique, l'Agri-
culture, la navigation &c. Ou de ceux qui auront faicl part à la Compagnie de
quelque fecret, ou de quelque Jnvention confiderable qu'ils auront trouuée, pour
exciter tout le monde à inventer quelque chofe de quelque nature que ce foit, puis
qu'il n'y a rien de nouueau dont avec le temps on ne puific tirer quelque utilité con-
fiderable : Ou de ceux qui auront beaucoup voyagé; Et de quelques uns qui enten-
dent les Langues vulgaires pour traduire tous les bons liures qui traitent des feien-
ces, et des Arts, que nous n'auons point en noftre langue, afin de les faire impri-
mer, fi la Compagnie juge qu'ils foyent utiles au public, et pour lire tous ceux qui
s'imprimeront en ces Langues, afin qu'elle foit avertie de tout ce qui s'elcrit et fe
crouue de nouueau: Et de quelques autres qui efcriuent bien en latin, pour traduire
en cette Langue les Ouurages que la Compagnie pourrait permettre que ceux des
liens qui les auraient faicts imprimafïent , et qu'ils auraient compofez en francois.
Et l'on ne receura perfonne qui n'excelle au moins en quelqu'une des choies
>) Intercalez: n'a.
CORRESPONDANCE. 1663. 329
fufdi&es, et que Ton ne juge capable de pouuoir contribuer a Fauancement des
deffeins de la Compagnie.
On élira de temps en temps, fumant ce qui fera re fol u , des perfonnes de la
Compagnie pour auoir foin de fa conferuation et de fon auancement.
Jl y en aura une pour conduire les aflemblécs et y faire garder la bienfeance et
le filencc, a laquelle on déférera fans aucune oppofition, et fans la permiffion de
la quelle on ne pourra rien faire ny parler d'aucune chofe.
Jl y en aura une autre pour recueillir ce qui fe fera ou fe dira de remarquable
dans les aiTemblées, dont il tiendra un Regiftre exaét qui demeurera dans 1" Aca-
démie, que tous Ceux qui compofcnt la Compagnie pourront veoir, ou en faire
tirer Copie s'ils font abfens, mais quils ne pourront jamais rendre public ny im-
primer fans le confentement de la Compagnie. Et pour entretenir le Commerce
avec les autres Académies et les feauans.
Jl y en aura d'autres qui tiendront leur place en leur abfence et qui les foula-
geront.
Jl y aura une perfonne ou deux dépendantes de la Compagnie, pour auoir le
foin de tenir prell: et de faire exécuter tout ce qui concernera les expériences, et
les Machines pour les deffeigner et faire trauailler les ouuriers , et généralement
pour faire tout ce qui fera ordonné en fuitte des délibérations de la Compagnie.
On élira (îx ou huicT: des plus zelez pour s'appliquer particulièrement à Fauan-
cement de la Compagnie , et pour remédier aux inconveniens qui fe pourroient
decouurir, qui pourront s'affembler quand ils le jugeront à propos, Et s'ils ont
refolu quelque chofe, on en fera le rapport, a l'afTèmblée prochaine pour en déli-
bérer. Et le Rcfultat fera mis dans un Regirtre particulier avec les Statuts, et les
loix de la Compagnie.
") Fait par les Melïieurs qui s'alfembloient en particulier [Chr. Iluygcns].
Œuvres. T. IV. 42
330 CORRESPONDANCE. 1 663.
N= 1106.
R. Moray à Christiaan Huygens.
6 AVRIL 1663.
La lettre se trouve a Leiden, coll. Barman ').
A Whitehall ce 27. March 1663.
Monsieur
Ce mot n'eft que pour vous donner auis, que voftre dernière du 2 2) m'ayant
fait iuger que vous feriez à Paris dans peu de iours, J'y ay enuoyé la refponce 3) de
vos précédentes 4) que Je vous auois promife , auec la figure du vaiffeau du cheua-
lier Petty. mais auec ordre au jeune homme 5) qui porte le pacquet qu'il le mette
entre les mains de Monfieur voftre perc en cas que vous n'y foyiez point arrivé.
Jl a auïïi un prefent a vous faire d'un liure dont il eft l'autheur qu'il appelle Op-
tica promota 6), qui traitte de la Dioptrique , et de l' Aftronomie , dont Je ne veux
rien dire pour vous en laifTer le ingénient entier. Apres l'auoir leu, et conféré
auec le jeune homme fi au moins vous le voyez mandez m'en voftre fentiment.
Seulement en tout cas, vous y apprendrez que J'ay eu rai fon de vous dire, tou-
chant la publication de vos traittez, ce que J'ay dit dans le pacquet enuoyé à
Paris. Je ne vous aurois point eferit à cette heure n'eftoit qu'une perfone venue
') La réponse de Chr. Huygens s'est perdue; consultez la Lettre N°. 1119.
2) Consultez la Lettre N°. 1097.
3) Voir la Lettre N°. 1102.
♦) Consultez la Lettre N°. 1098.
5) James Gregory, fils du pasteur John Gregory et de Mlle Anderson, naquit à Dramoak
(Aberdeen) en novembre 1638 , et mourut à Edinbourg en octobre 1675. En 1665 il vint à
Londres, puis voyagea en Italie. En 1668, de retour en Angleterre, il devint membre de la
Société Royale, en 1669 professeur de mathématiques à St. Andrews et en 1674 à Edin-
bourg. En 1662 il donna le projet des télescopes réflecteurs qui portent son nom: peu de
jours avant sa mort, en observant les satellites de Jupiter, il devint tout à coup aveugle.
6 Pptica Promota, feu Abdita radiorum reflexorum & refraftorum Myfteria Geometrice
Knucleata; cui l'ubnectitur Appendix fubtiliflinioruni Allronomiae Problematum relblu-
tionem exhibons. Authore Jacobo Gregorio, Abredonenli ScotO. Londini, Excmiebat
J. I laves, pro S. Thomfon, ad (nfigne Epifcopi, in Coemeterio Paulino. [663. in-40.
L'ouvrage proprement dit contient, aux pages 1 — 95, les ^Propositiones 1 59".
L'appendix contient, pp. </> 134, les nPropositiones 60 90".
On trouve dans la première partie la description de son projet de télescope réflecteur.
CORRESPONDANCE. 1663. 33 1
d'Hollande depuis 8. iours m'a dit, vous auoir veu 7) a là Haye. Vous fcauez au
refte que Je fuis de tout mon coeur
Monsieur
Voftre trefhumble et trefaffectionné feruiteur
R. Moray.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem
i/3 a la Haye.
XII
N= 1107.
Constantyn Huygens, frère, à Christiaan Huygens.
12 AVRIL 1663.
La lettre et la copte se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le No. 1108.
A la Haye le 12. Avril 1663.
En premier lieu gratulor aduentum , et maintenant que vous y elles il me tarde
fort d'entendre un peu comment vous trouvez ces grandes Lunettes travaillées
dans ces grandes platines de Petit et d'Efpaignet, il vous plaira de m'en donner
advis par voftre première.
Depuis voftre départ j'ay commencé un peu a brouiller en miniature foubs la
difeipline de Blauet ' ) , et je croy que fi j'auois du temps allez je pourrais reuflir
poco à poco. J'ay quafi acheué de copier le mefme portrait de Sus2) qu'a faitnoftre
petit miniateur et on ne le trouve pas tant mal. quand Hanneman 3^ aura fait le
mien je le copieray auffi et l'envoyeray à mon Père. Je voudrais que vous vou-
") Chr. Huygens arriva à Paris le 3 avril 1663 [Dagboek].
1 lïlavet était maître de dessin à la Haye.
2) Susanna Huygens.
3) Voir la Lettre N°. 812, note 6.
332 CORRESPONDANCE. 1663.
luttiez m'accommoder du plus petit morceau de cette pierre à broyer de por-
phyre que vous auez et qui eft caiïee par le milieu. Je vous en donneray ce que
vous jugerez vous mefme qu'il vaut, et tafeheray de luy faire donner quelque for-
me par Blondel 4) ou quelque autre, pour me feruir a broyer des couleurs. Je
trouve qu'on a beaucoup plus toit fait fur une pierre platte que non pas dans ces
petites creufes comme j'en ay une.
Si vous voyez Nanteuil 5) ou quelqu' autre qui (bit du meltier je vous prie de ne
manquer pas de feauoir d'eux pourveu qu'ils le veuillent dire, comment ils font
leurs paftels ou crayons. S'ils fe feruent de plaftre pour faire le corps et de quoy
ils lient le tout enfemble. Je me fuis fervy autrefois de Gomme détrempée dans de
l'eau, mais Blauet dit qu'il faut faire de la colle pour cela de cuir bouilly qu'on
appelle icy parkemcnt-lijm rt). Mes paftels auoyent encore ce default que la ou le
papier en auoit elle frotté le lapis noir ne vouloit pas bien marquer comme li le
papier euft cité un peu gras. Je voudrois finalement feauoir s'ils broyent les cou-
leurs fort menues et fines auant que de les méfier dans le plaftre, par ce que San-
derfon r) dans fon Art of Painting ") dit qu'il fuffit de les rompre feulement, ce
que je ne feaurois croire élire bon pour travailler des choies curieufes. Sçachez
auffi un peu de quel papier ils fe fervent et lî ce n'eft pas du blanc, quelle en cil:
la raifon.
Jl n'y a rien de nouveau. Ce fol de Nieuwerkercken 9) eft party pour les Indes.
Trois quatre jours auant fon départ citant à table au lleercn-logement auec quel-
ques Bcwint'icbbcrs IO) ils penferent efclatter de rire quand il leur dit d'un vifage
bien ferieux qu'il auoit tafché de fe rendre capable de leur rendre feruice IX), en
faifant faire exercice touts les jours a deux mille hommes; qu'il eitoit vray qu'ils
eitoyent de plomb, mais que cela fer voit pourtant pour apprendre.
Pour le Frère.
Blondel était physicien-mécanicien a In Haye.
Voir lu Lettre N°. 803, note 27.
Traduction: colle de parchemin.
William Sanderson naquit en 1590. Il ét;iit maître de dessin ;i Londres.
Grapbice, the Ufe of the l'en and Pencil, or thernoil Excellent An ofPainting. In two
Parts. By William Sanderfon, Efq., London. 1658. in-folio.
Adriaan Pauw '■ voir la Lettre N°. 82X , noie ~ 1.
Traduction: Directeurs de la Compagnie des Indes Orientales.
Adriaan Pauw avait pris service auprès de la Compagnie des Indes Orientales. Ce fui le
;; avril 1663 que le conseil des 17 le conseil de la Compagnie des Indes Orientales) le
nomma enseigne; le 6 avril suivant il l'ut promu au rang de lieutenant.
CORRESPONDANCE. 1663. 333
N2- 1108.
Christiaan Huygens à [Constantyn Huygens, frère].
20 AVRIL 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1107. Constantyn Huygens, frère, y répondit par le No. 11 10.
A Paris ce 20 Avril 1663.
Pour fatiffaire a ce que vous me demandez touchant les verres de Lunettes je
vous diray que peu de jours après que je fus arrive en cette ville l'on décerna
une afTemblee générale de Lunetterie chez Monfieur Auzout, ou fe trouvèrent
Meilleurs d'Efpagnet, Petit, Monconis avec fon Telefcope a 5 verres de Divini,
de 10 pieds, et quantité de fpeélateurs. Il y avoit des eferiteaux attachez contre
le clocher de St. Paul, diftant du logis x) de Monfieur Auzout (que le frère Louis
vous pourra montrer fur la carte) environ i8otoifes, ou 1080 pieds de France.
Mais le temps eftant obfcur, et y ayant quelques cheminées fumantes entre deux
cela fit grand tort aux Lunettes et empefcha qu'on ne put lire des petits chàraéte-
resqui marquent le mieux la bonté des verres, mais feulement des capitales d'en-
viron cette grandeur A13. lefquclles pourtant on lifoit tout auffi bien avec mon
verre de 22 pieds qu'avec celuy de Monfieur d'Efpagnctte de 32. Etlacaufe
en efl parce que ni fon verre ni l'ouuerture qu'il luy donnoit n'eftoit pas plus
grande que celle du mien. L'on lifoit auiîi les mefmes characteres avec un verre
fait par Monfieur Auzout, lequel il confefTa pourtant luy mefme n'eftre pas fi bon
que le mien.
Tant que nous n'aurons fait des eflais plus juftes et avec meilleure commodité,
je ne feaurois vous bien dire ce que valent les verres de ces Meilleurs. Cependant
je vous puis affurer quant a ceux de Monfieur d'Efpagnet qu'ils font merveilleufe-
ment bien travaillez et polis, en forte qu'on n'y remarque pas le moindre point
ni egrattigneure. Il en a quelques uns plus grands que les noftres aux quels il me
dit qu'il met environ 4 heures a les former et doucir, et 3 ou quatre autres a
les polir, mais fans papier ni chofe aucune interpofee entre le verre et la forme.
Celles dont il fe fert font de cuivre et fort juftes a ce qu'il dit, faites par un ouvrier
en cette ville a qui il a donne de l'inflruélion pour cela. Si je croiois que nous en
pourrions avoir a faire, je pourrois en procurer une de 50011 60 pieds, mais je
crois qu'il les fait bien paier. La matière dont Monfieur d'Efpagnet doucitles ver-
res fur la fin efi: différente de la première a ce qu'il dit. quelques uns penfent que
c'eft de l'emeril lave , mais j'ay de la peine a croire qu'il puiffe fervir. J'iray veoir
') A. Auzout demeurait dans l'Ile Notre Dame. Consultez la Lettre N°. 962.
334 CORRESPONDANCE. 1663.
Monfieur d'Efpagnette l'un de ces jours pour veoir ce que je pourrois tirer de luy,
quoyque a ce que j'ay défia pu juger il ne (bit guère communicatif.
Il avoit chez Monfieur Auzout 8 de les verres, enfermez dans une boete qu'il
tenoit touf jours fous le bras, et la gardoit comme fi elle euft eftè pleine de piftoles.
La Lunette de Divinis, comme font toutes les grandes de jour, blanchiflbit
fort les objets, et ne faifoit qu'un médiocre efcart ou ouverture.
Je n'ay juiqu'icy pu trouver Nanteuil chez luy pour luy demander ce que vous
avez envie de fcavoir touchant le paftel ; mais j'y retourneray et vous manderay ce
que j'en auray appris. Il me tarde fort de veoir voftre copie après le tableau de
Hanneman et fi vous avez défia tant profite dans ce nouvel apprentiïïage que vous
vous en faites accroire.
Je vous accorde le morceau de ma pierre de porphyr fous condition que vous
me fafîiez former aufiî l'autre moitié, ainfi que la voftre; parce que je fais eftat de
m'en fervir a mon retour ainfi que vous pour les couleurs de la miniature.
Ce matin Monfieur de Montmor m'a envoyé un Mathématicien et un ouvrier
en Cuivre, avec prière que je les inftruiflifle pour faire une Machine du vuide
femblable a la miene ce que j'ay fait.
Jufqu'icy il ne s'eft point encore prefentè d'occafion pour débiter de nos Teles-
et Mifcrofcopes, quoyque prefque tous les jours il ne me manque des fpeftateurs.
N°= 1109.
Christiaan Huygens a Lodewijk Huygens.
20 AVRIL 1663.
La lettre et la copie se trouvent a Leiden , coll. Huygens,
Sommaire, ïubereufes. Voiture, du Portail fa tille. Amérique.
A Paris ce 20 Avril 1663.
Je fus rendre voftre lettre a Monfieur Thcvenot le lendemain après la recepte,
a la quelle vous recevrez l'a refponfe par cet ordinaire s'il tient promette. A l'en-
tendre parler il trouvoit le pris des deflTeings Chinois fort raifonnable, et jecroy
qu'il vous donnera commiflion pour les luy procurer, ce que je fouhaite auflî bien
fort, par ce que vous dites qu'ils font fi bien faits. Ce que Ton vous a raconté de
CORRESPONDANCE. 1663. 335
Vander Does *) n'eft pas bien croyable. Il n'y a pas long temps qu'on la vu icy , et
je penfe que c'eft Monfieur Thevenot luy mefme qui luy a parlé. L'antagonifte 2)
de Voffius qu'il nomme Petit 3) doit eltre quelque autre que noftre Seigneur du
Portail4), car afïurement il ne le tairoit pas d'un ouvrage comme cettui la, puis
que dans les moindres chofes il fait gloire d'eftre d'opinion contraire aux autres.
Il y a 4 jours qu'il eft parti pour aller rencontrer la S ignora Mariane 5) et fa
Mère a un lieu dont j'ay oublié le nom , de forte que bientolt nous verrons la fa-
mille en fon entier, qui depuis leur abfence a efte comme nulle.
J'ay fceu les mariages des 2 damoifelles Campen 6) eftant encore a laHaije,
mais ne fcavois pas que la Tante7) s'oppofoit fi fort a celuy de la RoufTe. C'eft
parce que feu Monfieur fon fils 8) n'y a pu reufîir , quoy qu'il foit vray d'ailleurs
qu'elle n'eft pas trop bien confeillée de prendre le parti qu'elle prend.
Les extravagances du Seigneur de Nieuwerkerck y) font admirables, et l'on
pourra manifestement veoir en luy quand il fera de retour, s'il eft vray ce qu'on
dit que ces voiages des Indes rendent les gens plus fages qu'ils n'eltoient. parce
qu'on eft afTurè au moins qu'il a eltè fou en partant.
Ces 4 ou 5 jours paffez il y a eu un grand bruict par les rues , des gens qui
') Sur Jacob van der Does voir la Lettre N°. 807 , note 1 3.
2) Consultez l'ouvrage
P. Petiti, Defenfio Exercitationum de [gnis & Lucis Natura contra Is. Voffium. Parifiis
1663. in-40.
3) Pierre Petit, le médecin (ainsi nommé pour le distinguer de l'intendant des fortifications de
même nom), naquit en 1617 à Paris, où il mourut le 12 décembre 1687. Reçu docteur en
médecine, il s'attacha plus tard aux belles-lettres, et passa dans les maisons du président de
Lamoignon, et du président de la chambre des comptes Nicolas. Il combattit les théories
de Descartes et eut une polémique avec Vossius, à cause de son traité:
P. Petiti Exercitationes de Ignis & Lucis Natura. Parisiis. 1663. in-40.
Vossius y répondit par son ouvrage:
Ifaaci Voflîi Refponfum adObjeftaJoh, deBruyn, Profeflbris Trajeftini et Pétri Petiti
Medici Parifienfis. Hagae Comitis. Ex Officina Adriani Vlacq. cIoIdclxiii. in-40.
4) C'est le sobriquet de Pierre Petit, l'intendant des fortifications (voir la Lettre N°. 536,
note 6).
5) Marianne Petit, sa fille.
6) Peut-être des petites-filles de
Sylvester Campen, né en 1554 à Bommelerwaard. Il fut pensionnaire de Goes et député
dans le conseil d'état des Pays-Bas. En 1654 il se fixa à Leiden pour y étudier la botanique
et s'y fit inscrire comme étudiant. Peut-être Petronella Campen fut sa fille. Son adage était :
't Leven gedurigh Campen (La vie est un combat continuel).
7 ) Petronella Campen, veuve de Maurits Huygens, mariée en secondes noces à Johan Eyckberg.
Voir la Lettre N°. 234, note 1 1.
8) Probablement Jacob Huygens, fils de Maurits Huygens et de Petronella Campen.
9) Voir la Lettre N°. 828 , note 7.
336 CORRESPONDANCE. 1663.
faififïbient ceux du peuple dont ils fe pouvoient rendre maiftre, pour etlrc envoiez
en l'Amérique. Ces coquins au lieu de prendre des vauriens et gens fans adveu
s'attaquoient a des fils et filles de bourgeois et les cnlevoient fans que les parents
puflent fcavoir ou on les avoit amenez ce qui en fin caufa grand tumulte parmy la
ville, tellement que plulieurs de ces preneurs ont elle tuez par les laquais et la
populace et mefmes quelques uns pendus. Et l'on cric contre eux depuis hier un
arreft par les rues , qui a achevé de les chafier.
Le Sieur Bruynellein IO) a peur que les Tubercules qu'il vous a envoiees ne
foient toutes peries dans la terre parce que Monlieur de la Fare II), a qui Mon-
lieur Chieze en avoit fait tenir, a efcrit que toutes les lienes ont eu ce malheur. Si
les noftres ont eu meilleure fortune , faites le nous fcavoir.
Pour le frère Louis.
N= 11 10.
Constantvn Huygens, frère, à Christiaan Huygens.
16 AVRIL 1663.
La lettre cl U: copie se trouvait à Leiden, cuil. Huygens.
Elle est li! réponse en: No. 1108. Chr. Huygens y répondit pur le No. n 11.
A la Haye le 16 d'Avril 1663.
Voycy Madame de Mon bas ') qui me vient rompre la telle pour procurer que
par voflre moyen elle puifîe receuoir icy une cadette ou il y a un habit qu'elle ou
fon mary 2) ont fait faire à Paris. Je vous prie de l'adrefTer à van Allen 3) et de me
mander s'il y aura eu quelque chofe a payer a la douane pour le redemander icy ,
et de donner ordre à van Allen de dire en me l'envoyant icy a quoy monte le port
de Paris à BrufTelles, pour euiter perte qui d'ordinaire accompagne cette forte de
commillions.
IO) Voir la Lettre N°. 1 104, note H.
11 j Voir la Lettre N°. 1051 , note 2.
') Cornelia de (iroot , fille de Hugo de C.roor et de Maria van Reygersberg.
2) Jean Barthon, vicomte de Montbas, naquit en Poitou. D'abord colonel de eavallerie en
France, il vint à la Haye, où il vivait avec grand luxe. Il devint lieutenant-général dans
Tannée des Provinces-Unies. En 16-2, dans la guerre avec la France, avant été accusé île
trahison , il se réfugia en France.
Voir la Lettre N°. 1103, note 2.
CORRESPONDANCE. 1663. 337
Je vous prie de dire à mon Père que Broer4) et moy auons commencé à parler
à Buferoo 5), pour trouuer moyen d'auancer noftre bon minière 6) de Zuilichem
à une place vacante dans la Baronnie de Cranendonc; il feroit bon qu'il en tou-
chait auffi quelque mot audit Greffier. Si par ce moyen là ion pouroit fortir d'affaire
auec ce cocquin là ce feroit un grand point gaigné et un vray moyen de redrefTer
les affaires de Zuilichem.
J'efpere que vous aurez veu depuis voftre dernière le Seigneur Efpagnet, il me
tarde extrêmement de feauoir au vray ce que valent fes verres. Si vous les trouvez
bons en perfection dont je doubte touf jours beaucoup, vous pourriez tafeher de
feauoir de fes fecrets en trocq pour les noftres, que je ne feaurois croire moindres
que les fiens.
Depuis la Copie après Hanneman j'en ay fait encor une autre après le portrait
de Miftris Limon 7), et maintenant je veux effayer comment je pourrois reuflir
après le naturel qui eft le grand point.
Hanneman m'a peint deux fois et il faudra que j'y aille pour le moins deux
autres auant qu'il ait fait; il jugea d'abord la grandeur de toile fi petite, que je
refolus d'en prendre une tant foit peu plus grande, c'eft à dire environ la largeur
de la main tout autour , que les trois de van Loo 8). A quoy il n'y a point d'incon-
vénient veu que celle de Sus 9) eft encor plus grande et que la mienne fera dans le
milieu et ne caufera point d'irrégularité. Par le prochain ordinaire j'envoyeray la
mefure pour feruir. en cas que mon Père refolue à faire faire les bordures à Paris.
Pour le négoce il faut attendre les occafions, Chieze mande que vousdeuiez luy
donner deux oculaires ou qu'il ne s'en falloit gueres.
Hier au foir fut conclu le parentage de Mademoifelle Beaumont I0) auec Ti-
lenus "). La Tante Dorp I2) a elle du feftin et de la cérémonie.
4) Lodewijk Huygens.
5) Sur Adriaen Buysero, voir la Lettre N°. 996, note 2.
6) Johannes Agricola, né en Zélande en 161 3. Après avoir fait ses études à Leiden, il devint
pasteur à Zuylichem, où il semble avoir mal soigné les intérêts de Constantyn Huygens,
père, qui souvent avait des querelles avec lui.
7) Ce portrait de Mistr. Limmon et celui de Mistr. Tufton se trouvaient dans le cabinet de
Constantyn Huygens, père.
8) Voir la Lettre N°. 1 104, note 16.
9) Le portrait de Susanna Huygens, peint par Hanneman. Consultez les Lettres Nos. 1 123 et 11 25.
10) Aernoudina van Beaumont, fille de Aernoud van Beaumont et de Johanna van Gogh.
") Johannes Thielen (Tilenus) naquit à Willemstadt en 1639, et mourut en 1692. Il fut inscrit
le 28 mai 1659 à l'Université de Leiden, devint pasteur à Goes et passa de là, le 13 juin 1666,
à Middelbourg. 11 était probablement frère de
J. Tilenus, pasteur, qui naquit à Leiden le 29 décembre 1629 et mourut le 18 octobre
1661 ; celui-ci avait épousé en 1657
Susanna van Baerle, fille de David van Baerle et de Rachel Godin ; elle naquit en 1633 et
mourut en juillet 1674. Elle était la nièce de Madame van Dorp.
I2) Ida van Baerle , veuve de Arend van Dorp (voir la Lettre N°. 72 , note 3).
Œuvres. T. IV. 43
338 CORRESPONDANCE. 1 66
.V
Je vous prie de n'oublier pas l'information touchant le paftel et en vous infor-
mant de regarder bien les queftions que je propoie dans ma précédente 12). Je
voudrais fcauoir aufîi ii en broyant les couleurs ils les brovent fort menues.
Pour le Frère.
N= un.
Christiaan Huygens à [Constantyn Huygens, frère].
4 mai 1663.
La lettre et la copie se trouvent i: Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 11 10. Constantyn Huygens, frère, y répondit par le No. 111;.
A Paris ce 4 May 1663.
Lors qu'on m'aura délivre le pacquet pour Madame de Monbas *_), car jufqu'icy
je ne fcay de qui ni quand il doibt venir, je tafcheray de l'envoier par la première
occafion en l'adrefTant a van Allen , et auray foin de ce que vous dites.
Touchant ce que vous mandez du miniilre de Zulichem 2) mon Père vous fera
refponfe et a promis d'en efcrire a Moniieur Bufcro.
Le frère de Moggershil et Moniieur van Leeuwen arrivèrent icy en bonne
faute il y a 3 jours et furprirent fort Mon Père qui ne fongeoit a rien moins. J'enfle
elle bien aife qu'ils fuïïent demeure loge/, céans, mais Mon Père en faifant fcru-
pule, parce que peut eftre au Nordeindc 3) l'on y trouveroit a redire, il ne s'eft
point oppofc au deffein qu'en arrivant ils avoient pris, qui eitoit de fe mettre en
penfion dans le voifinage. Les 3 femaines qu'ils font eftat de demeurer icy feront
emploiées en promenades comme vous pouvez penfer, des quelles a leur retour
vous entendrez des amples récits et non fans Hyperbole.
Depuis ma dernière nous avons efïàiè une féconde fois nos Lunettes chez Mon-
iieur Auzour, n'y ayant que Moniieur d'Efpagnet et raoy. Il y en eut une de Mon-
I2) Consultez la Lettre N°. 1 107.
1 , Voir la Lettre N°. 1 1 10, note 1.
Sur J. Agricola, voir la Lettre N°. i no, note 6.
s) Huygens désigne ici la Princesse Douairière Arnalia von Solms, qui demeurait au Noordeinde
à la Haye; Constantyn Huygens, père, était en voyage pour son compte.
CORRESPONDANCE. 1663. 339
fleur Auzout qui eftoit pour le moins auffi bonne que la miene, et tant foit peu plus
longue. Quatre ou 5 verres de Monfieur d'Efpagnet auffi trefbons, et entre autres
un de 32 pieds et de 5 pouces de diamètre , fort excellent parce qu'il fouffroit une
grande ouverture avec les mefmes oculaires que le mien. Il m'a promis de travail-
ler devant moy quand je voudrois et de me monftrer la manière dont il fe fert pour
doucir, mais non pas celle de polir, en la quelle confifte pourtant Ton plus beau
fecret. Je ne laifîè pas d'efperer que malgré luy nous fcaurons bientoft le miltere
parce que Monfieur Auzout depuis ce jour de l'Efîay , ayant refvè a ce poli fans
papier, a trouvé la mefme chofe ou du moins quelque chofe de fort approchant, et
mefme m'a monftrè un verre qu'il di foit avoir poli de la forte, et qui eftoit afïez
bien pour la première fois. Cettuicy ne fait fecret de rien et m'a promis de me
faire part de ce qu'il a trouvé.
En attendant que j'aye veu le Sieur Nanteuil 4) , je vous diray ce que Monfieur
BofTe 5) m'a appris touchant les crayons, defquels, auffi bien que de l'art de Mig-
nature il va bientoft publier un livre 5) qu'il en a efcrit, a fin que vous ne croiez
pas qu'il y foit peu expert. Il dit donc que le corps doit eftre de plaftre treffin,
feulement trempé avec de l'eau fans gomme ni colle aucune , et qu'en roulant les
morceaux il faut prefîer un peu fort a fin qu'ils en foient plus fermes et folides.
que fur tout les couleurs doivent eftre bien finement broiees devant que de les y
mettre. Quant au papier bleu ou blanc il "dit qu'il n'importe point , pourveu qu'on
n'y ait rien pafTè pour le polir.
Il faut que je parle a Monfieur Thevenot devant que faire reponfe au frère
Louis. Ayez foin je vous prie de faire porter l'enclofe au Seigneur Vofîins.
4) Voir la Lettre N°. 803 , note 27.
5) Voir la Lettre N°. 367, note 1.
6) Peut-être l'ouvrage, qui parut plus tard sous le titre :
Le peintre converty aux preciles et univerfelles reigles de l'on art: auec un raifounement
abbrege au fujet des tableaux baf-reliefs et autres orneraens que Ton peut faire fur les diver-
fes fuperficies des baftimens. Et quelquesadvertillemens contre les erreurs que des nouveaux
écrivains veulent introduire dans la pratique de ces arts. Paris. 1667. in-8°.
L'auteur écrivit cet ouvrage contre ses collègues de l'académie de peinture, Jacques le
Bicheur, le Père Augustin Bourgoing et Cli. Le Brun.
34-0 CORRESPONDANCE. 1663.
N° 11 12.
Constantyn Huygens, frère, à Christiaan Huygens.
IO MAI 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Laden , coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. un. Chr. Huygens y répondit par le No. 11 15.
A la Haye le iome May 1663.
Grand 'mercy pour les nouvelles de la Lunetterie, et les inftruétions pour le
crayon. Sur le dernier pourtant je vous diray qu'il faut que ce plaftre dont ils fe
fervent, foit du plaftre tout frais et qui n'ait jamais fervy, comme n'elloit pas ce-
luy dont j'ay fait mes paftels, qui n'auroit jamais voulu tenir cnfemble à moins
d'y méfier quelque chofe de glutineux , je vous prie de le feavoir un peu au vray.
Il vaudroit auiîi la peine de voir trauailler d'Efpagnet. Ce que vous dites
dans voftre précédente1) de ce qu'il met quatre heures à addoucir un grand verre,
et quatre autres à le polir n'elt ce pas qu'il faut l'entendre d'un feul cofté? -Je
croy que fi. où il faut que le diable s'en mefle. N'oubliez pas de feauoir un peu
de luy comment il donne la vraye figure à fes platines et ii après auoir fait un
verre ou deux il n'eft pas obligé de les repafler de nouveau. Il me tarde auiïi de
feauoir quelle façon de Looper 2) il a et s'il fe feroit bien aduifé de noftre fecret.
Sequitur la nouvelle que plufjeurs ont veu venir, toutes les chofes s'y difpofant
de plus en plus, de l'efcappade de Madcmoifclle vander Mcyden 3) , laquelle fa-
medy palTé4) ayant guerté l'occafion d'une pourmenade qu'il Signor Padre alla faire
à fon jardin qui cit. contre les remparts et ou elle promit de le fuivre fans en auoir le
deffein, et ayant trouvé moyen d'euader de la maifon ou elle eftoit pourtant furveil-
lée d'importance, jufques a celle de fon voyfin qui eitoit un faifeur de tonneaux,
elle fe fit embaler dans un grand tonneau et fut ainfi fur un traîneau emportée
jufques a la porte de Ter Goude^) ou ramant5) fe trouva et un chariot tout preft qui
les a amenés Ion ne feait pas vers où. Lon dit que le Père 7) ne meine pas grand
bruict mais qu'il n'en penfe pas moins, madame Vloofwyc 8) et fon mary y) au
1 Voir la Lettre N°. 1 108.
2) Traduction: curfeur.
3) Leonora van der Meyden , lillc de Johan van der Meyden.
4) C'était le 5 mai 1663.
s C'est-à-dire la porte de Rotterdam du côté de Gouda.
6 Cet amant étaii Nicolaas van Vlooswijk , seigneur de Papekop, iî I s du bourgmestre Cornelis
van Vlooswijk et d'Anna van l loorn. Apre-; cette aventure, il épousa Leonora van der M >-\
ilcn et en eut Ai-ux enfants; il devint plus tard drosi de Muyden.
7) Johan van der Meyden fut bourgmestre de Rotterdam.
8) Anna van I loorn, qui épousa Cornelis van Vlooswijk.
y) Cornelis van Vlooswijk, seigneur de Vlooswijk, Diemerbroek et Papekop, fut depuis 1656
jusqu'en [671 bourgmestre d'Amsterdam.
CORRESPONDANCE. 1663. 34 1
contraire fe tremoufTent fort et font les fafchés et ne ceffent encor de médire de
vander Meijden et de fa maifon. Adio.
Pour le Frère.
N2 11 13.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
II MAI 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
ce 1 1 Maj. 1 663.
J'ay eftè tout ce jour a courir ca et la avec nos i pèlerins '), depuis les 7 heures
du matin jufque'au 9 du foir. C'eft pourquoy je n'ay que ce moment pour faire
refponfe a quelques articles de la voftre.
Pour ce qui eft du voyage de Monfieur Thevenot vous pouvez eftre affurè qu'il
n'en fera rien de cet eftè. Les figures de la Chine 2) vous les envoierez par telle
voie que bon vous femblcra car il s'en raporte a vous.
Que l'on ne condamne pas chez nous l'entreprife de nos fufdits Chevaliers er-
rants *), car on l'approuue fort icy et l'on la trouve très galante.
Je croy que vous devez défia élire a Zulichem et ne comprens pas comment
vous auriez pu différer ce voyage en attendant Monfieur Thevenot.
Le bon fucces des Tubereufes 2) et des Chaftagnes a fort rejoui noftrc Bruyne-
ftein 3). J'ay vu de ces derniers des arbres au Jardin Royal qui font trefbeaux.
Demain il faut que je difne chez Monfieur l'Evefque de Rennes 4) ce qui m'em-
pefchera de pouuoir accompagner le beaufrere 5) a Saint Denis.
Voicy un biliet que Mademoifelle Petit 6) m'envoie pour vous.
x) Doublet et van Leeuwen. Consultez la Lettre N°. 1 1 1 1 .
:) Consultez la Lettre N°. 1 109.
3) Voir la Lettre N°. 1 109, note 10.
4) Henriques de la Motte-Houdancourt mourut le 24 février 1684. Elu en janvier 1642 évêque
de Rennes, il devint en juillet 1662 évoque d'Auxerre. Il était le frère de Philippe, comte
de la Motte-Houdancourt, duc de Cardoue, maréchal de France.
5) Philips Doublet.
15 ) Marianne Petit.
342 CORRESPONDANCE. 1 663.
Je luy ay fait avoir et porté moy mefme 20 Louis; mais ce qui s'efl: pafïe devant
qu'elle les ait voulu prendre, en efperant d'avantage, feroit trop long a vous élire
raconté "). Adieu.
A Monficur
Monfieur L. Huygens de Zulichem
A la Haye.
N°= II 14.
R. Moray à Christiaan Huygens.
24 mai 1663.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le No. 1 1 1 9.
A Whitehall ce 14. May 1663.
Monsieur
Ayant appris que vous elles a Paris et iugeant que le pacqiiet ') que J'y ay enuoyc
par un de mes compatriotes 2) vous aura elle rendu, Je ne me puis fuggerer autre
raifon pourquoy Je n'ay point reçeu de vos nouuelles depuis que vous y elles , fi
non que vous ne fçauez pas par quelle adrefïè me faire tenir vos lettres. Ceci vous
donne lieu de iuger que Je me flate : mais vous deuez croire aufîi que l'amitié que
Je vous porte et les auantages que Je reçois du commerce que nous auôns, depuis
quelque temps, entretenu m'en fait délirer la continuation auec pallion. Mon nom
efl fi bien connu a la polie, que les lettres qu'on m'adreflé me loin toufiours ren-
dues quand il ny a autre adrefle defus que mon nom, et, A Whitehall. Nous com-
mençons maintenant h trauailler a leftabluTement de noftre Société auec plus de
?) Consultez la Lettre N°. 1 1 16.
1 Consultez la Lettre N°. 1106".
Sur James Gregory, voir la Lettre N". 1 106, note 5.
CORRESPONDANCE. 1663. 343
vigueur que nous n'auons pu iufqu'icy, parceque la patente du Roy3) qui l'erige en
une Corporation auec plufieurs priuileges, nous a efté expédiée depuis 5. ou 6.
iours , comme necefTaire a la rendre capable félon les loix du païs a receuoir do-
nations et ftandi in iudicio, &c. de forte que nous nous appliquons aux autres mo-
yens necefTaires a la profecution du defTein que nous nous fommes propofés comme
la conltitution de la Société; ce qui touche le fonds requis pour fournir aux def-
pens des Expériences &c. , et leftabliffement des loix et ordres propres a la con-
duite du tout. Nous faifons eftat de faire publier dans peu de temps un petit
traitté 4) par lequel on fçaura tout ce qui concerne la Société. Cependant on con-
tinue toufiours a faire des petites expériences, et a difcourir des Chofes Scienti-
fiques comme vous auez veu, ne nous méfiant que de chofes de peu de frais et de
trauail iufqua ce que noftre fonds foit augmenté, et que nous ayions des gens
abiles efiablis en un Collège auec une fubfiftence 5) de 150. ou 200 liures fterlins
de falaire, qui foubs le nom de Curatores6), auront le foin de tout ce qui leur fera
enioint par la Société, tant en matière de mechaniquc qu'aux autres chofes apper-
tenantes a la Belle Philofophie, tells que Wallis, Wren & autres que vous con-
noifTez. J'ay crcu que vous ne ferez pas fafché d'apprendre ce que Je viens de
dire, et cela fuffira pour excufer l'importunité que vous donne à prefent
Monsieur
Voftre trei humble et trefobeiffant feruiteur
R. Moray.
A Monfieur
Monfieur Hugens de Zulichem
chez Monfieur Bailly au petit Moyfe,
rue du petit Bourbon
1 o /3 A Paris.
3) Datée du 22 avril 1663 et lue devant le conseil delà Société Royale du 13 mai (Vieux style).
4) Moray fait allusion ici à l'ouvrage
The Hillory of the Royal-Society of London , For the Improving of Natural Knowledge.
By Tho. Sprat. D.D. Lord Bif hop of Rochefter. The fécond Edition correfted. London:
Printed for Rob. Scot, Ri. Chifwell, Tho. Chapman, and Geo. Sawbridge. Andaretobe
Sold by Them , and by Tho. Bennet. 1702. in-40.
La première édition date de 1667. Déjà dans une lettre à Sorbière du 13 janvier 1664
Oldenburg dit que cet ouvrage était prêt à être publié, et depuis, dans plusieurs lettres à
R. Boyle, il se plaint que fauteur ne tenait pas sa promeflé de publication.
5) Ces deux mots semblent biffés dans l'original.
rt) Déjà dans la séance de la Société Royale du 12 novembre 1662 (Vieux style) R. Hooke
avait été nommé „Curator", mais provisoirement sans salaire.
344 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 11 15.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
25 mai 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 11 12. Const. Huygens, frère, y répondit par le No. 1118.
A Paris ce 25 Maj. 1663.
Depuis que j'ay receu la voftre du iome je n'ay point veu le Sieur Boffe ') pour
m'enquerir de luy touchant le plâtre des paftels, mais je m'eftonne que vous en
puifllez eftre en doute; car vous fcavez bien que celuy qui eft nouveau devient aiïez
dur et folide en quelque figure qu'on le mette , et qu'ayant fervi une fois il de-
vient inutile par après, a caufe qu'il ne tient plus. L'expérience au Ai eftoit fort
facile a faire, mais je ne manqueray pas pourtant de m'en informer a la première
occafion puis que vous le defirez. Vous nous aviez promis quelque pièce de voftre
miniature2), dont jufqu'icy rien ne paroit, et il me femble pourtant que voftre
portrait 3) que vous vouliez copier, doibt eftre achevé il y a long temps 4).
Van Loo 5) n'a pas encore commence le mien , et je n'en parle point , parce que
j'aimerois mieux d'eftre aufiï peint par Hanneman 6) lorfque nous ferons de
retour.
Je crois que le beaufrere 7) avec fon compagnon 8) feront défia arrivez lors que
cellecy vous fera rendue, eftants partis famedy paffè 9). Pour le peu de temps IO)
qu'ils ont mis a ce voyage ils n'auront pas peu de chofe a raconter, et il me femble
que j'entens déclamer le premier avec fes geftes et amplifications accouftumees des
richeffes du Palais Mazarin, du Louvre et de Vincenne, et de la beauté du Saint
Cloud et d'IfTy. qui en cfFecl font toutes des chofes merveilleufes.
Depuis leur départ (car tant qu'ils ont elle icy je n'ay fait que courir avec eux)
j'ay efte revoir Meilleurs nos Lunettiers, mais je les trouve moins avancez dans
leurs grands de (Teins de lunettes de 80 et 100 pieds, que je n'avois creu.
') Voir la Lettre N°. 367 , note 1 .
2) Consultez la Lettre N°. 1 107.
3) Le portrait par Hanneman. Voir les Lettres Nos. 1 io~ et 1 1 10.
4) Consultez la Lettre N". 1 1 10.
5) Sur les portraits de van Loo, consultez les Lettres Nos. 1 104 et 1 1 10.
tf) Voir la Lettre N°. H 12, note 6.
7) Philips Doublet.
8) D. van Leyden van Leeuwen. Voir la Lettre N°. 237 , note 1.
9 i C'était le i o mai.
10 ) Ils ne vinrent a Paris que le premier de mai.
CORRESPONDANCE. 1663. 345
Le Cardinal Antonio IX) me promit hier qu'il feroit faire du verre a Veniie de
telle grandeur et epaifleur que je voudrais, de forte que je m'en vay luy en donner
les mefures, et peut eftre alors nous ferons quelque chofe. Les formes de Mon-
licur d'Efpagnet ne font que de cuivre , dans lefquelles il achevé ces merveilleux
verres, et ces 4 heures que j'ay dit I2) qu'il emploie a polir ne font que pour un
collé. Je ne l'ay encore pu trouver chez luy , et mefme l'on me dit que c'ell chofe
allez difficile, parce que n'eflant pas logé félon fa qualité il n'eil pas bien aile
qu'on le viene veoir, et fait dire qu'il n'y efl pas. La machine du vuide que Mon-
sieur de Monmor fait faire eft achevée a moitié13), c'eft a dire le tuyau avec le
robinet.
Ayez foin je vous prie de ces 2 lettres cy jointes.
A Moniteur
Moniieur de Zeelhem &c.
A la Haye.
N^ 1116.
Christiaan Huvgens à [Lodewijk Huygens].
25 MAI 1663.
La lettre et lu copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A Paris ce 25 Maj. 1663.
Je fouhaitc que l'affaire pour la quelle vous elles allé fe puifTe terminer a noltre
honneur. Le frère de Zeelhem ') nous fit efperer dernièrement 2) que l'on fe pou-
roit défaire de ce mifcrable 3) en le plaçant en quelque village de la Baronie de
Cranendonc mais depuis je n'en ay pas ouy parler.
") Sur Antonio Barberini, voir ia Lettre N°. 1078, note 5.
12 ) Consultez la Lettre N°. 1 108.
L3) Consultez la Lettre N°. 1 127.
J) Constantyn Huygens.
2) Consulte/, la Lettre N°. 1110.
Sur Johannes Agricola, voir la Lettre N°. 1 1 10, note 6.
Œuvres. T. IV. 44
346 CORRESPONDANCE. 1663.
J'ay dit a Monfieur Thcvenor ce que vous me mandez touchant l'envoy de fes
figures4), dont il cil bien aile.
Si la Signora Marianc s ) tefmoigne d'ertre fatiffaite du paiement rt), ce n'efi: afîli-
rement que parce qu'elle a bien vu qu'elle n'auroit point d'avantage, car nous
avons connu clairement qu'elle le defiroit. Ce fut le mefme jour quand je luy amc-
nay le frerc de Moggerfhil 7) et Monfieur van Leeuwen, qu'en partant je laiflày
mon papier avec les 20 pilloles fur fa table, et luy dis a l'oreille en fartant qu'elle
y trouveroit un petit point de Venife que je la priay de vouloir accepter félon ce
qu'il avoit eftè contracté. Elle vouluft me retenir pour veoir ce que c'efloit, mais
je m'en fuis et me retiray avec les autres. Le lendemain elle m'envoya un biliet
et me fit des reproches , mais en toute civilité , de ce que je l'avois trompée en luy
lai (Tant des Louis au lieu d'un point de Venife, et me les renvoya . (ans avoir
ouvert le papier, a ce qu'elle dit , me priant qu'a tel jour que je voudrais , je m'en
allaffe avec elle, luy choifir un point de Venife du mefme pris, parce qu'elle
ne s'y entendoit point, et en fin qu'elle ne vouloit pas en u fer d'autre façon.
Nous comprifmes facilement cette finelYe coufue de fil blanc, et que ce n'eftoit
que pour attraper quelques piftoles d'avantage. Je m'y en retournay donc le jour
d'après avec les mefmes Louis , et fis tant , qu'après que par 3 ou 4 fois , nous les
eûmes rejetiez l'un a l'autre, (tout en riant pourtant) elle fut contrainte de les gar-
der. Mais devant que je m'en allalfe elle vouluit ouvrir le papier pour vcoir ce
qu'il contenoit, et alors en comptant les Louis il s'y rencontra un efeu d'or parmy,
non fans quelque foupeon qu'elle l'y pourroit avoir mis, car Mon Père et moy les
avions conte plus d'une fois. Je voudrois donner quelque chofe de bon, pour en
pouvoir feavoir la vérité. Apres que j'eus repris le dit eleu et fupplée le Louis
qui manquoit elle me fit de remerciments et dit qu'il y en avoit trop, comme de-
puis elle vous l'a confirmé par fa lettre.
Auri facra famés quid non èVc. et cependant elle ne parle depuis fon retour8) que
du mefpris des chofes de ce monde et de fon beau defïéin de s'en tirer en le met-
tant au couvent. Elle eft devenue un peu plus maigre et plus melancholique qu'elle
n'eftoit il y a 2 ans, ce qui fait que je fuis moins aflidu a luy rendre vifite qu'en
ce temps la. Je trouve qu'on fe divertit beaucoup mieux là auprès chez la Signora
Anna1'), cette Threflà Chloë, dulces doéla modos et cytharae feiens , quoy que
pour vous ce n'eftoit pas la mefme choie.
4) Les desseins chinois. Consulte/ la Lettre N°. 1113.
5J Marianne Petit.
'• , Peut-être L'indemnité pour le logemenl de Lodey 'ijk Huygens et de son père. Consulte/, les
Lettres N°. io6yet 1077.
7) Philips Doublet.
l'.n avril loYr1,. Consultez la Lettre iY . 1 109.
9 Voir la Lettre >J°. 1 104, note 14.
CORRESPONDANCE. 1663. 347
Vous aurez nouuelle du retour des i pèlerins 10) devant que de recevoir celle cy,
comme je croy; car ils pourront du moins arriver a la Haye un jour plus toft.
Vous perdez beaucoup de ne pouvoir entendre la relation hyperbolique et les
exclamations du beaufrere !I) des chofes qu'il a vues pendant Ton voyage. La com-
miffion de l'Amie eft dévolue fur Don Sebaftian I2) qui efl le Commilfionaire
gênerai , et je croy que pour agir en ccllecy et en d'autres il court la ville h ce
matin.
La Relation de la Cour d'Efpagne I3) que vous attendez de Monfieur Thevenot
efl: entre les mains de Monfieur van Lecuwen qui vous en fera part. Je la luy laif-
fay parce qu'il m'afïïira que c'eftoit pour luy que vous l'aviez demandée. Pour ce
qui efl: des autres livres envoyez par mer je ne fcay ce que c'eft , et j'ay oublie de
m'en enquérir. L'autre jour le dit Monfieur Thevenot et l'Abbè Charles I4) m'in-
troduïfirent auprès du Cardinal Antonio15) noftre voi fin, qui me reçut fort bien
et me monflxa de les horologes et plufieurs autres curiofitez.
Hier nous difnafmes chez Monfieur le marefchal de Grammont lrt) qui nous fit
veoir fes beaux tableaux, et grand chère en fuite, avec prefque autant de poulets
dans un plat qu'il y en avoit chez Monfieur Brader I?).
A Mefdamoifelles Rofïum l!î) et Holcraft je fouhaite datter faligh is ,y). L'une
mérite bien de vivre plus long temps, et l'autre un bon mary :o).
Ces lignes n'eiïoient point de cette lettre, mais la continuation d'une autre,
dont je ne me fuis pas avife.
I0) Philips Doublet et van Leyden van Lecuwen.
") Philips Doublet.
I:) Sébastian Chie/.e.
'3) Cette relation avait probablement rapport à la pièce suivante:
Traduction de TAfte de Renonciation faict le 1 de Juin 1660a Fontarabie par Mad. Marie
Therefe Infinité d'Efpagne, promife au Roy Tres-Chreftien, tant de ce qui luy pourroit
toucher de fa légitime, comme de toute l'Hoirie du Roy Catholique fon Père. 1663. in-40.
14 | Sur Charles de Bryas, voir la Lettre N°. 988, note 4,
15 ) Sur Antonio Barberini, voir la Lettre N°. 1078, note 5.
I<5) Voir la Lettre N°. 999, note 13.
K ) Probablement il s'agit de
Govert Brasser, fils de Dirk Brasser et d'Adriana van Heerenberg, né en 1589 à Amster-
dam, et mort à la Haye le 29 avril 1653. Il étudia à Lciden en 1606, devint pensionnaire de
Delft, prit souvent part à des ambassades et fut nommé, en 1626, trésorier général des Pro-
vinces-Unies. Il épousa Lydia Teding van Berkhout.
,: Peut-être Adriana van Ross uni (voir la Lettre N°. 996, note 17), qui épousa
Lodewijk Wolpherd van Dorp , fils de Arend van Dorp, seigneur de Maasdam , et de Ida
van Baciie. Il naquit le 12 mars 1631.
19) Traduction: ce qui leur efl: falutaire.
2C) Ici suivent dans l'original cinq lignes biffées.
548 CORRESPONDANCE. 1 663.
N= 11 17.
[Ph. Doublet] à Christiaan Huygens.
30 mm 1663.
/.«.' lettn se trouye à Amsterdam, rfrehives Municipales.
de la Haije le 30e Me y 1663.
Monsieur mon Frère
Un voijage de Nort I ïollande furvenu fort a l'jmprovifte m'empefehera cette fois
cy de vous faire en détail l'I liftoire de noftre voijage vers la Patrie, et d'eferire au
Signor don Sebaftian *), a qui je vous prie d'en faire mes exeufes. Je vous diray feu-
lement que nous arrivalnies fains et faufs fans aucun malencontre jeudi paflë2) jour
de la telle Dieu a Bruxelles d'où nous nous embarquafmes encore le mefme foir
pour Anvers où nous fuîmes obligez de nous feparer de noftre petitte femme qui
n'en pouuoit plus outre qu'elle devoit voir la ville, et ce qui favoit fatiguée encore
d'avantage c'eft que depuis Paris jufques a Bruxelles elle nous regaloit régulière-
ment cinq ou fix fois par jour de certains vomiflemens et foiblclles qui nous firent
allez cognoiftre et a elle aulfi que Monfieur fon marij s'eitoit bien acquité de fou
devoir marital. Cependant c'eft une fort jolie femme pour fon âge et nous fouî-
mes obligez a Monfieur Vlacq 3) qui nous a fait avoir la Compagnie de ces bonnes
gens qui n'ont pas peu contribuez a nous faire palier le temps, chemin fai fan t
beaucoup plus agréablement par leur converlation que nous n'aurions fait fans
eux. Jls dévoient venir icy quatre ou cinq jours après nous mais jufques aflhcur ils
n'ont point paru , et demain matin je dois aller en Non 1 ïollande ce qui me facbe
car j'aurois elle bien aile de leur faire voir la I laije et ce qui en dépend d'autant
plus que ce font des perlbnnes qui le connoiifent en belles choies.
J'ay laiffé van Leeuwcn a Dort auprès de fa femme 4) malade mais qui le por-
toit beaucoup mieux, aujourdhuy ils dévoient retourner a Leijdc.
L'amie de Niveen 5) attend auec jmpatience l'on habit que jay fait faire. S'il
n'eft pas encore envoijé je fouhaitterois qu'il le fuit par la première occafion.
Adieu.
Sébastian Chieze.
( !'étaîl le 24 mai 1 663.
Voir la Lettre N°. 310, note 4.
Sur AlidaPaets, voir la Lettre N° 23 ,1111104.
sur Elisabeth Maria Musch, voir la Lettre N". 196, note ;.
CORRESPONDANCE. 1663. 349
Mes très humbles baifemains s'il vous plaift au trefcher Don Sebaftian a qui
je n'ay pas le loilir cette fois cy de rendre mes devoirs en particulier.
Monfieur
Monfieur Chr. Huijgens de Zuijlichem.
a
Paris.
N= 11 18.
Constantyn Huygens , frère, à Christiaan Huygens.
30 MAI 1663.
Lu lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens,
Elle est la réponse au No. 11 15. Chr. Huygens y répondit par le No. 1121.
A la Haye le 30. May. 1663.
Dieu feait fi celle lettre vous trouvera encor en lieu ') ou vous puiffiez vous in-
former touchant le paftel li ce n'elt qu'à Londres il y ait au m" de celte forte de
Curieux 2). Il me tarde fort de voir les lettres de l'ordinaire de mardy prochain
pour voir quel party Mon Père aura pris fur les ordres de Madame 3) et s'il le
fera mis en chemin , ou s'il aura trouvé quelque accroche.
I lanneman a trauaillé deux fois à mon Portrait 4\ et a (on accoutumée me lan-
terne auant que d'acheuer. Apres cela il y a encor l'habit a faire ; enfin s'il acheue
en flx fepmaines ce fera bien allé. Mais pour vous faire voir que j'ay commencé a
brouiller en miniature, je vous envoyé ce pourtrait de Sus s) qui elt mon premier
ouvrage, après un petit brouillon qui ne valoit rien, depuis j'ay copié le portrait de
Miltris Limmon, un autre de la petite Bcrchoutrt), après un original de My-
*) Chr. Huygens ne partit pour Londres que le 7 juin 1663, avec son père Constantyn.
2) A Paris il y avait
„Maistre Girard, demeurant Rue de l'Evesquequi faisait de ces crayons" (Adversaria).
3) La Princesse Douairière, Amalia von Solms.
4) Consultez les Lettres Nos. 1 1 07 et 1 1 1 o.
5) Susanna Huygens.
6) Probablement Jacoba Teding van Berkhout, morte le 1 1 lévrier 171 1 , qui épousa, en mars
1674, Lodewijk Huygens.
350 CORRESPOND ANC!.. I 663.
cens "), dont vous connoiflèz le colbry, et puis dernièrement cette belle brune 8)
qui eit dans la galerie de Mon Père, laquelle j e n'ay pas acheuée; la miniature,
furtout quand on commence, eftant un trauail qui demande du temps et moy n'y
en pouvant employer que parfois et par des intervalles.
Je voudrois que vous vouluffiez prendre le foing de me faire faire une peruque
toute entière fans calotte et de cette forte de cheveux qui naturellement ont une
petite frifeure fans eftre bouillys. Le Frère Louis en a une calotte et une peruque
entière et Monfieur Chieze pourra vous enfeigner le maiftre qui l'a fervy. Je vous
prie de vous faire monftrer les cheveux auant qu'ils commencent a les travailler
pour n'eftre pas trompé. Je vous envoyé icy dedans la mefure de ma terte en deux
rubans dont le plus long marque le tour de ma tefte, et l'autre la longueur a comp-
ter depuis ou les cheveux commencent fur le front jufques où ils finirent vers la
nucque du col. maiftre François me dit qu'ils n'ont pas a faire d'autre mefure.
Il leur faut dire que j'ay le vifage ny fort grand ny fort petit. Jl me femble que
la perucque du Frère a courte foixante livres. Priez s'il vous plaift mon Père de
vous donner l'argent pour cellecy fur autant moins de mon revenu de cefte année.
Il y eut du defordre l'autre jour dans la Comédie Francoife. Monfieur de Verd-
préy) y menoit les deux de Marais 10) et Ide "), la Provenchere I2) les deux aif-
nées Aerflens l*). Ces deux galands prirent querelle pour les places, et vindrent de
paroles aux coups. Verdpré n'avoit point d'efpée, et l'autre ayant tiré la feienne,
Verdpré la luy ofta a ce que difent ceux qui le comptent en fa faveur, d'autres
difent que les gens du duc de Lunenburg la luy ayant ollée, la luy donnèrent.
r) Il y avait, dans ces temps-là , une famille de peintres portraiteurs de ce nom , savoir:
a) Daniel Mytens, père, ayant deux Ris:
/>) Johannes Mytens, mort en [672. Du 2K octobre i66oau 27 octobre 1671 il fut doyen
de la Société l'ictura.
c~) Isaac Mytens, un des députés pour la fondation de la Société l'ictura à la Haye; il vivait
encore en 1665.
Chacun de ces peintres avait un fils renommé, savoir:
//) Daniel Mytens, le jeune, lils de Johannes, né à la Haye en 1636, où il mourut en
16H8. Durant ses études à Rome il acquit le surnom de bonté Kraai (jacobine).
e~) Martinus Mytens, lils de isaac, né à la Haye en 1630. 11 fut appelé comme portrai-
teur a la cour en Suède, où il mourut.
8) Le portrait de i\listriss Tufton. Voir la Lettre N' . 1 144.
y) De Verdpré était probablement attaché à la légation française.
Il s'agit des deux filles de
Daniel des-Marets, lils de Samuel Maresius et de Abigail le Grand , veuve de Jean Boots.
Il naquit en 1635 à Maastricht et épousa une demoiselle Eiuygens [ de la Gueldre). Il devint
pasteur wallon à Groningue , en 165- à Middelbourg et en 1662 à la Haye, ou il prit sa
retraite, lui 1685 il fut nommé intendant, en 1680 bibliothécaire ^\u prince d'Orange.
11 IdavanDorp. Voir la Lettre N°. 11 39, note 8.
La Provenchere était: probablement attaché à la légation française à la Haye.
Sur les demoiselles Aersen , consultez la Lettre N°. 829, notes 9 et 10.
CORRESPONDANCE. 1663. 351
Les dames fur l'exemple tant loué des Sabines fe mirent entre deux criant comme
vous pouvez croire. Ion envoya pour des gardes et le lendemain ils furent accordés
par l'entremife de S. Excellence Borri I2).
Je me fuis ravifé fur l'envoy de mon petit portrait par ce que je doubtc que celte
lettre icy pourroit auoir l'hafard de courir un peu auant que de vous eftre rendue.
C'eft pourquoy j'attendray que vous ayez quelque domicile arrerté, dontj'efpere
que nous aurons auis par le prochain ordinaire.
Pour le Frère Chrestien.
N= 11 19.
Christiaan Huygens h R. Moray.
1 juin 1663.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
Elle est h: ré /muse du No. 1 1 14.
A Paris ce i Juin 1663.
Monsieur
Je viens d'apprendre par la voftre du 14 du pafTè que non feulement ma ref-
ponfe ') a vos précédentes2) a manqué de vous eftre rendue , mais qu'auilî vous
femblez douter en quelque façon fi je l'ay faite, et ce dernier point me fafche bien
plus que l'autre, par-ce que je ferois moins marry de la perte de dix lettres que de
vous eftre fufpeét, d'une fi eftrange négligence. Je vous prie donc de me faire juf-
tice et de croire que depuis plus d'un mois je vous ay remercié du deflèin de la
nouvelle barque Irlandoife et que je vous ay dit les remarques qu'icy l'on a faites
fur ce bailiment. que je vous ay auOi dit mon fentiment libre touchant le livre
d'Optique que l'autheur m'a fait l'honneur de m' apporter, fans que jufqu icy j'aye
'-) Sur F. G. Borri, voir les Lettres N°. 881, note 1 et N°. 1031 note 16.
') La minute de cette lettre, qui doit avoir été datée d'avril, ne se trouve pas dans nos col
lections.
2) Ce sont les Lettres Nos. m 02 et 1 106.
CORRESPONDANCE. 1663.
pu auoir celuy de le veoir, et que de plus je vous ay fait fcavoir ce qui fe palîbit icy
parmy les fcavants en matière de lunetterie et autres. Il femble que je ferois
oblige de vous repeter icy au long ce que j'avois eferit fur chacun de ces articles,
mais toutefois je n'en teray rien a preient, et quand vous en feaurez la raifon 3),
ce qui fera dans peu, je m'afliire que vous ne la trouverez pas injufte. Cependant je
vous rends grâces et me rejouis des bonnes nouvelles touchant l'eitabliflement de
voftre Illuftxe Société, a la quelle je fouhaite toute forte de bon fucces , tant a
caule du digne object qu'elle s'eit propofée que parce que je fcay que ce vous fera
une grande iatilïaction de veoir bien reuffir ce a quoy vous avez travaillé avec
tant de loin et de confiance. Je fuis autant qu'on le peut eftre
Monsieur
Votre très humble et très obeiffant feruiteur
Chr. Hugens de Zuliciikm.
N= 11 20.
J. van Vliet à Christiaan Huygens.
6 juin 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Christiano Hugenio tûj irâw Janus Vlitius
s. p.'d.
Non ignarum te cïïè , Praeftantiflime Hugcni , confido , me jam ab aliquot annis
rébus Bredanis illuftrandis intentum fuiiïe.
Quas tribus complexus fum libris, quorum i. No/xocà, II. Xpovuici, m. T07r1y.cc
continent. Dum primum typis tandem Dordrechti nuper trado '), et prodromus
3) Allusion au voyage projeté en Angleterre.
') 't Redit van Succeflie volgens de Coftumen der Stad en Lande van Breda. Door J. van
Vliet. 1663 [Dordrecht]. in 4e.
dont il y a une édition amplifiée: Toi Breda. Bi.i Abraham Subbinck. AnnoM.DCLXVi,
in-40.
CORRESPONDANCE. 1663. 353
confuetudinum de Succeffionibus prodire tentât , en interdiéhim Senatus Princi-
pum ne quid taie edam nifi prius a fe examinatum, et a Principe facilitas impc-
trata fucrit. Delator deprehenfus mihi ell olim IC. nunc Propraetor Bcrnagius 2) ;
qui invidia taftus dudum eft, quod fidem aliarum, quibus niti folet, fuppofititiarum
Confuetudinum mea hac editione elevem, atque diluam. Miratus quorfum illud exa-
men, et ad quos cura ejus pcrtineret, obiter refcripiî me nihil, quod non e re Princi-
pis et Jultitiae confentaneum lit , moliri. Plenius refcribere fuperfedi , quia rumor
de Illuftris Parentis Tui reditu me recreavit. Capita ejus funt, ea, quae edo, pri-
vatim a me confulta olim, et obfervata a me elfe; non me leges novas autconfuetu-
dines condere aut promulgare, fed cas, quae ante C. et plures annos ab ipfis Do-
minis aut conditae, aut agnitae, aut Sentcntijs Curiarum tam Brcdanarum quam
Brabantiae confirmatae indcfinenter funt, utque hic in arcbivis cxtant, et in Judicijs
in dies allegantur, et legis vim obtinent, plane fequi, et interpretari. Id Grotijs 3),
Goris4), Sandijs 5) , alijfque bene de patrijs fuis meritis integrum femper fuifTè :
2) Pieter van Bernagien , fils de Joiïs van Bernagien , devint en 1665 bourgmestre de Breda.
3) Willem de Groot, fils cadet de Johan Hugo de Groot et d'Alida Borren , et frère de Hugo
Grotins, naquit à Delft le 10 février 1597 et mourut le 12 mars 1662. Il épousa Alida Gras-
winckel. Reçu docteur en droit en 161 6" à Leiden, il se rendit à Paris: depuis il se fixa comme
avocat à la Haye, et fut conseiller du comte de Hohenlohe, du prince Frederik Ilendrik, et
résident du duc de Courlande. Parmi ses nombreux écrits, van Vliet désigne probablement
son ouvrage dont plus tard on trouve l'édition suivante:
Guilielmi Grotii Ifagogc ad Praxin Fori Batavici, illultrata Paraphrafï ac Supplemento ,
AuCtore Abrahamo de Pape. J. C. Acccdit index rerum & verborum copiofiflîmus. Lugduni
Batavorum, Apud Cornelium Boutelteyn. cioiocxciv. in-40.
4) Lambertus Goris, fils du pasteur gomariste Marten Goris et de Josina Lamers naquit à Arn-
hem et mourut à Nimègue le 18 juin 1651. En 1625 il fut nommé professeur de droit à Ilar-
derwijk; il quitta cette université la même année pour devenir pensionnaire de Nimègue,
Il était jurisconsulte et poète latin.
L'ouvrage auquel van Vliet fait allusion ici est intitulé:
Lamberti Goris J. C. Syndici Noviomagenfis Adverfariorum Ivris Svbcilivorvm, ad lueem
confuctudinis Ducatus Gelriae & Comitatus Zutphaniae, ac vicinarum Belgii provinciarum,
Tractatus quatuor, unà cum commentariolo ad leg. Obfervandum iy. Digelt. de officio
praefid. In quibus de focietate conjugali, divilionc aeris alieni in ereifeunda familia, an-
nuis reditibus, ufuris, contractions, teitamentis, pactis ante nuptialibus, aftionum rerum-
que ceffione, fendis, fuccefiionibus, praeferiptionibus, hominibus propriis, matriraonio,
pofïeflione, fructibus, injuriis, judiciis, judicum qualitatibus & officio, nec non différentiis
juris communis & confuetudinis, aliifque juris materiis paflim differitur , prout (ingulatim
indice capitum exhibetur poil dedicationem. Editio tertia & plané nova, port anteriores edi-
tiones, compluribus annotatis ad fingula capita & novis obfervationibus ab ipfo autore il-
lultrata ac aucta: cui accefîit fecunda editio tractatus de elfefiucatione, &c. Arnbemii. Ex
Officinà Johannis Jacobi. Anno 1651. in-40.
Les deux éditions antérieures, portant d'autres titres, sont de 1635 et 1645.
5) Frederik van den Sande, lils de Reynier van den Sande et de Catharina van Reyd,naquil
Œuvres. T. IV. 45
354 CORRESPONDANCE. 1663.
uti e aliter fentientibus hos aeque ac me refellcre. Denique me nihil editurum ,
ante quam Principi juris fui fado dedicetur univerfmn opus.
Prodromum tantum experiundi hominum judicia ergo amicis communicare; at-
que ita quoque Senatui, ut ex hoc ungue Leonem nofcant , et examinent. Rogo
ergo atque obfecro te, Hugeni Amieiffime (quantumvis fciam te melioribus nunc
vacare ihidijs ) ut haec cum Illuftri Parente data occafione communices, qui domi
fuae (brevi ut l'pcro) exemplar prodromi inveniet. Non enim operae pretium
videbatur illum ukerius mittere. Si quid linguae Aremoricae (Bas-breton) monu-
mentnni inter librarios invenias (nam Diclionarium taie allegatur anni 1590°))
aut taie quid, l'ummo me màctabis oflîcio, fi ea mihi comparaveris; uti et figuras
optimas fabularum Aefopeiarum r). Phacdri enim editionem novam 8), cum figu-
vers 1577 à Arnhem , où il mourut en 1617. Il devint bourgmestre d'Arnhem en 1606, rem-
plit plusieurs missions diplomatiques et publia, avec sou frère Johan , divers ouvrages.
Ici van Vliet indique l'ouvrage suivant:
Frederici à Sande J. C. Dvcatvs Gelriae et Comitatvs Zvtphaniae quondam Confiliarij &
Fifci patroni, ne urbis Arnhemienfis Coufvlis ; & lllullriss. Scholae Gelro-Velavicae Cura-
toris, Commentarius in Gelriae & Zutpbaniae Confuetudines Feudales, nec-non de Effeftv-
catione cum Collatione Jurium & Confuetudinum, quae in Gelriae vieillis ditionibus obti-
nent. Omnibus in foro Feudali verfantibus, tumParibus, tum caufarum Patronis apprimé
utilis & neceflarius. Ex ipfnis Authoris Scriptis recognitus, à multis mendis quibus featebat
correftus, & Indice locupletiflimo adornatus. Antuerpiae, Typis Marcelli Parys fub Turri
I). Virg. 1674. Cum Privilegio ad novem annos. in-folio.
6) John David Rhese ("nommé Rice, Rhaesius et Davies, puisqu'il appartenait à cette famille
de Wales) naquit en 1534 à Lanwaetbley (île d'Anglesey), et mourut en 1609. Ses études
faites à Oxford, il passa en Italie où il devint médecin et principal du collège à Pistoie. De
retour en Angleterre, il écrivit divers ouvrages de linguistique , entre autres l'ouvrage cité :
Carabrobrytannicae Cymraecaeve Lingvae Inftitvtiones et Rvdimcnta accuraté, & (quan
tum lieri potuit) fuccinclè & compendiofè conferipta à Joanne Dauide Rbael'o lVlonenli
Lanuaethlaeo Cambrobrytanno , Medico Senenfi. Ad Jlluftr. virum Edouardum Strad-
lingum Equeftris ordinis Cambrobrytannum : Ad intclligend. Biblia Sacra nuper in Cam-
brobrytannicum fermonem & caftè & eleganter verfa, non minus necellhria quam utilia: Cum
exafta carmina Cymraeca condendi Ratione , e< Cambrobrytannicorum Poematum generibus,
aliilque rébus nonnullis eodem ipeetantihus , ijfdemque pariter non minus necclfaiïjs quam
vtilibus. Londini. Excudebat Thomas Orwinus. 1592. in-folio.
La dédicace est datée, prid. Non. J 11 lias. 1590.
7) Ici van Vliet désigne l'édition illustrée :
Fabvlae Aefopi Graecê & Latine, nunc denuo feleftae : Eae item quas Avienvs carminé
expreffit. Accedit Ranarura & Mvrivm Pvgna,Homero olim afleripta. Cum elegantiflimis
in u troque Libello Figuris, & utriufque Interpretatione plurynis in locis emendata. Ex de-
creto 1)1). Hollandiae Ordinvm in ufum Scholarum. Lvgdvni Batavorvm. Ex Officina
Joannis Maire, clolocxxxil. in-H°.
Cette édition de Phaedrus n'a pas paru.
CORRESPONDANCE. l66ï
3- 355
ris, Principi dedicare cogito. At ne Socraticos tuos interrumpam dialogos diutius,
S. P. tibi, tuoquc imprimis Parenti atque amicis repetita , manum tollam. Vale,
Saeculi noftri Archimedes , et Vlitio tuo haec gratificare. Dabam Bredae
vi Junii cIdIdclxiii.
Burftedij 9~), iaeque te falutant plurimum. Junij IO) Euangelia Gothica et Anglo-
Saxonica11) fub praelo fervent. Lexica I2) fequentur. Ego Francien quoque
concinno I3).
Monfieur
Monficur Ciiristien Huygens de Suylichem, &c.
a Paris.
°) La famille van Buerstedc appartenait aux notables de Breda; ici van Vliet parle de
a) Anthonis van Buerstede, qui fut échevin de Breda de 1650 a 1664 et bourgmestre de
1665 a 1667.
Z>) Jacob van Buerstede, son (ils, qui naquit à Breda en 1641 , étudia en droit à l'Université
de Leiden, et fut alternativement échevin et bourgmestre de Breda de 1679 à 1703.
IO) Francisais Junius. Voir la Lettre N°. 903, note 5.
:I) Quatuor D. N. Jefu Chrifti Euangeliorum Verfiones perantiquae duae, Gothica (cil. et Au-
glo-Saxonica; Quarum illam ex celeberrimo Codice Argeriteo nunc primùm depromfil Fran-
eifeus Junius F. F. liane autem ex Codicibus MSS. collatis emendatiùs recudi curavit
Thomas Marefchallus, Anglus : Cujus etiam Obfervationes in utramque Verfionem fulmecuin
tur. Accelîit & Gloflarium Gothicum : cui praemittitur Alphabetum Gothicum, Runicum,
&.c. opéra ejufdem Francifci Junii. Dordrechti. Typis & Sumptibus Junianis. Excudebant
Henricus & Joannes Efl'aei , Urbis Typographi Ordinarii. cidioclxv. in-40.
I2) Gothicum Gloflarium , quo pleraque Argentei Codicis Vocabula explicantur, atque ex Lin-
guis cognatis illuftrantur. Praemittunturei Gothicum, Runicum, Anglo-Saxonicum, aliaque
Alphabcta. Operà Francifci Junii. F. F. Dordrechti. Typis Ck. fumptibus Junianis.
cioioclxv. in-40.
'■") Van Vliet n'en a rien publié.
356 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 1121.
CHRISTIAAN HUYGENS ïl CoNSTANTVN HlJYGENS , frère.
15 JUIN 1663.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. uili. Const. Huygens, frire, y répondit par le No. 1123.
A Londres ce 15 Juin 1663.
Vous n'aviez pas ereu, a ce que je voy, que Mon Père feroit fi preft a entre-
prendre le voiage qu'on ') luy impofoit, et je penfois bien auffi du commencement
qu'il voudrait attendre un fécond Ordre. Mais il femble qu'il a eu envie de veoir
encore ce païs, et c'eit cela qui l'a lait refondre d'autant plus facilement. Si vous
n'en aviez pas parle le premier a Monfieur Beaumont - j nous euffions elle quite de
tout cet embaras, qui peut eftre ne fervira pas de beaucoup aux amures du Prince,
et qui pourroit m'apporter quelque préjudice dans une que j'ay a Paris 3), dont je
ne veux encore vous rien dire. A vous il en aviendra que voitre perruque ne fera
pas fi toit faite que fans cela elle auroit elle, car vous ne voudriez pas, je m'aflure,
que je la fille faire icy. Je garderay donc voilre échantillon et mefure jufqu'a ce
que nous ayons repafl'è en France et alors je vous promets que j'en auray foin. Je
croy que bien toit il m'en faudra une de mefme , par ce que les cheveux commen-
cent a me manquer en un endroit que ceux qui relient ne feauroient couvrir.
Quoy que je ne croye pas que nous devions relier long temps icy, nous n'en
partirons pas fi toll pourtant que vous ne puifliez m'envoier hardiment le portrait
que vous n'avez ofè confier au dernier pacquet. Je feray fort aife de le veoir, et
il me femble que de la je pourray faire conjecture a peu près avec quel fucces je
pourois m'adonner au mefme meilier 4).
Le Combat de ces deux galants dans la Comédie avec les 4 Sabines entre deux,
doit avoir elle une belle choie a veoir et qui valoit bien un des meilleurs actes. Je
voudrois bien feavoir fi le pacificateur Son Excellence Borr-i va encore veoir la
Tante Dcwilm 5) et s'il y elt toufjours reeeu de mefme.
Je ne fcay pas fi j'ay mande au frère Louis que devant que partir de Paris j'ay
envoie les figures Chinoifes fï ) a Monfieur Thevenot. Je n'ay pas pu veoir qu'elles
1 ) Il s'agit de Madame la Princesse Douairière, A ma lia von Solms.
Sur Herbert van Beauinonl , voir la Lettre N '. 240, note 3.
Consultez les Lettres Nos. 1 123 et 1 126.
L'art de la miniature. Consulte/, aussi la Lettre N". 1107.
Constantia Huygens, veuve de David le Leude Wïlhem.
Consultez la Lettre N°. 1113.
CORRESPONDANCE. 1663. 357
eftoient mieux faites que les premières que nous eûmes il y a longtemps, mais je
ne doute pas toute fois qu'il n'en ibit très fati fiait.
Pour Mon Frère de Zeelhem.
N° ri 22.
H. Oldenburg à R. Boyle.
20 JUIN 1663.
La lettre se trouve à Londres , Royal Society.
Elle a été publiée dans ^BoyWs Works, Vol. V".
London, ye 10 June 1663.
Sir,
I could not forbeare by tins decafion to give you notice of fouie particulars, im-
parted to me lînce your leaving London, efpeciâlly fuch , whercin yourfelfe and
ye other Englifh Virtuofi are concerned. M y correfpondent ') in bis laft from Pa-
ris faith with a great deal of franknes : // faut avouer, que les Anglois rempor-
tent, &J ont l' 'avant âge par dejfiis les autres peuples de r Europe, nous ayans donné
quantité de chofes curieufes & particulières , outre les grands ouvrages qu'ils ont
donné au public. Au contraire , les livres , qui s'inpriment à Paris, ne méritent pas
d'efire leus , au moins la plufpart, n'y ayant que des redites ou des allégations; mais
rien de particulier , qui contente l'efprit. Then he pafïeth on to a gentleman, called
Miller Boyle, and faith; On l'admire plus que iamais, et Mon (leur Ozou -) (that
is one of ye conlklcrableft rriembers of ye Mqnmorian academy, and a very mathe-
matieall headj a une eflime très particulière pour luy. Le me fine efl grand admi-
rateur de vofire Société , et ne fepeut laffer de louer le génie des Anglois , pour avoir
fait grande quantité de belles chofes. Nous ferions bien aifes de fc avoir , fi on con-
tinue dans la mefme curiofité. In ye end of his letter hc mentions, that he hopeth to
get ye obfervations 3), made by Borelli 4) upon ye Chymifta Scepticus 5j, which
Seing obtained hc promifeth to fend me fpeedily.
1 Jean Pierre Martel. Consultez la Lettre N°. n 28 , note 7.
2) Il est question ici de Adrien Anzout.
3) 11 semble que ces remarques n'ont pas été publiées.
-1 Probablement il s'agit ici de Pierre Borel. Voir la Lettre N°. 330, note 3.
5) Sur le „Chymista Scepticus" de Boyle, voir la Lettre N°. 886, note 6.
CORRESPONDANCE. 1663.
This afternoon we had no ordinary meeting: there were no leflè than foure
ftrangers , two French, and two Dutch gentlemen : ye French were, Monfieur de
Sorbiere6) and Monfieur Monconis7); ye Dutch, both the Zulichems, Fâcher and
Son ::): ail foure, inquifitive after you. They were eritertainëd lirit with fome Ex-
periraents, which the bearer hereofF will give you a good account ofï': and after-
wards wich good ftore ofoccafionall obfervations , difeourfed of promifcuoufly ,
pro rc mata; which the ftrangers (as well as our company) feeraed to be much
more pleafed wich, than wich fet and formai] difeourfes. They were,
1. Of varions Pétrifications, even of children in ye wombe; item in ye lungs,
in ye Plexus Choroïdes, and in ail y e parts of hum an body. a. Of perlons al-
together movelefïe, bue that chey could fpeak, and eac anddrink, whereof one was
alledged by Sir R. Moray, feen by himfelf atye Spaw; out of whofe fingers ,
and cheeks alfo, he had obferved a chalky matter to ifïue : another was mentioned
by Miller Beale 9) in a letter to me, of his owne Kinfwoman, chat lived fome
years as unmoueable as a ftone, unable tomove finger or toe, yec her mouch fhe
could move, and had a good ftomach, and was recovered at laft by Bathes.
I doubt, Sir, hère is matter for an occafional méditation.
Next, chère were very odde relations made ofwomen, voiding boues, together
wich cheir menftrua, every month; of others bringing avvay boues of childcrn
(they had been feverall years afore big ofF) by fiege, or out of cheir fides.
Then there was occafion given, by a pétition made to ye king fora patent to
practile a fecret for ye improving of any barren ground , and of flowers , Planes
and young crées, and among them , of vines and orenge-trees , co make thofe grow
as plentifully as in France, and thele as in Portugal: By this,Ifay, occafion
was given to fpeake of the fmutting of corn, with ye defeription of it; its diffé-
rences from other vices in corne; with ye conjectures ofye caufe of it, and ye
probable means to avoid it. Concerning ail which Miller Long 10) brought in a
handfom difeourfe; which 1 hâve by me, for your fervice, when you pleafe.
Much alfo was fpoken of ye advantage of fowing corn with ye hufkes; and
of planting fruit-ftones with fome pulpe about them.
Monfieur Monconis was fo obliging, uponye Society' s délire toleavethem
sur Samuel Sorbiére, voir In Lettre N°. 1 2 , note 5.
Sur Balthasar de Monconys, voir la Lettre N°. 6 note 8.
( Ihristiaan I luygens et son père Constantyn.
John Beale naquit en [603 dans Herefordshire et mourut en [683 comme recteur de Yeovil
Somersetshire 1. Ayant pris son degré de i\l. A. eu [636, H se mit a voyager en Europe el
devint en 1660 recteur île Yeovil, el en [665 chapelain du R.OÎ. Il lut membre de la Société
Royale ilés sa fondation.
Long était colonel dans l'armée anglaise et membre de la Société Royale.
CORRESPONDANCE. 1663. 359
in writing his way of knowing ye différence of ye weight of liquors; as allb,
ye manner of ordering filkworms in France and Italy; where arc conraincd Tome
very pretty and not obvions obfervations.
Bue, Sir, I forget to whom I write, and by whom. I fhould hâve told you fome
news , and I vvould write more , bue that I hâve written too much. Yet this I mu il
adde, that ye Treaty with Rome advanceth not; that ye coniiderabler fort of
French Proteilants are tempted to apoilafy; that Spainc hath had fome fucces
upon Portugall ; and that Sweden is grown jealous of France , becaufe of ye
French kindnes to, and allyance with Denmark.
Tis after midnight, Sir, that I write this; which will, I [hope] , ye more pre-
vaile with you to pardon this undigeiled fcribblc to,
Sir
your fhithfull humble fervant,
H. Oldenburg.
Seeing ye abovementioned ftrangers are like to continue hère yet a while, at
ye leail fome of them, ye Society fhall much lland in need of a Curator of expe-
riments; which I hope , Sir, will ye fooner procure from your obligingnes a dif-
penfing with Miller Mook IX) for fuch a publick nie.
For his Noble fïicnd
Robert Boyle Esqer
at
Leefe.
!I) Sur Robert Hooke, voir la Lettre N°. 1057 , note
360 CORRESPONDANCE. 1 663.
N°= 11 23.
CoNSTANTYN HlJYGENS, iVèlC , h [CHRISTIAAN HUYGENS].
11 JUIN 16^3.
La lettre et la copie se trouvent h Leiden, coll. Huygens.
Elle est L: ré/muse an Nu. 1121. Clir. Huygens y répondit par le .Xo. 112",.
A la Haye le 11 luin 1663.
Je crains que vous ne pafïerez pas de là H toit que nous voudrions bien toucs
deux pour raifons que je mande à Mon Père. L'affaire ou vous appréhende/, du
préjudice et dont vous ne voulez rien dire nous a cité connue plufjeurs jours
auant voilre lettre par des advis que Gentillot ') et Copes 2) difent d'en auoir
receus de Paris, j'efpere qu'ils feront véritables.
J'envoye icy dedans le petit pourtrait de Sus qu'il vous plaira nie renvoyer
quand vous l'aurez confideré. Il faut prendre garde que vous le tourniez du bon
collé contre le jour et comme il a elle fait. Celuy que j'ay fait après cette belle
brune 3) elt le meilleur de touts mais n'eft pas achevé. 11 va tant de temps a celle
forte d'ouvrage que j'ay de la peine a m'y r'attaeher.
Touts les luncttiers me tombent icy fur les bras durant voltre abfence , entre
autres j'ay eu un niais Anglois que Morray vous adrellbit auec une lettre, le
plus pauvre garçon du monde qui court le pais par le moyen d'un Itinéraire fait il
y a trente ans , et cil pourtant membre of the Royal Society.
Je n'ay pas le temps de vous dire d'auantage.
1 1 Sur de Gentillot, voir la Lettre N°. 920, note 8.
Hendrik Copes naquit a Wesel en 1643, et se noya a Bois le Due en 1708. Après avoir
étudié a Leiden il devint en 1668 greffier de la chambre îles fiefs a ISois le-Duc. Il était
antiquaire, voyagea beaucoup ei avait beaucoup île relations a l'él ranger.
I.e portrait île MNlress Tllfton. Consultez la Lettre N '. 1 1 |.|.
'
CORRESPONDANCE. 1663. 36 1
N= 11 24.
Christiaan Huvgens à Constantyn Huygens, frère.
23 juin 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
Const. Huygens, frère, y répondit par le No. 1142.
A Londres ce 23 Juin 1663.
Cellecy vous fera rendue par Monfieur de Monconis ') qui eft de mes amis , et
un fort honneft homme et fort curieux de toutes les belles chofes. Il eft venu icy de
Paris avec le fils 2) de Monfieur le Duc de Luines 3) qu'il accompagnera a fes
voiages d'Allemagne et d'Italie, et païïant maintenant d'icy en Hollande il m'a prie
que je luy donnafïe quelque adrefTe chez nous. Il vous demandera pour veoir ma
machine du vuide fans que pourtant il foit befoin de la faire agir, et mefme je
croy qu'elle n'eft pas trop en eltat de cela. Vous pourez outre cela luy monftrer
mon horologe a pendule, le cabinet de mon père et fa bibliothèque, fans oublier
dans le cabinet le miroir concave et le defîèin de Gendt 4). Il fcaura vous rendre
compte de l'eftat de l'Académie qui elt icy a Grefham Colleg et des expérien-
ces que l'on y fait, que nous avons veues enfemble 5). Il a aufli fort connu Divini6)
a Rome, et vous vous fouviendrez peut eftre qu'il eft fouvent cité dans le petit
livre 7) que le dit Divini efcrivit contre moy.
Je fus voir hier Monfieur Lilly 8) le peintre et voyant dans fon cabinet des por-
traits qu'il a faits avec du paftel je luy demanday de quoy le fien eftoit compofè,
et il me promit de m'en faire avoir la recepte. Il fe fert d'un papier un peu grifatre
et n'employé de couleurs que dans le vifage et cela encore légèrement , fouftenant
r) Sur Balthasar de Monconys , voir la Lettre N°. 765 , note 8.
2) Charles Honoré d'Albert de Luynes, duc de Chevreuse, fils de Louis Charles d'Albert, duc
de Luynes et de sa première épouse, naquit le 7 octobre 1646 à Paris et mourut le 5 novem-
bre 1712. Après avoir beaucoup voyagé il épousa en 1667 Jeanne Maria Colbert, fille aînée
du ministre Colbert, dame du palais de Maria-Theresia : elle mourut à Paris le 26 juin 1732.
Il devint capitaine-lieutenant de cavalerie, assista à plusieurs sièges et possédait toute la con-
fiance de Louis XIV.
3) Sur Louis Charles d'Albert, duc de Luynes, voir la Lettre N°. 470, note 3.
4) Joris van Ghendt (Gendt), disciple du peintre Frans Floris, -vivait vers la fin du seizième
siècle: il devint peintre de cour en Espagne, plus tard en France.
5) Voir la Lettre N°. 11 22.
ô) Eustachio de Divinis. Voir la Lettre N°. 395, note 2.
7) Sur sa „Brevis Annotatio" voir la Lettre N°. 765, note 1.
8) Pieter van der Faes (Consultez la Lettre N°. ç6~ , note 8), se tixa en 1641 en Angleterre;
il y fut appelé Lilly d'après son surnom Pieter de Lely, nom que Chr. Huygens lui donne
dans le Reys-Verhael.
Œuvres. T. IV. 46
362 CORRESPONDANCE. 1 663.
que l'autre manière eft trop pénible et de moindre grâce. Tout ce qu'il fait eft fort
beau et je tafcheray d'en avoir quelque chofe pour l'imiter et pour vous le faire
veoir a noftre retour.
A Monfieur
Monfieur de Zeelhem
A
la Haye.
N= 11 25.
Christiaan Huygens a Constantyn Huygens, frère.
29 JUIN 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
ElU est la réponse au No. 1122.
A Londres ce 29 Juin 1663.
Voftre portrait de miniature citant dans voftre lettre toute ouverte II Signor
Padre s'en eft empare le premier et n'a point envie de s'en défaire, c'eft pourquoy
vous ne devez pas me l'imputer fi je ne la renvoie point. Je trouve que pour élire
voftrc premier ouvrage il a trefbien reuffi, et vous feriez bientoft aufli bien que
voftre maiftre fi vous aviez la patience de continuer. Mais puis que vous dites
qu'il y va tant de temps je ne croy pas que ce fera voftre fait. Il me femble que
vous avez voulu corriger en quelque façon ce qui n'eft pas bien dans le tableau ')
de Hanneman 2), comme la longueur du vifage, le trait de la bouche, et cela ne
vous a pas tout a fait mal reuffi, mais d'un autre coftè vous avez fait l'oeil gauche
un peu trop long, de forte que le portrait reflemblc mieux quand on couvre cet
oeil. Il n'a point eftè endommagé par le chemin du tout; c'eft pourquoy vous
pouvez bien m'adreflér aulli la belle brune 3) quand elle fera achevée, et je vous
promets d'en dire mon avis aufli franchement que de cett' autre. J'ay veu ces
jours pafïez une partie des deffeins de Lanier 4), et entre autres une grande quan-
') Consultez, sur le portrait de Susanna Huygens par Hanneman, la Lettre N°. 1 i 10.
Sur Adriaen I lanneman, voir la I ,ettre N°. 812, note 6.
3) Mistress Tufton. Consultez la Lettre N". i 144.
4; Nicolas Lanière naquit en Italie en 1 5N0 et mourut en novembre 1646 a Londres. Venu en
Angleterre, il était un des favoris de Charles I. Comme il était aussi bon musicien, celui-ci le
nomma, en 1626, directeur de sa chapelle.
CORRESPONDANCE. 1663. 363
titè de Raphaël qui font incomparables. Lilly s) ne m'a pas encore donne fa re-
cepte pour le paflel, parce que je ne l'ay pu trouver chez luy depuis, ou bien
s'il y eftoit, there was a Lady fitting.
Je demanderay a Monfieur Morray qui eft cet habil homme qu'il m'avoit
adrefTè. Pour élire of the Royal Society, il ne faut pas que vous vous imaginiez
que ce doive eftre quelque chofe d'extraordinaire , Car je voy qu'on y admet alTez
facilement tout le monde. Il y a i jours 6) que j'en fuis aufli fans que je me trouve
plus habile, en quoyque ce foit, qu'auparavant.
Ayez foin je vous prie de l'enclofe 7) a Monfieur van Leeuwen. Celle 7) que
vous m'avez envoiee de fa part eftoit plus vieille de 15 jours que la voilre.
A Monfieur
Monfieur de Zeelhem
A la
Haye.
s) Sur Lilly, voir la Lettre N°. 1 124, note 7.
rt) Cette date, la séance du 17 juin 1663 (V. st.), ne s'accorde pas avec la date de la séance
du 22 juin, que donne Birch dans son ouvrage:
The Hiltory of the Royal Society of London for improving of Natural Knowledge, from
it firft rife. In which the moft confiderable of those Papers communicated to the Society,
which hâve hitherto not been publifhed, are inferted in their proper order , as a Supplément
to the Philofophical Transactions. By Thomas Birch, D. D. Secretary to the Royal Society.
London: Printed for A. Miller in the Strand. mdcclvi — mdcclvu. IV Vol. in-40.
11 résulte de la Lettre N°. 1 128, que Birch s'est trompé d'une séance.
") Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Chr. Huygens à van Leyden van Leeuwen, ni celle
de ce dernier à Chr. Huygens, datée du commencement de juin 1663.
364 CORRESPONDANCE. 1 663.
N° 11 26.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
29 JUIN 1663.
La lettre se trouve à Leïden , coll. Huygens.
A Londres ce 29 Juin 1663.
Je n'attendois autre nouvelle de vous que celle de la decifion de noftre procès ')
et n'en ayant pas auiîi de fort importantes a vous mander j'ay laifTè parler quel-
ques ordinaires fans vous efcrire et mefme a cet heure je n'ay guère a vous dire,
mais je ne veux pas laiffer de vous refpondre a fin que je ne refte pas privé des
nouuelles de la Haye dont d'ailleurs que par voftre moyen je me voy trefmal
fourni. Vous elles bien heureux d'avoir trouuè de quoy vous defcnuier dans le
voifinage de Zuylichem , ou vous m'avouerez que fans cela l'on pafTe le temps auiïi
mal qu'en lieu du monde. Voftre bonheur eft encore de ce que vous vous conten-
tez de chofes médiocres, car parmy tout cet Examen Apum je n'ay jamais rien vu
d'agréable.
Je luis bien aife que Monfieur Thevenot eft fatiffait de fes figures 2). Le fecret
du poly nouveau m'a eftè inconnu jufqu'a cet heure que je le voy dans voftre lettre,
mais je penfe que ce n'eft que celuy que Monfieur Auzout 3) a trouvé, et non pas
celuy de Monfieur d'Efpagnet 4) que je croy eftre encore meilleur par les effedls
que j'ay veu de l'un et de l'autre.
En ce qu'il vous efcrit de la regale que le Roy veut faire, je croy que vous
aurez leu Père , au lieu de frère. Le frère de Zeelhem vous pourra dire a peu près
ce que c'eft , car il en a eu nouvelles a ce qu'il me mande 5). Je croy qu'il en fera
quelque chofe , mais non pas tant que l'on dit.
Je pafïerois allez bien le temps icy fi je fcavois un peu mieux m'efcrimer de
la langue du païs. Il y a Comédie icy auprès ou il y a grand concours, mais parce
que je ne puis pas bien comprendre ces dialogues qui font prononcez fi vifte je n'y
vay que fort rarement <î). Nous avons dans le voifinage une dame ") qui joue du
luth en perfection et chante allez bien, mais faute de luy pouvoir parler je n'ay pas
ofè y retourner après la première fois.
') Consultez la Lettre N°. 100?.
') Sur les figures chinoises, consultez la Lettre N°. 1121.
8) Consultez la Lettre N°. 1 1 1 1.
♦) Voir la Lettre N°. 1 10K.
s) Consultez la Lettre N°. 1 1 23.
6) Huygens assista a la représentation de ,,1'rencli Lawyers" et de „English Mounsieur"
[Keys-Verhael].
" ) Mi stress Warwick [Reys-Verhael].
CORRESPONDANCE. 1663. 365
Il n'y a que certaines perfonnes comme Monfieur Moray Monfieur Bruerton 8)
et quelques autres devant qui j"ofe deploier ce que je fcay. J'ay trouvé ce dernier
dans Grefham Colleg dont il elt membre, et le trouvay devenu fi gros et gras que
j'eus toutes les peines a le connoiilre. Il a efpoufè la fille de Milord Willouby y)
dont il a 3 enfans. Je l'ay eftè veoir chez luy, ou il me regala de fa mufique, qui ell
la plus plaifante du monde, car fans avoir jamais appris a toucher le clavecin , il
en joue avec une afieurance merveilleufc et rien que des fantafies qui font fans
règle aucune. Adieu. Mon Père envoie pour avoir mes lettres.
Je repondray IO) a Janus ") par le prochain ordinaire.
Pour le frère Louis.
N= 1127.
[L. H. de Monmor] à [Christiaan Huygens].
[juillet 1663?]
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens ').
Monfieur Theuenot et Auzout me preïïans de faire acheuer la machine du
vuide2) je prie Monfieur Huggens de m'enuoyer vne figure exa&e de la menuiferie
foit pour la hauteur ou la largeur ou la quantité des pieus et des endroits ou la
pompe le cric et la lanterne auec la maniuelle doiuent eftre mis et placez. L'ou-
vrage ayant efte jnterrompu par labfence 3) de Monfieur Huygens qui ell: linuen-
teur et par confequent le promoteur de cet ouvrage jl obligera les Curieux etc.
8) Brereton (voir la Lettre N°. 1 23 , note 1).
9) Francis, Lord Willoughby of Parham. se noya dans une tempête a Barbados en 1666. En
1650 il avait été nommé gouverneur de cette île.
10) Nous n'avons pas trouvé cette réponse de Cbr. Huygens à J. van Vliec.
n) Huygens désigne J. van Vliet, qui lui avait écrit le 6 juin 1663. Voir la Lettre N°. 11 20.
') Cette pièce de la main de Montmor est une feuille détachée; nous ne possédons pas la lettre,
avec laquelle elle a été expédiée.
2) Consultez les Lettres Nos. j 108, 1 1 15 et 1 134.
3) C'est-à-dire par son brusque départ pour l'Angleterre.
366 CORRESPONDANCE. 1 663.
N= 11 28.
H. Oldenburg à R. Bovle.
2 JUILLET 1663.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
Elle a été publiée dam „Boyle\s Works, Fol. F".
London, ye 22 June, 1663.
Sir,
Your receipt for Monfieur Monconis came , after he had taken his Icavc l'rom
us: but I fhall not faile, God permitting, to fend it after him by ye firft conve-
niency. On Wednefday laft :) there were admitted into ye Society My Lord Cra-
ford Lindfey 2), Mcflieurs Hugens and Sorbierc. An experiment was tried in ye
compreffing engine, but again without fuccefle; ye force of ye Air, thruïtin,
breaking ye cernent , that faftned ye Glaïïc.
In ye experiment of ye précèdent meeting3) (whereof, no doubt, you had an
account from Miller I look) ye Air, put into ye place of ye Buble, remaining in one
bolthead, was vanifht as well, as the Buble 4), that was left in ye other bolthead.
After this, pétrifications were again difcourfed off; and ye colors of infects :
There were alfo a couple of letters read, fent to me, one from de la Quintinye 5)i
containing a further account of melons; ye other from Miller Beale6), relating
his obfervations of ye fraut of corne. I had a third letter from Paris, written by
ye fume gentleman 7)n that is ye author of ye difcourfe de Calore8), and hath ib
particular an efteeme for you , as I mcntioned formerly '■>). He tells me now , that
T) C'était dans la séance du i~ juin 1663 fV. st.). Birch dans son „History of the Royal
Society" s'est donc trompé en indiquant Lundi le 22 juin. Consultez la Lettre N°. 1 125.
Charles Crawfurd, Lord Lindsay, était le fils d'Alexander Lindsay et d'Anna Mackenzie,
comtesse de Balcarres et d'Argyll.
3) La séance du if juin 1663 (V. st.).
4) Consultez, pour une description plus détaillée de celte expérience, la Lettre N°. 1 1 3 H.
s; Jean de Laquiminie 1 La Quintinie) naquit à Chabarais (Angoumois) en 1626 et mourut a
Versailles en 1688; Ayant fait ses études de droit à Poitiers, il voyagea comme gouverneur
d'un des fils de M. Tambonneau, puis il se voua ù l'agriculture, et arrangea les jardins de
M. Tambonneau, et des palais de la France: il lut encore souvent consulté en Angleterre
Le 25 août 16*8/" il obtint le titre de directeur général des jardins fruitiers et potagers de tou-
' es les maisons royales en France.
*) Voir la Lettre N°. 1 122, note 0.
Jean Pierre Martel , médecin qui demeurait a Paris. Voir la lin de la lettre.
J. P. Martel , de Calore. Parifiis. in-4' .
'' Consultez la Lettre N°. 1 122.
CORRESPONDANCE. 1663. 367
ye King of France hath beftowed a largefTe IO) of 80000 livres upon ieverall lear-
ned men, but moft Pocts and Romancers, excepc Huygenius and Hevelius, and La
Chambre :I); having neglefted Roberval, Fermât, Frenicle, Rohaut, Ozou I2),
and fuchlike, qui colunt Mufas leveriores.
This friend fheweth himfelfe fo much concerned for you, that he writeth thus:
// faut plus attendre de Monfieur Boy le, à mon advis, que de tous les autres en-
femble: cefl pourquoy je fuis fort affligé de ce qui le menace I3). Exhortez lepuiffem-
ment à avoir foin de fa fanté: je fuis perfuadé , que s" il s'y applique , il fortifiera
fa conflitution , et fe garentira d'une maladie lente. Un de mes amis, avec qui je
plaignais ce malheur, ma affuré, qu'un feigneur Anglois , menacé de me fme, fut
confeille de pajfer en France, ou Pair feul reffablit fi bien fa fanté après quelque
fejour , qu'il retourna en Angleterre , fans qu'il retombât de fa vie en aucun péril
de j'a première maladie. Propofez luy la chofe: il pourra philo fopher partout, et
faire provifion de fanté pour philo fopher plus long temps.
You fee, Sir, his kindnes for ye advanrage of your heakh, though fuch ab-
fence would turn to ye difadvantage of your friends hère, pro tempore.
He prayeth me, to entreat you to communicate unto him , if it may be , ye way ,
which Dr. Willis I4) mentions in his treatife de Fermentatione I5), page 64. (fup-
pofing, your curiofity hath prompted you to get it from ye faid author) videlicet
to draw without any corrofive, folo calore lento, the tinétures of bodies with ail
their vertu. I dare engage for him, as well as for myfelfe, that it f hall remain
a fecret, if it be one.
There is going for France a friend of mine, by whom I could fend a good
packet, with fafety; if you fhould think fit to prefent Monfieur Thcvenot l6), yc
author of ye late voyages I?) in French, with one of your books l8), of ye Ufeful-
nes of natural philofophy, be underilanding Englifh pretty well; I intend alfo,
IO) Consultez la Lettre N°. 1 150, note 9.
") Sur Marin Cuzeau de la Chambre, voir la Lettre N°. 920 , note 5.
12) Adrien Auzout.
13) Depuis son enfance R. Boyle , d'une constitution extrêmement délicate, souffrit beau-
coup.
14) Sur Thomas Willis, voir la Lettre N°. 858 , note 4.
15) Sur son ouvrage „Diatribae duae", voir la Lettre N°. 858 , note 5.
1<s) Sur Melchisedec Thevenot, voir la Lettre N'°. 251 , note 5.
I?) Sur „Thevenot, Relation de divers voyages", voir la Lettre N°. 1025, note 5.
I8) Conliderations touching the Ufelulnefs of Expérimental Natural Philofophy, propofed
in a familiar Difcourfe to a Friend by way of invitation to the Study of it. By the lion.
R. Boyle, Fellow of the Royal Society. London , 1663. in-8°.
368 CORRESPONDANCE. 1663.
God willing, to' fend him one of your Latin reply I?) to Linus 20) and another
to Monficur Martel, the writer of ye forementioned difcourfe of heat. For this
caufe, hâve I taken two or three exemplars of this latter pièce from Millier
Crook 2I), fuppofing your leave to do fo; that I might not neglecl fo fair an op-
portunity of fending , as is now offred to ,
Sir
your very humble and faithfull fervant
H. Oldenburg.
The friend , that is going for France , purpofeth to go hence on Friday next.
To his Noble friend
Robert Boyle Esqer
at
Leefe.
Iv Voir I ouvrage ciré dans la Lettre i\°. 909, note 1 1.
Pseudonyme de Fr. Hall.
:i) Sur le libraire Andréas Crooke, voir la Lettre N°. 104-, note 2.
CORRESPONDANCE. 1 663. 369
N= 11 29.
ChRISTIAAN HUYGENS h [LODEWIJK HUYGENSJ.
6 JUILLET I<^^3.
La lettre cl la copie se trouvait à Leiden, coll. Huygens,
A Londres ce 6 Julien 1663.
Voicy la lettre J) pour Janus Vlitius que je promis par ma précédente 2). 11 me
mande 3) qu'il a envoie chez nous un exemplaire de l'on livre nouueau 4), qui eil le
Prodromus de fa defeription de Breda. S'il le prefente quelque occafion pour le
faire tenir icy ou a Paris, quand nous y ferons vous me ferez plaifir de l'envoier.
Il fe plaint de ceux du Conieil du Prince de ce qu'ils s'oppofent a l'Edition de la
dite defeription , fur quoy je luy confeillc de s'adreffer au frère de Zeelhem 5).
Je n'ay rien a vous mander depuis ma précédente mais j'attens que vous m'eferi-
viez des nouuelles de la Haije. Il n'y auoit rien de vollre part la femaine palfée ce
qui me fait croire que vous elles demeure a Zulichem plus long temps que vous ne
taillez eltat dans vollre dernière. Hier il y avoit grande joie a la cour par l'arrivée
d'un Exprès du Roy de Portugal6) qui confirma la défaite des Efpagnols des
quels il n'y en auroit que 2000 d'efehappez, avec la perte de tout le canon. Je ne
doute pas qu'on n'ait défia toutes les particularisez chez nous de cette déroute.
Nous vilmes hier une telle de Cromwel , moulée fur la liene propre après fa
mort, et peinte de couleurs avec des yeux de verre fort bien faits, de forte qu'il
femble qu'on le voit tout vivant.
Elle a elle cydevant avec la figure de tout fon corps dans la Chapelle de Welt-
minfter, comme celles de pluficurs roys et reines , que fans doute vous aurez vues
dans des quefTes de bois, ou ils font dans leurs propres habits, tout debout. Celuy")
qui garde le Cabinet du Roy , garde aufli maintenant cette belle relique et nous l'a
fait veoir. La Lune que Monfieur Wren a ebochée ;1) fe garde auflî dans ce cabinet
et elt fort plaifante a veoir avec toutes les taches et petites vallées rondes.
Mandez moy je vous prie comment fe porte la dame de Moggerfhil y) et fi elle
') Nous n'avons pas trouve' la minute de cette lettre à J. van Vliet.
= ; Consultez la Lettre N°. 1 1 26.
3) Consultez la Lettre N°. 1 1 20.
4) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 1 120, note 1.
5) Constantyn Huygens, (ils, était secrétaire du prince d'Orange.
6) Alfonso VI, (ils du roi de Portugal, Joan IV et de Louisa de Gustnan, naquit le 21 aoûl 1643
et mourut à Cintra le 12 septembre 1683. Il succéda à son père en 1(^6", et épousa en 1666
Marie d'Aumale, princesse de Savoie-Nefnours; il pcrdii von trône en 1667.
") Cliffins[Reys-Verhael].
8) Consultez les Lettres N"s. H69, 891 et 902.
9) Susanna Huygens, qui avait épousé lJhilips Doublet, fils.
Œuvres. T. IV. 4-
37°
CORRESPONDANCE. 1663.
n'accouchera pas bientolt. car il y a longtemps que je n'en ay ouy parler. Je
voudrois bien feavoir aulii (î madamoifelle Tuytie IO) ne peut pas marcher encore
et 2 ou 4 des difficiles mots qu'elle Icait dire.
N° 11 30.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
13 JUILLET 1663.
La /.//-. et la copie fi trouvt 11 i Leiden , coll. Huygens.
Londen den 13 July 1663.
ïck vvas van def'en morgen bij de man daer Monfîcur Lilly ') de Ichilder my ge-
addrefTeert hadde om te fîen op wat manier hy de Crayons maeckt. Ickfaghhoe
hy daer méde te werck gingh en informeerde my voorts van ailes foo veel als ick
koft, en heb onthouden als volght.
De ftof van de Crayons is ontrent 3 deelen van feecker wit, datie hier Spaens
wit of witfel hieten , daer men ooek de mueren me wit; het is in groote klom-
pen, breeckt feer licht en is foo fijn dat het niet euflehen de tanden en knarft.
Hierbij komt een deel fîjnc toback pijp aerde, die mij docht lijnder en vetter te
Traduction :
J'étais ce matin chez l'homme auquel Monfieur Lilly ' 1 le peintre m'avait adrelle pour
voir de quelle manière il fait les crayons. Je vis comment il s'y prit et m'informai en-
fuite de tout, autant que je pus: j'ai retenu comme fuît.
La matière des crayons eft d'environ 3 parties d'un certain blanc, que l'on appelle
ici blanc d'Efpagne ou blanc de chaux, avec lequel aufïi on blanchit les murailles; il
fe trouve en grands moineaux, le cafle très aifément et eft fi fin, qu'il ne crie pas entre
les dents. <)n y ajoute une partie de terre à pipe fine , qui me femblait être plus fine et
j Geertruid Doublet, fille de Philips Doublet et deSusanna Huygens. Elle naquit le s juillet
i(16 1 et mourut le 20 novembre \(<(<>.
sur Lilly . voir la Lettre N' . 1 1 24 . note 7,
CORRESPONDANCE. I 663. 37 I
fijn als die ick inden Haeg gefien heb. Maer voor eeril breeckt men het wit op
een vrijftteen met een mes , doende fchoon water daer bij , en foo wat gekneedt
iijnde, menght men de vervv daer onder die eerll apart mec water gevreven is ,
maer niet fijn. Als dit wel onder een gemenght is met foo weynigh water als be-
quaemelijck kan gefchieden , foo doet men daer nae de tabacpijpaerde daer bij en
kneedt die met de reft, altydt het mes , en niets anders gebruyckende. Daer nae
rolt men penneties van defe compofitie op een fchoon papier, formerende eerfl:
de punt met de vingers^ om dat anders lichtelyck een holligheyt in 'tmidden blijft.
Aine 5 oi* 6 uren gedrooght hebben bij haer felven, (want men moetfe niet in
de l'on noch outrent het vier leggen, om datfe dan te hard worden) foo rolt men-
fe noch eens, omfe rechter en ronder te maecken , en dan laet menie voort leggen
droogen; daer toc wel 7 of 8 dagcn in de fomertydt van doen fijn, en 's winters
wel 6 mael foo veel , daerom men die dan oock niet gewoon is te maecken.
Om de donckere couleuren te maecken heeft men van het felfde wit maer met
feeckere andere materie daer onder fwart gemaeckt, twelck hier allbo verkocht
wort. Indigo, Schytgeel, en Lack fijn onbequaem tôt defe crayons, en in plaets
van Lack gebruyckenfe lndiaens root, 'twelck ick niet en weet of in ons Landt
bekent is. Men fchrijft gemackelyck met defe penneties op papier, en worden
noyt hardt. Het Papier dat Lilly beficht en voor 't befte houdt is licht graeuw en
niet hardt. Ick heb een doos van defe crayons laeten gereet maecken daer van ickje
bij gelegentheijdt lai medeelen. Gilleren thoonde my voorfchreven Lilly fyn
plus graflè que celle que j'ai vue à la Haye. Mais d'abord on caife le blanc fur une pierre
à broyer avec un couteau, en y ajoutant de l'eau pure, et lorfqu'il ell pétri tant foit peu, on
y mêle la couleur, qui premièrement ell broyée à part avec de l'eau, mais pas trop fine.
Lorfque ceci ell bien mêlé, avec aulli peu d'eau qu'on le peut faire convenablement,
on y ajoute après la terre à pipe, et la pétrit avec le relie, en employant toujours le
couteau et rien d'autre. Après cela on roule de petits bâtons de cette compofition fur
un papier propre, en formant d'abord la pointe avec les doigts puifque, autrement, il
relie facilement un creux au milieu. Loi'fqu'ils ont léché 5 ou 6 heures d'eux-mêmes
(car il ne faut pas les expofer au foleil ou près du feu, parcequ'alors ils deviendraient
trop durs) on les roule de nouveau pour les rendre plus droits et plus ronds: après
cela on les met de fuite à lécher, ce qui exige bien 7 ou S jours en été, et bien 6 lois
autant en hiver, de forte que, ordinairement, on ne les lait pas dans cette l'ail on.
Pour faire des couleurs foncées, on emploie le même blanc, mais noirci par quelque
autre matière, qui s'y trouve mêlée, ce qui ell vendu ici en cette condition. L'indigo,
le ftil-de-grain, la laque ne peuvent fervir pour ces crayons; et au lieu de laque ils
employent du Rouge Indien, couleur dont je ne fais pas li on la vend en notre Pays. < >n
écrit facilement avec ces bâtons fur papier, et ils ne deviennent jamais durs. Le Papier
dont Lilly le fert et qu'il tient pour le meilleur, ell d'un gris pale et n'ell pas dur. J'ai fait
préparer une boîte de ces crayons, dont, à l'occafion, je vous donnerai une part. Hier
CORRESPONDANCE. 1 663.
Italiaenlche ceyckeningen die altemael keurlijck ûjn, en fijn meetlendeel geko-
men uijt het cabinet ~j van Vander Voort ;'). Hij feght dat hij al de belle daer uijt
gekofen heeft en de reft aen Uylenburgh 4) gelaeten die daer me nae I lolland
gingh. Daer is een flapende Jacob van Raphaël die wonderbaerlyck is.
Int nevenfgaende papier 5) hebje de vcrlcheyde verwen die int paftel gebruyckt
werden.
Au Frère de Zeelhem*
Lilly fufdit nie montra les deiïins d'Italie, qui tous font exquis; ils proviennent pour
la plupart du cabinet :) de van der Voort ; ). Il dit en avoir choifi tous les meilleurs, et
laille le relie à Uylenburgh4), qui les emporta en Hollande. Il y a un Jacob dormant
de Raphaël qui cil merveilleux.
Dans le papier ci-joint \) vous trouvez les couleurs diverfes, dont on t'ait ufage dans
le paftel.
N= 1-131.
[Lilly?] à [Christiaan Huygens].
[juillet 1663].
Appendice au No. 1130.
/.,; pièce se trouve à Leiden, cuil. Huygens.
Toobackco pipe elay and whiteing indian red yallow oker and reflet:
the Came but more yellovv and wbite:
the lame but alittel înallicut and white:
the lame but more white :
Kollèt yellow ocker bloblacke omber mafticut toobackcopipe elay and whiteing:
the lame but alittell rolet:
La collection très-remarquable du peintre C. van der Voori lui vendue a Amsterdam
en 1625.
Cornelis van der Voorl naquil en [576 a Anvers et mourut a Amsterdam en octobre 1624.
Il s'établil comme peintre a Amsterdam, ou il forma un grand cabinet de peintures, qui
fui \ endu après sa mort.
1 | Sur Uylenburg, voir la Lettre N°. 8 IQ, note 1.
Voir l'Appendice N°. 1 1 31.
CORRESPONDANCE. l66?.
3- 373
the lame colors but more omber :
Small bice mafticut blewblack indiati red toobackco pipe claye and whiteing;
the lame but a littell reflet :
the lame but less blewblack and more roiîet and less maftick :
Blewblack roflet and broune ocker :
Yellow ocker maftick and roflet:
Yellow ocker roflet and indiati red :
the lame but more whice :
Indian red and mafticut:
Yellow ocker indian red and maftick :
RofTet and white :
the famé but more white :
Yellow ocker burnt omber and blewblack:
the lame but more white and yellow:
the lame but more yellow and indian red :
the lame but more white :
Bice and white :
the lame but more white :
Mafticut and white :
the lame but more white :
the lame but more yellow and white and a littell indian red :
Yellow ocker and roflet:
Burnt ocker and white
N= 1132.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
13 JUILLET 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Barman.
A Londres ce 13 Jullet 1663.
Iuftement quand je vous ay demandé *) de nouvelles de la Hermana 2) vous avez
eftè après a m'en donner s).
Je fuis bien aile qu'elles font fi bonnes et ne me rejouis pas moins de la lia-
') Consultez la Lettre N°. 1 1 29,
:) Siisanna Doublet.
3) Nous n'avons pas trouvé cette réponse de Lodewijk Huygens.
374 CORRESPONDANCE. 1 663.
voir efchappée du danger ou les commères ont jugé qu'elle efloit, que de la
production de fa nouuelle créature 4). Je ne doute pas qu'elle mefme et plulieufs
autres n'aient fouhakè que ce fut un dauphin au lieu d'une Infante mais pour nous
autres oncles je n'y compte point de perte , et je croy que les niepces valent bien
les neveux. Au relie je voy par ce que vous me racontez des deux fugitives Beau-
mont s) et vander Meyden 6) et des dedans du jeune Greffier, que l'amour règne
chez nous plus que jamais; et encore aviez vous oublié l'hiltoire du vaillant Bre-
ton, dont le Seigneur Sebaftiani r) m'a fait part 8).
Je n'ay rien a vous dire touchant voftre nid de laine fi non que je ne l'ay veu
depuis que vous me le monftraftes. Si vous m'en pouuiez faire tenir un icy je le
ferois bien valoir parmy nos Melîîcurs de la Société Royale, et le ferois eternifer
dans leur Regiftres. La dernière fois9) l'on y apporta parmy d'autres raretez la
figure d'un hareng taillée de papier , de la longueur de 16 pouces, et les mefures
de la longueur grofïèur &c. d'un enfant de 1 8 mois qu'on afTiira peler iôoft*. Si
j'eufie eu celles de noftre niepee, peut eftre que pour Ion âge on les auroit trouué
auffi extraordinaires.
Si vous faites des bons repas chez le Seigneur van Leeuwen, je vous puis dire
que nous n'en faifons pas des moindres chez nos bons amis les milords d'Albe-
marle IO) , de Mancheller ") , de Devonfhire I2) et autres; et fur tout nous fumes
4) Allusion à la naissance de
Constantia Doublet, fille de Philips Doublet et de Susanna Huygens, née le 5 juillet 1663
et morte le 1 1 novembre 167 2.
5) Sur Aernoudina van Beaumont, consultez la Lettre T\°. 1 1 10, note 10.
6) Sur Leonora van der Meyden, consultez la Lettre N°. 1 1 1 2 , note 3.
I Sebastien Chieze.
8) Nous ne possédons pas cette lettre de S. Chieze à Chr. Huygens.
9) Dans la séance du 1 juillet (V. st.) Moray les apporta.
10) George Monk, le général connu, naquitle 16 décembre 1606 à Potheridge (Devonshire) et
mourut à Londres le 3 janvier 1670. Charles II le fit lieutenant-général de toute l'armée,
grand-écuyer, comte de Torrington, duc d'Albemarle.
ri) Edward Montagne, fils du ministre Henry Montagne, comte de Manchester, naquit en 1602
et mourut le 5 mai 1671. Il lut d'abord lord Mandeville, puis baron de Kimholton , enfin
en 1642, à la mort de son père, comte de Manchester. Accusé de trahison, il passa du
côté de Cromwell, qui le mit à la tête de son armée, mais plus tard le disgracia. A la
restauration il fut pourtant bien accueilli et devint grand-chambellan et chancelier de
Cambridge.
I:) William Cavendish III, comte de Devonshire, fils du comte William Cavendish II et de
Christiana Bruce Kingloss, naquit en 1617 à Londres, et mourut le 23 novembre 1684a
lloehampton (Sussex); il épousa Elisabeth Cecil. Il était lord- lieutenant de Derbyshire,
passa en 1642 au continent, mais revint en Angleterre en 1646. Il était très-riche, pro-
tégeait les sciences et fut membre de la Société Royale. Il avait reçu son éducation de sa mère
et de Th. Ilobbes, qui avait déjà été le tuteur de son père.
CORRESPONDANCE. 1663. 375
fplendidement traitez I3) .chez la vieille Lady of Devonfhirc I4) a fa maifon de
Rohampton qui eft a 3 lieues d'icy. En fomme c'eit icy le vray pais de bonne
chère I5); et ce fera beaucoup fi j'en efeappe fans quelque furfet. Hier au foir
Ton danfa a la Cour lrt) , ce que je fus veoiravec le Signor Padrê, et fumes hono-
rablement placez par Moniieur Bret ir).
Ce matin David s'efl venu plaindre a moy qu'il y a des efprits dans la chambre
ou il couche et que cette dernière nuicT: et par plusieurs autres ils font venu l'in-
quiéter. J'eus grand' peine a m'empelcher de rire, par ce que Bruyneftein lS)
qui avec les autres valets a confpirè contre luy m'avoit défia dit ce que c'eftoit.
La chambre eil au defîiis de la miene, ou les deux garçons de mon Père couchent
dans un li<5t, et celuy qui eft efcheu a David dans ce mefme lieu a des rouleaux
defîbus. A ce licTt ils attachent une chorde et la font palier jufques dans la chambre
de Bruyneftein qui eft plus baffe , et quand ma groffe belle efl endormie , cet autre
tire fa corde et fait rouler le licf tout le long de la chambre jufques contre la porte,
avec grand bruicl, ce qui ne manque pas de l'éveiller; et du commencement il eut
fi grande peur qu'il quitta le lier, et s'en alla dormir ailleurs, mais peu a peu il
commence a s'y accouitumer, et fe rendort fort bien quoy que très perfuadè que
le diable s'en méfie.
Au Frère Louis.
I3) W. Swan et son épouse assistèrent à ce dîner [Reys-Verhael].
M) Christiana Bruce Kingloss naquit en 1599 et mourut le 16 janvier 1675 à Roehampton. En
1612 elle épousa William Cavendish 11 , comte de Devonshire, et reçut alors 10.000 Livres
sterling du roi en souvenir des services que son père avait rendus à celui-ci. Son époux
étant mort le 20 juin 1629, elle se voua à l'éducation de ses trois fils, avec l'aide de Th. Hob-
bes. Elle était royaliste prononcée, et protégeait les hommes de science et les artistes.
*5) Entre autres le 23 mai il assista à un grand dîner de la Société Royale à(Jravesend à l'occasion
de la lecture de la nouvelle charte. Un autre jour il visita un collée house [Reys-Verhael].
I6) Ce bal eut lieu dans le palais de Whitehall [Reys-Verhael].
ir) Peut-être Sir Edward Bret est-il un lils de Madame Bret, mentionnée dans la Lettre N°. 210.
[Consultez le Reys-Verhael].
I8) Sur Bruynestein , le chirurgien de l'ambassade, voir la Lettre N°. 1 104, note 9.
37°
CORRESPONDANCE. 1 66'
N- U33-
L. H. DE MoNMOR à ClIRISTlAAN HuYGENS.
15 JUILLET idC)^.
La lettre se trouve à Leiden , coll Huygens.
A Paris ce 15. Juillet 1663.
Monsieur
Je vous prie d'auoir agréable que Je vous alîeure de mon affection et que Je vous
tefmoigne limpatience que J'ay de voftre retour. Voftre perfonne eft 11 chère a vos
amis quils ont delà peine deftre 11 longtemps priuez de voftre prefence, vous
Mobligerez Monlieur de croire que Je conferue pour vous et pour Monlieur voftre
père toute leftime et le refpeét dont je fuis capable Et que Je fouhaite auec pallion
que vous me faffiez naiftre les occalions de vous fair cognoiftre que je fuis véri-
tablement
Monsieur
Voftre trei "humble et trefobeiflant leruiteur
d'Montmor.
A Monlieur
Monlieur Huggens
a Londre.
CORRESPONDANCE. 1663. 377
N= 1134-
P. Petit à Christiaan Huygens.
15 JUILLET 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
A Paris Le 15 Juillet 1663").
Monsieur
Encores ne fàult il pas que vous partiez de londres fans faire quelques Commif-
fions pour vos Amys puifque vous elles party de Paris a leur jnfceu & quils nen
ont elle aduertys que par le bruit commun & par la voye de Monfieur labbe Ben-
tiuoglio ')& autres qui ne font afTeurement pas plus vos feruiteurs que nous, Mon-
fieur Cheze2) enfin qui nous lauoit diffimulé au Commencement a elle oblige de nous
l'aduouer quand il aveu que nous lefcauions. Nous fouhaittons donc voftre Retour
en bonne fante & de Monfieur voftre Père Auquel Je fuis trefhumble feruiteur &
je vous fupplye de len bien afTeurer. Nous attendons dans nortre accademie voftre
Prefence pour le paracheuement de la Machine du Vuide. cepandant nous auons
fait dans la Maifon de Monfieur Teuenotala Campagne des Obferuations de foon
nous auons trouué le petit diamètre de lanneau plus grand que celuy du Planette.
Si le Ciel nous eut efté fauorable nous aurions bien trauaille, Mefîieurs Bouillaud
Auzout Frenicle & Moy y eftions & y auoient pafTe quelques nuits mais fort Mau-
uaifes & fans vn feul quart dheure de ferenité. Monfieur Aufoult a toufjours fort
bonne efperance de fon baflîn de 7 ou 8 vingts pieds en ayant fait vn verre dvn
cofte & lautre dvn autre Conuexe qui en tout tire 50 ou 60 pieds & quil croit bon
nayant pas eu le lieu encores afiez propre pour lefiayer exactement, dans cette fe-
maine nous en aurons de bonnes grandeurs et nous croyons auoir trouué le Moyen
de nous en feruir afTez ayfement fans tuyaux. Voyla les nouuelles de nos Cu-
riofitez. Pour la Commiflîon que je vous veux donner fi vous lauez agréable ceft
de voir chez vn libraire nommé Sadler ad Infigne leonis aurati in vico vulgo vo-
cato little Britann, vn petit in 8°jntitulé lexicon Chymicum 3) Guillielmi john-
J) Hippolito Bentivoglio, noble bolonais, ferrarais et vénitien, marquis de Magiiano, comte
d'Antignano, mourut le 1er février 1685. D'abord militaire, il entra au clergé et cultivait la
musique et l'architecture : il inventa plusieurs machines pour le théâtre.
:) Sébastian Chieze.
3) Lexicon Chymicum, Cùm obfcuriorum Verborum, et Rerum lleimeticarum , tùm Phra
fium Paracelficorum, in Scriptis ejus: et aliorum Chymicorum, partim occurrentium ,
planam explicationem continens. Per Gulielmum Johnl'onum Chymicum. Londini, Ex-
cudebat G. û. Impenfis Gulielmi Nealani apud quem proftant vénales fiib Signo Coronae,
in vico vulgô vocato Duck-lane. cioidclx in-8°.
Œuvres. T. IV. 48
378 CORRESPONDANCE. 1663.
foni4) 1660 lequel ayant achepté en blanc a londres, il feft trouué a mon aduis
quelque feuille a dire en le reliant, car au liure 2 la dernière page elt 72 & les
derniers mots du liure font Energias in fe cohérent 5), auec cette réclame fullcr6)
cha 7), qui marquent quil y a encores quelque feuille ou demy feuille. Ccfi: ce que
je vous prie de vérifier car je nay fceu trouuer ce liure dans Paris pour le faire. Et
comme les libraires font tenus de parfaire leurs Hures & qu'a Paris ny en Hollande
on nen fait jamais de difficulté Jefpere quils nen feront pas dauantage a londres
& que vous aurez bien la bonté de Mapporter ce Manquement, comme aufli le
petit liure latin 8) des batefmes & Enterremens de londres. Et femblablement de
vous informer fi on ne traduit pas en latin le Pfeudodoxia Epidemica 9) de
Brouwn IO) & fi lautheur le fait ou quelque autre, vous Mobligerez aufïj infini-
Lexicon chymicum. Continens Vocabula Chymica in priore Libro omifla, nmltis voca-
bulorum Chymicorum Charafteribus adjertis è Baiilio Valentino, Theophrallo Paracelfo,
Ofvvaldo Crollio, aliifque Authoribus chymicis colledtis. Opéra & Induitria Gulielmi John-
foni Chymici, apud Amen Corner. Lib. Secnndns. Londini, Excudebat G. D. lit proftant
vénales apud L. Sadler, ad infigne Leonis Aurati, in vico vnlgo difto Little Brittan.
ciDiDCLX. in-8°.
Ce dernier ouvrage contient 1 1 pages de notations chimiques. On voit que Sadler est seu-
lement l'éditeur du Tome II , quoique les deux livres aient été imprimés par le même G. D.
4) William Johnson était médecin à Londres.
5) Lisez: coërcet.
5) Ce mot „fuller" n'appartient pas à la réclame de la feuille; c'est le nom d'une personne qui
a signé, peut-être comme correcteur.
7) En effet, dans les exemplaires complets on trouve encore une feuille qui contient les „Cha-
racteres vocabulorum Chymicorum."
8) Petit désigne ici l'ouvrage de John Graunt. Voir la Lettre N°. 997 , note 7.
9) Cet ouvrage a été traduit en français, en hollandais et aussi en allemand. Cette dernière tra-
duction porte le titre:
Des vortrellichen Engellânders Thomae Brown, der Artzney Dr. Pfevdodoxia Epide-
mica, das ift: Unterfuchung derer Jrrthiimer, fo bey dem gemeinen Mann, und (bnft hin
und wieder ira Schwange gehen. In Sieben Bûchera alfo und dergeftalt abgeraflet, dafz
darinn anfangs von den Jrrthiimern ins Gemein, mit Beyfûgung unterfchiedlicher Curiô-
fer Tractiitlein , als eines Handbuchs der wieder zu recht gebrachten Naturkunft, darinn der
Grund der gantzen Chymifchen WifTenfchaft enthalten; Item eines Werkes wider die ge-
meineti Jrrthiimer von der Bewegung natûrlicher Dinge: Jngleichera 1 [erra I). Henrici iMori
von unkorperlichcn Dingetl in der Welt, wider Cartefnim; Und dann ferner in denen iibrigen
Sechs Bûchera von den Jrrthiimern, die Mineralien, Gewiichfe, Thiere, Menfchen, Hilder
und Gemâhlde, Wclt-ich und Gefchichr-Hclchreibungcn betreffend, gehandelt wird. Ailes
mit fonderbaretn Fleifz, ;uis dem Englifchen und Lateinifchen , mit Beyfûgung der Latei-
nifchen Kunftwôrter, in die reine llochteutichc Spracri ûberfetzet, mit ungemeinen An-
merkungen erlâutert, und unterfchied lichen Kupferfiguren verfehen durch Chriftian
Peganium, in Teutfch Rautner genannt. Mit Churfurftl. Sachs. Privilégie). Franckfurt
und Leipzig, in Chriftoff Riegels Verlag. Anno MDCLXXX. in-40.
,0) Sur Thomas Browne consultez la Lettre N°. 156, note 3.
CORRESPONDANCE. 1 663. 379
ment dafîeurer Monfieur Ranala XI) nepueu de Monfieur Boyle fi vous le voyez de
mes trefhumbles feruices & de lny dire quil ma bien oublye et les promefîes quil
m'auoit faites de Menuoyer fa petite Boule dyuoire tournée en pointe, fil men
veut obliger je luy enuoyeray chofe plus curieufe, pour le Moins, quil fe fou-
uiefne de me continuer lhonneur de fon amitié quil mauoit tant proteftee puifque
Je lhonore & le chéris de tout Mon pouuoir. Je voufupplye auffi daffeurer Mon-
fieur Boyle de mes Refpects et fi Monfieur Oldenbourg eil toufjours a londres
& auprès de ces Sieurs Boyle ou Ranela jl fcaura fil vous pi ait aufiî par vous que
Je fuis fon feruiteur. La Machine de Verfaille I2) continue toufjours de fe faire
mais Je nen ay pas pour cela meilleure opinion quau commencement , tenez moy
toufjours fil vous plait Monfieur pour
Voftre trefhumble feruiteur
P. Petit.
A Monfieur
Monfieur Christian Huggens de Zulichem
A Londres.
*) Charafteres vocabulorum Chymicorum [Chr. Huygens].
N° H35-
Christiaan Huygens à [Constantyn Huygens, frère].
20 juillet 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Laden , coll. Huygens.
A Londres ce 20 Juillet 1663.
Je vous envoyay par l'ordinaire paiTè ') la recepte pour le paftel. Par celuy
d'Hollande je n'ay rien receu, et par confequent point obligé a faire refponfe. Il
") Richard Jones Ranelagh, fils unique du vicomte Ranelagh et de la sœur de R. Boyle. Con-
sultez la Lettre N°. 925, note 3.
I2) La machine du vide. Consultez la Lettre N°. 1 127.
') Consultez la Lettre N°. 1 1 30.
380 CORRESPONDANCE. 1663.
n'y a rien de nouveau icy que l'affaire de Monfieur le Chancelier2) et Milord Brif-
tol3), desquels ce dernier à accufè l'autre ce matin, dans la chambre haute, de
high treafon , mais a fa propre confufion , et peut eftre fa ruine 4). car dcfia aupa-
ravant il efïoit difgraciè du Roy, et maintenant après cette belle action félon toute
apparence il va eftre confine dans la Tour.
Milord Hollis 5) eftant party il y a 3 jours, mon père fera fon poffible pour le
fuivre au pluftoft, de forte que dans peu nous pourrions plier bagage, ainfi foit il.
N'oubliez pas je vous prie d'adreffer cette refponfe6) a Monfieur van Leeuwen.
2) Edward Ilyde, comte deClarendon, naquit le 16 lévrier 160H à Dinton (Wiltshire) et mou-
rut le 9 décembre 1674 à Rouen. Dans la guerre il prit le parti des royalistes, et devint en
[657 grand-chancelier 'd'Angleterre, en 1660 chancelier d'Oxford. Fins tard, tombé en
disgrâce, parce qu'il s'opposait aux plans de divorce de Charles II, il dut se réfugier en
France.
• ) Le comte de Hristol est George Digby. Voir la Lettre N°. 558, note 1.
4) L'accusation fut portée par Digby le 20 juillet 1663 : mais elle manqua le but. Comme plus
tard Digby revint à la charge, le roi ordonna son appréhension. Il se tint caché durant deux
ans; après la chute de I lyde, il reparut à la cour et dans le parlement.
5) Denzil Lord I Jolies of Lsfield, second fils de Ilolles, comte de Clare et beau-frère du comte
Stafïbrd, naquit en 1597 a Haughton (Nottingham") et mourut en 1680. Il était ennemi
de la royauté, quoique beau-frère de Lord Stafford, époux île sa sœur; il passa durant le
règne de Cromvvell en France. Celui-ci le chargea souvent de relations diplomatiques entre
l'Angleterre et la France. Apres la mort de Cromwell il rentra en Angleterre.
6) Nous n'avons trouvé dans nos collections ni la minute de celte réponse de Clir. Iluygens
a van Lcydcn van Leeuwen, ni la lettre de celui-ci.
CORRESPONDANCE. 1663. 38 I
N° 11 36.
R. Hooke à R. Boyle.
[20 JUILLET 1663].
La lettre a été publiée dans ^Boylé's Works, Vol. V"
Friday 10 in the morning, from Pall-Mall.
Honoured Sir,
J hâve not recei ved any of your commands fince J took my leave of you for Lon-
don. J know not , whether there has any thing mifcarried , nor hâve J written any
thing fince this day fev' night, there having happened little or nothing confiderable
in that cime; only J fhould hâve fooner given you an account of an interview J had
of Miller Hobbes, which was at Mifter Reeve's '), he coming along with my
lord De. 2) to be affiliant in the chooling a glafs. J was, J confefs, a little furprifed
at firft to fee an old man fo view me and furvey me everyway, without faying
any thing tome; but J quickly f haked off that furprizal, when J heard my lord
call him Mr. Hobbes fuppofing he had been informed, to whom J belonged. J foon
found by ftaying that little while he was there, that the charaéter J had formerly
received of him was very fignificant. J found him to lard and féal every aiïevera-
tion with a round oath, to undervalue ail other men's opinions and judgments, to
défend to the utmoft what he afîerted though never fo abfurd , to hâve a high con-
ceit of his own abilities and performances, though never fo abfurd and pitiful , &c.
He would not be perfuaded, but that a common fpeétacle-glafs was as good an
eye-glafs for a thirty fix foot glafs as the beft in the world , and pretended to fee
better than ail the reft, by holding his fpeclacle in his hand , which fhook as faft
one way as his head did the other; which J confefs made me bite my tongue. But
indced Mr. Pell's 3) defcription of his deportment, when difcourfed with about
mathematicall demonftrations which he gave the lait Wednefday furpaffes ail
the reft.
There was very little done this week 4) at Grefham collège , the whole ftay
x) Sur Reeves , voir la Lettre N°. 732 , note 4.
2) Probablement il s'agit ici de
George Booth, premier Lord Delamer of Delamere, second fils de William Booth et de
Vere Egerton, né en août 1622 et mort à Dunliam le 8 août 1684. II épousa Catherine Clin-
ton et Elisabeth Grey.
3) Sur J ohn Pell , voir la Lettre N°. 9 , note 2.
4) Dans la séance du 8 juillet 1663 (V. st.).
-582 CORRESPONDANCE. 1663.
being not much above an hour. M y lord B 5) Sir R. M. 6) and Monfieur Zul. 7)
were vcrv inquifitive whcn you would return. Theré was an account read ot
Monfieur LeFevre's8) trial to volatilize fait of tartar with burnt alum, which you
hâve long fînce heard. Monfieur Zulichem tried his own experiraent, but it fuccee-
ded not, though he conte (Ted the engine was very tight, and it will be tried
again the next day according to his ordering. The accounts which J acquainted
you with the lad week, were not brought in as was expedted. Sir R. M. gave
in the meafure 9) of an infant of fixtcen weeks old, which was fent him out of
Scotland, a pattern whereof J hâve hère enclofed. There is a meeting of the coun-
cil upon Monday I0) where your prefence is much expeéted and longed for. There
is very littlc in Doftor Power's I:) microfcopicall obfervations but what you hâve
fince obferved; only there is a pretty experiment he tried with the leeches in
vinegar, that furvived the freezing of the vineger they lived in; and another pretty
experiment he has in his philofophicall refleftions I2) upon his obfervations,
which is of making a certain kindof coals kindle into a fire and flame, by throwing
water on them, when newly dug out of the mine. J am forry to fee, that he intends
to publifh feveral cxperiments about colours , which J am confident might be
originally yours. He will likewife publifh the experiment of freezing an eye, to
find the fhape of it , whofe invention he afcribes to another. There is not much
more befides, that is very confiderable in it, and therefore J fhall refer the further
account of it till your return , till when J fhall keep the book by me.
J hâve made a microfcope objeét. glafs fo fmall , that J was fain to ufe a mag-
nifying glafs to look upon it, but it did not fucceed fo well as J hoped; but J fup-
pofe it might be, becaufe this being the firfl: J had made , the tool was not very
true , nor my hand well habituated to fuch an employment. And therefore J de-
s) lkouncker.
5) Robert Moray.
7) Christiaan Huygens.
8) Nicolas Lefevre (Le Fevre, Le Febure), naquit en France, et mourut à Londres en 1674.
Il était chimiste renomme et devint démonstrateur de chimie au Jardin du Roi à Paris; de là
il fut nommé directeur du laboratoire chimique dans le palais St. James à Londres: il devint
membre de la Société Royale.
y) Les Proceedings de la Société Royale ( voir Birch , History of the lloyal Society), séance du
1er juillet 1663 (V.st.), contiennent ces mesures.
;o) Le 13 juillet (V. st.) Boyle n'assista pas a la séance du conseil de la Société Royale.
Henry Power, docteur en médecine, mourut en 16-3. Il se voua surtout aux observations
microscopiques et devint membre de la Société Royale, le [er juillet 1663 (V. st.).
,2) Henry Power, Expérimental Philosophy in three books, containing new Expérimenta,
microscopical , mercurial , and magnetical London. 1664. in-40.
CORRESPONDANCE. 1663.
.-)".-»
fpair not of better fuccefs in my next attempt. Mr. Lower I3) was to hâve waited
on you, and was forry to mifs you hère in town. He had Dr. Willis's I4) fer-
vice to hâve prefented to yon , whofe book I5) he tells me is within a little while
to corne forth, and he addcd, that Dr. Wren had drawn the pi&ures very curi-
oufly for it; and J am glad to hear it will afford fuch confiderable difcoveries,
which J doubt not but you know. J queftion not, but that Mr. Oldenburghas
acquainted you with the news , that is extant in this enclofed , and therefore J
fhall not trouble you with that particular. Nor has there occurred any thing elfe
fince my coming worth your knowledge; otherwife it fhould hâve been fent
you by,
Honoured Sir, your molt affeétionate
mofl faithful, and mofl humble fervant
Rob. Hooke.
J fuppofe Miller Murray l6) has told you, that Miller Nicolls délires to fpeak
with you.
J juft now received a letter from Miller Whit. to fend down the horfe ; but
it is fo lame, that it is altogether unable to perform a journey.
13) Richard Lower naquit en 1631 à Fremere (Cornwallis) et mourut en 1691 à Londres.
Reçu docteur en médecine en 1665, il assista Thomas Willis dans ses dissections. Il entra,
en 1667, dans la Société Royale et devint membre de la Médical Society; il pratiqua la trans-
fusion du sang.
14) Sur Thomas Willis, voir la Lettre N°. 858, note 4.
15) Thomas Willis, Cerebri Anatome Nervorumque defcriptio & ufus, cum Tractatu de ratione
Motus Mufculorum. Londini. 1664. in-40.
Itf) Hooke désigne ici Sir Robert Moray.
384 CORRESPONDANCE. 1 663.
Ns 1137-
R. F. de Sluse à Christiaan Huygens.
20 JUILLET 1663 ").
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle a été publiée par C. le Paige dans le Bull, di Bibliogr. T. 17.
Nobiliflime Domine
Quamuis miffam ad te Florentia Timauri Antiatis *) apologiam 2) aduerfus
Hiftoriae Trochoidis dicam, an cycloidis? antealiquot annos editae3) au&orem4),
plane mihi perfuadeam; officij tamen mej effe duxj , fi forte fecus accidiiïet, exem-
plar offerre quod nudiurtertius accepj. Res ipfa quidem mererj non videbatur haec
certamina; fed cum Torricellius5) plagij accufaretur ab hiftorico 4), difcipulorum
intercrat Magiitri candorem atque integritatem tuerj. Quod an a Timauro prae-
llitum fit ipfe difpicies: ego quidem ita fentio, nifi Torricellij literas, quas adhuc
afferuarj dicit, exhibeat Hiftoricus, cauffam eius profligatam ciïe. Libéré tamen
fatebor apud te omnino alienum elfe me ab hifce AoyofjLWfcicitç, fed etiam publiée
intereft, vt fua cuique laus tribuatur. Et quemadmodum Torricellius fi aliorum
inuenta pro fuis venditaiïet, excufationem non mererctur , ita reprehenfione non
carerent ij , qui viros optimos plagij accufant , cum in eafdem fecum cogitationes
forte inciderunt, ko.) txvtu jjCsv èviravra. Tu vir PraefiantifTime perge orbem li-
teratum cuis svpypacnv ornare , meque quo foies affectu femper profequere. Da-
bam Leodij 20 Julij 1663.
Tui obferuantiffimus
Renatus Franciscus Slusius.
Nobiliflimo et Clarifïimo Domino
Domino Christiano Hugenio de Zulichem &c.
A la Haye.
VI
a) ^° 30 Julii. Refpondi 3 Augufti <s).
') Titnaurus Antiates est le pseudonyme dont se couvrit C. Dati.
:) Lettera a Filaleti di Timavro Antiate. Délia Vera Storia delta Cicloide, e délia Famofiflîma
Efperienza dell Argento Viuo. in-40.
A la lin de la page 27 on lit:
In Firenze alP [nfeigna délia Stella. 1663. Cou licenza de Superiori.
3) Voir l'ouvrage cité dans la Lettre N°. 548, note 2.
* Biaise Pascal.
5) Consultez la Lettre N°. 6yo.
6) Cette réponse s'est perdue. Voir la note 0 de la Lettre N°. 1 140.
CORRESPONDANCE. 1663. 385
N2 1138.
R. Hooke à R. Boyle.
[ ? JUILLET 1663] ').
La lettre a été publiée dans ^BoyWs Works, Fol. V."
Right Honourable,
J did expeft and hope , that you would hâve been in London before this ; nor
are your friends at Grefham collège lefs follicitous after your return ; J being af-
ked by every one almoft, when you would be hère. There was but little done this
laft Wednefday 2), becaufe of fome papers which were read, which took up al-
moft ail the time. The one was fent in from Sir Paul Neile 3) , being an account of
his way of making, ordering and bottling of cyder, and his judgment of the caufe
of the fermentation of it, &c. wherein indeed were very many new obfervables,
though feveral of them were contradicled by Mr. Waller 4) and fome others; Sir
Paul being very much againft the fermenting of cyder very much; and Mr. Waller
and fome others of the contrary opinion. There was likewife read a relation
fent from the coaft of Coromandell in the Eaft-Indies, by a perfon of crédit, and
one, who had lived a governor there above eleven years. The fum was this, that
for three or four months, in the fummer time , the wind did ail day , from eight in
the morning to four in the afternoon, blow fo extremely hot from the land, that
the people are hardly able to endure it, but are fain to (it in tubs of cold water, up
to the neck, to preferve themfelves from being ftiflcd; that every night the wind
blows diredly contrary , namely, from the fea, with as great an excefs of cold.
But this is not fo rtrange, becaufe it happens in feveral other parts of the world; but
what he added further is fufficiently ftrange to an European, videlicet that their
way to preferve their drink cold in this extremity of heat, was to put it up in their
earthen veiïels (what form they are of J know not) and expofe the bottle, hung
byaftake, or the branch of a tree, to the fcorching fun and fuffocating winds ;
for by that means they find the contained liquor, at four in the afternoon, excef-
:) .Cette lettre a été écrite après la séance du 8 juillet 1663 (V. st.) et avant celle du 16 juillet
(V st.); dans „Boyle's Works" on trouve en tête de la lettre: about Jvily 1663.
2) Dans la séance du 8 juillet 1663 (V. st.).
3) Sur Sir Paul Neile, voir la Lettre N°. 280, note 1.
4) Edmond Waller naquit le 3 mars 1605 à Colesbill (Hertford) et mourut à Beaconsfield
le 21 octobre 1687: on le trouve sur la liste des premiers membres de la Société Royale,
telle qu'elle a été arrêtée dans la séance du 20 mai 1663 (V. st.). 11 était poète et, quoique
marié à une bourgeoise, Mary Bresse, fréquenta la cour; sous Cromwell il fut dépouillé de
ses biens; Charles II les lui restitua.
Œuvres. T. IV. 49
386 CORRESPONDANCE. 1663.
fively cold, and extremely plealant and refrefhing; nor would the relator him-
felf , nor any that he had heard of , venture to give a reafon for it.
We made a trial of Moniteur Zulichem's experiment, where indeed it fuccee-
ded fo far, that with the pumping, that was ufed about it, thc water would not
defcend, though ] am very confident, if the pump had been longer plied, the
event would hâve been much otherwife; and we fhall this next week 5) try with
a pipe of five or fix foot long, whether it will remain fufpended or not, We hâve
lately 6) likewife tried two other experiments: the one was, there were two bolt-
heads full of water inverted into reftagnating water, out of which, when the air
was extracted, there remained in each a fmall bubble at the top : into the place of
one of the bubbles of extrafted air as much common air was put, and then both
of them fet afide and obferved. The event was, that both the bubbles vanifhed
into the water , but rhat of the common air remained longeft. Since that 7), we ex-
haufted the air out of one of thofe boltheads , and put common air in the place of
it; then the other was filled with common water, and a bubble of air, equal to that
in the other, was put into it, and it was found, that the air was vanifhed into
the exhaufïed water, but that the other remained almolt intire in bulk.
J am taking order about the engraving of m y microfeopical pittance, which j
hope will be very well donc. J this week obferved a créature newly corne out of
the egg, which by comparing it with the biggeft old one ] hâve feen of that kind,
J found to be above 130000 times-lefs than the bulk it was likely to corne to, if it
furvived; of which, J believe, we fhall not find many other examples in nature.
J hâve now procured the new Jamaica nuts; and had J not been advertifed, that
your return would be either this Saturday, or the following Monday , they had
been fent you by,
Right honourable,
your honour's molt affectionate molt
faithfull and molt humble lervant
Rob. Hooke.
J hâve lent a fmall bag of the nuts, underftanding by Mr. Wh's letter, that
you will not be hère till Thurfday. The two foot perfpe&ive J alfo fent, the box
s) Dans la séance du \6 juillet [663 (V. st.) on donna ordre de préparer de ces tnbes , mais Tex
périence ne fut faite, avec succès, que le 1 y août.
6 , Dans [a séance du 17 juin (V. st.). Voir la Lettre N°. 1 ia8.
1 (ans la séance du H juillet (V. st.).
CORRESPONDANCE. 1 663. 387
was delivered to the carrier the laft week before he went away. Mrs. Kuffler is
very earneft to know, when you vvill give order about the engine , and ieems to
be a little angry, and wonders you fhould be worfe than your word, and fuch kind
of fpeeches; though J had given her the reafon, why you could not do it before
you went hence.
N* 11 39.
Christiaan Huygens a [Lodewijk Huygens].
27 JUILLET 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
A Londres ce 27 Julien 1663.
Je voy bien qu'il faudra fe confoler de la perte de vos lettres, puis que Monfieur
Vlac :) en a demandé en vain des nouuelles aux gens de Monfieur le Greffier 2).
Il y a longtemps que Mon Père a fouhaitè une copie de la telle de Cromwel 3),
et je croy qu'il la demandera au Roy. le mal efl qu'on la peinte de couleurs et que
l'on craint qu'elles fe gafteroient en mettant du plaftre par deflus, quoyque ceux
du meflier n'en facent pas difficulté. Celuy qu'il en confulta eil un maiftre fort ex-
pert et moule tous les jours des vifagcs de perfonnes vivantes, fans leur donner
aucune incommodité ; fi bien que nous avons deflein de nous faire mettre des maf-
ques de cette façon l'un de ces jours. L'on fe tient debout, avec une ferviete a l'en-
tour du col feulement , et des emplâtres fur les yeux et fourcils. Je connois une fa-
mille entière ou il y a 10 enfans qu'il a tous moulez avec leur père et mère.
Ce que je vous ay mandé 4) de l'enfant de 160 livres ell affirmé par des perfon-
nes très dignes de foy et fut répété encore la dernière foy que j'eftois a l'aflemblee
a Grefham Colleg, feulement l'on adjoufta encore 4 mois a l'âge de ce petit pou-
pon, de forte qu'il en a 22 en tout.
Hier nous fumes veoir dans la ville la manière de procéder dans la cour crimi-
nelle qu'on nomme the Kings Benches, et affiliâmes à l'examination et condem-
nation de plufieurs miferables qui fe fait d'une toute autre façon que chez nous.
') Sur Aciriaen Vlacq, voir la Lettre N°. 310, note 4.
2) Laurentius Buysero. Voir la Lettre N°. 97, note 1.
3) Consultez la Lettre N°. 1 1 29.
4) Voir la Lettre N°. 1 132.
388 CORRESPONDANCE. 1663.
Nous y dinafmes 5) avec Meilleurs les Shérifs a une grande table bien garnie qu'ils
font obligé de tenir pendant tous ces jours du term time , et fufmes traitez avec
beaucoup de ciuilitè. Il y avoit entre autres un Alderman qui me pria fort que je
vous fille fes baifemains, fe fouuenant du bon acceuil que vous luy aviez fait a
Hofwijck , alors qu'il fut a la Haije parmy ceux qui vinrent quérir le Roy. C'eftoit
un jour que Monfieur van Leeuwen avoit traité chez luy quelques uns de ces
Meilleurs dont cettuicy eftoit l'un.
Je doute fort fi aucune des nymphes que vous avez régalées ces jours paffez
gardera fi longtemps de la reconnoiffance.
Pour ce qui efr. de mon inclination pour les niepces pluftoft que pour les neveux 6)
j'en pourois efcrire un traité entier, mais pour avoir plufloft fait je vous diray
feulement, que lors que je vous parlois de ce choix, je penfois a quelques uns
de nos coufins et confines , en hoeveel meer men aen d'eene had ah aen (Tandere 7).
Je ne veux pas dire du mal de perfonne , mais quel oncle n'aimeroit pas mieux
d'avoir quelques niepces comme Joffrouw Ida 8J), Juffrouw Conltantia y) &c, que
des neveux comme meilleurs leurs frères I0), T. Huygens ") et autres. Voiez com-
bien de facheufes réprimandes le bon Père a elle obligé de faire a ce dernier et ja-
mais pas une a Mademoiselle Martha Maria I2). Beaucoup moins a Mademoifelle
Egidia13) cette merveille de bonté et pureté virginale, qui a l'âge de 11 ans n'auoit
pas encore penfé a mal. Adieu.
Je m'eftonnc que le frère de Zeelhem ne m'a point repondu.
s) A l'occasion d'un dîner que le Lord Mayor offrit à une des corporations [Reys-Verhael].
6) Consultez la Lettre N°. 1 132.
7) Traduction : et combien plus on jouiïïait des unes que des autres.
8) Ida van Dorp, fille de Arent van Dorp et d'Ida van Baerle. Peut-être celle qui est née le
16 février 1628 et qui mourut le 2 septembre 168 1.
9) Constantia le Leu deWilhem. Voir la Lettre N°. 1096, note 10.
10) Outre Lodewijk Wolferd van Dorp (voir la Lettre N°. 996, note 17), on trouve encore:
Arent van Dorp, né le 10 février 1627 et mort à la Haye le 2 mars 1671; son père
était
Arent van Dorp, fils de Frederik van Dorp et d'Anna Schets van Grobbendonk, né en
1599 à Toulon et mort le 1 1 juin 1652 à Anvers: en février 1626 il épousa Ida van Baerle.
Quant aux frères de Constantia, nous connaissons:
a) Constantyn le Leu de Wilhem, né à la Haye le 6 juillet 1636.
/>) Maurits le Leu de Wilhem, que nous rencontrerons encore plus tard dans la Corres-
pondance.
") Nous ne connaissons pas de T. Huygens: peut-être l'auteur désigne-t-il Christiaan (Tiaan )
I luygens; consultez sur celui-ci la Lettre N°. 234, note 10.
' Sur Martha Maria Huygens, voir la Lettre N°. 744, note 10.
'*) Aegidia le Leu de Wilhem, fille de David le Leu de Wilhem et de Constantia Huygens.
Elle naquit en 1635 et mourut le 1er mai i6yo.
CORRESPONDANCE. 1663. 389
N= 1140.
Christiaan Huvgens à Constantyn Huygens, frère.
3 AOÛT 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiaen, coll. Huygens.
Const. Huygens, frère, y répondit par le No. 1142.
A Londres ee 3 Aouft 1663.
Je ne fcaurois encore vous refondre les difficnltez qui vous relient1) touchant le
paftel , n'ayant pas ven, depuis la recepte de la voftre le Sieur Lilly ni fon valet
qui les fait. Je vous ay dit que l'Indian Red eft une couleur qu'on apporte icy des
Indes, et que ledit faifeur doutoit fi l'on en trouueroit chez nous 2). Pour ce qui
eft des proportions entre la pafte et les couleurs, j'ay veu qu'il n'y prend pas
garde autrement, mais feulement en met tant que la couleur du medange foit a fa
fantafie. La raifon pour quoy il ne broie pas longtemps les couleurs, cil parce
qu'autrement le paftel devient trop dur et ferme et ne veut point marquer
fur le papier. En les efTaiant pourtant entre les doigts je trouuay qu'elles eftoit
fi fines qu'on n'y fentoit aucun rcfte de grain. Ce paftel n'eft aucunement gras,
et l'on efcrit trefbien par defius avec le crayon noir. Il marque environ de mefme
que le crayon blanc pour la delicateïïe des traits. Je ne fuis pas bien afïurc quel
eft le bleu dont il fe fert , mais je croy que c'eft Blaeuwe Ajjclie 3).
Il m'a vendu une boete pleine ou il y a de cette couleur fort belle avec toutes
les autres. J'en paye 10 fchillings, qui a la vérité eft un peu cher, mais aufïï j'en
ay a revendre parce que de chafque couleur j'ay deux pièces , et il y a 54 couleurs
différentes.
J'ay veu voftre miniature de Miftris Limmon 4) et je trouue que vous y avez
trefbien reuffi, et beaucoup mieux que dans celle de ma foeur 5). Si vous pouuiez
fi bien faire après le naturel vous feriez grand maiftre. Le Sieur van der Does a
qui je l'ay monftrée , y trouuoit a redire de ce que dans les ombres vous auiez em-
ploie un peu trop de noir, je ne fcay quel cas vous ferez de fa cenfure.
Avant hier je me fis mouler le vifage de plaftre ce qui reufiit fort bien , et un
heure après l'on m'apporta mon portrait qui relTembla comme vous pouvez croire.
Ce matin l'on a ouvert les yeux et dans un jour ou deux il fera tout achevé. Je n'ay
pas voulu qu'il y fit une tefte et un bufte parce qu'il y auroit plus de peine a le con-
') Nous n'avons pas trouvé la lettre dans laquelle Const. Huygens, frère , écrivit à Chr. Huy-
gens sur les difficultés qui lui restèrent après la lecture de la Lettre N°. 1 130.
2) Consultez la Lettre N°. 1 130.
3) Traduction : cendre bleue.
4) Consultez la Lettre N°. 1 1 1 8.
5J Consultez la Lettre N°. 1 125.
390 CORRESPONDANCE. 1663.
ferver en voyageant, et de plus ce maiftre ne s'entend pas fort a faire des cheveux.
L'on ne fent point de mal du tout eftant foubs ce mafque ni mcfme en le tirant ,
et l'on n'a pas de plus grande peine que celle de fe tenir de rire. Si vous délirez de
pratiquer cette art , je vous manderay une autre fois tout ce qu'il y faut obfer-
ver, car il me femble que je le fcay aufll bien maintenant que le maiftre luy
mefme.
J'ay receu une lettre de Sluzius6) avec ce dernier pacquet, avec la quelle il avoit
joint un livre7), que vous aurez jugé de trop grand volume pour m'eftre envoie par
cette voie. Mais fi quelqu'autre fe prefente de quelque paflager ou autrement vous
me ferez plaifir de me le faire tenir.
Il y a une maifon voor aen inde Speuyfîraet 8) ou vous envoierez cette enclofe ?)
pour Liège.
Pour mon frère
De Zeelhem.
N°= 1.141.
Christiaan Huygens à [Lodewijk Huygens].
10 août 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
Sommaire: Penfion. Rel. Voyage. Alderman. du Moulin.
A Londres ce 10 Aouft 1663.
Les avis de Mon fie 11 r de Gentillot ') font des nouuclles pour moy, et mefme
un peu fufpectes, quoy que je fouhaite qu'elles puiflent eftre véritables. Je n'ay
jamais ouy que Mon Père fut aufll des participants, et quant a la penfion je n'en
ay eu jufqu'icy aucune certitude. Je (cens feulement en partant de Paris que
j'eftois fur la lifte 2) parmy ces autres beaux efprits, dont je n'eus qu'une fort mé-
diocre joie, démit honorem Aemulus Aiaci, non eft tenuifle fuperbum, Sit licet
") Voir la Lettre N°. 1 [37,
Il s'agit de l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 1 [37, note 1.
8) Traduction: au commencement de la Spuiftraat.
Nous n'avons point trouvé la minute de cette lettre de Clir. Huygens a R. F. de Sluse.
') Voir la Lettre N°. 020, note 8.
Consultez la Lettre N '. 1 150, note 9.
CORRESPONDANCE. 1663. 39 1
hoc ingens, quicquid fperavit Voffiolus3). Mais que cela demeure entre nous s'il
vous plaie Ce que vous dites du Mecenas Molière 4) eft une raillerie , que peut
eftre quelques uns des exclus auront controuuée.
L' Alderman 5) me dit que vous luy aviez donné du vin avec du fuccre. Je ne me
fouurens pas de Ton nom mais je fcay bien que ce n'eft pas luy qui s'appelle Robin-
ion. Il eft de taille aflez haute , un peu maigre , le nez bofîli , les cheveux blonds
et courts, voyez fi a tout cela vous pouvez le reconnoiftre.
Je fuis bien aife d'apprendre la bonne fortune du Sieur van Wijck 6). Le voila
une fois afïurè comme je croy qu'il n'aura que faire de retourner a fon ancien
meftier van pokifer 7).
Vous aurez défia feeu que Lundy pafi e8) le Roy congédia Meilleurs du Parlement
26
avec ordre de fe raflcmbler le --> Mars. Nous fumes veoir cette cérémonie, qui
eft afTez belle , parce que le Roy y eft dans fon haut appareil , et qu'il harangue luy
mefme en fuite du Speacker. Milord Chancelor y) n'y eftoit pas prefent a caufe
de fes gouttes. Son affaire avec Milord Briftol IO) eft différée jufqu'a la prochaine
feance du Parlement. Tous les aétes paflez dans cellecy, y furent lus, (cet a
dire les titres) et confirmez pour lapins part par ces mots Le Roy le veut, ou
bien ceux cy , Soit fait comme il efl defiderè , qui font pour les actes concernants
des perfonnes privées. Parmy les autres il y en avoit un touchant l'obfervation du
dimanche, par le quel toute forte de divertifTements alloient eftre défendus ce jour
là, jufqu'aux promenades de carofTe ou a pied. Mais le bonheur voulut que fur le
point que Ton alloit lire cette belle ordonnance avec les autres, l'on ne la trouua
point, ayant eftè derobbée fort a propos par quelque bonne ame, qui ne trou-
voit pas cette pieté incommode a fon grè. L'on interrogea un chacun des Milords
fur fon honneur s'il ne feavoit ce que ce papier eftoit devenu. Mais pour tout
cela point de nouuelles , et il demeura perdu.
Avant hier XI) je vis faire un experiment notable au Grefham Colleg fur un
chien , a qui ayant eftè faite une ouverture dans le corps , l'on luy coupa par la
3) Suivant une lettre de J. Chapelain , I. Vossius aussi se trouvait inscrit dans les listes des béné-
ficiaires de Louis XIV. Consultez la Lettre N°. 1 150, note 9.
4) Jean Baptiste Poquelin, dit Molière, le grand poète comique, naquit le 15 janvier 1622
à Paris, où il mourut le 17 février 1672.
5) Consultez la Lettre N°. 1 139.
6~) Sur J ohan de Wijk , voir la Lettre N°. 202 , note 1 .
7) Traduction : de polifleur.
8) Le 6 août 1663.
9) Edward Hyde, comte de Clarendon. Consultez la Lettre N°. 1 135.
10) George Digby. Voir la Lettre N°. 1 1 35.
") Dans la séance de la Société Royale du 29 juillet 1663 (V. st. j, le docteur Charleton fit
cette opération.
392 CORRESPONDANCE. 1663.
toute la ratte , les grandes veines qui y paffent eltant premièrement liées. Apres
qu'on euft recoufu le trou il s'en alla comme s'il n'euft point eu de mal; et l'on
trouue qu'ils vivent fort bien après cela, quoy que privez de cette partie. L'on
m'en fera veoir un qui a elle taillé de cette façon il y a 6 ans , et que l'on dit eftre
plus gay et plus enjoué qu'un chien ordinaire. Lors que vous entendrez des
dames , que nous connoifïbns , le plaindre du mal de ratte , vous leur pourrez par-
ler de cette cure , et mefme les afîurer qu'il y a eu une dame en Italie en qui elle
a fort bien fuccedè I2).
Nous dinafmes hier chez Monfieur Bret I3). Le Roy s'en va aujourdhuy ou
demain a Portmouth pour i o ou 1 1 jours , ce qui ne fera que retarder nos affaires
à mon grand regret.
N= 1142.
Constantyn Huvgens , frère, à Christiaan Huygens.
IO AOÛT 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huvgens.
Elle est la réponse aux Nos. 1124 et 1140. Chr. Huygens y répondit par le No. 1143.
A la Haye le 10 d'Aouft 1663.
Le Sieur Monconis ') m'apporta il y a trois jours voftre lettre du 23. Juin. Nous
auons conféré fur plufjeurs articles et mefme fait eflay de fa Lunette de Diui-
nis, dont je trouve le principal verre fort bon, mais elle n'eft pas exempte des de-
I2S) Fioravanti décrit une telle opération chez une dame, qui y survécut plusieurs années. Con-
sultez l'ouvrage:
Di Capricci Medicinali dell' eccelcntc Medico, & Cirugico M. Leonardo Fiorauanti
Bologneie, Librî Qvattro. Nel primo de quali s'infegna a conofeere diuerfi fegni délie cofe
natnrali, con molti fecreti nella Medicina, & Cirugia. Nel fecondo (i moftra il modo di tare
varij, & diuerli medicamenti vtiliUïmi. Nel terzo fi tratta dell' Alchimia dell' huomo,&
dell' Alchimia minérale, con molti Capricii a ligliuoli dell' Arte. Nel quarta fi contengono
alcuni belli Difcorfi Filofofici , & Medicinali. Di nvovo dall' ifteflb Avtore in molti luoghi,
di fecreti importantiflimi, ampliati ; i quali cofi a profeflbri di Fifica, corne di Cirugia, erano
grandemente neceffarij. Con molta diligenzareuifli, corretti, & riflampati. Col Privilegio.
In Venetia appreflb Lodouico Auanzo. 1573- in-8°.
L'auteur est
Leonardo comte Fioravanti, né à Bologne, où il mourut le 4 septembre 1588. Il était
médecin , alchimiste et surtout charlatan , ce qui ne l'empêcha pas de jouir d'une haute répu-
tation; il lit de longs voyages en Italie et en Afrique, où il séjourna deux ans.
'3) Voir la Lettre N°. 1 i 32 , note 16.
' Sur Balthasar de Monconys, voir la Lettre N°. 765 , note 8.
CORRESPONDANCE. 1663. 393
fauks qu'ont toutes celles qui font de cette longueur quand on s'en veut feruir de
jour. Dans les Oculaires auffi dont il fe fert, on remarque touts les points du verre,
puis le tuyau eft fi gros et fi lourd que je ne voy rien d'extraordinaire à cette
pièce. Le maiftre eft il feauant, feait il les Mathématiques ou quelle forte
d'homme eft ce ? Dans des difeours que nous eufmes de Borri 2), je le trouve fort
invaghito de la. pierre philofophale , qu'il appelle la philofophie par excellence.
Un de ces philofophes là a depefché en fort peu de jours la mère de Biffchop 3),
au grand contentement de fes héritiers.
Si vous auez moyen de parler encor a ce faifeur de paftel 4) je vous prie de me
faire auoir efclaircifïement fur les doubtes que je vous ay propofés en ma dernière 5),
fur ce que fignifient ces mots de Bice, blacblew, Ru/Jet6), et puis de feauoir de luy
fi auec de certaines couleurs il ne faut pas méfier plus de Whiting qu'auec les au-
tres. Hanneman7) m'a promis de me faire auoir de l'indian red, et dit que Whiting
s'appelle icy Cryt-wit 8) , dont j'ay envoyé quérir et vous envoyé un petit mor-
ceau pour voir fi c'efl la mefme choie dont ils fe fervent par de là. Le blac blew
Hanneman croid que c'eft de la Terre de Couloigne QCeulfche aerde^) brufiée
dans un creufet, qu'il dit devenir par la d'une couleur bleue fort brune et cou-
verte. Il faut auffi feauoir au vray quel eit le bleu dont il fe fert d'ordinaire. Ce
Whiting me femble fi mol que fi le Tabax aerde 9) n'y apporte du remède je
ne puis comprendre d'où cet paftel peut auoir de la dureté autant qu'il faut. Je
vous prie de m'efclaircir fur ces fcrupules et de m'envoyer dans une lettre deux
ou trois petits bouts de voftre paftel pour voir un peu comment il marque et
de quelle confiftence et dureté il eft. Vous dites IO) aufii que dans le Crayon de
Lilly il n'y a du paftel que dans les vifages, et ce fort légèrement. Ce fort légè-
rement je ne le comprens pas fort bien , comment cela va t'il. ne fuit il pas tout
le colory comme il eft dans les ombres , le mezze tinte et par tout ? ou n'y a t'il
que du noir dans les enfoncements? J'aurois defja efTàyé la compofition du paftel
mais je n'ay pu auoir icy du Tabackaerde. Auffi cela ira mieux, quand vous
m'aurez fait refponfe fur toutes ces queftions icy.
La mouleure de plaftre nous la remettrons à voftre retour. Adio.
Vander Does a raifon de dire qu'il y a encor trop de noir dans les ombres de
2) Sur l'alchimiste G. F. Borri, voir la Lettre N°. 881 , note 2.
3) Sur Bisschop, le peintre, voir la Lettre N°. 790, note 8.
4) Consultez la Lettre N°. 1 143.
5) Nous n'avons pas trouvé cette lettre, qui doit avoir été la réponse aux N°s. 1 125 et 1 130.
*) Consultez la pièce N°. 1 131.
r) Sur A. Hanneman, voir la Lettre N°. 812, note 6.
8) Traduction : blanc de craie.
9) Traduction : terre de pipe à tabac.
10 ; Consultez la Lettre N°. 1 124.
Œuvres. T. IV. ^o
394 CORRESPONDANCE. 1663.
mon pourtrak , je l'ay bien reconnu moy mefme. comment fait il le galand. a c il
encore fa collection de tableaux, dont on nous a parlé icy?
Au frère
N= 1 143.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
24 AOÛT 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 114;.
A Londres ce 24 Aouft 1663.
J'ay encore confultè Monfieur Lilly ') fur vos difficultez n'ayant pu trouuer le
faifeur de paftel qui demeure loin d'icy dans Londres. Il dit que Bice eft chez
nous affche. Blacblew, Coolfwart. RufTet il ne fcait pas comme on l'appelle.
Whiting eft Crijtwit comme Hanneman vous a dit. Le Tabaxaerde eft ce qui
fortifie le plus le paftel , qui toute fois eft fort mol , de forte que fi je vous en-
voiois des bouts comme vous délirez ils arriveroient tout en poudre auffi bien que
voftre morceau de Crytwit. Lilly ne fe fert du paftel que légèrement comme je
vous ay dit, et dans les enfoncements il n'y a que du noir. Le mezzo tinto eft la
couleur du papier mefme, ce qui pourtant ne fait pas trop bien pour les vifages
de femmes a mon avis , parce qu'on ne voit rien de la beauté du teint par ce moien
la. J'ay commence aujourdhuy chez luy a copier le portrait d'une des grandes
beautez 2) d'icy, fur du velin avec du paftel , de la manière que j'avois fait le gar-
çon riant de Hanneman, et je trouue qu'il tient affez bien. Il y a 3 jours que le
dit Signor Pittore nous traita a diner fort fplendidement.
A Monfieur
Monfieur de Zeelhem
A la
Haye.
1 Sur Lilly, voir la Lettie N°. 1 1 24, note 7.
Celui de Mistress Middleton [Reys-Verhael j.
CORRESPONDANCE. 1663. 395
N= 1144.
Constantyn Huygens, frère, à Christiaan Huygens.
24 AOÛT 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leïden , coll. Huygens.
Christ. Huygens y répondit par le No. 1145.
A la Haye le 24 d'Aouft 1663.
Cela eft bien horrible que vous foyez fi auant dans le Grefham Collège
qu'il ne vous refte pas un moment pour m'eferire une petite lettre et y mettre
dedans deux ou trois morceaux de voftre paftel. Il y a trois ou quatre jours que
j'efTayay d'en faire félon la recepte d'Angleterre. Je ne fcay s'il n'eft pas encor
bien fec, mais je le trouve trop mol et outre cela fort fubject à fe cafter. Et afin
que vous le voyiez aufli je vous en envoyé un échantillon , et deux autres de celuy
que je fis dernièrement auec du plaftre.
Je fuis après a acheuer en miniature le pourtrait de la Lady Tufton qui eft
cette belle brune ') parmy les portraits del Signor Padre. Ce portrait fera meilleur
que les autres précédents comme Ion apprend en faifant, et je vous l'envoyerois
bien pour voir, fed me veftigia terrent 2) du premier.
Monconis a voulu à force apprendre de Borri 3) a faire la pierre philofo-
phale et l'en a follicité auec tant d'emprefTement que Borri en eft tout fean-
dalifé et dit qu'il n'a point de diferetione. Outre cela je croy qu'il auroit grand'
peine a luy apprendre ce qu'il ne feait pas luy me fine. J'ay leu la fentence 4) de
linquifition contre Borri qui eft fort longue et pleine des particularités, et fait
voir fi tout eft vray in facto qu'il a eu des defTeins qui ont beaucoup de rap-
port a ceux de feu Jan van Leiden 5). Il y entre beaucoup d'apparitions et d'en-
tretiens auec les Anges, fur tout auec l'Archange Michel qu'il dit de fimple
1 ) Consultez les Lettres Nos. 1 1 18 , 1 1 23 , 1 125.
2) Constantyn Huygens, père, s'était approprié le premier portrait de Susanna Huygens, en-
voyé par Constantyn Huygens , fils. Consultez la Lettre N°. 1 1 25.
3) Sur G. F. Borri, consultez la Lettre N°. 881, note 2.
4) Sur cette „Sententie en Executie", voir la Lettre N°. 1031 , note 16.
5) Jan Boekelszoon Buitenwegh, nommé aussi jan Beukelsz. on Jan Bochelszoon, et plus connu
sous le surnom de Jan van Leiden, naquit à Leiden et fut exécuté à Munster le 23 janvier
1536. D'abord tailleur, il s'associa au boulanger Jan Matthijsen de Harlem , autre visionnaire
fanatique; ils s'établirent à Munster et y fondèrent la secte des Anabaptistes. Ils se rendirent
maîtres de la ville, et y instituèrent une sorte de régime oriental, qui dégénéra bientôt en
toutes sortes d'extravagances. Après un siège de quinze mois, la ville fut reprise et les ana-
baptistes furent exécutés ou dispersés.
396 CORRESPONDANCE. 1663.
Ange qu'il eftoit comme les autres, pour les bons feruices qu'il rendit quand
Lucifer fut chafle , avoir elle efleué en Archange , auec de femblables bonnes
penfées.
Pour mon frère.
N* 1145.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
31 AOUT 1663.
La lettre se trouve à Leitlen, coll. Huygens.
Elle est la réponse ait No. 1 1 44.
Ultimi Augulti 1663.
Je n'ay rien d'avantage a vous mander touchant le paftel que ce que je vous ef-
crivis par l'ordinaire pafle *). Un peu de pratique vous enfeignera le refte. le le
trouue aufli bien que vous un peu trop caflant, et outre cela le crayon noir ne
marque pas bien la ou on a peint avec le paftel obfcur. A Paris je m'informeray
du Sieur Nanteuil comment il fait le fien.
Le portrait de la belle 2) que j'ay copié chez Lilly a fort bien reufli et ne reïïem-
ble pas feulement a l'original mais a la dame mefme , avec qui je dinay l'autre jour
chez Monfieur Brereton 3). Je voudrais que vous m'envoialliez voilre dernier
ouurage 4) pour vcoir fi vous aurez mieux fait quant au colorit, qui a la vérité
avoit trop de noir comme je vis en le comparant avec quelques portraits de
Couper 5).
') Consultez la Lettre N°. 1 143.
2) Mistress Middleton. Consultez la Lettre N°. 1 1 .; 3.
3) Sur W. Brereton , voir la Lettre N°. 123, note 1.
4) Consultez la Lettre N°. 1 144.
5) Il y avait deux frères de ce nom, qui faisaient des portraits tous les deux; ils étaient les
élèves de leur oncle John Hoskins.
a) Alexander Cooper, le frère aîné, peignit le portrait entre 1630 et 1660.
/>) Samuel Cooper, oncle du poète Alexander l'ope, naquit en îrtoo à Londres, où il
mourut le 5 mai 1 6-2. Il était bon linguiste et musicien , jouait bien du luth et a voyagé
en France et aux Pays-Bas. On possède nombre de miniatures de sa main.
CORRESPONDANCE. 1663. 397
Si vous me l'envoiez fous condition de le r'avoir , je me fais fort que le Sig-
nor Padre n'y mettra pas la main defïiis comme aux précédents 6).
Nous aurons bientoft la fin de nos affaires en cette Cour, et je croy que dans
1 5 jours nous pourrons partir.
Hier l'on me dit que Bart van Vlaerdingen 7) m'auoit eftè demander et qu'il
fe tient a la campagne, de forte que peut eftre je n'auray pas le bonheur de le
veoir. Monfieur Swan 8) eiT: parti ce foir pour noftre pais , et de la s'en va a fa
Refidence de Hambourg.
A Monfieur
Monfieur de Zeelhem
A la Haye.
N= n 46.
R. F. de Sluse à [Christiaan Huygens].
[août 1663].
La Icllre se trouve à Le'uien , coll. Huygens.
Nobiliflime Domine
Apologiam Timauri Antiatis, feu potius Clarifîimi Caroli Datj, prioribus meis ')
non adiunxeram, quod an illam Florentia accepiffes, a te certior fieri expeétarem,
") Consultez la Lettre N°. 1125.
7) Albartus van Ruytenburg était fils de Willem van Ruytenburg van Vlaerdingen. Il épousa
Emilia van Nassau-Beverwecrt. Sa fille fut mariée à un comte anglais et devint dame d'hon-
neur de la reine d'Angleterre.
8) Sur William Swann, voir la Lettre N°. 1 1", note 5 (Tome II , Supplément).
') Consultez la Lettre N°. 1 1 37.
;q8 CORRESPONDANCE. 1 663.
et non magni referre arbitrarer hanc modicj tcmporis moram, cum te Hagae-
Comitis elfe mihi perfuaderem.
Sed aliquot poftquam ad te fcripferam diebus, tranlijt hac Nobilis Vir Do-
minas Monconifius 2), qui et Parifijs nuper fuiflè, et mine Londinj agere te mihi
retulit; multaque adiunxit de praeclaris virorum literatorum conatibus, qui Scien-
tiam Naturalem experimentis ftabilire contendunr. Anceps itaque eram an meas
aceepifles, cum me follicitudine liberarunt literae tuae datae 3a huius 3), qui-
bus leftis, continuo mittendam cenfui Apologiam eadem via quà priores accepe-
ras. De Celeberrimi Pafcalij obitu 4) certiorem me reddidit idem Monconifius,
non fine magno animj mej moerore, qui viri dodlrinam et humanitatem maximj
faciebam. Sed, vt ait ille, ad hoc facramentum adaéti fumus 1ère mortalia,
y.cti ry ccva.yx.yi avy^copsïv. Non ingratum tibi futurum arbitrer fi adiungam id
quod nuper ad me Florentia feriptum efl, primam nempe experimentorum
phyficorum in Academiâ Serenifîimi Principis faétorum, partem 5), iam editi-
oni paratam : Eximium Borellum 6) breui daturum in lucem librum Phyfico-
mathematicum de motu animalium "); Rinaldinum 8) vero artem Analyticam 9) :
alium denique, opufeulum de Aquarum fluxu I0), quibus feientiarum pomaeria
promouenda confido. Nuper etiam Patavio fcripfit ad me Pater Stephanus An-
geli llj Mathematum illic Profefïbr et celebris Caualerij difeipulus, le hac
aeitate Libellum Geometricum edidiffe in quo Spatiorum Spiralium menfuras I2)
2) Sur Balthasar de Monconys, voir la Lettre N°. 765, note 8.
?) Cette lettre de Chr. Huygens à de Sluse, du 3 août 1663, ne s'est pas trouvée dans nos col-
lections.
4) Biaise Pascal était mort déjà le 1 9 août 1662.
5) Sur cet ouvrage „Saggi di Naturali Experienze. 1667 ," voir la Lettre N°. 1000, note 5.
") Sur Giovanni Alfonso Borelli, voir la Lettre N°. 536, note 4.
7) On en trouve la réimpression:
Joli. Alphonfi Borelli Ncapolitani Matlieléos Profeflbris, De Motu Animalium, Pars
Frima [et secunda] Editio Nova, a plurimis mendis repurgata, ac Diflèrtationibus Pliyfico-
Mechanicis de Motu Mufculorum, et de Effervefcentia, et Fermentatione, ClariMîmi Viri
Job. Bernoullii Mathefeos Profeflbris Bafileenfis, aufta, & ornata. Hagae Comitum, Apud
Petrum Collé. MDCCXMII. II Vol. in-40.
8) Sur Carlo Henaldini, voir la Lettre N°. 60" , note io.
9 Ars Analytica Mathematum. Authore C. Renaldino. Tomus I, Florentine 1665.
in-40.
Les Tomes lier III parurent „Pataviae" 1669 et 1668. in-40.
IO) Nous n'avons pas réussi a découvrir cet ouvrage, ni son auteur.
" Sur Stefanodegli Angeli, voir la Lettre N°. 73a, note 14.
Voir l'ouvrage ciré dans la Lettre N°. 938, note 6.
CORRESPONDANCE. 1663.
399
oftendit, et Clariffimi Vallifij errores I3) notât. Res hoc fchemate explicari po-
teft. Jntelligatur centro B circulus AVCG, in quo
defcripta Spiralis ADB, et quilibet radius fecans
fpiralem, BDC. Nunc ii fpiralis ita compofita intel-
ligatur, vt fit eadem ratio CB,adDB, quae eft cir-
cumferentiae ACGA , ad arcum CGA , fpiralis erit
Archimedis.
Sin autem retentâ eadem ratione CB ad DB, in-
telligatur ita e(Te quaelibet dignitas circuniferentiae
ACGA, ad homogeneam arcus CGA, tune produ-
centur illae infinitae fpirales quas Pater Stephanus
examinât, et afîerit fpatium fpirale ABIDA ad circulum, elfe in prima feu
Archimedis , vt j ad 3 , in fecundâ vt j ad 5 , in tertiâ vt j ad 7 et fie in infinitum in
ratione vnitatis ad numéros impares. Vallifius vero (fi eum redle intcllexit) pro-
nunciat primum fpatium efle ad circulum vt j ad 3, fecundum vt j ad 4, et fie femper
in ratione vnitatis ad numéros ternarium fequentes. Cum vtriufque Auftoris librj
non efTent ad manum, rem ad calculos reuocauj , fed generalius; confiderando
nempe fpirales ita componj , vt eadem fit ratio cuiufiibet dignitatis CB , ad homo-
geneam DB, quae eft cuiufiibet dignitatis circuniferentiae ACGA, ad homoge-
neam arcus CGA : et regulam facilem invenj quâ totum negotium ablbluitur. Eil
enim femper vt exponens dignitatis quae confideratur in radio et eius partibus, ad
eundem exponentem, vna cum duplo exponentis dignitatis quae confideratur in
circumferentiâ et eius partibus , ita totum fpirale ad circulum , cuius afTertionis
veritatem. . . . I4)
'3) Consultez l'ouvrage de J. Wallis „de Cycloide Tractatns [I." Voir la Lettre N°. 690.
I4) Le reste de la lettre en a été arraché.
400
CORRESPONDANCE. 1663.
N= 1147.
[G. van Gutschoven] à [Christiaan Huygens].
[1663.]
Appendice au No. 1146.
La pièce se trouve à Leiden, coll. Huygens ')•
Jnftrumentum ad vitra minoris fphaerae terenda.
Laminam cream
AB fchamno tornato-
rio affixam excavabis
fecundum circulum
CD cuneo parato in
formamcirculi aequalis
circulo vitri formandi.
dico aequalis circulo
maximae fphaerulac
cuius lens parciculam
référât, in hoc exca-
bato canali CD, artères
vitra capulae affixa et
canali apprefTa: modo
capulam in manu con-
tinuo dum vitrum atter-
tur vertas , ut ex omni
parte vitrum aequa-
liter atteratur : conful-
titfimum autem erit laminam AB ita difponere et tornatorium (chamnum ira pa-
rare, ut lamina horizontaliter circumagatur, nam hoc modo non tam facile arena
décider, vltimam autem polituram vitro addes fimili lamina fed ltannea terra tri-
politana inferta: vel lamina fimili lignea ex ligno aliquo molliori , quale cil falicis,
vel populi.
Lentes cavas formabis fphaerula ftannea vel plombea BF 2) fchamno torna-
torio affixa ut vides, polies vero eadem fphaerula vel lignea ut fuperius diélum
terra tripolitana inferta.
Cette pièce se trouvait incluse dans In lettre précédente. Peut-être que de S 1 11 se l'avait reçue
de van Gutschoven pour la transmettre à Chr. I luygens et qu'il en parlait dans la partie de sa
lettre qui s'est perdue.
< 'onsultez la première figure a la page suivante.
CORRESPONDANCE. 1663.
4OI
""^
Hoc concavo cono fchamno tornatorio affixo, fcabies vitrorum limbos polies ,
ne dum ultimam in charta inducimus vitro polituram, particulae tenuiores vitri ex-
filientes et in poros chartae fe{e infinuantes vitrum deturpent.
N° 1148.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
14 septembre 1663.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Const. Huygens. frère, y répondit par le No. 1149.
A Londres le 14 Septembre 1663.
Voicy voilre Miftriss Tnfton1) que je vous renvoie après l'avoir mon urée a Mon-
iteur Couper 2) et a Lilly 3), qui tous deux aufli bien que moy y trouuent a redire
que vous y avez mis des couleurs trop fortes, tant aux ombres qu'au relie du teint,
ce rouge des joues et ce jaune li éclatant en gaftant toute la delicatefle. Dans le
portrait de Miftriss Limmon 4) vous l'aviez mieux ménagé, et il n'y avoit de l'ex-
cès que dans les ombres, déplus vous avez fait le nez trop gros vers enhaut et trop
bofîii , les yeux un peu trop rudes , parce que la paupière d'enhaut s'ouure trop ,
ce qui tout enfemble fait que voltre copie ne reffêmble pas fort a l'original. Les
cheveux, habits et tout le relie font très bien faits. Monfieur Couper m'a donné
une adreffe pour avoir du Carmin , mais eftant fur noltre départ 5) et ayant encore
') Consultez les Lettres N°s. 1 144 et 1 145.
2 Sur Cooper , consultez la note 5 de la Lettre N°. 1 145.
3) Sur Lilly , voir la Lettre N°. 1 1 24 , note 7.
4 Consultez la Lettre N°. 1 140.
5>) Chr. Huygens partit vers la fin de septembre de Londres pour Paris, où il arriva le
ier octobre 1663.
(Euvres. T. IV. Si
402 CORRESPONDANCE. 1 663.
beaucoup de chofes a faire je ne fcay fi j'auray le temps d'y aller. J'ay corrige ma
copie d'après Lilly 6) par i ou 3 lois fur l'original , après quoy il refïemble beau-
coup mieux maintenant que le lien. Je vous recommande cette lettre a la Confine
Conftancia r), qui vient de Miftriss Faris.
Mijn Heer
Mijn Heer van Zeelhem
In
sgrauenhage.
N? 1149.
Constantyn Huygens , frère, à Christiaan Huygens.
20 SEPTEMBRE 1663.
La lettre se trouve à Leideti , coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1148. Clir. Huygens y répondit par le No. 1151.
A la Haye le 20 Septembre 1663.
Je vous remercie beaucoup des leçons et corrections que m'auez procurées de
Monfieur Coopcr et je trouve qu'ils ') ont raifon. Je fuis tombé dans ces inconvé-
nients là en voulant faire que le pourtrait cuit de la force auffi citant un peu ef-
loigné mais je fuis allé trop auant Soubs un maiitre comme Cooper on auroit bien
toft fait fans doubte mais icy nous fommes dans un malheureux pais.
Si vous n'auez pas eu le loilir de chercher du Carmin à Londres je croy que
vous en trouverez aufll à Paris ou Blauct2) m'a dit qu'il en auoit achepté autrefois.
Je vous prie d'y regarder; c'ell une chofe dont en miniature Ion ne fe peut pas
palier et qu'il n'y a aucun moyen d'auoir icy. Il n'en faut qu'un peu comme c'efl:
une couleur qui a beaucoup de corps.
Je me promets que vous aurez bien la curiofité de vous informer de la méthode
de faire le paftel dont le fert Nanteuil 3) qui apparemment fera le meilleur de touts.
6 ('clic du portrait de Mistress Middleton. Consulte/ la Lettre N°. 1 143.
Il •> n^tt de ( 'onstantia le Leu île Willieni.
C'esl i lire ( looper el Lilly.
Sur Blavet , voir la Lettre N°. i io~ , note i.
Sur Manteuil, voir la Lettre N°. 803, nott
CORRESPONDANCE. 1663. 403
J'ay fait le pourtrait de Moniieur Maerten 4) mais rien qu'auec du crayon noir,
et il reffemble fort bien. Toot5) alla il y a plus d'un mois à FEfclufe 6). pour deman-
der nos arrierages des Parentes 7~). En revenant il s'arrefta à Middelbourg pour
y faire la cour a Mademoifelle Tibout 8) dont il elt fort charmé. Cette folie dure
encore, et Mademoifelle de Nieuveen 9) efcrivit l'autre jour de là qu'il y eitoit
encore en bonne fanté quand icy nous le croyions depuis quelque temps defja
au Monnickelant. Il ne m'a efcrit qu'une feule fois il y a environ quinze jours ,
et je ne fcay comment faire auec ce garçon là qui ne me dit rien àmoy,eten
revenant aura mangé beaucoup d'argent. Si nous auions beaucoup de ces Maen-
ders 1Q) là nous aurions fort peu de revenu. Je ne veux pourtant pas Faccufer au-
près del Signor Padre encor qu'il le mérite bien.
Adieu.
Quand vous ferez a Paris je vous prie de n'oublier pas ma perrucque et de bien
confiderer les cheveux avant qu'on les travaille , pour voir s'ils font naturellement
frifés. a moins de cela il ne vaudroit pas la peine d'en faire venir de fi loing.
Pour mon Frère
N= 11 50.
j. "Chapelain à N. Heinsius.
11 septembre 1663.
La lettre se trouve à Paris, Bibliothèque Nationale.
Elle a été publiée par Ph. Tamizey de Larroque dans ses Lettres de J. Chapelain II. 1883.
Monsieur,
je refpons à vos deux dernières, l'une du xxi aouft et l'autre du xx vin. Ce
qui m'a fait différer quelques jours à vous faire fçavoir de mes nouvelles, a
efté l'efperance que Monfieur le Marquis de Montaufier ') m'avoit donnée de
4) Probablement Martin Suerius.
5) Lodewijk Huygens.
rt) Il s'agit des possessions de Const. Huygens, père, à Ysendyk, portant le nom de Gatenisse
on Oranje-Polder. Il y avait beaucoup de difficultés à percevoir les revenus.
r) Joost Parente, qui avait succédé à son père Andries Parente, comme receveur des biens de
Constantyn Huygens, père, à Ysendyke.
8) Sur Mademoiselle Thibaut, voir la Lettre N°. 910, note 3.
y) Elisabeth Maria Musch. Voir la Lettre N°. 196, note 5.
,0) Traduction: porteurs de fommacions.
x) Voir la Lettre N°. 596, note 1.
404 CORRESPONDANCE. 1 663.
s'aquiter de la mcfme debte envers vous, et cette efperance n'a pas efté trompée
comme vous le verres par la lettre qu'il m'a envoyée de Caen pour vous. Quoy
qu'il vous y die , prenés le au pied de la lettre; car c'elt le plus véridique de tous
les hommes et il aimeroit mieux pafTer pour incivil que pour flateur. Je me remets
à luy du refte.
Vous me ferés relire Silius Italicus 2) quand il aura paru avec vos notes et vos
émendations, tant les éloges que vous luy donnés ont fait d'imprelfion fur moy.
J'en feray autant de Virgile de voftre édition 3).
J'ay veu quelques recueils de lettres 4_) du fçavant Reinefius 5) qui ne refpon-
dent à fa grande réputation ni pour les chofes ni pour le langage. Je n'ay rien
d'Oétavius Ferrarius ") que le panégyrique 7) qu'il fit pour la reyne Chriftine et
2) Ces notes de Heinsius n'ont été publiées que plus tard, dans l'édition :
Caji Silii Italici Punicorum Libri Septemdecim, cum excerptis ex Franciici Modii No-
vantiquis Le&ionibus, et Cafp Barthii Adverfariis, tum Danielis Heinfii crepundiis Silianis,
et poftumis notis Nicolai Heinfii, mine primum editis, Curante Arnoldo Drakenborch, Cujus
etiam annotationes paffim additae funt. Trajefti ad Rhenum, apud Guilielmum van de Water,
Aeadem. Typogr. cloloccxvu. in-40.
3) Cette édition de Virgile parut plus tard. Consultez la Lettre N°. 108 1 , note 6.
4) Th. Reinesl. D. ad Viros Claril's. D. Cafp. HofFmannum, Chr. Ad. Rupertum. Profefs. Nori-
cos lipiltolae. Lipfiae. Sumtibus Johannis Scheibii. Imprimebat Johannes Bauerus. Anno
1660. in-40.
s) Thomas Reinesius naquit à Gotha le 13 décembre 1587 et mourut à Leipzig le 17 janvier
1667. Reçu docteur en médecine à Bàle, il pratiqua son art à Altorf", à Hof, en 1619 a Bay-
reuth, en 1627 à Alteribourg, où ensuite il devint bourgmestre. Plus tard il se fixa à Leipzig,
comme conseiller de l'Electeur de Saxe. Il était bizarre et emporté, mais savant antiquaire,
ce qui lui valut une pension de Louis XIV. *
6) Ottavio Ferrari, neveu du savant Francesco Bernardino Ferrari, naquit à Milan le 20 mai
1607 et mourut à Padoue le 7 mars 1682. D'abord professeur à Milan , en 1634 a Padoue,
il a beaucoup écrit, surtout sur l'archéologie, et reçut une pension de Louis XIV.
7) Cet opuscule:
a) Pal 1 as Svevica, Panegyricvs Chriftinae , Gothorvm , Vandalorum ac Suecorum Reginae
imperium aufpicanti , dictus.
ainsi que l'autre:
/>) Chriftina abdicans, Prolvsio xxi.
sont réimprimés aux pages 253 298 du Volume 1 de l'ouvrage :
Oftavii Ferrarii Patricii mediolancnfis, Equitis, & in Lycaeo patavino quondam Profef-
foris celeberrimi Opéra Varia, Prolufiones, Fpiftolas, Formulas ad capienda Doftoris
infignia, &. varias [nferiptiones comple&entia. Omnia illa ex diverfis auctoris libris col-
legit, in ordinem redegit, & (ingulari lludio eniendavir Ioannes Fabr ici vs, D.& Prof,
emeritus, Serenifs. Dvcis Brunfvic. ac Luneb. Confiliarius confiftor. & ecclefiaft. Abbas
llegiae Luterae, Scholarumque per Ducatum brunfvic. [nfpeétor generalis. Wolflfenbvt-
telii. Sumtibus Godofredi Freytagii Bibliopolae. Anno mdccxi. Il Tomi. in-8°.
CORRESPONDANCE. 1663. 405
qu'il vous envoya à Paris, mais je n'y nrouvay rien d'extraordinaire 8). Je n'ay pas
laiiïe de les nommer plus d'une fois fur voftre parole comme dignes des largeiïes9)
8) La reine Christine pourtant envoya à Ferrari une chaîne d'or de la valeur de mille ducats.
9) Il nous semble assez intéressant de pouvoir insérer ici la première liste des gratifications de
Louis XIV en 1663;. elle est tirée de l'ouvrage
Comptes sur les bâtiments du Roi, sous le règne de Louis XIV. Tome I. Paris 1881. in-40.
Livres.
Au Sieur De la Chambre, médecin ordinaire du roi, excellent homme pour la
phyfique et pour la connoiflance des palïïons et des feus, dont il a fait divers
ouvrages, fort eftimés, une penfion de 2000. —
Au Sieur Conrart, lequel fans connoiflance d'aucune autre langue que fa ma-
ternelle, eft admirable pour juger de toutes les productions de l'efprit, une pen-
fion de 1 500. —
Av. Sieur Le Clerc, excellent poé'te françois 600. —
Au Sieur Pierre Corneille, premier poète dramatique du monde 2000. —
Au Sieur Defmaretz, le plus fertile auteur, et doué de la plus belle imagina-
tion qui ait jamais été 1 200. —
Au Sieur Mefnage, excellent pour la critique des pièces 2000. —
Au Sieur abbé de Pure, qui écrit l'hiftoire en latin pur et élégant 1000. —
Au Sieur Boyer, excellent poète françois 800. —
Au Sieur Corneille le jeune, bon poète françois et dramatique 1000. —
Au Sieur Molière, excellent poète comique 1000. —
Au Sieur Benferade, poète françois fort agréable 1500- —
Au père Le Cointe, habile pour l'hiftoire 1500. —
Au Sieur Huet, de Caen, grand perlbnnage qui a traduit Origène i5°°- —
Au Sieur Charpentier, poète et orateur françois 1200. —
Au Sieur abbé Cottin , poète et orateur françois 1 200. —
Au Sieur Sorbière, favant es lettres humaines 1000. —
Au Sieur Douvrier, idem 3000. —
Au Sieur Ogier, comfommé dans la théologie et les belles-lettres 1500. —
Au Sieur Vattier, profeffant parfaitement la langue arabe 600. —
A l'abbé Le Vayer , favant es belles-lettres 1000. —
Au Sievr Le Laboureur, habile pour l'hiftoire 1200. —
Au Sieur de Sainte-Marthe, habile pour l'hiftoire 1200. —
Au Sieur Du Perrier, poète latin 800. —
Au Sieur Fléchier, poète françois et latin 800. —
Au Sieurs de Valois frères, qui écrivent l'hiftoire en latin 2400. —
Au Sieur Mauri, poète latin 600. —
Au Sieur Racine, poète françois 800. —
Au Sieur abbé de Bourzeys, confommé dans la théologie pofitive fcolaftique ,
dans l'hiftoire, les lettres humaines, et les langues orientales 3000. -
Au Sieur Chapelain, le plus grand poète françois qui ait jamais été, et du plus
folide jugement 3000. —
Au Sieur abbé Caftagne, poète orateur et favant en théologie I5°°- —
Au Sieur Perrault, habile en poéfîe et en belles-lettres Koo. —
406 CORRESPONDANCE. 1663.
du Roy et du mefme ton que j'avois fait ces autres Meilleurs dont vous me parlés
et qui ont elle gratifiés par Sa Majefté, à la réferve de Monfieur Chriftianus Hug-
gens qu'on n'a pas plus trouvé icy quand on l'a cherché, pour luy remettre le pré-
fent en main propre et on le croit en Angleterre avec Monfieur Ton père, lequel
s'eft retiré IO) de cette Cour fans prendre congé XI).
Livres.
Au Sieur Mézerai , hiftoriographe 4000. -
2- juin : au Sieur Priolo, par gratification et pour luy donner de continuer Ton
aplication aux lettres 2500. —
Au Sieur de Comberville, par gratification que S. M. luy a ordonnée 1200. -
Au Sieur Varillas, idem 1200.- -
Au Sieur Petit, idem 800. —
Au Sieur Godeffroy, idem en confideration de la profonde connoiflance qu'il
a dans Thiltoire 3600.
Au Sieur Viviani, idem par gratification et pour luy donner des marques de
l'eftime que S. M. fait de fon mérite 1 200. -
Au Sieur Quinaut, idem 800. —
6 décembre: au Sieur Lheritier, idem 1000. —
9 avril 1665 : au Sieur Vuangenfeil , idem 1500. -
21 septembre 1665: au Sieur Brandon, par gratification et pour luy donner
moyen de continuer fes études 400.
Au Sieur Ollier de Befac, idem 600. -
Au Sieur abbé Olier, bien verfé en théologie, et pour l'obliger de vacquer aux
belles-lettres 800. -
Au Sieur Carcavy , bien verfé dans les mathématiques 1500.
Au Sieur Perrot d'Ablancourt , bien verfé dans les lettres et principalement
dans les langues 1 500.
Au Sieur Gombault, bien verfé dans la poéfie rrançoife 1 200.
Au Sieur Viliotto, Savoyard, bien verfé dans la médecine et dans les huma-
nitez 600. —
Au Sieur Gratiany, bien verfé dans les belles-lettres et qui excelle dans la poéfie
italienne 1 500.
Au Sieur Corringius, Allemand, fameux profcfîeuren hiltoire dans l'Académie
à Helmeftad 900.
Au Sieur Hevelius, Flamand, conful vétéran de la ville de Dantzic, favant
dans l'aflronomie 1 200. —
Au Sieur Beklerus, bien verfé dans l'hiftoire et dans les humankez 900. --
Au Sieur lluggens, Hollandois, grand mathématicien, inventeur de l'horloge
de la pendulle 1 200.
Au Sieur Gevartius, Flamand, naguères fecretaire de la ville d'Anvers, en con-
sidération de fa profonde érudition 1 200.
Au Sieur Heinfius, Hollandois, grand poète et orateur latin 1200. -
Au Sieur Voflîus, Hollandois, excellent dans la géographie 1200.
10 ) En effet, Constantyn Huygens, pere, avec Christiaan, partirent pour l'Angleterre le 7 juin
1^)63 et arrivéreni à Londres le 10 juin [Reys-Verhael].
") Consultez la Lettre N°. 1 134.
CORRESPONDANCE. 1663. 407
Monfieur Voflius i:) m'a tefmoigné beaucoup de gratitude de l'office que je luy
ay rendu. Je connoifïbis bien Daufquius I3) ex-jéfuite qui a publié un volume de
Ortographia I4) très curieux et que je conferve entre mes meilleurs livres, mais
je ne le connoifTois point fous le nom de Daufqueius I5). J'ignorois qu'il euft ja-
mais eu de defmeflé 1<s) avec Monfieur voftre père '"). Cela fuffit pour le mettre
mal avec moy. Je feray bien aife de voir comment vous le traitterés dans voilre Si-
lius, eflant difficile qu'il ne vous ait donné fujet dans le lien lS) de luy laver la telle.
Vous avés fait fagement de ne pas attendre la permiffion de Meilleurs vos pa-
trons I9) pour marquer au Roy et à Monfieur Colbert voftre refTentiment de la
grâce 2°) que vous avés receùe. Ces grands hommes qui gouvernent chés vous fça-
vent bien qu'il y en a deux en vous , et que vous elles homme de lettres avant
que d'eflre homme d'Eflat et leur miniilre. Us n'ont garde d'interpréter mal les
bonnes intentions de ce grand prince; au contraire ils reputeront à honneur pour
leur republique que Sa Majeflé y cherche et y trouve des fujets de fa munifi-
cence en matière qui ne regarde aucunement les affaires publiques.
Le fecretaire des commandements 21) du duc de Modène 22) a receu la mefme
12) Il s'agit de Isaac Vossius. Voir la Lettre N°. 444, note 4.
13) Claude Dausquey (Dausqne) naquit à St. Orner le 5 décembre 1556, et mourut à Rotterdam
en 1644. Entré en 1585 dans la Société des jésuites, il la quitta en 1610 et devint chanoine
de la cathédrale de Tournay. Savant érudit et bon prédicateur, il a eu une vive polémique
avec les cordeliers.
14) Antiqvi Noviqve LatI Orthographica aClavdio Davfqvio Sanftomario Canonico Tornaci II.
digefta voluminibus. Tornaci Nerviorvm. Ex Typographio Adriani Qvinqvé. [Typogr.
Iura. Sub Signo SS. Pétri & Pauli.] mdcxxxii. Cum gratia et Priuilegio. in-folio.
15) Consultez les titres des ouvrages des notes 14 et 1 8.
1<s) Probablement au sujet de son ouvrage:
Conciliabuli Dordraceni Afeia a Claudio Daufquio Canonico Tornacenfi. Regiaci Atre-
batium. Apud Joannem Baptillam et Guilielmum Riverios, lub iigno Boni Partons
m.dc.xxix. in-8°.
17) Sur Daniel Heinsius, consultez la Lettre N°. irf, note 4 (Tome I , Supplément^).
18) In C. Silii Italici Viri Confvlaris Pvnica, fev de Bello Pvnico Secvndo Libros XVII. Cl.
Davfqveivs Sanftomarivs Canon. Tornac. Parifiis, Apud Davidem Dovcevr. Bibliopolam
Iuratum, via Jacobaea, fub interfigno rtantis & fixi Mercurij. m.vi.c.xv. Cvm Privilegio
Régis, in-40.
19) Les Etats-Généraux des Provinces-Unies.
2°) Tout comme Chr. Huygens, Nie. Heinsius avait reçu une régale de Louis XIV en 1663.
Consultez la note 9.
21) Geronimo Graziani, comte de Saryana, naquit à Pergala (Urbino) en 1604, où il mourut
le 10 septembre 1675. Il était poète et fut dans les grâces des ducs de Modène.
22) Alfonso IV, fils du duc de Modène Francesco II et de Maria di Farnese de Parme , naquit le
i 3 février 1634 et mourut le 16 juillet 1662. Il épousa en 1655 Laura Marienna, cousine
408 CORRESPONDANCE. 1663.
faveur, fans s'eftre rendu fufpect à fon prince, parce que c'eftoit en qualité de
lettré. Léo Allatius 23) bien qu'officier domeftique du Pape 24) n'en a plus fait
de difficulté 25)- En effet la chofe parle toute feule.
Sa Majefté a receu voftre compliment par les mains de Monfieur Colbert26) qui
m'a tefmoigné qu'elle l'avoit eu fort agréable. Pour celuy que vous avés fait à
luy , il l'a leu attentivement, en a efté touché et l'a fait mettre entre les chofes les
plus curieufes de fa bibliothèque. Je l'ay afTuré que voftre bon coeur n'en demeu-
reroit pas la, et que s'il eft content de vous, vous ne l'eftes pas vous mefme , et
ne le ferés que quand vous aurés donné de plus grandes marques de voftre recon-
noifïance. Il me femble que je ne vous ay engagé à rien que vous ne vouliés et
qu'en cela je n'ay agi que fur vos ordres.
J'ay beaucoup de joye que le livre de Coronis 2?) foit venu enfin jufqu'à vous et
que vous le poflediés maintenant fans plus de crainte. J'en ay bien davantage que
ces manuferits de Meilleurs Mentel 28) et Medon 2y) ayent efluyé les périls de
la mer et foient aufïï arrivés fains et faufs à Stokholm. Voilà de quoy bien refjoùir
ces Meffieurs qui vous les ont envoyés , particulièrement ce bon Monfieur Men-
tel qui le fera trouvé plus riche qu'il ne penfoit , et qui tirera un notable avantage
du cardinal Mazarin et succéda au trône en 1658; il le laissa à son fils Francesco III, né
le 6 mars 1660, et mort le 7 septembre 1694, qui épousa en 1692 Margaretha Maria di
Farnese.
Il semble que Graziani portait alors encore le titre de secrétaire du prince décédé.
23) Sur Léo Allacci (Allatius); voir la Lettre N°. 757", note 9 (Supplément du Tome III).
24) Fabio Cliigi, le pape Alessandro VIL Voir la Lettre N°. 732, note 6.
25) Cependant, la cour Romaine obligea Allatius de refuser „les présents d'Artaxerxès."
2<s) C'était Colbert qui distribuait les «régales" de Louis XIV.
27) Caroli Pafchalii Régis in Sacro Confiftorio Confiliarii, et apvd Rhaetos Legati Coronae.
Opus quod mine primùm in lucem editur diftinctum X.libris: quibus res omnis coror.aria
è prifeorum eruta & collefta monumentis continetur. Parifiis, E Typographia Pétri Cheva-
lerii, in monte diui Ililarij. MDCX. Cvm Privilegio Régis, in-40.
L'auteur en est
Carlo Pasquali (Paschal), de famille noble, qui naquit à Coni (Piémont) le 19 avril
1547 et mourut le 25 décembre 1625 à son château de la Queute (Abbeville). Juriscon-
sulte et diplomate, il se fixa à Paris et remplit diverses missions et ambassades. Il a laisse
plusieurs ouvrages diplomatiques.
28) Jacques Mentel naquit en 1597 à Château-Thierry et mourut à Paris en 1671. 11 se croyait
descendant de Jean Mentelin , le fameux imprimeur de Strasbourg. Il fut professeur de chi-
rurgie et d'anatomie à Paris, et avait amassé une bibliothèque très-renommée et surtout
riche en manuscrits précieux.
:y) Bernard Médon, magistrat de Toulouse, était grand ami de Nie. Ileinsius.
CORRESPONDANCE. 1663. 409
de la richefTe de fon cabinet quand vous alleguerés fi fouvent Tes vieilles mem-
branes et que vous le préfererés tant aux autres.
Pour les livres nouveaux on a, depuis un mois icy , le Cardan 3°) en dix volu-
mes in folio31) d'impreflîon de Lion et fort augmentés de pièces non encore veues.
Monfieur de Valois *-~) l'aifné a fon Socrate 33) de l'Hiftoire ecclefiattïquc preft;
il aura fini fon Sozomene 34) cette année et, la fuyvante, il efpère les donner tous
deux 35) avec 36) Théodoret 37). Ils m'ont fort prié de vous confirmer dans la
3°) Geronimo Cardano, fils du médecin Facio Cardano et de Clara Micbezia, naquit à Pavia le
24 septembre 1501, et mourut le 21 septembre 1576 a Rome. Il était médecin, devint en
1534 professeur de mathématiques à Milan, en 1559 professeur de médecine à Pavie et en
1562 à Bologne où, en 1570, il fut emprisonné environ un an pour dettes. En 1571 il vint à
Rome, où il reçut une pension du Pape. La résolution des équations du troisième degré, qui
porte son nom, est due à son compatriote Tartaglia.
31) Hieronymi Cardani Mediolanenfis Pbilofophi ac Medici Celeberrimi Opéra Omnia: tam
haftenvs excvfa; hîc tamen au&a & emendata; quàm nunquam aliàs vifa, ac primùm ex Auc-
toris ipfius Autographis eruta: Cura Caroli Sponii, Doétoris Medici Collegio Medd. Lugdu-
naeorum Aggregati. Elenchus vniuerfalis Operum, ad calcem vitae Autoris habetur. Lvg-
dvni, Sumptibus Ioannis Antonii Hvgvetan, & Marci Antonii Ravavd. m.dc.lxiii. Cvm
Privilcgio Régis. X Vol. in-folio.
32) Henri de Valois (Valesiusj naquit le 10 septembre 1603 à Paris, où il mourut le 7 mai 1676.
Il était d'une famille noble de Normandie et seigneur d'Orée. D'abord avocat, il se voua, dès
1630, entièrement aux belles lettres, devint en 1660 historiographe de France et épousa
en 1664 la belle Marguerite Chesneaux. Son frère était:
Adrien de Valois (Valcsius), né le 14 janvier 1607 à Paris, où il mourut le 2 juillet 1692,
comme seigneur de la Mare. Il poursuivit les mêmes études que son frère, et devint aussi
historiographe en 1660.
33) Socrates Scholasticus vivait au 5e siècle à Constantinople.
34) Salamanes Hermias Sozomenus, né dans l'île de Chypre, vivait au 5e siècle comme avocat à
Constantinople.
35) Socratis ScholafHci et Hermiae Sozomeni Hiftoria EcclefiafHca. Henricvs Valefivs Graecum
textum collatis MSS. Codicibus emendauit, Latine vertit, & Annotationibus illuftrauit.
Adjeéta eft ad calcem difputatio Archelai Epifcopi aduerfus Manichaeum. Parifiis. Excude-
bat Antonius Vitré, Régis & Cleri Gallicani Typographus. m.dc.lxviii. Cvm Privilcgio
Régis, in-folio.
3<s) Cet ouvrage a paru plus tard sous le titre:
Theodoriti Epifcopi' Cyri et Evagrii ScholafHci Hiftoria EcclefiafHca. Item Excerpta
ex Hiftoriis Philoftorgii et Theodori Leftoris. Henricvs Valefivs Graeca ex MSS. Codicibus
emendauit, Latine vertit, & Annotationibus illultrauit. Parifiis, Typis Pétri le Périt, Régis
Typographi: via Jacobaeà, fub figno Crucis aureae. m.dc.lxxviii. Cvm Privilcgio Régis, in-
folio.
37) Theodoretus ou Theodoritus mourut en 457 comme évcque de Cyro (Syrie). Il fut des-
titué en 43 1 par le Synode d'Ephèse , mais restitué par celui de Chalcédoinc en 45 1 .
Œuvres. T. IV. 52
410 CORRESPONDANCE. 1 663.
croyance de leur amitié. Monfieur Ménage 38) a fait réimprimer les poélies en
Hollande 3y) pour y mefdire de moy par des calomnies très impudentes et qui le
démentent toutes feules.
De Paris, ce xxi Septembre 1663.
Ns 1151.
ClIRISTIAAN HUYGENS h CoNSTANTVN HlIYGENS, frère.
5 OCTOBRE 1663.
Im lettre se trouve à Laden, coll. Httygens.
Elit est le réponse au No. 1149. Const, Huygens , frère, y répondit par le No. 1153.
A Paris ce 5 Octobre 1663.
En arrivant en cette ville lundy dernier ') j'y trouuay la vollre du 20 Septem-
bre par la quelle vous tefmoignez d'cllrc fatiffait des corrections que je vous ay
envoiees de Londres. Il y a bien des peintres qui ne les prendraient pas ainfi en
bonne part, parce que chafeun cl t. aveugle en ce qui regarde fon propre trauail ,
et moy autant que perfonne. Je ne Pay jamais cogneu plus manuellement que ce
matin, en comparant de mes anciens portraits que je creus cydevant eftre allez bien
faits , avec ceux que j'ay apporté d'Angleterre, dont l'un elt la copie d'après Lilly
et l'autre le pourfil de ce mefmc beau vifage ù) dont je vous ay eferit cy devant,
que j'ay l'ait après le naturel de crayon de couleur. Je vous allure qu'il y en a de
38) Sur Cilles Ménage, voir In Lettre N°. 278, note 4.
Aegidii Menagii Poemata. Quarta Bditio au&ior et emendatior. Amftelodami. Exofficina
Elzeviriana. [663. in-120.
') C'était le [er octobre.
' ) Celui de Mîstress Middleton. Consultez les Lettres Nos. 1 1 4 ■>, , 114s. 1 1 4H.
CORRESPONDANCE. 1 663. 411
ces antiques, comme celuy de Miek Z 3) après Mytens 4). Mirtriss Boilc s) après
Hanneman û) et Mademoifelle Petit r) après elle mefme, qui me paroifTent mainte-
nant ii horriblement mal faits que j'efclattc de rire en les regardant, ce qui me fait
veoir que fi je m'y excrcois un peu fouuent je pourrois arriver bicntoft a plus de
perfection dans cet art, m'eftant amende a faire ce feul vifage.
Si toft que nos vifites necefïaires feront faites, et que je pourray me fervir plus
librement du carofTe je fongeray a vos commiffions de la perruque du Carmin et
du paltel. le Carmin a eftè invente en cette ville, c'eft pourquoy il ne faut pas
douter qu'on n'y en trouue , et a meilleur marché qu'a Londres.
Je croy que le frère Louis a tort de ne vous pas communiquer fes deïïèins 8) qu'il
a en Zelande, puis qu'il s'y prend tout de bon, comme vous verrez par ce Mon
Père vous en eferira. J'ay veu toute l'hiftoire de les amourettes dans une longue
lettre qu'il luy en a eferit, ou il tefmoigne avoir bonne efperance de venir a bout
de fes prétentions. Il Signor Padre croit qu'il ne fera pas mal fes affaires s'il peut
reuffir et pour cet cffecl: luy envoie les lettres au parents de la donzelle y) qu'il
avoit demandées, tellement que vous le verrez partir bientoil derechef pour s'y
rendre. Ne dites pas que vous ayez rien feeu de moy. Adieu.
Dites je vous prie au frerc Louis qu'il faut qu'il faite tenir les 80 livres que Mon-
fieur Chieze luy a remis, a l'horologcr au Speuy Monfieur Severijn LO), et qu'il
le veuille faire au plultoft, car il y a plus de 4 mois que Monfieur Bouillant
m'a donne cet argent pour cet effect et que je l'ay mis en main a Moniteur
Chieze.
Donnez ordre au (fi au dit Horologer de faire une horologe a pendule de 3 pieds
:') Il s'agit probablement de
Maria Suerius, fille de Lenaert Suerius et de Constantia van Geel. Elle épousa Mattheus
HoeuflTt, seigneur de Buttingen , Zandvoort et Oyen.
A ) Sur les Mytens, voir la Lettre N°. 1118, note 6.
s) Elisabeth Clifford, fille unique de Henry Lord Clifford , comte de Cumberland, et de Lady
Francis Cecil. Le 5 juillet 1635 elle épousa
Richard Boyle, second comte de Cork et premier comte de Burlington. Il naquit le
20 octobre 161 2 à Youghal et mourut à Londres en Burlington IIouse(Piccadilly)le 15 jan-
vier 1698. Militaire et homme politique, il essuya divers revers de fortune, mais enfin il
devint Lord-Lieutenant du West-Riding de Yorkshire et Custos rotulorum.
6) Sur Adriaan Hanneman, voir la Lettre N°. 812, note 6.
") Sur ce portrait de Marianne Petit, consultez la Lettre N°. 878.
8) Consultez la Lettre N°. 1 149.
9) Mademoiselle Thibault, voir la Lettre N°. 910, note 3.
10) Sur Severijn, voir la Lettre N°. 1 104, note 18.
412 CORRESPONDANCE. 1663.
comme la miene mais qui aille une fepmaine, a contrepoids, et Amplement fans
fonnerie. Elle ell pour Milord Brouncker en Angleterre. Je vous prie de ne le
point différer
Pour le frère de Zeelhem.
N= 11 52.
J. Chapelain à Constantyn Huygens, père.
5 octobre [1663.]
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Monsieur
j'enuoye reconnoiftre ii c'eft vne vérité ou vne illufion que ce quon me dit hier
chés moy que vous auiés pris la peine d'y pafler et d'y demander de mes nouuelles.
Si Fauis cil certain je n'en pouuois receuoir de plus agréable puis que j'eflois par
la aflure de voftre fanté de voftre retour et de voftre amitié que vous ne doutés
point qui mell infiniment chère. Ma joye redoublera (i j'apprens que Monlieur
voftre Fils ') (bit reuenu auec vous. Il cil dvne vertu et d'vn mérite ii extraordi-
naires quon ne peut laimer et l'honnorer médiocrement Jattcns auec impatience
délire eclairci de ces deux choies et demeure de l'vn et de l'autre auec beau-
coup de paffion
Monsieur
Trefhumble et très obeiiïant feruiteur
Chapelain.
Ce 5. (octobre.
A Monlieur
Monlieur Huggens de Zulichem
') Christ iaan I [liygens.
CORRESPONDANCE. I 663. 4 I 3
NS1153.
Constantyn Huygens , frère, à Christiaan Huvgens.
12 OCTOBRE 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Le'ulen , coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1151. Clir. Huygens y répondit par le No. 11 55.
A la Haye le 12 Octobre 1663.
Jl me tarde fort de voir vos paftels qu'avez fait après cette beauté Angloife I).
La miniature pourtant eft une chofe encor plus charmante à mon avis a qui la
fcauroit en perfection. Barlaeus 2) m'a prefté une telle qu'a fait George Hoefna-
gel 3) autrefois, et qui eft très-excellente, il l'a acheptée a fort bon marché n'y
ayant que le vifage feul d'acheué. Blauet 4) y a fait le relie , et maintenant il l'ef-
time a dix piftoles et la préfère aux ouvrages de Cooper 5) dont je n'ay jamais
rien veu qu'il me ibuvienne pour pouvoir faire la comparailbn. En cellecy il y a
une delicatefle extraordinaire , et telle qu'il eft quafi impoflîble de remarquer les
points, mais pour le colory il me femble qu'il eft poffible de faire encore
mieux.
Uylenburg 6) a porté de forts beaux tableaux d'Italie del Palma Vecchio 7) et
d'autres. Barlaeus en a trocqué un de ceux la ou il y a une femme nue qui eft en
effet très-excellent, et il eft li aile de l'auoir que je crains qu'il n'en devienne fol.
A la fin j'ay eu ouverture de l'affaire de Zelande où nofter s-) s'en va de-
rechef vers la fin de la fepmaine qui vient eftant fort infuoeato. Chieze luy en
dira bien s'il a le vent de fes amours.
J'ay corrigé le pourtrait de la lady Tufton fur vos admonitions y) et il eft mieux
qu'auparauant.
Je vous prie d'auoir foing de ma perruque, et de feauoir de Monfieur Chieze
qui eft celuy qui a fait la perruque a callotte de Monfieur van Leeuwen qui eft
1 1 Mistress Middleton. Consultez la Lettre N°. 1 143, note 2.
:) Jan van Baerle, fils aîné de David van Baerle et de Rachel Godin.
3) Joris Hoefnagel, fils de Jacques Hoefnagel et d'Elisabeth Vezeler, naquit en 1 545 à Anvers
et mourut en 1610 à Vienne. Il épousa Suzanna van Vaesen et en eut 7 enfants. Savant et
poète, il devint peintre en miniature à cause de revers de fortune. Il était très recherché
et entra enfin au service de l'empereur Rudolf II.
4j Sur Blavet, voir la Lettre N°. 1 107, note 1.
5) Sur les frères Cooper, consultez la Lettre N°. 1 145 , note 5.
6) Sur Uylenburg, voir la Lettre N°. 819, note 1.
7) Giacopo Palma. Voir la Lettre N°. 803 , note 6.
8) Lodevvijk Huygens.
9) Consultez la Lettre N°. 1 148.
414 CORRESPONDANCE. 1 663.
de cheveux frifés naturellement, où il ne touche jamais et pourtant ils font touf-
jours bien en ordre, de ce maiftre je voudrois la mienne, mais toute entière comme
je vous ay mandé par le pafî'é IO) quand je vous ay prié auffi de vous faire monftrer
premièrement les cheveux a moins de quoy nous ferons trompés indubitable-
ment.
Pour mon Frère
N= I 154.
Y. CONRART à CHRISTIAAN HlJYGENS.
17 OCTOBRE [1663.]
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Mécredy 17 Octobre.
J'ay appris, Monfieur, par le dernier billet que J'ay receu de Monfieur Cha-
pelain, que vous elles dans mon voiiinage. Si Je l'eufle feu pluftoft , Je n'euflè
pas manqué d'envoyer (avoir de vos nouvelles; & Je vous en irois demander moy-
mefme aujourd'huy, fans la crainte que J'ay de vous détourner de vos importan-
tes occupations. Si néanmoins, par le beau temps qu'il fait, vous elles d'humeur
a \ous divertir par la promenade, & que vous n'ayiez point de voiture , Je vous
en offre vue, qui fera prefte h toutes les heures qu'il vous plaira. Mandez-moy,
s'il vous plaift que je vous l'envoyé demain matin pour venir diluer icy, & pour
faire en fuite tout ce que vous délirerez; & vos ordres feront fuivis,
Je vous donne le bon-Jour, Monlieur, & fuis tout-à-vous
CONRART.
Pour
Monlieur Huggens, chez Monfieur Perraut l)
A Viry.
( ..h ultez la Letl re I\ . 1 1 4.;.
') Claude Perrault, fils de l'avocal an Parlement Pierre Perrault, naquit en 1613 à Paris, où
il mourut le 9 octobre t688. D'abord docteur en médecine, il se voua plus tard àl'archi-
ture, et y acquit une grande réputation; il mourut des suites d'une blessure qu'il s'était
faite en disséquant nu chameau putréfié.
CORRESPONDANCE. 1663. 415
N° 1155.
Christiaan Huygens à Constanïyn Huygens , frère.
19 octobre 1663.
La lettre se trouve à l.e'nlen , coll. Huygens.
Elle est la réponse au N<>. 1153- Const. Huygens, frère, y répondit par le No. 11 57.
A Paris le 19 Octobre 1 663.
Je vous envoie aujourdhuy voflre perruque par la porte avec deux robbes de
watte dont le frère Louis a donné commiffion a Moniieur Chieze. Vous pourrez
ouurir le pacquet , en cas qu'il foit défia parti ; et pour faire en aller les mauvais
plis qu'elle aura, pour avoir elle ainfi prertec, vous la mettrez a l'air dans la fe-
nertre un jour durant, bien peignée, et elle fe remettra comme il faut. C'eft ce
que le mairtre m'a prie de vous mander , qui eft le mefme qui fit la calotte pour
Moniteur van Leeuwen, et m'a afTurè que ces cheueux icy font des meilleurs
qu'on puirte avoir. Moniteur Chieze les a veu devant qu'il les travaillai!, et dit
qu'ils ertoient frifez naturellement. Il vous femblera peut ertre qu'il en a mis
trop, mais feachez qu'icy on les porte ainfi, et en tout cas plullort que d'en faire
couper, le mairtre fouhaite que vous la renvoyiez, a fin qu'il en farte une plus
petite. J'en ay paye 4 louis et demy, les quels ayant redemande al Signor Padre
il m'a dit qu'il n'auoit pas de l'argent maintenant l).
Je verray s'il me les voudra rendre fans qu'ils foient déduits de voilre pen-
fion, et vous donneray avis de ce qui en arrivera. Je fais faire au mefme ou-
urier une perruque pour moy par ce que je voy que le tour me galle tous les
cheveux.
Le Sieur Borte 2) me donna hier une adrertc pour avoir du Carmin, mais je
n'ay pu y aller encore. Il me parla aulli d'un excellent peintre en miniature qui
demeure en ce quartier, nommé Werner 3), que j'iray veoir. 11 croit que Jul.
Clovio 4) n'ert pas comparable a ce Suide, mais le bonhomme ne s'y cognoit
pas trop.
Il femble que noller 5) pourrait reuflir en cette affaire 6) qu'il a entreprife en
x) Ici il y a trois lignes biffées dans l'original.
2) Sur A. Bosse, voir la Lettre N°. 36- , note i .
3) Joseph Werner naquit en 1637 à Bern, où il mourut en 1710. 11 partit en 1654 pour Rome,
et vint à Paris comme peintre de la cour de Louis XIV. Tombé en disgrâce, il parcouru!
diverses cours de l'Europe, retourna à Bern en 1682, devin! de 1695 a 170; directeur de
l'Académie de peinture de Berlin, el se retira de nouveau à Bern.
4) Voir la Lettre N°. 810, note 5.
5 ) Le frère Lodewijk.
rt) Consultez la Lettre N°. 1151.
41 6 CORRESPONDANCE. 1663.
Zelande. Le feul fcrupule que j'y trouve elt le mefme que vous avez, touchant
les biens du futur bcaupcrc, mais la quantité et qualité des rivaux fait que j'en
ay meilleure opinion.
A Monfieur
Monfieur de Zeelhem
A la Haye.
N°= II 56.
J. Chapelain à Christiaan Huygens.
20 octobre [1663].
I,r. lettre se trouve à l : 'en, coll. Huygens.
Monsieur
je n'ay jamais rien fait auec plus de joye que de vous propofer a Monfieur Col-
bert ') comme vn des plus dignes objets de lcftime et de la beneficence du Roy lors
quil me fit lhonneur de me conlulter fur les Gens de lettres eminens auxquels fa
Majefté cftoit refoluë d'en donner des marques folides. Pour voltrc particulier je
vous en touchay quelque chofe il y a quatre ou cinq mois, et vous en auriés veu
deflors l'effet (i voltre voyage d'Angleterre nen eull point rompu les mefures.
AuiTi tort que j'ay feeu voftre retour j'en ay aucrti Monfieur Colbcrt qui a or-
donné a Monfieur Dumetz lvn de fes Premiers Commis de vous mettre entre les
mains le prefent :) qui vous attendoit il y a fi long temps. Il en a voulu prendre la
peine luy mefme fur cet ordre et fur ce que je luy ay rapporté de voltrc vertu. Car
comme il n'en a pas vne ordinaire il a cfté bien aile dauoir cette occafion de voir
vne Perfonnc aufli extraordinaire que vous. Vous cites fi ciuil qu'il auroit fujet de
fe louer de vollre bon accueil quand je ne vous aurois point rendu de tefmoignagc
de fon mérite. Je ne fuis point auffi en peine de la façon dont vous le traitteres.
Pour le remerciment que vous aurés a en faire au Roy et a Monfieur Colbert il
') Jean Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, neveu d'Odart Colbert, négociant opulent
et secrétaire du Roi , naquit à Reims le 20 août 1619 et mourut à Paris le o septembre 16S3.
Destiné à la carrière des finances, il devint le successeur de Mazarin, comme ministre de
I ,ouis X I V. ( l'est a lui qu'il faul reporter les bénéfices dont Louis XI Y gratifia divers savants
français et étrangers; c'est lui qui érigea l'Académie des inscriptions et belles-lettres en
1663, L'Académie des sciences en 1666; qui créa l'observatoire, le jardin des plantes, et
in l'on truire la plupart: des monuments et édifices qui ont illustré le règne de Louis XIV;
en 1671 il perdit son influence auprès du Roi mais resta pourtant ministre.
Sur ce présent de Louis XIV, consultez la Lettre N°. 1 [58.
CORRESPONDANCE. 1663. 417
eft bon que nous nous voyons au pluftoft, afin que je vous die de quelle manière
cela fe deura faire. Je vous diray feulement parauance quil faudra commencer
par Monfieur Colbert comme par le premier moteur de cette grâce et que vous
trouuerés bien préparé par moy fur ce que vous valés. Je fuis auec paffion
Monsieur
Voftrc trefhumble & très obeiflant (bruiteur
Chapelain.
Ce 20. Octobre
A Monfieur
Monfieur Christianus Huggens de Zulichem.
N= 1157.
Constantyn Huygens , frère, à Christiaan Huygens.
25 octobre 1663.
La lettre se trouve h Leiden, coll. Huygens,
Elle est la réponse au No. 1155. Chr. Huygens y répondit par le No. 1161.
A la Haye le 25 Oelobre 1663.
Je vous remercie beaucoup de la peine prife en me procurant ma perrucque, que
vous me dites auoir envoyé par la Porte et qui ne paroifl pourtant pas encore. Je
croy que vous l'aurez adreffée à l'Unicus *) et que je l'auray par le batteau d'An-
uers qui vient demain. Si il Signor Padre la paye de gré je luy en feray beaucoup
obligé, aulïi bien , foit dit entre nous, je n'auois pas fait grand deffein de luy rien
rendre quand une fois il aurait donné l'argent. Je prevoy bien que ce ne peut élire
que pour une fois, et que quand je ferais après de femblables remifes elles ne re-
cevroyent pas grand acceuil , mais c'efï. touf jours autant de gaigné , et je fais citât
de vous envoyer de l'or dans le pacquet s'il faut que je vous importune pour d'au-
tres emploittes; comme je vous prie maintenant de m'achepter deux de ces petits
liurets ou plniloft enveloppes qu'on nomme des Agenda, et ou Ion met du papier
") Philips Doublet.'
Œuvres. T. IV. 53
41 8 CORRESPONDANCE. I 663.
blanc quand le premier eft reraply. Ils ferment auec deux petits fermoirs et au
dos, iî je m'en fouviens bien il y a pour mettre un potloot pennetje ;). Monconis
en auoit une ou il y auoit du papier frofte auec du Tripoly ou Ion peut efcrire def-
fus auec un poinçon d'argent, mais j'ayme mieux le Potloot. Je defire qu'il y ait
le moins de façon qu'il ert poffible, et vous prie de me les mettre dans le pacquet
le prochain ordinaire, fans papier dedans qu'icy j'y peux faire mettre, dites moy
ce qu'ils couftent et je vous le renvoyeray dans ma lettre. Il me vient dans la pen-
fee que fi Ion en pouvoit auoir une de chagrin , auec des petits fermoirs d'argent
maflifs j'en aurois afTez d'une , ce cuir la durant beaucoup.
Severyn 3) trauaille dcfja depuis quelques jours à la monftre que vous luy
avez commandée pour le lord Broncker. mais par ce que vous dites qu'elle doibt
eftre comme la voftre et que vous en avez deux dont la dernière eft avec deux
cercles je ne feayde la quelle") vous entendez parler, et il vous plaira vous expli-
quer la defîus le pluftoft qu'il fera poffible. Il fera en forte que chafeune des
trois cguilles tourne fur Feffieux d'une grande roue ce qui fait qu'elles ne branf-
lent point.
Samedy paiïë il noftro inamorato 4) partit bonis auibus et j'attends feauoir quel
fucces aura l'entreprife.
La tefte luy en tourne et il fe trefmouïïe fort, eft chagrin et morne, et Cham-
pagne eft crié encore plus que de couftume. d'autres accommodent l'amour à leur
intereft. mais luy accommode fes interefts à ion amour et fe baftit certains caf-
telli in aria defquels je crains qu'ils ne difparoiiïent quand l'amorofa febbre l'aura
quitté. Il faut efperer le meilleur, et attendre les événements.
POUI* MON FRERE HUYGENS.
") Comme mon vieux horologe; s'il a ertè payé [Chr. Iluygens].
2) Traduction: un crayon.
■ 1 Sur Severijn Oosterwijk, voir la Lettre IV. 1104, note 18.
Constantyn désigne son frère Lodewijk Huygens.
CORRESPOND. \NCF,. 1663. 419
N° 1158.
CllRISTIAAN HUYGENS h CoNSTANTYN HUYGENS, frère.
16 OCTOBRE 1663.
La lettre- se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Cunst. Huygens, frère, y répondit par le Nu. 1159.
Paris 16 Octobre 1663.
Monficur van Loo ') le Peintre ce matin m'a fait prefent d'un peu de Carmin
dont je vous envoie icy la moitié. Je croy que cet échantillon vous pourra fuffire
pour long temps, mais fi vous en defirez d'avantage je vous en feray avoir.
Je vous avois recommandé de faire faire un horologe a pendule de 3 pieds.
Souvenez vous en je vous prie.
Van Dalen me demande l'argent d'un compte de 85 livres. Je vous prie de luy
payer 70 livres op rekening ") , après qu'il vous aura eferit le dit compte et la qui-
tance de 70 livres. Je vous devray de l'argent de refte en rabattant celuy de la
perruque, et je l'employeray a ce que vous m'ordonnerez. Mon prefent du Roy
de 1 200 livres m'a elle aportè il y a quelques jours 3).
Adieu, l'on attend cette lettre.
A Moniteur
Moniteur de Zeelhem.
A la Haye.
') Sur Jacob van Loo, voir la Lettre N°. 1 104, note 16.
2) Traduction: pour acompte.
3) Consultez la Lettre N°. 1 150.
420 CORRESPONDANCE. 1 663.
N* 11 59-
Constantyn Huygens, frère, à Christiaan Huygens.
31 OCTOBRE 1663.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 11 58. Chr. Huygens y répondit par le No. 1164
A la Haye le 31 Octobre 1663.
Du Carmin grand' mercy , comme vous dites cela feruira pour long temps auec
un peu que j'ay encore de Blauet ').
Touchant l'Horologe je vous ay efcrit par l'ordinaire païïe 2) et attends ref-
ponfe. quand je l'auray il fera fait en peu de temps.
Je payeray van Dalen de l'argent del Signor Padrejufqu'a 70 francs comme
vous ordonnez et vous s'il vous plaift luy en rendrez la valeur à Paris, une des
raifon pourquoy je ne le paye pas du mien vous l'aurez allez comprife dans ma
précédente. Qui cft que par la feroit deftournée l'eftouade que je prétends de
luy tirer , et qu'en e fie et il ne devroit pas vouloir parer auec obltination, veu que
quand nous adjultames auec luy noftre penfion annuelle la chevelure ne fut pas
mile en ligne de compte, et maintenant on ne feauroit s'en pafïer.
La féconde raifon eft que quand j'aurois payé pour vous 70. ffi il en rerteroit
30. entre vos mains d'oififves, et l'oilivité elr. une faute dont mon argent n'eft pas
capable , cela efl bon a vous autres riches penlionnaircs du Roy d'auoir ainfi de
greffes fommes in banco, mais nous autres en ufons d'ordinaire à l'exemple du
fage Bias. Apres tout il faut qu'il Signor Padre donne ces quatre et demy louis
d'or pour ma perrucque ou comme don gratuit, ou comme par forme de prell ,
et puis nous verrons de la reftitution.
Je viens d'auoir auis de l'Unicus 3) que le Courrier luy auoit remis les Wattes
et ma perrucque et qu'il les envoyeroit le lendemain.
Je vous prie de me dire ce que faifoit en Angleterre vander Does 4) et s'il eft
vray ce qu'on a dit icy qu'il auoit une bouticque fermée dans Withehall ou Ion
alloit jouer a la Rafle.
Vous parlez bien laconiquement du Prefent Royal, eft ce une penfion pour touts
les ans, ou n'eft ce que pour cette fois icy ?
Pour Mon frère I Iuyokns.
1 Sur Blavet , voir la Lettre N°. 1 107, note 1.
2) Consultez la Lettre N . 1 1, s'-
il s'agit de Philips Doublet.
1 Consultez la Lettre N°. 807, note 13.
CORRESPONDANCE. 1663. 421
N= 1160.
J. van Vliet à Christiaan Huygens.
31 OCTOBRE 1663.
La lettre se trouve à Leiden, cuil. Huygens.
Illuftri Viro Christiano Hugenio Janus Vlitius S. P.
Humanitas femper tua tanta crga me, et novifîlme iterumfuit, ut verbis eam
velle redhoftiri, prima ingrati nota fuerit. Res meac Principi Dominae1) fatis pla-
cere mihi videntur, ex eo quod Bellimontium :) Senatorem nuper hic ftudia mea et
confuctudinum cditionem3) criminantem, fatis acriter refellerit; et data pafîim oc-
cafione diligentiam meam approbaverit, teftc praefcnti Rompfio4) ejus Archiatro.
Scd intérim pendent opéra, interrupta, minaeque unius atque alterius male-
voli KOi) à[j,oô<rwv obftant. Gothica et Anglofaxonica Euangelia 5) propemodum
typis abfpluta funt, fecuturo ea GlofTario Gothico, cui ftrenuam operam navat
gnarifTimus iilarum Linguarum optimufque Senex Junius 6). Ejus Nepos Voffius 7)
pro lxx fuis ultimum depugnat certamen 8), quo obtreftatores y) omnes, ceu una
'") Van Vliet indique ici Amalia von Solms, la princesse douairière.
2) Sur Herbert de Beaumont, voir la Lettre N°. 240, note 3.
3) Sur cet ouvrage, consultez la Lettre Nc. 1 120, note 1.
4) Sur Christianus Constantims Rumphins, voir la Lettre N°. jjj , note 1.
5) Voir, sur cet ouvrage, la Lettre N°. 1120, note 10.
rt) Sur Francisais Junius, voir la Lettre N°. 903 , note 5 : il était alors âgé de 72 ans.
7) Isaac Vossius était le fils cadet de Gerardus Johannes Vossius: et celui-ci avait, en 1607,
épousé en secondes noces Elisabeth junius, fille de Francisais Junius.
8) Ifaaci Voflîi Appendix ad Librvm de LXX [nrerpretibus. Continens Refponfiones ad ob-
jecta aliquot Theologorum. Hagae-Comitis. Ex Typographia Adriani Vlacq, mdclxiii.
in -40.
y) Dans l'ouvrage de la note 8, il s'agit d'abord du professeur de Leiden :
Johannes Coccejus, fils de Tyman Cock et d'Elisabeth Baken; il naquit le 9 août 1603 a
Brème, et mourut delà peste a Leiden le 4 novembre 1669. Après avoir fréquenté plusieurs
universités, il fut nommé en 1630 professeur de théologie à Brème, en [636 à Franeker
en 1649 a leiden. Fn 1635 il avait épousé Katryna Deichmann de Brème 11 était théolo-
gien militant, polémisa contre Gijsbert Voet, Samuel Maresius et Is. Vossius, et avec son
collègue A. Ileidauus défendit contre Hoornbeek et Essenius la liberté religieuse. Il a laissé
un grand nombre de pamphlets et d'ouvrages, parmi lesquels celui dont il est question
dans notre lettre:
Defenfio altéra auctoritatis Verbi Divini Veteris Teflamenti, quod et! in Hebraico Codiee,
et eius lectione recepta , adverfus appendicem Hagienfern Libri de LXX interpretibus. Am-
llelredami apud Cafparum Commelinum. 1664. in-4 .
422 CORRESPONDANCE. 1663.
fidelia, dcpingere, et conficere fperar. Quod, cum hominum iftorum loquacita-
tem cr irrcquictos fpiritus confidero, vereor ut illi fuccedat. Principes craftino
mane hinc Geertrudenbergam , navibufque inde Hagam proficifcentur. Princeps
A via x) totam penc aeftatem et hic et Turnhalti [cujus aeque ac Salehemij IO), quod
mine ad Ampli flîmum Fratrem tuum pertinet talis in Lege Saliea mentio fit] maie
fe habuit, adeo ut pauciffimis contigerit eam aecedere; quod et mihi faepius
tentanti denegatum. Buriledij Burftediaeque ") Illuftrem Parentem cuumteque
mecum plurimum falutant. Vale Aftrorum Coelique decus, et, ut facis,amare
me perge. Dabam Bredae e Senaculo noflro, quod Ilaufmanni 12j defunéti loco,
caeteris manentibus, Zuerius 13) tuus meufque afïinis adauxit. Pridie Kal. Novem-
bres cIdIdclxiii.
Optimae indolis Juvenem , Bouartij Chirurgi I4) filium qui , ut operam Ana-
tomico iludio navet, Parifios abit, et hafee tibi tradet, quoad ufus illi i'uerit,
commendatum tibi volo; et ut mei memineris, ii forte in Diéïionarium Aremo-
Puis d'Ant. Ilulsius (voir la Lettre N°. 63, note 3). qui écrivit:
Antonii Hulfii Linguae S. Profeflbris Authentica abfoluta S. textus Hebraei Vindicata
contra criminationes CI. Viri Isaaci Voflîi in libro recens edito de tranflatione LXX. Inter-
pretum. Addnntur Epiltolae binae. Vna ad Cl. Colvivm de Parallelifmis textualibus. Altéra
ad Cl. Vofliuni de periculo fuae fententiae. Roterodami. Ex oflicinà Arnoldi Leers.
cIdIdclxii. in-40.
Enfin de l'ouvrage:
Diatribe de Authoritate verfionis Graecae, quae dicitur LXX. interpretum. Cui praemill'a
defenfio pro veritate & calcnlo Hebraei hodierni codicis,adverfus Virnm Eximium [faacum
Voffium, Item expofitio fententiae Auguftini de canonicà authoritate dictae verfionis. Av-
thore Chriftiano Schotano SS. litt. Doftore. Franequerae. Ex Typographico Johannis Wcl-
lens, Academiae Typographi jurati. 1663. in-40. •
dont l'auteur est
Christianus Schotanus à Sterringa, fils du pasteur Bernardus Schotanus et d'Alethea Wil-
sing; il naquit le 10 août 1603 à Schingen et mourut à Franekcr le 12 novembre i6~\.
D'abord pasteur, il devint en 1639 professeur de grec et de théologie à Franeker, quoiqu'il
restât pasteur en même temps. II épousa successivement Aletta Culemborg, Lssca van
Coehoorn, veuve de Tanno van Oosterzee, et Ililtje lierons van Felsum, veuve de Obbe
Sjoerds.
IO) C'est la seigneurie de Zeelhem, dont Constantyn Huygens, frère, portait maintenant
le nom.
") Voir la Lettre N°. 1 120, note 9.
I2) Sur Jan Jacob Ilausman, voir la Lettre N°. cfi, note 6.
IJ) Samuel Suer ius, fils dejoris Suerius et de Johanna Becker; il naquit le y août 1633, devint
receveur des domaines des princes d'Orange à Breda, et fut échevin de cette fille de 1664
à 167] ; il épousa Elisabeth de Schildere (qui mourut le 30 août 1680), puis Elisabeth van
der Does.
'4) Comelis BouartS, médecin à Breda, fut de [64X & 16-4 membre du conseil municipal.
CORRESPONDANCE. 1 663.
ricum IS), aut id genus alios libres incideris. Impreflum illud in 4to circa anno
1566 Parifijs, nifi fallor.
Iterum atque iterum vale.
Monfieur
Monficur Chrestjen de Zulichem
;i Paris,
par amis.
N= ii(5i.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
2 NOVEMBRE 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huyqens.
Elle est la réponse au No. 1157. Const. Huygens, frère, y répondit par le No. 1162.
A Paris ce 2 Novembre 1663.
Quoyquc je vous aye prié par ma précédente *) de payer pour moy a van Dalen
les 41 livre que j'ay debourfè pour voftre perruque , et encore 29 livres d'avan-
tage cela n'empefehera pas que vous ne l'ayez de la manière que vous avez fait
eltat, pourveu qu'il Signor Padre y confente comme je ne doubte point qu'il ne
fafTe. Mais jufqu'icy je n'ay feeu avoir ny la reftitution de mes 4 piltoles et demie
ny de l'argent pour moy. lors que je les auray receues je vous les feray avoir par
lettre de change fi vous voulez avec le relie de ce que je vous devray. Cette
après dinee je vous chercheray des tablettes de chagrin comme vous les defirez et
vous les envoyeray par Monfieur Elvefton gouverneur des Meilleurs de Gent :),
qui part demain pour Hollande.
I5) l'Auteur ne peut désigner que l'ouvrage suivant:
Le Catholicon en troys langaiges, feavoir eft breton, francoys et latin, félon l'ordre de
l'a b c d. Didionarius britonum conftruens tria ydiomata videlicet: britannicum , fecundum
ordinem alphabeti, gallicum et latinum fuperaddita a M. J. Lagaduel, Diocefis Trecorenfis
compofitusad utilitatem clericorum novellorum britanie.
La première édition est de 1499, Tréguier, eu 1501, Yves Quellivéré en donna une se-
conde édition à Paris in-8°.
') Consultez la Lettre N°. 1 158.
2) Probablement il s'agit ici de
a) Johan van Gent,
è) Otto van Gent,
c) Willem Joseph van Gent,
lils de Nicolaas van Gent et de Johan na van Oyen.
424 CORRESPONDANCE. 1 663.
Il faut que l'horologe pour Monfieur Brounker fou comme le vieux que j'ay,
c'eft a dire pour la forme et cercle unique. Les indices eftoient bien ordonnez
dans celuy qu'il 3) vendit a Monfieur Bouillant 4) a long pendule, et qu'il imite
ceftuy la en tout, fi ce n'eft qu'il (bit bien aflurè de pouuoir faire mieux. J'efpere
qu'a la fin il aura elle paye de l'autre horologe qu'a eu Monfieur Bouillant s). Le
frère Louis avoit promis de le faire, et je ferois bien aife de feavoir s'il s'en eil
acquitè.
J'ay trouvé le Palais et toutes les boutiques fermées a caufe du jour de ferle rt),
quoyqu'on m'euft dit que l'apres dinee elles feroient ouvertes. Vous n'aurez donc
les tablettes que par l'ordinaire prochain.
A Monfieur
Monfieur de Zeelhem
A la
Haye.
N2 1162.
Constantyn Huygens, frère, a Christiaan Huygens.
8 novembre 1663.
/.(.• lettre se trouve à Laden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1161. Chr. Huygens y répondit par le No. 1166.
A la Haye le 8 Novembre 1663.
Je vous dis dans ma dernière l) que j'allois payer van Dalen de l'argent del Sig-
nor Padre et que vous pourriez luy en faire la reilitution. Si vous aymez mieux
pourtant que moy je le donne, pourveu que bientoft vous me le laflicz rauoir ici
par lettre de change ou en efpece dans un pacquet un peu gros, je le veux bien,
mandez le moy. Le payement de ce fripon n'ell pas ii prefïë.
"' Severyn Oosterwijk.
1 Lors de la visite de Isiru Bouiliaii aux Pays Bas en 1662. Con su liez la Leti re N°* 1015.
s Voir la Lettre N°. [079.
La \ eille avait été la fête de la Toussaint.
') Consultez la Lettre N° 1 159.
CORRESPONDANCE. 1663. 425
L'horologe de milord Brouncker fera bien toft fait, a qui faut il le configner,
et qui en fera le payement?
L'horologe de Mon (leur Bouillant n'eft pas encor payée. Toot 2) a négligé
jufques icy de faire receuoir l'argent à Arafterdam, et dit quelques jours devant
fon départ qu'il y auoit un compte entre Chicze et luy et que de ce qu'il îuy
devoit il auoit defïein de le payer, mais ayant la telle pleine de vent de Zelande 3)
il n'en a rien fait, cela n'eft pas bien pourtant.
J'attendray donc cet Agenda par l'ordinaire prochain, j'efpere qu'il fera tel
comme je l'auois demandé c'eft a dire pour mettre du papier dedans et non pas
auec des fueilles pour efcrire auec de l'argent deftus.
Mademoifelle vander NifTe 4) eft icy depuis fept ou huiél jours. Watervliet 5)
et Monfieur d'Odyc 6) s'évertuent fort dans fa Cour et ce dernier auec tout
l'emprelTcment et toute aiïiduité pollible, et neantmoins fes affaires font encore
fort incertaines.
La Confine Eiberg 7) a ce dit on un galand 8) qui luy en veut tout de bon.
Il eft de Groeningue et député icy dans la Chambre des Comptes.
Pour Mon frère Huygens.
2) Toot est le nom familier de Lodewijk Huygens.
3) Consultez la Lettre N°. 1 147.
4) Cornelia van der Nisse, dame de Waarde et Nisse, fille de Gillis van der Nisse, seigneur de
Waarde et Heinkenszand, échevin de Goes, député à la chambre des généralités, et de Geer-
truyd van Alteren. En octobre 1669 elle épousa Emmery van Watervliet.
5) Sur Emmery van Watervliet, voir la Lettre N°. 835, note 16.
6) Sur Willem Adrianus van Nassau, voir la Lettre N°. 909, note 8.
7) Probablement il s'agit ici d'une Demoiselle Eyckberg, fille de Johan Eyckberg (voir la
Lettre N°. 230 , note 3) et de Petronella van Campen (voir la Lettre N°. 234. note 1 1).
8) Sicco Eeck, fils de Johan Eeck, seigneur de Lappersum et Wirdnm et curateur de l'Uni-
versité de Groningue, naquit en 1626 à Groningue et étudia le droit à Leiden en 164-. Il
remplit diverses charges, entre autres à la Haye.
Œuvres. T. IV. 54
426 CORRESPONDANCE. 1663.
N° ii(53.
R. Morav à Christiaan Huygens.
8 NOVEMBRE 1663.
La lettre se trouve a Le'iden , coll. Huygens.
Chr. Huygens y répondit par le No. 1167.
A Whitehall ce 29. doétobre 63.
Monsieur
Voycy un abbregé ') du Journal que m'a donné le Capitaine 2) qui a eu le foin des
horologes a pendule pendant un Voyage d'icy a Lifbonne. Vous l'entendrez auflî
bien de cette façon comme fi l'euffiez eu tout au long. J'en attendray vos fenti-
mens auec quelque forte d'impatience, n'y perdez point de temps, pour vous y
obliger, Je vous diray qu' hier Monfieur Boile rapporta dans noftre AfTemblee 3),
qu'il auoit tellement epuifé l'air du Mercure , fans autre façon , que la feule répé-
tition de l'expérience de Torricelli en y mettant tant foit peu d'eau, que le mer-
cure demeura fufpendu a la hauteur de 75. 4) poulces, dix ou douze heures de
fuitte. faites nous part de ce qui fe fait là ou vous elles, de curieux. Je fuis de tout
mon coeur
Monsieur
Voitre trefhumble trefobeifTant et treiaffectionné feruiteur
R. Moray.
Monfieur Brouncker et Boile vous baifent les mains.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem.
Au petit Moyse, rue de petit Bourbon
io/3 A Paris.
') Nous n'avons pas trouvé cette pièce dans nos collections. Consulte/, la Lettre N°. 1167,
note 1.
2) Le capitaine Holmes.
R. lioyle a communiqué le résultai de cette expérience dans une lettre à 1 1. Oldenburg (con-
sultez la Lettre N". 1 171 ). On ne le trouve pas mentionné dans les Proceedings de la séance
du 28 octobre (V. st.).
4) Consultez la Lettre N". 1 171.
CORRESPONDANCE. 1 663. 427
N= 1164.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
[9 novembre 1663] ').
Le sommaire se trouve à Leiden , coll. Huygens.
La lettre est la réponse au No. 1 1 59.
Sommaire : Tablettes bonnes un Louis d'or 2).
Horologe depcfchè pas payé :).
Van der Does 3).
Prefent Royal quadruple, quelques uns penfion. Point de Venife 4) pour M ad émoi le lie de Dona 5).
S. Rijckaert 6).
N° 1165.
Christiaan Huygens à R. Moray.
II NOVEMBRE 1 663.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
Sommaire Mieux fcj °.,Broncfcer, Telefcapes <J> .
A Paris le 11 Novembre 1663.
Monsieur
Je vous fuis fort obligé des bonnes nouuelles ') qu'il vous a pieu me communi-
quer touchant le comportement des pendules par mer, et j'en ay beaucoup de joie
') Ce sommaire, écrit sur le revers de la Lettre N°. 1 1 59 , appartient à une lettre de Chr. Huy-
gens à Const. Huygens du 9 novembre, qui s'est perdue.
2) Consultez la Lettre N°. 1161.
3 ) Sur Jacob van der Does, voir la Lettre N°. 807 , note 1 3.
4) Consultez la Lettre N°. 1 166.
s) Cbristophorns Delphicus, comte von Dhona, fils du stadhouder de la principauté d'Orange,
Christoffel, comte von Dhona et d'Ursula von Solms, naquit vers 1620 et mourut à
Londres.
Il épousa Anna comtesse d'Oxenstierna, qui lui donna deux filles:
a) Carolina Eleonora.
b") Amalia Lndovica.
C'est l'une de ces deux qui est mentionnée dans la lettre.
6) Sur Susanna Rijckaert, voir la Lettre N°. 820, note 14.
*) Nous ne possédons pas cette lettre de R. Moray à Chr. Huygens.
428 CORRESPONDANCE. 1663.
ne m'ayant pas ofè promettre qu'elles auroient un fi bon fucces. Ne manquez pas
je vous prie à m'en envoier au plus toft la relation du Capitaine tant pour m'ef-
claircir entièrement en ce qui regarde cette importante expérience qu'a fin que je
m'en puifie fervir ou il fera befoin. Car je fuis d'au is ainfi que vous, et ceux de
la Société Royale , qu'il faut commencer a agir tout de bon dans cette affaire , et
qu'il y a affez de fondement pour demander fans hefiter les Privilèges.
Mon lieu r l'Abbè de Beaufort 2) avec quelques autres de mes amis, a qui j'en
parlay hier par occafion d'une promenade que nous fifmes enfemble hors delà
ville, me confeillerent tous de demander pluftoft une recompenec icy au Roy
qu'un Privilège, et propoferent mefme les moiens dont il faudroit fe fervir pour
l'obtenir. Pour moy je crois que ce ne feroit pas mal , mais je délire d'en feauoir
voftre auis, et j'en confulteray cependant auec d'autres perfonnes encore, que
je fcay m'y pou uoir fervir. En Hollande le meilleur fera de demander le privi-
lège, et l'affaire reufiiffant bien , le pris qu'on y a deftinè ne pourra pas nous man-
quer. Pour l'Efpagne, le Dancmarc et la Suéde je fcay des gens que j'y pourray
emploier.
Ayons donc voftre Journal par ce que par tout il faudra l'alléguer. Monfieur
le Conte de Kincairdin 3) fera bien rejouy aflurement quand il verra voftre lettre,
et il me tarde que vous me communiquiez fa refponfe pour entendre fon avis fur
le tout. Je luy fuis bien obligé de ce qu'il a toufjours eu meilleure efperance
touchant cette Invention, que moy. Toute fois fi mon voyage ne fuft pas furvenu
je Pavois défia fi bonne, que je me ferois embarqué auec deux horologes que j'ay
fait faire pour cet effeét, et qui m'attendent maintenant a la Haye. Je n'entens
pas bien ce que vous dites de la différence de 15 degrez qu'on a trouuée : eft ce
entre la longitude trouuée par la voye ordinaire, et par celle des pendules? Ce
feroit un peu beaucoup , et j'aurois peur que les pendules n'auroient pas eftè mis
a la jurte longueur, a quoy il faut prendre garde fur tout, et je vous prie de le re-
commander bien a celuy des voftres qui aura foin d'accorder les horologes quand
ils s'en iront aux Indes4). Il faudra bien auffi donner inftruction au Capitaine, pour
ce qui eft de la méthode de trouuer l'heure au lieu ou il eft, par le moyen de deux
égales hauteurs du Soleil devant et après difner, car autrement je fcay qu'ils ont
:) Dom Eustache de Beaufort naquit en 1635 et mourut !e 22 octobre 1709. Nommé à 19 ans
abbé de Sept- Fonds, de Tordre des Clteaux, il ne réussit pas d'abord à maintenir Tordre;
lorsque, en 1 663, il voulut introduire des régies plus sévères, il fut abandonné de ses moines;
il en rassembla d'autres, qu'il soumit à la discipline la plus dure.
3) Alexander Bruce. Voir la Lettre N°. 1073. note 3.
1 Dans la séance du 1 1 novembre 1663 (V. st.), sir R. Moray annonça que les deux horloges
à pendule seraient reprises par le capitaine Holmes, pour servir dans son voyage aux Indes
< >'•< iden taies. Consultez !a Lettre N°. 1 173.
CORRESPONDANCE. 1663. 429
des manières d'obferver le midy fore peu exactes. Pour l'aequarion du temps je
veux croire qu'il y aura pris garde en fe fervant de ma table.
L'expérience du ^5 qui demeure a 55 pouces fans defeendre eft très belle 5), et
eftablit fans contredit le paradoxe qui paroit eftrange a ceux que j'en ay parlé icy
et qui font des plus fubtils. Je vous prie que je feache comment ils ont pu fi bien
purger le ^ de tout air, s'il n'a fallu que le laifler comme on fait a l'eau , ou s'il
y faut autre chofe. Que je fâche auffi fi les 55 pouces font demeurez quoy que le
récipient fut vuidè d'air, ou feulement auparavant, car c'eft défia un miracle,
puis qu'il ne demeurait ordinairement qu'a 30 pouces au plus. Les obfervations
des changements du temps que vous avez ordonnées 6) feront afïurement belles et
de plus d'utilité que l'on ne croit.
Quand je feray en lieu de repos je vous prieray de me procurer un thermomètre
comme ceux que vous avez 7), ou du moins que vous m'en communiquiez la fa-
brique, s'il y a quelque chofe d'extraordinaire a ceux que fait voftre operateur.
Je vous afTeure que toutes ces belles expériences et occupations de voftre Illuftre
Société a tous ceux que j'en parle font avoir grande opinion et refpecl: pour elle.
Je vous ecriray un autre fois ce qu'on fait icy en matière de lunettes. Mainte-
nant je fuis contraint de finir après vous avoir affurè que je fuis de tout mon coeur,
Monsieur
g
Voftre treibbeillkiit teruiteur
Chr. Hugens de Z.
J'ay eferit deux lettres8) a Monfieur Brereton de la réception des quelles je
fuis encore incertain. N'oubliez pas je vous prie de faire mes baifemains a tous
les amis.
s) Dans la séance du 21 octobre 1663 (V.st.), W. Brouncker communiqua à!a Société Royale
qu'il avait fait demeurer suspendu le mercure, avec un peu d'eau par dessus, à la hauteur
de 55 pouces. Consultez la Lettre N°. 1171.
rt ) Dans la séance du y septembre 1663 (V. st.), H. Oldenburg annonça que Beale s'était offert
pour observer les changements du temps, et que celui-ci espérait faire participer à ce travail
d'auties personnes en différents lieux du pays; il pria la Société Royale de lui faire parve-
nir quelques thermomètres identiques, pour les distribuer. L'assemblée ordonna alors à
l'opérateur R. Hooke de procurer une douzaine de ses thermomètres à esprit de vin, qui
seraient envoyés à Beale et dans différentes parties du monde.
7) Dans la séance du 22 octobre 1663 (V.st.), R. Hooke apporta de ces thermomètres
ajustés, dont un fut donné à Mr. Waterhouse pour Mr. Childrey; un deuxième au Dr.
Croune, pour le Dr. Power; un troisième à R. Moray pour Mr. Beale; tandis qu'un qua-
trième fut gardé par la Société, pour servir d'étalon.
8~) Nous n'avons pas trouvé les minutes de ces deux lettres de Chr. Uuygens à W. Brereton.
CORRESPONDANCE. 1 663.
N°= 1166.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
l6 NOVEMBRE 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1162. Const. Huygens, frère, y répondit par le No. 1168.
A Paris ce \6 Novembre 1663.
De vous envoier des piftoles en Holande c'eil à quoy j'aurois trop de peine a
me refoudre, payez en 7 à van Dalen fans fcrupule de l'argent del Signor Padre
et je le luy diray a fin qu'il me les rabatte fur les premiers fublîdes qu'il me don-
nera, s'il ne m'en veut pas faire prefent, comme il devroit bien puis qu'il vous
en fait. Une de plus que vous me devez font 8.
Vous ne me mandez rien touchant voftre perruque , que vous devez pourtant
avoir reçue, puis que nous avons nouvelles du point de Venife ') qui a eftè dans la
mefme boete. Je veux donc croire que vous en eftes fatiffait.
J'efcris en Angleterre2) pour fcavoir a qui il faudra adrefTer l'horologe de Mi-
lord Brounker. Il faut que Maître Severijn dife quel en eiï le pris, a fin que je le
faïïe fcavoir au dit Milord. Moniteur Bouillant n'a payé d'une femblable que 72
livres, mais je croy qu'il n'en voudra pas moins que 80.
Chez le Sieur Pafcal 3) il y a 1 horologes a pendule que Monfieur Chieze a fait
faire pour la Signora Anna et un autre Italien de nos amis. Ils font défia achevez
et le frère Louis s'eftoit chargé d'avoir foin de les envoier. mais eftant abfent je
voudrais bien que vous les addrefiaffiez a L'unicus4), et par luy a Mademoifelle
vander Elit, qui les envoyera a Paris par les Rouliers. Si le frère 5) eftoit à la Haye
il pourroit bien aufll les envoier a Rouen par mer a Monfieur Cordier6) mais cette
voye ert plus longue.
S'il y avoit moyen de m'envoyer avec ces horologes une livre ou demie de bon
Te, vous me feriez grand plaifir, parce que depuis quelques femaines je m'en fuis
') Ces dentelles étaient destinées à Mademoiselle von Dhona; consultez la Lettre N°. 1 164.
2) Voir la Lettre N°. i 167.
3) Sur l'horloger Paschal, voir la Lettre N°. 955, note 7.
4) Surnom de Philips Doublet.
•s) Il s'agit de Lodewijk Huygens.
6~) Jean Cordier naquit en 1597 à Reims et mourut à Dijon le 22 novembre 1673. Il était
de l'ordre des Jésuites et fut recteur à Chàlons, à Dijon et a Nancy; enfin, provincial de
Champagne.
CORRESPONDANCE. 1663. 43 I
trouvé admirablement bien a prendre simplement les feuilles dans la bouche, lors
que je me fens incommodé du mal de telle , car cela m'en guérit fans faute.
Le nom s'il vous plait du galand 7) de la Coufine Eiberg 8).
Au frère de Zeelhem.
N= 1167.
Christiaan Huygens à R. Moray.
18 novembre 1663.
La lettre se trouve à Londres, Royal Society.
Elle est la réponse au No. 1163. R. Moray y répondit par les Nos. 1170 et 11 73.
A Paris ce 18 Nov. 1663.
Monsieur
J'ay confiderè l'extrait du journal :) que vous m'avez faiét la faveur de m'en-
voier, lequel me confirme beaucoup dans l'efperance que voftre précédente let-
tre 2) me donna du bon fucces de nos pendules fur mer. C'eft défia un grand poinct
de fcauoir qu'une horologe bien faite, comme eft celle de la Haye, peut fupporter
les plus grandes tempeftes fans s'arrefter , et quand a la juftefTe il n'y a rien dans
ces obfervations faites au retour de Lifbone, qui empefche de croire qu'elle n'ait
eftè exacte, puis que les longitudes prifes par la voye ordinaire fe rencontrent affez
bien avec celles qu'a monilrè l'horologe, finon en l'obiervation du 16 Aouft, ou
l'une donne 9 degrés 11' de longitude et l'antre, 1 1 degrés 15', dont la caufepeut
eftre attribuée au peu de certitude qu'il y a dans la manière ordinaire, ou bien plus
toft icy a quelque erreur qu'on aura commife a prendre l'heure, de forte que
l'horologe n'aura devancé le Soleil que de 37' ou 38' minutes, au lieu que par leur
obfervation il y en euft 45', car ce qui me fait juger ainfi c'eft qu'aux trois obfer-
vations fuivantes et dernières , les longitudes de l'une et l'autre manière s'accor-
dent derechef très bien.
7) C'est Sicco Eeck. Consultez la Lettre N°. 1 162 , note 8.
8) Voir la Lettre N°. 1 162.
*) Nous n'avons pas trouvé cet extrait dans nos collections, mais nous avons inséré un autre
extrait dans le N°. 1 174.
2) Nous ne possédons pas cette lettre de R. Moray. Consultez la Lettre N°. 1 165, note i.
432 CORRESPONDANCE. 1 663.
Pour avoir une preuve certaine de la jufteflTe des horologes il faudrait mefurer
la différence des longitudes de deux lieux en allant et en venant pour vcoir fi l'on
trouverait la mefme. Il femble que voftre Capitaine 3) n'y a pris garde qu'au re-
tour, dont peut élire j'aurais appris la raifon fi vous m'aviez envoyé le journal
entier , en tant qu'il concerne les horologes. Il y a encore d'autres particularitez
pour le? quelles je fouhaiterois le veoir , comme de ce qu'il parle aux obfervations
des longitudes depuis le 19 Augulli jufqu'au 5 Septembris des deux horologes
conjointement, quoy qu'auparavant il ait remarque que depuis le 25 Augulli juf-
qu'au 4 Septembris l'horologe B pafTa devant A par 3 divifions par jour. Je vou-
drais aufïï fcavoir pour quoy l'on n'a pas continué les obfervations jufqu'en An-
gleterre. Que j'aye donc s'il vous plait toute l'hiftoire a fin que je fois mieux ef-
claircy. Vous voyez par les premières obfervations qu'il y manque encore quelque
chofe en l'exactitude des pendules , puis que les excès n'ont pas eftè tous les jours
de mefme, ce que j'ay obfervè aulfi bien fur terre avec ces mefmes horologes , lors
que Monfieur le Comte de Kincairdin 4) et moy eflions après a les ajufler, et je
fuis bien aife de veoir que fur mer ils ont allé tout auffi bien que dans ma chambre.
Toutefois ces inegalitez m'ont toufjours fait juger que les horologes ne nous
donneraient jamais les Longitudes dans la dernière perfection , mais que neant-
moins elles ne laifTeroient pas d'y fervir beaucoup , et que peu a peu l'on en per-
fectionnerait l'ufage. Il vaut bien la peine cependant de demander les Privi-
lèges, et qu'on y travaille au pluflofl. Voftre pais et le noftre font ceux ou il y
aura le plus de profit a faire. Pour cettui-cy l'on me fouftient que le privilège
doibt eflre mon pis aller, mais qu'en tout cas jepourray facilement l'obtenir. J'at-
tens ce que Monfieur le Comte de Cincairdin fera d'avis que l'on face 5). Il feait
de quelle façon nous fommes convenus entre nous touchant le partage des émo-
luments, et il peut s'afîurer que je le garderay religieufement de quelque manière
ou de quelque colle qu'il m'en viendra.
L'Kxpcrience dernière 6) de Monfieur Boile me plait fort par ce qu'elle fe fait
fi aifement Je voudrais fcavoir s'il ne laifïe pas ce peu d'eau par defïus le mercure
fe purger d'air pendant une nuict , car autrement je ne conçois pas que par la feule
répétition de l'experiment de Torricelli le ^ demeurera fufpendu. vous m'en in-
formerez, s'il vous plait, et de plus fi après que le ^ ell defeendu dans le tuyau
(ou il a demeure 12 heures) fi difje il ne s'arrelle a la hauteur ordinaire de 29
ou 30 pouces, quand je feauray cela je me mettray tout de bon a méditer fur la
caufe de cet ellrange phaenomene.
3) Le capitaine 1 lolmes.
*) Titre d'Alexander Bruce.
s) Voir la Lettre N° 1 [87.
6) Consultez la Lettre N°. 1 163, note 3.
CORRESPONDANCE. 1663. 433
Ce que j'ay a vous dire touchant les lunettes d'approche que les curieux d'icy
fabriquent, c'eft que dernièrement nous fUmcsTefTay d'une de 35 pieds fans aucun
tuyau, qui reuffit admirablement bien. La façon de dreflèr le verre objectif eft de
Monfieur Auzout, et confifte en ce que dans un petit ais de 2 pieds environ ou
ce verre elt enchafîe il ajufte un petit tuyay eftroit jullement a angles droits, a
trauers le quel lors que celuy, qui eft auprès voit l'eftoile qu'on veut regarder,
l'on eft afïurè que le verre objectif eit fituc comme il faut et Ton trouue aifement
après cela le lieu pour mettre l'oculaire qui eft foutenu par un pied. Vous enten-
drez cecy allez, autrement je vous l'expliqueray plus au large, comme auffi la
manière qu'on a propole pour élever le verre objectif a la hauteur qu'on veut.
Monfieur Auzout a un verre de 45 pieds, qui a 6\ pouces de diamètre et eft très
beau et bon.
L'on me mande de la Haye que l'horologe pour Milord Brounker eft achevé 7),
et qu'on délire de feavoir quelle adrefîe il y faudra mettre pour le luy faire tenir,
comment eft ce qu'on avoit fait pour vous envoier la voftre ?
Nous avons commence de faire des expériences du vuide chez Monfieur de
Monmor avec la machine qu'il a fait faire fuivant mon ordonnance, mais tout
cela ne va pas de l'air , comme chez vous.
Je tourne ce feuillet pour vous dire que je fuis
Monsieur
Voftre très humble et très obeifiant feruiteur
Chr. Hugens de Zulichem.
r) Consultez la Lettre N°. 1 162.
Œuvres. T. IV. 55
434 CORRESPONDANCE. 1 66
ô'
N= n<58.
Constantyn Huygens, frère, h Christiaan Huygens.
2 2 NOVEMBRE 1663.
La lettre se trouve à Leiden, ail. Huygens.
Elle est lu réponse au No. 1166. Chr. Huygens y répondit parle No. 1 1 r 5 -
A la Haye le 22 Novembre 1663.
Je payeray de l'argent del Signor Padre 8. pilloles à van Dalen ne pouvant com-
prendre de quoy je vous en devrois une fi ce n'eit que vous m'ayez achepté peut
eftre des tablettes dont vous ne m'auez jamais rien mandé, dans voûxe penultielme
du 2. de ce mois ') vous dites bien que vous me les envoyeriez par l'ordinaire pro-
chain , mais cet ordinaire là ne m'a rien apporté de voftrc part 2) ny lettres ny ta-
blettes. Si vous les auez acheptées je vous remercie de la peine, fi non ne le fai-
tes pas, j'ay trouvé icy un homme qui relie afîbz bien pour m'en faire, faites moy
feauoir de quoy je vous doibs la piitole et je vous l'envoyeray incontinent.
L'horologe de Milord Brouncker eft presque faite, je luy 3) ay demandé le moin-
dre prix, et il me dit que fi un autre la luy auoit commandée il n'en feroit pas à
moins de i 20. francs mais que pour ne vous dégoutter pas il donnera cellecy pour
1 10. et que c'eit là tout le dernier mot. Il dit de plus que celle de monfieur Boul-
laut n'eitoit que de 29 heures la où cellecy fera de 8 jours et de plus fort achc-
uée en toutes fes parties auec la boulle ou l'ancre en fa place dorée.
Pafcal4) a apporté les deux pendules qu'on luy a fait faire et Toot 5) les envoyera
par Rouan.
Severyn 3) voudroit bien eftre payé de l'autre dont vous m'auez eferit 6) par le
pafîe. Toot a renvoyé la lettre de change qu'il auoit pour cela de Chiczc, difant
que luy deuant de l'argent il la payerait de cela. Maintenant que je l'en fomme
il dit que Chieze ne luy envoyé pas le compte qu'ils ont enfemble et qu'aupara-
vant que cela foit il n'en peut rien faire, je vous prie de luy en faire iouvenir
cela cil honteux de faire courir les pauvres gens après leur argent pour cette forte
de marchandiié.
Si vous m'envoyez des tablettes je vous prie que ce foit entre deux pièces de
carton afin que perfonne ne feache ce qu'il y a, de peur de tentation.
') Voir la Lettre N°. 1 161 , du 2 novembre.
1 ) La Lettre N°. 1 1(^4, qui ^esi perdue. Consultez la Lettre N°. 1 175.
3) L'horloger Severyn Oosterwijk. Voir la Lettre N°. 1 104, note S.
1 SurPaschal horloger à la Haye, voir la Lettre N°. 955, note 7.
s) Toot est Lodewijk Huygens.
*3 Voir les Lettres No*. 11 61, 11 62 ei 11^4.
CORRESPONDANCE. 1663. 435
J'efcriray a Amfterdam pour vous faire auoir du Té et l'envoyeray auec les
horologes.
Le amant de la Coufine Eibergr) s'appelle Eeck8), on dit qu'il n'eft pas de
fort grande extraction ny pas trop chargé de biens perifTables.
Pour le frère.
N° 1169.
Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère.
23 novembre 1663.
La lettre se trouve à Leiden, cuil. Huygens.
A Paris ce 23 Novembre 1663.
Je n'ay autre chofe a vous dire, n'ayant rien receu de voftre part, finon que je
fuis très marry que vous n'ayez pas receu mon pacquet ou il y avoit vos tablettes
avec mes lettres a vous et a Monfieur van Leeuwen et encore une de Moniteur
Chieze au frère de Moggerfhil. j'efpere que depuis on vous l'aura apporté, car
je ne puis m'imaginer comment il fe feroit perdu, il eftoit dans un couvert apart,
avec l'infcription a Monfieur Vafixic '). Quoyque vous ne m'ayez rien eferit de
voftre perruque je ne doute pas pourtant que vous ne la portiez défia, parce que
ma Coufine 2) eferit entre autres choies al Signor Padre datter nu een nieuwe mode
is dat de jongeluy al haer haer doen affnijdcn en fetten dan paruquen op die
hacr bijkans het heele aenficht bedecken , en achter op ftaet een hoedtie3). Je voy
par la que nous fommes tout de mefmc.
A Monfieur
Monfieur de Zeklhem
A la Haye.
7) Sur Mademoiselle Eyckberg, voir la Lettre N°. 1 16a.
8) Sur Sicco Eeck, voir la Lettre N°. 1 162.
x) Hendrik Vastric était un riche négociant d'Amsterdam. En 1650 il devint lieutenant de la
garde civile, en 1666 capitaine.
;) Probablement Catharina Suerius,
3) Traduction: que maintenant il y a une nouvelle mode, que les jeunes gens font
couper tous leurs cheveux et fe mettent alors des perruques qui leur couvrent
prefque tout le vifage et font furmontées par derrière d'un petit chapeau.
4,^6 CORRESPONDANCE. 1 663.
N= 11 70.
R. Moray à Christiaan Huygens.
16 novembre 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 11 67. Chr. Huygens y répondit par le No. 1178.
Grefham Colledge \6 Novembre 1663.
Monsieur
Nayant point reçeu la refponce que J'attendois de Monficur le Comte de Kin-
cairdin1) touchant les montres Je n'ay pas voulu diferer d'auantage a vousenuoyer
la copie2) dune lettre de Monficur Boile eferitte a Moniteur Oldenbourg touchant
l'expérience qu'il auoit faite par lordre de la Société en fuitte de celle que vous
m'auez communique autrefois, & dont Je vous ay parle dans mes précédentes.
Monficur Oldenbourg Ta mile en latin. Vous la trouuerez belle, il vous baife les
mains comme font tous nos Meilleurs qui font du Confeil en prefence defquels Je
me foubfigne de bon coeur
Monsieur
Voftrc trefhumble trefobeiflfant & trelaffeclionné feruiteur
R. Moray.
A Monficur
Monficur Christian Hugens de Zulichem
Au petit Moyfe, rue de petit Bourbon
18II. A Paris.
') Alexander Bruce.
2 ) Voir l'Appendice N°. 1 171,
CORRESPONDANCE. 1663. 337
N= 1171.
R. Boyle à H. Oldrnburg.
8 NOVEMBRE 1663.
Appendice au No. 1 1 70.
La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens.
Roberti Boylij Epiftola ad Henr. Oldenburgium feripta
de Novo Expérimente) Mercurialj.
Domine,
Ut obfecundem tuae, quam heri vefperi apud me prodebas enriofuati, acci-
piendi a me Occafionem et ProgrefTum Novi iftius Experimenti Mercurialis, quod
attonitos adeo habuit fatigavitque Philofophos et Mathematicos noftros; meum
efle arbitrer, paucis te informare (prolixitatem enim feftinatio mea non admittit)
quod fuo merito illuftris Dominas Chriftianus Hugenius de Zulichem , poitquam
conftrui curaffet in Hollandia unam ex machinis meis Pneumaticis,parum a mea
diferepantem, inque ea complura rumfinet Expérimenta ex iis, quae commemo-
raveram in eo libro '), ubi eam deferipferam, et inter alia, decimum nonum, in quo
Aqua in brevi Tubo, ad incumbentis Aeris exantlationem, fubfidit: deprehendit,
fibi aeque ac mihi Experimentum fuccedere, fi uteretur Aquâ communi ; at fi illius
loco adhiberet Aquam , quae diutinâ fuâ in eadem machina morâ effet ab Aère
purgata, Aquam non defeendere, etiamfi dimidiaeUlnae Anglicanae longitudinem
Tubus non excederct. Plaeuit ipfi, pro fuetahumanitate, inliteris2) adlngeniofiffi-
mum Amicum noftrum Dominum Robertum Moray, Equitem, Experimentum
hoc mihi communicare 3); ad quas cum Refponfum meum in Collegio Grefcha-
menfi videris, fupervacaneum erit, quae repofui4), tibi hic narrare. Exinde
filuimus, donec ipfo Domino Hugenio, aellate adultâ nos invifente, Experimen-
tum illud coram Societate Regia, cum ab ipfo, tum a meritiflimo ejufdem Societa-
tis Praefide, Nobiliffimo Vice-Comité Brounckero, repetereturs), idqueTubis ad-
hibitis tripedalibus, fuccerTu tamen felici. Quo facl:o,memineris me innuiffe quod,
quandoquidem explorandi, quoufque Aerem recipientis exhauiïffent, meniurâ
dertituebantur , conjeftura non videretur abfurda, reftitare fatis Aeris in Reci-
piente , qui très quatuorve pedes Aquae in tubo furtentaret (fiquidem iftius longi-
tudinis Cylindrus Aquae pondère fuo non aequat Cylindrum Mercurialem totidem
!) Voir l'ouvrage décrit dans la Lettre N°. 873, note 4.
2) Consultez les Lettres N<'s. 963 et 1033.
3) Voir la Lettre N°. 1032.
4) Voir la Lettre N°. 1056.
s) Dans la séance du 16 juillet 1663 (V. st.) R. Hooke lit un rapport sur ces expériences, qui
furent reprises avec de plus longs tubes dans les séances du 1 9 août et du 9 septembre.
438 CORRESPONDANCE. 1663.
pollicum) quando Aquae, aëre purgatae, defcenfus non juvebatur (uti juvari
(blet Aqua non-purgata) Bullarum aërearum, ad (uperiorem tubi partem evefta-
rum, Elaterio. Et quoniam ex dcfcétu menfurae difficile crat, conjeéturam hanc
lufficienter vel evincere vel convellere, Illuftxium Virorum iftorum pari propone-
bam, Experimentum ut fieret cum Argcnto Vivo, loco Aquae; quandoquidcm,
fi fufpenfus teneri poïïet Mercurius in infignioris longitudinis Tubo, pateret inde,
non e(Te Acrem externum folum, qui eum fuftentaret, cum Experimentum Tor-
ricellianum determinaverit, totam Preïïîonem ipfius, Preffioni Cylindri Mercurialis
non nifi 30 digitorum aequivalere. liane propofitionem adeo ampleftebantur
Vice-Comes Brounckerus et Dominus Hugenius, ut horum priori et mihi deman-
data provincia tuerit a Societate Regia eam exequendi, ipfofque de fucceïïu cer-
tiores reddendi. Eum autem Ambo conjectabant iîmilem fore Experimento faélo
cum Aqua purgata: quod ideo commemoro, ut unicuique fuum tribuam. Lubens
quippe fateor, quod cum defuerit mihi ob machinarum mearum, vel abfentiam
vel defeétum, opportunitas Expérimenta faciendi cum Aqua in diverfarum longi-
tudinum tubis, uti ipfi faepius et fedulo fecerant , vifa mihi fuerit altorum Cylin-
drorum Mercurialium in machina pneumatica fuftentatio tara parum habere Ana-
logiae cum Experimentis omnibus, hactenus circa Torricelliana illa factis, ut,
licet ipfe eflèm author propolitionis fubftituendi, loco Aquae, mcrcurium , ex
oblervantia inprimis, qua par illud virorum profequor, de eventu valde diffide-
rem. Verum , cum tanti apud me valerent viri illi , Regiaeque Societatis mandata,
ut ipfîs refragari nequirem , ut primum domum revertcbar ad experiendum nun
quid fieri poïïet, adhibita Viri tibi noti 6) opéra, me accingebam et mecum expen-
dens parum ad rem fore Machinam adhibere nid prius conftaret, pofle in Acre li-
bero fufpenfum teneri Mcrcurium in Tubo, 30 pollicibus longiori, tentabamus
aliquoties efficere, ut Mercurius iftâ ltationc altius fubfifteret : ibi vero Aquam
adhibebamus, ut tanto melius Aeris dignofeeremus particulas, quae délite feere
in Mercurio folent, ab iifque cum vacuaremus. Verum parum amplius primo at-
que etiam fecundo die praefiare potuimus, quàm Mercurium et Aquam a Bullarum
copia liberare , utrumque in Tubo fufpenfum relinquendo. Ac tertius quartufvc
dies agebatur priufquam rem co reduccre poïïèmus, ut Mercurius et Aqua, fachi
tubi inverfione et deobturatione, non fubfideretlt (minima quippe Bulla in liinimo
reiiôta, vel intra 20. vel 25. abinde pollices émergeas, impedire effeétutn illum
valcbat). Nobiliffimus Dominus Brounckerus (imili (uccellu idem Experimen-
tum , eademque ut cadebat via perfecerat; (ic ut in proximp dehinc Societatis con-
feflu7) uterque Hiftoriam lacti ipfis exponeremus; narrante ipfîs praediéto Domino,
eo fefe Cylindrum Mercurialem reduxijje ut ad 34 pollicum altitudinem ( quae tota
erat tubi longitudo) fufpenfus refîitaret , me vero ipfis referente , ad 52 pollicum
6) Boyle désigne R.. Hooke.
7) Dans In séance du - octobre 1663 (V. st.).
CORRESPONDANCE. 1663. 430.
altitudinem me eum fufpenfum tenuijfe praeter aliquantum Aquae, quae a furomi-
cate Mercurii ad fummitatem Tubi porrigebatur. Verum femper obiervabam
(quod primarium eil phaenomenon) quando tancillo motu faclo, vel émergente
aliquâ prope fummitatem Bullâ Mercurius fubfidere inciperet, cecidifTe eum
(quantilla etiam effet bulla, quae generabatur vel emergebat) ad ufitatam inter
29. et 30. pollices ftationem. Quibus omnibus uti Nobiliflimus ille Dominus me con-
vincebat, non efTe folum pondus externi Aeris, quod fufpenfum tenebat Mercu-
rium in maxima altitudine; ita perfuafum eidem videbatur effe Aerem externum,
qui Mercurium praepediebat, quo minus infra 30. pollices decideret. Adeo ut,
haud rejeftâ Hypotheli , quae tam commode folvit omnia Experimentorum Mer-
curialium phaenomena , uterque lentiremus , quod , etfi novum hoc et mirabile
phaenomenon , priorem noftram hypothefin non convellat , attamen nos urgeat ,
ut quid aliud adoptemus adfcifcamufque ad ihipendam hanc circumftantiam fol-
vendam, et ad explicandum , quid fit, quod tantum Mercurii fuftentet, quantum
ultra 30 pollicum altitudinem fufpenfum tenere valemus: quemadmodum exhibitis
novis in Machina noftra Experimentis haud aequum judicabamus, Hypothefin de
Aeris gravitate, a Torricellij Seétatoribus propugnatâ, rejicere, fed ei fuperad-
dere Aeris Elaterium , ad excolendam Theoriam , quam novae haec Deteftiones
non oitendebant falfam , fed infufficientem.
Exinde, Nobiliffimus Brounckerus et Ego conati fuimus Experimentum pro-
vehere longiùs, atque etiam curavimus, ut eum Mercurio folo fuccederet , abfque
aâmïniculo Aquae. Atque uti praedicïus Dominus jam eifecit, ut Mercurius fufpen-
fus maneat ad ^55. pollicum altitudinem^ ; ita Ego, qui tubis utor longioribus, rem eo
redegi , non fine taediofa fatis afliduitate ut ille ad feptuaginta quinque 9) pollicum
et amplius, altitudinem fufpenfus maneat , et (quod ipfum exiftimamus notatu
dignum) in prodigiofa hac altitudine (excepto tantillo, quod intercidere ei poteft,
parieti innitendo) per integros 4 dies no&efque ipfum fufiinuimus. Et quamvis hic
illîc interior Tubi fuperficies irrorata videatur guttulis Aquae, dignofeere tamen
aliud non poffum, nifi quod fummitas Mercurij tam arfte contigua fit fummitati
Tubi , ut nulla Aqua quoad fenfum inter eas irrepferit. His adjiciam , quod , ut de
notabili circumrtantia, ad Mercurij fufpenfionem fpecfante, fatiffacere poffem
aliis potius, quam mihi ipfi, excogitavi Experimentum aliquod, quod nonnulli
memoratu forte non omnino indignum exiftimabunt; eftque hoc: Quod cumjuf-
fiffem Tubum leniter fublevari, verjus, at non penitus adufque Mercurij ftagnan-
tis fuperficiem ingeiïi digitum meum inter vafis fundum et Tubi orificium, quod
ejufdem pulpa obturabam : tunique, eum Tubum omninô extra Mercurium levari
curaffem , deprehendi, prout exfpeftabam , fcnfibilem non effe Cylindri Mercu-
rialis contra digitum meum Prefîionem, vel fi mavis, nullum fenfibilem conatum
8) Consultez la Lettre N°. 1 165, note 5.
9) Consultez 1;: Lettre N". 1163.
44° CORRESPONDANCE. 1 663.
repellendi digitum ab orificio, quod ille claudebat; quod arguit, fuperiorem Mer-
curij partem, quae 45 valet pollices, miro modo ab alia aliqua fe fuftentari ,
quàm externi Aeris prefftone; quandoquidem alibi oftendi fimplicem iltam (am-
bicntis Aeris) preffionem efficere, ut digitus co modo pofitus, quo erat meus,
nonnifi 30 pollicum Mercurii pondus pofle fuftihere, non autem ut ipfe infenii-
bilis maneat ponderis vel preffionis iffi fuperadditae. Atque, ulterioris fatiffac-
tionisergo; fubdufto licet, dum Tubus , qui nonnifi exilis era\ f,itapenitus extra
Mereurium tenebatur, digito, quo hucufque orificium ejus obturaveram, com-
perimus, exfpeftationi noftrae congruenter , Mereurium tamen e tubo non efffuere ,
fed fufpenfum in eo remanere.
Quoulque provehere porro Experimentum hoc poffimus, melius, procuratis
Tubis longioribus conjicimus, dummodo ullos nancifei poffimus fatislongos, qui
fummè poflibilem Mercurii fufpenfîonem nobis oftendant. Intérim id, quod jam
praeftitum, Curiofis exteris (quibus id omninb communicatum velim) gratum
fatis, abfque dubio, erit, eofque forte nonnihil attonitos reddet; mihique fateor
baftenus adeô videtur explicatu (quod quidem latiffecerit) difficile, ut nequa-
quam aegré feram, praello mihi fuifle exeufationem Avocamentorum me diver-
tentium, qub minus addicere animum lerio potuerim ad Hypothelïn, quae id ex-
plicaret, invelligandam &c.
Londini Octobris 29. 1663.
Roberti Boylij de Novo Expérimente»
Mercuriali Epiitolaris Narratio ad Henricum
Oldenburgium lcripta 29 Oétobris 1663.
Pour élire communique à Monficur
Christian Huygens di<: Zulichem
à Paris").
") Viri illi Kegiae Societatis mandatabar , ad experimendum nunquid fieri pofle ,
mecum expendens parum ad rem fore | Chr. I luygensj.
CORRESPONDANCE. I 663. 44 1
N£ 1172.
Ph. Doublet à Christiaan Huvgens.
29 novembre 1663.
La lettre se trouve à Amsterdam , Archives Municipales.
le 19 Novembre 1663.
Si ma femme ') n'euft eu defTein de vous efcrire par cet ordinaire et repondre a
la voltre 2) qui nous a efte très agréable je vous aurois moij entretenu un peu plus
amplement que je ne pourray faire altheur fur le fujet de nos amoureux et prin-
cipalement de laine, mais il ell défia tard et ma femme a elle occupée tout le ma-
tin auprès de ma mère 3) qui ne fe porte point du tout bien depuis quelques jours
d'un catharre fort dangereux de ceux que les médecins appellent fufFoquants qui
luy eftant tumbé fur les poulmons luy empêcha prefque tout a fait la refpiration
a diverfes reprifes et luy auroit pu avoir courte la vie s'il fuft tombé a deux doits
de la fur le coeur, mais Dieu mercy aijant efté faignee quoy qu'un peu tard , s'ef-
tant fort opiniaftree a ne vouloir point qu'on Mil: venir d'abord le médecin s'jmagi-
nant que c'eftoit de ces battemens de coeur aux quelles elle eft quelque fois fujette
et qui paffent fouuent fans qu'on y faffe rien, elle fe trouva en quelque façon fou-
lagee. Le lendemain on la faigna encore une fois et on luy donna un lavement
qui pourtant ne fift point l'effet qu'on en avoit defiré, non plus que celuy qu'on
luy a donné ce matin , mais cepandant il nij a plus beaucoup de danger et nous
efperons qu elle s'en pourra remettre dans peu de jours.
Vous parlez de trois maiftreffes du frère de Zeclhem mais ma foy nous n'en
cognoiffons et ne feavons prefque pas d'une ou plulroft nous en cognoifïbns cinq
ou fix. il eft toufiours le mefme, fait parler de foy par tout plus qu'il n'eft befoing
et ne fe détermine a rien. Sant 4) luy tient fort au coeur a ce que nous voyons et
il y va plus qu'en aucun autre endroit mais au jugement de tout le monde elle eft
la moindre de touttes les maiftreffes qu on luy donne et qu il fe donne luy mefme,
tant pour la beauté que le temporel.
Celle de Delft nous ne pouuons comprendre qui ce puiflè eftre finon Ama-
rante 5) dont il femble pourtant a nous autres qu il fait le moindre cas et ne la voit
') Susanna Huygens.
2) Nous n'avons pas trouvé la minute de cette lettre de Chr. Huygens à sa sœur.
3>) Geertruid Huygens. Voir la Lettre N°. 197, note 6.
4) Suzanna Ryckaerdt qu il épousa en 1668.
s) Amaranthevan Vredenburgh, fille de
Mr. Adriaan van Vredenburgh, né à Delft le 27 septembre 160- où il mourut le 28 février
1652. Comme son fils, le bourgmestre Jacob, s'intitula „à Adrichem ," il est probable que sa
seconde épouse Sara van der Graeff était la veuve d'Anthony van den Burg et lui apporta
ce titre. Consultez la note 10.
Œuvres. T. IV. 56
442 CORRESPONDANCE. 1 663.
prefque jamais, quoy quelle (oie fort jolie pour Pefprit et le corps, outre l'on bien
qui peut monter a environ 80 mille Livres, il la voiioit fou uent pendant que
j'eftois a Paris et on en parloit alors mais depuis cela a cette, tant ij a, nous n'en
feavons rien et il peut avoir repris quelque commerce fecret avec elle. Si c'eil
tout de bon , il ne trouuera guerre de difficulté auprès de la donzelle elle le voit
de fort bon oeil , et parle volontiers de luy c'eft ce que je fcay par expérience , car
je la vois plus fouuent que luy, nij moij ni qui que ce foit qui la cognoiffent ne balan-
ceraient guerre fur le choix d'elle ou de Sant R. 4) mais il eil (ingulier en les
amours. Jl n y a pas longtemps qu il a elle revoir fa dulcinée de Rotterdam 6)
dont nous n'avons aufli rien feeu que quelque temps après par hafard. puis il re-
tourne chez Beaumont le Secrétaire7), et journellement chez Belletie 8). voila
comme il agit.
Mais je vous ay parlé d'Amarante de Delft (on ne la cognoit prefque pas au-
trement ad diftinét.ionem de celle de la Haije, car touttes les bonnes villes en
ont une a prefent) et je commence a doutter fi vous la cognoifTez ou non. Sachez
donc qu'elle s'appelle Amarante van Vredenburg foeur Utérine de feue fa Maif-
treiïe Madeleentie van Adrichem y) auprès de qui elle demeure. Je m'eftonne de
ce qu'il en fait un fi grand miftere comme vous dittes. ou ce devroit élire encore
quelque autre dont nous ne nous fommes du tout point aperceus.
A l'autre IO) le vent et la marée contraires joints a cette fièvre qui le tient fi hors
de propos en un temps où il fen pourrait païïer mieux qu'en aucun autre, femble
ne rallentir que peu fon arfee fi véhémente qu il .a tefmoignee depuis quelque
temps dont tout le monde ne parle pas moins que du prétendu Hlacuwtie IJ) qu on
veut a toutte force qu'il ait receu. Elle ell fatale a ces galants cette redoutable
Zelandoife12) car Bartelotti I3),l'antagonilte du noftre fe porte plus mal que noftre
") Le nom de cette demoiselle nous est reste1 inconnu Nous savons seulement que J. van der
[VIeyden fut son oncle. Consultez les Lettres N°s. 1082 et 1088.
7 I lerbert van Beaumont. Voir la Lettre N°. 240, note 3.
Probablement Isabelle van Aerssen. Voir les Lettres Nos.083 et 1051.
' Madeleine van Adrichem était probablement la fille de Anthony van den Rurg, seigneur
d' Adrichem.
IO) Il s'agit de Lodewijk Huygens,
") Traduction : relus de mariage.
,a) Mademoiselle Thibault de Middelburg. Consulte/, les Lettres Nos. yio, 1149, 1151
et I 155.
' ) Guilielmus Bartelotti van den Heuvel. Consultez la Lettre N°. 700, note 4. Ses deux sœurs
étaient mariées a deux messieurs Thibault (consultez la Lettre N°. 010, note 3). Le
1 - mars [665, il épousa a Amsterdam jacoba Sophia Huydeeoper (née en 1640), (ille du
chevalier Joan van Huydeeoper et de Maria Coymans. Il mourut en 1673.
CORRESPONDANCE. 1 663. 44;
frère et court danger de n'en point efchaper a ce que m'a dit Monfieur IlafTc-
laer fon tuteur, mefme il crache du fang auec une fleure continue.
Que fait on ? que faittes vous.
La machine Rouanefque I4) fera elle bien toit en eftat.
Je n'entens plus rien des carottes a trois roues.
NJ 1173.
R. Moray à Christiaan Huygens.
29 NOVEMBRE 1663.
La lettre se trouve a Leideu, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1167. Clir. Huygens y répondit par le No. 1178.
A Whitehall ce 19 Nov. 63.
Monsieur
Jl eft fi tard a cette heure que Je me mets à efcrire, ayant efté employé tout le
long du iour, d'une des affaires que Je n'ay pas pu euiter, que Je n'auray pas allez
de temps pour refpondre à tous les points de voftre dernière du 18. du moins il
le faudra faire en bref. Jl eft certain que l'horologe fait à la Haye, (qui ertoit
Marqué A.) eft beaucoup meilleur que l'autre fait icy Marqué B. on a fait un
nouueau refTort pour R. et ils font tous deux derechef enuoyéz auec ce mefme
Capitaine, en la Guinée, et de là iront à Jamaïque comme Je croy vous auoir défia
marqué dans ma précédente 0.
Je fuis de voftre fentiment touchant la différence entre les nombres de degrez
de longitude prouenus de la computation du cours du nauire et ceux qu' ont
marqué les horologes, il eft fi aile aux pilotes de le mefconter qu'ils ny manquent
iamais. L'obferuateur qui a le foin des horologes fera l'obferuation que vous dé-
lirez; c'eft à dire tant en allant à Jamaïc qu'en reuenant ce qui fera une excellente
expérience. Jl eft vray que pendant le dernier voyage on n'y a pas pris garde qu'en
reuenant de lifbonne.
Je tacheray de vous enuoyer la femaine prochaine une Copie du iournal entier.
I4) Consultez la Lettre N°. 1036.
') Consultez la Lettre N°. 1 178, note 2, d'où il résulte qu'une lettre de R. Moray à Chr. Huy-
gens du 15 novembre 1663 manque dans nos collections.
444 CORRESPONDANCE. 1663.
Jl femble que vous n'auez pas bien remarqué que les différences entre les 2 I lo-
rologes ont elle marquées pour tous les iours, dans l'abbregé :) du Journal que
Je vous ay enuoyé. peut cftre n'y auront elles pas efté bien expliquées. C'elt
pourquoy iufque a ce que vous ayiez tout le détail du iournal Je vous en enuoye
icy un autre extrait 3) dans lequel vous verrez que depuis le 28. d'Auril iufqu
au 3. May B. a gaigné tous les iours 4. diuilions fur A. (onze diuifions fait ans
une minute.) depuis le 18. May iufqu'au 24. B. a gaigné tous les iours 5. Mi-
nutes fur A. et ainfi de fuite, le 3. Juin , l'obferuateur approcha B. à A d'une
diuifion. le 1. Juillet d'une autre &c. et la dernière obferuation du 5. Septembre
fut faite aux Dunes. Vous voyez par ce que je viens de dire que les différences
entre A. et B. n'ont efté inégales que parce que l'obferuateur a tafché 2. ou
3. fois à les mettre plus exactement enfemble. Seulement il aura manqué depuis
le 13. d'Aoufl iufqu au 25. ou la diference femble eltxe augmentée, et ne con-
Gfter point en Diuilions entières, comme vous verrez mieux dans le iournal que
Je prétends vous enuoyer. de forte qu'on peut dire que les horologes ont allé
tout auffi bien fur mer que dans Voftre Chambre, et peut eftre mieux , et puifque
vous voyez bien que B. n'eft pas fi bien fait que A. vous deuez iuger plus auanta-
geufement que vous ne faites de l'affiftance qu'on en tirera pour les longitudes,
quoy qu'a les trouuer dans la dernière exactitude peut eftre cela ne fe doibt efpe-
rer, quand mefme les horologes allaffent parfaitement bien enfemble, pareeque
l'Air y peut caufer quelque erreur &c.
Quant aux priuileges, aufli tôt! que Je receuray l'ordre de Monfleur le Comte
de Kincairdin 4) d'y trauailler Je vous en aduertiray. Cependant perfonne ne nous
y peut preuenir. Et quant au profit vous deuez croire que Monfleur le Comte ne
manquera point aux conditions defquelles vous elles conuenus. Ma dernière 5) de
lundy paflé vous aura fourni le contentement que vous attendez de nos obferua-
tions du Tube Mercurial. pource qui efl de lufage des verres fans tuyau, il efl vray
qu'on ne l'a pas pratiqué icy. pareeque pour la plus grande longueur qu'on a en-
cor fait, les tuyaux ne font pas difficiles à faire, ny mal propres pour s'en feruir.
Mais il y a long temps que Monfleur Wren en parlant de la façon de tuyau dont
il faut fe feruir aux lunettes qui requièrent une longueur de 60. 80. pieds ou
d'auantage il s'efl propofé la mefme choie que vous me deferiuez. Voicy qu'en-
tre Monfleur Neile, pendant que J'efcris ce que deflus, et me dit qu'il y a 10. Ans
que Monfleur Wren et luy ont parlé de cette affaire. Mais ils n'ont pas fongé à
employer cette inuention pour Fufage ordinaire, feulement ils fe propofoyent de
2) Consultez la Lettre N°. 1 163.
3) Nous n'avons pas trouvé cette pièce dans nos collections. Mais comme elle se trouve dans
les registres de la Société Royale, nous l'avons pu intercaler ici. Voir l'Appendice N". 1 1 74.
4) Alcxander Bruce.
s) Voir la Lettre N°. 11-oet l'Appendice N°. 1171.
CORRESPONDANCE. 1663. 445
placer un verre obieclif fur quelque grande hauteur et le fixer là pour obferuer
et comparer les altitudes méridionales de quelque eltoile afin de tafcher de de-
couurir fil y a quelque paralaxe &c. Mon (leur Brouncker vous prie de donner
ordre a la Haye qu'on adreïïe fon Horologe 6) ainfi.
To Alexander Blair at the ligne of St. Andrews Crofs in Rood Lane. London.
Je fuis de tout mon coeur
Monsieur
Voftre trefhumble trefobeiflant &
trefaffectionné feruiteur
R. Moray.
Nous auons icy un Diamant r) lequel cllant frotté fur du Drap (et plufieurs au-
tres chofes) luit comme les pierres de Boulognes, à peu près, on vous en fera tenir
les obferuations 8) qu'en a fait Monfieur Boile, fi vous le defirez.
J'auois prefqu'oublié de vous dire qu'il elt arriué une plaifante rencontre entre
Monfieur Siluius et moy touchant la nouuelle innention pour aller en porte &c.
dont il vous mandera le détail.
A Monfieur
Monfieur Christian Hugens de Zulichem
Au petit Moyfe, rue de petit Bourbon
io/S A Paris.
<5) Consultez la Lettre N°, 1 1 5 1 .
7) Cette pierre fut montrée par R. Clnyton dans la séance du 2 1 octobre 1663 (V. st.\
8) Consultez la Lettre N°. 1 193, et V Appendice N°..i 194.
446
CORRESPONDANCE. 1663.
N= n 74.
[Holmes] à [R. MorayJ.
1663.
Appendice au No. 1173.
La pièce se trouve à Londres, Royal Society ').
An Account of the going of two watches at Sea,
from the 28th of April to the 4th of September 1663.
The watches wcre wound up every day at 1 2 of the Clock at Noon, the dillinc-
tion of the greater watch is A; the leiïèr B. and their différence was always obfer-
ved at 1 2 the next day.
1663.
At Day.
Minutes.
Parts, wherot"
11 in a
minut.
April ....
29
30
I
2
3
4
5
6
7
8
9
10
1 1
1 2
18
19
At 1 2. B before A
4
8
Mav
I
I
1
5
5
10
B ftood, and was fet by the
other.
B. before A
1
l
2
2
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3
1 0
4
9
Q
8
2
7
0
The Bullet l'ell off from the pen-
dulum of B,& could not be ad-
julted till the 18.
whcn it was fet a lïoinu;
0 0
\\. before A
5
1 Ce rapport fut présenté tlnn-. la séance du 21 octobre 1663 (V. st.).
CORRESPONDANCE. 1663.
447
1663.
A t. Day.
Farts, wherof
Minutes. 11 in a
minut.
May
June
20
21
22
2 3
24
2 5
26
27
28
29
3°
4
5
6
7
8
9
10
1 1
12
13
14
15
16
»7
18
20
21
24
B. beforc A
0
1
1
0
■ ■
0
1
B. ftood , but was oyled and fet
going with the watch A. June 3
B. before A
B. ftood about 2 hours. and was
fet going adjufted with A. 16
June.
B. before A
10
4
9
3
o
5
10
4
9
3
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2
6
10
44«
CORRESPONDANCE. 1 663.
1663.
At Day.
Minutes.
Parts, wherot
11 in a
minut.
[une
2 5
26
27
28
29
30
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B. before A
3
3
4
4
4
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5
n
7
0
4
8
1
Julv.....
5
0
B. ftood a littlc in thc aftcrnoon ,
and (et a going again at 6 of'
clock adjtirted wich A .
B. before A. at 12.
5
8
1
1
1
1
2
2
2
2
à
3
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4
4
4
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5
5
5
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2
5
8
10
CORRESPONDANCE. 1663.
449
1663.
At Day.
Minutes.
Parts, wherof
1 1 in a
minut.
July
28
29
3°
31
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
1 1
12
13
H
15
16
l7
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
B. before A. at 12
7
7
7
7
8
8
8
8
9
9
9
10
10
10
10
1 1
0
0
0
1
1
1
2
2
2
2
3
0
0
0
1
0
3
6
9
1
Auguft . . .
4
7
10
52)
5
8
0
3
6
9
1
B. adjuited with A. at Lifbone.
B. before A
3
6
91
1
4
8
0
3
6
10
2
Watch B. ftood from 9 of clock
at night till 10.
B. before A
3
6
9
"
1
2) Probablement il faut lire: 2.
Œuvres. T. IV.
57
45°
CORRESPONDANCE. 1663.
1663.
At Day.
Minutes.
Parts, wherof
11 in a
minut.
Auguft . . .
3°
1
3
4
B. before A
I
I
1
2
2
2
4
7
IO
September.
0
5
8
Auguft ,
n
»
22.
26.
20
September . i
We being in the Latitude of 39^ 10m and diftant from our de-
parture at Lifbone 60 Leagues or 180 miles, which makes 4 d
45m departure of Longitude , J found the watches to be a quar-
ter of an hour before the Sun.
We being in the Latitude of 41c! 7m and to the Weftward of our
departure 78 Leagues or 234 miles, which makes 5<1 2m (45 mi-
les making one degree) , the watch was a quarter of an hour
and 5 minutes before the Sun.
We being in the Latitude of 43c! 00m and to the Weftward of
our departure 1 1 2 Leagues or 336 miles , and 44 miles making
one Degree, which makes yi 37m and then J found the wat-
ches to be before the Sun half an hour.
We being in the Latitude of 46^ om and from our firft meridian
136 Leagues or 408 miles, which makes 9c! 22m (44 miles an-
fwering to one Degree), J found the watches to be before the
Sun three quarters of an hour.
We being in the Latitude of 47^ and from our firft mtridian 105
Leagues or 3 1 5 miles, J found the watches to be before the Sun
halfe an hour; 41 miles making one degree of Longitude in
the Latitude of 47^ om which makes jà 41m différence of Lon-
gitude.
We being in the Latitude of 4pd 6m and departed from my firft
meridian 22 Leagues or 66 miles (39 miles making one Degree
of Longitude) J found the watches to differ little from the Sun.
Jt being very hazy weather chat J could not try the watches with
the Sun from the firft untill the 5th September, and then J found
the watches to be alter the Sun almoft halfe an hour; the Sun
making 12, and the watches but halle an hour paft 11 ofthe
Clock.
CORRESPONDANCE. 1663. 451
Augufl 1 3th we came ont of Lifbone, and chère J adjufled the watches, and
fet them going according to the courfe of the Sun at Lifbone, and thefe Obferva-
tions J took coming home, being far Weflward, with a Ring Diall when the Sun
& Opportunity prefented.
N= 1175. ■
Christiaan Huygens à [Constantyn Huygens, frère].
30 novembre 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1 1 68. Const. Huygens, frère, y répondit par le No. 11 77.
A Paris ce dernier Novembre 1663.
Je vous ay fait fcavoir par ma dernière ') l'interception du pacquet ou eftoient
vos tablettes avec deux de mes lettres :) et une de Monfieur Chieze. Nous fufmes
hier enfemble au bureau de la porte pour expofluler fur cette mefchancetè ou
négligence et l'on nous a promis qu'on s'en informerait en efcrivant a ceux qui
en pourraient eflrc coupables; c'efl tout ce que je puis faire, au relie vous fcavez
a qui appartient le rifico des chofes acheptees par commiffion quand on les a en-
voiees, fans mcfme obmettre aucune précaution neceffaire.
Je ne me fuis pas fouvenu, en mettant le pris de l'horologc du Milord
Brounckcr a 80 livres, qu'elle eftoit de 8 jours. Je luy feray fcavoir celuy de
110, et attendray qu'il me mande par quelle voye il faudra la luy faire tenir,
après quoy je vous le manderay auffi coll. Pour ce qui efl des 2 pendules de
Pafcal 3), fi elles ne font pas encore parties, je vous prie de ne les envoier pas
par cette longue voye de Rouen, mais par Anvers, ou il ne faut que les recom-
mander a Don Diego 4) a fin qu'il les donne aux Rouliers qui partent de la
pour Paris. Cela vous fera tout auffi facile ou au frère Louis que de les adrefler
') Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Chr. Huygens à son frère Constantyn , ni la minute ;
elle doit être postérieure à la Lettre N°. 1 169 du 23 novembre.
2) C'était la Lettre N°. 1 164 et une lettre à van Leyden van Leeuwen.
3) Sur Paschal , voir la Lettre N°. 955 , note 7.
4) Duarte. Voir la Lettre N°. 38 1 , note 3.
452 CORRESPONDANCE. 1 663.
a Rotterdam, et nos amis qui ont grande impatience de les tenir, en feront trois
fois pluitoil fervis. Il Signor Padre le délire aufli ainfi et m'a commande de vous
l'efcrire.
Monfieur Chieze et moy ne fcavons ce que veut dire l'exception du frère 5) qui
prétend ne pouuoir payer a l'horologer devant qu'avoir receu le compte qu'ils ont
entre eux, car toufjours il fcait bien que mefme après avoir paye ces 80 livres
pour luy, il lu y devra encore bien de l'argent de refte. Mais afin qu'il ne hefite
plus il luy envoyé dans ce pacquet ce compte qu'il demande. Qu'il ne retiene donc
plus longtemps l'argent de ce bon homme 6) que Monfieur Bouillaut m'a compté
il y aura tantofr. 6 mois.
Je fuis très marry de ce qu'avec les tablettes s'eft perdu ma lettre afïez lon-
gue, dans la quelle je vous avois efcrit entre autres choies des particularitez des
Lunettes que l'on fabrique icy; de la façon des formes dont ils fe fervent; de la
manière de doucir les verres qui efl: plus parfaite que la noftre, et de leur gran-
deur, qui monte a 6 et 7 pouces pour des lunettes de 45 et 55 pieds. Je vous
avois parlé aufli de l'expérience que nous avons faite chez Monfieur Thevenot a
Ifly 7) de drefler une lunette fans tuyau, qui reuiïit trefbien dans celle que nous
avions là de 35 pieds, et feroit de mefme en quelque autre longueur que ce fuft. La
manière dont on fe fert en cccy efl: qu'auprès du verre objectif quelqu'un fe tient,
qui regarde l'aflxe propofè par un petit tuyau eflxoit qui eil fiche à angles droits
dans le mefme ais ou efl: enchaffè le verre objectif : car par la on eil aflurè que
ce verre eil en fa due fituation. après quoy on trouue facilement ou c'eil qu'il
faut arreiler l'oculaire, qui eil pofè fur un pied portatif.
Je vous avois mandé encore que j'avois receu des bonnes nouuelles touchant
les pendules de Monfieur Brus 8) qui ont fait un voiage en Portugal, et bientort en
vont faire un autre aux Indes Occidentales y). L'on I0) m'a envoyé depuis l'ex-
traie!: ") de la Relation du Pilote qui avoit eu le foin de ces monftres , par le quel
il appert que l'une ne s'eil jamais arreftee en chemin, quoyqu'il fe foit rencontré
de tempeftes auiïi grandes qu'ils en enflent veu jamais, et que l'autre ne s'eit arref-
tee par fois que parce que la boule du pendule touchoit a la boete de l'horologc.
Que tant qu'elles ont marché toutes deux elles ont elle fort bien d'accord , et qu'en
fin par le moyen de la bonne qui n'arreila jamais qui efl: celle que fit Severijn, l'on
a fort bien marqué les longitudes des lieux ou l'on s'eit trouvé, les quelles l'on com-
s) Lodewijk Huygens. Consulte/, les Lettres N"*. 1 162 et 1 1 68.
<î) Severyn Oosterwijk. Voir la Lettre N°. 1 104, note 18.
7 ) Où se trouvait la campagne de M. Thevenot.
8) Alexander Bruce.
Voir la Lettre i\°. i 173; sur les observations, laites pendant ce voyage, il faut consulter la
correspondance de 1665.
1 R. jVloray. Voir la Lettre N°. 1 173.
") Voir la pièce N°. 1174.
CORRESPONDANCE. 1663. 453
pucoit en mefme temps parles voyes ordinaires. Sur cecy ceux delà Société Royale
de Grefham ont conceu des efperances certaines du fucces de cette invention,
et m'en ont donné aufll, de forte que nous ne délibérons plus finon aux mefures
qu'il faudra prendre pour demander les Privilèges.
Je plains le frère6) febricitant, car j'en ay aufll taitè une fois I2). Il peut pourtant
efperer au Kin Kina dont nous venons de veoir un bel effecl: en la Signora Anna.
N'oubliez pas ma lettre I3) a Moniieur van Leeuwen.
N= 1176.
[Susanna Doublet] à [Christiaan HuygensJ.
6 décembre 1663.
La lettre se trouve à Amsterdam , Archives Municipales.
Hage den 6 December 1663.
Cher Frère
Ick wil hoopen dat Ghij mij de voorleden weeck ten beften fuit gehouden heb-
ben dat ick niet geantwoort heb op VE vrindelijke miffive *) die mij ommers foo
feer verwondert heeft als VE felfs geweert lijdt van mijn lang llil fwijgen. want
mij dogt dat het wat wonders was van VE een brief van vier fijen te krijgen,
daer ick felver foo lang aen mijn devoir gemanqueert hadt. mijn Arme Truijtie 2)
geeft mij foo veel te doen dat ick qualijk tijt heb om mijn goeije vrinden fom-
tijts van mijn goede genegentheijt ce verfekeren. ick fchrijf aen Papa hoe fieck iij
nu weer geweeft is. en evenwel iffer nu weer cnigfins hoop van beeterfehap.
Wij moeten verwagten wat onfen Lieven Heer fal willen geeven. maer ick dogt
gifteren dat fij geen drij uren geleeft fonde hebben. Mijn man heeft je goet be-
regtgedaen3) heeft hij mij gefegt aengaende al de Maiftrcflen van Broer van Zeel-
,2) Consultez la Lettre N°. 998.
I3) Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Christ. Huygens à van Leyden van Leeuwen , ni
la minute.
') Cette lettre de Christiaan Huygens à sa sœur n'a pas été trouvée dans nos collections; elle
doit avoir été datée du 23 novembre 1663.
2) Sur sa fille Geertruid Doublet, voir la Lettre N". 19", note 6.
3) Voir la Lettre N°. 1 172.
454 CORRESPONDANCE. 1663.
hem4) CM! dan den anderen Amoureufen5). dieu outften gaet de liefde altoos weijnich
ter herten dunckt mijn. nu ooek ben gans niet van de confidentie en ick bender
wonder wel op geruft, want nergens moeij ick mij nooder meede, als met dierge-
lijcke faecken. maer ick denck dat hij noch nae een vrijfter foecken fal tôt dat hij
vijftich jaer ouwt is, en dat hij meent dan noch heel op fijn flag te koomen , dat
meen ick niet dat foo gaen fal. Sant Rijckers6) is altoos weijnich in mijn abpro-
batie. die van Delft 7) is altijt noch mooij. nu den Tijt fal leeren vvatter gebeuren
fal, Tibouttie 8) is ooek een lief foct Meyfie , foo veel als dat angaet, daer meen ick
niet dat den Broeder 9) over te klaegen fou hebben maer mijn dunckt niet dat die
faeck noch foo glat gaet. ick wou datie altemael al getrouwt waert. want ick word
moe van al de menichte vrijfters gehoort.
hier is van de weeck een vrijftertie gefturven in de Buert van 1 6. weecken ouwt.
het vvas de Infante van Hees en Leen IO), enige Dogter van den Heer van Doreftadt ' ?)•
mijn dunckt dat fijder heel wel aen is, want ick was feer bekommert dat fij fulcken
grooten Juffrouw niet gebleeven fonde fijn als fij wat ouder geweeft was. haer
Heer vaeder ftelt het foo vrij wat bout aen. Krijgt hij noch veel Dogters fij fullen
wel rijcke vrijers van doen hebben. dat je Don Sebaftiaen I2) quijt gaet is mij leet,
want gelijck ghij fegt fijn gefelfchap is veel weert. 't is een droevige Hiftorie van
fijn klcet dat moet m'en feggen. mijn dunckt dat ick hem hoor dat hem de faeck ter
harten ging. Siet toe dat wij twee Heeren en vrouwen VE niet eens en koomen
verraffen tegen de Soomer. Neef van Leeuwen I3) gaet daer foo uijt den Huijs,
4) Le frère Constantyn Huygens.
5) Lodewijk Huygens. Consultez les Lettres Nos. 1 153, 1 157.
6 ) Sur Su/.anna Rijckaert, voir la Lettre N°. 820, note 14.
Sur Amarantha van Vredenburg, voir la Lettre N°. 1172, note 5.
8) C'est parce que Mademoiselle Thibault est nommée ici, que nous avions cru qu'elle était une
des amies de Constantyn Huygens [Consultez la Lettre N". 1082, note 13]. Il semble cepen-
dant que Susanna Huygens la nomme ici comme la bien-aimée de «l'autre amoureux", son
frère Lodewijk Huygens. Consultez les Lettres Nos. 1 145), 1 151 et 1 155,
y) Lodewijk Huygens.
IO) Hees en [et] Leen appartenait aux ducs deBrabant, qui en 1646 le donnèrent à Alexander
van llenesse, comte de Warfusé; en 1660 ce lief fut vendu par exécution et acheté par le
baron van Doorenstadt.
") Albert Snouckaert van Scliouwcnburcli , baron van Doorenstadt, qui naquit à la Haye en
1637 et mourut à llee/.e le 11 octobre 1678. Il fut échevin de Bois-le-l)uc et capitaine d'in-
fanterie dans l'armée des Provinces Unies. Il épousa en 1658 a Harlem Isabella llataller
Doubleth , qui mourut le 9 juillet 1650; puis le 28 mai 1662 Anna Margriet van Rahdwyck,
qui lui donna six fils et cinq filles. Il acheta le lief de \W^ en Leen en 1660 le 3 septembre
après sa mort sa veuve garda ce lief. entièrement libéré . pour son lils mineur Aclbert Cari
Snouckaert van Schouwenburch.
I2) Sébastian Chieze.
Sur Diderik van Leyden van Leeuwen voir la Lettre N". 237, note 1.
CORRESPONDANCE. 1 663. 455
die heefter noch wel moet toe, en wel foo veel als ick dat beken ick geern. want
veekijts die reijfen die foo fwinters bij de vier geproponeert werden vallen flegt
uijc. maer wat heerlijcker inventie is dat. de courir la Polie en Chaife. ick won
dat m'en die practijck hier te Lande oock in 't werck llelde , ick vloog te poil het
heele Landt door. maer fchrijf mij toch eens of m'en Elck alleen fit of met fijn
beijen, anders dunckt mij fou de wechg vrij wat lang vallen als m'en niet te prae-
ten fou hebben.
Veel nieus weet ick je niet te fchrijven. niemant ifTer de Bruijdt of den Bruij-
gom onder ons Parentage dat ick weet, als een Nichie Staepel I4) dat trouwt met
een foon15) van Balfort I(5) of van Nicht Hinderibm ir).
Marna18) is weer veel beter als iij geweell is maer fij is noch heel fwack ter
been, dat mij gans niet en verwondert, want het is een herde overval geweell
en die wel dcgelijck perijckuleux was. ick ben blij dat ailes foo wel afgeloopen
is. was ons arme Truijtie oock foo ver het waer mij een groot vermaeck, maer
aen dat miferable kindt fien ick veel Ellende. Godt wil geeven dat het eens een
goed ende mach neemen. t' Is mij lief om hooren dat je onlangs foo merckelijck
gefeegent fijdt I9) met Tijdelijcke goederen. aengaende de fchult die wij met mal-
kanderen uijtftaende hebben daer fullen wij wel eens over worden, ick wil 't op
rekening houden , en als ick foo de ene vodderij of d'ander van doen heb , dan fal
icker wel om fchrijven. Segt mijn eens hoc veel je prcfent wel geweell is, want
tôt noch toe heb icker geen regt befcheijt van.
Adieu lieve Broer. ick wenfch wel dufent mael bij Papa en bij VE te fijn. ende-
lijck hoop ick fal t'er noch al eens toe koomen. denckt ondertufTchen fomtijts om
je goeije vrinden, en gelicfje voortaen goeje correfpondentie te onderhouden mij
fal groote vrintfchap gefchieden. Adieu, al de vrinden doen haere dienilige ge-
biedenis.
14) Anna Maria van Stapele, fille de Cornelis van Stapele et de Maria Marcelina 13ax. Elle
épousa Patrick Balfour le 25 novembre 1663.
15) Patrick Balfour naquit à Breda le 18 septembre 1641 et mourut en 1709. Il était colonel
d'infanterie et devint commandant de Bergen-op-Zoom en 1680; sa femme (voir la note 14)
était morte aiors, il se remaria avec Elisabeth Vlaming, veuve de Nicolaas Vrybergen.
15) James Michael Balfour, tils du chevalier David Balfour et d'Anna Bax, naquit en novembre
1621 à Bergen-op-Zoom, et fut tué dans une bataille en novembre 1643. Il avait épousé en
1627 Agathe Stewart, fille du Baronet Patrick Stewart et d'Anna van der Leeuw.
ir) Probablement cette veuve Agathe Stewart avait épousé
John Hinderson;le 5 mai 1641 il avait épousé en premières noces Louisa de Houthain ,
qui mourut le jour suivant [Dagboek].
18) Geertruid Huygens, veuve de Philips Doublet, père.
19) Allusion à la gracilication de Louis XIV.
456 CORRESPONDANCE. 1 663.
N= 1177.
Constantyn Huygens, frère, à Christiaan Huygens.
6 décembre 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden , cuil. Huygens.
Elle est la réponse au No. 1175.
A la Haye le 6. décembre 1663.
Puis que mes miferables tablettes font perdues et qu'autre remède n'y a je
payeray la piftole a van Dalen auec 7. autres de l'argent del Signor Padre comme
je luy mande dans ma lettre. Si vous auiez eu foing cependant de les faire mettre
dans le pacquet dudit Signor Padre indubitablement elles n'euffent pas couru le
mefme hafard. Je tiens pour chofe tref-affeurée qu'elles font allé le chemin de la
monftre et que le Courrier s'eft volé foymefme.
Les deux pendules feront envoyées félon que vous délirez la fepmaine pio-
chaine par Anuers auec les plumes et les cordes que mande mon Père.
Toot ') a promis de payer la monftre 2) de Bouillant.
Je fuis très fafché de la perte de voftre lettre pour les particularités que je fuis
tant curieux de feauoir, tafehez de trouver un peu de temps pour m'en faire un
autre récit. Vous me parlez de Lunettes de 55 pieds comme fi ce n'eftoit rien.
Si elles font bonnes a proportion elles devroyent faire de grands effets. Mandez
moy un peu ce que l'on en découvre de plus que par les noftres et en peu de
mots quelle forme de doucir et de polir ils ont. fi vous feauez maintenant ce fecret
que d'Efpagnet menageoit 3) auec tant de précaution il y a quelque temps.
Les rapports du pendule me rejouiffent fort et Seuryn 4) aufii. il dit qu'il croid
auoir trouvé quelque chofe pour les fufpendre encore mieux que ces autres ne
l'ont cité.
N'apportez vous rien de beau pour le deffeing ? dans l'opulence ou la largeffe
Royale vous a mis, vous devriez mettre quelque chofe en de femblables curio-
iités. Touts gueux que nous fommes icy, vous trouverez ma petite collection ,
non pas aggrandie mais meliorée vifiblement. Vous ne devriez pas aufii négliger
de voir à Paris le cabinet du Sieur Jabach 5) qui eft un des plus beaux du monde
') Lodewijk Huygens.
; i Consultez, sur le payement retardé de cette horloge, les Lettres N"*. i 168 et 1 175.
3) Consultez les Lettres N"s. 1 108, 1 1 1 1 et 1 1 1 5.
4 1 Severyn Oosterwijk. Voir la Lettre N". 1 104, note 18.
\ Lverhard Jabach. lils unique du riche conseiller d'Anvers et antiquaire de même nom , na-
quit en 161 1 à Cologne et mourut le 6 mars 1605 a Paris dans l'hôtel de la rue St. Mcny
qu'il s'était bâti lui-même. Après avoir beaucoup voyagé, il se fixa en 1638 a Paris comme
CORRESPONDANCE. 1 663. 457
pour les tableaux auiïi bien que pour les defleins. Je le voudrois bien pour une
raifon particulière. Il a ce dit on entre autres chofes environ une cinquantaine de
pafTages defleignés à la plume d' Annibal Caracci 6), et Uylenburg 7) dit que parmy
ceux la il y en a un ou il y a beaucoup d'eau et des petites figures de gens qui
fe baignent. Je voudrois que fi vous voyez cela vous en fiffiez viftement un petit
brouillon n'importe quelque mauvais qu'il foit pourveu qu'on y puiïïe aucune-
ment difcerner ou font les figures et combien il yen a, pour fcauoir un peu au
vray fi celuy qu'a Rembrant s) a Amfterdam ou il y a femblablement des gens qui
nagent du melme maiftre n'elî. pas une copie, ce que je ne croy pourtant pas pour
l'hardiefTe de la plume.
Auez vous encore nos lunettes et le microlcope ?
Al Signor fratello.
banquier; mais sa véritable vocation fut celle de collectionner des choses d'art en tout genre;
comme il était fort riche il sut tenir tête à tous les amateurs, notamment en 1650 dans la vente
du mobilier du roi Charles I. Mais il dépassa ses forces pécunières et dut se résigner, en [671,
à vendre à Louis XIV 101 tableaux et 5542 dessins pour 200,000 francs: puis il recommença
à collectionner. Il épousa en 1648 Anna Maria de Groote, de Cologne; son fils, qui porta
le même nom et qui revint à Cologne, eut, ainsi que ses descendants, la même passion de
collectionner des objets d'art.
rt) Sur Annibale Carrache, voir la Lettre N°. 810, note 1.
7) Sur Gérard Uylenbnrgh, voir la Lettre N°. 809, note i.
8) Rembrand Harmens/0011 van Rijn , le célèbre peintre, (ils de Harmen Gerritsz. van Rijn
et de Neeltje Willems Zuytbrouck, naquit le 15 juillet 1607 à Leiden et mourut dans les
premiers jours d'octobre 1669 à Amsterdam, où il s'était fixé en 1630. Il épousa en 1634
Saskia van Uilenburgh, fille du pensionnaire de Lecuwarden Robertus van Uilenburgh.
Œuvres. T. IV. 58
458 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 11 78.
Christiaan Huygens à R. Moray.
9 DÉCEMBRE 1663.
La lettre se trouve à Londres, Rayai Society.
Elle est la réponse aux Nos. 1170 et 1173.
A Paris ce 9 décembre 1663.
Monsieur
Depuis ma dernière ') j'ay receu trois 2) des vortres, auxquelles je m'en vay
refpondre par ordre et le plus fuccintement que je pourray pour ne vous ennuyer
pas par trop de Leclure. Dans la première qui eft du 5 Novembre3) je trouve l'ex-
plication du pafîage obfcur qui eftoit dans voftre précédente 4) touchant ce que
vous difiez des 15 degrez de différence. Il eftoit inintelligible, mais après voftre
interprétation je comprens ce que vous avez voulu dire , qui fe devoit raporter a
l'obfervation du Pilote lors que les horologes montrèrent midy et 45'. quoy que le
vaifïeau ne fuft félon fa computation que 9 degrés 22' vers le Oueft de Lifbone ;).
Nous fommes d'accord que la faute n'a pas cftè aux horologcs et partant cet
article du Journal ne fera pas que nous ayons moins bonne opinion du fucces de
l'affaire. J'attens avec impatience ce que Monfieur le Comte de Kinkairdin rt) vous
mandera, et fes raifons pourquoy il defireroit que les Privilèges fe demandaient
au nom de la Société Royale. Je croy qu'en Angleterre cela ne feroit pas mal. En
Hollande et icy il vaudra peut eftre autant que je le demande au mien ou conjoin-
tement avec Monfieur le Comte de Kincairdin , de quoy il me laiffoit le choix lors
que nous en parlâmes a la Haye. En tout cas je ferois bien aife de veoir de quelle
façon vous drefferiez la Requefte au nom de la Société.
Pour ce que vous dites r) de rectifier les Longitudes des lieux fur terre par des
obfervations des Satellites de Jupiter, c'eft une entreprife très belle et utile mais
qui confiera bien de la peine, par ce que fans doute ces Lunes ne font pas fujettes
a moins d'Anomalies que la noftrc, ce qui rendra la conftrucfion des Tables afîèz
difficile. Monfieur Wren toutefois fe trouuera fort foulage par le travail de Mon-
') La Lettre N°. 1 167, du 18 novembre.
;) Nous ne possédons que les Lettres N«*. 1 170 du 16 novembre et N°. 1 173 du 20 novembre;
la première des trois, du i 5 novembre, n'a pas été retrouvée.
:î) Le 15 novembre, Nouveau style.
4) Cette lettre précédente est celle a laquelle Çhr. Huygens répondit par la Lettre N° 1165,
et cpie nous ne possédons pas. Consulte/, la Lettre N°. i 165, note 1.
s) Consultez la pièce N°. 1 174; il s'agit de l'observation du 26 août.
Atexander Bruce.
7) Dans la lettre qui nous manque.
CORRESPONDANCE. 1663. 459
(leur Rook 8), et fi vous vouliez y emploier encore d'autres perfonnes il faudrait
leur faire part de ce qui en a défia ertc efcrit par luy. Quand je feray de retour en
la patrie je verray fi j'auray le loilir afiez pour y pouuoir travailler de mon coftè.
Je vous rends grâces de la lettre 9) de Monfieur Boile, que je feray veoir aux
fcavans d'icy a la première afTemblee chez Monfieur de Montmor, n'ayant pu
cllre prefent a celle qui fe fit cette fepmaine. Je voy que l'autheur a eu la bonté
d'y faire mention honorable de moy dont je luy fuis redevable , auflî bien que
de la relation exacle de toutes les circonftances de cette belle expérience. J'ay
eilè bien aife d'y trouuer entre autres celle dont j'avois fi fort defirè d'eitrc af-
furè a fcavoir de la defcente du mercure a la hauteur ancienne de 30 pouces, lors
qu'il quite le haut du tuyau.
Une autre très notable fera fans doute , fi l'on trouue quelque terme prefix à
la hauteur qu'il peut fe tenir. J'avoue que je ne me puis pas encore fatiffaire
pour ce qui ell d'une hypothefe fur ce nouueau phaenomene, et j'ay bien de
la peine a croire a Monfieur Rohaut I0), qui m'a dit qu'il l'a trouuée IJ) fans pour-
tant me la vouloir communiquer. Voftre féconde lettre I2) ne contenoit rien
outre l'envoy de la dite copie 9), c'efr. pourquoy je viens a la 3e et dernière I3) du
19 novembre par la quelle j'apprens le fécond embarquement de nos monftres
pour la Guinée et la Jamaïque. Je fuis bien aife de ce que l'on a mis B. I4)
en eftat de faire mieux fon devoir que par le pafîe , et pourveu qu'on ait bien pris
garde de mettre les pendules correctement au point qu'il faut, je ne doute pas que
le journal qu'on reportera ne nous donne encore plus de fatiffaclion que l'autre.
Il ell: vray que cettui cy I5) de Lifbone me contente bien plus a cet heure qu'il ne
faifoit , puis que vous m'afTurez que les différences journalières des monitres font
eferites fuivant les obfervations qu'on en a faites chafque jour, car par voitre
premier extrait j'avois juge que lors qu'il difoit, par exemple, que depuis le 16
Juin au 1 Juillet B gaignoit journellement 4 divifions , qu'ils avoient pris l'excès
total depuis le 16 Juin jufqu'au 1 Juillet et qu'en le divifant par le nombre des
jours ils avoient trouuè 4 divifions pour chacun. Et de plus j'ignorois qu'a tou-
8) Consultez la Lettre IM°. 933, note 4. On trouve dans „Th. Sprat's History of the Royal-
Society" (voir la Lettre N°. 1 1 14, note 4), pages 183 — 189, la pièce:
Mr. Rook's Difcourfe concerning the Obfervations ofthe Eclipfes of the Satellites of Ju-
piter. Appendix.
y) Voir l'Appendice N°. 1 1 7 1 .
IO) Sur Jacques Rohault, voir la Lettre N°. 823, note 4.
") Consultez la Lettre N°. 118-.
,2) La Lettre N°. 11 70.
,3) La Lettre N°. 1173.
14) C'est-à-dire l'horloge marquée \) dans la pièce N°. i 1-4.
15) Voir la pièce N°. 1 174.
460 CORRESPONDANCE. 1 663.
tes les fois que B s'eltoit arreftée ils avoient tafchè a l'accorder mieux en re-
muant le petit plomb. Je n'ofois pas m'attribuer rien a l'imperfection des mon-
tres , et en effecl ce fera bien merveilleux fi elles font plus juftes fur mer que fur
terre, ou je ne fcay que trop bien qu'il s'en falloit quelque chofe. Cependant s'il
confie du faict je croy que j'en pourray dire quelque raifon. J'ay invente depuis
peu quelque chofe de nouueau I<5) aux horologes, qui fera qu'elles feront encore
beaucoup plus exaer.es qu'auparavant et c'efl ce qui me donne entière confiance
de venir a bout de cette invention des Longitudes, quand mefme nous n'en
aurions pas veu de fi bon commencements), ou que le journal de voflre Pilote
ne feroit pas fi ridelle que je veux croire qu'il l'eft. Il me tarde fort d'eflrc de re-
tour au pais pour y faire travailler, car je n'ay pas envie de confier le fecret aux
artifans d'icy.
En ce que je vous manday ir) de la manière des lunettes fans tuyau il n'y avoit
rien de nouveau , fin on Finduflrie de tourner le verre objectif en fa due affiete
dont je ne fcay pas que perfonne s'eft avifè devant Monfieur Auzout l8), quoy
que ce ne fut pas une invention bien difficile a trouuer. Pour ce qui efl de caffer
les tuyaux il y a auffi plufieurs années que je me l'ellois propofè.
J'ay eferit I9) a mon frère qui cft a la Haye qu'il fifl le marche avec l'horo-
Ioger 20) pour la monflre de Milord Brounker au plus jufte prix qui efl a ce qu'il
me mande21) de 1 10 livres monnoyc d'Hollande. Je luy ay fait feavoir l'addrefie
que vous marquez pour la faire tenir, et qu'il la fafie partir au plullofl.
Envoiez moy je vous prie les obfervations de Monfieur Boile touchant voftre
merveilleux diamant22). Voila un phénomène bien ellrange, et je m'ellonne par
quel hazard on l'a decouuert. De quelle efpece efl ce diamant ? a qui ell-il ? com-
bien luifante efl la clarté qu'il acquiert, combien dure t elle. J'ay grande envie
d'apprendre tout cela.
J'avois prie Monfieur vSilvius23) de ne me nommer pas dans cette affaire delà
Polie mais il femble qu'il n'a pu s'en défendre. Il m'a mande que le Roy luy avoit
accordé la grâce qu'il demandoit fans me parler ^l'aucune rencontre avec vous,
dont pourtant j'ay appris quelque chofe d'ailleurs. C'eft une affaire dont je ne fais
"' ) Dans notre correspondance il est SOUVeill fail allusion à cette nouvelle invention. On pourra
consulter a cet égard la lettre de Chr. Huygens -a K. Moray datée du 29 août 1664.
1 Voir la Lettre N ". 1 167.
Consultez la Lettre X '. 1175.
'•' Consultez la Lettre N° 1 166.
Severyn ' >osterwijk.
' Coin, lie/, la Lettre N". 1 168.
Cou ultez la Lettre X". 1 1 7. n la pièce N". 1 [94.
■ Voir la Letl re \". 1 1 .;-. note <;•
CORRESPONDANCE. 1663. 46 1
pas grand eftat et de trois quarts du revenu que ces Meflîeurs icy m'ont donné j'en
ay défia fait prefent de deux.
Pour fatiffaire aux ordres du Roy je m'en vay envoier le dcïïein de la ma-
chine 24) au dit Silvius, mais devant que d'en eftablir l'ufage par de la, je fuis fort
d'avis qu'on attende de veoir premièrement quel en fera icy le fucces. je dis poul-
ies polies, par ce qu'il faudra y faire des frais et des avances : n'eitant pas necef-
faire de rien hazarder. Je fuis avec palfion
Monsieur
Voftre très humble & obeiflant ferviteur
Christian Hugens de Zulichem.
Voyla une féconde lettre 25) de Monficur Silvius qu'on m'apporte par la quelle
il me donne des grandes efperances du fucces de la machine en ce pais la. et me
raconte l'avanture arrivée entre vous et luy. dont je fuis ravy. Le defîéin fufdit
avec autre chofe que je veux luy envoyer ne pourront eftre prêts que pour mer-
credy 2<s). C'cft a dire dans 3 jours d'icy , ce que je vous prie de luy dire quand
vous le rencontrerez.
24) Il s'agit des nouvelles voitures dont il a été question précédemment. Voir In Lettre
N°. 1036.
2-s) Nous n'avons trouvé aucune de ces deux lettres de Silvius à Chr. Huygens.
2<J) Le 12 décembre 1663.
462 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 11 79.
W. Brereton à [Christiaan Huygens].
9 décembre 1663.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Sir,
J hope that long before this time, you hâve receivcd mine ') of the 29 th. of
October Styli veteris wherein you will find that J deale as freely with you as J think
a True Friend is obliged to doe in fuch a café, And that although J doe not com-
plément yet J doe in that lctter really f hew you the Truth of the Café ; And J
make no doubt , but if you can not yet quiet your felfe , till your Admiration hath
produced fomething more than two Good Pictures :); you will then [but perhaps
with Trouble] find that there is as much Follie for a Lining within , as Beautie
for a Covering without. And that therefore the Doctrine of Praeexiilence will
[notwithflanding that Jnilance] remaine unfhaken. Within thefe three dayes fhe
utterly denied that fhe had receivcd any Letters from Monfieur H. being afked
of it by the By, and not being told that he had at ail written to her fince he lcft
London.
J find by Sir Robert Moray that he hath given 3) you a particular accompt of
what is worth your knowing from the Royall Societie wherc J hâve not beene
able to attend of late , having beene hindered by Sicknes and domeflick Affaires
which now force me to take a iourney into the Countrey , but if you direct your
letters, as in my former J defired you would, to Miller John Lindfay Goldfmith
at the Angell & Crowne in Lombard-ftreet , they will come fafe to me. The Book
J promifed you is not yet Publifhed, but by that time J returne to London, J
hope J may be able to give you a better Accompt of that, and of the Succefs of
the Rcilorative 4) J told you of, which J am fo little afraid of (6k that, upon fome
grounds) that J dare as readily trie it upon my felfe as upon a Dog.
J hope you will continue your Kindnefs to me in letting me heare from you
when you have leifure & J hope J may at length be able to acquaint you with
') Nous n'avons pas trouve cette lettre dans nos collections.
:) Probablement Brereton parle ici de Mistress Middleton (voir la Lettre N°. 1143, note 2 |
que Huygens avait peinte (consultez les Lettres Nos. 1 148, 1 151), et qu'il rencontra souvent
chez son ami (Ileys-Verhacl l.
3 ) Consultez la Lettre N°. 1 [73.
! ' >n lit dans le Rcys-Vcrhael :
Miller Brereton gitigh aen lich felven beproeven de recept van 't Ens primum,
om nieuw haer, tanden en nagels te hebben. [Miller Brereton allait eflayer
fur foi-même la recette de l'Ens primum, pour avoir de nouveaux cheveux,
dents et ongles.
CORRESPONDANCE. 1663. 463
fomething which will give you fome fatiffaétiôn , J having a great & rcall Honor
for you , and fhall allwaies f hew my felfe
Sir
Your moft Faithfull and Devoted Servant
William Brereton.
November 29 th. 1663.
Stvli Veteris.
N° 11 80.
[J. Chapelain] à [Christiaan Huygens].
10 décembre [1663].
La lettre se trouve à Leiden , coll. Ilitygens.
ce 10. Décembre.
Je fus, Monfieur, tre [mortifié auanthier dauoir a vous quiter ches Monfieur
de Monmor par la violence d'vne affaire qui ne fe pouuoit remettre. En fortant
je trou u ay Monfieur de Sourdis ') qui s'apprelloit bien adifputer contre vous de la
Mechanique fans me faire peur pour vous.
Au refte Monfieur, j'ay encore recours a vous pour faire païïer fous voftre
feure enueloppe daujourdhuy vn paquet a Monfieur Heinfius , dans lequel font
les Diuerfcs leftions des Triftes dOuide , recueillies en abondance par Monfieur
Tennuil 2) fur le MS. de la Biblioteque Chanccliere que noftre Amy attend
aueque impatience. Pardonnes moy cette liberté et ayes la bonté de bien recom-
mander ce paquet ches vous a la Haye. Je vous en enuoyeray vn autre de livres
pour mettre dans celuy que vous enuoyes auec les hardes du Fils 3) de Monfieur
l' AmbafTadeur 4). Mandes moy quand ce fera, j'irai.
') Sur Charles d'Escoubleau , voir la Lettre N°. 484, note 3.
2) Sur Samuel ten Nuyl (Tennulius), voir la Lettre N°. 762*, note 6 [Tome III , Appendice].
Il venait de passer quelque temps à Paris', où il avait été bien reçu par Chapelain, comme il
résulte de la correspondance de celui-ci.
3) Sur Jacob Boreel, consultez la Lettre N°. 822, note 3.
4) Sur l'ambassadeur Willem Boreel, voir la Lettre N°. 63, note 6.
464 CORRESPONDANCE. 1 66
.v
N= 1 1 8 i .
[Pu. Doublet] à [Ciiristiaan Huygens].
14 DÉCEMBRE 1 663.
La lettre se trouve à Amsterdam, Archives Municipales.
a la Haije le 14 Décembre 1663.
Pour cette fois ey n'aijant pas grand chofe a vous dire, puifque vous tefmoig-
nez ') en bon neveu vous jntereffer en la fanté de ma bonne mère vous icaurez que
Dieu mercy elle s'eft a peu près tout a fait remife de ce fâcheux accez que nous
avons fort appréhendé et non fans beaucoup de fujet, cepandant Fjnclemence de
la faifon luy fait encore garder fa chambre a quoy elle ne perd rien pandant ces
vilains jours obfcurs par les brouillards froids et continuels. Samedi paflfé 2) il y en
eut un li épais a Amfterdam qu'en plein jour plus de 60. perfonnes font tumbees
dans l'eau dont on n'en a pu retirer que vingt en vie. Cepandant la pelle y dimi-
nue de jour a autre , et il en meurt des feptante et foixante moins par femaine que
par le paffé.
Ma panure miferable fille3) ainee fe porte un peu mieux ce qui nous redonne
quelque efperance.
Les Belleties vont et reviennent encore toufjours a Delft mais fans fucces, comme
elles en font revenues feulement hier au loir après dix ou douze jours de fejour.
Vous aurez fans doutte defia feeu avec quel empreflement le Sire d'Odijck 4)
l'ait l'amour a Mademoifelle vander Ni (Te s) depuis trois ou quattre mois ce qui
ne donne pas peu d'ambaras et de Martel en telle aux frères jumeaux 6).
L'Jnfante de Doreftat 7) eft trepaffee ces jours pailez au grand regret de Mon-
fîeur et Madame fos parens 8).
Il y avoit un bruit ces jours panez que Overfteijn fe feroit battu contre le
mary de Madame, mais n'a point eu de fuitte. Le dit feigneur DrofTart dit on
') Nous n'avons pas trouvé dans nos collections cette lettre de Chr. Huygens à Ph. Doublet.
2) Le 8 décembre.
s) Sur Geertruyd Doublet, voir la Lettre N°. 1 120, note 10.
4) Sur Willem Adrianus van Nassau, voir la Lettre N°. 909, note 8.
5) Sur Cornelia van der Nisse, voir la Lettre N°. 1 162, note 4.
rt) Nous savions seulement qu' Emery van Watervliet aussi lui faisait la cour.
Consultez la Lettre N°. 1 176. Cette demoiselle Snouckaerr van Schouwenburgh mourut
très jeune.
Sur Albert Snouckaerr van Schouwenburgh , voir la Lettre N°. 1 176, note 10.
Anna Margrict van Kandwyck naquit en juillet 1641, et mourut le 3 septembre 1701. Elle
était la fille du colonel Jacob van llandwyck , seigneur de Kossum. I leselt et Cameren, et de
sa seconde épouse Geneviève Maria van der Noodt.
CORRESPONDANCE. 1 663. 465
veut aller faire la guerre aux Turcs foubs Monfeigneur l'Ele&eur *>): des fi vail-
lants defenfeurs que ne peut efperer la Chreftienté ?
Si vous voijez quelques fois Monfieur de Blumenthal I0) vous m'obligeriez fort
de luij faire refïbuuenir en parlant que fon carofie n'efl: pas encore paijé quoy qu'il
aije promis a Monfieur l'ambafiadeur de Bourgogne il y a plus de quinfe jours
ou trois femaines qu'il m'envoijeroit lettre de change pour cet effet, cepandant
les ouuriers que je renvoije d'un ordinaire a l'autre, commenceront a s'imaginer
je croy que je me mocque d'eux, cela n'eil ni bon ni beau pour un Baron Alle-
mand de fa forte a mon avis, une autre fois je ne ferois pas fi promt a exécuter
pareilles commiflions.
j'ay fceu ces jours pafiez de l'Amaranthe lI) mefme que le Sieur de Zeelhem I2)
ne l'a veue de trois mois, dat vrijt niet qualtjck13), Je fouhaitterois bij leeven
en bij lterven I4) comme on dit que des lettres d'avis comme celle I5) que je vous
envoyay dernièrement fu fient jettees au feu fi vous defirez que je vous en efcrîve
par fois de pareilles.
Quelle couleur de drap porte t'on? et quelle forte d'habits noirs, car je me vois
dans la necefiité d'en faire faire , j'avois efperé que pour le moins l'un de nos deux
enflammez xfi) m' auraient fait naifire occafion d'en faire faire pour leurs nopces,
mais je vois bien que fi je voulois attendre fi longtemps je ferois fort mal couuert
peut eftre pandant quelques années. Manteaux gris doublez de panne ? Les jult
au corps font ils fort longs ? Les chapeaux de forme fort platte ? Un poco di dif-
fegno s'il vous plaift de l'admirable Machine Roanefque I?), la commodité ne feroit
pas moins belle pour le voyage de Hofwijck et Scheveling que par la France.
Voicy deux paires de boutons d'or pour des manches avec un petit mot de lettre
à fon Excellence l'ambafiadeur de Bourgogne que je vous prie de luy adrefier.
Cognoit on une Surcritique de la Critique l8) de l'Efcole des femmes de
9) Ferdinand Maria, fils aîné de l'Electeur Maximilian et de Maria Anna d'Autriche, naquit
le 31 octobre 1636 à Munich et mourut le 26 mai 1679a Gleiszheim; à l'âge de 141ms il
épousa Henriette Adélaïde de Savoye, pour laquelle il bâtit le luxueux Nymphenburg.
10) Joachim Friedrich, baron von Blumenthal, fut ambassadeur de Brandenbourg auprès de
divers états.
11 ) Sur Amaranthe van Vredenburgh , voir la Lettre N°. 1 172 , note 5.
1:) Constantyn Huygens, frère.
13) Traduction.- cela ne fait pas mal la cour.
14) Traduction : par vie et par mort.
'S) Voir la Lettre N°. 11*72.
1<s) Les frères Constantyn et Lodewijk Huygens.
17 ) Consultez la Lettre N°. 1036.
l8) Molière avait écrit:
L'Efcole des femmes Comédie, reprefentée pour la première luis a Paris, sur le Théâtre
Œuvres T. IV. 59
466 CORRESPONDANCE. 1 663.
Molière. Arminvilliers I9) en parle, fans doutte ce ne fera qu'une petitte bagatelle
qu'on pourroit envoyer dans le pacquet, s'il vaut la peijne s'entend.
N= 1182.
Is. DE LA PEYRERE ') à CHIEZE.
14 DÉCEMBRE [i 663].
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
ce 14 Décembre.
Je vous fuplie tref humblement, Monfieur , de prefanter le papier2) que ie vous
enuoye, a Monfieur Huguens, fur lequel ie le fuplie trefhumblement aufTy de
ieter les yeux a quelque momant de fon loifir , Et defcrire a codé de chaque ar-
du Palais Royal, le 26. Décembre 1662. Par la Troupe de Monfieur Frère Unique du Roy.
Paris 1663. in-8°.
A l'occasion de plusieurs attaques contre cette comédie, il écrivit:
La Critique de PECcole des femmes, Comédie, reprefentée pour la première fois à Paris,
sur le Théâtre du Palais Royal, le Vendredy 1. Juin 1663. Par la Troupe de Monfieur
Frère Unique du Roy. Paris 1663. in-8°.
Ensuite Jean Donneau le Vizé (1640— 17 10) publia sa
Zélinde, ou la véritable Critique de PEfcole des Femmes et la Critique de la Critique. Pa-
ris. 1663. in-8°.
et Edmes Boursault [1638 — 1701] sa comédie
Le Portrait dv Peintre, ov la Contre-Critiqve de PEfcole des Femmes. Comédie. Repre-
fentée fur le Théâtre Royal de l'Hoftel de Bourgogne. Par le Sieur Bovrfavlt. A Paris, chez
Jean Gvignard le fils, en la grande Salle du Palais, à l'Image Sainct Iean , m.dc.lxiii. Avec
Privilège dv Roy. in-120.
Cependant, ce ne fut qu'après une offense brutale laite au poète par François d'Aubus-
son, duc île la Feuillade [1625—1691] que Louis XIV permit à Molière de se venger; il
publia alors son
L'Impromptu de Verfailles, Comédie Par J. H. P. de Molière; reprefentée pour la pre-
mière fois a Verfailles pour le Roy le quatorzième Octobre 1663. & donnée depuis au Public-
dans la Salle du Palais Royal le 4. Novembre de la même année 1663. Par la Troupe de
Monfieur Frère Unique du Roy. Paris 1663. in-8°.
19 Sur Maximilien de Berringau, voir la Lettre N°. 744, note 17.
1 Isaac de la Pcyrere naquit à Bordeaux en 1594, et mourut le 20 janvier 1676, au séminaire
de Notre-Dame des Vertus près de Paris. Il était juif, se lit protestant, puis en 1656 ca-
tholique et devint bibliothécaire du Prince île ('onde. Enfin il se retira dans un couvent.
Il écrivit beaucoup sur les Préadamites.
2 ) Voir l'Appendice N°. 1 1 84.
CORRESPONDANCE. 1663. 46"'
ticle. Jl eft vray, ou, Jl eft faux. C'eft mon Pitagore. Jl me fuftt qu'il die l'vn
ou l'autre. Je vous enuoyeray quérir demain matin la refponfe que ie vous de-
mande , par ce me fine porteur qui vous randra ce billet.
Voftre très humble feruiteur etc.
la Peyrere etc.
A Mo.nfieur
Monfieur Cheze etc.
N= 1183.
Is. de la Peyrere h Christiaan Huygens".
[? décembre 1663.]
Appendice I au No. 1182.
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
C/ir. Huygens y répondit par le No. il 85.
Nobilifîimo Viro; et fupra annos Mathematico Excelfïflimo,
Christiano Hugenio, Constantini Illuftris Filio.
Noli admirari, Vir admirande! fi, dicamne femipaganus an paganus totus in
Mathematicis, ad facra Mathematicorum (quae tua funt) demonftrationem hanc
rudem et indigeftam affero. Et fi quid in illà vel erraui, vel diuinaui; furentis
animi delirium, aut vaticinationem interpretare: aeituabam enim febre ardentif-
fimâ cùm haec primum cogitaui , vt me tibi confefTus fum. Nefcio quid certe me
laétat (videris an fpe inani) non nihil confecutum effe : Et fi non acu , faltem
acutifllmo circino rem cetigifle mihi videor. Sed tu hoc mcum aes Corinthium
examina. Fac illud fufile: et repetitâ tua analyfi, tanquam exploratore camino
coque et recoque; dum faex in fumos et cineres abeat, et fi quid auri in illis elt
purius elucefcat. Inuenies obfequentem fi me intcr cultores virtutis tuae admiferis.
Vale.
Tu us fum
ISAACUS PeYRERIUS.
468
CORRESPONDANCE. 1 663.
N= 11 84.
Is. de la Peyrere à Christiaan Huvgens.
[décembre 1663].
Appendice II au No. 1 1 8a.
La lettre se trouve à Leïden , coll. Huygens.
Problema ')•
Duabus datis rectis lineis, duas médias proportionales inuenire. Oportet autem
vt ratio maioris datae ad minorem datam , non fit maior duplâ.
Sint datae duae lineae, AB et CD.
AB maior. CD minor. Quibus inue-
niendae lunt duae mediac proportio-
nales.
Dncatur linea EF. Sumaturque in
eâ GH, aequalis maiori datae AB: et
GI aequalis minori datae CD. Aufe-
ratur ex GH , GK aequalis GI. Erit-
que refiduum KH, differentia quâ
GH excedit GI. Diuidaturdiffèrentia
KH in duas partes acquales KL, et
LH. Addaturque LU toti GH : ita vt
HM aequalis fiât LU. Conttituatur-
que vna diameter MI, ex tribus ad-
unatis lineis, IG, G H et H M. Dcfcri-
batur circa diametrum MI, circulus
MNIO. Seceturquc diameter ad an-
gulos rectos in pun&o G , per lineam
ON circulo infçrjptam. Inueniatur
GP, média proportionalis duabus
GM et GN. Inferibatur média GP
inuenta, a punclo G, ad punctum P, in
portione circuli MN. Extendaturque in direétum linea GP, ad oppofitum punctum
Q, in portione circuli 01. Dico tactum elle quod oportuit. Hoc eft, lineas GN et
GQ, duas eue médias proportionales duabus GPetGI. Duas autem GP et GI,
acquales elle duabus datis AB et CD. Atque adeo GN et GQ , duas eflè médias
inuentas proportionales duabus datis A\\ et CD.
') Il résulte d'une lettre Je Is. de la Peyrere, datée du 10 avril 1665, qu'il avait envoyé ses
„folies" a Chr. Huygens lorsque celui-ci se trouvait il Paris.
CORRESPONDANCE. 1663.
469
Confiât enim primb ex conftruétionc , lineas très GM, GP et GN , efle conti-
nue proportionales. Reétangulum autem GP , GQ, aequale eft quadrato GN, per
35 tertij 2). Erit ergo GN média proportionalis duabus GP et GQ, per 17 fexti.
Ac proinde, quatuor lineae, GM, GP, GN, GQ erunt continue proportiona-
les. Jam vero, reclangulum GM, GI , aequale eft reclangulo GP, GQ, per
eandem 35 tertij. Habebuntque reélangula illa duo aequalia, latera circum angu-
los aequales reciproca-, per 14 fexti. Erit ergo vt GM ad GQ ita GP ad GI , Et
alternando , erit GM ad GP , vt GQ ad GI. Sed vt GM ad GP , ita GN ad GQ ,
(demonftratum enim eft quatuor efîè continue proportionales). Erit ergo GQ ad
GI , vt GN ad GQ , per 1 1 quinti. Et quinque lineae GM , GP , GN , GQ et GI
erunt continue proportionales. Duae autem GN et GQ , mediae erunt proportio-
nales duabus GP et GI. Facta vero fuit GI , aequalis per conftructionem minori
datae CD. Probandum reliât lineam GP, aequalem efîe maiori datae AB: vt
demonltretur eafdem GN et GQ, duas efîe médias inuentas proportionales duabus
datisABetCD.
Quod vt fiât. Diuidatur differentia
KM, quâ GM maior eit GI, in duas
partes SM et KS. Sitque SM, diffe-
rentia rationis 3) G M ad GN. Et KS,
differentia rationis GN ad GI. Au-
feratur ex SM , HM, vna ex tribus
partibus aequalibus, in quas diuifa
cil per conftruétionem tota differen-
tia KM. (Poterit autem auferri HM
ex SM, quia SM maior eft dimidià
differentiae KM). Auferatur ex KS,
RS , quae fit ad HM vt KS ad SM.
Eritque refiduum SH ad refiduum
KR, vt totum SM ad totum KS. At-
que adeo quatuor partes HM, SH,
RS , et KR , erunt proportionales.
Demonftratur efîe continue pro-
portionales. Confiât enim , très partes aequales H M , LH et KL , in quas diuifa cil
differentia KM , refolui in quatuor partes proportionales , HM , SH , R S et KR :
Quarum quatuor partium, prima HM, facla eft per conftruclionem aequalis HM,
vna ex tribus illis partibus aequalibus differentiae KM. Duae igitur rcliquac par-
tes aequales LH et KL, eiufdem differentiae KM, refoluentur in tres reliquas par-
:) L'auteur se sert ici de la notation connue oour la proposition 35 du troisième livre des Elé-
ments d'Euclide.
3) Ratio veut dire ici : différence.
470
CORRESPONDANCE. 1 663.
tes, SH, RS et KR. Quas dico efle proportionales. Eadem enim eft ratio totarum
trium partium HM , LH , et KL, ad quatuor totas partes H M , SH , RS et KR;
quae ablatae H M, ad acqualem eius ablatam HM. Erunt igitur dnae hae reliquae
partes LH et KL, ad très has reliquas partes SH, RS et KR; vt totae très illae
partes, ad totas illas quatuor partes. Et rcfoluentur duae hae reliquae partes, in
très has reliquas partes, eadem ratione, quâ très illae partes refoluuntur in quatuor
illas partes. Sed très illae partes refoluuntur proportionaliter, per quatuor illas
partes; quae demonftratae funt proportionales. Ergo et duae hae reliquae partes
refoluentur proportionaliter, per très has reliquas partes; ratione eâdem propor-
tionales. At, quâ ratione très hae reliquae partes funt proportionales; erit SH ad
RS,vtRSadKR. Sed demonrtratum eft HM efTe ad SH, vtRSadKR. Erit
ergo HM ad SH , vt SH ad RS , per 1 1 quinti. Et quatuor lineae HM , SH, RS
et KR, erunt continue proportionales. Habebunt itaque quatuor hae lineae ean-
dem rationem ad totam differentiam KM, quam habent ad totam eandem , quatuor
differentiae rationum quatuor harum fimilium, GM ad GP, GP ad GN, GN ad
GQ, GQ ad GL Quia enim KM, tota eft differentia quatuor harum rationum
fimilium. Et per 7 quinti, quatuor hae lineae, aequales erunt quatuor harum ra-
tionum differentiis. Jmo quatuor hae lineae, differentiae ipfiflnnae erunt quatuor
harum rationum fimilium. Quod ex appofitâ figura clarifime apparebit.
Erit ergo HM, differentia primae
rationis GM ad GP. Nec non eadem
HM, exceffus erit, quo GM maior
eft G P. Sed eadem H M exceffus eti-
am eft, quo eadem GM maior eft
GH. Ablato ergo communi ambabus
GH et GP, exceffu HM: fupererit
GH aequalis GP. Atqui GH faéta
fuit aequalis per conftruftionem, ma-
iori datae AB. Ergo et GP aequalis
erit eidem maiori datae A B.
Demonftratis igitur duabus lineis
GP et GI, acqualibus duabus datis
ABet CD. Demonftratis itidem dua-
bus GN et GQ , mediis proportiona-
libus duabus GP et GI. Demonftra-
tum etiam erit, eafdem GN et GO,
duas efTe médias, inuentas proportionales duabus datis AB et CD, quod fuerat
propofitum.
CORRESPONDANCE. 1663.
47 1
N^ 1185.
Christiaan Huygens à [Is. de la Peyrere].
[décembre 1663.]
La minute se trouve à Leiden, coll. Huygens ').
La lettre est la réponse au No. 1183.
|GH22)ErgoKH. 10
)GI 12) etHM. 5
etGM. 27|
GI. iaj
54
27
m.
324 quadrauim GN
') La minute de cette lettre se trouve sur la quatrième page de la pièce N°. 1184; elle contient
la réfutation du raisonnement de la pièce précédente.
472 CORRESPONDANCE. 1 663.
ejus radix 18
GH. 11 ergoGN. i8j
22 GM. 27 i
44 1 16
44 . 36
quadratum GH 484 minas quam 486 quadratum GP
Ergo GM minor quam GP.
N= 1186.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
15 DÉCEMBRE 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens.
Paris ce 15 Décembre 1663.
Je n'ay pas de temps pour vous efcrire ny au frère de Zeelhem ') ayant employé
prelque tout le jour avec Monlieur Petit 2), à ajufter la machine du vuidc de Mon-
fieur de Montmor que dans quelques jours nous devons exhiber a Monfieur le
Premier Prefident. Toutefois il faut que je m'acquitc de ce que le dit Sieur du
Portail 3) m'a prie et dont il me perfecute a toutes les fois qu'il me rencontre qui
ert de vous faire fouuenir de luy faire avoir un certain livre 4) de Raimond 5) et
quelques autres imprimez chez 6) parmy lelquels il (buhaite celuy des amours
d'Alcandre qu'on a publié il y a quelque temps avec d'autres pièces curieufes 7)
') Constantyn Huygens.
| I. 'intendant des fortifications P. Petit.
•') P. Petit de la note 2.
4 ) Peut-être s'agït-il ici de l'ouvrage:
Délie Caccie di Eugenio Raimondi Brefciano Libri Qvattro Agginutoui le quefta nnova
imprelîïone, il Qvinto Libro délia villa. [In Napoli, Per l.azaro Scoriggio. M.DC.XXvl.
in -40.
s) Eugenio Raimondi naquit vers la fin du seizième siècle et s'occupa surtout d'histoire na-
turelle.
'• ) Intercalez: vous.
7) Recueil dediverles Pièces , lervant a l'Hiftoire de Henry III, Roy de France et de Pologne;
dont les titres fe trouvent en la page fui van te. A Cologne, chez Pierre Marteau, [ce sont
des pseudonymes pour: Amsterdam, Elsevirii] mdclxiii. in-120.
Cet ouvrage, assez rare, contient les pièces suivantes:
CORRESPONDANCE. 1663. 473
Je vous prie promettez que vous le contenterez ou dites moy ce que je doibs luy
refpondre.
Vous aurez fceu du frère de Zeelhem 8) le bon fucces de nos montres au voyage
de Lifbone qu'ont fait les Anglois et je vous diray que j'ay trouuè encore un chan-
gement notable dans la conftruétion des horologes a pendule qui le fera aller
beaucoup plus jufte qu'auparavant 9). Monfieur Moray me mande une chofe allez
curieufe par fa dernière IO), c'eft qu'ils ont en leur Société un diamant grifeatre
qui eftant frotté fur du drap , reluit dans les ténèbres par quelque temps , comme la
pierre de Boulogne calcinée qu'on a mife au foleil ").
A Monfieur
Monfieur L. Hugens de Zulichem.
I. Tournai du Règne de Henry III. compofé par M. S. A. G. A. P. D. P.
Ces lettres désignent :
Monsieur (Louis) Servin , Avocat général au Parlement de Paris. Il était fils de Madeleine
Deschamps, naquit en Vendômois vers 1555 et mourut a Paris le 19 mars 1626 d'un coup
d'apoplexie dont il fut frappé lors d'une dispute avec le roi Louis XIII. Il devint Avocat gé-
néral au Parlement en 1589.
II. Le divorce Satyrique, ou les Amours de la Reyne Marguerite de Valois, fous le nom
D. R. H.Q. M.
On attribua cette pièce à
Pierre Victor Palma de Cayet, né à Montrichard en 1 5 1 5 , et mort le 10 mars 1610.
D'abord pasteur protestant, il devint catholique er, en 1600, prêtre. Il a beaucoup écrit, sur-
tout sur l'histoire.
III. L'Alcandre, ou les amours du lloy Henry le Grand, par M L. P. D. C. fur l'impreffion
de Paris de l'an 1651.
Ces lettres désignent
Madame Louise (Marguerite de Lorraine), Princesse de Conty. Elle était la fille de
Henri 1er de Lorraine, duc de Guise, dit le Balafré, et de Catherine de Clèves, naquit en
1574 et mourut à Eu le 30 avril 163 1. Elle était de mœurs très-libres, mais spirituelle.
IV. La Confeffion de M. de Sancy , par L. S. D. A. auteur du Baron de Fenelle.
L'auteur en est
Le Sieur (Théodore Agrippa) d'Aubigné, né le 8 février 1550 à Saint-Maury (Saintonge)
et mort à Genève le 29 avril 1630. Protestant, il encourut plus d'un arrêt de mort. Ré-
fugié à Genève, il épousa en 1626 Mademoiselle Burlamaqui.
8) Consultez la Lettre N°. 11 75.
9) Consultez la Lettre N°. 11 78, note 16.
10) Consultez la Lettre N°. 1 173.
") Voir la Lettre N°. 1193.
Œuvres. T. IV. 60
474 CORRESPONDANCE. 1663.
N= 1187.
Christiaan Huygens à R. Moray.
19 DÉCEMBRE 1663.
La lettre se trouve à Londres. Royal Society ').
A Paris ce 19 Dec. 1663.
Monsieur
Ma dernière a elle du 9e de ce mois 2). Depuis j'ay receu la voltre du 26 No-
vembre3) avec le journal du Pendule dont je vous rends grâces trcfhumbles. Vous
dites dans vos notes qu'a toutes les fois que B s'arreila, l'on avoit altéré le petit
plomb coulant4), ce qui pourtant ne femble pas avoir lieu depuis le 3e jufqu'au
30e May car quoy qu'il fe foit arreitè par 2 fois dans ce temps la, la différence
journalière a toujours continué de mefme a feauoir de T5T de minute. J'efpere que
pour le nouveau voiage de Guinée et Jamaïque vous aurez donné ordre qu'on
marque exactement tout ce qui arrive aux montres et tout ce qu'on y fait. Je
m'eftonne fi Monficur le Comte de Kincairdin a receu voltre lettre, comment il n'a
pas encore refpondu a de fi agréables nouuelles. Le partage que nous fi fines 5)
du provenu de l'Invention de Longitudes en cas de fucces, fut qu'a chacun en
appartiendroit la moitié luy l'ayant propofè ainli, et moy ne luy voulant rien
concerter.
J'attens avec impatience les obfervations de Monfieur Boile 6) touchant le Dia-
mant. Quelques uns ont dit icy qu'on avoit eferit de la que la mefme chofe arrive
a tous autres diamants, ce qui ne feauroit cftre véritable puifquc l'expérience
montre le contraire. Nous avons efîaiè de faire l'expérience de l'argent vif chez
Monfieur de Montmor mais jufqu'icy fans fucces ce qui arrive par ce qu'on n'y tra-
vaille qu'une fois chafque femaine. Hier pourtant le tube fembloit eitre très bien
purgé, et le mercure ne laifla pas de defeendre. Il y en a icy 7) qui croient que
la chofe ne peut reuflîr que dans des tuyaux fort eltroits, s'imaginant de feavoir
la caufe du phénomène, c'eft pourquoy je vous prie de me faire feavoir exaéte-
') R. Moray répondit à cette lettre le 28 décembre ï 663: mais nous n'avons pas trouvé cette
réponse.
2) Voir la Lettre N°. n 78.
3) Nous n'avons pas trouvé cette lettre de R. Moray à Chr. Huygens: Moray y ajouta une
copie plus détaillée de la pièce N°. 1 1-4. ainsi qu'il Pavait promis dans la Lettre N". 1 173.
*) Consultez la Lettre N°. 1 173.
5) Consultez les Lettres N"\ 1 167 et i 173.
'■ Voir la pièce N°. 1 194 et consulter la Lettre Nf°. 1 17K, note 16.
Entre antres Rohault. Consultez la Lettre N". 1 178.
CORRESPONDANCE. 1663. 475
ment quelle eft la grofleur de ceux dont fe fervent Milord Brounker et Monfieur
Boyle 8), et fi l'orifice eft de mefme largeur que tout le refte. Je fuis
Monsieur
Voftre trefhumble et trefobeiflant Seruiteur
Chr. Hugens de Z.
N= 1 188.
Constantyn Huygens, frère, à Christiaan Huygens.
QO DÉCEMBRE 1663.
La lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Ifyygens.
Chr. Huygens y répondit par le Nu. 11 89.
A la Haye le 20 Décembre 1663.
Tout affairé que vous elles je me trouve obligé de vous charger encore de la
commiffion d'une perrucque à Calotte. J'ay différé de prendre l'autre jufqu'a cette
heure , mais ayant efté fort incommodé du mal de dents depuis peu , qui m'amena
en mefme temps une petite fiebvre continue il y a fix jours dont je ne fuis pas en-
cor tout a fait quitte, j'ay refolu d'hafarder le pacquet et de me faire rafer des que
je pourray fortir , et comme Ion n'a pas afTez d'une perrucque , et que pour la cam-
pagne de necefîité il en faut une a callotte, je vous prie de m'en faire auoir une
comme cela du mefme maifixe qui a fait l'autre 0, et ce qui eft le principal de che-
veux qui ayent de la frifeure naturelle comme eft la callotte de Monfieur van
Leeuwen et comme je veux efperer que celle que j'ay eft auffi, car quelques
maiftre perruquier icy me la garantit telle, et un autre fe donne au diable fi cela
eft. L'expérience le jugera. Je vous envoyé un efchantillon de mes cheveux et les
trois mefures necefiaires. Je vous prie de faire hafter le maiftre car vous voyez que
je ferois incommodé, et eftant faite de l'envoyer encore par la polie a l'Unicus 2)
8) Consultez la Lettre N°. 1 ï 71.
*) Consultez la Lettre N°. 1 1 55.
2) Philips Doublet.
476 CORRESPONDANCE. 1 663.
ayant fait le prix auec le Courrier et dit ce que c'eft; afin que la tentation ne luy
vienne pour la troifjefme fois. Si vous voulez je payeray a ma foeur 3) icy ce que
vous pourrez auoir dcbourfîe pour moy fur autant moins de ce que vous luy devez
pour la dentelle qu'elle a payé pour vous, ou bien ailleurs ou l'ordonnerez.
Jl me tarde extrefmement de feauoir ce que vous pouvez auoir adjoufté à l'ex-
aftitude de l'horologe. fi cela eft le fecret des longitudes malayfement feauroit
vous efchapper. Vous ne devriez cependant nous mander 4) cela fi fuccinclement
fans dire a quelle partie de l'horologe cet amendement s'eft fait au rouage au
pendule aux cornes ou a quoy enfin.
Je vous prie de vous fouuenir ce que je vous ay mandé 5) du cabinet de
Jabach â)-
Une belle compagnie vient de fortir de la chambre deToot7); Buat8), Ca-
bellau 9) , l'aifnée Dorp I0) et mademoifelle de Nieuveen I!) en habit de garçon,
penfez.
Dans mes précédentes I2) je vous ay quelques fois prié de me dire un peu quel
meftier vander Does IS) fait en Angleterre et s'il tient boutique pour les honneites
curieux, dans une lettre a Biffchop M) il luy promet de vous informer par le menu
du fecret qu'a le Prince Robert ISJ pour grauer en eau forte 1<s) comme feauez, et
ce afin que vous le monftraflîez audit BifTchop, auquel il en a envoyé les inftru-
ments il y a longtemps.
Pour mon Frère.
3) Susarma Huygens.
4) Consultez la Lettre N°. 1 186, au frère Lodewijk Huygens.
s) Consultez la Lettre N°. 1 177.
6) Sur Jabach , voir la Lettre N°. 1 1 77 , note 5.
7) Loden y k Huygens.
8) Henry de Flcury de Coulan. Voir la Lettre N°. 808 , note 7.
'->) Jan Willem Cabcljauw était militaire; en 1674 il devint major de cavalerie.
'" Dorotheavan Dorp. Voir la Lettre N°. 272, note 4.
1 ' | Elisabeth Maria Musch. Voir la Lettre N°. 196, note 5.
Consultez la Lettre N°. 1 159.
'3) Sur Jacob van der Does, voir la Lettre N°. 807 , note 23.
'4) Sur Cornelis de Bisschop, voir la Lettre N°. 790, note 8.
"• ) Sur le prince Ruprccht von lîayern , voir la Lettre N°. 1046, note 8.
16 Consulte/, la Lettre N°. 1046.
CORRESPONDANCE. 1663. 477
N= 11 89.
Christiaan Huygens à [Constantyn Huygens, frère].
28 DÉCEMBRE [1663].
La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens.
Elle est la repome au No. 1188. Const. Huygens, frère, y répondit par le No. 1198.
A Paris ce 28 Décembre 1663.
Je vous prie de me charger d'aufîî peu de commiffions qu'il fera poffible , fur
tout de celles ou il faut debourfer de l'argent, autrement je m'en vay faire ferment
de n'en accepter plus aucune.
Je m'eftonne que vous ne fcauriez trouuer a la Haye un perruquier afTez habile
pour vous faire une calotte, puis que Monfieur de la Lecque ') et tant d'autres
gens de bonne mine s'en contentent bien. Mais pafTe pour cette fois icy , pourueu
que vous ne foiez pas fort prefTè, car le maiftre eftant devenu indifpofè depuis
quelque temps j'ay eftè moy mefme il y a plus de 6 fepmaines a le folliciter pour
une femblable calotte que je n'ay pas encore. Ayez donc auiïi foin de ce que je
vous recommande qui eft en premier lieu de procurer une bonne horologe a pen-
dule a reflTort et fonnante de 24 heures pour le Marefchal de Grammont 2), mais
que ce foit quelque chofe de fort bon et bien trauaillè , et que le reffort ait de la
force, ce que vous pouuez juger aifement en la voiant marcher. S'il y en a de
faites chez Severijn 3) ou Pafchal 4) vous pourrez l'envoier auffi tofl, autrement
donnez ordre qu'on en fafTe , et recommandez la bien , car je voudrois en avoir de
l'honneur. Je vous avois mandé 5) de faire tenir les 2 autres a Unicus 6J, avec ordre
de les charger fur les charrettes qui partent d'Anvers pour Paris et cependant
il me mande de les auoir envoiées de la a Bruxelles, a quoy il y a plus d'em-
baras, c'eft pourquoy je voudrois qu'une autre fois vous les fiffiez aller par
l'autre voie. Secundo je vous prie de dire au pluftoft a Severijn qu'il envoie par la
première occalion l'horologe qu'il a faite pour Milord Brounckcr, laquelle il
adrefTera ainfi To Alexander Blair at t fie f igné of St. Andrews Crofs in Koodlane.
London r), et qu'il vous le fade fcavoir quand elle fera partie a fin que j'en donne
!) Maurits Lodewyk, comte de Nassau la Lecq. Voir la Lettre N°. 863 , note 8.
2) Voir la Lettre N°. 999, note 13.
3) Sur Severyn Oosterwijk, voir la Lettre N°. 1 104, note 18.
4) Sur Paschal, voir la Lettre N°. 955, note 7.
5) Consultez la Lettre N°. 1 175.
rt1 Philips Doublet.
r) Consultez la Lettre N°. 1 173.
478 CORRESPONDANCE. 1663.
avis par de là. Mandez moy aufïi fi le dit Severijn a eftè paie de l'horologe de
Moniteur Bouillant s).
Pour ce qui eft de ma nouuelle invention, vous me permettrez de la tenir fe-
crette jufqu'a ce que je fois de retour pour y faire trauailler. cependant feachez
que je ne change rien au pendule , et que cette nouueautè ne pourra pas s'appli-
quer aux horologes défia faites.
Je ne fcay pas encore qui me pourra mener chez Jabach 9) mais je tafeheray
d'en trouuer. Il me relie encore bien de chofes a voir en cette ville, mais les jours
font fi courts et mes defieins fi incertains par ce que je ne difpofe pas de la voi-
ture, que je ne puis quafi rien effeéhier.
Le Sieur van der Does IO) en la Cour d'Angleterre a le Priuilege de pouvoir
fournir luy feul des marchandifes que l'on y joue , les quelles il fait venir d'icy , et
vient par fois luy mefme en faire emplette, l'on dit que cela luy vaut de l'argent,
mais en recompenfe il me femblc que l'honneur en fouffre beaucoup. Il ne m'a
jamais parle de ce trafficq, mais affez d'autres.
Je croiois qu'en envoiant les inftruments a Moniteur Bilïchop ") il luy avoit
eferit en mefme temps de quelle façon il s'en faut fervir. Le Prince Rupert I2) me
l'a enfeignè luy mefme 13) et la chofe principale eft de feavoir bien manier l'outil
qui hache tout le fonds noir de la planche; le quel l'on remue ville de ca et de
la en le tenant prcfïc avec deux doigts contre la planche, et en le faifant avan-
cer peu a peu , ainfi que font les fweertvegers als fe het yfer hacken om op fnee
te vergulden I4).
N= 1 190.
Christiaan Huygens à Lodewijk Huygens.
28 DÉCEMBRE 1663.
La lettre et la copie se trouvait à Leiden, coll. Huygens.
A Paris ce 28 Décembre 1663.
Je vous félicite de voltre reconvalefcence, vous en elles quite a afïèz bon
marché pour la faifon ou nous fommes.
8) Consultez les Lettres N<». 1 175 et 1 177.
y) Voir la Lettre N°. 1 177 , note 5.
IO) Voir la Lettre N°. 807, note 13.
") Voir la Lettre N°. 790, note 8.
,2) Voir la Lettre N°. 1046, note 8.
IS) Consultez la Lettre N°. 104^.
,4) Traduction : les fourbi fleurs quand ils hachent le fer pour le dorer fur tranche.
CORRESPONDANCE. 1663. 479
Je vis hier le bon Seigneur du Portail '), qui ne manqua pas de me demander
comme toufjours des nouuelles de les Hures2), et fut paie par la refponfe que
vous avez trouuée. La Mariane 3) fe porte bien depuis quelque temps, et n'ayant
pu ouurir la bouche pour parler pendant fa maladie, ny quali point les dents, elle
s'en recompenfe (i bien maintenant par une loquacité demefurée qu'il n'y a pas
moyen d'y durer. Elle a toufjours cette dévotion en tefte et le deflein du nui-
naftere , ce qui la rend fotte et lcrupuleufe , et je n'y voy point de remède.
Il feroit mal aifè de vous expliquer ce que j'ay trouuè 4) pour amender les pen-
dules, et outre cela il ne feroit pas bon que l'on y travaillât en mon abfence mais
je m'aflure que vous trouuerez mon invention fort jolie, quand je vous viendray
l'expliquer.
J'auray foin de voftre eferitoire, mais s'il vous plait envoiez moy fi peu de
commiffions que faire fe pourra. Je mande 5) la mefme chofe au frère de Zeel-
hem 6). C'eft mon antipathie , et le Sieur Sebaftien 7) ne fera pas longtemps ab-
fent, qui ne peut viure fans en auoir.
Je croiois vous avoir défia mandé que Sorbiere 8) en arrivant icy, dit avoir
perdu en chemin le livre des Infeftes9) s'eftant araufè a y lire en chemin faifant,
et dans les hoftelleries. Il voioit bien que je n'eftois gueres fati fiait de cette ex-
eufe et me donna en fuite une lettre a fon beauperc Rcnaut I0) par la quelle il luy
eferit d'en acheter un autre. J'efpere que le frère de Zeelhem aura fait rendre
la dite lettre, et vous pourriez bien faire demander a ce voilin s'il a quelque chofe
a envoier a Sorbiere, pour l'en faire fouucnir. Je n'ay pas encore vu Monfieur
Thevenot qu'une fois a IfTy ou il fe tient jufqu'a cet heure, des qu'il fera revenu
je luy feray tenir les lettres de Coxinja que Sorbiere m'a données pour cette fin.
Sa difgrace J1) s'eft pafïee tout doucement, les raports qu'on auoit fait de fes extra-
') P. Petit.
2) Consultez la Lettre N°. 11 86,
3) Marianne Petit.
4S Consultez la Lettre N°. 1 178, note 16.
?) Consultez la Lettre N°. 1 1 89.
6) Constantyn Huygcns, frère.
7) Sébastian Chieze. Voir la Lettre N°. 863 , note 4.
8) Sur Sorbiere, voir la Lettre N°. 1 2 , note 5.
y) Sur l'ouvrage de J. Goedaert „Metanu>rphosis Naturalis", voir la Lettre N°. 1054, note 10.
IO) Sur Daniel Renaud, voir la Lettre N°. 980, note 1.
1 ') Sur ce sujet on trouve le passage suivant dans les Proceedings de la séance du 2 1 octobre (V. st.).
At the meeting of the Society, an account was given by Mr. Oldenburg, the
fecretary, of a letter written to him from Paris Oftober 12, 1663, N. S. by
Monfieur Peter Petit, a memberof the Montmorian academy at Paris, defi-
ring in the name of the laid academy to be informed from the fociety , what
had been the tranfaétions of Monfieur De Sorbiere amonglt them, when he
was prefent at their meetings, and in particular, whether he had pretended to
480 CORRESPONDANCE. 1663.
vagances en Angleterre ne s'eftant pas trouuè trop véritables. Le beaufrere I2)
vous aura donne défia quelque efclairciiïement touchant noitre machine déporte.
Il y a quelques jours que je n'ay vu aucun des intereflez, mais je croy que celle
qu'on fait pour exhiber au Roy doit eflxe achevée.
L'on m'a dit que Moniieur van Rede I3) efpoufe l'une des Somer-
be by the laid academy deputed co eftablifh a ltricler correfpondence. Mon-
iieur Petit obferved, that Monfieûr Sorbiere had no orders from the academy ,
having gone to England without acquainting any perfon, except Moniieur De
Montmor, with his intended journey thither; and that the academy would not
hâve been guilty of fo great an incivility , as fending him without a letter to the
fociety and the prefident, if thcy had had any intention of deputing Moniieur
De Sorbiere for the ellablifhing a nearer correfpondence: nor was the aca-
demy pleafed with his printing a difcourfe, after he had been defired and had
promifed not to do it. The fociety upon hearing the account of this letter decla-
red, that the faid Moniieur De Sorbiere had pretended to no fuch deputation,
nor tranfafted any thing with them in the name of the Pariiian academy; and it
was ordered , that the fecretary fhould lignify this in his anfwer to Moniieur
Petit; which he did in a letter in Frcnch of the 30^1 of this month, in which
he obferved, that Moniieur De Sorbiere had , at the meetings of the fociety,
behaved himfelf with ail pofTible civility , and , in his private converfation with
the members, only teitiiied his zeal toi" the advancement of folid and ufeful
fcience; on which account, as well as that of his being of the Pariiian academy,
he had been admitted into the Royal Society the famé day with Moniieur Iluy-
gens. Mr. Oldenburg addcd, with regard to a itrifter correfpondence between
the fociety and academy , that it did not appear ro him to want the being in-
forced by formai deputations; fince the nature of the thing required it, the
objeft of fcience being of fo valt an extent, that it derrianded the united genius
of more than one nation to exhault the fubjeét.
Dans les mânes Proceedings on trouve encore la note:
Moniieur De Sorbiere being informed of the charge againit him of having
allumed the character of deputy from the academy of Moniieur de Montmor
to the Royal Society, wrote a letter to Mr. Oldenburg from Paris on the 5 th
of December 1 663 , N. S. appealing to him for his juftification in that article ,
expreffing at the lame time his high fenfe of the honour doue him by the Royal
Society, in electing him into their body ; .... Mr. Oldenburg, in his anfwer,
dated at London January 3, io"6^, fent him the fubftance of his letter to Mon-
iieur Petit.
Philips Doublet.
!3) Godard van Reede, fils de Godard Adriaan van Reede et de IVIargaretha Tnrnor, comte
d'Athlone, baron de Reede, Ginkel et Agrim, seigneur d'Amerongen et de Licvendaele,
CORRESPONDANCE. 1663. 481
dycs I4) , Moniieur d'Odyck15) Mademoifclle van der Nifie l6). mandez moy s'il
eil vray, et ce que taie Buat I7) avec l'amie l8).
Pour le frère Inouïs.
N° 1 1 9 1 .
Is. DE LA PEYRERE à [ClUUSTIAAN HUYGENS].
[décembre 1663].
La lettre se trouve i: Leiden, coll. Huygens,
J'ay repanfé a ce dont ie vous demanday l'efclairciflemant il y a quelques jours.
Et il me famble, Monfieur, que ié le démontre dans Pefcrit ') que ie vous en-
uoyes. Je n'en croiray pourtant rien que vous ne l'ayez aprouué 2 ). Et fi vous
l'aprouuez, ie poufîeray la choie plus auant. Et vous enuoyeray au premier jour
vu Problème, dont la demonftration vous furprandra fi ie ne me trompe. Je luis
abiblument a vous.
1,\ PëyrerIe etc.
N° 1192.
A. AlJZOUT h ClIRISTIAAN HlJVGENS.
[décembre i6f>3 1).'|
La lettre se /,■<>■ \> i I. iden, coll. Huygens.
Moniieur I Iugcns eft fupplié damener auec luy a deux heures l'on petit chirur-
gien2) auec les jnfirumer.s neccïïaires pour erater vu chien ou deux & pour
mourut à l'trecht en février 1705. Il était militaire, ami intime du roi Willem [II, et devint
général de cavalerie. Il épousa Ursula Philippina van Raesfeldt, dame de Middagfen.
M Les vieilles demoiselles van Aerssen. Voir la Lettre N°. 829, note 10.
I5) Willem Adrianus van Nassau. Voir la Lettre N°. 909, note 8.
1<s) Sur Cornelia van der "Nisse, voir la Lettre N°. 1 162 , note 4.
l~ ) Sur II. de Fleury de Coulan , voir la Lettre N°. 808 , note 7.
I8) Elisabeth Maria Musch, Mademoiselle de Nieuveen, épousa Buat le 3 mars [664.
') Peut-être la pièce Nn. 1 1 84.
2 , D'une lettre de 1665, dans laquelle de !a Peyrere parle de ses wfolies", il semble résulter que
Huygens était parvenu à le convaincre.
1 1 Comme il s'agit ici des assemblées chez Ilabcn de Monmor, qui avaient été interrompues
par des décès de famille, cette lettre doit avoir été écrite en décembre 1663. Consultez la
Lettre N°. 1 186, du 15 décembre.
2) Bruinsteen, chirurgien de l'ambassade. Voir la Lettre N . 1 104, note 9.
Œuvres. T. IV. 6\
482 CORRESPONDANCE. 1663.
montrer les Glandules Saliuâires de Warthon 3) dans vne telle de beuf ou de veau,
ou de lenuoier chez Monfieur de Montmor lil ny peut pas venir parceque nous
ne pouuons pas faire auiourdhuy les expériences de chymie que Ion auoit refolues.
nous en ferons auflî quelques vues dans la machine fi elle va vieil 4) & jenuoic chez
Monfieur Petit afin quil aporte Ion miroir de réfraction pour voir i\ nous pourrons
faire celle de la Paitille. il faut tacher doccuper les aflèmblées a ce recommen-
cement et ic croy Monfieur que vous prendrez plaifir dy contribuer
ceft votre très obeiflànt l'erviteur
Auzout.
Nous pourrons aufly faire la direction dun cil de beuf pour tacher de voir fi Ion
peut fe parler de criftallin comme quelques vus croient.
Pour Monfieur Hugens.
N° 1193.
R. BOYLE Ù II. MORAY.
[décembre 1663.]
La lettre a été publiée dans ^SoyWs Works, Vol. II".
A Copy of the Letter, that Mr. Boyle wrotc to Sir Robert
Morray, to accompany the Obfervations ') touching
the Shilling Diamond.
Sir,
Though Sir Robert Morray and Monfieur Zulichem be perlons, that hâve de-
ferved fo well of the commonwealth of learning, that J fhould think myfelf un-
3) Thomas Wharton , d'une famille noble de Yorkshire, mourut le [4 novembre 1673. Apres
avoir étudié la médecine à Cambridge et à Oxford , où il reçut son degré le 8 mai 1647 , il se
rendit a Londres, s'y créa une pratique étendue et devint lecteur an Gresham Collège. On
lui doit la découverte des conduits salivaifes, qui reçurent son nom. Voir son ouvrage:
Adenographia: five, Glandularum totius Corporis Defcriptio. Authore Thomâ Whartono
M. I). & Coll: Lond: Socio. Londini, TypisJ. G. [mpenfis Authoris. m.dclvi. in-H°.
1 Lisez: bien.
1 Voir la pièce N°. 1 194.
CORRESPONDANCE. 1663. 483
worthy to be looked upon as a member of it, if J declined to obey them, or
to ferve them; yet ] fhould not without reluétancy fend you thc noces ') you
délire for him, if J did noc hope, chac you will cranfmic, cogether with them,
fome accounc, why chey are noc lefs unworchy of his perufal : which chac you may
do, J mu il inform you , how che wricing of them was occafioned, which in l'horc
was chus.
As J was jud going out of town, hearing chac an ingénions gentleman ofmy
acquaintance- ), lacely returned from Italy, had a diamond, chac being rubbed, would
Chine in che dark , and chat he was not far orT; J fnatched cime from my occafions
co make him a vifit; bue finding him ready co go abroad, and having in vain cried
to make the ilonc yield any light in che day-cime, J borrowed ic of him for chat
night, upon condition co redore ic him wichin a day or cwo ac furchcil, at Gref-
ham Collège, where we appointed to attend the meeting of che fociety, chac was
then to be at that place. And hereupon J hailed that evening ont of town, and fin-
ding afeer fupper, chac the llone, which in the day-time would aiford no difeer-
nable lighc, was really confpicuous in che dark , J was fo taken wich che noveley ,
and fo defirous co make fome ufe of an opporcunicy, that was like to lail fo little a
while , that though at that time J had no body to aifiil me but a foot-boy, yet fitting
up late, J made a fhift that night to try a preccy number of fuch of the things, that
then came into my thoughts, as were not in that place and time unpracîicable.
And thc next day, being otherwife employed, J was fain to make ufe of a droufy
part of the night to fet down haflily in writing what J had obfervcd; and without
having the time in che morning to ilay the tranferibing of it, J ordered thc obferva-
tions to be brought aller me co Grefham Collège; where you may remember, chac
chey were. cogecher wich che ilone itfelf, fhown to the Royal Society by which
they had che good fortune not to be difliked, though feveral things were, through
halle, omicted, fome of which you will find in the margin of che inclofed paper.
The fubftance of chis fhort narrative J hope you will lec Monfieur Zulichem
know, chac he may be kepe from expecling any thing of finif hed in the obferva-
cions, and be difpofed co exeufe the want of it. J3ut fuch as they arc, J hope they
will prove (without a clinch) luciferous experhnents , by fetting the fpeculations
ofthe curions on work, in a diligent inquiry after thc nature of lighc, cowards the
2j Sir Robert Clayton, fils d'un charpentier, naquit le 29 septembre [629a Bulwick Nor
thamptonshire") et mourut le 16 juillet 1707 à Marden (Surrey). 11 devint riche en février
1682 par la succession de son ami l'alSerman John Morris; cependant, déjà avant ce temps
il était homme d'influence dans les corporations de Londres. En 1671 il fut élu sheriff et en
1679 lord-mayor. Chef du parti protestant, il entra comme tel dans le parlement en 1678.
Il épousa en 1659 Martha Trott. Souvent il assista de ses richesses la maison royale.
4^4 CORRESPONDANCE. 1663.
difcovery of which , perhaps, they hâve not yet met with fo confiderable an expe-
riment ; fince hère we fee light produced in a dead and opacous hody , and thac
not as in rottcn wood, or in fifhes, or as in thc Bolonian itone, by a natural cor-
ruption , or by a violent deitruclion of the texture of thc body , but by ib flight a
mechanical opération upon its texture, as we feem to know what ic is , and as is
imraediately performed, and that feveral ways, without at ail prejudicing the
body, or making any fenfîble altérations in its manifeft qualifies. And j am the
more willing to expofe my hafty trials to Mon lieu r Zulichem, and to you, becaufe
he, being upon the conlkieration of dioptricks, fo odd a phaenomenon relating to
the fubjeft, as probably he treats of, Light, will, j hope, excite a perfon to con-
fider it , that is wont to confider things he treats of very well. And for you, Sir, J
hope you will both recruit and perfecl: thc obfervarions you receive; for you know,
that J cannot add to them, having a good while fince reftored to Mijfter Clay-
ton the Itone, which, though it be now in the hands of a prince 3j, that fo highly
deferves, by underitanding them, the greateft curiofities.; yet he vouchiafes you
that accefstohim, as keeps me l'rom doubting, you may cafily obtain lcavc to
make further trials with it, of fuch a monarch as ours, that is not more inquiiitivc
himfelf , than a favourer of them that are fo. J doubt not but thefe notes will put
you in mind of the motion you made to thc fociety, to impofe upon me the
tafk 4) of bringing in what J had on other occalions obferved concerning fhining
bodics. But though J deny not, that J fometimes made obfervations about the Bo-
1 on i an ltone , and tried fome experiments about fome other fhining bodics; yet
the famé reafons, that redueed me then to be unwilling to receive even their com-
mands , mu 11 now be my apology for not anfwering your expectations, namely ,
thc abftrufe nature of light, and my being already overburdened, and but too
much kept employed by the urgency of the prefs , as well as by more concerning
and diftrafting occalions. But yet J will tell you fome part of what J hâve met
with in référence to the Itone, of which J fend you an account. Becaufe J find ,
on the one iide, that a great many think it no rarity, upon a miltaken perfualion,
that not only there are a Itore of carbuncles, of which tins is one; but that ail dia-
monds, and other gliltering jewels , fhine in the dark. Whereas, on the other Iide,
there arc very learned men , who ( plaufibly enough ) deny, that there are any car-
buncles or fhining ftones at ail.
And certainly, thofe judicious men hâve much more to fay for themfelves, than
the others commonly plead; and therefore did defervedly look upon Miller
l e 1 "i < harles II avaii obtenu ce diamant pour ses collections
•; Dans la séance du 1 1 novembre [663 1 V. st. -
CORRESPONDANCE. 1663. 485
Clayton's diamond as a great rarity. For not only Boëtius de Boot s), who is jud-
ged the befu author on this fubjeét, afcribes no lue h virtue to diamonds, but begins
what he delivers 6) of carbuncles , with this pafïàge ; Magna fama eft carbunculi.
Is vulgo putatur in tenebris car bonis inflnr lucere; for ta/fis quia pyropus feu an-
thrax appellatus à veteribus fuit. Verum hn'clenus nemo unquam verè aller ère
au fus fuit, Je gemmant no&u lucentem vidijje. Gardas ab Horto :) proregis In-
cline meclicus refcrt 8) fe allocutum fuiffe , qui Je vidijje afjirniarent. Sed Us fidcui
non habuit")- And a later author, the diligent and judicious Johanncs de Laety) in
5) Ansehmis Boethius de Boodt , (de Boot, Boethius), fils de Guillaume de Boodt et de Jeanne
Voet, naquit vers 1550 à Bruges, où il mourut le 21 juin 1632. Docteur en droit, il devint
conseiller pensionnaire de Bruges, puis conseiller et médecin de l'empereur Rudolf II; en
1612 il revint à Bruges. Il a laissé des ouvrages d'histoire naturelle, surtout sur les pierres
précieuses.
fi) Anfelmi Boetii de Boodt Brvgenfis Belgae, Rvdolphi Secvndi , Imperatoris Romanorvm ,
Perfonae Medici, Gemmarvm et Lapidvm Hiftoria. Qua non folum ortus, natura, vis &
precium, fed etiam modus quo ex iis, olea, falia, tincturae, elfentiae, arcana & magilleria
arte chymica conlici poflint, oftenditur. Opvs Principibvs, Medicis, Chymicis, Phyficis,
ac liberalioribus ingeniis vtiliiïïmum. Cum variis figuris, Indiceq; duplici & copiofo. Ha-
noviae, Typis Wechelianis apud Claudium Marnium & heredes Ioannis Aubrii. M.DC.1X,
in-40.
") Garcia del Orta (Garcia ab Horto, Garcia de! Ilucrto, Garcie du Jardin"; avait étudié à Sala-
manque, et fut professeur de mathématiques à Lisbonne, En 1534 il partit pour les Indes
Orientales sous le titre de physico mor (médecin en chef) du roi de Portugal. En 1 563 il pu-
blia à Goa les résultats de trente ans d'observations assidues; son ouvrage a été souvent réim-
primé et traduit en d'autres langues.
8) Coloquios dos fimples, c drogas he cotisas mediçinais da India, e affi daignas frutas achadas
nella onde fe tratam algûas coulas trocantes amedipina, praticao e outras coulas boas , pera
faber copoftos pelto Doutor garçia dorta: fifico del Rey noflb fenhor, viftos pello muyto
Reuerendo fenhor, ho liçençiado Alexosdiaz: falcam defenbargador da cafa da fupricaçâ
inquifidor nellas partes. Com priuilegio do Conde vifo Rey. Impreilb cm Goa, por [oan-
nes de endem as X. dias de Abril de 1563. annos
xn pages (non-numérotées) et 217 feuillets (numérotés in refto) in-40.
La bibliothèque de Leiden possède un exemplaire des mieux conservés. On en a, entre
autres, la traduction latine de Clusius:
Aromatvm, et Simplicivm aliqvot Medicamentorvm apvd Indos nafcentivm Hiftoria:
Primùni quidem I.ufitanicalinguaperDialogosconfcripta, à D. Garçia ab Horto, Proregis In-
diae Medico: Deinde Latino fermone in Epitomen contracta , & iconibns ad viuum expreflïs,
locupletioribufq; annotatiunculis illuflrataà Carolo Clvfio Atrebatc. Tertia Editio. Ant-
verpiae, Ex Oflicina Chriltophori Plantini, Architypographi Regij. clo.Io.i.xxix. in-;: .
'■> ) Johanncs de Laet naquit à Anvers le 17 janvier 1593, et mourut vers la fin de 1649 à
Leiden. Etabli à Leiden en 1624, il y publia son ouvrage sur les Indes Orientales, dont il y a
plusieurs éditions et traductions; puis il écrivit une série de monographies géographiques.
Contre Golius il soutint une polémique sur les peuples aboriginaires de l'Amérique. En [633
il était devenu directeur de la Compagnie des Indes.
486 CORRESPONDANCE. 1 66
.-)•
his chapter of carbuncles and of rubîes, bas this paflkge IO); Quia autan carbun-
cnli, pyropi & anthraces à veteribus nominantur, vulgo creditum fuit, carbonis in-
fini- in tenebris lucere , quod tamen nullâ gemma huBenus deprehenfum , licet à qui-
bujdam temerè jacictur. And thc recentefl writer J hâve met with on this iubjcct,
Olaus Wormius11), in his accounc13) of his well-furnifhed Mufaeum, docs,
where he creats of rubies , concur with the former writers by thefe words : Sunt ,
qui rubinum veterum carbunculum effe exiftimant, fed deeft una Ma nota , quoa
in tenebris injîar anthracis non luceat: Aji talent carbunculum in rerum naturel
non inveniri major pars authorum exiftimant. Licet unum aut alterum in India
apud magnâtes quofdam reperiri fbribant, cum tamen ex aliorum relatioue idha-
beant faltcm, fedipfi non viderintb). In confirmation of which I fhall only add, chat
hearing of a ruby, fo very vivid, chat the jewellers themfelves hâve lèverai times
begged leave of the fair lady, to whom it belonged, that they mighc try their choi-
cefl: rubies by comparing them with that, J had the opportunity, by the favour of
this lady and her hufband, (both which J hâve thc honour to be acquainted with)
to make a trial of this famous ruby in the night, and in a room well darkncd, but
10) loannis de Lact Antvverpiani De Gemmis et Lapidibus Libri duo. Quibus pracmittitur
Theophrafti Liber de Lapidibus. Graece & Latine. Cum brevibus Annotationibus, Lugduni
Batavorum. Ex Officina loannis Maire. Anno cioiocxï.vh. in-8°.
< !e traité se trouve à la suite de l'ouvrage suivant:
Gemmarum et Lapidum Hiftoria. Quam olim edidit Anfelmus Boetius de 15oot, Bru-
genfis, Rudolphi IL Imperatoris Medicus. Poftea Adrianus Tollius, Lugd. Bat., M. D., re-
cenfuit; figuris melioribus, & Commentariis pluribus illuftravit, & Indice auxit multo locu
pletiore. Tertia Editio longe purgatiflhna. Cui accedunt loannis de Lact, Antvverpiani,
de Gemmis &. Lapidibus libri IL Et Theophrafti liber De Lapidibus, Gr. & Lat. cum brevi-
bus notis. Lugduni Batavorum. Ex Officina loannis Maire. cIoIocxlvii. in-8°.
11 Olaus Worm, fils d'un bourgmestre d'Arnhem, issu d'une ancienne famille de la Gueldre ,
naquit le 13 mai 1588 à Arnhem et mourut le 7 septembre 1654 à Copenhague. Ayant fait
ses études en théologie et en médecine, il voyagea par toute l'Europe. Il fut nommé à l'uni-
versité de Copenhague en 1613 professeur de belles lettres, en 1615 de grec, en [624 de
médecine.
Uufeiim Wormianum, Seu Hiftoria Kerum Rariorum, tain Naturalium, quam Artilicia-
lium, tam Domellicarum, quam Exoticarum, quae Hafniae Danorum in aedibus Authoris fer-
vantur. Adornata ab Olao Worm, Med. DocL &, in Ilegià Ilalhienli Academià, olim l'ro-
fefl'ore publico. Variis & accuratis Iconibus illuftrata. Lugduni Batavorum, Ex Officina
Elzeviriorum, Acad. Typographi. cIoIdclv. in-folio.
Cet ouvrage posthume fut publié par son fils:
Wilhclm Worm, né le 1 1 septembre 1633 à Copenhague, ou il mourut en 1.-04. Ses études
vu médecine achevées, il voyagea pendant onze ans, e< devim en ir>6? professeur de physique
puis <!e médecine , a ( Copenhague. Plus tard , il fut nommé bibliothécaire du roi et historio-
graphe, et en 1600 président du tribunal suprême.
CORRESPONDANCE. 1663. 487
not only could non difccrn any thing of light, by looking on the ftone before any
thing had been donc to in, but could not, by ail my rubbing, bring it to afford thc
leail glimmering of light.
But, Sir, thoughl be very backward to admit ftrange things for truths , yct J
am not very forward to rejeét them as impoffibilities ; and therefore J would not
difcourage any from making further inquiry, whether or no there be rcally in rc-
rum natura any fuch thing as a truc carbuncle or ftone, that without rubbing will
fhine in the dark. For if fuch a thing can be fonnd, it may aftbrd no fmall affiftance
to the curions in the inveftigation of light, befides the noblenefs and rarity of thc
thing itfelf. And though Vartomannus I3) was not an eye-witnefs of what he re-
lates I4) that the king of Pcgu, one of the chief kings of the Eaft-Indies, had a truc
carbuncle of that bignefs and fplendour, that it fhined very glorioufly in the dark;
and though Garcias ab Horto, the Indian Vice-Roy's phifician, fpeaks of another
carbuncle, only upon the report of one, that he difeourfed with, who affinned
himfelf to hâve feen it; yet as we are not fure, that the le men, that gave themfelves
out to be eye-witnefles , fpeak crue, yet they may hâve done fo for aught wc know
to the contrary. And J could prefent you with a much coniiderabler teftimony to
the famé purpofe , if J had the permiflion of a perfon concerned, without whofe
leave J muft not do it. 1 might tell you, that Marcus Paulus Venetus I5) (whofe
fuppofed fables l6j divers of oui* later travellers and navigators hâve fince found
to be truths) fpeaking of thc king of Zeilan , that then was, tells c) us, that he was
faid to hâve the beft ruby in the world , a palm long, and as big as a man's arm ,
without fpot, fhining like a fire: and he fubjoins , that the Great Cham , under
whom Paulus was a confiderable officer, fent and offered the value of a city for it;
but the king anfwered, he would not give it for thc treafure of the world, nor part
with it , having been his anceftors. And J could add , that in the relation made by
I3) Luigi Bar them a (Vartema, Vartomanus) naquit vers 1480 à Bologne et mourut à Rome.
S'étarit voue à la pyrotechnie et à Part de fondre les canons, il alla, en 1507, voyager en
Afrique, en Asie et dans les Indes Orientales. 11 publia une relation de ses voyages, qui a
été imprimée et traduite plusieurs fois.
'♦) Itinerario de Ludouico de Yarthcma Bolognefe ne lo Egypte, ne la Suria, ne la Arabia de-
ferta et felice, ne la Perlia, ne la India, et ne la Ethiopia. La fede, el viuere et collumi de
le prefate prouincie. Et al prefente agiontoui alchune Ifole nouamente Ritrouatte.
A la fin , ou lit : Stampata in Venetia per li heredi de Georgio di Rufconi. Nell anno délia
incarnatione del nofïro fignor lefu Cffrifto. .m.d.xxii. a di xvii. de Setembrio. Regnâdolo
inclito Principe Antonio Grimano. à deux colonnes in-8°.
I5) Sur Marcus Paulus Venetus, voir la Lettre N°. 772*, note 16 (Supplément, Tome III).
1<s) Sur l'ouvrage „Delle Meraviglie del Mondo'% voir la Lettre 3N°. 24, note 15.
488 CORRESPONDANCE. 1663.
two Ruffian Coflàcks i:) of their journcy into Cata\"0, written to their emperor ,8),
they mention their having been told by che people of thofe parts, that their king15*)
h ad alloue, which lights as the fun bothday andnight, called in their language
Sarra, which thofe Coffacks interprct a ruby. But thefe relations are too uncer-
tain for me to build any thing upon ; and therefore J fhall proceed to tell you ,
that there came hither, about two ycars fince, out of America, the governour of
one of the principal colonies there, an ancient virtuofo -°),and one that lias theho-
nour to be a member of the Royal Society: this gentleman, finding fome ofthe
chief affairsof his country committed to another and me, made me divers vifits;
and in one of thcm, when J inquired what rare ftoncs they had in thofe parts of
the Indies he belonged to, he told me, that the Indians had a tradition , that in a
certain hardly accefïïble hill , a pretty way up in the country, there was a ltone ,
which in the night-time fhined very vividly , and to a great diftance; and he afïu-
rcd me , that though he thought it not fit to venture himfelf fo far among thofe Pa-
vages , yet he purpofely fent thither a bold Englifhman, with fome natives, to bc
his guides; and that this meflenger brought him back word, that at a diftance from
the hillock he had plainly perceived fuch a fhining fubftance as the Indians tradi-
tion mentioned; and being ftimulared by curiofity, had flighted thofe fuperftitious
fears of the inhabitants, and with much ado, by reafon of the difficulty of the
way, had made a fhift to clamber up to that part of the hill, wherc, by a very
heedful obfcrvation, he fuppofed himfelf to hâve feen the light. But whether
'twere, that he had miftaken the place, or for fome other reafon , he could not
find it there; though when he was returncd to his former dation, he did again fee
the light fhining in the famé place where it fhone before. A further account of
this light J cxpcét from the gentleman , that gave me this, who lately fent me the
news of his being landed in that country. And though J referve to my felf a full
liberty of believing no more than J fee caufe , yet J do the lefs fcruple to relate
this , becaufe a good part of it agrées well enough with another ftory, that J fhall
in the next place havc occafion to fubjoin: in order whereunto , J fhall tell you,
that though the lcarned authors J formerly mentioned, tell us, that no vvriter has
"7) Clément Oboskin de Tobolsk et Burnash Nikomene,qui le 6 juillet 1 6 19 partirent de (V
thay pour Moscou.
Michael Feodorovitch Romanow, fils du patriarche de Moscou Peodor Romanow cr d'une
religieuse, Marthe, naquit le 12 juillet 1596 et mourut le f 3 juillet [645. Le 21 févrieri6i3
il fut proclamé, le premier, tzaf de routes les Russies.
Tambur, le „roi d'or1' de Cathay.
" Sur Francis Willoughby, gouverneur de Barbados, voir la Lettre N . r 126, note 9. Dans
la séance du 4 décembre i6Y>i V. st. 1 il fui admis dans la Société Royale.
CORRESPONDANCE. 1663. 489
affirmed his having himfelf feen a real càrbuncle, yet, confidering thelightof
Miller Clayton's diamond, it recalled into my mind, that fome years before,
when J was inquifitive about ftones, J had met wkh an old Italianbook2I)highlyex-
tollcd to me by vcry compétent judges; and that, though the book was very fcarce,
J had purehafed it at a dcar rate, for the iake of a few confiderable pafTages J met
vvith in it, and particularly one, which being very remarkable in itfelf, and per-
tinent to our prefent argument, J fhall put it for you , though not word for Word ,
which J fear J hâve forgot to do, yet as to the fenfe, into Englifh.
,,Havingpromifed, ffaysour author22)) „to fay fomething of that moft precious
fort of jewels , carbunclcs , because they are very rarely to be met with , we l'hall
briefly deliver what we know of them. In Clément the VHth's 2^) cime J happened
to fee one of them at a certain Raguiian merchant's, named Beigoio di Bona: this
was a càrbuncle white, of that kind of whitenefs, which we faid was to be found
in thofe rubies , of which we madc mention a little above," (where he had laid
that thofe rubies had a kind of livid whitenefs, or palenefs, like that of a Calcido-
nian) „but it had in it a luftre fo pleafmg, and fo marvellous, that it fhined in the
dark , but not as much as coloured carbuncles ; though it be true, that in an excee-
ding dark place J faw it fhine in the manner of fire almoft gone out. But as for co-
loured carbuncles, it has not been my fortune to hâve feen any: wherefore Jwill
only Cet down what J learned about ihem , difcourfing in my youth with a Roman
gentleman of ancient expérience in matters of jewels, who told me, that one Jacopo
Cola being by night in a vineyard of his, and efpying fomething in the midft of it,
that fhined like a little glowing coal , at the foot of a vine , went near towards the
place , where he thought himfelf to hâve fcen that fire ; but not finding it , he faid ,
that being returned to the lame place, whencc he had firfl defcried it, and percei-
ving there the famé fplendor as before , he marked it fo heedfully, that he came at
length to it, where he took up a very little ftone, which he carried away with
21) Due Trattati di Benvenuto Cellini Scultore Fiorentino, unodell' Oreficeria, l'altro délia
Scultura. Firenzc. Panizzi c Péri. 1568. in-8°.
22) Benvenuto Cellini naquit en 1500 à Florence, où il mourut le 1 p, lévrier 157t. C'est le
célèbre artiste qui travailla d'abord sous le pape Clémente VII. Celui-ci l'envoya à Charles-
Quint: mais il passa à François 1er, nprès avoir été emprisonné par le pape Paolo III sur l'accu-
sation d'avoir détourné des pierres précieuses de la tiare. François [er lui donna pour atelier la
tour de Nesle. Par suite d'une intrigue de la duchesse d'Estampes, il dut quitter la France.
' et alla se mettre sous la protection de Cosmo de Medicis. En 1 558 il se lit prêtre, mais en 1 5^0
il jeta le froc et se maria,
23) Guiglio de Medicis naquit à Florence et mourut le 25 septembre 1534 à Home. Il fut
chevalier de Malte, grand-prieur de Capone, devint en 1 5 1 3 archevêque de Florence, car-
dinal, chancelier de l'Eglise Romaine, et en 1523 pape sous le nom de Clémente VIL
Œuvres. T. IV. 62
49° CORRESPONDANCE. 1663.
cranfports and joy. And the next day; carrying it about to fhowit divers ofhis
tïiends, whilft he was relating after vvhar manner he fonnd it, there cafually inter-
vened a Venetîan embaflador \ exceedingly expert injewels, who prefently kno-
wing it to be a carbnncle, did craftily, before he and thc laid Jacopo parted, (fo
chat there was no body prefent, that underltood the worth of fo precious a gem)
purchafe it for the value of ten crowns, and the next day left Rome to fhun the
being neceffitated to reftorc it; and, as he affirmed, it was known within fome
while after, that the faid Venetian gentleman did, in Conftantinople, fell that car-
bnncle to the then Grand Signior24), newly corne to the empire, for a hundred
thoufand crowns." ")
And this is what J can fay conccrning carbuncles; and this is not a little at lealt
as to the firll: part of this account, where our Cellini affirms himfelf to hâve
feen a real carbnncle with his own eyes, efpecially iince this author appears wary
in what he deiivers, and is inclined rather to leïïèn, than increafe the wonder
< »f it. And his teftimony is the more contiderable , becaufe though he were boni a
fubjeft neither to the pope nor the then king of France, (that royal virtuofo
Francis I. 2S) ) yet both the one and the other of thofe princes imployed him much
about making of theirnobleft jewcls. What is now reported concerning a fhining
fubftance to be feen in one of the iflands 2rt) about Scotland, were very improper
for me to mention to Sir Robert Morray, to whom the firft information 27) was
originally brought, and from whom J expeft a farther (for J fcarce dare expert a
convincing) account of it. But J mnit not omit, that forae virtuofi queftioning
me the other day at Whitehall about Miller Clayton's diamond, and meeting
amongft them an ingénions Dutch gentleman 2,s) whofe fathcr 2y) was long em-
baflador for the Netherlands in England , J learncd of him, that he is acquainted
with a perfon, whofe name hc told, (but J do not well remember it) who was
24) Sclini II. fils du sultan Soliman le Magnifique et de Roxelane, naquit en 1524 et mourut le
i2 décembre 1574 a Constantinople. [1 succéda à son pèreen 1566.
François [er, fils de Charles comte d'Atigonléme et de Louise de Savoie , naquit à Cognac le
1 2 septembre [494 et mourut à Rambouillet le 31 mars 1547. Il protégeai! les arts et les
sciences.
'• Cette petit aise, tout près de l'île Conwall , appartenait alors à Lady lleay.
1 Dans les séances du 11 et du [8 novembre 1663 (V. st.).
Johan Boreel, chevalier-baronnet, baron de Vreemdyke,Steelantet Peereboom, seigneur de
Duynbeke, Westhove et Domburg, fils aîné de Willem Boreel et de JacobaCarels, naquit
,1 Amsterdam le 29 octobre 1627, et mourut le 10 mars [691. Il appartenait à la cour des
princes d'Orange, devint colonel-lieutenant d'infanterie, en iot!i commandant de Putten,
en 1685 commandant de lîrielle. Il épousa Amarantlia van Vredenburght
' sur Willem Boreel., voir la I. élire N '.63, note 6.
CORRESPONDANCE. 1663. 4y 1
admirai of the Diuch in thc Eaft-Indies , and who'afliired this gentleman, Mon-
fieur Boreel , chat at bis return from thence , he brought back with him into Hol-
land a ftone, which though it looked but like a pale dull diamond , fuch as he faw
Monfieur Clayton's to be, yet was it a real carbuncle; and did without rubbing
fhine fo much , chat when the admirai had occafion to open a cheft, which he kept
under deck in a dark place, where it was forbidden to bring candies for fear of
mifchances, as foon as he opened thc trunk, the ftone would, by its native light,
fhine fo as to illuftratc a great part of it. And this gentleman having very civilly
and readily granted me the requeft J made him , to write to the admirai , who is yet
alive in Holland , (and probably may ftill have the jewel by him) , for a particular
account of this ftone, J hope ère long to receive it; which will be the more welcome
to me, not only becaufe fo unlikely a thing needs a clear évidence, but becaufe J
have had fome fufpicion, that (Tuppofing the truth of the thing) what may be a fhi-
ning ftone in a very hot country, as the Eaft-Indies, may perhaps ceafe to be fo (at
leaft in certain feafons) in onc as cold as Holland. For J obferved in the diamond J
fend you an account of, that not only rubbing, but a very moderate degree of
warmth, though excitcd by other ways, would make it fhine a littlc. And it isnot
imporTible, that there may be ftones as much more fufceptible than that , of the al-
térations requifite to make a diamond fhine, as that appears to be more fufceptible
of them than ordinary diamonds. And J confefs toyou, that this is not the only
odd fufpicion , (for they are not fo much as conjectures), that what J tried upon
this diamond fuggefted to me. For not hère to entertain you with the changes
J think may be erTcfted even in harder fort of ftones, by ways not vulgar , nor
very promilîng, becaufe J may elfewhere have occafion to fpeak of them, and
this letter is but too prolix already; that which J fhall now acknowlcdgc to you is,
that J began to doubt, whether there may not in fome cales be fome truth in
what is faid of the right turquois, that it often changes colour as the wearer is
fick or well, and manifeftly lofes its fplendour at his death. For when J found,
that even the warmth of an afïriétion , that lafted not above a quarter of a minute,
nay, that of my body, (whofe conftitution, you know, is nonc of the hotteft)
would make a manifeft change in thc folideft of ftones , a diamond ; it feemed not
impofliblc , that certain warm and faline fteams, ifluingfrom the body ofa living
man, may by their plenty or paucity, or by their peculiar nature , or by the total
abfencc of them, diverfify the colour and the fplendour of fo foft a ftone as the
turquois. And though J admired to fee, that J know not how many men, other-
wife learned, fhould confidently aferibe to jewels fuch virtues, as feem no vvay
compatible to inanimate agents, if to any corporeal ones at ail; yet as to what is
affirmed concerning the turquois changing colour, J know not well how to reject
the affirmation of fo learned (and which in this café is much more confiderable)
fojudicious a lapidary as Boetius de Boot-f) who upon his own particular and re-
peated expérience delivers fo mémorable a narrative of the turquois's changing
4y2 CORRESPONDANCE. 1663
.v
colour, chat J cannoc bue chink it worth your perufal; efpecially fince a much la-
rcr and very experienced author, Olaus Wormius :,°), wherc hc treats of that ftone,
confirms it vvith this teftimony sj: lmprimis mémorandum excmphmuquod Anfel-
mus Bot tins de feipfo refert, tam mutati coloris quam à cafu prefervathnis. Cui
Ci? ipfe haud dijjîmile ad ferre poffum, nifi ex Anfhelmo petitum quis putaret. J re-
member , that J faw two or three years fince a turquois (worn in a ring) whercin
there were fome fmall fpots, which the virtuofoj whofe it was , aflured me he
had obfcrved to grow fometimes greater, fometimes lefs, and to be fometimes in
one part of the rtonc, fometimes in another. And J having encouraged to make
pictures i'rom time to rime of the ftone, and of the fituation of the cloudy parts,
that fo their motion may be more indifputable, and better obferved, he came to
me about the middleof this very week , and aflured me, that he had, as J wifhed,
made from time to time fchemes or pictures of the differing parts of the ftone ;
whereby the feveral removes and motions of the abovementioned clouds are very
manifeft, though the càufe feemed to him very occult. Thefe pictures he has pro-
miied to fhow me , and is very ready to put the ftone itfelf into my hands. But the
ring having been the other day cafually broken upon his finger, unlefs it can be ta-
ken ont, and fet again without any confiderable beat, he is loth to bave it meddled
with, for fear its peculiarity fhould be thereby deftroyed. And poffibly his appre-
henfion would hâve been ftrengthened , if J had had opportunity to tell him what
is related by the learned Wormius7') of an acquaintance of his, that had a nephritick
ftone, of whofe eminent virtues he had often expérience even in himfelf, and for
that caufe wore it ftill about his wrift; and yet going upon a time into a bath of
fair water only , wherein certain herbs had been boiled , the ftone , by being wet-
ted with this décoction, was deprived of ail its virtue, whence Wormius takes oc-
calion to advertife the fick, to lay by fuch rtones, whenfoever they make ufe of a
bath. And we might expect to iind turquois likewife, eafily to be wrought upon in
point of colour, if that were true, which the curions Antonino Neri31), in his ingé-
nions Artc Vetraria32) teaches*) of it; namely,that turquois's difcoloured, and
grown white, will regain and acquire an excellent colour, if you but kcep them
two or three days at mort covered with oil of fweet almonds, kept in a cemperate
■" Voir la note 14.
Antonio Neri , né à Florence, était un chimiste du seizième siècle. Il se lit prêtre, et visita
beaucoup de laboratoires de chimie, où il travailla comme simple employé. Il s'occupa sur-
tout de la verrerie et des pierres précieuses.
1. Vrte Vei aria Diftinta in Libri Sette. Del R.. P. Antonio Neri Fiorentino. Ne quali si
feoprono , effetti marauigliosi , & s'infegnano fegreti belliflimi, del Vetro ne! Fvoco, &
ife curiofe. Air [Ilvltmo ei Excellmo Sig. il Sig. Don Antonio rVTedici. lu Firenfe
Nelia Stamperia de' Giunti. m.dc.xii. Con licenza de Superiori. m -4".
CORRESPONDANCE. l66?
3- 493
beat by wann afhes : J fay , if it were true , becaufe J doubt whether it be fo , and
hâve not as yet bad opportunky to fatiffy my felf by criais; becaufe J find, by the
confeffion of the moft f kilful perfons , among whom J hâve laid ont for turquoi-
fes , chat chc crue ones are great rarities, chough oebers be not ac ail fo. And chere-
fore J fhall now only mind you of one thing, that you know as well as J, namely,
chac che rare ftone, wbich is called Oculus Mundi, if ic be good in ics kind, will
bave fo great a change made in ics texture by being barely lcfc a while in che lan-
guideft of liquors, comnion water, chac from opacous ic will become tranfparent,
and acquire a luftre , of which ic will again be deprived, without ufing any other
arc or violence , by leaving ic a while in che air. And before expérience had fatif-
fied us of che truth of this, it feemed as unlikely, that comnion water or air fhould
work fuch great changes in that gem , as it now feems that the effluviums of a hu-
man body fhould erTeér. leiïer changes in a turquois, efpecially if more fufceptible
of them, chan ocher ftones of che famé kind. But both my watch and my eyes tell
me, that it is now high time to think of going to fleep; matters of this nature will
be better, as well as more eafîly, cleared by conférence chan wricing. And tbere-
forc finec J think you know me too well to make it needful for me co difclaim cre-
dulicy, notwithftanding my having entercained you with ail thefe extravagaheies;
for you know well, how wide a différence J am wont to put betwixt things, that
barely may be, and things that are; and beeween thofe relations, that are but
not unworthy to be inquired into, and choie chac are not worthy to be achially be-
lieved; without making apologies for my ravings, J fhall readily comply with the
drowfinefs, chac calls upon me to rcleafe you : and the racher becaufe Monfieur
Zulichem being concerned in your defire to know the few things J bave obferved
about the fhining ftone; to entertain thofe with fufpicions , that are aceuftomed
not to acquiefee but in demonftrations , were a thing, chac cannot be looked upon
as other than very improper by ,
Sir
Your moft affeétionate -and
moft faithful 1er van t
R. BOYLE.
"; Note marginale.
Boëtius de Boot. (rem. & Lapid. Hijlor. JJb. i Cap. 8 [Boyle].
b) Note marginale.
Mufei IVormiani, Cap. i~ | Boyle].
c) Note marginale.
Pure Jim Pilgrim, l'ib. i cap. ^,pag. 104 [Boyle].
L'auteur désigne ici l'ouvrage, maintenant fort rare, ,.l laklvytvs Pofthvmvs," dont le
titre est:
Pvrchas bis Pilgrimes. In five Bookes. The (irit, Contayning the Voyages and Pérégrina-
tions made by ancient Kings, l'atriarkes, Apoftles, Philofophers, and othefs, to and tho-
4y4 CORRESPONDANCE. I 66
.v
row the remoter parts of the khowne World: Enquiries alfo of Languages and Religions,
efpecially of the moderne diuerfified Profeffions of Chriltianitie. The fécond , A Defcription
ofall the Cireum-Nauigatiôns of the Globe. The third, Nauigations and Voyages ofEnglifh-
men,a!ongft the Coafts of Africa, to the Cape ofGood Hope, and from thence to thè Red
Sea, the Abafïïne, Arabian , Perfian , Indian , Shoares, Continents, and Ilands. The four t h
Englifh Voyages beyond the Eait Indies, to the Ilands of Iapan, China, Cauchinchina,
the Philippinae with others, and the Indian Nauigations further profecuted: their iuft
Commerce, nobly vindicated againft Turkifh Treacherie; victorioufly defended againft Por-
tugall Hoftilitie; glorioufly aduanced againft Moorifh and Ethnicke Perfidie; hopefully
reconering from Dutch Malignitie; iuftly maintayned againft ignorant and malicious Ca-
lumnie. The ftfth , Nauigations, Voyages, Traffiques, Difcoueries, of the Englifh Nation in
the Eafterne parts of the World: continuing the Englifh-Indian occurrents, and contayning
the Englifh Affaires with the Great Samorine, in the Perfian and Arabian Gulfes, and in
other places of the Continent, and Ilands ofand beyond the Indies; the Portugal! Attempts,
and Dutch Difafters, diuers Sea-fights with both; and many other remarkable Relations.
Vnus Dcus Vna Veritas. London, Printed by William Stanfby for llenrie Fetherftonc,
and are to be fold athis fhop in Pauls Church-yard at the ligne of the Rôle. 1625. in-folio.
(/) Note marginale.
In the year 1619. | Boyle].
e) Note marginale.
Benvenuto Cellini nell Arte del Gioiellare. lib. i.pag. 10. [ Boyle].
•0 The narrative in the authors own words , is this : | note de Boyle] .
Ego (fays he) fanétè affirmare poffum me unam aureo annulo inclufam per-
pétue geftare, cujus facultatem (fi gemmae cft) nunquam fatis admirari potui.
Geftaverat enim ante triginta annos Hifpanus quidem non procul àpaternis
aedibus habitans. Is cum vitâ funélus effet, & ipfius fupellex (ut moris apud nos
elt) venum expofita elîet, inter caetera etiam turcois exponebatur. Verum nemo
(liect complures eo concurriffent , ut eam propter coloris elegantiara, quam
vivo domino habuerat , emerent) fibi emptam voluit , priftinum enim nitorem
& colorera prorfus amiferat, ut potins malachites, quam turcois videretur. Ade-
rat tum temporis gemmae habendae defiderio etiam parens et f rater meus, qui
antea faepius gratiam & elegantiam ipfius viderant, mirabundi eam mine tara
efle deformem: émit eam nibilominus pater, fatifque vili pretio, qua omnibus
contemptui erat, ae praefentes non eam efle quam Hifpanus geftarat, arbi-
trarentur. Domum reverfus pater, qui tam turpem geramam geftare fibi inde-
corum putabat, eam mibi dono dat, inquiens; Quandoquidem, fili mi, vulgi
fama elt, turcoidem, ut facilitâtes fuas exercere pollit, dono dari debere, tibi
eam devoveo: ego accepeam gemmam fculptori trado, ut gentilitia mea infignia
illi, quemadmodum fieri folet, in jafpidechalcedonio, aliifque ignobilioribus
gernmis infculperet. Turpe enim exiftimabam, hujufmodi gemma ornatus
gratia, dum gratiam nuïïam haberet, uti. Pàret fculptor, redditque gemmam,
quam gefto pro annullo fignatorio, vix per menfem gefterara, redit illi priftinus
color, fed non ita nitens propter fculpturam , ac inaequalem fuperficietn. Mi-
ramur omnes gemmam , atque id praecipue, quod color indies pulchrior fieret.
CORRESPONDANCE. 1663. 495
Id quià obfervabam, nunquam fere eam à manu difpofui , ita utnuncadhuc
e an de m geftem.
*Q Note marginale.
Olaus Wormïusin Mufaeo. iSpag. 186 [Boyle].
*) Note marginale.
Mufaeum Worm. pag. 99 [Boyle].
'") Arte Vetraria, lib. 7, cap. 102 [Boyle].
N= 1194.
R. Boyle à R. Morav.
[1663].
Appendice au N°. 1193.
La pièce se trouve h Leiden , coll. Huygens.
Obfer varions made thc 27* of October 1663
on Mr. Clayton's Diamond.
1. Being looked on in thc day-time, though in a bedd, whofe curtains were
carefully drawne, J could not difcerne it no fhine at ail, though wcll rubb'd;
but about a little after Sun-fet whileft the Twilight yet lafted, nay this mor-
ning a pretty vvhile after Sun-rifing, (but before J had been abroad in the
more freely inlightened air, of the Chamber) J could upon a light afl'riétion ,
eafily perceiue the Stone to fhine within thc Curtains of my Bed.
1. The Candies being removed, J could not in a dark place difcerne the Stone
to haue any light when J looked upon it, without having before rubbed or
otherwife prepared it.
3. By two white Pebbles, though hard rubb'd againfl: onc another, nor by the
long and véhément aff'riclion of rock-Chryftall againft a peice of red Cloath,
nor yet by rubbing two diamonds fet in a ring, as J had rubb'd this Stone,
J could not produce any fenfible degrec of Light.
4. J found this Diamond hard enough , not oncly to cnable me , to writc readily
with it upon Glaffe, but to graue upon rock-Chryftall it felfe.
5. J found this to haue like other Diamonds an Eleélrical faculty.
6. Being rubb'd upon any Cloaths, as is ufuall for thc Exciting of Amber,
Wax , and other EleCtrical Bodies, it did in the dark manifeftly fhine like
rotten-wood , or the Scales of Whitings and other putrified fifli.
7. But this ConfpicuoufnefTe was faintcr, thcn that of thc Scales and Slabber (if
J may fo call it) of Whitings, and much fainter than the light of a Glow-
4.96 CORRESPONDANCE. 1663.
worme , by which J haue been fometimes ablc to read a fhort word , whe-
reas, after an ordinary affriélion of this Diamond, J was not ablc to difcerne
diftincHy by the light ofit, anyof the neereft Bodies. And this Glimmering
alfo, did very manifeftly and confiderably decay prefently upon theCeafing
of the affri&ion though thc Stone continued vifible fome whilc after.
8. But it'it were rubbed upon a convenient Body fora pretty while, and brifkly
enough, J foundthe light would be for fome moments much more confi-
derablc, almoft like the light of a Glow-worme, infomuch, that immediatly
after J ceafed rubbing, J could with the chafed ftone exhibit a littlc luminous
circle like that, but not fo bright, as that which Children make by moving a
ftick fircd at the end, and in this cafc, it would continue vifible about feven
or Eight times as long as J had been in rubbing it.
9. J found that holding it a while neer the flame of a Candie, from which yct J
was carefull to avert my Eyes, and being immediatly removcd into thc dark,
it difclofed fome faim Glimmering, but far inferiour to that, which it was
wont to acquire by rubbing; and afterwards holding it necr a firc that had
but little flame , J found the ftone to be rather leffe than more excited , than
it had been by the Candie.
10. J likewife endeavoured to make it fhine by holding it a pretty while in a
very dark place ouer a thick plate of Jron , that was well heated, but not to
that degree as to be vifibly fo; and though at length J found, that by this way
alfo, the ftone acquired fome glimmering, yet it was leffe than by cither of
the ôther wayes aboue mentioned.
11. J alfo brought it to fome kind of Glimmering light by taking it into bcd with
me, and holding it a good whilc upon fome warme part of my naked body.
1 2. To fatiffy my felfe , whether the motion introduced into the ftone, did gene-
rate the light upon the account of its producing beat thcrc , J hcld it necr thc
flame of a Candie till it was qualified to fhine pretty well in the dark, and then
immediatly J applyed , to it, a flender hair, to try, whether it would attracl it ,
but found not that it did fo, though if it were made to fhine with rubbing,
it was, as J formerly noted , Electricall. And for furthcr confirmation,
though J once purpofely kept it fo neer the hot Jron, J juft now mentioned,
as to make it fenfibly warme, yet it fhined more dimly, than it had donc by
affriétion , or the flame of a candie, though by both thefe wayes it had not ac-
quired any warmth that was fenfible,
13. Having purpofely rubbed it upon feverall Bodyes, difFering either as to Co-
lour or as to Texture, thcrc feemed to be fome little difparity in the Excita-
tion fil" J may focal! it) of Light. Vpon white and red Cloathsit feemed to
fucceed beft, efpecially in comparifon of black ones.
14. But to try, what it would do rubbed upon Bodies necr hand , and leffe apt to
ycild heat upon a light affriétion , than Cloath, J firft rubb'd it upon a white
CORRESPONDANCE. 1663. 497
wooden box, by which it was Excited, and afterwards upon a peicc of pu-
rely white and well glafed Earth, which feemed during the attrition, to makc
it fhine bctcer than any of the other Bodyes had done , without excepting
the white ones, which J adde, lealt the Effecl fhould bc wholly adfcribed to
the diipolition, white Bodies are wont to haue, to reliée! much light.
15. Having well excited the Stone, J nimbly plung'd it under water, that J had
provided for that purpofe, and perceived it to fhine, vvhilft it was beneath
the furface of that Liquor, and this J did divers times. But when J endea-
voured to produce a Light by rnbbing it upon the lately mentioned Cover of
the Box , the ftone and it, being both held beneath the furface of the water,
J did not well fatiffy my f elfe in the Event of the Tryall. But this J found,
if J took the ltone out, and rubbed it upon a peice of Cloath, it would not,
as elfe it was wont to doe, prefently acquire a Luminoufneffe, but needed
to be rubbed manifeftly much longer, before the defired Effeft was found.
16. J alfo tryed feverall times that by covering it withmy warme Spittlc (having
no warme water at hand) it did not loofe its light.
17. Finding that by rubbing the Stone with the flat fide downward J did by rea-
fon of the Opacity of the Ring, and the fudden decay of light upon the cca-
iîng of the Attrition, probably loofe the fight of the floues greatelt vividnefle,
and fuppofing that the commotion madeinone part of the Stone, vvill be
eafily propagated ail over, J fometimes held the peice of Cloath, upon which
J rubb'd it, fo that one fide of the ftone was expofed to my Eys, whilfl J was
rubbing the other , wherby it appeared more vivid than formerly , and to
make Luminous Traéts by its motion to and fro, And fometimes holding the
Stone upwards, J rubbed its broad fide with a fine fmooth peece of tranfpa-
rent home, by fuch meanes, the light through that Diaphanous Subftance,
did, whilft J was a&ually rubbing the Stone. appear fobrifk, that fometi-
mes, and in fome places it feemed to haue little fparks of fire.
1 8. J took alfo a peice of flatt blue glaffe , and having rubbed the Diamond well
upon a Cloath, and nimbly clapt the glaffe upon it, to try, whether, in café
the light would peirce it, it would by appearing green, or of fome other
colour than blew , affiil me to gueffe , whether it felfc were fincere or no.
But finding the glaffe impervious to fo faint a light, J then thought fit to
try , whether the hard Bodies would not by attrition increafe the Diamonds
Light fo, as to become penetrablc thereby. And accordingly, when J rubbed
the Glaffe brifkly upon the ltone, J found the light confpicuous enough,
and fomewhat dyed in its pafiàge, but found it not eafy to giue a Naraeto
the Colour it exhibited.
Laftly to comply with the fufpition, J had upon the wholc matter, that
the cheif manifeit chang wrought upon the ltone, was by comprefling ol*
its parts, rather than incallefcenfe J took a peice of white Tyle well glaz'd ,
Œuvres. T. IV. 63
49^ CORRESPONDANCE. 1 663.
and if J preflèd the Stone hard upon ir, it feem'd, though J did not rubb it to
and fro, to fhine at the fides. And however, it did both very manifeitly and
vigoroufly Chine, if, whilft J fo preft it, J moved it any way upon the fur-
face of the Tylc, though J did not make it draw a linc of aboue a quarter of
an Jnch long, or thereabouts. And though J m ade it not moue to and fro,
but onely from one end of chat fhort line to the other, without any returne,
or any laterall motion. Nay after it had been often rubbed, and fuffer'd to
loofe its light againc, not onely it feemed more eafy to be excited, than at
the beginning of the night, but if J did preiïe hard upon it with my finger, at
the very inftant thàt J drew it brifkly oflP, it would difclofe a very vivid ,
but exceeding fhortliu'd fplendor, not to call it a litle corufeation; fo that
a Carcefian would fearfe fcruple to think, hc had found in tins Stone, no
flight confirmation of his ingenuous Mafters Hypothelis touching the Géné-
ration of light in fublunary Jiodics not fenfibly hoc.
Poft-fcript.
So many particulars taken notice of in one night, may make this flone ap-
pear a kind of Prodigy , and the rather becaufe having tryed, as J formerly
noted, not onely a fine Artilicial Chryftall, and fome alfo that is natural,
but a Ruby and two Diamonds, J did not find that any of thofe difclofèd the
leaft glimmering of light, yet after ail perceiving by the hardnefTè, and the
teftimony of a fkillfull Goldlmith, that this vvas rather a Naturall than an
Artificial ftone, for fear leaft there might bc fome différence in the way of
fetting or in the fhape of the Diamonds,] made ufe of, neither of which was
like this, a fiât Table-ftone, J thought fit to make a further Tryal of my own
Diamonds, by fuch a brifk and aiïiduous affrittion, as might make amends
l'or the difadvantages abouementioned, in café they were the caufe of the
unfucceflïullnefle of the former atterhpts: And accordingly J found, that b\
this way J could eafily bring a Diamond J wore uponmy finger to difclofe
a light, that was fenfiblc enough , and continued fo, though J covered it with
Spittle, and ufed fome other tryalls about it. And though this will much leffen
the wonder of ail the formerly mentioned Obfervations, by fhewing that the
Properties, that feem fo ftrange, are not peculiar to one Diamond, but may
be found in others alfo, and perhaps in divers other hard and diaphanous
Stoncs.
N'et J hope, that what this difeovery taketh away from the wonder of
thefe Obfervations, it will adde to the inflrucfiucnefTe ol'them , by aflording
pregnant hints, toward the invelb'gation of the nature of Light.
CORRESPONDANCE. [663. 499
N" 1195.
J. Chapelain à [Christiaan Huygens].
[1663.]
La lettre se trouve à Le'tden^ coll. Iluy
Je vous renuoye, Monfieur, l'Extrait 0 de la lettre de Pologne auec mille re-
mercimcns de la communication. La choie efl: très mémorable. Vne femblable
pour la quelle j'ay efcrit a Monfieur de Beuning 2) efl: dans :>) vollre Médecin
Tulpius 4). Je ne fcay (î auflîbien attellée. Je vous enuoyay hier le Nuncius Syde-
reus 5) joint a quelques autres Traittés. Je nay point la Difîertation de Kepler
mais Monfieur Theuenot qui me vint voir hier me dit quil lauoit et quil vous
lenuoyeroit. Je fuis a vous fans referue
Chapelain.
' Voir la pièce N°. 1 196.
2) vSur Koenraad van Beuningen , voir la Lettre N°. 743, note 4.
Nicolai Tvlpii Amftelredamenfis Obfervationes Medicae. Editio nova, Hbro quarto auftior,
et fparfnn multis in locis emendatior. Amftelredaini, Apud Ludovicum Elzevirium. \ .
cIdIoclii. in-8°.
Chapelain parle ici du „Liber IV. Capvt [X. Juvenis Balans".
4) .Sur N'.colaas Tulp, voir la Lettre N '. 292 , note ;,.
s) Sur cet ouvrage, voir la Lettre N°. 673*, note 1 2 | Tome III, Snpplémenl ,
jOO CORRESPONDANCE. 1 6 6 3 .
N" 11 96.
duchesne x) h la maréchale de gramont 2).
[décembre 1663].
Appendice au No. 1195.
/.,; coph se trouve à Leiden, coll. Huygens3').
Extrait d'une lettre eferite de Varfovie par un gentilhomme,
qui eft avec Monfieur le comte de Guiche4) et fon frère5).
1663.
Vous ferez furpris d'une hiftoire que je vais vous raconter. Monfieur FEvefque
de Vilna 6) ayant fait faire une grande chatte d'ours depuis peu dans fon pais , on
trouua parmi plufieurs ours, qui broflbient dans les bois, un jeune enfant tout
nud âge environ de 8 a 9 ans, courant a quatre, et brodant comme les autres ours
et n'ayant rien de l'homme que la figure du corps , afièz contrefaite a force d'imi-
ter les alleures les geftes et les grimaces des ours, et leurs cris mefme. Il Ta en-
voie icy a la reine ") ou il eft depuis 8 jours, on l'a veftu a l'humaine. Sa joie eft de
pouuoir avoir un morceau de viande crue et du fang pour fon breuuage , ce que
l'on lu y interdit pourtant, s'il entre dans un jardin il fe jette fur les herbes, dont
il mange après avoir choifi celles qu'il connoit luy eftre propres, et les auoir por-
tées a fon nez , comme il fait toutes autres chofes. on luy fit venir il y a deux jours
un ours, vers lequel il s'auanca fans crainte pour l'aller flerer et flatter a fa mode.
11 marche en arrière comme en auant, et a les bras portez par habitude fort en de-
dans. Il n'articule aucune lettre ni fillabc, mais commence a comprendre ce que
l'on luy commande, a peu près comme les linges ou les ours mefmes que l'on
dreffe. On juge , par raport du temps, que c'eft l'enfant qu'une femme de ce païs
la a perdu depuis 6 ou 7 ans, a l'âge de deux ans, qu'il faudroit qu'une ourle
Duchesne, gouverneur d'Antoine-Charles comte de Louvigny.
I Françoise Marguerite de Chivré, fille de Hector de Chivré ci de Maria de Conan. Elle
épousa, le if! novembre [634, le maréchal Antoine III de Gramont.
Celte copie est de la main de Chr. Huygens.
1 Arnaud de Gramont, comte de Guiche, naquit en [637, et mourut le 29 novembre [673. Il
l'ut lieutenant général des armées de France, maître de camp du régiment des gardes. Il fut
exilé a cause de sa conduite envers Madame.
Antoine-Charles, alors comte Louvigny, fils de Antoine III de Gramont et de Françoise
Marguerite de Chivré, mourut le 25 octobre 1721. [1 devint duc de Gramont à la mort de
son père, en 1704.
Georgius III Bialozor devini évoque de Smolensk le 26 aoûl 1658, et de Vilnaen 1661; il
mourul en 1 <>
Maria Louisa de Gonzaga. Voir la Lettre N°. 448 , note 3.
CORRESPONDANCE. 1663. 50 1
moins cruelle ou moins affamée eut pris en amitié pour tenir compagnie a (es pe-
tits, des quels encore je fuppofe qu'elle auroit perdu quelqu'un qu'elle auroit
voulu remplacer, quoy qu'il en foit , tout ce que je vous en dis cft vray et je l'ay
veu moy melme.
N= 1197.
A. Bruce a Christiaan Huygens.
[? 1663].
La lettre se trouve à Lcideu , coll. Huygens.
Monsieur
Je vous prie de m'envoyer le livre l) de Snellius :) ou les mefures de divers
payis font marquées, et fi vous avez quelque autre qui fait la mefme choie, et je
vous les renvoyera en deux ou trois jours. Je fuis
Monsieur
Voftrc trefhumble feruiteur
A. Bruce.
A Monfieur
Monfieur Christian de Zulichem.
:) L'auteur désigne l'ouvrage:
Eratofthenes Batavvs de Terra ambitus verà quantitate, à Willebrordo Snellio, Ata iù>i
è| u7to;//iiur«)v jiezQaaiàv dtonT^ùtv , Suleitatus Lvgdvni Batavorvm , Apud Jodocvm à Col-
lier. Ami. clolocxvii. in-40.
On y trouve, Liber II, Caput IIII: llhijnlandici pedis quantitas etiam alio modo exprefla.
2) Sur Willebrordus Snellius à Royen , voir la Lettre N°. 356, note 8.
SUPPLEMENT.
CORRESPONDANCE. 1 637. 505
I.
CONSTANTYN l It'VGKNS , père, AV COMTE MAURICE DE NASSAU.
17 NOVEMBRE 1 637.
Lu lettre se trouve à Amsterdam, Académie Royale des Sciences ').
J'ofe paroiftre devant Vbilre Excellence fur l'efpérance que j'ay , qu'à faulte
de meilleur entretien, quelqu'un de pardeeà aura prins la peine de vous notifier,
1) L'Académie Royale des Sciences d'Amsterdam possède une collection de lettres, tant en
original, qu'en copie ou minute, reliée en trois volumes et portant comme titre: „Lettres
Françoises de Constantin Huygens, Seigneur de Zuylichem, Zeelhem et au Monnikelant,
Secrétaire des Princes d'Orange, Président du Conseil, et Premier Maitre des Comptes de
Sa Majesté Britannique Guillaume IIP'." Les lettres du premier volume contiennent plu-
sieurs détails au sujet de la maison que le père de Christiaan Huygens se fit construire,
de 1634 à IO"37- à la Haye, sur l'emplacement actuellement occupé par le Ministère de la
Justice, au Plein , coin du Pooten. C'est dans cette maison que Christiaan a passé une grande
partie de sa vie.
Aux deux Lettres I et II que nous publions ici nous ajoutons dans cette note quelques par-
ticularités tirées, soit d'autres pièces de la collection citée, soit de quelques-uns des nom-
breux écrits qui ont paru sur Constantyn Huygens, père.
Le 4 janvier 1633, les Commissaires députés des Etats de Hollande et de Westfrise résolu-
rent de mettre en vente une partie du jardin appartenant au Quartier du Stadhouder. Il est
probable que cette résolution, qui avait pour but de faire construire dans le voisinage de la
Cour un nouveau quartier aristocratique, a été inspirée par le Stadhouder Frédéric Henri. Ce
prince brillant et valeureux , auquel ses nombreux succès guerriers valurent le nom de Ste-
dendwinger (Dompteur de Places Fortes"), avait un goût très vif pour les Beaux Arts et a puis-
samment contribué à l'embellissement de la Haye. Ce fut par son intercession que les deux
lots de terrain principaux, attenant directement à la Cour, échurent à deux grands Seigneurs :
le Comte Maurice de Nassau-Siegen et Constantyn Huygens, le secrétaire et confident dé-
voué du Prince. Pour la somme, à cette époque assez considérable, de 4750 florins, le Comte
Maurice obtint le terrain sur lequel il bâtit le palais bien connu sous le nom de Maurits-
huis. Par autorisation des Conseillers députés, Huygens reçut le sien en don gratuit du
Prince Frédéric Henri. La situation de ces terrains se voit dans la planche ci-contre, re-
production aux 2 5 d'un dessin que M. Arnold Ising, à la suite de recherches qu'il a bien
voulu faire pour nous, a trouvé aux Archives Nationales. C'est évidemment le plan original de
l'agrandissement de ce côté de la ville et du parcellemcnt du terrain à mettre en vente. On
y trouve indiqués, à droite du Houtstraat, deux bâtiments déjà existants, savoir, l'Hôtel
des Députés de la ville d' Amsterdam, et, à coté, la maison du Secrétaire Huygens. Cette
dernière, précédemment la demeure de Mademoiselle van Mechelen (voir la Lettre N°. 855,
note 5), est la maison où Christiaan Huygens naquit le 14 avril 1629. Constantyn la vendit,
en 1637, au Conseiller Schotte. En 1642 , les Députés d'Amsterdam en firent l'acquisition;
ce ne fut qu'en 1736 qu'ils résolurent de démolir les deux bâtiments, en même temps que
deux autres situés au côté sud de leur résidence, pour faire construire à leur usage le Palais
actuellement occupé par les Archives Nationales.
Œuvres. T. IV. 64
506 CORRESPONDANCE. 163".
quel orage dieu a envoyé fur mon chef depuis votre partement. Aveq voitre per-
mïflion, je m'abftiendray d'en parler, ne le pouvant qu' aveq de la commotion
Les terrains concédés à Constantyn Huygens pour la construction de sa maison sont les
n°. 7 et n°. 8 , celui acquis par le Prince Maurice le n°. 6 du plan. Par une laveur parti-
culière du Stadhouder, Huygens put encore disposer d'une partie du terrain intermé-
diaire, nommé Akerland, attenant directement aux bâtiments de la Cour. C'était une espèce
de parc, dont les arbres servaient de liéronnière pour les chasses du Stadhouder. Huygens ob-
tint la partie, de forme triangulaire, située entre le fossé qui traversait le terrain et la nouvelle
Place; il en lit un jardin au bout duquel il bâtit une écurie. Le reste de l'Akerland fut trans-
formé plus tard par le Comte Maurice en un jardin, orné de grottes et de statues, qu'il mit
en communication avec son palais au moyen d'une galerie souterraine.
Comme le; deux édilices furent bâtis en même temps, Huygens put profiter de ses rela-
tions avec le Comte Maurice pour participer aux avantages que ce dernier tirait de sa
haute position, dans l'acquisition et le transport des matériaux. On en trouve la preuve dans
le fragment suivant d'une lettre écrite par Constantyn Huygens. La copie, sans adresse,
porte dans les „Lettres Françoises" la date du 1 1 avril 1634.
„ Après ce peu d'advis en matière publique, je vous fupplie me permettre de vous demander
le voflre en quelque chofe de particulier qui me concerne. C'eft que monseigneur et maif-
tre vient de rendre un fïgnalé témoignage de l'honneur de fa bienveillance très particulière
en mon endroict, parla concelhon gratuite d'une très-belle pièce d'héritage longue de 360
pieds et large de 80, 90 et moins vers l'un des bouts; fi tué le long de ce que nous nommons icy
l'Ackerland, ou la Héronniere, derrière celle Cour, et s'eftendant ainfi depuis le logis que va
baftir M. le Comte Maurice, jufques au Sieur Volbergen , place vrayment digne d'un beau
bâtiment, comme aulîi j'y en defTeigne un de 90 pieds de front , avecq la bafïè-cour, galeries,
et autres appartemens le tout à l'inftance de Son Excellence, qui, par affection naturelle
qu'il porte â l'Architecture, ne celle d'animer un chafeun à l'embelliflèment de la Haye, et à
mefmc intention m'a honoré de ce beau préfent. La defeription que je vous en fay avecq
tant d'importunité, ne tend qu'à me frayer le chemin vers celle quellion : s'il n'y auroit
moyen de pécher (1 bien dans les eaux troubles de vollre quartier, que, moyennant la grâce
de Alonfeigneur le Landgrave, on s'en pourroit faire pourvoir d'une centaine d'arbres de
chefne, à le foulager d'une partie de la defpenfe que ce bâtiment me va jetter fur les bras,
et li , outre la faveur que j'ofe m'en promettre, Monfieur de vollre collé vous eflimez qu'il
y en ayt par deçà que j'y puifl'e utilement employer, fans celle de Son Excellence mefme,
que je ne voudray pas faire defeendre à une intercellion de fi peu de valeur. Monfieur le
Comte Maurice a trouvé des expédients bien adroicts à de femblables négociations, et s'ell
faicl pourvoir en forte de tous colle/., que je penfe qu'il payera richement fa mailbn en bois
de chefne, mais je neprétens nullement me prévaloir de comparailbns fi inefgales: ains de me
veoir fublever tant foit peu par l'addreUe de mes amiz. Parmi lefquels, Monfieur, li je
m'avance à vous ofer ranger en celle occafion: je vous fupplie d'en attribuer la fource à la
démonstration qu'il vous a pieu toufiours me faire de l'honneur de vollre amitié, comme à
celuy qui de longue main révère vos vertu/, infignes et chéris le bien de leur cognoilfancc.
< obligez moy , s'il vous plaid , de m'y confirmer de la fuitte de voz courtoilies, et de me dire
franchement, fi je m'émancipe à des prétentions delbrdonnées et defquelles les ellécts doib-
vent revenir a charge du Prince à qui j'en veux par vollre entremilé. Car cela eflant je
renonce a toute impudence et me condamne fans ablblution. Mais, li , comme je difoy d'en-
trée, il y apparence de retirer quelque planche du débris que l'ont les torrents de la guerre
dans ces milèraMes Ibrells, je retourne à VOUS prier île m'en enfeigner vos adrellès et après
CORRESPONDANCE. 1 637. 507
d'efprk mais en fin c'ell ce qui en partie m'a mis en iaultc de ce que je debvoy à
Vollre Excellence fur ce qu'il luy a pieu m'honorer de la lettre et de Ion fouvenir
tout vous conjure de donner de l'interprétation favorable à mon effronterie et de faire
ellat" etc.
Pour faire entrer ces bois dans le pays, à travers les lignes ennemies , le Comte Maurice
adressa au gouverneur espagnol de laGueldre, don Juan Verdugo, la lettre suivante, datée
du 8 août 1634, que nous trouvons dans la même collection:
„Monfieur, Ayant donné ordre avecq le Seigneur de Zuylichem, Confeiller et Secrétaire
de Moufieur le Prince d'Orange qui lignera l'a préfente quant à raoy, à nous faire couper le
nombre de trois cens chefnes, tant fur le Roer que fur la Lippe, pour des baftiments que
nous faifons à la Haye l'un auprès de l'autre, je m'avance à vous fupplier par cèdes qu'il
vous plaife me favorifer de vos pafl'eports, pour les gens que nous employerons à coupper
ledit bois et à le mener jufqu'à Wefel, pour de là le faire defeendre vers Hollande. Et
fera-ce un effect de courtoifie qui m'obligera autant que le dit Seigneur de Zuylichem à
m'en reflentîr, comme je debvray , aux occafions de voftre fervice, et à vous témoigner que
je fuis" etc.
D'autres fois ce furent les licences pour faire descendre de la Meuse ,,500 muidsdechaulx"
ou ,,4000 pieds de pierre bleue 4000 livres de clouds de fer et 80000 ardoifes" que Con-
stantyn Huygens put obtenir dans l'Intérêt commun des deux propriétaires.
Pendant plus de trois ans la construction et la décoration de sa nouvelle maison a été l'ob-
jet des soins constants et minutieux du père de Christiaan. A Wicquefort il manda, le 5
décembre 1634, „Tout ce que j'ay de loifir de relie s'en va aujourdhuy à l'Architecture pour
le baftiment que j'ay fondé et doibs achever l'année qui vient s'il plaift à Dieu. Le Sieur van
Campen qui m'eft venu veoir à ce dellèin m'y allille en Vitruve très parfaift."
Quoiqu'il eût confié aux célèbres architectes Jacob van Campen et Pictcr Post la tâche
de dresser les plans et de surveiller l'exécution de son palais, il s'en occupait lui-même, jusque
dans les camps où il dut suivre son illustre maître. Il prenait conseil d'amis compétents, tels
que Wicquefort et Rubens, tout en les avertissant qu'il ne se proposait en son architec-
ture „qu'unc (implicite de bonne grâce" et „à faire renaiftre," comme il écrivait à Ca-
landrini, „les bonnes régies de l'ArchitecUire ancienne, dépravée et aba'itardie quasi en
touts endroicts de pardeçà vos montagnes." Constantyn se réservait, en effet, à l'égard des
avis qui lui parvenaient, une entière liberté. C'est ainsi qu'il répond à Wicquefort que la
tonne de toit proposée par ce dernier ne lui convient pas: „Je trouve le chapeau de caftor
que vous me propofez de trop de prix et d'éclat pour la brique qu'il debvroit couurir. . . .
J'ay defià apprins que le toict ne doibt trop peler à la maifon."
11 parait même que la mère de Christiaan, pendant que le père se trouvait au siège de
Breda, a, par ses conseils, pris une part active au couronnement de l'édifice. Le poème
que Constantyn Huygens a dédié à ses enfants „De vita propria inter liberos libriduo"eu
fait foi en ces vers:
„Illam domum)
[ngenio meditata fuo, qua parte probatur
Maxime, ad extremum perduxit fedula culmen .
Dum caflris allixns ego mea défera cadra
Et meus ad Bredam magno molimine princeps
Fulminât, et late ejechtm profligat Iberum."
L'achèvement du bâtiment a coïncidé avec le plus grand malheur qui pût affliger Cou-
5c8 CORRESPONDANCE. 1 637.
a plufieurs lois, et à fi grand intervalle de pais. Depuis , l'armée m'a entraîné et
enveloppé dans les occupations que vous fcavez Monfeigneur, couftumières à ma
profeffion. S'il vous plaift retourner à voftre ancienne bonté et me tenir abfouls
fur ce peu d'excufes légitimes, j'en lairray là le difcours et vous diray d'entrée
qu'après ceux qui ont l'honneur de vous appartenir, il n'y a perfonne au monde
qui prenne plus de part que moy à l'honneur que vous a porté cette glorieufe en-
trée dans voftre commandement 2) ; Dieu profpere ces grands commencements,
et vous doue, Monfeigneur, de la grâce d'aller toufiours abattant l'orgueil de
noftrc puifïant enemy, quy, comme vous aurez feeu, a aflez honeftement pati en
Europe toute celte année, et ne nous en fault qu'un peu de femblables pour venir
a chef d'un grand ouvrage.
Pour ce qui regarde les contemplations particulières, Monfieur van Campen 3)
et moy , nous joignons journellement nos regretz aux voftres de ce que des Chref-
tiens ayent peu refoudre a ravager une 11 belle ville que voftre Olinda4), mais il
nous confolera de veoir arriver le débris que vous promettez pour Pembellifïè'ment
de voftre baftiment et, à bien confidérer les beaux matériaux que vous fpecifiez à
eelt effeét, tant de bois qu'en pierre , il nous eft advis qu'un petit Temple de Salo-
mon doibt refufeiter. Mais, Monfeigneur, ceftuy-la fut eflevé fans bruiétde feie
ni marteau, obligez nous de croire, que ceftuy-ci ne s'eflevera pas ainfi et , hu-
meurs nouvellieres, de donner quelqu' ordre a y travailler peu a peu. Je fcay bien,
que vous y avez toutes inclinations, mais fi vous aviez veu la belle vue de ce magni-
fique carrefour où vous cites logé, il ne vous feroit poifible d'en retirer la main.
stantyn. Son épouse, Suzanna van Baerle, celle qu'il célébrait comme son „étoiIe," suc-
comba, le 10 mai 1637, après qu'elle eut rempli le plus cher de ses vœux en lui donnant
une fille. Il entra seul avec ses enfants dans sa nouvelle demeure:
„Cum grege parvo
Et lachrymis commigravi, defertus ab illa
Aeternum mihi deploranda compare turtuj."
2) Le Comte Maurice, nommé à l'âge de 32 ans Gouverneur du Brésil, y débarqua au com-
mencement de 1 637 avec une armée de 3000 hommes. Son entrée en campagne fut brillante
il mit en déroute les forces de beaucoup supérieures du comte espagnol Bàgnola, et s'empara
de Porte Calvo, capitale de la province Alagoas au sud de Fernambuc.
3) Jacob van Campen, le célèbre architecte de l'Hôtel de Ville, actuellement Palais Royal .
d'Amsterdam, naquit vers 1505 a Harlem et mourut a Randenbroek le 13 septembre 1657.
("est de sa mère, Gerritgen Claas Berends de Randenbroek, qu'il hérita la propriété à la-
quelle il dut, le titre de Seigneur de Randenbroek.
En [624 il alla étudier la peinture a Rome, mais sa véritable vocation était l'architecture.
Il a bâti, entre autres, le Trippenhuis a Amsterdam, actuellement siège de l'Académie
Royale des Sciences, et la Maison de Rijswijk, où eurent lieu les négociations de la paix
de io~o.-.
La ville Olinda, conquise sur les Espagnols par I [endrik Lonk, le 15 février 1^30. l'ut aban-
donnée et brûlée quelques mois plus tard.
CORRESPONDANCE. 1 637. 509
Du relie , maintenant que le pave eft achevé de tous collés , les ordures dehors , le
Pooten de fa jutle et fplendide largeur, et (j'oie adjoufter cette lbttife) ma maifon
allez honellement rculîîe, les arbres grandelets, la plaine verte, horfmis une belle
croix pavée et en fin touts delbrdrcs réglez, il y a de quoy amufer la veue des cu-
rieux et ne m'en puif-je fort faouler, quoy que je le voye tous les jours. Que li
Vollre Excellence daigne encor entrer chez moy, je continueray de luy dire que
je me trouve grandement fatiffaict du devis de mes appartements. La BalTecour pa-
roift belle et fpatieufe à merveilles, au prix de l'apparence d'autrefois; celle vers
le jardin, en forme de terralTe (où on delcend par une forte de degrez infenlibles)
encor plus. Les chambres et falons de grandeur allez ample et proportionnée,
point de cheminée qui fume et femblables petits fuccez, qui n'arrivent pas tous
les jours. Seulement les grolfes pluyes extraordinaires qu'il a faiéles ont un peu
incommodé mes galeries plombées , et quoy qu'il y foit allez bien pourveu , je dé
libereray l'année qui vient s'il ne fera bon de les couvrir d'ardoise. De tout ce fu-
perbe Palais Poil 5) me marque des portraits 6), en diverlés veues et ententes. Sur
l'on delTein je les feray graver d'eau forte, pour en envoyer des copies à mes amiz, et
Vollre Excellence n'en efchappera pas l'importunité a fon tour. Au dedans, tout ell
honellement meublé et adjullé, refervée la pièce capitale que Dieu m'a enlevée,
premier que j'y entralTe. Sa volonté foit faicte, mais il fçait à quel point cette
playe m'a touché. En fin cette bonne moitié du logis, qu'une fi chère moitié de-
vait occuper, fert a prefent à ce qui me relie d'elle de plus cher au monde, ce font
quatre fils et une fille de fix moiz. En cette petite république je m'évertue a enle-
ver7) ma Bourgeoific en vertu et feience et auriez vous de la peine, Monfeig-
neur, a croire, quels progrez y font mes cfcoliers depuis 48) moiz, qu'un précep-
5) Sur Pieter Post, voir la Lettre N°. 829, note 38. Avec son frère, le peintre Frans l'os' , il
accompagna , en 1636, le Comte Maurice de .Nassau au Brésil, où il dirigea !a fondation de
la ville Mauritsstad et bâtit le palais Vryburg du Gouverneur, ainsi qu'une église protestante.
De retour à Harlem en 1638 , il y épousa Rachel Ridders, dont il eut plusieurs enfants, parmi
lesquels un lils Maurits, qui eut pour parrain le Comte Maurice lui-même, devint ar-
chitecte. Après avoir fait à Harlem les plans pour l'agrandissement de la ville, il se fixa a la
Haye. Parmi les nombreux édifices, bâtis ou décores d'après ces plans ou avec sa collabora-
tion, on cite, outre le Mauritshuis et la maison de Huygens, la salle des séances des Etats de
Hollande, actuellement salle des séances de la première Chambre des Etats Généraux
il dessina les plafonds, la salle d'Orange du Palais au Bois, la maison du greffier Buysero, de-
venue plus tard le palais du Prince Frédéric des Pays-Bas, la maison de faillirai Tromp,
l'établissement de bienfaisance dit Hofjc van Nieuwkoop, la Tour des Cygnes à Clèves, la
maison Zwanenburg à mi-chemin entre Amsterdam et Harlem, l'hôtel de ville de Maestricht
et le Poids public de Gouda.
6~) Voir la note 1 de la Lettre suivante.
") lisez: ellever.
8) Le copiste a écrit 9 moiz. La même erreur. 9 au lieu de 4. se rencontre dans la date,
1 1 avril 1634, de la lettre citée dans la note de la page 504.
510 CORRESPONDANCE. 1637, 1639.
tour 9) exprès les gouverne, mais j'ay honte de me voir deicendre fi bas, et que le
papier me manque plus toft: que je ne me fuis advifé de mon impertinence, en vous
ennuyant de mes difeours de rien. Pardonnez Monfeigneur, comme vous avez
touiiours faict, à celuy que voftre bonté a rendu recognoiffant de ce qu'il vous
doibt, et aggreez que je vous aye faict repaffer un moment à la Haye, hors des
grandes et illuftres occupations qui vous exercent par de là. J'ay accouftumé de
defennuyer mon maiftre (comme il nous en fouvient) par des difeours d'Archi-
tecture au fort de lés grandes affaires : icy je pretens avoir faiét la mefme chofe,
car, pour avoir un feul maiftre à qui je doibs le tout, je ne laifle pas d'eftre fans
retour
Monseigneur, etc.
A la Haye où il nous tarde fort de voir arriver de vos portraits Indiens mais
bien plus des nouvelles de la santé de Voftre Excellence, qui avoit cité efbranf-
lce, félon les derniers aduiz.
17e de novembre 1637.
IL
CONSTANTVN HuYGENS, père, à P. P. RuBENS.
1 JUILLET Io"39-
La copie si roi <■■ à Amsterdam, Académie Royale des Sciences.
Monsieur
Je penfe m' acquitter d'une vielle debte, en vous offrant ces tailles douces'). Au
moins ma mémoire me femond d'un peu de mention que je vous ay faiefe autrefois
y) Abraham Myrkenins, qui d'après le„Dagboek" entra dans [a famille le 17 juillet \6y
' j On trouve au Musée municipal de la Haye la collection complète île ces tailles-douces. Elle
se compose des pièces suivantes:
1. Façade do la maison.
1. Façade, en partie enlevée pour faire voir l'intérieur.
3. Vue de coté.
4. Façade postérieure.
CORRESPONDANCE. 1639. 511
de ce Bafliment. Soit obligation anciene , ou nouvelle importunité, voyci le mon-
ceau de Brique que j'ay eflevé à la Haye , en un lieu , que j'ofe bien nommer des
plus illuftres du Village. Quand je l'entamay , la main de l'Eternel ne s'eftoit en-
cor appefantie fur moy. Je vivoy doublement, dans la Sainfte compagnie di lei
ch'è lalita Atantapace,e m'ha lafciato in guerra et d'où je ne puis feno hauer
l'aima trilla, Humidi grocchi fempre , e'1 vifo chino. C'eft ce qui me porta à celle
égalité régulière de part et d'autre , que vous trouverez en ces départements , que
vous fçavez avoir tant pieu aux Anciens, et que les bons Italiens d'aujourdhuy re-
cherchent encore avec tant de foin : diftribuant les quartiers des deux chefs de fa-
mille en deux Sales , deux chambres , deux Garderobes, deux Cabinets et autant
de Galeries. Le tout feparé par une fale d'entrée, ou veflibule, et couplé fur le
derrière, par la communication d'un paflage privé. Aujourdhuy, ce qui auoit
elle defliné pour la Mère, fert aux Enfants, et a ceux qui les gouvernent, ma
portion eil du collé du jardin , que je découvre à gauche : à droiéle tout ce qui fort
et entre par la BafTecour, et fur le devant une excellente Plaine, ceinte de Balle-
mens , que grands, que médiocres; clofe de deux rangs de Tilieux au croiflànt de
leur aâge, et rebordée d'un pavé de Rue de 36. pieds, dont le collé que Manquent
les faillies de mes Galeries s'eftend en ligne droiéte à quelques mil pas.
Je vous prie de jetter l'œil fur le relie , et de m'en dire franchement voftre ad-
vis. Si vous ne me donnez que l'approbation que, pollible, j'auray méritée en
quclqu'endroicl j'ellimeray que vous me cachez la cenfure qui me pourroit fervir
d'inilruélion et à d'autres d'advertiïïement. Mon defïéin eiloit d'adjoufter à ces
Imprimez (dont je garde les Planches à moy feul) une forte de diflertation latine,
a mes enfants , par où , après moy , ils demeurailènt informez des raiions et jultifi-
cations de monfaiél, et me fulïe-je laifTé entraîner, h celle occafion en des confi-
dérations non inutiles fur le fubjeét de l' Architecture anciene et moderne; mais les
5. Plan du rez-de-chaussée.
6. Vue d'ensemble de la maison et du mur du jardin avec l'écurie.
Nous avons pu retrouver le cuivre original du N°. 2. M. W. J. Huygens, à la Haye, a en
l'obligeance de nous le céder pour en faire tirer la planche qu'on trouve à la lin de ce Volume
avec une autre, qui est la reproduction photolithographique du N°. 6.
En tête de ce Volume nous avons placé la phototypie d'un dessin, attribué à Abraham
Rademaker (1675 — 1725), représentant la maison de Huygens , le Mauritshuis, et, à l'autre
coin du Vyverberg, la maison d'Odyk.
Parmi les amis, auxquels Constantyn Huygens envoya ces tailles-douces, nous rencontrons
de Balzac. Celui-ci répondit : ,,En dépit du démon et de ("es malices, voicy vos faveurs arrivées
au port, après (ix mois de voyage, et j« vous donne advis que j'ay receu, avec voftre belle
lettre, le plan de voftre belle maifon. Pour juger du mérite d'un ouvrage li achevé, il tau-
droit avoir des yeux plus scavants, que je ne les ay, et mieux purgez des vapeurs terrellres
et de la barbarie de la province. Il faudroit élire de Rome et non pas de ce village."
12 CORRESPONDANCE. 1 639.
divertiflèmens de mes charges occupent jufques a prefent la plus parc du loifir que
cela requerroit. Je verray, li ces moiz de campagne m'y fourniront, ce que la Gar-
ni Ion m'y refufe, et en ce cas retourneray à vous faire part de mes reiveries;
fâchant combien vous avez déféré a celte eftude par lepaifé, et avecq combien
d'applaudiffement.
Son AltefTe s'eft refjouie de vous feavoir relevé d'une forte maladie; depuis la
quelle apprenant que vous avez encor ramené la main au Peinceau, elle m'a com-
mandé de feavoir, fi vous auriez aggreable de luy embellir une cheminée dont les
mefures vous feroyent envoyées , de quelque Tableau , dont l'invention fuit toute
voftre , comme la façon ; qu'on ne défireroit que de trois ou quatre figures pour
le plus, et que la beauté des femmes y fuit elabourée con amorc, ftudio c dili-
genza. J'attendray, s'il vour plaift, quelle inclination vous y avez , et, pour toute
la miene vous affeureray, qu'elle bond de paillon, a vous faire veoir aux occaiions
de voftre fervice, que je fuis
Monsieur
Voftre trefobeiflant et très acquis feruiteur
Au camp foubs Philippine, le 2c de Juillet 1^39.
CORRESPONDANCE. I 658. 5 I 3
Ns 455"-
S. DE SORBIÈRE à Tll. HûBBES ').
I FÉVRIER 1658.
La lettre a été publiée dans Sorbiere, Lettres et Discours?).
A Monsieur Hobbes.
Reglemens de l'Affemblée de Phyficiens, qui fe fit à Paris,
chez Monfieur de Montmor l'an 1657.
Monsieur
Pendant mon feiour à Paris ie n'ay celle de vous y fouhaiter, pour le particu-
lier aduantage que i'eufle retiré de voftre conuerfation : mais maintenant ie vous
y fouhaitterois aufli pour Pintereft du Public, qui auroit occafion de fe preualoir
de voftre prefence en l'Aflemblée dont ie vous ay parlé. le vous ay dit en mes
Lettres précédentes , que Monfieur de Montmor m'ayant fait l'honneur de me
communiquer le deffein qu'il auoit de receuoir chez luy vn certain nombre de
perfonnes choifies pour s'entretenir de Queftions naturelles, ou d'expériences &
de belles inuentions; il me donna charge de faire vn proiedl de la manière en la-
quelle on pourroit former des Conférences, qui tournaient a l'vtilité publique,
au Ai bien qu'au diuerriflement de ceux qui y entreroient. le dreflay auec Monfieur
du Prat3) quelques Articles, qui furent prefentés à la première Aflemblée qui fe
trouua formée de bon nombre de perfonnes curieufes. Ils y furent examinés, auec
quelque conteftation de la part de ceux qui ne vouloient pas eferire. le vous les
enuoye, puis que vous me les demandés; & ie feray bien aife qu'ils foient veus
de tout le monde: pource qu'ils tefmoigneront noftre bonne intention, & qu'ils
ne feront peut eftre pas inutiles a ceux qui voudront s'appliquer aux mefmes re-
cherches que nous nous fournies propofées. Le fiecle de fer ne durera pas ton f-
iours; la Paix reuiendra à fon tour vifiter la Terre; les Mufes ne feront pas éter-
nellement exilées; les Arts refufeiteront; les Sciences reprendront leur place;
') Nous reproduisons ici le premier Règlement des assemblées qui eurent lieu chez de Mon-
mor, pour pouvoir le mettre en regard du projet de règlement que nous axons l'a i ! con-
naître dans la pièce N°. 1105, et compléter ainsi les données historiques qui existent au sujet
de l'origine de l'Académie des Sciences de Paris.
;) Lettres et Difcovrs de M. de Sorbiere. Voir la Lettre N°. 980, note 3.
3) Du Prat fut conseiller et médecin ordinaire de Louis XIV.
Œuvres T. IV. 65
514 CORRESPONDANCE. 1658.
& vne plus douce influence des Aftres, que celle qui ne produit auiourd'huy que
des foldats & les Capitaines, produira derechef des Gilberts 4), des Baccons,
des Haruaees, des Fra Paolo5), des Galilécs, des Merfcnnes, des Defcartes,
ce des GaflTendis. Il eft de la gloire de noftre age que ces Illuftres perfonnes
apprenent h leur retour, que malgré la barbarie au milieu de laquelle nous
auons vefeu, il s'eft trouuévn aflfës grand nombre d'honneftes gens qui n'ont pas
laide d'aimer les eftudes Philolbphiques, & aufqucls il n'a pas tenu qu' en fui te
des grandes ouuertures que ceux que ie viens de nommer nous ont faites , les cho-
ies ne foient mieux allées qu'elles ne vont pour Paduancement de toutes nos cog-
noiflTances. Quand ie vous auray nommé vne partie de ceux qui compofent noftre
Aflerablée vous m'aduouërés qu'il feroit mal aifé d'en compofer ailleurs vne pa-
reille, encore qu'on la choifift parmi tout ce qu'il y a de curieux hors de Paris, &
peut eftre hors de ce Royaume. Mais il vaut mieux vous faire voir promptement
ce que vous délires.
. //•/. /. Que le but des Conférences ne fer/: point le vain exercice de Vefprit à des
fubtilités inutiles ; mais qu'on fe propofera toufiours la plus claire cognoiffance des
oeuures de Dieu, cr'J Faduancement des commodités delà vie, dans les Arts & les
Sciences qui feruent à les mieux ejlàblir.
1 f. Que celuy qui prefule établira , de Vaduis de In Compagnie , la que (non pour
la conférence prochaine , <£? priera nommément deux perfonnes qu'il en iugera des
mieux informées de rapporter leur fentiment, laiffant aux autres la liberté d'eu
dire leurs peu fées.
ni. Que ces aduis feront leus & donnés par efc rit, en ternies courts & pleins
de r ai f ornement , fans aucune amplification ny authorités.
IV. Qu'ils feront leus fans interruption ; les deux perfonnes choifies ayans les
premières produit les leurs.
V. Qu'après toutes les le&ures chacun dira par ordre, <£? en peu de mots , les
obie&ions ou les confirmations fur ce qui aura efié leu. Et qu'après la refponce, on
4) William Gilbert naquit en 1540 à Colchester et mourut le 30 novembre 1603 a Londres.
Après avoir beaucoup voyagé, il s'établit a Londres comme médecin, fut admis en 1573
dans le Surgeon's Collège et devint médecin de la cour. Il était bon observateur ci es(
célèbre par son ouvrage „de Magnete."
s) Pietro Sarpi Fra Paolo, Panlus Venetus, Paolo Servita), fils d'un négociant ruiné et de la
r de Fra Ambrosio Morell, naquit le 14 août 1552 a Venise, où il mourut le 15 janvier
1023. D'abord professeur a MantOlie, il fut rappelé a Venise, y devint provincial des ser-
vîtes, s'occupa crérudes diverses et fui en correspondance avec les savants de son temps.
En 1600 il devint théologien canonique de la république, dont il soutint les droits contre
l'excommunication prononcée par le pape Paolo V. Il a laissé nombre d'ouvrages.
CORRESPONDANCE. 1658. 5 I 5
n'infiftera pas davantage, fans la permifjion particulière de celuy qui prefide.
VI. Que l'on pourra envoyer fon aduis fur la que fini propofée , quand on ne
pourra pas venir en perfonne.
VIL Que f Ajfemblée priera ceux qui en ont occafion, d? entretenir correfpon-
danec auec les fçauans de France & des pays efirangers ; afin d'apprendre d'eux ce
qui fe prépare , ou ce qui eft défia publié, ou decouuert dans les Arts & les feiences;
dequoy V Ajfemblée fera informée en fe feparant.
VIII. Que l' Ajfemblée eflant formée, on n'y admettra plus perfonne qui ne le
demande, & par le confentement des deux tiers de la compagnie pre fente, lors qu'on
en fera la proportion.
IX. Qu'on n'admettra point d'autres que les Membres de V Ajfemblée dans le
lieu de Conférence , qui fera toute compofée de per formes curieufes des chofes natu-
relles , de la Médecine , des Mathématiques, des Arts libéraux, & des Mechani-
ques; fi ce n'efl qu auparauant on ait demandé per mi ffion d'y amener quelque homme
de mérite.
Sur ce plan nous auons commencé de baftir nos Conférences ,& défia nous y
auons traifté méthodiquement , & auec vue parfaiéïe exactitude beaucoup de cho-
fes importantes. Mais vous nous manques au befoin, Monfieur, auffi bien que le
bon Père Minime 6) , & le fage Monfieur Gafïendi , auquel ie m'adrefle en vnc
Préface que ie mettray au deuant de fes oeuures 7) , & en laquelle ie parle de
noftre Aflèmblée.
Ad lis tu quoque praefens, optime Gafjende, vt modefliae & fapientiae tùae fem-
per omnium animis obuerfetur imago! Equidem pofl édita opéra tua nihil décrit
quominus te totum videamus; neque tantum vigilijs luis & eruditione tua fruamur;
fed & ocutts perpetuo in fapientiam tuam defixis', illà potiore tui parte imitemur
veram , cuius tam clarum exemplum praebui/li , philo fophandi rationem. Intercris
quoque, quà Terrae patent, pofl innumerabilem annorum feriem (iudijs hominum ad
bonam mentem contendentium , vt fi qui reperiantur olim quos iuuet ad hue bar/ \
vel meteoraticè philo fophantium lecfio, vnum illud Ciceronis in redargutionem v fur-
pari poffit ; Quae efl autem i/la inter hommes tanta dementia: fru gibus inuentis, vt
glande vefeantur.
Dieu vucille que ie fois Prophète, au fouhait que ie fais qu'on imite la Mo-
dcltic de Monfieur Gafïèndi, que fon efprit doux & tranquille règne dans noftre
Aflèmblée, & que cette nouuelle Académie ne trompe point les efperances que
peuuent donner les reglcmens que ie vous enuoye. Mais il eil bien à craindre,
Marin Mersenne.
Consultez l'ouvrage cité clans la Lettre N J. 235 . note y.
516 CORRESPONDANCE. 1658.
comme i'auois commencé de dire, que vous ne nous manquiés au befoin, auili
bien que les deux autres Philofophës qui ne font plus i:). Nous ne fçaurions nous
preualoir de voftre efprit fubtil & pénétrant, de voftre gayeté, & de vos pen-
fées toufiours pleines de quelque docte allufion, ou de quelque nouueauté fur-
prenante; non plus que nous ne pourrons point profiter de la douceur, de la
modération, 6k du ingénient exquis de celuy que i'ay dépeint & propofé en
exemple, ny de la diligence & de la facilité du bon Religieux, que vous nommiés
fi galamment le bon larron; pource qu'il eftoit continuellement en action pour
recueillir les raifonnemens d'autruy , & pour en faire part à tous ceux qui les vou-
loicnt entendre. Mais il me relie la confolation de vous efcrirc, & de receuoir
quelques lois de vos Lettres, ou de voir celles qui s'adreflent à nos deux chers
amis, Monfieur du Bofc y) & Monfieur du Prat 3), & dans lefquelles ic trouuc touf-
iours des marques de voftre fouuenir. le vous fupplic, Monfieur, de ne vous
point lafler de m'en donner de nouuelles , & de croire que la pofîeflion de voftre
amitié nl'eft fi chère, qu'il n'y a rien que ie ne voulufle faire pour me la conferuer.
Je fuis,
Monsieur,
Voftre tres-humble & tres-obeïflant &c.
A Paris le i. de Febrier 1658.
Marin Mersenne mourut le 1er septembre [648, Pierre Gassendi le 26 octobre 1655.
Dubosc lin conseiller el secrétaire du Roi, gentilhomme servant delà Reine.
CORRESPONDANCE. l66l
517
N° 828".
Leopoldo de Medicis à Christiaan Huygens.
2 1 JANVIER l66l ').
La Litre s< trouy, à Florence, Bibliotheca Vazionale.
11 medefimo Signore Principe Leopoldo Al Signore
Cristiano Vgenio li xi di Gennaio 1660 Ab
Incarnatione [ 1 66 1 ].
Havendo io intefo che Voftra Signoria non fi fia partira altrimenti da cotefte
Parti corne mi haveva fignificato, ho ftimato bene mandarc a Voltra Signoria,
liante l'occafione molto opportnna e ficura che mi fi porge del Signore Marchefe
Giovanni Vincenzo Salviati 2) mandato dal Sereniffimo Gran Duca mio Signore
fratello in qualità di fuo Ambafciatore ftraordinario a Sua Majefta Britannica, un
libro dato pochi mefi fono alla luce 3) dal noitro Viviani 4) Matematico. Lo invio
al Signore Francefco Ferroni s), accio che egli fi contenti farlo havere a Voltra
Signoria con ogni maggior ficurezza. Voglio fperare che ella fia per cortefemente
gradirlo et riconofeere anche da queflo il defiderio che io ho d'incontrare ogni
fuo gulto. Le ne mando due copie, accioche le elia voleffe darne una al Signore
Golio pofla fodifïarfi. Et mentre io confermo a Vollra Signoria la mia efFettiva
volonth d'impiegarmi iempre in fuo fervizio , godero che da lei me ne fiano porte
le occafioni, et reito augurandole ogni profperità.
') Nous devons cette lettre à l'obligeance du Prof. Ant. Favaro.
2) Giovanni Vincenzo Salviati, de famille noble, était gonfalonier et majordome en chef des
ducs de Medicis à Florence.
*) Il s'agit du traité „de Maxirais et Minimis Divinatio." Voir sur cet ouvrage la Lettre
N°. 739, note 3.
4) Sur Vincenzo Viviani, voir la Lettre N°. 733 , note 3.
5) Ferroni était père jésuite et disciple de Borelli. Il professa les mathématiques a Sienne.
5 1 8 CORRESPONDANCE. 1 66 I .
N2 830 0.
Constantyn Huygens, frère, h Christiaan Huygens.
20 JANVIER l66l.
I.<: ' . / - - /.'. < i Mus ■ ...
\-i. iiza. Chr. Huyg No. ^34.
A la Haye le 20 Janvier 166 1 .
Apres avoir conftamment attendu voitre Marquis de S. Agathe dans une terme
efperance de le voir icy d'heure h autre, a la fin nous apprifmcs il y a iept ou
huit jours que depuis pareil efpace de temps il le rejouifïbit a Amllerdam , (ans
le foucier de nous faire avoir nos paquets, pour mortifier, comme je croy , noftre
impatience et curiofité. A la fin j'en ay efcrit au Coufin Becker de luy en taire
lbuvenir et de nous faire avoir nos hardes s'il eft d'intention de relier encore
d'avantage par de là. Si vous enfliez donné mon livre a Moniieur de Seven-
ter il y a plus de quinze jours que je l'aurois eu icy. La mort de la Princefl'e
eau fera encores aparemment du bruit. Le Roy qu'elle a nommé Tuteur à fou
fils , prétend d'en faire la charge en toutes (es parties, et par confcquent d'avoir
en celle qualité la difpofition de la moitié des charges et beneliees dans les terres
de Son Alteiïe, et c'ell ce qu'à Clevc l'on entendra pas ainfi félon l'apparence,
et les bruits lourds qui en courent, bien que jufques à prefent l'on ne fe foit
point déclaré. Madame fait efcrire feulement au Confeil, de tenir toutes les cho-
ies en l'eftat ou elles font, et d'ufer de ces premières précautions dont on fe fert
dans les maifons mortuaires, comme de mettre le feau au coffres et armoires etc.
Au relie la Princelle a fait fa nièce la Reine d'Angleterre fon héritière avec
charge exprefle de payer les debtes , et de fat i (Taire à les légataires. Au Prince
fon fils elle ne laide rien , mais ordonne que les joyaux qu'elle a eus de fon Père
luy lovent reftitués (comme fans cela ils le devoyent élire en vertu du contract de
mariage; et délire qu'il donne des récompenses a (es domefliques. CeTeftament
félon nos loix (croit Inofficiofum , et par confequent fans aucune valeur, mais en
Angleterre l'on dit qu'on en peut faire des femblables , et que les pères et mères
ne font pas obligé de laiflèr à leur enfans plus qu'ils ne veulent. Elle délire encore
que le Roy veuille avoir foin de fa Régence d'Orange, chofe qu'on trouve icy
Depuis l'impression de la Lettre N . '<•:,> - publiée d'après la copie faisant partie de la col
lection Huygens de Leiden , on a trouvé an British Vluseum l'original de cette lettre. Nous
le reproduisons ici a cause de quelques différences, en supprimant les unies du Tome III.
CORRESPONDANCE. I 66 I
519
hors de toute raifon, feavoir qu'elle difpofe d'une choie comme par teftament ,
qui ell purement perfonelle, et qui luy avoir efté déférée comme mère du Prince,
de mefme comme li une perfonne pourveue de quelque charge publique (prenez
de Pétitionnaire d'Hollande) la laifîbit par teftament à un autre de les amys.
Cependant on dit que le Roy y a defja envoyé h Orange pour fe faire recognoitre
Régent, ce qui eitant véritable fera du bruit afleurement, fi Dieu n'y met la main,
car a Cleves on parle auffi fort hau.lt. Il faut voir ce qui en arrivera. On dit que le
Prince Maurice va en Angleterre de la part de Monfieur l'Electeur , et d'aucuns
s'imaginent que ce ponroit eftre pour des affaires de mariage de la PrincefTe Marie,
mais tout cela cil fort incertain pour ne dire pas de peu d'apparence. Mais s'il
y va il y fera de bons offices fans doubte et empefehera les parties de s'aigrir.
Pour l'événement de toutes ces chofes je croy que vous viendrez l'attendre icy
avec nous, et ferez de retour avant qu'il foit long temps, mon Perc qui vous en
eferit commence a en parler tout de bon, et mefme je croy qu'il vous en mande
quelque chofe par cet ordinaire 2) s'eftonnant de ce que dans vos deux derniè-
res s) vous ne luy en dites chofe qui foit.
Monfieur Navander noftre voyfin et amy mourut lundy pâlie d'une maladie de
deux jours, et eit fort regretté. Mademoifelle Scion languit encore et apparem-
ment ne la fera pas longue. Pour réparation de femblables pertes pour le genre
humain, Meilleurs de Wevelinckhoven4), de Nieuwerkerk 5) et Droft ") font
l'amour à outrance aux demoifelles Paeuw7), l'aifnéc des Ryckert 8) et la ca-
dette y) refpectivelyck. Monfieur Bifïchop fait encore rage de defleigner, et cinq
ou fix qu'ils font ils ont eftably une académie de peintres, ou quatre fois la fep-
mainc ils vont defleigner un homme nud et afin que connoifliez leur modelle,
c'eft un grand garçon nommé Antony, et dont le nom de guerre eft de vliegende
Platluijs.
:) Nous n'avons pas trouvé cette lettre de Constantyn Huygens, père, à Christiaan
Huygens.
3) Ni ces deux lettres de Chr. Huygens à son père Constantyn, ni leurs minutes, ne se sont
trouvées dans nos collections.
4) Sur Joachim van Wevelinckhoven, voir la Lettre N°. 828, note 13.
5) Sur Adriaan Pauw, voir la Lettre N°. 828 , note 7.
rt) Sur Coenraad Droste, voir la Lettre N°. 828 , note 8.
") Sur les demoiselles Pauw, consultez la Lettre N°. 820, note 13.
s) Sur Margaretha Rijckacrt, voir la Lettre N°. 828, note 14. Elle épousa, en [661, Adriaan
Pauw.
<>) Sur Constantia Rijckaert, voir la Lettre N°. 820, note 14.
520 CORRESPONDANCE. I 66 1 .
Je vous prie de nie mander un peu ce que fait Jan van Vlaerdingen IO) et quelle
vie il mené. Je fuis
Voftre frère et ferviteur
C. HUYGENS.
11 faut prendre garde de parler avec circonfpe<5r.ion des affaires de la Princefîe
Royale et en tout cas ne produire pas cette lettre.
Sur Jan van R.uytenburg, voir la Lettre N . 8oi , :
TABLES.
I. LETTRES.
948
949
950
951
952
953
954
955
956
957
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963
964
965
4
4
1 1
18
2 1
=5
25
28
?
1
3
3
Janvier
Février
1662
P. de Carcavy à ChrifHaan Hnygens
Appendice I. P. de Fermât à ChrifHaan Hnygens
(décembre 1661)
Appendice II. P. de Carcavy à ChrifHaan Hnygens
(décembre 1661)
Appendice Ilf. P. de Fermât à P. de Carcavy
(décembre 1661)
ChrilHaan Hnygens à Lodewijk Hnygens
ChrifHaan Hnygens à R. Moray
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Hnygens
ChrifHaan Hnygens à Lodewijk Hnygens
J. Hevelinsc) ChrilHaan Hnygens
ChrifHaan Hnygens à Lodewijk Hnygens
J. van Vliet à ChrifHaan Hnygens
N. Heinfins à ChrilHaan Hnygens
M. Thevenot à ChrifHaan Hnygens
Appendice
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Hnygens
ChrilHaan Hnygens à R. Moray
i\. Moray //ChrilHaan Hnygens
Appendice. W. Bronncker à ChrilHaan Huygens
(janvier 1662)
Planche
10
1 1
12
13
15
W
18
19
22
23
25
28
29
5*4
I. LETTRES.
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967
968
969
970
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972
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974
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984
985
986
987
088
989
99°
99i
992
99.1
10
15
'5
>7
"7
22
24
28
6
Février 1662
Mars
'5
«3
N. Heinfius à Chriftiaan Huygens 31
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens 32
R. Moray à Chriftiaan Huygens 34
Appendice I. B. de Frenicle de Befly à K. Digby (20
décembre 1661) 37
Appendice IL B. de Frenicle de Befly à Chr. Wren
(janvier 1662) 40
Appendice III. J. Wallis à B. de Frenicle de Befiy l
(décembre 1661) 44
Appendice IF. B. de Frenicle de Befly à ). Wallis
(20 décembre 1661) 45
Appendice r. W. Brouncker à Chriftiaan Huygens
(1661) 46
M. Thevenot à Lodewijk Huygens : 47
Appendice. E, Maignan à M. Thevenot ( février 1662 48
Chriftiaan Huygens à R. Moray [ 50
Chriftiaan Huygens # Lodewijk Huygens ! 53
Appendice 1 55
„ // ! s?
S. de Sorbière à Chriftiaan Huygens j 58
Chriftiaan Huygens à R. Moray 59
J. Chapelain à Chriftiaan Huygens I 61
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens ! 63
Chriftiaan Huygens à R. Moray 65
Appendice 67
Chriftiaan Huygens à Lodewijk 1 [uygens 68
Chriftiaan Huygens ri N. Heinfius 69
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens j 71
P. Petit à Chriftiaan Huygens 72
Appendice I. P. de Fermât à M. Cuzcau de la Cham-
bre (1 janvier 1662) 75
Appendice IL P. de Fermât à M. Cuzcau de la
Chambre (janvier 1662) 80
Appendice 1 1 1. P. de Fermât à AI. Cuzcau de la
Chambre (janvier 1662) 81
K. Moray à Chriftiaan i [uygens 82
I.
LETTRES.
525
N°.
Page.
994
995
996
997
998
999
1000
1001
1002
1003
1004
1005
1006
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1010
IOI I
IOl2
lOi;,
IOI4
101 5
1016
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1018
1019
1020
1021
I022
I023
IO24
I02 5
IO26
H
15
16
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29
29
5
I 2
19
= 4
26
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?
3
5
I I
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18
25
27
3°
1
?
9
15
15
22
22
Mars
Avril
5?
>?
»?
»
n
Mai
n
5?
Juin
1662 j R. Moray à Chriftiaan Huygens
ippendice. W. Bronncker à Chriftiaan Huygens
(1662)
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Huygens
R. Moray à ChrifHaan Huygens
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Huygens
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Huygens
N. Heinfîus à ChrilHaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Appendice. Conftantyn Huygens, père, à C. van
Aerflen (10 mars 1662)
H. Oldenburg à ChrilHaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
J. Chapelain à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
J. Chapelain à ChrifHaan Huygens
M. Thevenot/i Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
P. Petit à ChrifHaan Huygens
P. Petit à Chriftiaan Huygens
R. Moray à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à P. Petit
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Appendice. Chriftiaan Huygens à P. Petit (25 mai
1662)
J. Hevelius à Chriftiaan Huygens
N. Heinfîus à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à J. Chapelain
Chriftiaan Huygens à R. Moray
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
J. Chapelain à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
M. Thevenot à Chriftiaan Huygens
85
91
93
96
97
100
102
104
108
109
1 1 1
1 12
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118
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1=5
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'43
'44
'45
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«6
I. LETTRES.
N°.
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1031
1032
Jo33
i°34
i°35
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1044
"045
1046
1047
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Date.
26
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=5
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1 1
12
I."
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18
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18
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24
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= 4
1052
?
■053
30
1054
3i
'°55
1
Juin
Juillet
Août
Septembre
1662 Appendice. M. A. Ricci à ChrifHaan Iluygens
(30 janvier 1662)
ChrifHaan Iluygens à N. Heinfius
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Iluygens
ChrifHaan Iluygens à Lodewijk Huygens
ChrifHaan Iluygens à Lodewijk Iluygens.. ■
ChrifHaan Huygens à R Moray
Appendice. ChrifHaan Huygens à]. Chapelain & à
R. Moray (juin 1662)
R. Moray à ChrifHaan Huygens
Appendice. R. Moray à Christiaan Huygens (juillet
1662)
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Huygens
ChrifHaan Huygens à J. Hevelius
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Huygens
Appendice. ChrifHaan Huygens à M. Thevenot
(juillet 1662)
Ifm. Boulliau à Chriftiaan Iluygens
ChrifHaan Huygens à Lodewijk Iluygens
R. F. de Slufe à ChrifHaan Iluygens
Chriftiaan Iluygens à N. Heinfius
Chriftiaan Iluygens à Lodewijk Iluygens
Conftantyn Iluygens, frère, à Lodewijk Iluygens .
Chriftiaan Iluygens à R. Moray
Appendice 1. Chriftiaan Iluygens à 'l'h. Hobbes
(août 1662)
Plane lie
Appendice II. Chriftiaan Huygens à R. Moray
( 1 8 août 1 662)
II. F. de Slufe à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Iluygens// Ifm. Boulliau
Chriftiaan Iluygens à Lodewijk Iluygens
Lodewijk Huygens à Chriftiaan Iluygens
II. L. 11. de Moninor4 Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
K. Moray à Chriftiaan Huygens
Page.
16]
163
165
166
107
171
L~4
176
178
179
181
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184
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194
196
197
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203
203
205
206
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21 1
2 13
216
LETTRES.
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1056
1662
1057
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Septembre
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H
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2 2
5»
1065
=5
55
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Octobre
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1069
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1070
19
55
1071
26
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9
Novembre
1073
9
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55
1075
13
55
1076
i/
55
1077
»7
55
1078
28
55
1079
1
Décembre
1080
1
55
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^
55
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H
55
1083
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?
1088
4
Janvier
1663
1089
1 1
55
1090
12
55
Appendice I. 11. Boyle à R. Moray (juillet 1662). .
„ //. R. Hooke à R. Boyle (juillet 1662) . ,
Chriftiaan Hnygens à Lodewijk Huygens
R. F. de Sluf'e à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Conltantyn Huygens, frère, à Lodewijk Huygens .
Ifm. Boulliau à Chriftiaan Huygens ,
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
P. Petit à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à R. F. de Sltife
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
R. F. de Slufe à Chriftiaan Huygens
P. Petit à Chrilliaau Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à Conltantyn Huygens, frère. .
Chriftiaan Huygens à Conltantyn Huygens, frère. .
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à Conltantyn Huygens, frère. .
N. Heinfins à Chriftiaan Huygens
R. Moray à Chriftiaan Huygens
P. Petit à Chriftiaan Huygens
P. Petit à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à R. Moray
N. Heiufius à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à R. Moray
Appendice. Chriftiaan Huygens à Th. Hobbes (? dé-
cembre 1 662)
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à Leopoldo de Medicis
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
A. Bruce à Chriftiaan Huygens
217
22 1
223
225
2 2""
229
231
=33
234
241
242
246
249
252
253
254
256
258
259
261
262
266
271
274
277
278
280
281
284
284
286
287
288
290
528
LETTRES.
Nc
Date.
Page.
1091
1092
1093
[094
1095
1096
1097
[098
1099
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102
103
104
105
106
107
108
109
1 10
1 1 1
1 12
"3
114
115
116
".-
118
lly
I 20
121
1 22
123
I 124
12
18
•9
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26
1
2
16
•9
25
26
6
6
12
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20
26
4
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1 1
=4
25
25
30
30
1
6
15
20
22
23
Janvier 1663
Février
Mars
»
Avril
»
Mai
»
»
n
r>
Juin
»
»
11
11. F. de Slofe à Chrilliaan I luygens
Chrilliaan Huygens à Lodewijk Huygens
11. Moray à Chrilliaan Huygens
Chrilliaan Huygens à N. Heinfius
A. Bruce à Chrilliaan Huygens
Chriftiaan Huygens// Lodewijk Huygens
Chrilliaan Huygens à II. Moray
11. Moray à Chrilliaan Huygens
J. Hevelius à Chrilliaan Huygens
Chrilliaan Huygens à J. de Witt
appendice
11. Moray à Chrilliaan Huygens
Planche
Chrilliaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chrilliaan Huygens// Lodewijk Huygens
Appendice, ? // Chrilliaan Huygens
11. Moray // Chrilliaan Huygens
Conllantyn Huygens, frère,/-/ Chrilliaan Huygens.
Chrilliaan Huygens // Conllantyn Huygens, frère..
Chrilliaan Huygens // Lodewijk Huygens
Conllantyn Huygens, frère, à Chrilliaan Huygens.
Chrilliaan Huygens /) Conllantyn Huygens, frère .
Conllantyn Huygens, frère,// Chrilliaan Huygens.
Chrilliaan Huygens à Lodewijk Huygens
11. Moray à Chrilliaan Huygens
Chrilliaan Huygens à Conllantyn Huygens, frère. .
Chrilliaan Huygens à Lodewijk Huygens
l'h. Doublet // Chrilliaan Huygens
Conftantyn Huygens, frère, // Chrilliaan Huygens.
Chrilliaan Huygens à 11. Moray
|. van Vliet à Chrilliaan Huygens
Chrilliaan Huygens // Conllantyn Huygens, frère. .
H. ( Hdenburg à 11. Boyle
Conllantyn Huygens, frère, // Chrilliaan Huy-
gens
Chrilliaan Huygens // Conllantyn Huygens, frère. .
291
294
295
299
301
302
3°4
3°7
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32 3
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33o
33«
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LETTRES.
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HT
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24
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5
5
12
1/
19
20
25
26
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
1663
Œuvres. T. IV.
Chriftiaan Huygens <v Conftantyn Huygens, frère. .
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
H. L. H. de Monmor à Chriftiaan Huygens
H. Oldenburg à R. Boyle
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens « Conftantyn Huygens, frère..
Appendice. P. van der Faes (Lilly) à Chriftiaan
Huygens (juillet 1 663)
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
H. L. H. de Monmor à Chriftiaan Huygens
P. Petit à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Conftantyn Huygens, frère..
R. Hooke à R. Boyle
R. F. de Slufe à Chriftiaan Huygens
R. Hooke à R. Boyle
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Chriftiaan Huygens ,? Conftantyn Huygens, frère. .
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens.
Chriftiaan Huygens à Conftantyn Huygens, frère. .
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens..
Chriftiaan Huygens^ Conftantyn Huygens, frère. .
R. F. de Slufe à Chriftiaan Huygens
Appendice. G. van Gutfchoven à Chriftiaan Huy-
gens
Chriftiaan Huygens <i Conftantyn Huygens, frère. .
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens.
J. Chapelain à N. Heinfius
Chriftiaan Huygens// Conftantyn Huygens, frère. .
J. Chapelain à Conftantyn Huygens, père
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens.
V. Conrart^ Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Conftantyn Huygens, frère. .
J. Chapelain à Chriftiaan Huygens
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens.
Chriftiaan Huygens « Conftantyn Huygens, frère. .
67
362
3^4
365
366
369
37°
372
373
376
377
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4L"
419
53°
I.
LETTRES.
X
Page.
«59
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6
6
9
9
10
'4
H
.85
y
186
15
.87
10
188
20
189
28
190
28
191
y
Octobre
Novembre
1663
Décembre
Conftantyn Ihiygens, frère, à Chriftiaan Huygens.
J. van Vliet à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Conftantyn Huygens, frère..
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens .
11. Moray à Chriftiaan Huygens
Chriftiaan Huygens à Conftantyn Huygens, frère. .
Chriftiaan Huygens à R. Moray
Chriftiaan Huygens à Conftqntyn Huygens, frère. .
Chriftiaan Huygens à R. Moray
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens .
Chriftiaan Huygens à Conftantyn Huygens, frère. .
R. Moray à Chriftiaan Huygens
Appendice. R. Boyle à H. Oldenburg (8 novembre
1663) •••
Ph. Doublet à Chriftiaan Huygens
R. Moray à Chriftiaan Huygens
Appendice. I lolmes à R. Moray
Chriftiaan Huygens à Conftantyn Huygens, frère. .
S. Huygens à Chriftiaan Huygens
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens.
Chriftiaan Huygens à R. Moray
W. lirereton à Chriftiaan Huygens
J. Chapelain à Chriftiaan Huygens
Ph. Doublet à Chriftiaan Huygens
Is. de la Peyrère à S. Chieze
Appendice I. Is. delà Peyrère à Chriftiaan Huy-
gens
Appendice II. Is. de la Peyrère à Chriftiaan Huy-
gens
Chriftiaan I luygens à Is. de la Peyrère
Chriftiaan Huygens à Lodewijk Huygens
Christ iaan 1 luygens à R. Moray
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens.
Chriftiaan Huygens à Conftantyn Huygens, frère. .
Chriftiaan Huygens// Lodewijk Huygens
Is. de la Peyrère à Chriftiaan Huygens
420
421
4=3
4-4
426
427
427
43o
43'
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441
443
446
45i
453
45<5
45 «
462
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468
47'
472
474
475
477
478
481
I. Lettres.
53 !
N°.
Date.
Page.
i 192
"93
11 94
1195
1 196
11 9."
?
Décembre
?
1663
A. Auzout à Chriftiaan Huygens
R. Boyle à R. Moray
Appendice. R. Boyle à \\. Moray
J. Chapelain à Chriftiaan Huygens
. Ippendice. Duchefne à la Maréchale de Gramont. .
A. Bruce à Chriftiaan Huygens
481
482
49. S
499
500
501
SUPPLEMENT.
I
i?
II
0
455"
I
8 2 S"
830
20
1
Novembre
Juillet
Février
Janvier
1637 j Conftantyn Huygens, père, ««Comte Maurice de
Naffau
Planche
1639 Conftantyn Huygens, père, à P. P. Rubens
1658
1661
S. de Sorbière à Th. I Iobbes
Leopoldo de Medicis à Chriftiaan Huygens
Conftantyn Huygens, frère, à Chriftiaan Huygens..
5°5
5°5
510
5 ' 3
5'7
5i8
II. LISTE ALPHABÉTIQUE DE LA
CORRESPONDANCE.
Les cbi fifres gras défignent les numéros d'ordre des lettres.
Les chiffres gras pourvus d'une lettre italique défignent les numéros d'ordre du Supplément,
page 503 — 520.
Les lettres figurent tant (bus le nom de l'auteur que fous celui du correfpondant. Dans le pre-
mier cas on a indiqué la date de la lettre.
C. van Aerfl'en (ConfLntyn Huygens, père, a). 1662.
A. Auzout à Chriftiaan Huygens. 1663, ? décembre 1192.
lira. Boulliau à Chriftiaan Iluygens. 1662, 8 août 1646, 15 feptembre 1662.
„ (Chriftiaan Huygens à~). 1656.
R. Boyle(R. Ilooke à). 1657, 1136, 1138.
II. Hoylert 11. Moray. 1662 , ? juillet 105G; 1663, ? décembre 1193, ? décembre 1194.
„ à H. Oldenburg. 1663, 8 novembre 1171.
„ (H. Oldenburg à). 1122,1128.
W. Brereton à Chriftiaan Iluygens. 1663, 9 décembre 1179.
W. Brouncker à Chriftiaan Iluygens. 1661, ? 973; 1662, V janvier 965, ? 995.
A. Bruce à Chriftiaan Iluygens. 1663, 1 2 janvier 1099, 26 janvier 1695; 1663, ? 1197.
P. de Carcavy (I\ de Fermât à ). 951.
„ à Chriftiaan Iluygens. 1661 , 3 décembre 956 ; 1662 , 1 janvier 918.
|. Chapelain à N. 1 leinfnis. 1663, 22 feptembre 1156.
„ à Chriftiaan Iluygens. 1662, 1; lévrier 982, 24 avril 1666,3oavril 1668,
15 juin 1624; 1663, 20 octobre 1156, 10 décembre 1186, ? 1 195.
„ Chriftiaan Huygens à"). 1621,1633.
„ à Coilftantyn Iluygens, père. 1663, 5 octobre 1152.
II. LISTE ALPHABÉTIQUE DE LA CORRESPONDANCE. 533
S. Cliieze (Is. de la Peyrère à). 1183.
V. Conrart à Chriftiaan Huygens. 1663, 17 oftobre ll.VI.
M. Cuzeau de la Chambre (P. de Fermât à). 990, 991 ,992.
K. Digby (B. de Frenicle de Befî'y a). 969.
Pli. Doublet à Chriftiaan Hnygens. 1663, 30 mai 111? , 29 novembre 1172, 14 décem-
bre 1181.
Duchefne à la Maréchale de Gramont. 1663, ? 1196.
P. van der Faes (Lilly) à Chriftiaan Huygens. 1663, ? juillet 1131.
P, de Fermât à P. de Carcayy. 1661 , ? décembre 951.
„ à M. Cuzeau de la Chambre. 1662, 1 janvier 99©, ? janvier 991 , 992.
„ à Chriftiaan Huygens. 1661, ? décembre 919.
B. de Frenicle de Befly à K. Digby. 1661 , 20 décembre 969.
„ à J. Wallis. 1661, 20 décembre 972.
„ (J. Wallis à). 971.
„ à Chr. Wren. 1662 , ? janvier 9?©.
Gramont (Duchefne à la Maréchale de). 1196.
G. van Gutfchoven à Chriftiaan Huygens. 1663, ? 1117.
N. Heinfius (J. Chapelain «). 1150.
„ à ChrilHaan Huygens. 1662, 28 janvier 959, 4 février 966, 29 mars ÎOOO,
30 mai 1619, 13 novembre 1075, 2 décembre 1081.
(ChrilHaan Huygens à'j. 987 , 1628 , 1013 , 1091.
J. Hevelius à Chriftiaan Huygens. 1662. 21 janvier 956, 27 mai 1018 ; 1663, 19 fé-
vrier 1099.
„ (Chriftiaan Huygens à~). 1©37.
Th Hobbes (Chriftiaan Huygens à\ 1047,1081.
„ (S. de Sorbière a). 155".
Holmes à R. Moray. 1663, ? novembre 1171.
R. HookeÀ R. Boyle. 1662, ? juillet 1057 ; 1663, 20 juillet 1136, ? juillet 1138.
Chriftiaan I luygens (A. Auzout c/). 1192.
à Ifm. Boulliau. 1662, 24 août 1050.
„ (Ifm. Boulliau a). 1010,1062.
„ (W. Brereton à~). 1179.
„ (W. Brouncker à). 965,973,995.
„ (A. Bruce à). 1090 , 1095 , 1197.
„ (P. de Carcavy à). 918 , 950.
„ à J. Chapelain. 1662, ? juin 1021, ? juin 1033.
„ (J. Chapelain *). 982 , 1006 , 1008 , 1021 , 1 156 , 118© , 1195.
„ (V. Conrart a). 9 151.
„ (Ph. Doublet à). 1117 , 1172 , 1181.
„ (P. van der Faes a). 1131.
„ (1». de Fermât^). 919.
534 H- LISTE ALPHABÉTIQUE DE LA CORRESPONDANCE.
Chriftiaan Hnygens (G. van Gutfchoven~3). 1147.
„ à N. Heiniius. 1662, 6 mars 981? , 26 juin 1028 , 1 2 août 1043 ; 1663 ,
24 janvier 1094.
„ (N. Heinfius à). 959,966,1000,1019,1075,1081.
„ à J. Hevelius. 1662, 25 juillet 1037.
„ (J . Hevelius à). 956 , 1018 , 1099.
„ à Th. Hobbes. 1662 , ? août 1047 , ? décembre 1084.
„ à Conftantyn Hnygens, frère. 1662, 16 octobre 1071 , 9 novembre 1073,
13 novembre 1074; 1663, 20 avril 1108, 4 mai 1111 , 25 mai 1115,
15 juin 1121, 23 juin 1134, 29 juin 1125, 13 juillet 1130, 20 juillet
1135, 3 août 1140, 24 août 1143, 31 août 1145, 14 l'eptembre
1148, 5 octobre 1151, 19 octobre 1155, 26 oétobre 1158, 2 novembre
1161, 9 novembre 1164, 16 novembre 1166, 23 novembre 1169,
30 novembre 1175, 28 décembre 1189.
„ (Conftantyn Iluygens, frère, a). 1107, 1110,1112,1118,1123,
1142, 1144, 1149, 1153, 1157, 1159, 1162, 1168,
1177 , 1188 , 830 (Suppl.).
„ à Lodewijk Hnygens. 1662, 4 janvier 952, 11 janvier 954, 18 janvier
955, 25 janvier 957, 1 février 962, 8 février 967, 15 février 977,
978,979, 22 février 983, 28 février 986, 8 mars 988, 15 mars 996,
22 mars 998, 29 mars 999, 5 avril ÎOOI, 12 avril 1004, 19 avril
1005, 26 avril 1007, 3 mai IOIO, r.8 mai 1014 , 25 mai 1016,
1 juin 1020, 15 juin 1023, 22 juin 1025, 29 juin 1029, 6 juillet
1030, 13 juillet 1031, 20 juillet 1036, 27 juillet 1038, 10 août
1041 , 17 août 1©44, 24 août 1051, 31 août 1054, 7 feptembre
1058, 14 feptembre 1060, 21 feptembre 1063,2 8 feptembre IO66 ,
5 octobre 1067, 19 octobre 1070, 9 novembre 1073, i décembre
1079, 14 décembre 1082, 20 décembre 1085 , 28 décembre IO86 ;
1653, 4 janvier 10M8, n janvier 1089, 18 janvier 1092, 1 février
1096, iG mars 1103, 6 avril 1104, 20 avril 1109, 11 mai 1113,
25 mai 1116, 29 juin 1126, 6 juillet 1129, 13 juillet 1132.
27 juillet 1139, 10 aoûl 1141, 15 décembre 11*6, 28 décem-
bre 1190.
„ (Lodewijk Iluygens «J. 1052.
„ (Sufanna Hnygens à). 1176.
„ à Leopoldo de Mcdicis. 1662 , ? 1087.
„ (Leopoldo de Mcdicis à \. 828".
„ (H. L. H. de Monmor à). 1053, 1 127 , 1133.
„ à II. Moray. 1662, 4 janvier 953, 3 février 963, 10 février 976, 17 lé-
vrier 9H1, 24 lévrier 984, 9«5,9Juiu l«22,?jtiin 1088, [ 4 juillet
1032, 18 août 1016, 1048, 1 décembre 1080, 20 décembre 1088 1
II. LISTE ALPHABÉTIQUE DE LA CORRESPONDANCE. 535
1663, 2 février 1997, 1 juin 1119, 11 novembre 1165, 1 8 novembre
1167 , 9 décembre 1178, 19 décembre 1187.
Chriftiaan Huygens(.R. Moray a). 964, 968, 993, 991,997,1913, 1931, 1935,
1955, 1976, 1993, 1998, 1193, 1196, 1111, 1163,
1179, 1173.
„ (H.Oldenburgrf). 1993.
à P. Petit. 1662, 18 mai 1915, 25 mai 1917.
(P. Petit à~). 989, 1911, 1912, 1961, 1969, 1977, 1978,
1131.
à Is. de la Peyrère. 1663 , ? décembre 1185.
„ (Is. de la Peyrère à). 1183 . 1181 , 1191.
„ (M. A. Ricci à). 1927.
„ à R. F. de Slufe. 1662 , 25 feptembre 1965.
„ (R. F. de Slufe à~). 1912, 1919, 1959, 1968, 1991, 1137,
1116.
„ (S. de Sorbière à~). 989.
„ à M. Thevenot. 1662 , ? juillet 1939.
„ (M. Thevenot a). 960 , 961 , 1999 , 1926.
„ (J . van V I iet à). 958 , 1129 , 1169.
à J. de Witt. 1663, 25 février 1199, 1191.
„ (?<*)• 1195.
Conftantyn Huygens, père, à C. van Aerflen. 1662, 10 mars 1992.
„ à Maurits van Naflau. 1637, 17 novembre 1 (Suppl.).
„ à P. P. Rubens. 1639 , 2 juillet II (Stippl.).
„ (J. Chapelains). 1152.
Conftantyn Huygens , frère , à Chriftiaan Huygens. 1663, 12 avril 1197, 26 avril 1119.
10 mai 1112, 30 mai 1118, 22 juin 1123, io août 1112,
24 août 1111, 20 feptembre 1119, 1 2 octobre 1153, 25 octobre
1157 , 3 1 octobre 1159 , 8 novembre 1162 , 22 novembre 1168,
6 décembre 117 7, 20 décembre 1188; 1661, 20 janvier 839
(Suppl.).
(Chriftiaan Huygens a). 1971, 1972, 1071, 1198, 1111,
1115, 1121, 1121, 1125, 1139, 1135, 1119, 1113,
1115, 1118, 1151, 1155, 1158, 1161, 1161, 1166, 1169,
1175, 1189.
„ à Lodewijk Huygens. 1662, 17 août 1915, 14 feptembre 1961.
Lodewijk Huygens à Chriftiaan Huygens. 1662, ? août 1952.
(Chriftiaan Huygens *> 952, 951, 955, 957, 962, 967, 977,
978 , 979, 983 , 986 , 988 , 996 , 998 , 999 , 1991 , 1991 , 1995 ,
1097, 1919, 1911, 1916, 1929, 1923, 1925, 1929, 1939,
1931, 1936, 1938, 1911, 1911, 1951, 1951, 1958, 1969,
536 II. LISTE ALPHABÉTIQUE DE LA CORRESPONDANCE.
1063, IO66, 1967, 1979, 1973, 1979, 1982, 1985, 1986,
1988, 1989, 1992, 1996, UOS, 1194, 1109. 1113, 1116,
1126, 1129, 1132, 1139, 1141, 1186, 119».
Lodewijk Huygens (Conftantyn Huygens, frère^à"). 1945. 1961.
„ (M. Thevenot d). 974.
Sufanna Huygens à Chriftiaan Huygens. 1663, 6 décembre 1176.
E. Maignan à M. Thevenot. 1662 , ? février 975.
Leopoldo de Medicis à Chriftiaan Huygens. 1661 , 1 1 janvier 828".
„ (Chriftiaan Huygens à"). 1987.
H. L. H. de Monmor à Chriftiaan Huygens. 1662, 30 août 1953; 1663, ? juillet 1127,
15 juillet 1133.
II. Moray ( II. Boyle à~). 1956, 1193, 1194.
„ (Holmes <*). 1174.
„ à Chriftiaan Huygens. 1662, 3 février 964, 9 février 968, 13 mars 993, 1 4 mars
994, 16 mars 997, 16 mai 1913, 17 juillet 1934, ? juillet 1935, 1 feptembre
1955, 17 novembre 1976; 1663, 19 janvier 1993, 16 février 1998, 1 mars
1192, 6 avril 1196, 24 mai 1114, 8 novembre 1163, 26 novembre 1179,
29 novembre 1173.
„ (Chriftiaan Huygens à"). 953, 963, 976, 981, 984, 985, 1922, 1932,
1933, 1946, 1948, 1989, 1983, 1997, 1119, 1165, 1167, 1178,
1187.
Naflàu (Conftantyn Huygens, père, à Maurits van). I (Suppl.).
H. Oldenburg à R. Boyle. 1663 , 20 juin 1122 , 2 juillet 1128.
(R. Boyle à). 1171.
„ à Chriftiaan Huygens. 1662, 8 avril 1903.
P. Petite Chriftiaan Huygens. 1662, 8 mars 989, 5 mai 1911, 1 1 mai 1912, 22 feptembre
1964, 13 oftobre 1969, 17 novembre 1977, 28 novembre 1978; 1663, 15 juillet
1134.
„ (Chriftiaan Huygens à~). 1915,1917.
Is. de la Peyrère à S. Chieze. 1663, 14 décembre 1182.
„ à Chriftiaan Huygens. 1663, ? décembre 1183, 1184, ? décembre
1191.
„ (Chriftiaan Huygens £). 1185.
M. A. Ricci à Chriftiaan Huygens. 1662, 30 janvier 1927.
P. P. Rubens (Conftantyn Huygens, père, ci). Il fSuppl.).
R.. F. de Slufe à Chriftiaan Huygens. 1662, n août 1942, 18 août 1949, 8 feptembre
1959, 6 octobre 1968; 1663, 12 janvier 1991, 20 juillet 1137, ? août
1146.
„ (Chriftiaan Huygens £). 1965.
S. de Sorbièfe à Th. Hobbes. 1658, 1 février 455".
„ // Chriftiaan Huygens. 1662, 15 février 989.
II. LISTE ALPHABÉTIQUE DE LA CORRESPONDANCE. 537
M. Thevenot à Chriftiaan Huygens. 1662, ? janvier 960, 961, ? avril 1009 , 22 juin
1026.
„ (Chriftiaan Huygens àX 1039.
„ à Lodewijk Huygens. 1662, ? février 974.
„ (E. Maignan à X 975.
J.van Vliet à Chriftiaan Huygens. 1662, 25 janvier 958; 1663, 6 juin 1120, 31 octobre
1160.
J. Wallis à B. de Frenicle de Befly. 1661 , ? décembre 971.
„ (B. de Frenicle de Befly à). 972.
J. de Witt (Chriftiaan Huygens à). 110©, HOl.
Chr. Wren (B. de Frenicle de Befly àX 970.
? à Chriftiaan Huygens. 1662, ? avril 1105.
Œuvres. T. IV. M
III. PERSONNES MENTIONNÉES
DANS LES LETTRES.
On a rangé les noms dans cette lifte fans avoir égard aux particules telles que de , la , van , et
autres.
Les chiffres gras délignent les pages où Ton trouve des renfeignements biographiques.
Les chiffres ordinaires indiquent les pages où les per formes nommées font citées.
Adrichem (Madeleine van). 442.
Aerffen ( Amaranthe van). 192 , 210.
„ (Cornelis van). 103 , 126, 290.
„ (Ifabella van). 64, 192, 210, 3 so, 442, 464.
„ (Jeanne van). 230.
„ (Petronella van). 350.
Aefopus. 354.
Agathe (St.). Voyez Boreel (Jacob).
Agricola Qohannes ). 33!?, 338 , 345.
Ajax. 390.
Albategnus. 38.
Albemarle. Voyez Monk (G.).
Albert de Luynes Charles Honoré d1 I. 301.
„ „ „ (Louis Charles d' . 361.
Aleflandro VII. Voyez Chigi (F.).
A lion In [V. 407, 408.
VI. 3«».
Allacci ( Léo). 408.
Allatius. Voyez Allacci.
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 539
Amato fVincenzo). 71 , 91, 96, 99, 103, 1 10, 112, 118, 126, 133 , 136, 153, 157.
„ (Mme). 136, 153,224-
Ampiou. 23, 53,62, çç>.
Angeli (Stefano degli). 398 , 399.
Anne. Voyez Enclos (Ninon de 1').
Annetie. 214.
Antiates (Timaurns). Voyez Dati (C).
Antoine (Cardinal). Voyez Barberini.
Antonie. 519.
Antonio (Cardinal). Voyez Barberini.
Apollonius Pergaeus. 143 , 161 , 164, 165 , 259, 278, 300.
Archimedes. 399.
Arel. 23,83.
Arittoteles. 208,218,222,231.
Armenvilliers. Voyez Berringau.
Aften(van). 322,323,336,338.
Aubigné (Théodore Agrippa d'). 473.
Aubuflbn (François). 466.
Aumale (d'). 1 1 1 .
Anzont (Adrien). 1 1 , 21 , 23 , 51 , 53, 73, 99, 127 , 228, 244,264, 268,333,334,338,339,
357 , 364, 365 , 3^." , 377 ■> 433 , 46°-
Baco de Verulani (Francis). 514.
Baerle i Ida van). 279,337.
„ (Jan van). 413.
„ (Snzanna van), nièce. 337.
„ (Snzanna van), mère. 509 ,511.
Bailly. 265.
Balfour f James Micbael 1. 455.
„ (Patrick). 455.
Baliani (Giovanni Battifta 1. 74, 134.
Bail (Peter j, père. 66.
Balzac (Jean Louis Guez , lèigneur de). 1 1 i .
Barberini (Antonio III). 72 , 266, 289, 323 , 345 , 347.
Bartelotti (Jacobus). 11.
„ (Willem). 229,230.
(Mlle). 230.
„ van den Ilenvcl (Gulielmus l. 442.
Barthema (Luigi ). 487.
Barthon (Jean). 336.
Baudry. 322.
Baume le Blanc (Françoife Louife de la). 168, 183.
54° III. PERSONNES MENTIONNÉES.
Bautru (Guillaume). 33.
Beale(John). 358,366.
Beaufort (Abbé Euftache de). 128.
Beaumont (Arnoudine van). 337, 374.
„ Herbert van). 356,421,442.
Beauplan. Voyez Vafl'eur (le).
Becanus Qohannes Goropius). 15.
Becker (David). 518.
Bentivoglio (Hippolito). 37?.
Berchout. Voyez Teding van Berkhout.
Berckenfhah. 131 , 151 , 307.
Berkhout. Voyez Teding van Berkhout.
Bernagien (Pieter van). 353.
Bernhard (Chriftoph). 232.
Berringau (Maximilien de). 1 10, 167 , 273 , 288 , 466.
„ , frère. 167.
Beuckelfz. (jan). Voyez Buitenwegh (J.).
Beuningen (Koenraad van). 13 , 22 , 33, 92 , 97, 99, 124, 125, 153, 159, 161 , 164,499.
Beverninck (Hieronymus van). 211, 245.
Beverwecrt. Voyez Naflau (Lodewijk van).
Bialozor (Georgius III). 500.
Bias. 420.
Bie (de). Voyez Bye (de).
Bils (Lodewijk de). 234.
Bifdommer. 16, 32.
Bifichop (Cornelis de). 393 , 476, 478 , 519.
„ (Mme de). 393.
Blaeu (Joban). 251 , 302.
Blair. 52,445,460,477.
Blavet,4 Bruxelles. 323.
„ , /J la Haye. 331,332,402,413,420.
Blondel, à la Haye. 332.
„ (François). 194, [98.
Blumenthal (Joachim Friedrich von;. 165.
Boekelfz. Voyez Buitenwegh Q.).
Boethius. Voyez Boodt | A. Boethius de 1.
Boey (Cornelis). 169,170.
Boifrobert (François le Metel de). 1 83.
Bonn (Beigoio de). 489.
Bonadas 'Mme). 23.
Boodt (Anfelmus Boethius de ). 485, 401 , 492 , 493.
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 54 1
Boot. Voyez Boodt (A. Boethius de).
Booth (George). 381.
Boreel (Jacob). 518.
„ (Johan). 463,490.
„ (Willem). 33, 99,463,490,491.
Borel (Pierre). 357.
Borelli (Giovanni Alfonfo). 398.
Borrhi (Francefco Giufepge). 169, 170, 351 , 356, 393, 395.
Bofle (Abraham). 339,344,415.
Bofc (du). Voyez Dubofc.
Bonarts (Cornelis). 422.
„ , fils. 422.
Bouchon (Henry). 166.
Boulliau (Ifmacl). 73, 134, 140, 151 , 181, 272,377,411 ,424,425,430,434,452,456,478.
Bourgogne (Ambalïadeur de). Voyez Chieze (Seballian).
Bourlemont (de). 224.
Bourfault (Edmes). 466.
Boxhorn (Marcus Zuerins). 15.
Boy. Voyez Boey.
Boyle (Richard). 411.
„ (Robert). 8, 9, 23, 24, 26, 28, 58,64,66,73,83, 84,85,94,95, m, 124, 131 ,
149, !5°, i/1 > l7~, l76, -ol , 202, 206, 207, 210, 216, 223, 225, 233, 239,240,
248, 275, 276, 297, 298, 320, 321, 357, 367,379,426,432,436,445,459,460,
474,475-
„ (Mme). Voyez Clifford (Elifabeth).
Boym (Michaelj. 2?9.
Brahé (Tycho). 73.
Brandebourg (Electeur de). Voyez Friedrich Wilhelm.
Brader (Govert). 341?.
„ (Theodoor). 230.
Brederode van Wieringen (Cornelis van). 168.
„ „ (Mme van). Voyez Hoorn van Leent (M. van).
Bree (Willem van). 1661
Brereton (WilliamJ. 365 , 396 , 429.
Bret (Edward). 375,392.
Brienne (de). Voyez Loménie (H. L. de).
Brittol (Comte de). Voyez Digby (George).
Brouncker ( William). 26, 27 , 28 , 31 , 35, 36, 50, 51 , 60, 66 , 86 , 87 , 93 , 131 , 176, 206,
216, 233, 261, 274, 275, 295,296,297,304,318,319,321,382,412,418,424,425,
426 , 427, 430 , 433 , 434 , 437 . 438 , 439 , 445 , 45 1 , 460 , 475 , 4-7.
Brouwn. Voyez Brown. (Th.).
542 III. PERSONNES MENTIONNEES.
Brown 'Thomas). 378.
Bruerton. Voyez Brereton.
Bruce (Alexander). 256, 261, 274, 275, 278, 280, 281, 284, 285, 287,290,295,296,
304 , 306 , 3 1 8 , 3 2 1 , 42 8 , 432 , 436 , 444 , 45 2 , 458 , 474.
Bruce de Kinglofs (ChrifHana). 3175.
Bruno (Hendrik). 15, 16, 112.
Bruyneftein. Voyez Bruynfteen.
Bruynincx (Gérard Hamel). 183.
Bruynfteen (Johannes). 333, 336, 341 , 375, 481.
Bryas (Charles de). 72, 103 , 266, 267, 324, 347.
Buat. Voyez Coulan (de).
Buerftede (Anthonis van). 355 , 422.
„ (Jacob van). 355,422.
„ (Mme van). 355,422.
Buitenwegh (jan Boekelfz.). 395.
Buyfero (Adriaan). 71 , 91, 96 , 99 , 1 10 , 1 1 2 , 1 33 , 337 , 338 , 374 , 387.
„ (Laurens). 91 , 99, ^33, 136, 197, 38/.
Bye (Arent de). 294.
„ (Hefterde). 294.
Cabeljauw (Jan Willem). 476.
Calpernede. Voyez Coites (de).
Campani (Giufeppe). 266, 267, 269.
Campen (Maria). 198.
„ (Petronella). 198,335.
„ (Sylvefter). 335.
„ (Demoi(elles). 335.
„ (Jacob van). 508.
Capellen [ Hendrik van der). 153.
Caracci. Voyez Carrache (A.).
Carcavy (Pierre de). 6,33,53,68, 112.
Cardano (Geronimo). 409.
Caritius (Sophie). 193.
Caron (François). 32, 124, 160, 165, 169, 210.
Carrache (Annibale). 457.
Cartes (René des). 71 , 75,76,77, 78, 79, 82, 146, 155, 159, 163, 238, 498, 514.
Cafembroot (Sophie van). 7.
CalTini (Giovanni Domenico). 236, 250, 251.
Caftille Villemarenil ( Marie Madeleine de). 214.
Cats (Elifabeth). 230.
Caumont (Armand de) 209.
Cavajlieri (Bonaventura). 39H.
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 543
Cavendifh III (William). 3Ï1.
„ (Lady). Voyez Bruce de Kinglofs (Chriftiana .
Cayet (Pierre Viftor Palma). 4i?3.
Cellini (Benvenuto). 189, 490, 494.
Ch. (Comte de). 183,215.
Chaife. Voyez Chieze (S).
Chambonnière (André Champion de). 7, 157, 228.
Chambre f Marin Cnzeau de la). 367.
Chapelain (Jean). 6, 18 , 22 , 23, 31 , 68, 70, 1 1 1 , 1 17 , 118, 128, 133, 135, 136, 144, 159,
273 , a85s 4'4-
Charles II. 85,87,92, 176,275,296, 319,343, 358, 369, 380, 387, 388,391, 392,460,
461, 480,484, 517, 518,519.
Charles de rAflbmption (Abbé). Voyez Bryas.
Chauveau (François). 6.
Chefnelong (de). 213,233.
Chevreufe (Duc de). Voyez Albert de Luynes (C. H. d').
„ (de)* Voyez Lorraine (Claude de).
Chieze (Sebaftian). 10, 12 , 13 , 32 , 33 , 63 , 65, 71 , 91 , 96, 99, 1 10 , 1 12 , 1 18 , 125 , 1 26,
132, 136, 153, 157, 165, 166, 167, 179, 180, 193, 197, 209, 210, 213, =14, 224, 233,
234,241,243,244,252,253,257,263,264, 265,272, 280, 323, 33<s»337j338,3475
348 , 349 , 350 , 374 , 377 ,411,413,415. 425 , 430 , 434 , 435 , 45 1 , 452 , 454 , 465, 479.
Chigi (Fabioj 233 , 408.
Chivré (Françoife Marguerite de). 500.
Chloé. 346.
Chriftine (Reine). 13, 251 , 404.
Clairfillier. Voyez Clerfelier.
Clarendon (Comte de). Voyez Hyde (E.).
Clayton (Robert). 4=83, 484, 485,489,490,491.
Clémente VII. Voyez Medicis (Guiglio de).
Clerke (Gilbert ). 118.
Clerfelier (Claude). 1 1 , 76 , -9.
Clitfins. 369.
Clifford (Elifabeth). 111.
Clovio (Don Guilio). 415.
Cobbault (Johanna Elifabeth). 221.
Coccejus (Johannes ). 121.
Cola (Jacopo). 489,490.
Colbertfjean Baptifte). 407.408,116,41-.
Colhans Voyez Kohlhans.
Conrart (Victor). 1 4 , 303.
Conty (Princefle de). Voyez Lorraine (L. M. de).
544 III- PERSONNES MENTIONNÉES.
Cooper (Alexandcr). 396, 401 , 402 , 413.
„ (Samuel). 396, 401 , 402 , 413.
Copernicus. Voyez Kopernik.
Copes (Hendrik). 360.
Cordier(Jean). 436.
Corneille (Pierre). 34.
Codes (Gauthier de). 117.
Coulan (Henry de Fleury de). 476, 481.
Couper. Voyez Cooper.
Courvée (Jean Claude de la). 826.
Coxinga. 187,479.
Coyet (Frederik). 169.
Crabtree (William). 309 , 310.
Crawford (Charles). 366.
Crequi de Blanchefort (Charles II duc de). 233.
Crommon (G. van). 255 , 257.
„ (Mme van). Voyez Geer (A. M. de).
Cromwell Oliver). 369, 387.
Crooke (Andréas). 201 , 203, 223, 274, 280, 291, 2 98, 3 18, 368.
Dalen (van). 419, 420 , 423 , 424 , 430 , 434 , 456.
Danckardt(Sebaftian). 279.
Dati (Carlo). 17,384,397.
Daufquey (Claude de). 467.
David. 144 , 285 , 375.
Davies. Voyez RheCe.
Dedel (Johan). 163.
„ (Mme). Voyez Vogelaer (Ifabean de).
Delaincre (Lord). Voyez Booth f George).
Delbene. Voyez Elbina (d').
Demmer (Gérard). 176.
Democritus. 113, 119, 155 , 226, 293.
Defcartes. Voyez Cartes (des).
Deufing (Antonius). 28.
Devonfhire. Voyez Cavendifh (W.).
„ (Lady). Voyez Bruce de Kinglofs.
Dhona ^Amalia Ludovica von). 427.
„ (Carolina Eleonora von). 427.
„ (Chriltophorus Oelphicus von !. 427.
Friedrich von ,. 20 ) , 234.
Digby (George). 380,391.
„ (Kenelm). 25,39,59,62,145,296.
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 545
Dille. Voyez Ifle (Comte d').
Diodes. 2.
Divinis (Euftachio de). 17, 92, 98, r 25 , 134, 145 , 156 , 267 , 286, 333 , 334, 361 , 392 , 393.
Does (Jacob van der). 22 , 34, 335 , 389, 393 , 394, 420, 427 , 476 , 478.
Donneau le Vizé (Jean). 466.
Doorenltaclt. Voyez Snouckaert van Schouwenburgh.
Doreftad. Voyez Snouckaert van Schouwenburgh.
Dorp (Anna van). 284.
„ (Arent van). 388.
„ (Arent van), fils. 388.
„ (Dorothea van). 476.
„ (Frederik van). 103,110,242.
„ (Ida van). 153,166,350,388.
„ (Lodewijk Wolphard van). 93, 388.
Doublet (Adriaan). 224.
(Conltantia). 384.
(Geertruid). 324,370,453,455,464.
„ (Philips), fils. 93, 103, 110, 132, 137, 157, 192, 224,229,272,294,322,324,
338 , 341 . 344, 346, 347 , 417 , 420, 430 , 435 , 453 , 475 , 477 , 4/8 , 480.
„ (Mme. Voyez Iluygens (Geertruid).
„ (Mme). Voyez Hnygens (Sufanna).
Douw (Simon j. 16.
Droite (Coenraad). 519.
Duarte (Franciica). 322.
„ (Gafpard). 322.
„ (Jacques). 451.
Dubofc. 516.
Duchefne (François). 500.
Duhamel (Jean Baptifte). HO.
Dumetz. 416.
Dupuy (Jacques) 14.
„ (Pierre). 14.
Durazzo. Voyez Durtbrt Duras.
Durer (Albrecht). 253.
Durtbrt Duras (Gabian de). 84, 107, 128, 134.
„ „ (Guy Alphonfede). £4, 127,
„ „ (Jacques Henri de). 83, 127.
„ „ (Louisde). 84,127.
Duyck (Alida). 254.
„ (Maria). 254.
Duyn (Adam van der). 33,63, 110.
Œuvres. T. IV. 69
54^ III. PERSONNES MENTIONNÉES.
Eeck (Sicco). 425, 431, 435.
Eichrtadt (Lorcnz). 138.
Elbina (Alphonfe d'). 242.
Elfevier (Daniel). 143, 164, 277, 278, 279, 300.
„ (Louis). 143,164,195,277,278,279,300.
Elft (Mlle van der). 32 , 430.
Elvelton. 423.
Emanuel. 245.
Enclos (Ninon de 1'). 183,184.
Epicurus. 221 , 275.
Ernft Auguft. 350.
Efcoubleau (Charles d'). 262 , 463.
Efpagnet (Jean d'). 127, 134, 215, 224, 228, 232, 268,331 , 332,333, 334» 337 > 338, 339,
340,345,364, 456.
lifte van (Don). Voyez Gamarra (E. de).
Etats Généraux. 285 , 407.
Fuel ides. 80, 469.
Evelyn (John). 176,200, 201 , 216.
Evilyn. Voyez Evelyn.
Ëyckbergh (Johan). 198.
(Mlle). 425,431, 435-
„ (Mme). Voyez Campen (Fetronella).
Fabri (Honoré). 17,92, 99, 126, 134, 156, 237, 286.
Fabricius. 256.
Faes (Johannes van der). 33.
„ (Pieter van derj. 33, 361, 362, 363, 370, 371, 372, 389, 393, 394, 396, 401,
402 , 410.
Fare (Charles Augufte de la). 200 , 336.
Faris (Miftr.). 402.
Febure (le). Voyez Lefévre.
Ferdinand Maria. 465.
Fermât (Pierre de). 1, 3 , 6, 25, 33, 68, 71, 75, 79, 99, 110, 1 1 1 , 1 12, 136, 157, 159,
270,367.
Ferrari (Ottavio). 404.
Ferrier. 18.
Ferroni (Francefco). 517.
Feuillade 'Duc de la). Voyez Aubuflon.
Févre (le ). Voyez Lefêvre.
Fioravanti (Leonardo). 392.
Firmicus (Julius). 14.
Fouquet (Aime;. Voyez Callille- Villemarenil ('M. M. de).
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 547
François 1er. ÎOO. •
„ (Maître). 350.
Frederik Hendrik. 510,512,518.
Frenicle de Beiïy (Bernard de). 2 , 3 , 24 , 25 , 27 , 34 , 39 , 44 , 59 , 62 , 68 , 8" , 95 , 1 34 , 1 45 ,
146, 150, 151, 155, i595367,377-
Friedrich Wilhelm. 92, 167,519.
Friquet ( J ean). 143,1 64.
Fuller. 378.
Furftenberg (Diederich Cafpar von). 245.
Galilei (Galileo). 42, 194, 514.
Gamarra (Eftevan de). 193.
Gafl'endi (Pierre). 165, 181 , 182, 226, 293, 309, 310, 514, 515, 516.
Geer (Aletta Maria de). 255 , 257.
„ (Mlle de). 255.
Genderen (Jan van). 10,168,179.
Gendt. Voyez Ghendt (J. van).
Gent (Johan van). 33 , ç)ç.
„ (Johan van) Jr. 423.
„ (Otto van). 423.
„ (Willem Jofeph van). 423.
„ (Mme. van). Voyez Ripperda (E. A. A. van).
Gentillot (de). 360,390.
Ghendt (Joris van). 361.
Ghifoni. Voyez Guifony. (P.).
Giannini (Tommafio). 231.
Gilbert (William). 514.
Girard (Maître). 349.
Glefer (Daniel) 110.
Goddard (Jonathan). 84, 296.
Goedaert (Johannes). 214.
Goes (Willem). 164.
Golius ( Jacobus). 517.
Gonzaga (Maria Louifa de). 268, 500.
Goris (Lambertus). 353.
Gouffier (Artus). 7, 14, 25 , 33 , 53 , 71 , 180, 198,213,465.
Goyer (Pieter). 187.
Gramont (Antoine III, duc de). 99, 1 10, 112, 136, 347, 477.
„ (Antoine Charles, comte de). 500.
„ (Arnaud de). 566.
„ (Maréchale de). Voyez Chivré (F. M. de).
Grat. (Mlle). 137.
548 III. PERSONNES MENTIONNÉES.
Graunt (John). 13©, 149.
Gravemoer ('s). Voyez Duyn (Ad. van der).
Graziani (Gcronimo). 40î.
Gregorius à St. Vincentio. 286.
Gregory (James). 330 , 342 , 35 1 .
Groot (Cornelia de). 336, 338.
„ (Willem de). 353.
Gnericke (Orto von). 150.
Guiche. Voyez Gramont (Arnaud de).
Guilbny (Pierre). 1 r , 161.
Gutfchoven (Gérard van). 207 , 237 , 247 , 249.
Hall (Francifcns). 73, 149, 171 , 172, 218 , 222, 275, 276, 298,305, 320,368.
Hamel. Voyez Bruynincx Hamel (G.).
„ (Mme). Voyez Suerius (Sara).
Hanneman (Adriaan). 33 1 , 334 , 337 , 344 , 349 , 362 , 393 , 394 , 41 1 .
Ilarel. Voyez Arel.
Ilarvey (William). 20,514.
Haflelaer. 443.
Haufman (Jan Jacob). 422.
Heins (Elifabetti). 164=.
Heinfius (Daniel). 407.
„ (Nicolaas). 14,195,228,293,463.
Hemony (François). 193.
„ (Pierre). 193.
Henrichet (Mme). 253.
Henriette Marie de France. 518.
Herigone (Pierre). 76,80.
1 lermana (la). Voyez Huygens (Sufanna).
Ileuraet (llendrik van). 249.
Hevelius (Johannes). 25 , 85 , 127, 128, 129, 135, 143, 151 , 159, 163 , 173, 181 , 208, 209,
214, 232, 236, 251 , 265 , 278 , 279, 280, 300, 306, 367.
„ (Mme). Voyez Robef'chki (Catbarina).
llinderfbn (John). 455.
Hipparchus. 38 , 225.
Hippocrates. 226.
Hobbes (Thomas). 94, 95, 149, 171, 176, 200,201,210, 217, 218,223,261,274,280,
28 1 , 282 , 283 , 291 , 295 , 298 , 304, 3 18,381, 415.
Hoefnagel Qoris). 413.
Holcraft (Mlle). 347.
Holden (William ). 39.
Molles Daniel . 389.
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 54y
Hollis. Voyez Holles.
Holmes. 426,428,432,443,452, 458,460,474.
Honert Qoharj van den). 64.
Honnywood (Robbert ). 229.
Hooft(Geertrnid). 23©.
Hooke (Robert ). 218,221, 275 , 320, 359, 366, 437, 438.
Hoorn (Anna vanj. 3IO. 341.
„ van Leent (Maria van). 168, 179, 198, 254, 257, 2-3, 285.
Hoorne (Johan van). 215.
„ (Willem Adriaan van). 245.
Horrox (Jeremiah). 12, 13, 25, 27, 142, 151, 159, 173, 181, 262, 306, 309, 310,
311 , 320.
Horto (Garcia). Voyez Orta (G. del).
Hudde (Johan). 191,208,292.
Huet (Pierre Daniel). 62 , 118, 1 45 , 154, 1 55.
Hnls (Samuel van). 95, 149, 171.
Hnlfius (Antonius). 422.
Iluybert Quitus de). 33 , 9^.
Huygens (ChrifHaan), neveu. 388.
„ (Conflantia). 126,166,273,356.
„ (Conftantyn), père. 6, 7, 14, 15, 22, 25, 33, 34, 48, 58, 61, 68, 69, 71,7a,
75, 9--> 96, 99, ico, 102, 110, 111, 124, 126, 133, 137, 146, 154, 158,
164, 168, 179, 180, 183, 184, 190, 194, 197, 200, 209, 213, 215, 224,
229, 234, 241, 243, 244, 245, 251, 252, 253, 254, 256, 257, 258,263,
264, 265, 266, 272, 273, 274, 277, 278, 280, 284, 285, 288, 289, 294,
300, 302, 324, 330, 331, 337, 338, 346, 349, 350, 353, 354, 355, 356,
35*, 359, 3<5o, 361, 362, 365, 366, 375, 376, 377. 380,387, 388,390,
395, 397, 4°3) 4°6, 4°7, 411, 4*5, V7 i 420,422, 423, 424, 430,434,
435, 452, 453, 455, 456, 5 1 9-
„ (Conftantyn), frère. 6, 11, 32, 70, 91, 99, 102, 103, 125, 126, 133, 137, 144,
164, 168, 191, 193, 197, 210, 213, 215, 224, 228, 233, 245, 249, 260, 271,
274, 277, 279, 280, 285, 288, 324, 345,35°, 364,369, 388, 422, 441, 442,
453, 454, 460, 465, 472, 473, 479, 509,511.
„ (Geertruid). 64,91,99,166,179,184,209,441,455,464.
„ (Jacob). 335.
„ (Lodewijk). 14, 15, 16, 18, 62, 70, 72, 73, 79, 112, 119, 129, 145, 147, 154,
168, 234, 235, 236, 249, 251, 260, 264, 265, 274, 294, 300, 331, 333, 337,
339, 35o,356, 4°3, 41', 4*3, 4'5, 4'8, 424, 425-43o, 434, 435, 44', 442,
443,451, 452, 453, 454, 456, 465,476, 509, 5ii-
„ (Martlia Maria). 229,388.
„ (Philips). 509,511.
550 III. PERSONNES MENTIONNÉES.
Huygens (Sufanna). 167, 184, 224, 234, 294, 322, 324, 331, 337, 349, 360, 362, 369,
37°- 3.-3 » 374' 389. 395 , 44' , 4."<5, 5°9, 51 1.
Hyde (Edward). 380, 391.
[quam. 187.
Ifaac. 490
Ifle (Comte d'). 303.
jabach (Everhard). 456 , 457 , 476, 478.
Jacques (Maître). 110,209.
Janfz (Dirk). 168.
Janus. Voyez Vliet (J. van).
Jardin (du). Voyez Orta (Garcia del).
Johann Caflmir. 226.
Johnfon (William). 378.
Junius (Francifcus). 15, 355, 421.
Karl Guflav. 259.
Kepler (Jobannes). 73 , 499.
Kerckhoven (Karel Hendrik van den). 273.
Kerkwijk. Voyez Rivière (J. de).
Kernifle (Mme de). Voyez Cats (Elifabeth).
Kettingh. 197.
Keyzer (Jacob de). 187.
Kilpatrick. Voyez Kirckpatrick (J.).
Kincardin (Comte de). Voyez Bruce (Alexander).
Kinglofs. Voyez Bruce de Kinglofs (Chriftiana).
Kircber CAthanaiius). 225.
Kirckpatrick (Jobn). 176, 200.
Kohlhans (Johann Chriltophj. 108, 109.
Koopman (Eli('abeth). 278, 300, 308.
Kopernik (Nicolas). 140, 141.
Korlt (Foppe). Voyez Vliet (J. van).
Kuffler fMUtr.). 387.
Laet ( Jobannes de). 485, 486.
Lanière (Nicolas). 362.
Laquintinie Jean de). Voyez Quintinie l J. de la .
Lecq (de la). Voyez Naflàu (M. !.. van). ^
Leeuwen (D. van Leyden van). Voyez Leyden van Leeuwen 1 I). van >,
Letèvrcf Nicolas). 382.
Leiden (Jan van). Voyez Buitenwegh (J.).
Lely. Voyez Faes ( V. van der .
I, emans. 302.
Leyden r Lucas van). 253.
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 55 I
Leyden van Leemven (Diderik van). 64, 110, 133, 179, 214, 223, 255, 338, 341.
344, 346, 347. 348. 363, 374, 380, 381, 388, 413, 414, 415, 435. 453. 454,
455 ^ 475-
Licungzu. 186.
Lieberghen (Diederik van). 11.
Lilly. Voyez Faes (P. van der).
Limmon (Miftr.). 337 , 349, 3*9> 4QI-
Lindfay (Lord). Voyez Crawford (Ch.).
„ (.John). 462.
Linus. Voyez Hall.
Loenen (van). 258.
Loménie (Henri Louis de j. 60, 277 , 300.
Long. 358.
Loo (Jacob van). 321 , 337 , 344 , 41 9.
Lorraine (Claude de). 27©.
„ (Louife Marguerite de). 4Ï3.
Louis XIV. 14, 100, in, 158, 164,212,224, 275,327,364,367,406,407,408,416,
419,420,428, 460 ,461.
Louis de Touflaints. 32 , 70.
Louifon. 69, 252.
Lonvigny (Comte de). Voyez Gramont (Arnauld ).
Lower (Richard). 383.
Lucas. Voyez Leyden (L. van).
Lunebourg (Duc de). Voyez Ernft Auguft.
Luynes (Duc de). Voyez Albert de Luynes ( d').
Ly. Voyez Licungzu.
Lycofthenes. Voyez Wolffhart.
Madame. Voyez Solms (Amalia von).
Maefdam. Voyez Dorp f Frederik van).
Maggiotti (Raf'aelo). 225.
Maignan (Emanuel). 18 , 47, 53, j6.
Mainard. Voyez Mefhard.
Mambrun (Pierre). 70,92,101.
Manchefter (Comte de). Voyez Montague (S.).
Mancini (Carlo Antonio). 48,49,62, 118, 145, 154.
Manfart. Voyez Maulde (de).
Marais. Voyez Marets (des).
Marcellus (Claudius). 279.
Marchefini (Giovanni Formola ). 290.
Marets (Daniel des). 350.
„ (Abigail des). 350,356.
552 III. PERSONNES MENTIONNÉES.
Marets (Anna Catharina des). 35U, 356.
Marins. Voyez Mayr (S.).
Marlot (Lodewijk de). 2*3 , 278.
Martel Jean Pierre). 357, 366, 367,368.
Martinet. 54, 94, 264.
Martini (Martin). 303.
Marzelière (Renée de la). 209, 232.
Maulde (Louis de 1. 273.
Maximilian Heinrich von Bayern. 234, 244, 245.
Mayr (Simon). 270.
Mazarin (Giulio). 72.
Medicis f Ferdinando de). 517.
„ (Guigliode). 489.
„ (Leopoldo de). 17, 18 , 42 , 43, 92 , 1 01 , 108 , 134, 143, 161 , 162 , 164, 165 , 227 ,
259,300,398.
Médina de las Torres (Duc de). 223.
Medon (Bernard). 4©8.
Meflfert (Pieter ). 179.
Ménage (Gilles). 410.
Mente! - Jacques ). J08.
Merfenne (Marin). 514,515,516.
JVJei'me (Lawrence). 62.
Mefnard. 289.
Metel. Voyez Boifrobert (François le Metel de).
Meyden (Johan van der). 340, 341.
„ (Leonora van der). 340,374.
„ (van der) 279.
Micheli. ni.
Middleton (Miftr.). 394, 396, 402, 410, 413, 462.
Miremont (Préfident de). 78.
Moggerfhill. Voyez Doublet (Pli.).
Molière. Voyez Poquelin (J. B.).
Mombas. Voyez Barthon (J.).
„ (Mme). Voyez Groot (Cornelia de).
Monconysi Balthafar de). 98, 125, 134, 157,333,358,361,366,392,395,398,418.
A'Ionk George). 374.
Monmor (Henry Louis Habert de). 34, 58, 64, 70, 92, 93, 96, 97, 99, 112, 117,
118, 124, 233, 324, 334, 345, 357, 433, 459, 4^3, 472, 474» 4«o,
482, 513.
„ , fils. 193.
Moufeigneur. Voyez Louis de Toufï'aints.
III. PERSONNES MENTIONNÉES. ^^^
Montagne (Edward). 3174.
Montaufier. 403 , 404.
Montbas. Voyez Barthon. (J.).
„ (Mme). Voyez Groot (Cornelia de).
Montbrun de Sous-Carrière. 16G.
Montery. Voyez Roger.
Montpouillan. Voyez Caumont (A. de).
Moray (Robert). 31 , 108, 210, 223, 233, 281 ,291, 301 , 358,360,363,365,374, 382,
383 , 430 , 43- , 452 , 462 , 473 , 482 , 490.
Morienfart (Deliane de) 388.
Morin (Louis). 48.
Motte — Houdancourt (Henriques de la). 341.
Moucheron (Hendrik de). IOO, 163 , 259.
Munnickhovius. 17,31, 70.
Mufch (Elifabeth Maria). 166, 230, 348 , 403 , 476, 481.
Mydorgc (Claude;. 268,269.
Myrkenius (Abraham). 510.
Mytens (Daniel), le vieux. 3dO.
„ (Daniel), le jeune. 350, 41 1.
„ (Ifaac). 350,411.
„ (Johannes). 35©, 411.
„ (Martinus). 35©, 411.
Nanteuil (Robert). 332 , 334, 339 , 396, 402.
Nallau (Lodewijk van). 1 49 , 245.
„ (Maurits Lodewijk van). 166.477.
„ (Willem Adrianus van). 130, 1 48 , 425 , 464 , 48 1 .
„ Siegen (Johan Maurits van). 519.
Navander. 519.
Neile (Paul). 24,27,83,85,151,298,306,320,385, 444.
Neri (Antonio). 492.
Neuré (Michel). Voyez Mefme (Lawrence).
Nicolls. 383.
Nieuwerkerk. Voyez Pauw (A.).
Nieuwveen (Mlle van). Voyez Mufch (Elifabeth Maria).
Nikomene (Burmal'h). 488.
Ninon. Voyez Enclos (Ninon de F).
Nifle (Cornelia van der). 425, 464, 481.
Nolter. Voyez Iluvgens (Lodewijk).
Noyers (des). 268.
Nuyll (Samuel ton). 463.
Obol'kin (Clément). 488.
Œuvres. T. IV. 70
554 III. PERSONNES MENTIONNÉES.
( >dijk. Voyez Nad'au ( W. A. van).
Offenberg (d'). Voyez Marlot (Lodewijk de).
OfFenburg (Petrus van). 6.
Ogle (Utricia). 375.
Oldenburg (Heinrich). 379, 383, 436, 479, 480.
Oofterwyk (Severyn). 324, 41 1 , 418 , 424, 430, 434, 452 , 456, 460, 477, 478.
Orta (Garcia del). 485, 487.
Overfteyn. 464.
Ovidius. 14, 32 , 70, 195, 228 , 260, 463.
Oxenfrierna(Axel). 25».
Ozou. Voyez Auzout (A.).
Paets (Alida). 348.
Palma (Giacopo). 413.
Panurge. 193.
Paolo (Fra). Voyez Sarpi (P.).
Parente (Andries). 4=03.
„ • (Jooft). 4©3.
Parrhafms. 163.
Pafcal (Blaife). 213 , 292, 384, 398.
Pafchal (Carlo). Voyez Pafquali (C).
„ , à la Haye. 12 , 25 , 63 , 65 , 430 , 434 ,451, 477.
Pafquali (Carlo). 408.
Pater. Voyez Saint- Pater.
Pauw (Adriaan). 332 , 335 , 519.
„ (Dirk). 230.
„ (Defmoifellcs). 519.
Pecquet (Jean). 226.
Peirerius. Voyez Peyrere (de la).
Pell (John). 381.
Pels (Philippe). 142.
Pelfaert (François). 158.
Percheval (Maria). 230.
Perier. 150.
Perrault (Claude). 414.
Petit ( Anna) V. 324, 346 . 430, 453.
„ (Marianne). 1 2 , 69 , 74 , 92 , 96 , 1 03 , 1 28 , 135, 137,157,159,183,199,215,251,
252,271 ,272, 335,341 ,342,346,411 ,479.
„ (Pierre). 12, 22 , 25, 33, 68 , 71 , 78 , 79, 92 , 99, 100, 103 , 110, 118.
133, [36, 137, 144, 152, 159, 165, 168, 199, 214, 215, 224, 228
25-, 253, 254, 256, 272, 278, 279, 289, 303, 324, 331 , 332, 333,
4.~3- 479. 4«2-
125.
126,
241 .
, 243.
335 ,
4.-2-
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 555
Petit (Pierre), le médecin. 335.
„ (Mme). 68,74,128,135,252,2-1,335.
„ (Pierre le). 213.
Petty (William). 296, 297, 304, 307, 319, 330.
Peyrere (Ifaac de la). 466.
Phaedrns. 354.
Pifo (Willem)- 160, 169.
Plato. 248.
Plutarchus. 78.
Polo (Marco). 487.
Poquelin (Jean Baptifte). 391, 466.
Portail (du). Voyez Petit.
Porte (la). 59.
Poft (Frans). 509.
„ (Pieter). 509.
Poterie (Antoine de la). 117.
Power (Henry). 382.
Prat(du). 513, 516.
Princeffe Douairière. Voyez Solms (Amalia von).
Princelîe Royale. Voyez Stuart (Mary Harriet).
Provenchére (la). 350, 351.
Ptolemaeus. 38, 140, 141,225.
Purchas. 493.
Puteanus. Voyez Dupuy.
Pythagoras. 467.
Quintinie (Jean de la). 366.
Raet (Gualter de). 290.
Raimondi (Eugenio). 472.
Randwijck (Anna Margriet van). 161.
Ranelagh (Richard Jones). 379.
Raphaël. 363, 372.
Rebefchki (Catharina). 142 , 278 , 308.
Reede (Godart van). 480.
Reeves (John). 381.
Reinerius (Thomas). 404.
Rembrandt. Voyez Rijn (Rembrandt van).
Renaldini (Carlo). 398.
Renaud (Daniel). 58,64,479.
„ (Judith). 58, 64.
„ (Mlle). 64.
Rennes (Evéquc de). Voyez Motte Houdancourt (de la).
55^ III. PERSONNES MENTIONNÉES.
Reynft (Lambert). 169, 170.
Rhaefius. Voyez Rhefe.
Rhefe (John David). 354.
Ricci (Michael Angelo). 160, 161, 165,225,227.
Riccioli (Giovanni Baptifta). 181, 182,308,310.
Rico. Voyez Rhci'e (J. D.).
Ripperda (Eggerik Adriana van). 193.
Rivière (Richard de). ÎO.
Roannes (Duc de). Voyez Gouffier (Artus).
Robert (Prince). Voyez Ruprecht von Bayern.
Roberval (Gilles Perfonne de). 1 28 , 226 , 247 , 292 , 36;
Robin Ion. 391.
Rochefoucauld (François V, duc de la). 214.
Roger. 322, 323.
„ , frère. 323.
Rohault (Jacques). 6,7, 11,69,367,459,474.
Romanow (Michael Feodorowitch). 488.
Rooke (Lawrence). 84, 270, 297, 305, 459.
Roquelanre (Gallon Jean Baptifte de). 1Î9.
Rodum (Adriana van). 34?.
Rotgans. 254.
Ruraph (Chriftianus Conftantinus). 421.
Rupert. Voyez Ruprecht von Bayern.
Ruprecht von Bayern. 200 , 201 , 476 , 478.
Ruytenburgh (Albartns van ). 397.
„ (Jan van). 520.
Rijckaert (Conftantia), 519.
„ (Margaretha). 519.
„ (Suzanna). 137, 427, 441 , 442 , 454.
Rijn (Rembrandt Hermansz. van). 4517.
Sadler. 377.
Saint-Pater. 288.
Salomon. 508.
Salviati (Giovanni Vincenzo 1. ôlï.
Sande (Frederik vnn den). 353.
Sandcrfon (William). 332.
Santen (van). 193.
Santorio (Santorio). 226, 239.
Sarpi Pietro). 514.
Scenaeus. Voyez Skene (J.).
Schall (Johann Adam). 189.
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 557
Scheiner (Chriftoffel). 182.
Schickard (Wilhelm). 251.
Schilders (Pierre de). 224.
„ (Mme). Voyez Cobbaulr. (J. A.).
Schooten (Frans van). 23 H , 246.
Schotanus à Sterringa (Chriftianus). 422.
Schott. 2*9.
Scion (Mlle). 519.
Scipio. 279.
Selim II. 490.
Sendivog. Voyez SenfophaX.
Senfophax (Michael). 226.
Servin (Louis). 473.
Servita (Paolo). Voyez Sarpi (P.).
Seurijn. Voyez Oofïenvijk f Severijn).
Seventer (de). Voyez Soete de Villers (Philippe).
Severijn. Voyez Oofterwijk (S.).
Silius Italiens. 404,407.
Silvius. Voyez Sylvius.
Sirtnrns (Hieronymus). 250.
Skene(John). 16.
S 1 vi le (René François de). 161 , 196, 260, 299, 390.
Smith. Voyez Smitz (Catharina).
Smitz (Caipar). 33.
„ (Catharina). 33,63.
Snellius (VVillebrordns). 64, 501.
Snonekaert van Schonwenburgh (Albert). 454, 464.
„ „ „ (Mme). Voyez Randwyck (A. M. van).
„ „ „ (Mlle). 454,464.
Socrates Scholafticns. 409.
Soete de Villers (Philippe). 518.
SolmsfAmalia von). 6, 213, 338, 349, 356,421,422, 518,520.
Sommelfdijk. Voyez Aerrîen (C. van).
Sorbière (Samuel de). 64, 99, 324, 358, 359, 366, 479, 480.
Sonrd (Simon le). 244.
Sonrdis (de). Voyez Efcoubleau (Ch. d').
Southwell (Robert). 7, 8 , 9, 24, 51 , 83 , 94.
Sozomenes (Salamanes Hermias). 109.
Spierings (Louis). 102.
Spijk. Voyez Aerlien (Cornelis van).
Stapele (Anna Maria). 455.
558 III. PERSONNES MENTIONNÉES.
Steen (Nicolas\ 270. 254.
Sténo ou Stenonius. Voyez Steen (N.).
Stevin (Simon). 88.
Stewart (Agatha). 455.
Streete (Thomas). 30 j.
Smart (Mary Harriet). 518, 519, 520.
Suerius (Catharina). 166, 179, 435.
„ (Jacob). 132.
„ (Jacob Ferdinand). 199,242,294.
„ (Maria), Jacobfdr. 255, 257.
„ (Maria), Lenaerfdr. 411.
„ (Martin). 183, 193,403.
„ (Martin Chriftiaan). 7,842.
„ (Samuel). 422.
„ (Sara). 183.
„ (Conful). 272 , 279.
Swann 1 William). 375, 397.
Sylvius. 445, 460, 461.
Taillefer. 93.
Tambur. 488.
Tamerlan. Voyez Timour.
Teding van Berkbout (Jacoba). 349.
Tennullius. Voyez Nuyl (ten).
Teylingen (Aegidia van). 242.
Thanmafte. 168.
Theodoretus ou Theodoritus. 409.
Thevenot (Jean de). 180.
„ (Melchifedec). 6, 7, 12, 22, 32, 53, 54, 61 , 62, 73, 92, 108, 109, 1 1 1 , 1 18,
127,143, 144, 153, 154, 155, 158,161,162,165,169,180,183,210,223,233,
244, 270, 279, 287, 303, 324, 334, 335, 339, 341, 346, 347, 356, 357, 364, 365,
367 , 377 , 452, 479 1 499-
Thibault ( I lendrik). 416.
„ (Mlle Cobctjej. 403,411,416,442,454.
Thielen Qohannes). 33?.
Thou (Jacques Augufte de). 62, 154,245.
„ ( Aime de ). Voyez Marzelièrc (Renée de la).
Thuret. HO, 270.
Tilenus (J.). 337.
„ . Voyez Thielen (J.).
Timour. 1K6.
Toot. Voyez Huygens (Lodewijk).
III. PERSONNES MENTIONNÉES. 559
Torricelli (Evangelifta). 85, 150, 198, ai H, 225, 248, 384, 426, 432, 438, 439.
Townley (Richard). 2©!?.
Trulli (Giovanni). 225.
„ (Giovanni), le jeune. 225.
„ (Stephano). 225.
Tufton (Lady). 350, 360, 362, 395 , 40 1 ,413.
Tulp (Nicolaas). 499.
Unicus. Voyez Doublet (Ph.).
Uylenburgh. 372,413,457.
Valelius. Voyez Valois (de).
Vallière (Duchcfle de la). Voyez Baume le Blanc ( F. L. de la).
Valois (Adrien de). 4=09.
„ (Henri de). 409.
Vanderveecken. Voyez Veecken (van der).
Varthema. Voyez Barthema.
Vartomannus. Voyez Barthema.
Valïcur (Guillaume le). 244.
Vaftric (Hendrik). 435.
Veecken (van der). 207.
Velaer (Catharina de). 192.
Venetus (Marcus Paulus). Voyez Polo (Marco).
„ (Paulus). Voyez Sarpi (lJietro).
Verbeeck (Gerardus). 33.
Verdpré. 350,356.
Vcrftraeten (JohannesY 2Î3.
Verzijl (Gijsbert Janiz.). 179.
Vicquefort. Voyez Wicquefort.
Vigne (Adrien de la). 322.
Villeloin (Abbé de). 253.
Villemarenil. Voyez Caltille Villemarenil (M. M. de).
Virgilius. 70 , 277 , 404.
Viviani (Vincenzo). 7, 18,517.
Vizé (le). Voyez Donneau le Vizé.
Vlacq (Adriaan). 348,387.
Vlaerdingen (Bart van). Voyez Ruytenburgh (A. van).
„ (Jan van). Voyez „ (J. van).
Vliet (Abiguel van). 33,35.
„ (Jan van). 12,17,70,101,365,369.
Vloofwijk (Cornclis van). 340.
„ (Margaretba van). 22».
„ (Nicolaas van). 340.
5^° III- PERSONNES MENTIONNÉES.
Vloofwijk Mme van). Voyez Hoorn (Anna van).
Vogelaer Daniel de). 192, 19-.
„ (Ifabeau de). 197.
„ (Jacob de). 192.
„ (johannes de). 192, 19-.
„ (Su Canna de). 197.
Voort (Cornelis van der). 373.
Voflïolus. Voyez Voilais (Is.).
Voflîus (Ifaac). 7, 12, 13, ,8, i9, „, 47, 62, 92, 125, ,43, ,45, ,49, ,55, I$6j
158, 159. 163, 191, 208, 232, 244, 260, 279, 287, 290, 324, 335, 339,369,391,
407, 421.
Vredenburgh (Adriaan van). 4-11.
„ Amaranthe van). 111 , 442 , 454 , 465.
„ (Jacob van). 441.
Vren. Voyez Wren.
Wallet Iladrianus van der). 15, 102,143, 164,277.
Waller (Edmund). 385.
Wallis (John). 2,3,34, 39 , 44 , 87 , 94, 1 12 , H9, 204, 343 , 399-
Warthon. Voyez Wharton.
Warwick (Miitr.). 364.
Watervliet (Emmery van). 425 , 464.
Werner (Jofeph). 115.
VVernhout. Voyez Aerffen (Cornelis van).
Wevelinckhoven (Joachim van). 5 1 9.
Wharton (Thomas). 182.
Whir.. 383 , 386.
Wicqueforl | Abraham van). 103.
(Joachim van). 10, 12,22,62,63,64,96, 103, n-, 145, i54.
Wieflel (Johan). 125.
Wilhem (Aegidia le Leu de). 179 , 388.
„ (Conftantia le Leu de). [79,229,388,402.
„ Conftnntyn le Leu de). 388.
„ (Mauritsle Leu de). 388.
Willem IL 518.
„ III. 75,167,200,353,354,355,356,518.
Willis 'Thomas). 367, 383.
Willoughby (Francis). 365, 488.
(Miftr.). 365.
Wïti Johan de). 159, 164, 234.
Wolffhan | Conrad , IOI.
Worm ( ( Haus ). 18«, 492 , 493 , 495.
III. PERSONNES MENTIONNEES. 56 1
Worm (Wilhelm). 486.
Wotton (Lord). Voyez Kercklioven (K. H. van den).
Wren (Chriftopher). 7, 23, 27, 34, 40, 41 , 42, 43, 44, 51 , 62 , 83, 145, 146, 151, 155,296,
343, 3<î9> 383, 444» 458-
Wyk (Johan de). 391.
Zeelhem (de). Voyez Huygens (Conitantyn), frère.
Œuvres. T. IV. 7 1
IV. OUVRAGES CITÉS DANS LES LETTRES.
Les chiffres gras défignent les pages où l'on trouve une defcription de l'ouvrage.
Les chiffres ordinaires donnent les pages où il cil queltion de l'ouvrage.
Aefopus, Fabulae, Graecè & Latine , denuo feleclae, 1632. 354.
Steph. de . ingelis , De inlinitorum fpiraliiim fpatiorum menfura , 1660. 398.
Tint. Antiates [pfeudonyme de C. Datt], Lettera a Filaleti. Délia Vera Storia délia Cicloide, e
délia Famofilhma Efperienza dell Argento Viuo, 1663. 384, 390 , 398.
Apollonius Pergaeus, Conicorum Libri V, VI, VIL Ed. Abalphatm Afpahanenjts, 1661. 143 ,
161, 164, 165, 259, 278, 300.
A. Auzout, Lettre à M. l'Abbé Charles. [1663]. 26».
G. B. Ballant, De motu naturali folidorum et liquidorum, 1646. 74, 134.
C de Beauplan , Defcription d'Ukrainie, 1661. 244, 253 , 272.
./. G. Becanus, Originum Gentium Libri IX, 1569. 15.
TA. Birch, Hiftory ofthe Royal Society, 1756, 1757. IV Vol. 363.
/'. Blondel, Quatrième Problème Refolu. Premier Difcours, Epiftola, 1657. 194.
„ Quatrième Problème Refolu. Second Difcours, Lettre, 1661. 194.
„ Refolution des quatre principaux Problèmes d'Architecture, 1729. 194.
. Int. Boetius de Boodt, Gemmarvm et Lapidvm Iliftoria, 1609. 485.
„ Gemmarum et Lapidum 1 liltoria , Ed. Jdr. Tollius, a» Ed., 1647. 486.
.7. A. Borelll, De Motu Animalium Ed. nova & Difs. Phylico-Mcchanicis Joli. Bernoulli
au a a, 1743. 398.
Abr. Boffe, Le peintre converty aux precifes et univerfelles reigles de fon art , 1667. 339.
IJ'vi. linullitiu. Voyez Bullialdus.
/,'. Bourfault, Le Portrait du Peintre ou la Contre Critique de l'Efcole des Femmes, 1663. 466.
M.'/.. Boxhornius , Epiftolae ei Poemata , 1662. 15.
IV. OUVRAGES CITÉS. 563
R. Boy le , Nova Expérimenta Phyfico-Mechanica de vi Aeris Elaftica , 1660. 207 , 225.
„ Au Examination of Mr. Ilobhes lus Dialogus Phyficus de Natura Aeris, 1662. 95.
„ ' Chymifta Scepticus vel Dubia et Paradoxa Chymico-Phyfica, 1662. 23 , 27 , 83 , 357.
„ A Defence of the Doétrine touching the Spring and tbe Weight of the Air, 1662. 171 ,
176, 202, 210, 218, 275, 368.
„ Defenfio Doftrinae de Elatere et Gravitate Aeris, 1662. 171,176,202,210,218,
275,368.
„ Confiderations touching the Ufefultiefs of Expérimental & Natural Philofophy, 1663.
367.
.1/. Boym, Flora Sinenfis, fruclus ilorefque, 1656. 279.
Th. Brown , Pfeudodoxia Epidemica , 1680. 378.
Ifm. Bullialdm , De natura lucis , 1638. 190 , 208 , 23 1.
„ Aftronomia philolaica, 1645. 140,232.
„ Ad aftronomos monita duo, 1667. 191.
La Calprenède (titre de G. de Coflei), Faramond ou l'Hiftoire de France, 1661. 12 Vol. 117.
//. Cardanio, Opéra omnia, 1663. 109.
F. Caron , Redite Befchrijvingh van het Machtigh Koningkrijck van Japan, 1661» 22, 32,
124, 210.
R. Cartejtus, Geometria. Fd. Fr. à Schooten, Ed. 2a, 1659. 238.
.7. D. CaJJtni, Spécimen Obfervationum Bononenfium, 1656. 23?, 250.
„ Epidolae de Obfervationibus in D. Petronii Templo liabitis , 1662. 237 , 250.
B. CelUni, Due Trattati, delF Oreficeria, délia Scultura, 1568. 489.
.7. P. de Chambrun , (Les Larmes de), 1688. 161?.
.7. Clarke, Proverbs, Englifh and Latine, 1639. 15.
G. CIerke,De Plénitude Mundi, 1660. 118.
„ Tra&atus de Reftitutione Corporum, 1662. 130, 148.
\ .hili. Coccejus], Defenfio altéra auftoriratis Verbi Divini Veteris Tellamenti , 1664. 121.
P. Corneille, Medée. Tragédie, 1636. 31.
G. de Coftes. Voyez la Calprenède.
,7. Courveus, De nutritione Foetus in Utero Paradoxa, 1655. 226.
S. Danckaerts , Iliflorifch en Grondigh Verhael van den Stand des Chriftendoms in Amboina,
1621. 279.
C. Dati. Voyez Tint. Antiates.
Cl. Daufquius , In C. Silii ttalici Punica, feu de Bello Punico, 1615. 107.
„ Conciliabuli Dordraceni Afcia,1629. 107.
„ Antîqui Novique Latii Orthographica , 1632. 107.
./. Deufing, De vacuo , itemque de Attraetione , 1661. 28 , 04.
Euft. de Divinis, Brevis Annotatio jn Syftema Saturnium Chr. Hugenii, 1661. 99, 127,
237» 36ï-
„ Pro fua Annotatione in Syftema Saturnium Chr. Hugenii, 1661.92,98,
125, 127, 134, 156,237,286.
564 IV. OUVRAGES CITÉS.
.7. van der Does, Tragédie, oft ouregelmatige liefde van de Koninginne Dido, 1661. 34.
.7. Donneau le Vizé, Zélinde ou la véritable Critique de PEfcole des Femmes et la Critique de
la Critique, 1663. 466.
Euagrius Scholajlicm ( Tkeodoritus &) , Hiftoria Ecclefiaftica, 111. //. l'a le /tu s, 1678. 469.
,/. Evelyn, Sculpture or the Iliftory and Art ot'Chalcography, 1662. 176, 201.
„ Sylva or a Difcourfe of Forreft-trees, 1664. 261.
0. Ferrari, Opéra Varia, 1711. 404.
L. Fioravanti, Di Cappricci Medicinali, 1573. 392.
Mme Fouquet au roi (Requête de), [1662]. 214.
„ (Sommaire de l'inltance pour), [1662 |. 214.
Galileo Galilei, Sidereus Nuncius , 1610. 499.
P. GaJ/'etulus, Mercurins in Sole vifus et Venus invifa Anno 1631 Parifiis, 1632. 369.
„ Opéra omnia , 1658. 182,513.
T. Giantiini , Difputationes Peripateticae de Lumine, 1618. 231. -
J. Goedaert , Metamorphoiïs Naturalis ofte Hiftorifche Befchrijvinghe der wormen, rupfen ,
maden, enz., 1662. 214.
L. Goris, Adverfariorum Juris Subcifivorum Tractatus IV , 1651. 353.
.7. Graunt, Natural and Political Obfervations upon the Bills of Movtalitv, 1665. 94, 130,
i49,378-
.7. Gregory, Optica Promota , 1663. 330, 342, 351.
H. Groiius, K'agoge ad Praxin Juris P»atavici , 1694. 353.
N. Heinfîus, Poematum Nova Editio , 1666. 277.
P. Herigone, Cours de mathématique demonltré , 1634 — 1655. j6 , 80.
.7. Hevelius, Selenographia , 1647. 1 27 , 1 29, 2 14 , 236.
„ Appendix Selenographiae, 1647. 129,135,215,236.
„ Epiftolae 11,1654. 127.
„ De Motu Lunae libratorio, 1654. 129,214,236.
„ Epiltoln de utriuique luminarium anno i654defectu, 1654. 129, 214, 236.
„ De nativa Saturni lacie, 1656. 127, 129, 135, 214, 236, 251, 265, 272,
279, 280.
„ Mercurins in Sole vifus, 1662, 12,25,85,127,129,135,142,151,159,173,
181 , 214, 236, 251 , 265, 272, 279, 280, 298,306, 308.
„ Machina Coeleltis, 1673, 1679. 182.
Th. Hobbes, Problemata Phylica. L'na cum Magnitudine Circuli , 1660. 176, 201 , 203 , 223.
„ De Duplicatione cubi ad defenfionera Problematum Geometrîcorum contra C. H.
1662. 261,274, 298.
./. Fforrox, Vernis in Sole vif'a, 1662. 12, 25,85, 142, 151, 159, 173, 181,262,298,306,
308 , 320.
/'. /). il net, De optimo génère interpretandi, 1661. 62, 118, 145, 155.
. I. Uulfius, Authentica abfoluta S. textns I lebraei vindicata , 1662. 422.
C/ir. J/i/ygens, De Circuli Magnitudine inventa, 1654. 204, 280, 283, 298 , 304.
IV. OUVRAGES CITÉS. 565
Chr. Huygens, Problematum quorundam illuftrium Conftruftiones, 1654. 247.
„ Syftema Saturninm ,1659. 28 , 62 , 134, 154, 155, 156, 16a, 235, 237,251.
„ Brevis Aflertio Syftematis Saturni fui , 1660. 92 , 98 , 1 25 , 1 27 , 237 , 286.
G. Johnfon, Lexicon Chymicum , 1660. 37t.
„ Lexicon Chymicum continens Vocabula chymica , 1660. 3?8.
F.Junius, (Quatuor J. C. Euangeliorum Verfiones perantiquae dnae. Ed.) 1665. 355, 421.
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Fr. Linus, De Corporum Infeparabilitate, 1660. 73.
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S. Marins, Mundns Jovialis Anno 1609 deteftus, 1614. 276.
.7. P. Martel, De calore. 366.
M. Martini, Nova Atlas Sinenlis, 1655. 363.
„ Sinicae Hiftoriae Decas Prima , 1658. 363.
„ Sinicae Hiftoriae Decas , 1659. 363.
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G. Ménage, Poemata. 4a. Ed., 1663. 416.
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„ La Critique de l'Efcolle des Femmes , Comédie , 1663. 466.
„ L'Impromptu de Verfailles ,1663. 466.
\_L. Moritf], Remarques sur la culture des rieurs, 1661. 48.
A. Neri, L'Arte Vetraria diftinta in Libri VI, 1612. 492.
G. DeP Orto, Colloquios dos fimplos e drogas , 1563. 485.
„ Aromatum et Simplicium Iliftoria, 1579. 485.
P. Ovidius Nafo, Operum III T. [Cur. N. Heinfîus],\6b2. 195.
„ Operum III T. Ed. N. Heinfins, 1658, 1659 , 1661. 32 , 195 , 196.
[Bl. Pafcal'j, Hiltoria Trochoidis, 1658. 384.
C. Pafchalius , Opéra X Libris quibus res omnis coronaria continetur, 1610. 468.
.7. Pecquet, Expérimenta Nova Anatomica, 1651. 226.
S. Pelfaert, Nieuwe en vermeerderde Ongeluckige Voyagie van 't Schip Batavia, 1648. 158.
„ Très humbles remontrances aux Diretteurs de la Comp. Hollandoife des Indes
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P. Petit, Avis et Sentiments fur la conjonction des mers Oceane et Méditerranée , 1662. 266.
P. Petit i, Exercitatio de Ignis & Lucis Natura, 1663. 335.
„ Defenfio Exercitationis de Ignis et Lucis Natura, 1663. 335.
$66 IV. OUVRAGES CITÉS.
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//. Power, Expérimental Philofophy,1664. 382.
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/:. Raimondi, (Délie Cacci di) Libri IV , 1626. 472.
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C. Renaldînus, Ars Analytiea Mathematum , 1665. 398.
J. I). Rhaefius, Cambro-brytannica Cymraecac Linguae Inftituta &. Rudimenta, 1592. 354.
./. />. Rica''///, Almagefturo Novura, 1651. 182, 308.
De Roberval, Traité des indivifibles, 247.
„ ( )uvrages de Mathématique, 1736. 247.
[F. de la Rochefoucauld'], Mémoires fur les brigues à la mort de Louis XIII , 1662. 213.
[ „ ], Mémoires de la Minorité de Louis XIV, 1690. 213.
L. Rooke, Difcourfe conçcrning the Obfervations of the Eclipfes of the Satellites of Jupiter. Ap-
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Fr. à Sande, Commentarii in Gelriae & Zutphaniae Confuetudines Fcudales, 1674. 354.
//'. Sanderfon, Graphice. The Ufe of the Pen and Pencil , 1658. 332.
S.Santorio, Mcthodi vitandorum errornm in arte medica, 1603. 226.
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Fr. a Schooten, Exercitationes Mathematicae , 1656. 238.
Chr. Schotanus, Diatribe de Authoritatc Verfionis Graecae quae dicitur LXX interpre-
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[Sendivogius] Cofmopolita, Novum Lumen ehemicum in XII Tractatus divifum, 1682. 226.
C. Siliits Italiens, Pnnicorum Libri XVII, Ed. A. Drakenhorgh , 1717. 404.
//. Sir/ unis, Telefcopium , 1618. 250.
./. Skene, De verborum Significatione, 1661. 16.
ir.Sueliiu.s, EratofthenesBatavus,é617. 501.
Sacrâtes Scholafiicus & H. Sozomenus, 1 li florin Ecelefiaflica. 111. 11. I alefius, 1668. 409.
S. de Sorbière, Lettres et Difcours fur diverfes Matières Curieufes , 1660. 58 , 5 1 3.
//. Sozomenus (Sucrâtes Scholafiicus &~), Ililloria Eecleliallica. 111. //. / 'ale/ius, 1668. 409.
Th. Sprat, The Hiftory ofthe Royal Society of London, 1667. 343.
Y. Sténo, Diss. de Cerebri Anatome, 1671. 291.
Theodoritus S Euagrius Scholafiicus, lliftoria Ecelefiaflica. 111. H. V alefius, 1678. 409.
.1/. Thevenot, Relation de divers Voyages curieux, lll Vol., 1663, 1664,1666. 158,233,
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V. Tu/p, < >bfervationes Medicae. Ed. Nova , 1652. 499.
L. de Varthema , ttinerario,1522. 487.
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P. l 'irgilius Maro, ( >pera. Rec. A'. Heinftm , 1676. 2 7 7, 404.
r.riviam, De maximis et minimis Geometrica Divinatio, 1660. 7, 18,517.
,7. van Vliet^X Recht van Succefîîe volgens de Coftumen van 15reda,1663. 352,369,421.
„ . Voyez Foptpe Korft.
IV. OUVRAGES CITÉS. 567
Is. FoJJius, De Septuaginta Interpretibus , 1661. 421.
„ De LucisNatura et Proprietatibus, 1662. 143, 149, 159, 163,260.
„ Refponfio ad Objefta Joli, de Bruyn et Pétri Petiti, 1663. 335.
„ Appendix ad Libmrn de LXX Interpretibus, 1663. 42 J .
./. H'allis* Tra&atus II. De Cycloide et Epiftolaris, 1659. 1 1 a , 399.
„ Hobbins Heauton-Timorumenos, 1662. 94,149.
Th. fVharton, Adenographia five Glandularum totius Corporis Defcriptio, 1656. 482.
Th. Willis, Diatribae duae Medico-Philofophicae, 1659. 367.
„ Cerebri Anatome Nervoriinique Defcriptio, 1664. 383.
01. JVorm , Mufaeum Wormianum, 1655. 486.
Sententie en Execntie over zijn Exe. Fr. Jos. Borri , 1662. 169.
Traduction de l'Afte de Renonciation par Mad. Marie Therefe Infante d'Efpagne, 1663. 34Ï.
Recueil de diverfes Pièces, fervantà l'Hiftoire de Henry III, 1663. 472, 4Î3.
| Journal du Règne de Henry III. Par M. S. A. G. A. P. D. P.
Le Divorce Satyrique. Amours de la Reyne Marguerite de Valois. Par D. R. II. (). M.
L'Alcandre ou les amours du Roy Henry le Grand. Par M. L. P. D. C.
, La Confeffion de M. de Sâncy. Par L. S. D. A.
Het Gefantfchap der N. O. I. Compagnie aen den grooten Tartarifchen Cham van China, 1665.
II Dln. 184.
Saggi di Naturali Efperienze fatte nelf Accademia del Cimento, 1667. 17, iH, ÎOI , 162,
164, 227, 240, 398.
Gereformeerde Dyckrcchten van Tielre en Bommelrevveerden , 1683. ÎO.
Land-regt van Thielre en B.ommelreweerden , 1721. ÎO.
V. MATIÈRES TRAITÉES DANS
LES LETTRES.
Dans cette Table les matières fcientifiques traitées dans ce Volume ont été groupées fous divers
articles généraux, (avoir:
Algèbre.
Anatomie.
Arithmétique.
Aftrologie.
Aftronomie.
Beaux- Arts.
Botanique.
Chimie.
Chronométrie.
Cours des études des
frères Huygens.
Géographie.
Géométrie.
Hydrodynamique.
Hydroftatique.
Mécanique.
Médecine.
Météorologie.
Minéralogie.
Mufique.
Navigation.
Œuvres.
Optique.
Philologie.
Philofophie.
Phyfiologie.
Phyiique.
Poids et mefures.
Règlements de l'Académie des
feiences, etc.
Statiftique.
Zoologie.
Pour connaître tous 'es endroits de la Correfpondance où quelque fujet eft traité, on cherchera
dans la Table l'article auquel il appartient. On y trouvera, (bit du fujet même, (bit d'un fous-
article qui devra y conduire, la nomenclature adoptée dans l'ordre alphabétique de la Table.
Le ' chiffres indiquent les pages de ce Volume.
On a marqué d'un aftérifque les endroits qui ont été jugés les plus importants.
L'article Œuvres fe rapporte aux écrits de Huygens, (bit publiés, ("oit reliés en manu ferit ou
fimplement ébauchés. 11 pourra fetvir de guide a ceux qui défirent connaître les renfeignements
que la Correfpondance de Huygens peut fournir a l'égard de l'origine ou de l'hiltoire de ("es
travaux.
Aberration sphbrique. Elimination au moyen de lentH'es hyperboliques ou elliptiques; ( voir
Lentilles hyperboliques et elliptiques).
V. MATIÈRES TRAITÉES DANS LES LETTRES. 569
Absorption de l'air. Par l'eau. 24*, 54, 98*, 115, 122, 240, 366*, 386*; (voir encore T. III,
415*); par la glace. 293*.
Acoustique. 193*, 226, 239.
Adhésion, (voir Retardement de la formation du vide de Torricelli).
Algèbre, (voir Logarithmes, Maxima et minima, Réfolution par conjlruction des équations
algébriques*).
Anatomie. 234*, 244* 270*, 2-1*, 325,3-4,382,383,387, 398,481*, 482*.
Arcs cycloïdaux du pendule. 12*, 27*, 51*, 65*, 154, 239*, 269, 270; (voir Ifochronifme
de la cycloïde).
Arithmétique, (voir Logarithmes , Machine arithmétique. Nombres, Proportions*),
Astrologie, (voir Horofcopes).
Astronomie. 189, 190, 330*, 499; (voir Aflrologie, Chronométrie, Éclipfes , Équation du
temps, Etoiles fixes, Globes ce le/les, Longitude , Lune, Navigation, Obfervations célefles, Pla-
nètes, Satellites , Soleil, Tables agronomiques]).
Atmosphère. Denfité de l'atmofphère à diverfes hauteurs. 150*, 172*, 173*, 198*5200,202*,
205*, 206*, 217*, 220*.
Atomistique. (voir Philofophie de Démscrite).
Balistique, (voir Reçut).
Baromètre. 150,' 198*.
Bateau de brouncker. 176, 275*, 296*, 297*, 304, 318.
Bateau de petty. 297*, 304*, 307 , 319*, 320*, 330*, 351*.
Beaux-arts. 96*, 125, 136, 157, 176*, 183*, 200*, 201*, 216, 224*, 253, 324*, 331*,
332*, 334*, 337*— 34°*. 34* > 344*- 34°", 347, 349*, 35°*, 35* , 35<>*> 360*— 364*,
369*— 373*, 379, 383, 387*, 389*, 390*, 393*- 396*, 401*— 403*, 410*, 411*, 41 3*,
415*, 419, 420, 456, 457*, 462, 476*, 478*, 510, 519*; (voir Maifon de Conftantyn
Huygens , père).
Botanique. 47 , 48, 54*, 214, 226, 227, 279, 358, (voir Fermentation).
Boussole, (voir Déclinai/on de la boujj'ole).
Capillarité. 9*, 20, 21 , (voir Syphon).
Carrosses. 1 1 o , 137*, 157, 1 80 , 443 , 445 , 460*, 46 1 *, 465*, 480*.
Centre de gravité. Ciflbïde. 2*.
Centre d'oscillation. 60*.
Cercle, (voir Quadrature de fur faces planes).
Chaleur. 366, 368; (voir Congélation , Thermomètre).
Chandeliers. Invention de Conftantyn Huygens, père, fur les chandeliers. 96, 102, 103,
104* — 107*.
Chimie. 23, 27, 83, 226, 248, 325, 326, 357, 367, 377-379, 3^2, 482; (voir Fermenta-
tion, Matières lumineufes).
Chronométrie. (voir Arcs cycloïdaux du pendule. Équation du temps , Horloge, Ifockronij rme
de la cycloïde, Longitude, Obfervations pour déterminer le temps, Pendule, Poids mobile du
pendule).
Œuvres. T. IV. 72
57° V. MATIÈRES TRAITÉES DANS LES LETTRES.
Chute des graves. 8*, 26*, 35*, 36*, 46*, 47*, 60*, 87*, 93*, 108*.
Cissoïde. 247*; (voir Centre de gravité, Cubature des folides de révolution, Quadra-
ture de furfaces planes*).
Compression de l'air. 366*; (voir Loi de Boy le).
Conchoïde. (voir Points d 'inflexion).
Conchoïde de de sluse. (voir Points d* inflexion).
Congélation. 293*, 382.
Coniques. Les coniques d'Apollonius. 143, 161, 164*, 165*, 259, 260, 278, 300; (voir
Cercle , Parabole).
Conjonctions des planètes. Avec les étoiles fixes. 231*, 232*.
Construction des vaisseaux. 304*, 318*, 319*; (voir Bateau de Brouncker, Bateau de
Petty).
Constructions, (voir Problèmes divers, lléfolution par conflruùion des équations algé-
briques).
Couleurs. 382.
Courbe de" gutsciioven. (voir Cubature des jolides de révolution, Quadrature de fur-
faces planes , Tangentes).
Courbe de gutschoven généralisée, (voir Tangentes).
Courbes, (voir Cercle, Ciffoide, Conchoïde, Conchoïde de de Slufe , Coniques, Courbe de Gut-
fchoven, Courbe de Gutfchoven généralifée, Courbes diverfes, Courbes du troifième et du
quatrième degré, Cycloide, Développées, Parabole, Spirale d' Archimède, Spirales de divers
ordres).
Courbes diverses, x3 -|- y1 — nxy = o. tangente 238*, 246*; (voir Cubature des folides de
révolution).
Courues du troisième et du quatrième degré. 312* — 317*; (voir Courbe de Cutfchoven,
Courbe de Gutfchoven généralifée, Courbes diverfes).
Cours des études des frères huygens. 509*, 510,
Cubature des solides de révolution. CHIbïde. 2*, 239*; Courbe de Gutfchoven. 238*,
239*, 247*; Courbes diverfes autour de leurs afymptotes. 248*.
Cyci.oïde. (voir . 1res cyclo'idaux du pendule, Ifochronifme de la cycloïde, Problèmes et écrits de
Pafcalfur la cycloide).
DÉCLINAISON DE LA BOUSSOLE. 39, 327.
DÉMONSTRATION PAR DE FERMAT DE LA Loi DE SNELLIUS. 7 l *, 75* — 82*, I 36 , I 57 , I 59*.
Développées. Théorie des développées ,• ( voir Ares cyclo'idaux du pendule ).
Dl \ MÈTRE APPARBNT DES PLANÈTES. I 8 I *, 182*, 308* - 310*.
Diamètre et inclinaison de l'anneau de saturne. 38*, 62, 377*.
Duplication du cube. 176*, 200, 201, 203*, 207*, 223, 261*, 274*, 281*— 283*, 291*,
295*, 298,304*, 318, 466* 4"-*, 481; (voir Réfolution par conftruftion des équations
algébriques).
Dvn wiioik. (voir Baliflique, Chute aes graves, Hydrodynamique, Ifochronifme de la cycloïde,
Pendule, Principe de la moindre atlion).
V. MATIÈRES TRAITÉES DANS LES LETTRES. 57 1
Éclipses. 127, 129, 135.
Électricité. 495*, 496.
Enfant sauvage. 499, 500*, 501*.
ÉQUATION DU TEMPS. 2"*, 52 , 54*— 57*, 60, 71*— 73*, p2 ,93*, 104,118, I25— 127, 133,
134*, !3<5, 138*- 142*, 429.
Équations algébriques, (voir Réfolution par confîruàion des équations algébriques).
Étoiles fixes, (voir Etoiles nouvelles. Étoiles variables, Parallaxe des étoiles').
ÉTOILES NOUVELLES. Ipl*, 2o8*, 209*,23I*.
Étoiles variables, (voir Étoiles nouvelles).
Expériences de physique. 17*, 73*, 101*, 162, 164, 227, 240, 262*, 327*, 329*, 343*,
398 . 433*, 474-
fata morgan a. i 7 , 3 i , 259 , 260 , 277 , 299.
Fermentation. 367,385.
GÉOGRAPHIE. 7,22,32,92, IOI, I24, 153, I57—I59, 165, 169, 183*— 190*, 2IO*, 233,
244*, 272, 279*, 287*, 325 — 327, 385; (voir JonStion de F Atlantique et de la Méditer-
ranée, Longitude, Marée, Navigation).
Géométrie, (voir Algèbre, Centre de gravité, Conjlruâions, Courbes, Cubature des folides de
révolution, Développées, Géométrie Carte fienne, Maxima et Minima, Points d'inflexion,
Problèmes divers , Proportions , Quadrature de furfaces planes, Tangentes).
Géométrie cartésienne. 398.
Globe lunaire de wren. 369*.
Globes célestes. 251*, 265*; (voir Globe lunaire de IVren).
Gravité. Canfe de la gravité. 248*, 292*, 293*; (voir Centre de gravité).
Horloge. Horloge de Breda. 16*; horloges à grands intervalles de remontage. 287*; horlo-
ges à remontage continuel d'un petit contrepoids. 460*, 473*, 4"6*, 478*, 479*; horloges
de Douw. (voir horloge de Breda); horloges de Martinet. 264*, 265*; horloges de
Petit. 73*, 127*, 134, 264*; horloges de Thuret. 110*, 270*; horloges du cardinal An-
tonio Barberini. 347; horloges fabriquées à Paris. 209*; horloges fabriquées par les foins
de Chriltiaan Huygens. 10*, 12*, 13, 14*, 27*, 32, 33, 63, 65*, 71*, 72*, 93*, 96,
127*, 134*, 151*, 168*, 209*, 232*, 324*, 361, 411*, 412*, 418*, 419*, 420, 424*,
425, 427, 430*, 433*, 434*, 451*, 452, 456, 460*, 477^478; (voir encore horloges ma-
rines à pendule de Chrijliaan Huygens); horloges marines à pendule de Chriltiaan Huy-
gens. 68*, 72*, 93*, 94*, 131*, 151*, 153*, 244*, 256*, 274*, 275*, 278*, 280, 281*,
284*, 285*, 287*, 288*, 290*, 291*, 296*, 301*, 304*, 306*, 318*, 426* — 428*, 431*,
432*, 436, 443*, 444*, 446*— 453*, 456*, 458*— 460*, 473, 474*; horloges roulant
fur un plan incliné. 256*; (voir Chronométrie , Inégalité dans la marche des horloges
caufée par la température, Influence de la réfiflance de F air fur la marche des horlo-
ges. Œuvres: Horologium ofcillatorium , Privilèges et oârois de l'invention de F horloge
marine à pendule).
Horoscopes. 23*.
Hydrodynamique. 398 ; (voir Marée, Roue hydraulique).
572 V. MATIÈRES TR MTF.KS DANS LES LETTRES.
Hydrostatique, (voir Niveau, Syphon).
Inégalité dans la marche des horloges causée par la température. 27, 65*, 73.
i nfluence de la résistance de l'air sur la marche des horloges. 86*, 87*, 93*.
Instruments astronomiques, (voir Globes céleftes, Niveau").
ISOCHRONISME DE LA CYCLOÏDE. 26*— -3 1 *, 50*, 5 I *, 66*, 85, 86*, 88* 9I*, I 76*, 239*,
248*; (voir Arcs cycloidaux du pendule).
Jonction de l'atlantique et de la Méditerranée. 266*, 270*.
Jupiter. Satellites de Jupiter. 99, 270*, 458*, 459*; (voir Diamètre apparent des pla-
nètes).
Lanternes magiques. 269*; lanternes magiques fabriquées par Chriftiaan Huygens. 102*, 109,
m*, 125, 197*, 269*.
Lentilles. Fabrication des lentilles. 18*, 47, 48*, 49*, 53*, 144*, 145, 152*, 154, 159*,
242*, 249*, 250*, 262*, 263*, 267*— 269* 331*, 333*, 334*, 337, 339*, 340*, 345*,
364*, 377, 391, 400*, 401*, 452*, 456*, 460*; (voir Lentilles et lunettes fabriquées
par Ckrifliaan Huygens, Lentilles hyperboliques et elliptiques, Oculaire de Campani , Ocu-
laire de Huygens).
Lentilles et lunettes fabriquées par christiaan huygens. 12*, 14*, 53*, 92*, 108, 109,
110*, 144*, 152*, 157*, 165*, 197*, 210*, 228 , 233* — 235*, 241* — 243*, 254*— 256*,
289*, 303*, 333*, 334*, 337* — 340*, 457; Lunettes à miroir. 14*. 99*, 100*, 110*, 112*,
118, 127, 128, 133*, 136*, 210*, 224*, 228*, 229*, 236*, 250*, 256*, 263*, 264*, 267*,
272*. 289* ; (voir Miroirs); (voir Oculaire de Huygens).
Lentilles hyperboliques et elliptiques, ygi^, 103*, 268*.
Logarithmes. 205,206.
Loi de boyle. 85*, 111*, 150*, 171*, 177*, 178*; (voir .itmofphère).
Longitude. Détermination de la longitude. 65*, 131, 15 1 *, 264*, 265*, 275*, 301*, 307*;
(voir horloge, horloges marines à pendule de Chriftiaan Huygens; Proportion de Galilei pour
la détermination de la longitude au moyen des Satellites de Jupiter).
Lune. 127, 129, 309, 458. Correction du mouvement de la lune pour l'équation du temps.
141*, 142*; (voir Globe lunaire de IVren).
Lunettes. 74*, 98*, 125*, 127*, 128, 134*, 145, 152*, 154, 157*, 165*, 215, 224*, 227*,
228*, 232, 235*, 236*, 241* — 244*, 249*, 250*, 252*, 253*, 256*, 262 , 263*, 266* —
268*, 289*, 330, 331*, 333*. 334*. 337 ^ 338*, 339*, 340 , 344*, 352 , 360, 377*, 386 ,
392*, 427, 452, 456*; champ de vifion des lunettes. 152*, 165*, 1 81*, 243*, 253 , 267*;
grouillement des lunettes. 74*, 157*, 165*, 243*, 250*, 267; (voir Lentilles, Lentilles et
lunettes fabriquées par Chriftiaan Huygens, Lentilles hyperboliques et elliptiques, Lunettes
à miroir, Lunettes fans tuyaux, Montage des lunettes, Oculaire de Campani , Oculaire de
Huygens).
Lunettes a .miroir, (voir Lentilles et lunettes fabriquées par Chriftiaan Huygens. Lunettes
.1 miroir).
Lunettes sans tuyaux. 227*, 228*, 235*, 236*, 241*, 377*, 4.33*, 444*, 445* 1
45-*, 460*-
V. MATIÈRES TRAITÉES DANs LES LETTRES. 573
Machine arithmétique. 213*.
Machine roanesquk. (voir Carroffei).
Machines. 325, 326; (voir Garroffes, Chandeliers, Machine arithmétique. Machine Roanefque,
Moulins à vent. Pompe à poudre, Pompe pneumatique, Roue hydraulique').
Magnétisme. 69*, 326; (voir Déclinai/on de la boufjole).
Maison de constantyn huygens, père. 505* — 512*.
Marée. 39.
Matières lumineuses. 484*, 488 , 495 , 496.
Maxima et minima. 18*, 77*, 80*, 517; (voir Démonftration par de Fermât de la loi
de Snellius).
Mécanique. 463; (voir Chute des graves, Gravité, Ifochronifme de la cycloïde, Machines,
Œuvres: Traité du mouvement; Pendule, Principe de la moindre ad ion. Recul, Ré fi/lance
des matériaux , Statique*).
Médecine. 11, 14, 18*, 124*, 131, 160, 169*, 230,323,325,326,358,366,430,431,
441, 462,464,491—493.
Mercure, (voir Diamètre apparent des planètes , Pajfage de Mercure fur le Soleil).
Mesure universelle. 26*, 27*, 34*, 35*, 52*, 59*, 60*, 86*, 87*, 270*.
Météorologie. 327*, 385, 429*, 464; (voir Œuvres: De Coronis et Parheliis).
Microscope. 18*, 249*, 264*, 266*, 382*, 383; Microfcopes fabriqués par Chriitiaan Huy-
gens. 197, 334*, 337*, 457; (voir Ohfervations microfeopiques).
Minéralogie. 326, 327; (voir Phofphorefcence , Pierre de Bologne, Pierres précieufes).
Miroirs. 14*, 267, 269, 361*; Miroirs d'acier de Petit. 100*, 1 10*, 118*, 127*, 128*, 134*,
136*, 199*, 210*, 215*, 228*, 229, 236*, 241*, 250*, 253*, 264*, 303*; Miroir de réfrac-
tion. 482*; (voir Lunettes à miroir).
Montage des lunettes. 12*, 14*, 152*, 227*, 228*. 235*, 236*, 241*, 289*, 377*; (voir
Lunettes fans tuyau).
Moulins à vent. 301*, 302*.
Musique. 184, 228*, 322 , 365.
Navigation. 326; (voir Conflrutîion des vai [féaux, Déclinai/ou de la boujfole, Horloge, Lon-
gitude, Marée, Tables agronomiques).
Niveau. 18*, 19*.
Nombres. Théorie des nombres; 2, 3*, 4*, 34, 39, 44*, 45*, 87, 211*, 215*.
Observations célestes. 181, 182, 327*; (voir Agronomie, Ohfervations de Cafjini dans
Péglife de Bologne).
Observations de cassini dans l'église de Bologne. 236*, 250*, 251*, 265*.
Observations pour déterminer le temps. 428*, 429*.
Observations microscopiques. Animaux microfeopiques. 382, 386.
Oculaire de campani. 266*, 267*. .
Oculaire de huygens. 152*, 242*, 243*, 250*, 263*, 267*.
Œuvres. 18, 19, 251; Theoremata de Quadratura hyperboles, ellipfis et circuli, ex dato por-
tionum gravitatis centra. 69.
574 V. MATIÈRES TRAITÉES DANS LES LETTRES.
De circuli magnitudine inventa. 204*, 280*, 282*, 283*, 293*, 304.
flluftrium quorundam problematum conjlrucliones. 3. Datis duabis redis duas médias invenire;
(voir Duplication du cube)\ 8. In conchoide linea invenire confinia flexus contrarii ; 247*.
De Saturni luiui obfervatiù nova. 74, 98*, 151*, 165*, 235.
Syftema Saturnium. 7*, 20, 23*, 24*, 25, 27*, 28*, 34*, 37* — 44*, 59, 62*, 68*. 74, 83*,
127, 129,134*, 135, 145*, 146*, 150*— 152*, 154, 155*, 162, 165*, 16^*, 200, 201 , 228,
233-> 235*? 24!*-> 25i*-> 289*, 303*; (voir Diamètre et inclinaifon de Vanneau de Saturne.
et pour tout ce qui f'e rapporte à la polémique avec Euftachio de Divinis: Œuvres: Brevis af-
fertio Syitematis Saturnii).
Brevis ajfertio Syflematis Saturnii. 92^98*, 99*, 125*, 126*, 127,134*, 156*, 237, 251,
286* 361*, 392*, 393*.
Traité du mouvement. (Avant-projet du Horologium ofcillatorium). 1, 26, 86*, 261, 298,
299*, 306*, 320, 321.
Horologium ofcillatorium. 1, 26, 51*, 154, 207; (voir Arcs cycloidaux du pendule, Centre
(F 'affiliation, Ifochronifme de la cycloide, Mefure univerfelle, Œuvres.- Traité du mouvement,
Poids mobile du pendule).
Dioptrica. 1 , 26, 1 18*, 182*, 244*, 261*, 299, 306*, 320, 321 , 484; (voir Optique').
De Coronis et Parheîiis. 13, 17*, 31*, 69*, 70, 100* — 102*, 135, 143, 159, 163*, 181,
182*, 196, 232*, 259*, 260*, 277*, 299*, 300*, 31 1*.
Commentarii de formai/dis poliendifque v'ttris ad telefcopia (voir Lentilles, fabrication des
lentilles, Lentilles et lunettes fabriquées par Chrifliaan Huygens).
Optique. 62 , 117, 118, 143, 145*, 149, 154, 159*, 163 , 164*, 190*, 191 , 208*, 231*, 260,
325, 326, 330*, 335, 351, 381 , 482; (voir Aberration fphèrique . Couleurs , Démonstration
par de Fermât de la loi de Sue/lins, Fa ta morgana. Lanternes magiques. Lentilles. Lentilles et
lunettes fabriquées par Chrifliaan Huygens, Lunettes, Matières lumineufes, Microfcope ,
Miroirs, Œuvres: Dioptrica, De Coronis et Parheîiis, Phofphorefcence , Réfraction , Vitefj'e
de la lumière").
PARABOLE, inx — x2 — y2 — 2x3» = o. tangente 247*; (voir Coniques').
Parallaxe des étoiles. 445*.
Passage de mercure sur le soleil. 12, 13*, 25, 85*, 127, 129, 135, 142 , 159, 163 , 173,
1 î! I , 262, 280, 298 , 306, 308, 309*, 310*.
Passage de vknus sur le soleil. 12*, 13*, 25, 27, 85*, 127, 129, 135.142,159,173,
181*, 214, 262, 298 , 306*, 309*, 310*, 320*.
Pendi le. Lois du mouvement du pendule. 74; (voir Arcs cycloidaux du pendule , Centre tPof-
cillation , Horloge , Mefure univerfelle , Poids mobile du pendule').
Pesanteur de l'air. 64*, 66*. 94*, 108*, 202*.
Philologie. 14*, 32 , 62 , 70*, 92, 101 , 145, 155, 195*, 196*, 228*, 260, 277 . 354, 355,
404,407,408,421, 463*.
Philosophie, (voir Enfant fauvage, Philo fophie Cartéfienne, Philofophie (TAriftote, Phi-
lofophie de Démocrite, Philo fophie tPÉpicure, Philo fophie de llobbes, Pierre philo-
l'haie).
V. MATIÈRES TRAITÉES DANS LES LETTRES. 575
Philosophie cartésienne. 146, 148, 155.
Philosophie d'aristote. 1 17*, 208*, 218*. 222*.
Philosophie de dèmocrite. i 13 — 117, 1 19* — 123*, 146*, 147, 155*.
Philosophie d'épicure. 172*, 221*, 222*, 275*, 298.
Philosophie de hobbes. 149, 516.
Phosphorescence. Par échauffement. 491*. 496*; par frottement. 445*, 460*, 473*, 482* —
484*, 489, 490, 491*, 493*, 495* — 498*; par infolation. 484* — 490*, 495*, 496 ; phof-
phorefcence chimique; (voir Matières lumineufes).
Physiologie. 12*, 19*, 20*, 108, 109, 125*, 226*, 239*, 392*,
Physique, (voir Abforption de Pair, Acouflique, Atmofphère, Atomiftique , Baromètre , Ca-
pillarité , Chaleur , Comprejjion de Pair , Congélation , Eleâricité , Expériences de phyfique ,
Qravité, Loi de Boy le, Magnétifme, Optique, Pefanteur de Pair, Poids spécifique des liqui-
des, Pompe pneumatique , Retardement de la formation du vide de Torricelli , Thermomètre ,
Vaporifation de Peau , Ferres explofifs , Vide).
Pierre de bologne. 473*, 484*.
Pierre philosophale. 393 , 395.
Pierres précieuses. 484* — 498*.
Planètes, (voir Conjonctions des planètes , Diamètre apparent des planètes, Jupiter , Mer-
cure, Saturne , Tables aflronomiques , Vénus*).
Poids et mesures. 64*, 501*; (voir Mefure univerjclle~).
Poids mobile du pendule. 27*, 52*, 60*, 65*, 67*, 87*, 93*.
Poids spécifique des liquides. 359.
Points d'inflexion. Conchoïde; (voir Œuvres: Illuftrium quorundam problematum con-
ftruftiones); conchoïde de de Slufe. 247*, 292*.
Pompe à poudre. 161.
Pompe pneumatique. 6*— 8*, 9, 11 , 24*, 26*— 28*, 51*, 84*, 94*, 108*, 1 24, 131*, 144*,
225, 240*, 245*, 275*, 289*, 294, 297*, 304*, 305*, 320*, 324, 334*, 345*, 361, 365*,
377 1 379*> 433*, 437*, 47=*, 482; (voir Vide).
Principe de la moindre action. 71*; (voir Démonftration par de Fermai de la loi
de Snellius).
Privilèges et octrois de l'invention de l'horloge marine à pendule. 278*, 280, 285*,
288*, 301*, 428*, 432*, 444*, 453 , 458*, 474*.
Problème déliaque. (voir Duplication du cube).
Problèmes divers, (voir Œuvres: Ilhiftriuni quorundam problematum conftruétiones, Pro-
blème déliaque , Problèmes et écrits de Pafcal fur la cycloïde).
Problèmes et écrits de pascal sur la cycloïde. 384*, 390, 397, 398.
Proportions. Théorie des proportions. 204,205.
Proposition de galilei pour la détermination de la longitude au moyen des satelli
tes de jupiter. 458*, 459*.
Quadrature de surfaces planes. 247*, 292*; cercle. 176*, 200, 201, 203, 204*, 217,
223, 261*, 274*, 280* — 283*, 291*, 295*, 298, 304*, 318; (voir Œuvres: Theore-
576 V. MATIÈRES TRAITÉES DANS LES LETTRES.
mata, De circuli magnitudine) ; citlbïde. 1, 2*, 4* — 6*, 110, ni*, 1 12*; conique, (voir
Œuvres: Theoremata) ; courbe de Gutfchoven. 238*, 247*; cvcloi'de. (voir Problèmes et
écrits de Pafcal sur la cycloide); fpirale d'Archiméde. 398*, 399*; fpirales de divers or-
dres. 398*, 399*.
Recul. Expériences fur le recul des canons. 35*, 60*, 87*.
Réfraction. 71*, 78*, 137, 222*; (voir Démoujlration par de Fermât de la loi de Snellius,
Miroirs: miroir de réfraction).
RÈGLEMENTS DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES OU DES ASSEMBLÉES QUI L'ONT PRÉCÉDÉE. 324*,
325*— 329*5 513*— 5 '6*.
Résistance de l'air à la chute des corps, (voir Chute des graves, Influence de la réfiftance
de Pair fur la marche des horloges').
Résistance des matériaux. 194*, 198.
Résolution par construction des équations algébriques. 207*.
Retardement de la formation du vide de torricelli. 24*, 25*, 51* — 54*, 64, 66*, 83*,
84*, 86*, 96, 97*, 98*, 108*, 109*, m*, 112— 117, 119*— 124*, 128, 133, 135*, 136,
144, 145*, 147*, 150*, 155, 156, 161 , 172* — 175*, 202, 219*, 220*, 240*, 248*5276*,
292*, 293*, 297*, 298*, 305*, 320*, 382*, 386*, 426*, 427, 429*, 432*, 436*- 440*, 444,
459*, 474*, 475* ; (voir encore Tome III , 432*).
Roue hydraulique. 289.
Satellites, (voir Jupiter, Saturne).
Saturne. Conjonction de Saturne avec des étoiles fixes. 231*, 232* ; (voir Diamètre et incli-
nai/on de Panneau de Saturne, Œuvres: De Saturni luna obfervatio nova, Syftema Satur-
nium , Brevis alTertio fyltematis Saturnii , Planètes).
Siphon. Expérience du fiphon. 18*, 19*.
Soleil, (voir Equation du temps , Taches du Soleil).
Spirale d'archimède. (voir Quadrature de furfaces planes).
Spirales de divers ordres, (voir Quadrature de furfaces planes).
Statique. 88 ; (voir Centre de gravité , lié fi/lance des matériaux).
Statistique, (voir Tables de mortalité).
Surfaces courbes, (voir Surfaces de révolution).
Surfaces de révolution, (voir Cubature des furfaces de révolution).
Tables astronomiques. 23 1*, 232*, 270*, 458 ; (voir Jupiter, Satellites de Jupiter).
Tables de mortalité. 94*, 95*, 130*, 131*, 149*.
Taches du soleil. 129, 135, 181.
Tangentes. 207*, 237*, 238*, 246*, 292*, 311* 31-*; courbe de Gutfchoven. 20-*, 23-*;
courbe de Gutfchoven généralifée, 20-*; ( voir Parabole, Courbes diverfes).
Thermomètre. 327, 429*.
Vaporisation de l'eau. 385, 386.
Vénus. Montagnes de Vénus. 74, 1 27 ; (voir Pajfage de Vénus lui- le Soleil , Planètes).
Verres explosifs. 9*. 12*, 210*.
Vide. Expériences fur le vide. 6* --y*, 11,20,21*, 24*, 25*, 28,51*- 54*, 58, 64*,
V. MATIÈRES TRAITRES DANS LES LETTRES. 577
66*, 73*, 83*, 84*, 86*, 94*— 98*, 108*, 109*, m*, 112 — 122, 123*, 124*, (25,
128*, 130, 131*, 133, 135, 144*— 150*, 155, 156, 161, 166, 171* - 1,-6*, 202, 207,
210*, 216, 218* — 223*, 225*, 226*, 227, 239*, 240, 245 , 254*, 276*, 298*, 305*, 306*,
320*, 433*, 482; (voir Pompe pneumatique. Retardement de ht formation du vide de
Torricellf).
Vitesse de la lumière. 80.
Zoologie. 214*, 228, 359, 366, 374, 479; (voir Ohferv citions microfcopiques)\ (voir encore
Tome III, 296*, 307, 311, 389).
Œuvres. T. IV. 73
ADDITIONS et CORRECTIONS.
AU TOME I.
Page Au lieu de lisez
$j ligne 2 imitant invitant
88 „ il Calvyu Calepin
89 N°. 49 Ajoutez: Elle est la réponse au N°. 47*.
91 La note 5 doit être supprimée.
162 „ 2 ligne 3 1640 1646
164 „ 1 en 1651 le 11 mai 1652
„ 2 Changez-la ainsi: ~^) a) Theoremata Mathematica Scientiae Staticae de ducUi pon-
derum per planitiem reeté et obliqué Ilorizontem deeufl'antem. Defendenda
ac demonftrandain CollegioSocietatis Jefv Louanij aGualterovan Aalfl Ant-
verpienfis. Praefide R. P. Gregorio a S. Vincentio Math. Profefs. eiufdem So-
eietatis Religiolis, die 29 Julii ante Mtridiem [fiel Anno 1624. Lovanii ,
Typis Henrici Ilaltenii. 1624, in-40. oblong.
b) Theoremata Mathematica Scientiae Staticae de ductu ponderum per
planitiem reftè et obliqué Ilorizontem deeuflantem. Defendenda ac demon-
firanda in Collegio Societatis Louanii a Joanne Ciermans Duciffilvio. Prae-
fide R. P. Gregorio a S. Vincentio Math. Profefs. ejufdem Societatis reli-
giofis. Die 29 Julii j^oft Merid.anno 1624. Lovanii, Typis Henrici Ilaftenii.
1624. in-40. oblong.
165 ligne 10 imitaveris Archimedcm imitareris Archimedem s)
et ajoutez la note: 2) Sarafa désigne ici le père J. C. de la Faille.
58o
ADDITIONS ET CORRECTIONS.
Page Au lieu de liiez
170 ligne 12 certe alterum certe alterum ')
et ajoutez la note: ') Huygens désigne ici le père J. C. de la Faille.
185 note 1 ligne 5 Bouchove Bouchovt
216 „ 2 du Père de Gérard
229 ligne: 2 cujus copia cujus copia I2)
et ajoutez la note: i:) Consultez la Lettre N°. 150.
299 note 2 en 161 1 en 161 1 à Prague
514 „ 2 en 1633 (ou 1640) en 1623
610 ligne 25 Contributions aux Commen- Illuftrium quorundam problematum conftruc-
taires de van Schooten tiones
AU TOME II.
Page . lu lieu de lisez
2 ligne 13 Le pailleur Le Pailleur 6)
et ajoutez la note:6') Le Pailleur , fils d'un lieutenant d'infanterie , mourut
dans un âge avancé, en 1651. Il fut intendant du comte de Saint- Brisse , puis
de la maréchale de Tbémines; il était connu pour sa probité et sa gaité. Ami
du président Pascal, père de Biaise Pascal, il était mathématicien autodidacte.
Cependant il n'a rien publié sur les mathématiques, mais bien des vers
burlesques.
71 note 1 Biffez: Probablement
215 ligne 1 oras
454 note , 3 ligne 6 prêtre Jésuite
cras
prêtre, en 1692 évéque d'Avranches; en 1700
il s'installa à Paris dans la maison des Jésuites
petite-fille
AU TOME III.
Page Au lieu de lisez
17 note 10 ligne 1 Pettre Vettrc
37 „ 10 icerct iccret cum
„ 10 Ajoutez: L'autre poème est intitulé: Ad Aegidium Menagium, hominum judicia
nullius esse momenti.
102 „ 6 ligne 1 Lettre N°. 510 Lettre N". 310
122
1 1 viribus
virili
ADDITIONS ET CORRECTIONS.
;8i
Page Au lieu de
124 note 1 1627
1 29 ligne dernière poca
133
•34
lisez
avril 1628
poco
advcrfariis
3 adverfarios
23 poterat poterit
„ 10 d'en bas proficifcam proficifcar
153 „ 1 ono fono
154 „ 27 perloftrano per lo ftrano
165 note 2 arco aria
181 „ 11 Bijfez: dont elle était veuve
208 Changez la note ainsi: lj Israël Henriet, fils du peintre Claude Henriet , naquit à Nancy
en 161 8 et mourut à Paris en 1665.
219 note 5 «) Constantia a) Constantia, qui épousa Christiaan Thibault
(voir la Lettre N°. 910, note 3).
248 N°. 843 Ajoutez: Ricci y répondit par la Lettre N°. 1027.
anticritique
Sébastian de Laurens, seigneur de
où il
meridie
egerint
Lettre N°. 872
cingere
emineat
Sol-
[janvier 1662]
Elle a été publiée dans „Sprat Historyofthe
Royal Society , 1702" avec quelques variantes
dans la table des expériences.
1 Ajoutez : Le rapport sur la seconde série de ces expériences, exécutée à Whitehall ,
fut lu le 29 janvier 1662. La copie de ce rapport-ci, la pièce 889, fut envoyée
par Moray avec la Lettre N°. 968. Consultez la Lettre N°. 981.
i De De claris interpretibus et de
6 Louis Luiz
3 ,/) Mademoiselle Maria Christina
382 ligne 16 évôslé%si(tf Ivielézemv
390 note 5 et passim Cuzeau Cureau
301 ligne \6 citurus feiturus
394 „ 9 defideram . defiderabam
416 N°. 933 Ajoutez: Elle a été publiée dans „Birch, History of the Royal Society. 1756."
424 ligne 3 confinnius concinnius
425 note 4 Cornelia Comelia Elisabeth
note 7 anticrique
263 „ 5 De
271 » 3 Hg"e 3 on il
3 1 4 ligne 1 o meridio
„ 2 d'en bas agerint
315 note 8 ligne 4 Lettre N°. 874
ligne 7 iPcn bas cingire
„ 3 „ eminiat
316 „ 13 Soli-
323 N°. 889 [avril 1661]
Appendice au N°. 888
note
365
37°
[82 ADDITIONS ET CORRECTIONS.
Page Au lieu de lisez
432 N°. 938 à [Christiaan Huygens] à [Pli. K. Vegclin van Claerbergen I4)] I5)
et ajoutez les notes: I4) Philips Ernst Vegelin van Claerbergen, fils d'un père
de même nom, naquit le 10 octobre 1613 et mourut le 6 février 1693; il
était premier conseiller et majordome du prince Willem Frederik van Nas-
sau. Il épousa, le 22 janvier 1643, Folkje Ilessels van Sminia (morte le 13 avril
1658) et puis, en 1660, Josina Fredericks Ruysch van der Eng, morte à
Leeuwarden le 2 juillet 1700.
'5) En effet, dans sa Technica Curiosa, Liber II, Proemium, pages 87 et 88,
[Edition de 1664] Schott parle de l'envoi du livre de Boyle par Ph. E. Vege-
lin et, page 234, de sa correspondance avec A. Deusing. Par conséquent il faut
admettre que cette lettre, écrite de la main de Schott, fut envoyée à Ph. E.
Vegelin van Claerbergen.
432 et 434 II faut biffer les notes ') et I3).
454 ligne 1 (F en bas retentia retenta
456 note 3 N°. 135 N°. 133
486 „ 3 ligne 1 intrigant intriguant
521 „ 9 „ 6 dubio dubito
578 ligne 3 Ajoutez: normales
583 „ 8 Ajoutez: Zoologik. 296*, 307, 31 1 , 389.
AU TOME IV.
l'âge Au lieu de lisez
3 note 1 475, 476 et 475 , 476 , 479 et
5 ligne 8 d'en bas Summam Suinma
8 N°. 953 Ajoutez: R. Moray y répondit par les Nos. 093 , 997.
note 2 note 13 note 10
15,, 2 Pro erbs Proverbs
17 ligne 7 piftor pic'tor 2)
et ajoutez la note: 2) Munnickhovius. Consultez la Lettre N°. 987, note 1.
18 „ 3 demandez3) demandez
„ 8 d'en bas qu'il nous qu'il nous
„ 6 „ en... Heure eu... Heure
„ 2 „ Vuiani Viuiani
note 1 ligne 2 note 1 2 note 1 1
19 N°. 961 Appendice au N°. 260 Appendice au N°. 960
ligne 4 d'en bas jl faut jl faut
note 2 coinprendr comprendre
20 ligne 5 dans le dans la
ADDITIONS ET CORRECTIONS.
583
Page Au lieu de
2 1 ligne 1 o fe fera
22 „ 7 d'en bas Vicquefort
v 1 ,, si
«o/? 5 exécuté
23 ligne 2 A m prou
„ 3 nolte
lisez
te fera
Vicquefort
si d'
exécuté
Ampiou
110 (Ire
N°. 963 Ajoutez : R. Moray y répondit par le N°. 993
28 N°. 965 Ajoutez: Elle a été publiée dans „Birch , History oi'thc Royal Society" 6).
et ajoutez la note : 5) Mais avec des changements notables; la démonstration
désapprouvée par Iluygens dans sa Lettre N°. 976, y est remplacée par celle
que Brouncker donna dans sa Lettre N°. 995.
29 ligne 10 bythegreater by the greater r)
et ajoutez la note : ") Lisez : lesser
30 note 5 continuelle continue
31 „ 2 Hendrik de Moucheron. Con- Munnickhovius. Consultez la Lettre N". 922.
sultez la Lettre du 29 mars 1662.
34 N°. 968 y répondit par le N°. 983
39 ligne 14 survernue
50 N°. 976 y répondit par le N°. 995.
y répondit par le N°. 98 1
survenue
y répondit par le N°. 994, et W. Brouncker
par le N°. 995.
quoy que
Samuel de
y répondit par le N°. 102 1
ce temps
note 9
Gabian de
lettre »)
54 ligne 1 2 quoy
58 note 1 Samuel
61 N°. 982 y répondit
62 ligne 8 d'en bas le temps
note 7 ligne 1 note 1
74 „ 5 Gabian
75 ligne 2 lettre s)
et changez le numéro de la note 8 en 9
78 „ 12 propofitions propofitions 9)
et ajoutez la note ; 9) Lisez : proportions
80 N°. 991 et page 81 N°. 992 La copie Une copie
Changez l'ordre des notes 1)^/2)
note 1 ligne 3 mains moins
'i'à N°. 995 Ajoutez: Elle a été publiée, avec des variantes, dans „Birch, History of the Royal
Society" I2).
et ajoutez la note:12) Notre pièce contient seulement une partie du mé-
moire imprimé.
note 1 de la page de la page 28
Changez l 'ordre des notes 4) et 5) .
90 ligne 2 d'en bas irom rrom
584
ADDITIONS ET CORRECTIONS.
Page Au lieu de
ç)\ ligne i '•) &c. ") &c.
et changez le numéro de la note 6 en 1 1 .
lisez
note i Prince,
ioo „ 13 ligne 3 France
103
»
1 1 mourut
11 ligne 3 1653
104 N°. 1002. Appendice au N°. 1004
1 10 ligne 14 Leuweti
121
Prince Willem III.
maréchal de France
naquit en 1580 et mourut
1653. 11 épousa Isabeau de Vogelaer et en eut
cinq entants.
Appendice au N°. 1001
Leeuwen
fois J3)
15 lois
et ajoutez la note ; I3) Voir l'objection 1.
131 „ 9 Jndien 4) Jndien 5)
et changez le numéro de la note 4 en 5.
■33 » 3 d'en bas par cité pas eftè
137 „ 4 Moggerl'hill 7) Moggerfhill I3)
„ 10 d'en bas Marianc 8) Mariane 14)
et changez les numéros des notes 7 et 8 en 13^/14
147 ligne 1 1 foule foule
148 N°. 1022 par le N°. 1034 4) par le N°. 1034
154 ligne 13 d'en bas Tlieveuot Thevenot
„ 3 „ Saturne Saturne4)
et ajoutez la note : 4) Sur le „Systema Saturnium" voir la Lettre N°. 640,
note 2.
158 note 6 ligue 3 prefente
1 79 „ 1 note 4
180 „ 11 G ou (lier
183 „ 3 note 10
„ 6 Bruyninx
„ 12 François
186 traduction, ligne 3 rende
190 N°. 1040 répondit par le N°.
iyi note 2 ligne 2 dour
„ 2 „ 3 Keppler
„ 2 „ 10 priuiuni
„ 2 „ 1 1 Audromedae
193 „ 12 Constan tyn Huygens
„ 13 Monmort
„ 1 5 van Dhona
194 „ 21 ligne 4 d'en bas ou J. B.
201 „ 6 „ 6 exprefs
prefente
note 5
Gouffier
note 15
Bruynincx
François
rendu
répondit par le N°. 1050
pour
Kepler
prinium
Audromedae
Philips Doublet. Consultez la note 1
Monmor
von Dhona
ou Sr^B.
exprefs
ADDITIONS ET CORRECTIONS. 585
Page Au lieu de Usez
204 note 5 ligne 4 que que
207 „ 6 note 3 note 4
214 „ 9 ligne 5 tranquilles tranquille
219 ligne 17 finde finde
228 „ 2 d'' en bas fois 10 fois
229 «ote 10 Leu le Leu
233 „ 2 SurM.de Sur de
235 ligne 11 figure figure
241 „ 1 1 d'en bas Doelen Doelen 8)
et ajoutez la note : 8) Voir la Lettre N°. 1067, note 3.
251 note 12 excogitatam excogitatum
252 ligne 1 d'en bas Pucelle7) Pucelle 5)
253 note 10 note 4 note 6
257 ligne 5 Minifires Minières8)
et ajoutez la note: 8) Probablement Huygens fait allusion ici à Joli.
Agricola.
258 note 3 N°. 1073 N°. 1072.
259 » 3 et 969 et 966
265 ligne 9 heuelius 4) heuelius 9)
et changez le numéro de la note 4 en 9.
270 note 17 ligne 3 facilime facillime
„ 17 „ 5 in Franconià Franconiâ
„ 17 „ 6 Nombengensis Noribergensis
272 „ 6 note 4 note 6
16 loscution . . . . usistée locution ... .usitée
7 uit quartier int quartier
1 1 Changez-la ainsi V Peut-être le consul Suerius. Consultez la Lettre N°. 1079, note 8.
1 3 Changez-la ainsi : Consultez sur cette bien-aimée la Lettre N°. 1 1 72 , note 6.
6 famille de famille van
273
»
279
»
»
»
285
M
292
>J
294
M
295
JJ
296
»
301
»
303
9»
3 note 2 note 4
6 3 avril 1662 [Dagboek] 23 mars 1662, [Dagboek], il y arriva le 3 avril
7 1662 1662 [V. st.]
9 ligne 3 Sir William Lord William
2 note 14 note 4
6 „ 4 CI3ICCLVIII CIDIDCLV1II.
318 ligne 12 voyage voyage5)
e/ ajoutez la note: 5) Dans la suite il n'est plus question de ce voyage.
319 note 8 ligne 4 26 janvier 28 janvier
322 „ 2 Changez-la ainsi: Les carosses de Blavet. Consultez la Lettre N°. 1 104, note 5.
323 „ 2 note 5 note 6
Œuvres. T. IV. 74
586
ADDITIONS liT CORRECTIONS.
Page Au lieu de lisez
324 ligne 1 Montmor y) Montmor21)
et changez le numéro île lu note 9 en 21.
note 9 an 1642 a en 1642 à
325 ligne 4 particulicremt particulièrement
338 „ 2 précédente I2) précédente I3)
et changez le numéro de la note 12 en 13.
350 note 10 ligne 1 filles soeurs
et ajoutez: Ces sœurs sont
tf) Anna Catharina des Marets, baptisée à Bois-le-Duc le 3 mai 1637. Elle
épousa Pierre Guerin et mourut en janvier 1697.
li) Abigail des Marets, baptisée à Bois-le-Duc le 29 octobre 1638.
351 ligne 3 Borri I2) Borri I4)
et changez le numéro de la note 12 en 14
363 note 5 note 7 note 8
„ 6 ligne 4 it...of its....of
365 N°. 11 27 L. H. de II. L. H. de
367 note 18 Ufefulnefs Ufefulnefs
368 „ 19 N°. 909, note 1 1 N°. 1032, note 2.
370 „ 1 note 7 note 8
378 „ 9 ligne 12 Welt-ich Welt
379 Hgne 6 voufupplye vous fupplye
391 „ 16 cet cet J4)
et ajoutez la note : I4) Lisez : c'est
403 N°. 11 50. Chapelain II 18 3
421 note 4 Constantims
„ 5 note 10
42 3 „ 15 Ugn* 6, en
424 „ 4 Bouiliau
425 „ 4 Cornelia
434 „ 3 note 8
441 „ 4 Ryckaerdt
442 „ 1 3 ligne 4 Joan van
449 „ 2 Problablement
453 ligne 5 frère5)
454 note 7 Vredenburg
„ 1 1 ligne 1 et 7 Schouwenburcli
455 » 16 „ 3 l627
459 » « „ 3 Eclipfesof
463 „ 2 Appendice]
4^4 „ 8 note 10
Chapelain II 1883
Constantinus
note 1 1
;en
Bouiliau
Cornelia Elisabeth
note 1 8
Rijckaert
Joan
Probablement
frère 5)
Vredenburgb
Schouwenburgh
1637
Eclipfes of
Supplément]
note 1 1
ADDITIONS ET CORRECTIONS.
Page Au lieu de
465 ligne 2 cTen bas Bourgogne
et ajoutez la note:
Nos. 1205 et 1212.
491 ligne 4 Monsieur
509 note 5 ligne 7 ces plans
„ 8 page 504
512 ligne 12 vour
517 N°. 828" 21 janvier
lisez
Bourgogne 20)
°) Il s'agit ici de Sébastian Chieze. Consultez les Lettres
Mifter
ses plans
page 506.
vous
1 1 janvier
SOMMAIRE.
Correspondance. Lettres N°. 948 — 1 197 1
Supplément 505
Tables.
I. Lettres 523
II. Liste alphabétique de la correspondance 532
III. Personnes mentionnées dans les lettres 538
IV. Ouvrages cités dans les lettres 562
V. Matières traitées dans les lettres 568
Additions et corrections x 579
I I | I M I | | I 1
Façade et Intérieur de la maifon de CONSTANTYN
d'après le deflî
SENS, père. Epreuve tirée du cuivre, gravé en 1637
PlETER POST.
7,u Je (a° maison et 9,tya,9in \% Cïn.lantyn ëtâyj*,,. f.ère {■>„,,,;■, „„ 9eSs<7t 9e &M>ost,yra& en /&{
'j\-i../.'ii...,r ■„,../„.. :>. .II. .11- ,' /, ■ .■/ .'fl.,y..,. •
Bibliothèques
Université d'Ottawa
Echéance
Libraries
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333 15 10 05 11 04 0